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28/01/2009

Le 29 janvier, première grève politique

Le 29 janvier, première grève politique

La mobilisation du 29 janvier sera générale. Pas de corporations à défendre ou de mesures à attaquer. Les grévistes seront dans la rue pour que le gouvernement agisse concrètement face à la crise. De la à dire que la troupe de Fillon prendra ses responsabilités...

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La mobilisation du 29 janvier prochain sera d'une nature différente des grandes grèves qui l'ont précédée. Pour une fois, il ne s'agira pas d'un mouvement corporatiste destiné à promouvoir quelques revendications catégorielles sous couvert de défense du service public, ni d'un mouvement rétif contre une réforme qui aura été le bouc émissaire de toutes frustrations et le vecteur de tous les fantasmes.

Il s'agira d'une grève politique. Au sens noble du mot. Une grève destinée à réveiller le peuple des citoyens et à faire pression sur le gouvernement pour l'inciter à agir concrètement et efficacement face à la crise. Jamais on n'aura vu dans l'histoire récente un mouvement syndical (et espérons le populaire) aussi profondément positif.

Un grand réalisme économique et des propositions modérées
On pourrait craindre en pareille situation que les centrales syndicales cherchent à cristalliser les angoisses et les mécontentements par des revendications démagogiques ou extrémistes. Il n'en est rien ! Le texte unitaire que l'on trouve sur le site de Slovar (et reproduit ci-dessous) est au contraire inspiré par un grand réalisme économique et porte des propositions extraordinairement modérées : Conditionnalité des aides publiques, gel des suppressions d'emplois publics, incitations au développement d'accords salariaux, approfondissement de la relance économique en n'oubliant pas la demande notamment des catégories modestes, mise en œuvre des objectifs du grenelle de l'environnement par un ambitieux programme d'investissements publics, réforme du capitalisme financier, moralisation du commerce mondial…

Même notre président de la République aurait pu signer ce texte, tant il semble inspiré par ses propres discours. Il ne s'agira pas d'un mouvement de défiance à l'égard du gouvernement, mais plutôt d’une invitation adressée à celui qui se veut le grand refondateur du système économique mondial, à enfin passer des beaux discours aux actes !

La crise est grave car globale, systémique et structurelle. Elle appelle des mesures profondes, courageuses et structurantes, qu'aucun gouvernement au monde ne pourra conduire sans pression populaire forte.

« Tout sera fait pour minimiser la crise et les remises en cause »27885a-semaine_sociale_35_heures_retraites_et_journee_d_action_cgt_cfdt_au_programme.jpg
Au sein des cercles dirigeants aujourd'hui, tout sera fait pour minimiser la crise et les remises en cause, dans l'espoir que tout reparte comme avant. Néanmoins, la crainte devant les réactions des peuples prend de l'ampleur. Ils l'attendent, la craignent et feront tout pour l'éviter, ainsi que l'avait dit Guaino par cette phrase extraordinaire prononcée après le G20 (citée par Marianne) : « Seule une révolte des classes moyennes nous obligera à aller plus loin. »

Le conseiller spécial a d'ailleurs récidivé ce week-end en plaçant clairement l'action gouvernementale sous la pression populaire : « On sent poindre partout une révolte des classes populaires et des classes moyennes contre des inégalités de rémunération qui ont atteint des niveaux jamais vus depuis le XIXe siècle. Alors, à chacun de prendre ses responsabilités. S'il le faut, le gouvernement prendra les siennes. »

La révolte des peuples est aujourd'hui clairement le seul moteur du changement possible.

Nicolas Sarkozy souligne à chacune de ses interventions le caractère éruptif de la nation française ou son caractère régicide. Des émeutes ont déjà eu lieu en Grèce et en Estonie. D'autres suivront. La France, le pays le plus révolutionnaire d'entre tous, est un naturellement un candidat de premier choix pour l'explosion sociale généralisée.

2620174688-crise-violente-manifestation-contre-le-gouvernement-en-islande.jpgNous n'en sommes naturellement pas encore là. L'heure n'est ni à l'émeute, ni à la révolution, mais la colère pourrait monter d'un cran dans les prochaines semaines si le discours officiel persiste dans son discours d'impuissance.

Les contradictions d'un système
Le motif invoqué pour refuser toute relance par la demande – et donc toute relance tout court - met en lumière les contradictions du système et donc la nécessité de le réformer en profondeur :  « La relance par la consommation serait une erreur économique. Le pouvoir d'achat distribué servirait surtout à acheter des produits importés. La question est de savoir si l'argent du contribuable doit servir à sauver nos emplois ou ceux des autres. » (Toujours Guaino).

Voilà donc un système qui a encouragé la délocalisation de la production comme un facteur de modernisation de l'économie sous couvert de course à la « compétitivité », et qui maintenant que la demande fait défaut partout dans le monde, refuse de la soutenir au motif que ça fera travailler l'étranger !

Au chapitre des contradictions, on pourrait également évoquer celle qui oppose la stigmatisation des profits délirants et de l'économie spéculative qui gagne jusqu’aux discours officiels ;  et ces publicités pour les banques qui envahissent les ondes pour promettre des rendements de l'épargne toujours plus élevés !

Les gouvernants ont compris que le système ne repartira pas tout seul tant il est épuisé par ses propres contradictions.

Les peuples commencent à comprendre que sa réforme exigera une énergie et un courage hors de portées de leurs dirigeants, et qu'il ne se passera rien sans une pression croissante de leur part.

Le 29 janvier, en grève ou en RTT, mais tous dans la rue !

Mardi 27 Janvier 2009 - 15:57

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