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27/01/2009

Crise: Royal appuie là où ça fait mal

Crise: Royal appuie là où ça fait mal

Ségolène Royal a attaqué la politique sarkozyste sur deux points faibles du Président: le paquet fiscal et les aides aux banques.

 


Démagogue, populiste... Certains de ceux qui ont écouté ce matin Ségolène Royal répondre aux questions de Jean-Michel Aphatie, doivent penser que l'ex-candidate n'a guère muri depuis sa campagne. Ils se trompent peut-être : ce matin, Ségolène Royal a souligné deux faiblesses manifestes du pouvoir : le paquet fiscal et l'aide aux banques.

Le paquet fiscal : les caciques de l'UMP ont beau détailler le paquet fiscal, souligner que le bouclier fiscal ne pèse que quelques centaines de millions d'euros, que le financement des heures supplémentaires ou le logement représentent des sommes supérieures, cette dernière mesure a coloré tout le dispositif. En augurant son quinquennat par un geste qui est apparu comme profondément inégalitaire, le Président est apparu comme l'otage des riches, surtout quand cette séquence se confond avec des symboles dits bilng bling comme le voyage sur le bateau de Bolloré ou le voyage américain de Wolfeboro.

Deuxième erreur du Président, l'aide aux banques. Là encore, les ministres ont beau se montrer pédagogues, expliquer qu'il convient de distinguer la mobilisation de 340 milliards en garantie des engagements bancaires des aides (10 milliards) consenties aux banques pour soutenir leurs capitaux propres, les Français ont du mal à comprendre ces subtilités. Ce qu'ils constatent est que les banques ont commis des erreurs de gestion, qu'on leur apporte des concours alors même que ces mêmes banquiers leur imposent des prêts à 18% pour changer de voiture, comme l'a déclaré habilement Ségolène Royal au micro d'Aphatie.

Ces deux errreurs majeures - le bouclier fiscal et l'aide aux banques - légtiment la manifestation de jeudi. Elles donnent le sentiment que le gouvernement actuel, quoiqu'il en dise, est, pour le  moins, l'otage des riches et des grands groupes. Surtout quand les aides distribuées aux uns et aux autres le sont sans condition : il ne suffit pas de recommander aux banques de continuer à prêter aux PME et aux particuliers, encore faut-il que ce soit à des conditions acceptables. Il ne suffit pas de clamer qu'on veut faire un parti populaire et aider les ouvriers et les PME. Il faut aussi donner le sentiment que les mesures prises leurs sont allouées en priorité.

Mardi 27 Janvier 2009 - 07:58
Philippe Cohen

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