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10/02/2009

Après avoir mis en grève Assas et Dauphine, Pécresse recule !

Après avoir mis en grève Assas et Dauphine, Pécresse recule !

A quelques heures de la manifestation contre la réforme de l'IUFM et le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, ce qui transparaît sur le Net, c'est la crainte de la droite de voir aboutir ce mouvement.



(Photo : gillesklein - Flickr - cc)

Et une reculade de plus au compteur du gouvernement Fillon ? Invitée hier soir de France-Info, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, annonçait que le décret contre lequel se mobilisent aujourd’hui dans la rue étudiants et enseignants-chercheurs devrait « rentrer en vigueur pour la rentrée 2010 » avant d’ajouter : « Ca nous laisse un petit peu de temps pour approfondir la concertation, pour le retravailler (...) et pour lever tous les malentendus, rassurer, apaiser les inquiétudes ». Et une médiatrice est même nommée pour « retravailler » le décret (voir ci-dessous). Mais quelques minutes seulement après cette déclaration, son cabinet faisait savoir que la langue de la ministre avait tout simplement « fourché » et que le décret allait bien rentrer en vigueur en septembre 2009. Et voilà comment celle qui faisait figure de bonne élève du gouvernement, voit sa cote brutalement s'effondrer. Mais c'est comme ça : Nicolas Sarkozy a toujours reculé devant la rue, et plus ça va, plus il recule avant même qu'un mouvement déploie toute sa potentialité.

 

Quoiqu'il en soit, lapsus ou pas, une chose est sûre : la droite redoute la grogne des universitaires tout autant qu’elle avait redouté celle des lycéens en décembre dernier. Il suffit pour s’en convaincre de s’offrir un petit tour du Web. Bien entendu, les organisations opposées à la réforme du statut des enseignants-chercheurs sont omniprésentes sur Internet. Bien entendu, de nombreux sites relaient les communiqués du Snesup, de l’UNEF ou du collectif « Sauvons la recherche ». Bien entendu, aussi, certaines vidéos ont été concoctées et circulent  qui démontent le discours du chef de l’Etat et de sa fidèle ministre.

Mais c’est surtout la droite et ses organisations affiliées qui occupent l’espace. L’UNI, par exemple, s’est jetée dans la bataille déployant, pour l’occasion, tout un matériel de propagande (voir photo ci-dessous). Le syndicat lycéen dit vouloir dénoncer « les mensonges des syndicats et de la gauche » et explique voir dans cette grogne universitaire « un mouvement ultra-politisé ». Un comble pour une organisation étudiante qui affiche fièrement pour slogan : « La droite universitaire »


Après avoir mis en grève Assas et Dauphine, Pécresse recule !

Les comités « Stop la grève » ont aussi été sortis de la naphtaline pour contrer ce fameux mouvement. Et étrangement (sic), ils entonnent mot pour mot le même refrain que l’UNI… Et comme si cela ne suffisait pas, les Jeunes Pop se sont joints au cortège des casseurs de grève. Benjamin Lancar, son dynamique président (sans doute pas autant que le patron des « Vieux Pop »), s’est même fendu d’un appel « aux présidents d’université pour ne pas paralyser les établissements ». Dans ce texte, le responsable des jeunes sarkozystes explique que « les enseignants ne peuvent en aucun cas utiliser le mécontentement actuel pour mobiliser les étudiants contre un projet qui ne les concerne pas » !

 

Oui à la manifestation mais non au retrait des réformes !

Mais la droite a bien raison d’avoir peur de ce mouvement et de déployer tous les moyens possibles pour en venir à bout. Car il y a des signes qui ne trompent pas, qui montrent que la grogne universitaire a très largement franchi les frontières politiques traditionnelles. Ainsi la FAGE (la Fédération des associations générales étudiantes, ndlr) qui s’est toujours présentée comme « indépendante » mais qui n’est pas vraiment connue pour son engagement à gauche, a annoncé qu’elle allait manifester. Dans un communiqué, l’organisation « appelle les étudiants à rejoindre les manifestations du mardi 10 février », sans pour autant exiger le « retrait des réformes sur le statut des enseignants-chercheurs ou sur la masterisation de la formation des maîtres » ! Et d’expliquer qu’elle « souhaite l’ouverture d’une large concertation, notamment sur ces dossiers, avec l’ensemble des acteurs. » Est-ce que c’est suffisamment clair ? Pas vraiment…

En revanche, ce qui l’est, c’est que certains bastions universitaires traditionnellement acquis à la droite sont tombés. Et c’est une nouvelle fois sur le Net, que l’on peut en avoir la preuve. L’université Paris IX, plus connue sous le nom de Dauphine, fairait partie des établissements en grève. Pour le site Universitesenlutte.wordpress.com , ça serait même « la première fois depuis… 1976 » . Difficile à dire si c’est effectivement le cas mais une autre université, encore plus idéologiquement marqué à droite, a été contaminée par la grogne universitaire : Assas ! Son conseil d’administration « en formation restreinte aux enseignants-chercheurs » a adopté, le 4 février dernier, une motion grâce à laquelle il souhaite attirer « l'attention du gouvernement sur les graves conséquences que pourrait avoir pour le fonctionnement du service public la publication du décret dans sa rédaction actuelle. » Si même Assas est aujourd’hui aux mains des socialo-communistes, on comprend mieux pourquoi Valérie Pécresse en a perdu son latin. Voire son calendrier grégorien. Et mieux encore pourquoi le président ne se sentait pas le courage d'aller au baston contre un mouvement élargi à Dauphine et Assas.



Mardi 10 Février 2009 - 07:00

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