28.02.2009
Nouveau point d’inflexion en Mars 2009

LEAP/E2020 estime que la crise systémique globale connaîtra en Mars 2009 un nouveau point d’inflexion d’une importance analogue à celui de Septembre 2008. Notre équipe considère en effet que cette période de l’année 2009 va être caractérisée par une prise de conscience générale de l’existence de trois processus déstabilisateurs majeurs de l’économie mondiale, à savoir :
1. la prise de conscience de la longue durée de la crise
2. l’explosion du chômage dans le monde entier
3. le risque d’effondrement brutal de l’ensemble des systèmes de pension par capitalisation
Ce point d’inflexion sera ainsi caractérisé par un ensemble de facteurs psychologiques, à savoir la perception générale par les opinions publiques en Europe, en Amérique et en Asie que la crise en cours a échappé au contrôle de toute autorité publique, nationale ou internationale, qu’elle affecte sévèrement toutes les régions du monde même si certaines sont plus affectées que d’autres (voir GEAB N°28), qu’elle touche directement des centaines de millions de personnes dans le monde ’développé’ et qu’elle ne fait qu’empirer au fur et à mesure où les conséquences se font sentir dans l’économie réelle. Les gouvernements nationaux et les institutions internationales n’ont plus qu’un trimestre pour se préparer à cette situation qui est potentiellement porteuse d’un risque majeur de chaos social. Les pays les moins bien équipés pour gérer socialement la montée rapide du chômage et le risque croissant sur les retraites seront les plus déstabilisés par cette prise de conscience des opinions publiques.
Dans ce GEAB N°30, l’équipe de LEAP/E2020 détaille ces trois processus déstabilisateurs (dont deux sont présentés dans ce communiqué public) et présente ses recommandations pour faire face à cette montée des risques. Par ailleurs, ce numéro est aussi comme chaque année l’occasion d’une évaluation objective de la fiabilité des anticipations de LEAP/E2020, qui permet de préciser également certains aspects méthodologiques du processus d’analyse que nous mettons en œuvre. En 2008, le taux de réussite de LEAP/E2020 est de 80%, avec une pointe à 86% pour les anticipations strictement socio-économiques. Pour une année de bouleversements majeurs, c’est un résultat dont nous sommes fiers.
La crise durera au moins jusqu’à la fin 2010
Comme nous l’avons détaillé dans le GEAB N°28, la crise affectera de manière diversifiée les différentes régions du monde. Cependant, et LEAP/E2020 souhaite être très clair sur ce point, contrairement aux discours actuels des mêmes experts qui niaient l’existence d’une crise en gestation il y a trois ans, qui niaient qu’elle soit globale il y a 2 ans et qui niaient il y a seulement six mois qu’elle soit systémique, nous anticipons une durée minimale de trois ans pour cette phase de décantation de la crise [1]. Elle ne sera ni terminée au printemps 2009, ni à l’été 2009, ni au début 2010. C’est seulement vers la fin 2010 que la situation commencera à se stabiliser et s’améliorer un peu dans certaines régions du monde, à savoir l’Asie et la zone Euro, ainsi que pour les pays producteurs de matières premières énergétiques, minérales ou alimentaires [2]. Ailleurs, elle continuera. En particulier aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et dans les pays les plus liés à ces économies, où elle s’inscrit dans une logique décennale. C’est seulement vers 2018 que ces pays peuvent envisager un retour réel de la croissance.
Par ailleurs, il ne faut pas imaginer que l’amélioration de la fin 2010 marquera un retour à une croissance forte. La convalescence sera longue ; par exemple, les bourses mettront également une décennie à revenir aux niveaux de l’année 2007, si elles y reviennent un jour. Il faut se souvenir que Wall Street mit 20 ans à revenir à ses niveaux de la fin des années 1920. Or, selon LEAP/E2020 cette crise est plus profonde et durable que celle des années 1930. Cette prise de conscience de la longue durée de la crise va progressivement se faire jour dans les opinions publiques au cours du trimestre à venir. Et elle déclenchera immédiatement deux phénomènes porteurs d’instabilité socio-économique : la peur panique du lendemain et la critique renforcée des dirigeants du pays.

Evolution de la base monétaire des Etats-Unis et indication des crises majeures corrélées (1910 – 2008) - Source : Federal Reserve Bank of Saint Louis / Mish’s Global Economic Trends Analysis
Le risque d’effondrement brutal de l’ensemble des systèmes de pension par capitalisation
Enfin, dans le cadre des conséquences de la crise qui affecteront directement des dizaines de millions de personnes aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, au Japon, aux Pays-Bas et au Danemark en particulier [3], il faut intégrer le fait qu’à partir de cette fin d’année 2008 vont se multiplier les nouvelles concernant les pertes massives des organismes gérant les actifs censés financer ces retraites. L’OCDE estime à 4.000 milliards USD les pertes des fonds de pension pour la seule année 2008 [4]. Aux Pays-Bas [5] comme au Royaume-Uni [6], les organes de surveillance des fonds de pension viennent de lancer des cris d’alarme demandant en urgence un accroissement des cotisations obligatoires et une intervention de l’Etat. Aux Etats-Unis, ce sont des annonces multiples d’augmentation des contributions et de diminution des versements qui sont émises à un rythme croissant [7]. Et c’est seulement dans les semaines à venir que nombre de fonds vont pouvoir faire réellement le décompte de ce qu’ils ont perdu [8]. Beaucoup s’illusionnent encore sur leur capacité à reconstituer leur capital à l’occasion d’une prochaine sortie de crise. En Mars 2009, quand gestionnaires de fonds de pension, retraités et gouvernements vont simultanément prendre conscience que la crise va durer, qu’elle va coïncider avec l’arrivée massive des « babyboomers » à la retraite et que les bourses ont peu de chance de retrouver avant de longues années leurs niveaux de 2007 [9], le chaos va s’installer dans ce secteur et les gouvernements vont se rapprocher de plus en plus de l’obligation d’intervenir pour nationaliser tous ces fonds. L’Argentine, qui a pris cette décision il y a quelques mois apparaîtra alors comme un précurseur.
Ces tendances sont toutes déjà en cours. Leur conjonction et la prise de conscience par les opinions publiques des conséquences qu’elles entraînent constituera le grand choc psychologique mondial du printemps 2009, à savoir que nous sommes tous plongés dans une crise pire que celle de 1929 ; et qu’il n’y a pas de sortie de crise possible à court terme. Cette évolution aura un impact décisif sur la mentalité collective mondiale des peuples et des décideurs et modifiera donc considérablement le processus de déroulement de la crise dans la période qui suivra. Avec plus de désillusions et moins de certitudes, l’instabilité socio-politique globale va s’accroître considérablement.
Enfin, ce GEAB N°30 présente également une série de 13 questions/réponses afin d’aider de manière quasi-interactive les épargnants/investisseurs/décideurs à mieux comprendre et anticiper les développements à venir de la crise systémique globale :
1. Cette crise est-elle différente des crises ayant précédemment affecté le capitalisme ?
2. Cette crise est-elle différente de la crise des années 1930 ?
3. La crise est-elle aussi grave en Europe et en Asie qu’aux Etats-Unis ?
4. Les mesures entreprises actuellement par les Etats du monde entier sont-elles suffisantes pour juguler la crise ?
5. Quels risques majeurs pèsent toujours sur le système financière international ? Et toutes les épargnes sont-elles égales face à la crise ?
6. La zone Euro constitue-t-elle une vraie protection contre les pires aspects de la crise et que pourrait-elle faire pour améliorer ce statut ?
7. Le système de Bretton Woods (sous sa dernière version des années 1970) est-il en train de s’effondrer ? L’Euro doit-il remplacer le Dollar ?
8. Que peut-on espérer du prochain G20 de Londres ?
9. Pensez-vous que la déflation soit actuellement la plus grande menace planant sur les économies mondiales ?
10. Pensez-vous que le gouvernement Obama sera en mesure d’empêcher les Etats Unis de sombrer dans ce que vous avez appelé la “Très Grande Dépression Américaine” ?
11. En termes de monnaies, au-delà de votre anticipation concernant la reprise de la chute du Dollar US dans les tout prochains mois, pensez-vous que la Livre Sterling et le Franc Suisse soient toujours des monnaies de statut international ?
12. Pensez-vous que le marché des CDS soit sur le point d’imploser ? Et quelles seraient les conséquences d’un tel phénomène ?
13. La “bulle des Bons de Trésor US » est-elle sur le point d’exploser ?
[1] Il est utile de lire au sujet de cette crise une très intéressante contribution de Robert Guttmann publiée au 2° semestre 2008 sur le site Revues.org, soutenu par la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord.
[2] D’ailleurs ce sont les matières premières qui commencent à déjà relancer le marché du transport maritime international. Source : Financial Times, 14/12/2008
[3] Puisque ce sont les pays qui ont le plus développé les systèmes de retraite par capitalisation. Voir GEAB N°23. Mais c’est aussi le cas de l’Irlande. Source : Independent, 30/11/2008
[5] Source : NU.NL, 15/12/2008
[7] Sources : WallStreetJournal, 17/11/2008 ; Phillyburbs, 25/11/2008 ; RockyMountainNews, 19/11/2008
[9] Et nous ne mentionnons même pas l’influence de l’explosion de la bulle des Bons du Trésor US qui affectera également brutalement les fonds de pension. Voir Q&A, GEAB N°30.
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Rupture Système Monétaire Mondial d’ici l’été 2009

La réunion du G20 à Washington des 14/15 Novembre 2008, est en soi un indicateur historique, qui signale la fin du monopole occidental, avant tout anglo-saxon, sur la gouvernance économique et financière mondiale. Mais, pour LEAP/E2020, cette réunion a aussi clairement démontré que ces sommets sont condamnés à l’inefficacité face à la crise car ils se limitent à traiter les symptômes (dérives financières des banques et autres hedge funds, explosion des produits financiers dérivés, volatilité extrême des marchés financiers et des devises, ...) sans traiter la cause principale de la crise systémique globale actuelle, à savoir l’effondrement du système de Bretton Woods fondé sur le Dollar US comme pivot de l’édifice monétaire mondial. Sans remise à plat complète du système hérité de 1944 d’ici l’été 2009, la faillite du système actuel et des Etats-Unis qui en sont le cœur entraînera l’ensemble de la planète vers une instabilité économique, sociale, politique et stratégique sans précédent, marquée notamment par la rupture du système monétaire mondial à l’été 2009. Au vu du jargon et du calendrier technocratiques du communiqué de ce premier Sommet du G20, totalement déconnecté de la vitesse et de l’ampleur de la crise en cours [1], il plus que probable qu’il faudra d’abord en passer par cette catastrophe pour que les problèmes de fond soient concrètement abordés et un début de réponse efficace à la crise enfin amorcé.
Quatre phénomènes fondamentaux jouent désormais à pleine puissance pour faire s’effondrer le système de Bretton Woods II [2] dans le courant de l’année 2009, à savoir :
1. Affaiblissement très rapide des acteurs centraux historiques : USA, UK 2. Trois visions d’avenir de la gouvernance globale vont diviser les principaux acteurs mondiaux (Etats-Unis, Eurozone, Chine, Japon, Russie, Brésil) d’ici le Printemps 2009 3. Accélération incontrôlée des processus (dé)stabilisateurs de la dernière décennie 4. Multiplication de chocs-retours d’une violence accrue.
LEAP/E2020 a déjà largement anticipé dans les derniers numéros du GEAB les phénomènes 1 et 4. Dans ce GEAB N°29, nous nous concentrerons sur les phénomènes 2 et 3.
Ainsi, la fébrilité qui a saisi les dirigeants mondiaux depuis la fin Septembre 2008 illustre clairement un sentiment de panique au plus haut niveau. Les responsables politiques de l’ensemble de la planète ont bien compris désormais qu’il y avait le feu à la maison. Mais ils n’ont pas perçu une évidence : c’est la structure même de l’édifice qui est en cause. Il ne s’agit pas simplement d’améliorer les consignes anti-incendie ou l’organisation des secours. Pour prendre une image symbolique forte, les tours jumelles du World Trade Center ne se sont pas effondrées parce que les pompiers ont eu du retard ou parce qu’il n’y avait pas assez d’eau dans le système automatique anti-incendie : elles se sont effondrées parce que leur structure n’était pas faite pour encaisser le choc de deux avions de ligne les percutant quasi-simultanément.
Le système monétaire mondial actuel est dans une situation identique : les deux tours, c’est Bretton Woods, et les avions s’appellent « crise des subprimes », « crise du crédit », « faillites bancaires », « récession économique », « Très Grande Dépression US », « déficits US », ... une vraie escadrille.

Première année des grandes corrections boursières (Dow, en %, depuis 1900) (la première année de la correction actuelle a été la plus violente depuis 1900, plus forte même que celle de 1929) - Source ChartoftheDay
Les dirigeants actuels, issus du monde qui s’effondre sous nos yeux (Barak Obama inclus [3]), ne peuvent pas imaginer les solutions nécessaires, tout comme les banquiers centraux n’ont pas pu, en 2006/2007, imaginer l’ampleur de la crise actuelle [4]. C’est leur monde qui disparaît sous leurs yeux, leurs certitudes et leurs illusions (parfois identiques d’ailleurs) [5]. Selon notre équipe, il va être nécessaire d’attendre un renouvellement d’au moins 20% des principaux dirigeants de la planète pour commencer à voir des solutions viables [6] émerger. C’est en effet, selon LEAP/E2020, la « masse critique » nécessaire pour envisager tout changement fondamental de perspective dans un groupe humain complexe, peu hiérarchisé. On est loin du compte aujourd’hui car ces nouveaux dirigeants, pour contribuer réellement aux solutions de la crise, doivent accéder au pouvoir après avoir pris conscience de la nature de la crise.
Pour LEAP/E2020, sans de telles prises de conscience par les dirigeants mondiaux au cours des trois mois à venir et leur traduction en actes dans les six mois à venir, comme nous l’indiquions dans le GEAB N°28, la dette des Etats-Unis « implosera » à l’été 2009 sous forme de cessation de paiement du pays ou de dévaluation massive du Dollar. Cet effondrement aura été précédé de plusieurs autres épisodes similaires affectant des pays moins centraux (voir GEAB N°28), dont le Royaume-Uni déjà surendetté, qui voit sa dette et ses déficits s’accroître presque au même rythme que ceux de Washington [7]. Tout comme la Réserve Fédérale US a vu, mois après mois, ses « Primary Dealers » [8] être emportés par la crise avant d’être désormais elle-même confrontée à un vrai problème de capitalisation et donc de survie, les Etats-Unis verront dans l’année à venir les pays les plus intégrés à leur économie et à leur finance, et leurs alliés fortement dépendants financièrement [9], imploser les uns après les autres.

Autorités monétaires contrôlant les plus importantes réserves mondiales de change - Sources FMI/BRI/Wikipedia , 10/2008
Le rôle des Européens en la matière est essentiel [10]. La zone Euro en particulier doit relayer un message très fort vers Washington : « Les Etats-Unis vont tomber dans un trou noir économique et financier en 2009 s’ils s’accrochent à tout prix à leurs « privilèges » passés. Une fois que le monde aura fait une croix sur le Dollar, il sera trop tard pour rien négocier ». Avec plus de 550 Milliards USD, la zone Euro possède ainsi les troisièmes (ex-aequo avec la Russie qui n’est pas très précise sur ce sujet) réserves les plus importantes au monde derrière la Chine et le Japon, et avant les pays du Golfe (voir tableau ci-dessus). Elle a donc le poids diplomatique, le poids financier, le poids économique, le poids commercial et le poids monétaire pour forcer Washington à faire face aux réalités [11]. L’ensemble de l’UE suivra car tous les pays européens hors zone Euro sont aujourd’hui à la merci d’une grave crise de leur devise ou de leur économie, voire des deux à la fois [12]. Sans l’Euroland, leurs perspectives à court et moyen terme sont très sombres. D’ailleurs, l’Euro est la seule devise que veulent rejoindre un nombre croissant d’Etats initialement réticents (Islande, Danemark, ...) ou peu pressés (Pologne, Tchéquie, Hongrie, ...) [13].
Signe des temps, le Financial Times a commencé à établir la liste des actifs matériels du gouvernement fédéral américain : bases militaires, parcs nationaux, bâtiments publics, musées, etc... tout a été évalué pour arriver à un montant d’environ 1.500 milliards USD, soit à peu près le montant du déficit budgétaire probable de 2009 (voir le détail des actifs sur le graphique ci-dessous). Pas étonnant que Taiwan, pourtant très dépendante de la sécurité fournie par Washington, ait déjà décidé d’arrêter d’acheter l’une des trois grandes composantes de la dette publique US (les titres Fannie Mae et Freddie Mac pourtant désormais « sauvés » par l’état fédéral [14]) ; ou que le Japon soit devenu vendeur net de Bons du Trésor US.
Que ceux qui, malgré nos conseils de ces deux dernières années, ont investi dans ces mêmes Fannie Mae et Freddie Mac, ou dans les bourses, ou dans les grandes banques d’affaires US ou dans le secteur bancaire en général, se rassurent une fois encore : tout cela ne peut pas arriver car « ils » l’empêcheront. Seul problème : les « ils » sont désormais paniqués et « ils » ne comprennent plus rien à une situation à laquelle « ils » ne se sont jamais préparés. Comme nous l’avons expliqué dans le GEAB 28, 2008 n’était que le détonateur de la crise systémique globale. Voici maintenant venir la phase IV, celle des conséquences !

Actifs du gouvernement des Etats-Unis (09/2007) - Source : US GOA / Financial Times
[1] On peut trouver ici le communiqué final en Anglais et une première analyse très réservée de la presse française, dans le Journal du Dimanche, proche du pouvoir parisien, qui va certainement être du même ordre dans la presse de l’ensemble des pays de l’Eurozone. Une chose est certaine : ce Sommet du G20 n’aura rien fait pour calmer la crise, il risque même d’inquiéter encore plus les opérateurs au vu du refus américain à accepter que les vrais problèmes soient traités.
[2] N’en déplaise à Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, et à des médias peu regardant, Bretton Woods II existe depuis les années 1970. C’est en effet à partir de 1971 et de la décision unilatérale américaine d’abandonner la parité Dollar/Or, puis des accords de la Jamaïque en 1976 qui n’ont fait que formaliser un régime général de changes flottants, que l’on est sorti du cadre initial de Bretton Woods pour entrer dans un système généralisé de change flottants (Bretton Woods II).
[3] Le futur président des Etats-Unis semble en effet n’avoir comme objectif que la mise en place de son programme de campagne (sécurité sociale, infrastructures, réduction d’impôts pour les classes moyennes, …) élaboré avant la crise et impliquant quantité de dépenses nouvelles alors que l’Etat américain est déjà surendetté. C’est un programme parfait … pour une Amérique qui n’existe plus que dans les discours électoraux.
[4] Voir à ce sujet nos anticipations des GEAB n°17 et n°18.
[5] C’est ainsi le cas de des réserves en dollars US de nombreux pays comme la Chine, le Japon ou les pays pétroliers du Golfe persique. Les dirigeants actuels ne parviennent pas à imaginer que ces centaines de milliards de Dollars US accumulés dans leurs réserves ne valent en fait peut-être plus que 50% ou 30% de leur valeur faciale. Ce sont leurs successeurs qui en tireront sans état d’âmes les conclusions nécessaires, imaginant alors un système mondial très différent de l’actuel.
[6] C’est à dire intellectuellement pertinentes et efficacement mises en œuvre.
[7] Ainsi c’est déjà le Royaume-Uni, du fait de sa récession forte, qui fait baisser la faible croissance moyenne de l’UE en 2009. La Grande-Bretagne va être l’ « homme malade » de l’UE pour les années à venir.
[8] Il est très instructif de consulter sur Wikipedia l’historique des « Primary Dealers », ces banques choisies par la Reserve Federal US pour être les privilégiées ayant seules le droit de faire des affaires avec elle. En effet, après une longue stabilité au cours des dernières décennies, on constate tout à coup une réduction de la liste et l’énumération de « primary dealers » disparus depuis le début 2008, tous balayés par la crise.
[9] En termes d’alliés dépendants, c’est d’ailleurs déjà le cas du Pakistan et de l’Ukraine désormais sous perfusion du FMI, de la Turquie (dont la note de crédit vient d’être abaissée), ... Attendons de voir l’Egypte, Israël, la Colombie rejoindre la liste.
[10] Ce que souligne également Joseph Stiglitz dans son article du 11/11/2008 dans le Telegraph.
[11] Loin de notre équipe l’idée que la zone Euro ne fait pas face à de graves difficultés également (voir notamment le GEAB N°28 pour les perspectives économiques) ; mais au sein d’une crise historique comme celle que nous vivons, ces problèmes paraissent mineurs comparés à ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou même de l’Asie dans l’année à venir.
[12] Ainsi la Lettonie vient de nationaliser dans l’urgence la seconde banque du Pays ; la Hongrie est sous perfusion de la BCE et du FMI ; la croissance s’effondre en Pologne ; le Danemark et la Suède s’apprêtent à entrer dans la zone Euro dans les deux années à venir ; le Royaume-Uni est en perdition ; ...
[13] Source : NRC, 13/11/2008. On ne peut pas franchement en dire autant de la devise US qui voit au contraire des pays vouloir se « dé-pegger » du Dollar (supprimer le « peg », régime de change lié, qui les relie à la monnaie américaine), voire même créer des devises alternatives, comme par exemple les pétro-monarchies du Golfe persique et leur projet de devise commune d’ici 2010. Source : GulfNews, 22/09/2008
[14] L’annonce d’une nouvelle perte record de Fannie Mae au 3° trimestre (29 milliards USD) explique peut-être cela. Sources : Barron’s, 24/10/2008 ; MarketWatch, 10/11/2008
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Eté 2009 : Cessation de paiement du gouvernement américain

A l’occasion de la parution du GEAB N°28, LEAP/E2020 a décidé de lancer une nouvelle alerte dans le cadre de la crise systémique globale car nos chercheurs estiment qu’à l’été 2009, le gouvernement américain sera en cessation de paiement et ne pourra donc pas rembourser ses créditeurs (détenteurs de Bons du Trésor US, de titres de Fanny Mae et Freddy Mac, etc.). Cette situation de banqueroute aura bien évidemment des conséquences très négatives pour l’ensemble des propriétaires d’actifs libellés en dollars US. Selon notre équipe, la période qui s’ouvrira alors deviendra propice à la mise en place d’un « nouveau Dollar » destiné à remédier brutalement au problème de la cessation de paiement et de la fuite massive de capitaux hors des Etats-Unis. Ce processus découlera des cinq facteurs suivants qui sont analysés plus en détail dans le GEAB N°28 :
1. L’évolution récente, à la hausse, du Dollar US est une conséquence directe et provisoire de la chute des bourses mondiales
2. Le « baptême politique » de l’Euro vient juste d’avoir lieu donnant une alternative « de crise » au Dollar US, en tant que « valeur-refuge » crédible
3. La dette publique américaine s’enfle de manière désormais incontrôlable
4. L’effondrement en cours de l’économie réelle des Etats-Unis empêche toute solution alternative à la cessation de paiement
5. « Forte inflation ou hyper-inflation aux Etats-Unis en 2009 », là est la seule question.
Mais on peut déjà se faire une idée de l’évolution à venir en regardant l’Islande que notre équipe suit à la loupe depuis début 2006. Ce pays constitue en effet un bon exemple de ce qui attend les Etats-Unis, et également le Royaume-Uni. On peut considérer, comme d’ailleurs bon nombre d’Islandais aujourd’hui, que l’effondrement du système financier islandais est venu du fait qu’il était surdimensionné par rapport à la taille de l’économie du pays.
Evolution de l’inflation en Islande 2003-2008 - Source Banque centrale d’Islande
L’Islande s’est en fait prise en matière financière pour le Royaume-Uni [1]. Comme le Royaume-Uni en matière financière s’est lui-même pris pour les Etats-Unis et que les Etats-Unis se sont pris pour la planète entière, il n’est pas inutile de méditer le précédent islandais [2] pour appréhender le cours des évènements des douze prochains mois à Londres et Washington [3].
Nous assistons en effet actuellement à un double phénomène historique :
. d’une part, depuis le mois de Septembre 2008 (comme annoncé dans le GEAB N°22 de Février 2008), l’ensemble de la planète est désormais conscient de l’existence d’une crise systémique globale caractérisée par un effondrement du système financier américain et sa contagion au reste de la planète.
. d’autre part, un nombre croissant d’acteurs mondiaux entreprennent d’agir par eux-mêmes devant l’inefficacité des mesures préconisées ou prises par les Etats-Unis, pourtant centre du système financier mondial depuis des décennies. L’exemple du 1° Sommet de l’Euroland (ou Eurozone), qui s’est tenu Dimanche 12 octobre 2008 et dont les décisions, par leur ampleur (près de 1.700 milliards EUR) et leur nature [4], ont permis un retour de confiance sur les marchés financiers de toute la planète, est à ce titre tout-à-fait exemplaire du « monde d’après-Septembre 2008 ».
Carte des garanties de dépôts bancaires dans l’Union européenne Source AFP - 09/10/2008
Car il y a bien un « monde de l’après-Septembre 2008 ». Pour notre équipe, il est désormais évident que ce mois restera dans les livres d’histoire de l’ensemble de la planète comme celui « datant » le déclenchement de la crise systémique globale ; même s’il ne s’agit en fait que de la phase de « décantation », la dernière des quatre phases de cette crise identifiée dès Juin 2006 par LEAP/E2020 [5]. Comme toujours quand il s’agit de grands ensembles humains, la perception du changement par le plus grand nombre n’intervient que lorsque le changement est en fait déjà bien engagé.
En l’occurrence, Septembre 2008 marque l’explosion majeure du « détonateur financier » de la crise systémique globale. Selon LEAP/E2020, ce second semestre 2008 est en effet le moment où « le monde plonge au cœur de la phase d’impact de la crise systémique globale » [6]. Ce qui veut dire pour nos chercheurs qu’à la fin de ce semestre, le monde entre dans la phase dite de « décantation » de la crise, c’est-à-dire la phase où l’on voit les conséquences du choc se mettre en place. C’est de facto la phase la plus longue de la crise (entre trois et dix ans selon les pays) et celle qui va affecter directement le plus grand nombre de personnes et de pays. C’est l’étape qui va voir également se dégager les composantes des nouveaux équilibres mondiaux dont LEAP/E2020 présente deux premières illustrations graphiques dans ce GEAB N°28 [7].
Ainsi, comme nous l’avons répété à plusieurs reprises depuis 2006, cette crise est beaucoup plus importante, en termes d’impact et de conséquences, que celle de 1929. Historiquement, nous sommes tous les premiers acteurs, témoins et/ou victimes d’une crise qui affecte toute la planète, avec un degré sans précédent d’interdépendance des pays (du fait de la globalisation de ces vingt dernières années) et des personnes (le degré d’urbanisation, et donc de dépendance pour les besoins de base - eau, nourriture, énergie, ... - est aujourd’hui sans précédent dans l’Histoire). Cependant, le précédent des années 1930 et ses terribles conséquences destructrices semblent à nos chercheurs assez présents dans les mémoires collectives pour nous permettre, si les citoyens sont vigilants et les dirigeants lucides, d’éviter un bis repetita conduisant à une (ou des) conflagration(s) majeure(s).
Europe, Russie, Chine, Japon,... constituent sans aucun doute les acteurs collectifs pouvant d’assurer que l’implosion en cours de la puissance dominante de ces dernières décennies, à savoir les Etats-Unis, ne conduise pas la planète dans une catastrophe. En effet, à l’exception de l’URSS de Gorbatchev, les empires ont tendance à tenter vainement d’inverser le cours de l’Histoire quand ils sentent leur puissance s’effondrer. C’est aux puissances partenaires de canaliser pacifiquement le processus, ainsi qu’aux citoyens et élites du pays concerné de faire preuve de lucidité pour affronter la période très pénible qui se prépare.
Evolution des emprûnts des institutions financières US auprès de la Réserve fédérale américaine (08/01/1986 – 09/10/2008) - Source Federal Reserve Bank of St Louis
La « réparation d’urgence » des canaux financiers internationaux, réalisée avant tout par les pays de la zone Euro en ce début de mois d’Octobre 2008 [8], ne doit pas masquer trois faits essentiels :
. cette « réparation d’urgence », nécessaire pour éviter une panique qui menaçait d’engloutir tout le système financier mondial en quelques semaines, ne traite provisoirement qu’un symptôme. Elle ne fait qu’acheter du temps, deux à trois mois maximum, car la récession globale et l’effondrement de l’économie américaine (le tableau ci-dessus montre ainsi la vertigineuse croissance des fonds prêtés aux banques américaines par la Réserve fédérale) vont s’accélérer et créer de nouvelles tensions économiques, sociales et politiques qu’il faut traiter par anticipation dès le mois prochain (une fois les « paquets financiers » mis en oeuvre)
. même s’il était absolument nécessaire de remettre en marche le système de crédit, les gigantesques moyens financiers consacrés sur toute la planète aux « réparations d’urgence » du système financier mondial seront autant de moyens qui ne pourront pas être mis à disposition de l’économie réelle dans les mois à venir pour faire face à la récession globale
. la « réparation d’urgence » constitue une marginalisation, et donc un affaiblissement supplémentaire des Etats-Unis, puisqu’elle met en place des processus contraires à ceux prônés par Washington pour les 700 Milliards USD du TARP de Hank Paulson et Ben Bernanke : une recapitalisation des banques par les gouvernements (décision qu’Hank Paulson est obligé de suivre maintenant) et une garantie des prêts interbancaires (en fait les gouvernements de l’Euroland se substituent aux assureurs de crédits, une industrie au cœur de la finance mondiale et essentiellement américaine depuis des décennies). Ces évolutions détournent toujours plus de relais décisionnels et de flux financiers hors de l’orbite américaine à un moment où l’économie des Etats-Unis et l’explosion de leur dette publique [9] et privée en auraient plus que jamais besoin ; sans même parler des retraites qui s’envolent en fumée [10].
Le dernier point illustre comment, dans les mois à venir, les solutions à la crise et ses différentes séquences (financière, économique, sociale et politique) vont diverger de plus en plus : ce qui est bon pour le reste du monde ne le sera pas pour les Etats-Unis [11] et désormais, Euroland en tête, le reste du monde semble déterminer à faire ses propres choix.
Le choc brutal que générera la cessation de paiement des Etats-Unis à l’été 2009 est en partie une conséquence de ce découplage décisionnel des grandes économies du monde par rapport aux Etats-Unis. Il est prévisible et peut être amorti si l’ensemble des acteurs commencent dès maintenant à l’anticiper ; c’est d’ailleurs l’un des thèmes développés dans ce GEAB N°28. LEAP/E2020 espère seulement que le choc de Septembre 2008 aura « éduqué » les responsables politiques, économiques et financiers de la planète afin qu’ils comprennent qu’on agit mieux par anticipation que dans l’urgence. Il serait dommage que l’Euroland, l’Asie et les pays producteurs de pétrole, tout comme les citoyens américains d’ailleurs, découvrent brutalement au cours de l’été 2009, à la faveur d’un week-end prolongé ou d’une fermeture administrative des banques et bourses pour plusieurs jours sur le territoire américain, que leurs Bons du Trésor US et leurs Dollars US ne valent plus que 10% de leur valeur car un « nouveau Dollar » vient d’être instauré [12].
[1] L’Islande a adopté depuis plus de 10 ans tous les principes de dérégulation et de financiarisation de l’économie qui ont été développés et mis en œuvre aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Reykjavik était devenu une sorte de « Mini-Me » financier de Londres et Washington, pour reprendre le personnage du film très britannico-américain Austin Powers. Et les trois pays ont entrepris de jouer financièrement à « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf », pour reprendre la fable de Jean de la Fontaine dont la fin est fatale à la grenouille.
[2] Ainsi la bourse islandaise s’est effondrée de 76% après avoir été fermée quelques jours pour « éviter » la panique ! Source : MarketWatch, 14/10/2008
[3] A ce titre, attardons-nous sur le montant du « paquet financier » annoncé par Londres, soit 640 milliards EUR dont 64 milliards EUR pour recapitaliser les banques et 320 milliards EUR pour renflouer les dettes à moyen terme de ces mêmes banques (source : Financial Times, 09/10/2008). Avec une économie en chute libre à l ’image du marché immobilier, une inflation galopante, des retraites par capitalisation qui s’évanouissent en fumée, et une monnaie au plus bas, à part accroître la dette publique et affaiblir encore plus la Livre, on voit mal comment cela peut « sauver » des banques déjà très mal en point. A la différence des banques des pays de la plupart de la zone Euro, le système financier britannique, comme son homologue américain, est au cœur de la crise, et non pas une victime collatérale. Et Gordon Brown peut bien jouer à Churchill et Roosevelt réunis (Source : Telegraph, 14/10/2008), mais dans sa méconnaissance évidente de l’Histoire, il oublie que ni Churchill ni Roosevelt n’étaient aux commandes de leurs pays depuis 10 ans quand ils ont dû affronter chacun leur « grande crise » (cela vaut d’ailleurs pour les Etats-Unis et l’administration Bush - Paulson et Bernanke inclus - qui viennent tous du « problème » et font donc très peu probablement partis de la « solution »). Sans compter que Roosevelt et Churchill organisaient les sommets comme Yalta ou Téhéran en laissant Français et Allemands à la porte, alors que c’est lui qui a dû rester à la porte du Sommet de l’Euroland.
[4] Source : L’Express, 13/10/2008
[5] Source GEAB N°5, 15/05/2006
[6] Source GEAB N°26, 15/06/2008
[7] LEAP/E2020 présente ainsi une synthèse de ses anticipations sur la phase de décantation de la crise grâce à une carte du monde de l’impact de la crise différenciant entre 6 grands groupes de pays ; ainsi qu’un calendrier anticipatif 2008-2013 des 4 séquences financière, économique, sociale et politique pour chacune de ces régions.
[8] Car c’est bien la zone Euro, l’Euroland, qui a permis d’arrêter la spirale de panique globale. Depuis des semaines, les initiatives américaines et britanniques se sont succédées sans effet. C’est l’irruption d’un nouvel acteur collectif, le « sommet de l’Euroland » et ses décisions d’envergure, qui ont constitué le phénomène nouveau et rassurant. C’est d’ailleurs un nouvel acteur que Washington et Londres ont systématiquement empêché d’émerger depuis le lancement de l’Euro il y a 6 ans. Et il a fallu toute une mise en scène diplomatique (réunion préalable, photo de groupe pré-sommet,... ) pour permettre au Premier Ministre britannique de faire croire qu’il n’était pas marginalisé dans ce processus, alors qu’il n’appartient de facto pas aux sommets de la zone euro. Dans ce GEAB N°28, LEAP/E2020 revient sur ce phénomène et les conséquences systémiques durables de la tenue du 1er sommet de l’Euroland.
[9] Le plan de sauvetage financier américain a déjà accru de 17.000 USD la dette de chaque Américain. Source : CommodityOnline, 06/10/2008
[10] Ce sont en effet 2.000 milliards USD de retraites par capitalisation qui ont disparu en fumée ces dernières semaines aux Etats-Unis. Source : USAToday, 08/10/2008
[11] En tout cas à court terme. Car notre équipe est persuadée que pour le peuple américain, à moyen et long termes, il n’est pas mauvais du tout que le système dominant à Washington et New-York soit fondamentalement remis en cause. C’est en effet ce système qui a plongé ce pays dans les problèmes dramatiques où des dizaines de millions d’Américains se débattent aujourd’hui, comme l’illustre parfaitement cet article du New York Times du 11/10/2008
[12] Même si c’est une mesure de peu d’ampleur par rapport à la perspective de cessation de paiement des Etats-Unis, ceux qui pensent qu’il est temps de réinvestir dans les marchés financiers peuvent trouver utile de savoir que le New York Stock Exchange vient de réviser tous ses seuils d’interruption des cotations pour cause de chute trop forte des cours. Source : NYSE/Euronext, 30/09/2008
14:43 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, fin d'un monde, economie
Début de la séquence d’insolvabilité globale

En 2007, LEAP/E2020 avait annoncé que les banques américaines et le consommateur américain étaient tous deux insolvables. Il y a plus d’un an, notre équipe avait estimé à 10.000 milliards USD le montant d’ « actifs-fantômes » qui allait disparaître du fait de la crise. Ces deux annonces étaient en complet décalage avec les analyses dominantes du moment ; la suite a montré qu’elles étaient pourtant parfaitement justifiées. En fonction de la même logique d’anticipation, LEAP/E2020 estime aujourd’hui que le monde est entré dans une nouvelle séquence de la phase IV de la crise systémique mondiale (la phase dite de « décantation »), à savoir la séquence d’insolvabilité globale.
Les graves conséquences de cette insolvabilité globale sont anticipées dans ce GEAB N°31, dont ce communiqué présente un extrait qui permet de bien poser l’enjeu que représente cette nouvelle séquence de la crise. Par ailleurs le GEAB N°31 présente les 29 « hausses et baisses » de l’année 2009 selon l’équipe de LEAP/E2020 : quinze tendances en hausse et quatorze en baisse qui constituent autant d’outils d’aide à la décision et à l’analyse pour ceux que l’année à venir inquiète ou intrigue.
Contrairement à ce que les dirigeants politiques mondiaux, à l’image de leurs banquiers centraux, semblent penser, le problème de liquidité qu’ils essayent de résoudre par des baisses historiques de taux d’intérêts et une création monétaire illimitée, n’est pas une cause mais une conséquence de la crise actuelle. C’est bel et bien un problème de solvabilité qui crée les « trous noirs » dans lesquels disparaissent les liquidités, qu’ils s’appellent bilans des banques [1], endettements des ménages [2], faillites d’entreprises ou déficits publics. Avec une estimation conservatrice des « actifs fantômes » mondiaux portée désormais à plus de 30.000 milliards USD [3], notre équipe considère que le monde fait désormais face à une insolvabilité généralisée frappant évidemment en premier lieu les pays et les organisations (publiques ou privées) surendettés et/ou très dépendants des services financiers.

Evolution des capitalisations boursières mondiales en 2008 (en milliers de milliards de Dollars US) - Source : Thomson financial Datastream, 01/2009
A quoi reconnaît-on une crise de solvabilité d’une crise de liquidité ?
Cette distinction entre crise de liquidité et crise de solvabilité peut paraître très technique et finalement peu déterminante pour l’évolution de la crise en cours. Pourtant, elle n’a rien d’une querelle académique puisque, selon le cas, l’action actuelle des gouvernements et des banques centrales sera utile ou au contraire totalement inutile, voire dangereuse.
Un exemple simple permet de bien saisir l’enjeu. Si vous avez un problème transitoire de trésorerie et que votre banque ou votre famille accepte de vous prêter les fonds nécessaires pour que vous traversiez la passe difficile, leur effort est bénéfique pour tout le monde. En effet, vous continuez votre activité, vous pouvez payer vos employés ou vous-même, votre banque ou votre famille est remboursée (avec un intérêt sans aucun doute pour ce qui est de votre banque), et l’économie en général a bénéficié d’une contribution positive. En revanche, si votre problème n’est pas du à un problème de trésorerie mais au fait que votre activité n’est pas rentable et ne peut pas le devenir dans les conditions économiques du moment, alors l’effort de votre banque ou de votre famille devient d’autant plus dangereux pour tout le monde qu’il a été important. En effet, selon toute probabilité, votre premier appel de fonds sera suivi par d’autres toujours assortis de promesses (honnêtes supposons-le) que la mauvaise passe est bientôt terminée. Votre banque ou votre famille seront d’autant plus incités à continuer à vous aider qu’ils risquent de perdre ce qu’ils vous ont déjà prêtés au cas où vous cesseriez votre activité. Mais si la situation continue à empirer, ce qui est le cas si c’est bien un problème de rentabilité, alors arrive un moment où certaines limites sont atteintes : d’une part, votre banque va décider qu’elle a plus à perdre à continuer de vous soutenir qu’à vous laisser tomber ; et d’autre part, votre famille n’a simplement plus d’argent disponible, car vous lui avez siphonné toute son épargne. Il apparaît à tout le monde que non seulement vous êtes en faillite et insolvable, mais que vous avez probablement entraîné votre famille dans la même situation ou affaibli votre banque [4]. Vous avez porté ainsi un coup terrible à l’économie autour de vous, y compris à vos proches [5]. Il est important de souligner que tout cela a pu se dérouler en toute bonne foi si un changement brutal d’environnement économique a bouleversé les conditions de rentabilité de votre activité sans que vous ayez pris conscience de l’ampleur des conséquences pour votre activité.

Nombre de faillites quotidiennes aux Etats-Unis (01/2006 – 11/2008) - Source : CreditSlips, 01/2009
Selon LEAP/E2020, cet exemple simple illustre parfaitement la situation qui prévaut en ce début d’année 2009 pour l’ensemble du système financier mondial, une part importante de l’économie de la planète et tous les acteurs économiques (Etats compris) qui ont fondé leur croissance de ces dernières années sur l’endettement. La crise a traduit et amplifié un problème de solvabilité globale. Le monde est en train de prendre conscience qu’il est beaucoup plus pauvre que la dernière décennie le lui avait laissé croire. Et 2009 est l’année qui va obliger tous les acteurs économiques à tenter d’évaluer concrètement l’état de leur solvabilité, sachant que nombre d’actifs continuent encore à perdre de la valeur. La difficulté est qu’un nombre croissant d’opérateurs ne font plus confiance aux indicateurs et instruments de mesure traditionnels. Les agences de notation ont perdu toute crédibilité. Le Dollar US n’est plus qu’une fiction d’unité de mesure monétaire mondiale dont nombre d’Etats tentent de se dégager au plus vite [6]. Donc toute la sphère financière est à juste titre suspectée de n’être plus qu’un immense trou noir. Pour les entreprises, plus personne ne sait si les carnets de commande sont fiables [7] puisque, tous secteurs confondus, les clients annulent massivement les commandes [8] ou n’achètent plus, même quand les prix sont cassés, comme le confirme la forte baisse des ventes de détail de ces dernières semaines [9]. Et pour les Etats (et autres collectivités publiques), c’est dorénavant l’effondrement des recettes fiscales qui fait craindre une envolée des déficits pouvant entraîner là aussi des faillites. D’ailleurs, des milliardaires russes [10] aux pétromonarchies du Golfe arabique en passant par l’Eldorado commercial chinois [11], ce sont toutes les « poules aux œufs d’or » des entreprises et des établissements financiers de la planète (et notamment européennes, japonaises et nord-américaines [12]) qui s’avèrent désormais insolvables ou tout juste solvables. La question de la solvabilité de l’état fédéral et des états fédérés américains [13] (comme de celle de la Russie ou du Royaume-Uni) commence d’ailleurs également à être posée dans les grands médias internationaux ; tout comme d’ailleurs celle des grands fonds de pension par capitalisation, grands acteurs de l’économie globalisée de ces vingt dernières années.
Pour LEAP/E2020, la tendance est donc claire : la séquence qui commence en ce début d’année 2009, c’est bien celle de l’insolvabilité globale.
[1] Voici d’ailleurs une liste très utile des banques américaines sur le point de faire faillite présentée sur le site LewRockwell.com, réalisée à partir du Texas Ratio qui permet de mesurer leur exposition au risque.
[2] Cette carte dynamique des impayés de cartes de crédit et de prêts immobiliers aux Etats-Unis (au 2° trimestre 2008), réalisée par la Reserve fédérale de New-York, permet de juger de l’étendue de la crise affectant les revenus des ménages et leur niveau d’endettement. Source : NewYorkFed, 12/2008
[3] L’évolution des valeurs boursières mondiales est un bon indicateur de cette disparition des « actifs-fantômes », même si il faut lui ajouter toutes les pertes de valeur dans l’immobilier et dans d’autres gammes d’actifs ; et probablement lui retrancher des reprises de valeurs qui ont été emportées par la tourmente actuelle et se rétabliront une fois le pire de la crise derrière nous.
[4] Nous ne parlons même pas ici des employés, fournisseurs, clients, …
[5] Et, une telle situation, répétée à l’échelle d’un pays tout entier conduit à un chaos social. D’ailleurs, l’armée américaine elle-même envisage que l’instabilité sociale créée par la crise puisse conduire à une intervention militaire. Source : ElPasoTimes, 29/12/2008
[6] A ce propos, LEAP/E2020 émet une recommandation à destination des institutions financières internationales, et surtout à leurs responsables des services statistiques : il est urgent de mettre en place une comptabilité internationale alternative, fondée sur un panier de devises (par exemple : 25% USD, 25% Euro, 25% Yen et 25% Yuan en attendant un panier global décidé par les dirigeants politiques) car la cessation de paiement des Etats-Unis et la rupture du système monétaire mondial que nous anticipons à l’été 2009 va immédiatement entraîné une catastrophe en matière de comptabilisation des valeurs et des flux financiers mondiaux. Il est donc urgent, même si cela résulte de discussions officieuses et de comptabilité « au noir » de doubler les statistiques actuelles faites essentiellement en Dollars Us par une version de « sauvegarde » effectuée dans un panier de devises. Cela permettra d’assurer une continuité des statistiques le temps d’une reconstruction du système monétaire mondial.
[7] Une série d’articles du Spiegel (18/12/2008), intitulée « Le calme avant la récession mondiale », illustre très bien la crise vue d’Allemagne. Et la chute généralisée du transport de marchandises en zone Euro illustre bien ce fait. Source : Libération, 12/01/2009
[8] L’un des indicateurs avancés de l’économie mondiale est indéniablement le marché des machines-outils, car ce sont elles qui servent à produire les objets manufacturés. Les commandes de machines-outils permettent d’anticiper 6 mois à 1 an à l’avance l’état de l’industrie manufacturière mondiale. Les deux grands fabricants et exportateurs mondiaux de machines-outils étant l’Allemagne et le Japon, l’évolution de leur production et exportation dans ce secteur est donc un indice très fiable de l’avenir de l’industrie manufacturière mondiale. En l’occurrence, il s’avère très sombre pour 2009 puisqu’à l’image de l’Allemagne, le Japon a enregistré en Novembre 2008 une chute vertigineuse de 16,2% de ses commandes par rapport à Octobre 2008, soit la pire baisse depuis 1987 quand ces statistiques ont commencé à être disponibles. Source : MarketWatch, 15/01/2009
[9] Aux Etats-Unis, 2009 risque de voir 25% des commerces de détail fermer leurs portes. Source : ClusterStockAlleyInsider, 27/12/2008
[10] Les « milliardaires russes » en sont réduits à quémander l’aumône du Kremlin, qui lui même voit ses réserves financières fondre à vue d’oeil. Source : Spiegel, 08/01/2009
[11] Un « El Dorado chinois » qui en 2009 est en train de se transformer en bourbier socio-économique. Source : Janelanaweb, 25/12/2008 ; Yahoo/Reuters, 07/01/2009 ; Guardian, 13/01/2009
[12] La toute récente faillite de Nortel, leader nord-américain de l’industrie des télécommunications en est un exemple flagrant.
14:36 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise systemique, bourse, actifs toxic, banque
« Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »
UMP: pour un euro t’as plus rien
Quand à l'heure du projet de loi HADOPI, l'UMP propose un euro pour dédommager le groupe de musique MGMT on frôle le foutage de gueule. C'est du moins ce que pense le blogueur Nick Carraway.
Jurisprudence prélégislative ?
Dans l’affaire qui l’oppose au groupe de rock américain MGMT, l’UMP propose de dédommager le groupe, dont ils avaient utilisé une des chansons lors du congrès de la Mutualité du 24 janvier et dans plusieurs vidéos publicitaires, à hauteur d’1 euro. L’offre a été refusée, et l’affaire n’est pas anodine, car la stratégie est dangereuse.
Ce qui est clair, c’est que l’UMP a proposé au groupe une conciliation en amont du jugement, de manière à retirer l’illégalité de l’acte. Ils reconnaissent avoir fait une bourde, mais ils essaient de s’arranger entre eux pour que MGMT retire sa plainte. Or, cette stratégie de dépénalisation est totalement incohérente en regard des cris d’orfraie qui sont poussés par les quelques roquets de la majorité et les majors de l’industrie du film ou du disque. Comment peut-on rendre illicite le téléchargement ou le streaming alors que la majorité qui veut faire passer la loi s’arrange pour ne pas être condamnée ? Cela voudra donc dire qu’au moment de chaque procès, chaque particulier qui se fera pincer pourra contourner la loi en proposant un dédommagement. Imaginez que vous vous faites piquer dans un magasin avec un vêtement sous votre pull et que vous vous proposez gentiment comme compensation de le payer. C’est incohérent !
Mieux encore : l’UMP estime le coût de l’infraction à 1 euro. Et pire encore : le montant du dédommagement n’est pas une estimation du manque à gagner pour le groupe, c’est symbolique. En gros on ne veut pas chiffrer le montant, et on se contente d’un petit geste histoire de dire qu’on a remboursé ! A moins que l’UMP considère qu’elle aurait pu se procurer le titre sur iTunes pour 0,99€, qui lui en donnait la pleine propriété… mais c’est oublier que c’est la propriété à l’usage privé ! Et cela, je doute que ça coûte les 0,01 euros restants ! Si l’on estime la diffusion (voire la possession, on ne sait pas si le titre a été téléchargé illégalement ou non) sans l’accord de l’auteur à 1 euro, voilà une jolie brèche dans laquelle pourront s’engouffrer tous les particuliers. A 1 euro la fraude, on peut être sûr d’une chose : non seulement ça n’endiguera pas le phénomène, mais en plus cela va coûter un max de blé à la justice pour déboucher sur des arrangements d’officine !
Cette histoire est assez révélatrice de l’état d’esprit qui entoure ce projet de loi. Quand le gouvernement réfléchit global, il s’alarme, car il voit que le montant du manque à gagner est astronomique (et encore) ; quand il se fait prendre la main dans le sac, il se dit que ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan et que ce n’est pas dramatique. Alors qu’il n’est pas du tout prouvé que l’on peut mettre bout à bout les actes individuels pour calculer le manque à gagner de l’industrie du disque et du cinéma, qui n’est pas forcément grevée par le téléchargement !
A moins que tout ceci soit un exemple du dicton : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »
13:59 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ump, internet, mgmt
27.02.2009
Corinne Lepage démonte Pérol
Corinne Lepage démonte Pérol
Pour Corinne Lepage, la nomination de François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Elysée, à la tête de l’établissement bancaire résultant de la fusion des Banques Populaires et des Caisses d’épargne est une «affaire grave». Elle s'explique pour Marianne2.fr.
Quand la parole publique est défaillante...
D’une part, manifestement, et contrairement à ce qui est affirmé, M. Pérol est justiciable de la commission de déontologie. Du reste, le Président de la République a commencé par affirmer que celle-ci n’avait pas formulé d’opposition (ce qui ne signifie du reste pas qu’elle ait donné un avis positif) avant de faire reconnaître par M. Guéant que non seulement elle n’avait pas donné d’avis, mais encore que le Président de cette commission , seul consulté semble-t-il à cette heure, ne serait prononcé que sur le caractère obligatoire ou non de la saisine. Il aurait indiqué que le cas de M. Pérol ne relevait pas d’une saisine obligatoire, ce qui, bien évidemment, ne constitue en rien un avis sur la légalité de cette nomination. Ainsi, les propos du Président sont doublement inexacts, ce qui est grave en soi. Rappelons, en effet, que dans une démocratie, la parole publique est fondamentale.
Mais, revenons au texte. Il serait très instructif que soit rendu public le courrier de M. Fouquet, Président de la Commission de déontologie pour essayer de justifier que le cas de M. Pérol ne relève pas d’une saisine obligatoire. En effet, la loi du 29 janvier 1993 modifiée par la loi du d 2 février 2007 dispose dans son article 87 :
I. - Une commission de déontologie placée auprès du Premier ministre est chargée d'apprécier la compatibilité de toute activité lucrative, salariée ou non, dans une entreprise ou un organisme privé ou toute activité libérale, avec les fonctions effectivement exercées au cours des trois années précédant le début de cette activité par tout agent cessant ses fonctions. Ces dispositions sont applicables :
1° Aux fonctionnaires placés ou devant être placés en cessation définitive de fonctions, disponibilité, détachement, hors-cadre, mise à disposition ou exclusion temporaire de fonctions ;
2° Aux agents non titulaires de droit public employés par l'Etat, une collectivité territoriale ou un établissement public ;
3° Aux membres d'un cabinet ministériel ;
4° Aux collaborateurs de cabinet des autorités territoriales
5° Aux agents contractuels de droit public ou de droit privé des établissements mentionnés aux articles L. 1142-22, L. 1222-1, L. 1323-1, L. 1336-1, L. 1413-2, L. 1418-1 et L. 5311-1 du code de la santé publique ;
6° Aux agents contractuels de droit public ou de droit privé d'une autorité administrative indépendante.
Ces dispositions ne s'appliquent aux agents non titulaires de droit public mentionnés aux 2° et 6° que s'ils sont employés de manière continue depuis plus d'un an par la même autorité ou collectivité publique...
II. - La saisine de la commission est obligatoire au titre du I pour les agents chargés soit d'assurer la surveillance ou le contrôle d'une entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée ou de formuler un avis sur de tels contrats, soit de proposer des décisions relatives à des opérations effectuées par une entreprise privée ou de formuler un avis sur de telles décisions.
Pour l'application du premier alinéa du présent II, est assimilée à une entreprise privée toute entreprise publique exerçant son activité dans un secteur concurrentiel et conformément aux règles du droit privé.
La commission peut être saisie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État, par tout agent entrant dans le champ du I ou par l'administration dont relève cet agent.
Dans tous les cas, la commission est saisie préalablement à l'exercice de l'activité envisagée.
III. - La commission peut être saisie pour rendre un avis sur la compatibilité avec les fonctions précédentes de l'agent, de toute activité lucrative, salariée ou non, dans un organisme ou une entreprise privé ou dans une entreprise publique exerçant son activité conformément aux règles du droit privé dans un secteur concurrentiel ou d'une activité libérale que souhaite exercer l'agent pendant un délai de trois ans suivant la cessation de ses fonctions. La commission examine si cette activité porte atteinte à la dignité des fonctions précédemment exercées ou risque de compromettre ou de mettre en cause le fonctionnement normal, l'indépendance ou la neutralité du service. Au cas où la commission a été consultée et n'a pas émis d'avis défavorable, l'agent public ne peut plus faire l'objet de poursuites disciplinaires et le IV ne lui est pas applicable.
Le Décret n°2007-611 du 26 avril 2007 relatif à l'exercice d'activités privées par des fonctionnaires ou agents non titulaires ayant cessé temporairement ou définitivement leurs fonctions et à la commission de déontologie précise dans son article 1 :I. - Il est interdit aux agents mentionnés au I de l'article 87 de la loi du 29 janvier 1993 susvisée qui cessent temporairement ou définitivement leurs fonctions :
A. - De travailler, de prendre ou de recevoir une participation par conseil ou capitaux dans une entreprise privée, lorsque l'intéressé a été chargé, au cours des trois dernières années qui précèdent le début de cette activité, dans le cadre des fonctions qu'il a effectivement exercées :
1° D'assurer la surveillance ou le contrôle de cette entreprise ;
2° De conclure des contrats de toute nature avec cette entreprise ou de formuler un avis sur de tels contrats ;
3° De proposer directement à l'autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par cette entreprise ou de formuler un avis sur de telles décisions.
Les interdictions mentionnées ci-dessus s'appliquent également aux activités exercées dans une entreprise :
a) Qui détient au moins 30 % du capital de l'entreprise susmentionnée, ou dont le capital est, à hauteur de 30 % au moins, détenu soit par l'entreprise susmentionnée, soit par une entreprise détenant aussi 30 % au moins du capital de l'entreprise susmentionnée ;
b) Ou qui a conclu avec l'entreprise susmentionnée un contrat comportant une exclusivité de droit ou de fait.
Ne sont toutefois pas interdites la seule participation au capital de sociétés cotées en bourse ou la participation intervenant par dévolution successorale.
B. - D'exercer une activité lucrative, salariée ou non, dans un organisme ou une entreprise privé et toute activité libérale si, par sa nature ou ses conditions d'exercice et eu égard aux fonctions précédemment exercées par l'intéressé, cette activité porte atteinte à la dignité desdites fonctions ou risque de compromettre ou mettre en cause le fonctionnement normal, l'indépendance ou la neutralité du service.
II. - Les interdictions prévues au I ci-dessus s'appliquent pour une durée de trois ans à compter de la cessation des fonctions justifiant l'interdiction.
III. - Au sens du présent article, est assimilée à une entreprise privée toute entreprise publique exerçant son activité dans un secteur concurrentiel et conformément au droit privé.
Incohérence et divergence des discoursLa lettre du président Fouquet est très éloignée des versions successives qui ont été présentées par l’Elysée. Tout d’abord, il a été indiqué que la Commission de déontologie avait été saisie. C’est inexact.
Ensuite, il a été indiqué que la Commission avait donné un avis par l’intermédiaire de son Président ; Ce n’est que partiellement exact puisque le Président prend soin d’indiquer qu’il ne peut que donner un avis personnel qui n’engage pas la Commission. Puis, M. Guéant a indiqué qu’en toute hypothèse , le cas de M. Pérol n’entrait pas dans la saisine obligatoire de la Commission. A aucun moment, dans son courrier, le Président Fouquet ne s’exprime sur ce point, mais au contraire évoque la question de fond ; Dès lors, la saisine de la Commission étant préalable, M. Pérol ne peut à ce jour accéder à ses nouvelles fonctions.
« La jurisprudence citée n'est pas concluante »
Sur le fond, l’avis du président Fouquet doit être lu entre les lignes et ne contredit en rien l’analyse juridique qui précède. Tout d’abord, il vise l’avis du secrétaire général qui estime que les fonctions de M. Pérol à l’Elysée n’entrent pas dans les cas visés par la loi. Ainsi, il se réfère à une interprétation que Le secrétaire général de l’Elysée n’a aucune compétence pour formuler et qui n’engage que lui. Or, la situation de fait est importante pour juger de la situation de droit ; l’avis est donc émis comme si M. Pérol était totalement étranger à l’opération concernant la naissance du nouvel établissement. De plus, il n’analyse la situation que sur le plan pénal en se référant à l’interprétation nécessairement stricte de la loi pénale. Mais, les pouvoirs de la commission ne sont pas de nature pénale ; ils sont beaucoup plus large et visent l’aspect strictement déontologique. Enfin, la jurisprudence citée n’est pas concluante pour deux raisons ; celle qui est antérieure à 2007 est inopérante car la loi a changé en 2007. quant aux autres exemples, ils ne visent pas des personnes entrant dans un établissement sur lequel ils avaient spécifiquement travaillé ; en toute hypothèse, l’arrêt Bauffret du Conseil d’Etat montre un rigueur beaucoup plus grande du Conseil d’Etat sur le pantouflage.
Ainsi, on voit mal, comment, même si elle n’était pas saisie à titre obligatoire, la commission pourrait rendre un avis favorable. Elle doit être saisie et M. Pérol ne devrait pas prendre de fonctions tant que l’avis n’est pas émis.
Des dysfonctionnements mis en évidenceDès lors, dans cette affaire, et indépendamment même des questions déontologiques d’une autre nature liées au fait que par le passé, M. Pérol avait conseillé une des deux parties sur un montage qui est aujourd’hui contesté, si les règles de droit étaient appliquées, M. Pérol ne pourrait être nommé. Cette affaire révèle, au-delà du cas particulier qui ne met évidemment pas en cause les compétences professionnelles de M. Pérol, le dysfonctionnement des instances politiques et juridiques françaises. Comment se fait-il que le Président de la République, garant au terme de la Constitution, du fonctionnement des pouvoirs publics et du respect de l’état de droit, intervient précisément en violation de la loi. Comment se fait-il que nous ne disposions d’aucun organe qui puisse imposer le respect de la loi, alors même que l’article 432-13 du code pénal a été évoqué par certains ? Comment se fait-il qu’il n’y ait en France aucun pouvoir judiciaire à même de trancher la difficulté juridique à supposer qu’il y ait un débat juridique ?
On le voit. Cette affaire, indépendamment des questions liées au poids du Président dans les nominations pose crûment la question du fonctionnement de notre état de droit et de la qualification de démocratique de notre système.
11:15 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : banque populaire, banques, caisse d'épargne, élysée, fouquet, fusion, guéant, pérol, président de la république
Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à "quitter votre région"...
La crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ? C'est le pronostic quelque peu affolant que dressent les experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février.
Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale", les experts prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles. "Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible."
Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.
La crise serait ainsi à même de susciter de violentes révoltes populaires dont l'intensité serait aggravée par une libre circulation des armes à feu. L'Amérique latine, mais aussi les Etats-Unis sont les zones les plus à risques. "Il y a 200 millions d'armes à feu en circulation aux Etats-Unis, et la violence sociale s'est déjà manifestée via les gangs", rappelle Franck Biancheri, à la tête de l'association. Les experts du LEAP décèlent d'ailleurs déjà des fuites de populations des Etats-Unis vers l'Europe, "où la dangerosité physique directe restera marginale", selon eux.
FAIRE DES RÉSERVES
Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une "crise systémique mondiale", initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux Etats-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une "très Grande Dépression" aux Etats-Unis.
Doit-on en conclure que la crise mondiale peut se transformer en guerre mondiale ? "Les pronostics de LEAP sont extrêmes, mais la violence sociale pointe", admet Laurence Boone, économiste chez Barclays.
Reste un espoir, une "dernière chance" selon le LEAP, qui résiderait dans la capacité du G20, qui se réunira le 2 avril à Londres, à arrêter un plan d'action "convaincant et audacieux". Dans ce cas, le monde ne serait toutefois pas tiré d'affaire, puisque les experts ne manquent de rappeler que se profile aussi une sévère crise climatique...
GEAB N°32 est disponible! 4° trimestre 2009 - Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale
- Communiqué public GEAB N°32 (15 février 2009) -

Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :
A. Deux phénomènes majeurs :
1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète
2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux
B. Deux séquences parallèles :
1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel
2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.
Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l'effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n'est plus vraiment permis d'être optimiste en la matière (1). Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, et c'est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être.
Selon LEAP/E2020, il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue selon notre équipe la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle (2). Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements (3), y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007.
Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient en train d'organiser leur propre écrasement sous le poids de l'Histoire, oubliant qu'ils n'étaient que des constructions humaines, ne survivant que parce que l'intérêt du plus grand nombre s'y retrouvait. Dans ce numéro 32 du GEAB, LEAP/E2020 a donc choisi d'anticiper les conséquences de cette phase de dislocation géopolitique sur les Etats-Unis et l'UE.
Last but not least, notre équipe considère désormais que ce sont les entités politiques (5) les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s'appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l'ensemble de leurs zones d'influences dans le monde. D'autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux.
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02...
10:43 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, guerre, dislocation, phase 5, systemique, geopolitique mondiale, boulversement
26.02.2009
Sarkozy lance la bataille de l'intelligence… et la perd
Sarkozy lance la bataille de l'intelligence… et la perd
C'est la vidéo que s'échangent les chercheurs : un banc d'essai des discours de Sarkozy et d'Obama sur la science. Devinez qui s'en tire le mieux?
Un mois plus tard, le 22 janvier 2009, Nicolas Sarkozy, qui avait apparemment retenu la leçon de l’Oncle Sam de travers, affirmait que la recherche et l’innovation sont la clé pour sortir renforcé d’une crise sans précédent… et qu’il s’apprêtait à la mettre sous la porte. Quand le Président américain flattait les cerveaux qui « pourchassent la nouvelle grande idée » et préparent « la révolution qui pourra changer nos vies », le chef de l’Etat français sortait le fouet et alignait des contrevérités manifestes sur la recherche tricolore. Le premier, en offrant sa confiance aux chercheurs, leur a donné envie de se dépasser dans les labos, le second en les humiliant les a encouragés à arrêter le boulot. Les propos généraux de l’un se sont traduits par de généreuses subventions et des dons des fondations, les propos de café de commerce de l’autre, qui reposent sur des chiffres faux et des à peu près, n’ont été repris que par les imbéciles qui croient tout ce qu’on leur dit.
Finalement, mieux aurait valu arriver après la bataille
En grève depuis le 2 février, les enseignants-chercheurs, eux, restent mobilisés dans toutes nos universités et nos laboratoires contre la politique d’enseignement supérieur et de recherche du gouvernement. Et même si Nicolas Sarkozy, Valérie Pécresse et sa médiatrice Claire Bazy-Malaurie jouent le pourrissement, les chercheurs inventent chaque jour de nouvelles actions pour combattre le règne de l’ignorance … L’imagination est au pouvoir lorsqu’ils descendent dans la rue. Le Président avait donc raison, le 22 janvier dernier, lorsqu’il disait que « la bataille de l’intelligence est engagée ». Mais on dirait qu’il l’a perdue.
13:14 Publié dans mouvements sociaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enseignants, chercheurs, crise, sarkozy, obama, recherche, sauvons la recherche, science
L’économie mondiale au bord du précipice
Adieu la récession, bonjour la dépression...
Nicolas Sarkozy clame à qui veut l'entendre que «nous sommes au milieu de la crise». Ben voyons. Tout indique plutôt que le pire est à venir...
L’économie mondiale au bord du précipice
Nous savions que le premier semestre serait dur. Il est malheureusement pire que prévu, comme le montrent les difficultés des pays de l’ancienne Europe de l’Est. On peut finalement se demander si le gros de la crise n’est pas devant nous.
La plus grave crise économique depuis 80 ans
Les derniers chiffres qui sont tombés montrent que nous traversons la pire crise depuis la Grande Dépression. Au 4ème trimestre, l’ensemble des pays ont subi une contraction extrêmement sévère de leur PIB en rythme annuel : -3,8% pour les Etats-Unis et l’Espagne, -4,7% pour la France, -5,7% pour la zone euro, -5,9% pour le Royaume Uni, -7,1% pour l’Italie, -8,2% pour l’Allemagne et -12,7% pour le Japon !
Le commerce mondial s’effondre, avec une baisse de 35% des exportations du Japon et de 12% de celles de la Chine (et une baisse de plus de 40% de ses importations…). Cet effondrement, largement supérieur à celui de l’économie, apporte une lumière intéressante au débat sur le protectionnisme en démontrant que la baisse des échanges commerciaux peut être davantage la conséquence d’une grave récession économique que sa cause ou même l’effet de mesures protectionnistes…
Mais cet écroulement du commerce met à mal toutes les économies construites pour l’exportation, qu’elles soient développées (Allemagne, Japon) ou émergentes. L’ancienne Europe de l’Est vit une descente aux enfers d’autant plus brutale que le marché ajoute à la récession une forte poussée inflationniste, du fait de la spéculation monétaire et de l’effondrement irrationnel de certaines devises.
Les ingrédients pour passer d’une récession à une dépression
Le problème est que la vague de déréglementation provoque un ajustement plus brutal aux nouvelles conditions économiques. En à peine un an, le taux de chômage Américain est passé de moins de 5% à 7,6%, et le nombre de chômeurs augmente de 600 000 par mois ! Plus de libéralisation, c’est aussi permettre des ajustements plus brutaux. Le problème est que plus les entreprises ajustent leurs effectifs de manière brutale, plus elles renforcent les phénomènes récessifs de dépression de la demande.
Un véritable cercle vicieux se met alors en place où la baisse de la demande des consommateurs suite à l’explosion de la bulle immobilière Américaine provoque une baisse de l’offre (chômage, partiel ou non), qui déprime à son tour la demande, ainsi de suite… Nous sommes d’ors et déjà rentrés dans le cercle vicieux qui a transformé la crise de 1929 en une dépression longue et brutale. Passé un certain point, la baisse de la demande se perpétue elle-même, les mécanismes du marché aggravant la crise.
La croisée des chemins
En fait, nous sommes en 1930, à un moment où la grave crise que nous traversons peut se transformer soit en une grave dépression, si de mauvaises décisions sont prises, soit en une grave crise dont nous pouvons sortir dès l’an prochain si les dirigeants actuels tirent les leçons des erreurs du passé. La connaissance de la Grande Dépression nous a déjà permis d’améliorer certaines réponses à la crise en sauvant des banques dont l’effondrement dans les années 30 avaient asphyxié l’économie durablement.
La leçon de ce passé funeste a également poussé la nouvelle administration Obama à faire passer un plan de soutien de près de 800 milliards de dollars, certes imparfait, mais dont le montant et la rapidité montrent que le nouveau président, lui, a saisi l’urgence de la situation. Avec des marchés exubérants à la baisse comme à la hausse, on peut espérer que la déprime excessive actuelle peut faciliter un rebond purement technique si les plans de relance sont à la hauteur.
Les six prochains mois seront très difficiles. Ce n’est que fin 2009, début 2010, quand nous entrerons dans le comparatif avec le 4ème trimestre 2008 qu’un rayon de soleil pourra apparaître. À date, quasiment tout repose sur le plan Obama, pour le meilleur et pour le pire.
Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/21/la-defail...
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/02/21/l-europ...
The Economist (statistiques PIB)
13:06 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amérique, crise, obama, depression, effrondrement
Incroyable: la Corrèze en grève depuis 5 semaines
Incroyable: la Corrèze en grève depuis 5 semaines
Et si le soulèvement de la Guadeloupe se propageait... à la Corrèze. Dans ce scénario de fine catastrophe limousine, le fantaisiste Laurent Laurent décèle l'une des racines de la crise qui sévit aux Antilles: le mépris des zones françaises isolées.
La situation présente relève d’une longue histoire de domination de Paris. Depuis que…
…ce territoire fut rattaché à l’Ile de France par Louis XI, il a toujours gardé son quant-à-soi, se considérant non pas comme « Français à part entière mais un peu Français entièrement à part », dans ce que le parisianisme hautain appelle honteusement, les ploucs. La légende des forces de l’ordre qui furent molestées sur le marché de Brive-la-Gaillarde (les violences) croise aujourd’hui un réel mécontentement social avec un grand S, un grand O-C-I-A-L. Oui, délaissé par l’industrie et le développement économique, par le refus de l’état centralisateur d’y créer un grand port autonome alors que le potentiel est énorme, les Corréziens revendiquent aujourd’hui une augmentation de 200 euros des salaires. Ils ont raison. Augmentation sensible de leur pouvoir d’achat, qui fera d’eux les clients d’aujourd’hui pour les commerces et entreprises d’aujourd’hui, ce qui fera les investissements de demain. C’est comme ça que marche l’économie, et dans l’inverse. Pas juste avec des primounettes ou des miettes, vite boulottées dans les marges brutes pour ne pas dire brutales, de accaparateurs étrangleurs monopolisateurs. Voilà une relance de la machine économique, par la consommation.
Les deux grand poètes locaux, aujourd’hui disparu de la scène politique, Jacques Chirac et François Hollande, chantres de la corrèzitude, se tiennent encore enfermés dans leur réserve.
Mais le malaise est profond. Le Limousin grogne.
Si ce n’est la différence ethnique qui est bien visible entre les locaux qui roulent les r et parisiens qui parlent pointus, les revendications ne sont pas raciales, les différences entre la race limousine ou normande ne rentre pas en ligne de compte dans ce conflit, car il est avant entre les riches et les pauvres. Même si le tempérament chafouin de la population perpétue des coutumes locales tenaces, comme la recette du boudin aux châtaignes. Alors que cette terre a un potentiel énorme et que Tulle devrait être la plaque tournante du continent auvergnat, on la tient sous le boisseau et la férule à la fois. C’est inadmissible.
Malgré les efforts du ministre des départements continentaux, qui a effectué plusieurs allés et retours Paris-Tulle, en vain, on craint une poussée indépendantiste.
Mais ceci n’est pas du goût du patronnas local qui martèle à qui veut l’entendre que les entreprises Corrézienne, dont l’approvisionneur d’essence Total, sont dans les difficultés avec la crise et qu’il ne faut pas décourager les entreprises et les riches. Selon eux, à force d’être malfaisant, les pauvres vont finir par devenir odieux.
Oui, le malaise est grand. Déjà les autres territoires emboîtent le pas : la Bourgogne, le Berri, La Franche-Comté, la Charente libre et la bonne de vingtaine de régions grognent et réclame déjà 200 euros, bientôt 300 euros le tout sans violence, il faut le remarquer.
Les raisons de la crise économique, de la crise politique, de la crise de société sont partout semblables, la Corrèze est seulement à l’avant garde.
11:08 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : greve, crise, correze


















