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31/03/2009

D'où nous viennent les stéréotypes et les préjugés?

Chacun de nous, dans notre vie personnel, a pu constaté qu'il y a des GROS CONS dans toutes les races, dans tous les pays, éparpillés sur notre bonne vieille terre et ceux là, ne mérite pas (à mon avis) d'avoir l'appellation et faire partis de l'espèce humaine . Même si on dit que la connerie est humaine (ce qui est vrai), je crois que c'est la conscience qui fait la différence entre les êtres humains et pas leurs couleurs de peau. Peu importe la race, la religion, la nationalité,...la conscience est la valeur ajoutée de l'homme. Si tu es inconscient, dans ce cas tu n'es qu'un être primitif, voir simplement un animal...enfin un GROS CON quoi !!!

Monté Cristo

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14:01 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : racisme, couleur, humain

La Dernière Chance ?

Sommet du G20 de Londres : la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale

Lettre ouverte aux dirigeants du G20, publiée en anglais dans l’édition mondiale du Financial Times le 24/03/09

Mesdames, Messieurs,

Il vous reste moins d’un semestre pour éviter que la planète s’enfonce dans une crise dont elle mettra plus d’une décennie à sortir, avec un terrible cortège de malheurs et de souffrance. Cette lettre ouverte de LEAP/E2020, qui dès Février 2006 avait annoncé l’imminence d’une « crise systémique globale », veut tenter de vous indiquer brièvement pourquoi il en est ainsi, et comment éviter cela.

groupe_G20_469_311_3075b.jpgEn effet, si vous avez commencé à soupçonner l’ampleur de la crise il y a moins d’un an, c’est dès Février 2006, dans la 2° édition de son « Global Europe Anticipation Bulletin » (GEAB), que LEAP/E2020 avait annoncé que le monde entrait dans la « phase de déclenchement » d’une crise d’ampleur historique. Et depuis cette date, LEAP/E2020 a continué, chaque mois, à anticiper d’une manière très fiable les évolutions de la crise dans laquelle le monde entier se débat désormais. Ce qui nous conduit à vous écrire cette lettre ouverte dont nous espérons qu’elle éclairera vos choix dans quelques jours.

Et cette crise s’aggrave dangereusement. Récemment, à l’occasion de la 32° édition de son bulletin, LEAP/E2020 a ainsi lancé une alerte très importante qui vous concerne directement, vous les dirigeants du G20 : si, réunis à Londres le 2 Avril prochain, vous n’êtes pas capables d’adopter des décisions audacieuses et innovantes en vous concentrant sur l’essentiel, et d’entamer leur mise en oeuvre d’ici l’été 2009, alors la crise entrera à la fin de cette année dans la phase de « dislocation géopolitique généralisée » qui affectera tout autant le système international que la structure même des grandes entités politiques comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’UE. Et vous ne contrôlerez alors plus rien pour le malheur des six milliards d’habitants de notre planète.

Votre choix : une crise de 3 à 5 ans ou un crise de plus d’une décennie ?

_45611577_bigben_afp_466.jpgHélas, comme rien ne vous a préparé à affronter une crise d’une telle ampleur historique, jusqu’à présent, vous ne vous êtes occupés que des symptômes ou des causes secondaires. Vous avez pensé qu’il suffisait d’ajouter de l’essence ou de l’huile au moteur mondial, sans vous rendre compte qu’il était tout simplement cassé, sans espoir de réparation. C’est un nouveau moteur qu’il faut construire. Et le temps presse car chaque mois qui passe détériore un peu plus l’ensemble du système international.

Comme dans toute crise majeure, il faut aller à l’essentiel. Comme dans toute crise de dimension historique, le seul choix est entre entreprendre au plus vite des changements radicaux et raccourcir considérablement la durée de la crise et ses conséquences tragiques ; ou au contraire refuser les changements radicaux en tentant de sauvegarder l’existant, pour ne réussir qu’à prolonger durablement la crise et accroître toutes ses conséquences négatives. A Londres, le 2 Avril prochain, vous aurez ainsi le choix entre résoudre la crise en 3 à 5 ans d’une manière organisée ; ou bien au contraire, entraîner la planète dans une décennie terrible.

Nous nous bornerons donc ici à mettre en avant trois conseils que nous considérons comme stratégiques, c’est-à-dire, que pour LEAP/E2020, s’ils ne sont pas mis en oeuvre d’ici l’été 2009, la dislocation géopolitique mondiale deviendra inévitable à partir de la fin de cette année.

LES 3 CONSEILS DE LEAP/E2020

1. La clé de la crise, c’est la création d’une nouvelle devise internationale de référence !

World_Top.jpgLe premier conseil se résume à une idée très simple : la clé de la crise actuelle se trouve dans la réforme du système monétaire international hérité de l’après-1945 afin de créer une nouvelle devise internationale de référence. Le Dollar américain et l’économie des Etats-Unis ne sont plus en mesure d’être les piliers de l’ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n’est pas abordé directement, puis traité, la crise s’approfondira car il est au coeur des crises des produits financiers dérivés, des banques, des prix de l’énergie, … et de leurs conséquences en terme de chômage massif et de baisses des niveaux de vie. Il est donc vital que cette question soit l’objet principal du Sommet du G20 de Londres et que les premiers éléments de solution y soient lancés. La solution à ce problème est d’ailleurs bien connue : 270209top.gifil s’agit de créer une devise de référence internationale (qu’on pourrait appeler le « Global ») fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète, à savoir le Dollar US, l’Euro, le Yen, le Yuan, le Khaleel (monnaie commune des etats pétroliers du Golfe qui sera lancée au 1° Janvier 2010), le Rouble, le Real, … . et de faire gérer cette devise par un « Institut Monétaire Mondial », dont le Conseil d’ Administration reflète les poids respectifs des monnaies composant le « Global ». Vous devez demander au FMI et aux banques centrales concernées de préparer un tel plan pour Juin 2009 avec objectif de mise en oeuvre au 1° Janvier 2010. C’est votre seul moyen de reprendre l’initiative sur le temps de déroulement de la crise. Et c’est le seul moyen de concrétiser la mise en oeuvre d’une globalisation partagée, en en partageant la monnaie qui est au coeur de toute activité économique et financière.

tsunami.1206208219.jpgSelon LEAP/E2020, si une telle alternative au système actuel en plein effondrement n’a pas commencé à être préparée d’ici l’été 2009, démontrant qu’il existe une autre voie que le « chacun pour soi », le système monétaire international actuel ne passera pas l’été. Et si certains Etats du G20 pensent qu’il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu’aujourd’hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront au contraire toute aptitude à le faire.

2. Contrôlez l’ensemble des banques au plus vite !

Le second conseil est déjà largement évoqué dans les discussions préalables à votre réunion. Il devrait être donc aisé de l’adopter. Il s’agit de mettre en place d’ici la fin 2009 un système de contrôle des banques à l’échelle mondiale qui supprime tout « trou noir ». Plusieurs options vous sont déjà proposées par les experts. Tranchez dès maintenant. Nationalisez au plus vite quand il le faut ! C’est en tout cas le seul moyen de prévenir un nouvel endettement massif des établissements financiers comme celui qui a contribué à la crise actuelle ; et de montrer aux opinions publiques que vous êtes crédibles face aux banquiers.

3. Faites évaluer au plus vite par le FMI les systèmes financiers US, britannique et suisse !

08-10-19-dsk-strauss-kahn.jpgLe troisième conseil touche à nouveau une question très sensible politiquement qui pourtant est incontournable. Il est indispensable que le FMI remette au G20, au plus tard, en Juillet 2009, une évaluation indépendante des trois systèmes financiers nationaux au coeur de la crise financière : ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Suisse. Aucune solution durable ne pourra en effet être efficacement mise en oeuvre tant que personne n’a la moindre idée des ravages causés par la crise dans ces trois piliers du système financier mondial. Et il n’est plus temps de « prendre des gants » avec des pays qui sont au coeur du chaos financier actuel.

Ecrivez un communiqué simple et bref !

_45611576_children_pa_466.jpgPour terminer, nous nous permettrons seulement de rappeler que vous avez désormais à restaurer la confiance chez 6 milliards de personnes, et des dizaines de millions d’institutions publiques et privées. Alors, n’oubliez pas de rédiger un communiqué court, qui ne fasse pas plus de deux pages, qui ne contienne pas plus de trois ou quatre idées centrales et qui soit lisible par des non-experts. Sinon, vous ne serez pas lu hors du cercle étroit des spécialistes et vous ne pourrez donc pas ressusciter la confiance du plus grand nombre condamnant ainsi la crise à s’aggraver. Si cette lettre ouverte vous aide à sentir que l’Histoire vous jugera pour ce que vous aurez réussi à faire ou pas lors de ce Sommet, alors elle n’aura pas été inutile. Sachez simplement, que selon LEAP/E2020, vos peuples respectifs n’attendront pas plus d’une année pour vous juger. Une chose est néanmoins certaine : cette fois-ci vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenu !

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Franck Biancheri Directeur des Etudes de LEAP/E2020 Président de Newropeans

 



30/03/2009

L’ agonie d’un système

L’ agonie d’un système

renard-poule-maison_~DOM060.jpgDans quelle économie vivons-nous exactement ?
Officiellement, nous sommes toujours en régime capitaliste, un régime que nous préférons appeler "libéralisme économique" ou encore "libre échange", ces deux expressions évoquant le mot "liberté" qui flatte nos oreilles républicaines.
Mais cette liberté, en matière économique, c’est devenu celle du renard dans le poulailler...

Sauf que la volaille (nous), non contente de se faire plumer, engraisse et protège son prédateur. Autrement dit, le capitalisme, ce système sans foi ni loi qui fait "des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres" selon une formule bien connue, ce système inique, lorsqu’il se met en danger par ses propres excés, est soutenu, consolidé, sauvé par la volaille qui constitue le gros bataillon des états.
Jusqu’à présent, du moins, car les choses pourraient changer grâce (si l’on peut dire...) à l’ampleur de la crise actuelle. Elles changeront si les dirigeants du monde prennent conscience du danger qui pointe à l’horizon. Dans le cas contraire, le pire est à venir pour aboutir, quand même, à un changement inévitable.

Pourquoi les états soutiènnent encore le régime libéral-capitaliste à l’agonie ?
Il y a plusieurs réponses possibles à celà :

Il y a l’idée, fausse mais entretenue par tous ceux qui en profitent, qu’il n’y a rien de possible entre le libéralisme économique et le défunt communisme. Ce qui est faux, bien entendu. Mais ce mensonge protège les intérêts des rapaces qui détiennent le vrai pouvoir occulte, celui de la finance, vous savez, ceux qui n’en ont jamais assez et jamais trop....

pauvrete.jpgIl y a aussi ce que l’on pourrait appeler "le conformisme culturel", hérité d’un lointain passé et qui fait considérer comme "naturel" et immuable ce qu’on a toujours connu, comme la société structurée en riches et en pauvres, avec, entre les deux, une classe moyenne. Cette classe moyenne, consciente de ses petits privilèges lorsqu’elle se compare à la classe inférieure misérable, est le meilleur soutien du système dominant.
Un autre soutien de la structure traditionnelle de la société, ce sont les religions et particulièrement les monothéistes, qui ont toujours pactisé implicitement avec les pouvoirs en place (et explicitement au temps des royautés), en valorisant spirituellement la pauvreté à laquelle on a fait miroiter l’espoir d’un éden futur et hypothétique...

Un autre conformisme, c’est l’idéal de la réussite individuelle, importé par l’oncle Sam et qui explique, en somme, "si vous réussissez, soit par le travail, soit avec la chance (et on pourrait rajouter : par le talent, la spéculation, voire les trafics en tous genres, ou encore l’escroquerie "légale" basée sur les failles administratives et juridiques), c’est que vous le méritez et vous avez bien raison d’en profiter"...

594880-726246.jpgIl y a là, surtout depuis le milieu du XXè Siècle, un dévoiement complet de la notion de "mérite". Ainsi, aucun homme sur terre ne mérite de gagner 1000 fois ce que gagne un autre homme en travaillant, ni même 100 fois. Toutes les fortunes sont - ou devraient être - illégales.
Comme le disait déjà Balzac : "à l’origine de toute fortune, il y a un crime qu’on ignore". Il ne s’agit pas forcément d’un crime de sang, il y a bien d’autres façons d’être un criminel social... Je vous épargne les exemples.

Le plus triste dans cette histoire, c’est que ce sont souvent les plus humbles qui soutiennent le principe des grandes richesses, en bavant d’admiration devant les "idoles qui le méritent bien" puisque : ils savent taper dans un ballon, ils savent spéculer avec de l’argent qui ne leur appartient pas, ils savent bien chanter, ils savent, bien ou mal, diriger une usine ou une banque...etc.
Or, le mérite n’a plus aucun sens, tel qu’on le conçoit, dans une société qui a perdu complètement ses repères et la mesure des choses.

Mais revenons à notre crise qui n’est pas seulement une crise financière, mais aussi une crise sociétale qui nous entraîne vers une crise de civilisation. Autant dire que la résolution en sera longue et difficile, si toutefois les décideurs mondiaux prennent conscience de la gravité et des enjeux du phénomène.
C’est qu’un simple replâtrage du système actuel est voué à l’échec et à un effondrement dramatique de l’ensemble des économies, dans un temps plus proche qu’on ne le croit, bientôt suivi de ce que certains appellent déjà "la révolte de la pauvreté". Révolte qui sera, soyons-en certains, trés violente.
Car les classes moyennes, qui soutiennent encore le système, sont et seront de plus en plus touchées. Et elles changeront de camp.

stef-liberalisme.jpgLa gravité de la situation est, heureusement, perçue par de plus en plus de monde, y compris chez beaucoup d’intellectuels. Par contre, dans le milieu politique traditionnel, droite et gauche confondues, on refuse encore de remettre en cause le sacro-saint libéralisme économique, en dépit de belles paroles que l’on n’avait, il est vrai, pas l’habitude d’entendre dans certaines bouches... Il ne manque plus que le courage, une vertu oubliée depuis longtemps quand il s’agit de mettre en chantier une véritable révolution culturelle...
liberalisme.gifMais parler de "moraliser le capitalisme", c’est se foutre du monde !
Le capitalisme est, par nature, immoral et amoral. C’est pourquoi il est condamné à disparaître, victime de ses excés et de ses contradictions. Il faut revisiter Marx et sa clairvoyance car ce qu’il avait prédit est en train de s’accomplir sous nos yeux. Même si la bête va chercher à survivre dans des soubresauts dévastateurs...
Il faudra aussi revisiter et s’inspirer des économistes réformistes et utopistes ( Mill, Sismondi, Saint Simon, Proudhon, Owen...). Ils ont encore des choses à nous apprendre sur l’équité et le partage.

P925908D816244G_px_470__w_ouestfrance_.jpgLes commentateurs, politiques et journalistes, conformistes et en mal d’imagination, reprochent bêtement à Besancenot et son NPA d’avoir un discours stérile, dans la mesure où ils ne souhaitent pas participer au pouvoir... Or, dans le contexte économique mondial tel qu’il existe aujourd’hui, Besancenot a bien raison de ne pas s’inscrire dans un pouvoir qui ne fait que gérer la crise dans le seul but de maintenir un système condamné à terme.
Un capitalisme toujours néfaste et presque virtuel puisqu’il est soutenu à coup de milliards par les états qui soutiennent par ailleurs l’économie réelle avec d’autres milliards, et qui consacre encore d’autres milliards pour le social, afin d’éviter le pire : la révolution.
Mais les milliards aussi sont virtuels puisqu’ils ne les ont pas....
L’état est partout pour colmater les brèches du système décadent qu’il défend.

Je reviens à ma question première : dans quelle économie vivons-nous ?
( à suivre...)

21:00 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : systeme, agonie, liberale, npa

Message d’urgence de Lyndon LaRouche

Message d’urgence de Lyndon LaRouche au président Barack Obama et au peuple américain

Lyndon LaRouche vient de s’adresser par une émission vidéo au président Barack Obama et au peuple américain.

Lyndon LaRouche : Vous vous souvenez peut-être que je suis la seule personne, qui, le 25 juillet 2007, avait mis en garde contre ce qui est arrivé par la suite à l’économie mondiale.

A ce jour, quelques économistes de premier plan ont, à leur manière, défendu des vues qui coïncident avec les miennes.

OBAMA-crise-eco.jpgJe vous dis, en tant qu’expert, contre ceux qui ont prétendu le contraire pendant ces dernières années, que cette politique a été imposée au président des Etats-Unis [celle du renflouement des actifs spéculatifs avec l’argent du contribuable], peut couler les Etats-Unis et sa présidence sans tarder.

Le président ne pourra en aucune manière survivre à cette politique, y compris à très court terme. Cette politique est incompétente, anti-constitutionnelle et de nature à détruire les Etats-Unis.

Et le citoyen américain – non pas les classes moyennes aisées que le président écoute un peu trop — , mais le citoyen ordinaire de ce pays, c’est à dire 60 à 70% de la population, se retournera rudement contre le président, s’il n’abandonne pas cette politique folle.

Une seule solution existe, et elle existe depuis que je l’ai développé entre juillet et septembre 2007 : « Mettez l’ensemble du système financier en faillite organisée ». Prenez tous ces déchets [toxiques] et jetez-les au panier ! Reconstruisez le système bancaire d’après les critères de la loi Glass-Steagall. Recapitalisez les banques et non pas les spéculateurs ! Apportez des liquidités aux banques, du crédit d’Etat qui leur permettra de rétablir leur solvabilité.

Mais, ne renflouez pas les spéculateurs ! Ne faites pas de cadeaux aux spéculateurs ! Sinon, vous ne resterez pas président très longtemps, Monsieur le président.

changement-en-marche-obama.jpgJe fais tout ce qui est dans mes moyens pour vous aider, pour vous aider à survivre comme président et réussir. Mais cette erreur que vous avez commis, en suivant des mauvais conseillers, des conseillers incompétents, peut vous coûter la présidence et couler les Etats-Unis avec. Car, si vous sombrez maintenant, vous entraïnerez tout le pays dans votre chute. Et vous allez devenir de plus en plus impopulaire dans les jours et semaines à venir. Changez donc maintenant. Abandonnez tout de suite cette politique qui est contraire à la Constitution. Elle n’est pas seulement contraire à la Constitution américaine, elle est immorale !

Soyez donc un président « moral » : rejetez cette politique !

Et soyez certain qu’une immense majorité du peuple américain vous suivra.

Prenez cette décision sans tarder, Monsieur le président, car cette politique est une erreur terrible.

1050964-1328221.jpgJe suis l’expert le plus compétent. Il y a bien entendu d’autres personnes dans la classe dirigeante qui sont d’accord avec moi d’une manière ou une autre. Mais l’expert, c’est moi, et je vous le demande : « Ne faites pas cette erreur fatale car ce serait un suicide politique. Revenez donc tout de suite sur cette décision ! »

 

La vérité sur le cas de M. Sarkozy

La vérité sur le cas de M. Sarkozy
30 mars 2009 - 14:14

par Jacques Cheminade

 

« …Tout son corpsd’un seul coupdans l’espace d’une minute, et même moins,se déroba,s’émietta,se pourrit absolument sous mes mains. Sur le lit, devant tous les témoins, gisait une masse dégoûtante et quasi liquide,une abominable putréfaction. »

Ainsi se termine La vérité sur le cas de M. Waldemar, la célèbre Histoire extraordinaire d’Edgar Allan Poe. Nicolas Sarkozy, qui n’apprécie pas, semble-t-il, La princesse de Clèves, aurait sans doute intérêt à méditer la leçon d’un auteur majeur du pays qu’il admire tant.

En effet, M. Waldemar, qui s’est fait magnétiser avant de mourir, reste sept mois dans un état où son corps ne change pas, et ce n’est que lorsque l’on procède à l’expérience du réveil qu’il se produit ce que nous venons de citer. Le réveil politique de M. Sarkozy sera sans doute de même nature s’il ne change pas. En effet, toutes les initiatives qu’il vient de prendre récemment sont une adaptation à la situation, sur le lit bordé par l’oligarchie financière, sans tenir le moindre compte de l’économie physique ni des intérêts de son peuple, que ce soit ceux qui ont voté pour ou ceux qui ont voté contre lui. Il perdure, comme M. Waldemar, mais le choc de la réalité révèlera son état réel.

02_sarko_toulon_357.jpgAprès le discours de Toulon, le Président de la République indiqua sa volonté de mettre un terme à la loi du capitalisme financier. Aujourd’hui, à Saint-Quentin, il parle de « moraliser » ce à quoi hier il prétendait mettre fin. Hier il stigmatisait ceux qui s’enrichissent en spéculant, aujourd’hui il s’en prend aux grévistes ; hier il semblait condamner un système, aujourd’hui non seulement il fait avec, mais ne cède pas à la pression de sa propre majorité en faveur d’une loi interdisant les bonus et stock-options dans les entreprises aidées par l’Etat. Ce n’est pas un décret de dernière heure, interdisant, seulement jusqu’à fin 2010, les stock-options pour les dirigeants de banques et de l’industrie automobile bénéficiant d’une aide publique, qui change grand-chose à la question : il s’agit d’un typique effet d’affichage. Tout au plus mise-t-il sur des menaces, aussi convaincantes que le code de gouvernance Afep-Medef qui est une « éthique » sans obligation ni sanction réelle.

afp-photo-179215.jpgLe symbole est fort : Saint-Quentin était comme en état de siège, avec des centaines de policiers et de camions-barrières au coin des rues, et si la salle était pleine, c’était de militants UMP venus des environs proches et lointains, rassemblés pour l’occasion. Sur le fond, c’est encore pire. M. Sarkozy ne s’oppose plus aux dérives financières qu’en paroles, dans les faits il les encourage. Il a ainsi demandé à la Banque centrale européenne (BCE) de recourir à de « nouvelles armes » face à la crise, ce que Mme Christine Lagarde appelle « des mesures un petit peu alternatives et non conventionnelles ».

planche_billets.jpgEn clair, de faire marcher la planche à billets électronique. Il s’agit du rachat de titres obligataires d’Etat (bons du Trésor) ou même d’entreprises pour « débloquer les circuits du crédit », à l’image de ce que font la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine. « J’ai toujours été pour cet élargissement des instruments utilisés par la BCE », a-t-il indiqué sans gêne. C’est à la fois dangereux et stupide. En effet, ce sont ainsi les Banques centrales qui viennent au secours des Etats, qui à leur tout viennent au secours des banques en reprenant ou en garantissant leurs effets toxiques, ou en leur procurant des fonds propres, sans conditions ni garanties ! La politique officielle française consiste donc à renflouer, comme les politiques britannique et américaine actuelles, un système qui a rendu l’âme, autant que…M. Waldemar. Ce qui conduira tout droit, si l’on continue ainsi, au doute sur la solvabilité des Etats surendettés puis à leur faillite, comme celles de l’Islande, de la Lettonie ou de la Hongrie, mais à une échelle que les pédants bien vus en Cour appelleraient « macroéconomique ».

Déjà, et c’est pour cela que nous disons que ce choix est stupide, la Banque d’Angleterre vient de mettre en place sa politique d’« assouplissement monétaire » sans grand succès, puisque le mercredi 25 mars elle n’est pas parvenue à placer la totalité d’un emprunt à 40 ans d’à peine plus d’un milliard de livres.

Quant aux paradis fiscaux, la France ne remet en cause ni ceux que constituent la City de Londres et Wall Street, tout en s’en prenant à leur « compétiteur » suisse, ni ceux qu’utilisent abondamment les banques françaises pour leurs opérations les plus « délicates », de Jersey jusqu’aux Antilles.

sarko-merkel432.jpgLa note adressée en vue du G20 par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à MM. Topolanek, président en exercice du Conseil européen, et Barroso, président de la Commission européenne, propose une supervision financière paneuropéenne et approuve les recommandations du rapport Larosière. Sans en vouloir personnellement à cet éminent personnage promu par la France et l’Allemagne, notons qu’il a été conseiller de l’assureur AIG, un casino financier renfloué par l’Etat américain à hauteur de 173 milliards de dollars, ce qui augure mal de sa compétence pour « refonder » quoi que ce soit. Ajoutons que le principal bénéficiaire du renflouement de AIG, à hauteur de plus de 12 milliards de dollars, a été Goldman Sachs, dont l’ancien secrétaire américain Hank Paulson fut le dirigeant. Lors du sauvetage, Lloyd Blankfein, aujourd’hui à la tête de Goldman, était présent dans la pièce ! Bref, on prend les mêmes et on recommence, et le conflit d’intérêts est partout.

C’est ce système que couvrent Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en remettant la conception des réformes au FMI, au FSF, au Comité de Bâle sur la supervision bancaire et à la Commission européenne. Parlons maintenant de cette dernière : José Manuel Barroso, l’ultra-libéral imposé hier par Tony Blair, sera reconduit aujourd’hui faute d’alternative (sic) à gauche (re-sic). Il est vrai que lors du séminaire sur la refondation du capitalisme, parrainé alors par Nicolas Sarkozy et Eric Besson, le « cher Tony » avait été reçu en héros. Aujourd’hui, Gordon Brown et l’espagnol Zapatero soutiennent Barroso : si ce n’est pas là une sorte d’inceste, cela y ressemble fort.

Merkel et Sarkozy s’engagent « à consolider nos finances publiques en appliquant le pacte de stabilité et de croissance… au fur et à mesure que l’économie se redressera ». C’est dire que l’on continue à se livrer pieds et poings liés à la loi du marché, en s’interdisant d’émettre du crédit productif public, seule solution pour financer l’équipement de l’homme et de la nature.

photo_0302_459_306_12451.jpgN’en jetez plus, direz-vous. Eh bien non. Le comble est l’adhésion de tous à la loi du FMI. Un FMI renforcé dont le directeur général, Dominique Strauss-Kahn, vient d’indiquer clairement la « philosophie » dans un entretien à La Tribune du 28 mars : « Un dollar utilisé pour nettoyer le bilan des banques est aujourd’hui beaucoup plus efficace qu’un dollar investi dans la construction de nouveaux ponts ». La même politique anti-infrastructure est promue, au sein de l’administration Obama, par Lawrence Summers, son conseiller vendu depuis toujours à l’idéologie et aux intérêts de Wall Street et dont Lyndon LaRouche réclame la démission. En fait, c’est une « gouvernance mondiale » qui est promue, visant à servir l’oligarchie financière au plus fort de la crise. Avec pour conséquence ce qu’on voit déjà en France avec Continental, Heuliez, Peugeot, Renault et leurs équipementiers et sous-traitants, Amora-Maille, 3M, Celanese et les 10000 à 15000 PME qui doivent supprimer entre 2 et 50 salariés. Mais peu importe, il faut d’abord sauver les établissements financiers, comme ils disent tous dans ce milieu, et comme l’affirme Denis Kessler, le patron de la SCOR, « lutter contre les 3 P, enfants bâtards de toute crise : le Protectionnisme, le Populisme et le Patriotisme qui dégénère en nationalisme ». Il faut un terrible culot, indépendamment de tout jugement moral, pour condamner les réactions face à une crise dont on est soi-même responsable et coupable !

Sarko-Merkel_Berlusconnard.jpgPlus honnêtement, Jacques Attali va au bout du raisonnement (cf. notre éditorial) : un gouvernement mondial après des guerres, ce « fascisme universel » que les égarés de la social-démocratie en viennent à partager avec les néo-conservateurs américains. En un mot, la face cachée de Lord Keynes. On comprend que Peter Mandelson, l’homme à tout faire de l’oligarchie financière et actuellement ministre britannique du Commerce, déclare « son admiration pour la présidence française de l’Union européenne ». Il ne manquait plus que Lord Mark Malloch Brown, l’organisateur du G20, pour tresser des louanges à notre Président. C’est fait. Celui-ci sortira-t-il de son état hypnotique ? C’est son propre intérêt, car s’il ne le fait pas, c’est le sort de M. Waldemar qui l’attend, ou bien d’être momifié pour services rendus à l’Empire, comme le cadavre de Jeremy Bentham. Un mot seul pourrait le ramener à la vie : « banqueroute organisée », celui que je prononce ici à la face des autres.

20:14 Publié dans sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sar'kozy, g20, dsk, fmi, crise, banque

27/03/2009

"Le Global" une nouvelle devise mondial pour remplacer le Dollar ?

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À une semaine d’une importante réunion des pays du G20, la Chine en appelle à l’adoption d’une nouvelle monnaie de référence en remplacement du dollar américain.

C’est que la Chine est dépendante du système monétaire actuel dominé par le dollar US, devise dans laquelle est libellée une grande partie de ses réserves de change, soit près de 2 000 milliards de dollars. Or, la situation économique aux États-Unis inquiète l’empire du Milieu. Si le dollar américain devait péricliter, la Chine serait sérieusement ébranlée, scénario qu’elle veut éviter à tout prix.

Un nouveau système économique mondial

C’est pourquoi elle propose la création d’une monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar US. La gestion de cette nouvelle devise relèverait du Fonds monétaire international (FMI). Le but ultime de cette démarche consisterait à créer un nouveau système économique mondial qui ne soit pas facilement influencé par les politiques de certains pays, souligne la Chine.


Actuellement, Européens et Américains semblent diverger sur les priorités liées à la réforme de l’architecture financière mondiale. Les seconds mettent l'accent sur la nécessité de plans de relance massifs, avant le grand chantier de réforme.

billets_dollar_yuan_b_8175b.jpgLa Chine reconnaît que l'établissement d'une nouvelle monnaie de réserve « largement acceptée » pourrait prendre du temps. Mais, à court terme, la communauté internationale et particulièrement le FMI devraient au moins « faire face aux risques résultant du système actuel, conduire des contrôles réguliers et des évaluations », a souligné le gouverneur de la Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan.

En route vers le « Global » ?

La Chine n’est pas seule à réclamer la fin de la suprématie du dollar US. Frank Biancheri, directeur des études du Laboratoire européen d'anticipation politique (LEAP/E2020), a fait publier en ce sens une lettre ouverte aux dirigeants du G20 dans le prestigieux Financial Times.

« Il vous reste moins d’un semestre pour éviter que la planète s’enfonce dans une crise dont elle mettra plus d’une décennie à sortir, avec un terrible cortège de malheurs et de souffrance », prévient Frank Biancheri. Cette prédiction n’est pas anodine. En effet, dès février 2006, Frank Biancheri et son équipe ont anticipé et documenté avec une précision remarquable la crise financière actuelle.

arton323-742c7.jpgUne solution à la crise

Pour faire échec à la crise, il faut créer une nouvelle devise internationale de référence, dit Frank Biancheri. « Le dollar américain et l’économie des États-Unis ne sont plus en mesure d’être les piliers de l’ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n’est pas abordé directement, puis traité, la crise s’approfondira, car il est au cœur des crises des produits financiers dérivés, des banques, des prix de l’énergie, …et de leurs conséquences en terme de chômage massif et de baisses des niveaux de vie », écrit l’expert.


Sous la gouverne d’un institut monétaire mondial

Cette nouvelle devise, qui pourrait s’appeler le « Global », devrait être fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète : dollar US, euro, yen, yuan, rouble, real, etc. Le « Global » serait géré par un institut monétaire mondial, dont le conseil refléterait le poids respectif des monnaies le composant.


default.jpgFrank Biancheri croit qu’il n’y a pas de temps à perdre. Si une telle solution de rechange au système actuel en plein effondrement n’a pas commencé à être préparée d’ici l’été 2009, « le système monétaire international actuel ne passera pas l’été ». Et si certains États du G20 pensent qu’il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu’aujourd’hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. « Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront au contraire toute aptitude à le faire », note-t-il.

Consulter la lettre ouverte de Frank Biancheri aux dirigeants des pays du G20


Source :

http://conseiller.ca/

04:15 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dollar, fmi, chine, g20, krash

26/03/2009

Une loi sur les parachutes dorés?


Une loi sur les parachutes dorés? Sarkozy le promet depuis... 2007!

Hier soir, le chef de l'Etat a de nouveau menacé de légiférer pour limiter les rémunérations des grands patrons, car nous dit-il : "percevoir un parachute doré, alors qu'il y a un echec de gestion et de management, ce n'est pas honnete et ce n'est pas responsable !" il poursuit en disant : "que si l'entreprise qui mets en place un plan social, et qui recoit en plus une aide de l'etat, c'est egalement malhonnete et irresponsable !" en conclusion, il estime que son devoir est d'etre dans le bon tempo dans l'interet des francais et de legiferer . Mais quoi? : un decret pour regler immediatement les choses ou  jouer le temps, pour ses amis du CAC 40 et du Medef avec une loi ?

Quel bel orateur, et surtout quel bon sens a notre cher president..............de la petite phrase et du pragmatisme !

Ecoutez le, lors de sa declaration !

 


En meme temps, je me pose quelques questions, quant à ses capacités de memoire.
Est-il vraiment dans le bon tempo avec lui meme?
Est-il egalement responsable et honnete, quant on se souvient que pendant la campagne presidentielle de 2007, il avait annoncé que pour l'été 2007, une loi serait voté contre les parachutes dorés?

Dixit Sarko :"Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes, parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes", avait déclaré le candidat Sarkozy, le 19 avril 2007, lors d'une réunion publique à Marseille.

Encore une Sarkopromesse bien sur, puisqu'à ce jour rien n'a été encore fait, et 2 ans aprés la campagne on a l'impression d'entendre un disque rayé. Dans ce cas, on peut donc s'autoriser à penser (comme dirait Coluche) de remettre en cause et en doute, sa credibilité à respecter ses propres dires, ses propres pensées et ses propres valeurs, non !?
Ou alors on peut dire tout et n'importe quoi en politique et donc plus rien ne compte, plus rien n'a de sens......enfin bref, c'est la fête quoi !

Souvenez-vous en 2007, voici une declaration de campagne sur RTL, ainsi qu'une autre lors de la reunion publique à Marseille.

 


Le moins qu'on puisses dire, c'est que son pragmatisme, va jusqu'au changement de discours quasi instané, sorte de retournement de veste verbal compulsif, tellement il veut nous faire croire qu'il est le meilleur, tellement qu'il est le president, tellement sa femme est mannequin, tellement il va sauver le monde.......................................................tellement il est plein de vent !

Pour finir, bien sur tout le monde est scandalisé par ces pratiques, surtout dans cette periode de crise.
Voici un podcast zapping des radios

podcast

PS : Chers lecteurs, je vous remercie pour vos centaines de connection chaque jours sur mon blog, qui m'encourage à continuer. Toutefois, vos commentaires m'interressent tout autant ! Merci à tous !

Monté Cristo

 

 

Un pan du monde universitaire s'installe dans la dissidence

Un pan du monde universitaire s'installe dans la dissidence

2009_02_06_Manif_Prof_Chercheurs.jpgAmorcé début février, le mouvement universitaire ne faiblit que lentement malgré les concessions gouvernementales. Mardi 24 mars, la huitième journée de manifestations a été la plus faible depuis le 2 février, date du début de la mobilisation. Simple pause après le grand rendez-vous interprofessionnel du 19 mars ou reflux définitif du mouvement ? Jeudi 26 mars, la nouvelle journée d'action lancée par l'intersyndicale du supérieur et de la recherche servira de test.

Selon le ministère de l'enseignement supérieur, les cours restent annulés dans une dizaine d'universités, et ce depuis plusieurs semaines. Une vingtaine d'autres seraient touchées ponctuellement et à des degrés divers par des actions qui vont du blocage partiel aux "cours alternatifs".

greve-etudiants-universites-strasbourg.jpgBeaucoup d'étudiants attendent désormais chez eux que les cours reprennent, mais tout un pan du monde universitaire et étudiant s'installe dans la dissidence, même si les dossiers litigieux s'amenuisent.

Après une nouvelle nuit de discussion avec les syndicats, le projet controversé de réforme du statut des enseignants-chercheurs a été de nouveau amendé, mardi 24 mars, lors d'un comité technique paritaire. En signe de désaccord, les élus du Snesup-FSU, syndicat majoritaire, et FO ont quitté la réunion avant la fin les discussions.

Le décret a été néanmoins adopté par 17 voix pour et 5 abstentions. Il devrait être adressé au Conseil d'Etat dans quelques semaines. A l'issue de cette réunion, le Snesup-FSU, qui aurait souhaité des modifications sur la modulation de service des universitaires, a appelé à "intensifier les mobilisations de la communauté universitaire pour l'abandon du décret".

S'agissant de la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, l'annonce par Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, du report à 2011 des nouveaux concours d'accès à l'enseignement a été reçue comme une "avancée", mais toutes les composantes du mouvement veulent maintenant obtenir de nouvelles mesures.

uds-hors-les-murs-boehringer-cortege-funebre-uds-028.1234543094.JPGEt certaines veulent beaucoup plus : réunie lundi à Strasbourg, la Coordination nationale des universités, où sont représentés les syndicats et les collectifs Sauvons la recherche et Sauvons l'université, a estimé que les deux ministres "doivent partir". Elle a réclamé l'"abandon" des réformes, l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universités et du pacte pour la recherche.

Luc Cédelle et Catherine Rollot

Implosion de l’économie mondiale en 2009, les preuves

Implosion de l’économie mondiale en 2009, les preuves

1124343439.jpg

Dès octobre 2008, j’avais dans mon article « cessation de paiement » (alterinfo, betapolitique) indiqué les différentes étapes de la crise systémique actuelle :
-Acte I : les subprimes /les banques.
-Acte II : faillite des hedge funds.
-Acte III : l’économie réelle est touchée (faillite de Ford, General Motors, Chrysler et des compagnies aériennes US entre autre, au premier trimestre 2009).
-Acte IV : faillite des collectivités locales et des états aux USA.
-Acte V : cessation de paiement et destruction du dollar (fin du deuxième trimestre 2009).
J’ai reçu à ce moment là les commentaires sympathiques et chaleureux de certains lecteurs. Je cite : « du n’importe quoi, ignorant, impossible, etc ».
Il faut souligner qu’à l’époque, tous les grands journaux ainsi que la télévision, affirmaient que tout allait bien, que la crise était passagère (lire « Destruction de l’économie et médias »).
Depuis, le temps a fait son œuvre, la crise s’est installée et personne ne remettrait en doute la première partie de mon analyse.
J’ai donc continué mes recherches et j’ai ajouté (le 12 novembre) 2 étapes majeures :
-le secteur des cartes de crédit qui est fortement secoué et sera l’un des prochains krachs à venir (21 milliards de dollars d’emprunts réclamés de janvier à juin 2008). Pour les banques l’année 2009 sera terrible.
-la faillite des fonds de pension et des retraites (une catastrophe gigantesque) : 15 millions de britanniques n’auront pour vivre que 560 livres par mois. Ce sera la même chose pour tous les pays ayant un système de pension par capitalisation (USA, Pays-Bas, Danemark, Japon entre autres).
Je vais donc ici, apporter la preuve que nous ne sommes pas en 1929 (ce que j’affirme depuis des mois), mais que la crise actuelle est un véritable tsunami qui va tout emporter.

 

bons-du-tr-sor-am-ricains.jpg
























En effet, l’économie réelle est sévèrement touchée (acte III) et le pire est à venir :
-Selon Klaus Schwab, le chef du forum économique international de Davos, la crise financière a coûté pour le moment 5000 milliards de dollars. Il ne compte pas les engagements du gouvernement US et de la Fed en soutien à la finance qui totalisent 7 400 milliards, soit 50% du PIB US (source : Bloomberg lundi 24 novembre).
L’Institut de liaisons et d’études des industries de consommation (ILEC) prévoit des défaillances en cascades au premier semestre 2009.
Euler-Hermes SFAC (leader de l’assurance-crédit) pour son étude semestrielle annonce une hausse de 25% des défaillances d’entreprises dans le monde en 2008 (l’Espagne connaît une hausse de 160%), mais surtout, elle prévoit le pire pour 2009. N’oublions pas que les entreprises sont interconnectées entre elles à l’aide de CDS (credit default swaps, contrat de protection entre acheteur et vendeur) pour un montant de 62 000 milliards de dollars. Les premières défaillances ont commencé, nous assisterons donc bientôt, par effet domino, à l’implosion du système. (deja annoncé par l'economiste Lyndon LaRouche le 17 mai 2005)
Byron Dorgan, sénateur démocrate du Dakota, a dit à propos des produits dérivés :« Si vous voulez jouer, aller à Las Vegas. Si vous voulez faire du négoce de produits dérivés, Dieu vous bénisse. »
De plus, les profits des sociétés devraient reculer de 50 %, selon Groupama Asset Management.
1929_krach_5.jpgLe département américain du Travail a d‘ailleurs déclaré une moyenne à quatre semaines de 558.000 chômeurs de plus en décembre 2008 (source : AFP). Il y aura donc 1,7 millions de chômeurs supplémentaires aux USA au mois de mars, si tout va bien. Le problème des « subprimes » est donc loin d’être terminé.
En Chine, 670.000 petites entreprises ont fermé et 6,7 millions d’emplois ont disparu en 2008 (source : Reuters). Les risques d‘émeutes deviennent l’obsession des dirigeants chinois. La situation, là-bas, est plus inquiétante qu’aux USA.
L’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) prévoit "20 à 25 millions" de chômeurs en plus dans le monde d’ici 2010 (source : AFP).
brent 2008-11 graph.JPG-Le docteur Abderrahmane Mebtoul l’un des plus grands économiste d’Algérie (membre de la délégation Algérienne à la réunion de l’OPEP à Oran) et surtout l’un des rares à comprendre la gravité de la crise actuelle affirme que « certains analystes prévoient une contraction de la demande mondiale de pétrole entre 30 et 50% selon l’ampleur de la crise mondiale. »Une demande en pétrole divisée par 2 signifie une économie totalement ravagée.
-Les compagnies aériennes sont lourdement touchées avec des pertes cumulées de cinq milliards de dollars en 2008, 2,5 milliards prévus en 2009. (source : Giovanni Bisignani, directeur général de l’Iata, qui représente 230 compagnies assurant environ 93% des vols internationaux).Un chiffre que j’estime optimiste car les pertes pour 2009 seront largement supérieures à 2008 et il y aura donc des défaillances de compagnies aériennes.
-L’année 2008 a battu tous les records au niveau des catastrophes naturelles qui ont causé 200 milliards de dollars de dégâts matériels. Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re a ainsi déclaré :
« La tendance à long terme que nous observons se poursuit : le changement climatique a déjà commencé et contribue très probablement à une météo extrême de plus en plus fréquente et ainsi aux catastrophes naturelles qui s’en suivent". L’année 2009 devrait être terrible, elle aussi et contribuer à affaiblir les finances des assureurs qui sont comme notre planète : mal en point.
AcheterUSA_Grand.jpg-Le prêt accordé aux 3 géants automobiles (Général Motors, Ford et Chrysler) est assorti de conditions strictes et les constructeurs devront faire preuve de leur viabilité d’ici au 31 mars 2009 et à défaut, le Trésor exigera un remboursement anticipé. Elles seront donc en faillite d’ici 3 mois car, la situation économique se dégradant, elles seront incapables de se redresser.
D’ailleurs, le milliardaire américain Kirk Kerkorian a vendu la totalité des actions Ford qu’il détenait, soit 133,5 millions de titres. (source : déclaration du porte parole de Tracinda sa holding d‘investissement, le lundi 29 décembre).
-L’agence de notation du crédit Standard & Poors indique que l’année 2009 sera l’année de tous les dangers car arriveront à maturité 801 milliards de dollars de dette européenne (entreprises et banques européennes) dont 576,8 milliards pour les institutions financières (40% pour l’Allemagne).
Je m’arrête ici car il faudrait écrire le livre de tout ce qui va mal et j’ai volontairement limité mon étude aux points les plus importants afin de démontrer que je n’affirme rien à la légère. Rien ne fonctionne, les investisseurs sont déprimés. 6a00d83451b18369e200e54f1e58408833-640wi.jpgIl existe cependant un secteur où tout va bien : l’industrie de l’armement et certains (des criminels de guerre ?) n’hésitent pas à conseiller d’investir dans le commerce des armes.
Le Centre pour le Contrôle et la Non-prolifération des Armes indique ainsi que le budget du Pentagone pour 2009, est le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale soit 515,4 milliards de dollars ce qui représente 48% du total mondial des dépenses militaires. (source : Centre pour le Contrôle et la Non-Prolifération des Armes Christopher Hellman et Travis Sharp. Fiscal Year 2009 Pentagon Spending Request Briefing Book).
Le journal Haaretz, le 28 Décembre 2007 affirmait ainsi que 2008 a été une année record pour les dépenses de la Défense israélienne.
Le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute) indique que les dépenses militaires mondiales augmentent rapidement depuis 2006.
Pourquoi tous ces investissements me direz-vous ? Vous avez la réponse en ce moment avec Gaza et le pire (Pakistan, Iran, Ossétie) est à venir.
Vous le voyez, la crise ne touche pas que les USA, c’est un choc planétaire qui affectera particulièrement l’Amérique, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Japon et la Chine. Des émeutes auront lieu partout dans le monde et les états durciront leurs lois (ou pire).
Les USA en profiteront pour s’associer avec le Mexique (main d’œuvre bon marché) et le Canada (ressources naturelles exceptionnelles) en créant la NAU (North American Union) ainsi qu’une nouvelle monnaie qui ne vaudra que 10% du dollar actuel, diminuant d’autant sa dette. Qui a dit que les USA étaient moribonds. Tel le phénix (pour les profanes, le symbole des USA n’est pas un aigle), l’amérique renaîtra alors, encore plus forte et conquérante.
Dans quelques mois nos hommes politiques vont pousser des cris d’orfraie, expliquant qu’ils n’avaient pas prévus l’ampleur de la crise actuelle. Pourtant, tous ces chiffres sont publics.
08-10-09-dsk-fmi-strauss-khan.jpgNos dirigeants nous proposeront une solution mondiale, une monnaie d’échange mondiale et un organisme de contrôle mondial (FMI) qui seront sous le contrôle de quelques-uns. Rien ne changera, ce sera pire : destruction de la planète et de nos libertés au programme. Il s’agit d’un hold-up (mondial) inacceptable face auquel il n’existe qu’une solution, celle que Paul Jorion nomme « une constitution pour l’économie » qui préserve notre écosystème et nos libertés. Une révolution mondiale à travers le web, la première « cyber révolution ».
Je conclus mon article avec cet extrait d’un mail de Francis Neri (spécialiste de l’éducation, de la formation et du conseil, Président de l’Institut Européen de socialisation et d’éducation) qui résume tout :
« Pour 2009, la conjonction des crises nous promet une série de malaises sociaux sans commune mesure avec le passé. Il est probable que le danger vienne de la récupération de la colère des jeunes, victimes d’une éducation et d’une socialisation déficitaire. Nous avons le dos au mur, et nous n’avons pas d’autres solutions que de chercher un « autre chemin ».
Les crises : économique, sociale, écologique, énergétique, des matières premières, alimentaires, sont inter reliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres.
Il est temps « d’avoir des idées » de les rapprocher et de les mettre en œuvre. »

Gilles Bonafi

25/03/2009

Bulle du crédit aux USA et en Europe, aujourd'hui

Voici les derniers chiffres sur la bulle du crédit aux USA et en Europe

La fuite en avant aux Etats-Unis se poursuit, tel un drogué qui augmente sa dose pour maintenir les effets. En Europe, la dette semble refluer !

Voici un point sur ce qui est à l’origine de la crise que nous connaissons, c’est à dire la bulle de crédit géante générée par les plans de relance à répétition :

Carte-bleues.jpgAux USA (statistique Z1 de la FED), la masse de dette atteint désormais 52592 milliards de $, ce qui représente la somme intéressante de 700 000$ par ménage standard (un couple avec deux enfants), ou encore 370% du PIB US (le pic associé à la crise de 1929 était de 160% environ en début de crise, et un peu plus de 260% après 3 ans de crise à cause de l’effondrement du PIB associé).

La croissance du crédit a ralenti (+5,8%) sans s’arrêter, mais comme au trimestre précédent, c’est l‘état qui a fait l’essentiel, sans réussir à relancer le crédit chez les ménages, malgré sa fuite en avant tout à fait exemplaire et caractéristique d’une politique keynésienne parfaitement appliquée.

Les institutions financières ont également augmenté leur endettement (+7,2%)

Un des aspects fondamentaux d’une économie artificielle reposant sur le crédit est que comme pour un drogué, elle a besoin de stimulations toujours plus fortes pour se maintenir à flot : Les plans de relance étatiques ont en apparence une certaine efficacité dans un premier temps et semblent raisonnables en terme de coût. Puis il faut augmenter sans cesse les doses de dette parce que le consommateur devient de plus en plus équipé et a de moins en moins d’appétit de consommation.

  • En 1983, il fallait 1,63 $ de dette nouvelle pour obtenir 1$ de croissance du PIB.
  • En 1997, il fallait 3,08$.
  • En 2007, il fallait 6,86$ pour obtenir ce même $ de croissance.

Dollar_Obama.jpgCeux qui prétendent aujourd’hui “relancer le crédit” n’ont pas compris une chose essentielle : La quantité de dette qu’ils devront “injecter” pour obtenir le $ de croissance supplémentaire croit de façon exponentielle, jusqu‘à la rupture (*) qui est en train de se produire en ce moment.

Cette évolution fait qu’un simple ralentissement de la croissance de la dette est à présent suffisant pour provoquer une catastrophe, vu qu’on sort du schéma exponentiel : même si on parvenait à “effacer l’ardoise” miraculeusement, l‘économie ne repartirait pas (tant que l’on ne voudra pas sortir des schéma passés fondés sur le crédit) parce qu’il faudrait pour cela retrouver une croissance de la dette encore plus forte qu’au cours des années 2000 (en monnaie constante !).

En Europe maintenant, selon les données de la BCE, la situation n’est pas tout à fait la même, puisque le crédit a commencé à se contracter sur les 3 derniers mois (octobre à janvier). Il faut être prudent sur l’interprétation des données de la BCE qui sont moins complètes que celles des USA (en particulier sur les dettes gouvernementales), mais la différence est sensible, surtout en ce qui concerne les institutions financières.

La politique européenne a été un peu moins interventionniste que celle des USA, sans doute parce que la marge de manoeuvre disponible en Europe est moins grande qu’aux USA (les états européens partant en moyenne de plus haut en terme d’endettement public, et les taux des emprunts d‘état y étant plus élevés, de plus ils n'ont pas accés à la planche à billet comme les USA avec le FED, ceci expliquant cela).

Les déclarations de beaucoup de dirigeants ne montrent aucune prise de conscience de la réalité : on continue à croire que le crédit pourra être relancé à l’infini, et on s’occupe comme on peut à chercher des boucs émissaires.

Nous avons eu droit à un flot de déclarations sur le thèmes des paradis fiscaux, des stock-options et bonus de divers patrons, du bouclier fiscal, etc …

Je ne soutiens évidemment pas le blanchiment d’argent ou le versement de récompenses à des dirigeants qui ont mis leur société en faillite. Sans doute que ces problèmes doivent être débattus, mais focaliser le débat sur les stock-options, les bonus de hauts cadres bancaires, ou quelques textes règlementant certaines activités financières permet surtout de donner l’impression d’agir, tout en évitant de parler du vrai problème qui est de passer d’un modèle économique artificiel fondé sur une croissance exponentielle de la dette à un autre modèle économique basé sur une croissance saine où la dette ne progresse pas plus vite que la production de richesses réelles.

AE7CA4ADE59CC985AFE1AF833AF933.jpgVoici le fondement meme de la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy, c'est à dire donné l'impression d'agir activement contre l'immoralité et le dysfonctionnement du systeme, alors meme qu'ils le maintiennent en esperant toujours le sauver. C'est ce qu'on appele: noyé le poisson aupres de l'opinion publique, à grand coup de déclaration sur une soi-disante légiferation, moralisation et surtout la quete de bouc emissaire, qui à eux seul devront endosser tout les maux du systeme, tout en epargnant, (et c'est ce qui n'est pas dit), tous les autres grands patrons; amis eux de Sarkozy. Voilà pourquoi entre autre le gouvernement n'est pas pressé de faire voter de loi et bouger sur ces sujets et prefere garder la reference du cahier d'ethique du Medef, dont tout le monde se fout et ne respecte pas d'ailleurs, comme on a pu le remarquer.

"Continuons de faire semblant que nous agissons et que tout ira bien, en donnant l'impression aux Francais que nous reglons les problemes."

Voilà comment résumé en une phrase la politique de Nicolas Sarkozy, mais la réalité en est tout autre et sans nul doute, le plus dur sera la chute !!!

Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)

Crise systémique - Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)


Dans mon dernier article (n°3), j’ai tenté de démontrer que le dollar ne survivrait pas à la crise. Or, le 18 mars, la FED (banque centrale US) a décidé de racheter des bons du trésor, ce qui revient à monétiser la dette (je l’avais annoncé l’année dernière). Cette information a fait quelques lignes dans les quotidiens nationaux (rien à la télévision) qui, pour l’essentiel, ont commenté cela de façon positive. Pourtant, cette date restera dans les livres d’histoire et sera plus importante que le fameux jeudi noir (krach de 1929) car elle marque la fin, à plus ou moins brève échéance du dollar et donc des USA. Il est donc temps d’éteindre votre télévision et de vous informer sur le net.
purchasing power of the dollar_VtVTzmUa15Yr.gifCe jour là Paul Jorion annonçait sur son blog que c’était « la fin du capitalisme », les analystes de la banque Standard Chartered ont intitulé une note : "le jour où le dollar est mort" et Alan Ruskin, analyste chez RBS, déclarait : « Nous sommes témoins de la chute de Rome ».
Face à l’ampleur de la crise, des experts de plus en plus nombreux, avancent l’idée que l’Europe et les USA risquent l’éclatement. J’ai démontré par ailleurs que de grands pôles continentaux (ASEAN, CEI, North American Union) sont en train d’émerger. Cela peut paraître contradictoire et pourtant ces deux phénomènes auront lieu. Nous assistons donc à la fin des nations avec l’apparition de grands ensembles qui auront pour échelon administratif les régions. Les monnaies nationales peu à peu seront remplacées par des monnaies complémentaires.

 

La région, nouvel échelon administratif.
Peu d’experts ont compris l’importance du rapport Balladur sur les régions et surtout sa pertinence en pleine crise systémique. Pourtant, il est au cœur des solutions qui vont être apportées. Pour comprendre, il faut remonter en 1966.
En effet, Herbert Marshall McLuhan, philosophe, sociologue, spécialiste des médias et conseiller du vatican écrit à cette époque là un livre fondamental « War and Peace in the global Village » publié en 1967 et qui signe l’acte de naissance d’un nouveau concept : le glocal. (wikipédia doit modifier sa base de donnée sur le glocal). Un monde bouleversé par les nouvelles technologies.
Le glocal est en effet un mélange de global et de local qui sera l’architecture fondamentale du nouvel ordre mondial avec d’un côté, les continents (dans un premier temps car eux aussi disparaîtront), de l’autre, des régions et de grands pôles urbains.
Le sociologue Blaise Galland a d’ailleurs démontré le bouleversement majeur des technologies de l’information et l’impact économique qu’elles provoquent au niveau de l’aménagement du territoire. Il a déclaré :
« le processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d’échange et de traitement de l’information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d’organisations socio-spatiales au niveau local. »
Je suis d’ailleurs surpris que personne n’étudie le krach sous l’angle des nouvelles technologies qui sont en train de bouleverser la « vieille économie ».
415I5S78RjL._SS500_.jpgL’information est en effet fondamentale et elle possède une part de responsabilité majeure dans la crise actuelle car elle a permis d’accélérer les flux financiers de façon colossale et sur l’ensemble de la planète (crise mondiale). L’information, qui évolue de façon exponentielle pose ainsi le problème du contrôle, un contrôle totalement défaillant que certains ont appelé « la crise de la régulation » et que l’on va tenter de résoudre en renforçant les structures du FMI.
Bernard Lietaer, économiste, spécialiste des monnaies (il a écrit « The Future of Money »), membre du club de Rome et surtout un des créateurs de l’euro a d’ailleurs brillamment étudié les liens existants entre information et économie. Pour lui, « Tout système complexe en forme de réseau, comme sont les écosystèmes, les organismes vivants, et les économies peut être perçu comme des systèmes de flux de matière, énergie et d’information. » Je vais d’ailleurs démontrer que le rapport Balladur et les travaux de Lietaer sont intimement liés.
Je vous invite à vous procurer le livre blanc de Bernard Lietaer intitulé « Toutes les options pour gérer une crise bancaire systémique » que vous pouvez télécharger en pdf car c’est un document fondamental.
Bernard Lietaer, ainsi, pense que le fonctionnement en réseau de l’économie doit reposer sur les régions. Il a d’ailleurs écrit « Pour une Europe des Régions : les Régions, compléments nécessaires à l’Euro », (Paris : Fondation Mayer, 2008).
La même idée se retrouve dans le rapport Balladur qui déclare à la page 10 (rapport Balladur : Il est temps de décider) :
« L’échelon régional est apparu au Comité comme le mieux adapté aux conditions nouvelles de la compétitivité étant observé, au surplus, qu’il existe un consensus européen sur l’importance du niveau régional dans les politiques de développement. »
Les régions vont de plus en plus se retrouver seules face à des Etats-nations ruinés.
Par ailleurs les articles 2 et 3 de la Charte européenne de l’autonomie locale précisent :
« l’autonomie locale doit être reconnu dans la législation interne » et que « par autonomie locale, on entend le droit et la capacité effective pour les collectivités locales de régler et de gérer, dans le cadre de la loi, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, une part effective des affaires publiques »
monnaielocale.jpgBernard Lietaer, lui, va plus loin : « Une décision importante de la part des gouvernements sera de permettre aux villes et aux gouvernements locaux de choisir eux - mêmes les monnaies complémentaires qu’il leur semble intéressant d’encourager en les acceptant en paiement de taxes de la ville ou de l’état. » ( Livre blanc p 28).
Vous avez bien lu, les villes et les régions pourront créer des monnaies complémentaires. Certains pensent que cela est impossible et pourtant des expériences fonctionnent un peu partout comme en Suisse (WIR), ou en Allemagne (Chiemagauer).
podcast

En 1971 Jaime Lerner, le maire de Curitiba au Brésil a créé une monnaie sous forme de jeton de bus que les gens gagnaient en ramassant les ordures ce qui a permis à cette ville d’être une des plus prospère du Brésil. Jean-François Noubel parle même de monnaies libres qui permettraient un troisième niveau d’organisation économique dont la clé serait le travail collaboratif (comme Wikipédia par exemple).
dossiermonnaiescomplementaires_semeursW-2.jpgBernard Lietaer propose ainsi de créer des systèmes « Business-to-Business (B2B) » au niveau des entreprises (livre blanc p 27).
Ceci n’est pas une hypothèse mais une réalité que Guerman Sterligov homme d’affaires russe est en train d’exploiter. Il a mis en place, dans toutes les grandes capitales (il a investi des millions d’euros dans ce projet à Londres, Paris, Bruxelles, Hongkong) un centre anticrise qui permet aux entreprises d’organiser des paiements à base de troc. Il a ainsi déclaré :
« Adieu argent, crédit, taux d’intérêt... Le système capitaliste a atteint ses limites, il faut trouver de nouvelles règles du jeu","Il ne s’agit pas seulement de troc mais d’un nouveau système de paiement, d’une nouvelle comptabilité. » (Le Monde du 11.03.09).
La réalité dépasse la fiction et prouve que la crise systémique actuelle est bien plus grave que celle de 1929.
Face à l’ampleur du désastre économique, certains pourtant se posent la question de savoir si cette « régionalisation » du monde ne se fera pas dans la violence.
Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. RIA Novosti du 24.11.2008.
1270811836.jpgLe 13 mars, Chuck Norris a ainsi organisé une rencontre des délégués de centaines de groupes armés texans pour discuter d’une éventuelle sécession du Texas. Face aux risques de guerre civile la Fema a rapatrié un bataillon de l’armée US qui était en poste en Irak pour le déployer sur le sol US. Source : Army news.
Nathan Freier professeur au US Army War College, la principale institution de formation de l’armée pour les futurs officiers, conseiller et expert de politiques et d’analyse à la sécurité et à la défense. » a d’ailleurs rédigé un rapport qui met l’accent sur les risques de guerre civile aux USA (pages 31, 32 et 33 : www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB890.pdf)
Quoi qu’il en soit l’Union nord américaine du Canada et des USA est déjà une réalité et les régions (états désunis) qui seront créées par la violence ou sans violence s’intègreront au sein de cette union.
texas_vote_secession_1861.jpgN’oublions pas que le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a reconnu que le Québec formait une « nation » au sein du Canada. Vous pouvez d’ailleurs trouver des cartes du Canada sur les sites officiels comprenant 5 régions : Le Canada atlantique, le Nord, l’Ontario, l’Ouest canadien et le Québec. Nous aurons donc une North American Union organisée dans un premier tant autour d’une dizaine de régions et qui intègrera le Mexique plus tard.
En ce qui nous concerne, nous assistons au même phénomène et le rapport Balladur qui prévoit dans sa proposition numéro 1 de « favoriser les regroupements volontaires de régions et la modification de leurs limites territoriales pour en réduire le nombre à une quinzaine » n’est qu’un épisode local qui se répètera partout en Europe.
Nous somme en train de changer de monde et pourtant pour reprendre la célèbre formule du Comte de Lampedusa : « il faut que tout change pour que rien ne change ».
En effet, toutes ces réformes ne résoudront pas les problèmes fondamentaux d’un système économique obsolète. Francis Neri (spécialiste de l’éducation, de la formation et du conseil, Président de l’Institut Européen de socialisation et d’éducation) a pourtant dit l’essentiel : « Les crises : économique, sociale, écologique, énergétique, des matières premières, alimentaires, sont inter reliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres. »
Il faut donc analyser le problème dans sa globalité et à différents niveaux.
-Le premier niveau d’analyse, celui de la finance et de la titrisation a déjà été abondamment débattu.
1574941374.jpg-Le deuxième niveau qui sera l’objet de ma prochaine étude (n°5 : une monnaie mondiale) car malheureusement, nos dirigeants sont incapables d’aller plus loin (ils servent le système), concerne le problème de notre système monétaire dont le pilier (le dollar) est en train de s’effondrer.
-Le troisième niveau concerne l’adaptation de notre système économique aux nouvelles technologies de l’information qui détruisent les emplois par millions. Une réflexion profonde doit être engagé sur la notion de travail (le chômage explose) qui est ne l’oublions pas une invention tardive de l’homme. Les tribus dites « primitives » estiment que c’est une aberration. Smohalla, chef indien Sokulls déclarait : « Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves. »
-Le quatrième niveau concerne l’énergie. La fin du pétrole est programmée et nous n’avons encore pas trouvé d’alternatives valables. Or, il faut le rappeler, toute notre économie repose sur cette énergie encore bon marché et facile d’utilisation (mais polluante).
-Le cinquième niveau concerne le capitalisme lui-même qui est basé sur la consommation à partir de dettes. Un système totalement injuste que les plus grands économistes comme John Maynard Keynes ont critiqué : « nous commençons à le mépriser. » (L’autosuffisance nationale, 1933).
nwo.jpg-Le sixième niveau concerne la démocratie et notre liberté qui sont en danger. Par accumulation du capital (l’argent appelle l’argent), une petite poignée d’hommes finissent par avoir la réalité du pouvoir. J. K. Galbraith économiste et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy nous a pourtant mis en garde :
« En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent ». Source : « Les nouveaux mensonges du capitalisme » Publié dans le Nouvel Observateur (4/11/05) Interview de John Kenneth Galbraith par François Armanet.
ecocide.jpg-Le septième niveau concerne l’écocide que provoque notre système économique (Un écocide est un acte de destruction d’un écosystème, notamment par l’exploitation excessive de celui-ci).Certains parlent même d’écophagie. Je signale au passage que l’eau potable, élément essentiel de la vie commence à manquer.
Au final nos élites « s’efforcent de réduire notre malheur plutôt que de construire notre bonheur » pour reprendre la célèbre phrase de Bernard Weber et nous avons, nous intellectuels, un rôle majeur à jouer. La crise systémique actuelle est une opportunité unique pour changer de monde, mais il faut tout d’abord changer nous-mêmes et nous remettre en question.
« Le boulot des intellectuels du courant dominant, c’est de servir en quelque sorte de « clergé laïque », de s’assurer du maintien de la foi doctrinale. Si vous remontez à une époque où l’Église dominait, c’est ce que faisait le clergé : c’étaient eux qui guettaient et traquaient l’hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques [...], les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre, après tout, et si elles ne pouvaient pas le faire en brûlant les gens sur le bûcher [...], il leur fallait trouver d’autres moyens. Petit à petit, cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle - être les gardiens de la vérité politique sacrée, des hommes de main en quelque sorte. »
Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, Noam Chomsk éd. éditions Aden, 2006, p. 187.

Gilles Bonafi

15:14 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monnaie, region, economie, crise

24/03/2009

double gifle pour Sarkozy !

Chine, USA: double gifle pour Sarkozy !

Après Obama, c'est au tour du président chinois d'envoyer paître le Président français qui souhaitait le rencontrer en marge du G20 de Londres, la semaine prochaine. La diplomatie française paye au prix fort une année de fantaisies sarkozystes.



Devine qui vient dîner à l'Elysée ? Personne... Thomas Faivre-Duboz - Flickr - cc
Devine qui vient dîner à l'Elysée ? Personne... Thomas Faivre-Duboz - Flickr - cc


Ce week-end, la diplomatie française a longuement insisté sur le bon climat qui a régné lors de la visite de Bernard Kouchner en Arabie Saoudite .

On comprend le souci du Quai d’Orsay.

Car l’étoile Sarkozy a bien pâli au firmament des relations internationales. Aujourd'hui même, les autorités chinoises ont fait savoir, à peine courtoisement, que le Président Hu Jintao ne rencontrerait pas Nicolas Sarkozy en marge du G20 comme le souhaitait l'administration française. La raison tient en cinq lettres : Tibet. Un affront en tout cas puisque l'agenda du Président chinois comporte des rencontres bilatérales avec Gordon Brown, Dmitri Medvedev et Luiz Inacio Lula da Silva.

Avant cette humiliation, Nicolas Sarkozy avait essuyé plusieurs échecs sur le front américain. Le président avait d’abord fait des pieds et des mains pour être le premier chef d’état à être reçu à la Maison Blanche. Las ! Barack Obama a choisi de rencontrer d’abord Gordon Brown et le Président brésilien Lula.

Qu’à cela ne tienne, le Président a ensuite eu l’idée d’une rencontre en cinémascope en Normandie, sur les plages du débarquement, dans laquelle le lyrisme sarkozyen aurait pu exprimer à loisir son amour de l’Amérique telle que la chantait Michel Sardou

Mais la scène n'a pas convaincu l'administration américaine : selon le journaliste-blogueur Vincent Jauvert, l'administration américaine n'a pas voulu prendre le risque de heurter Angela Merkel qui souhaitait que la France et l'Allemagne soient traitées à égalité. Le Président français devra donc patienter jusqu'à cet été pour son cinémascope franco-américain. Après Gordon Brown, Angela... Comment pourrait-il s'insurger contre l'empressement modéré d'Obama à le rencontrer, lui qui a pris grand soin, depuis des années, d'exprimer sa sympathie pour Georges Bush ?

Ce n'est pas tout : selon la même source, la diplomatie française doit enregistrer un autre camouflet, encore plus ennuyeux celui-là : la nomination d'Ivo Daalder comme ambassadeur des Etats-Unis. L'impétrant est en effet partisan de la réduction des armements nucléaires français. Au moment où la France va entrer dans l'OTAN, cette réticence confirme les réserves presque unanimes dans le monde politique français vis à vis de cette adhésion....

une-marianne.jpgDecidement notre president n'est plus credible aux yeux de personnes, ni au niveau internationale et encore moins reconnu comme un leader, par son propre peuple. Voilà le resultat d'une politique de "m'as-tu vu" qui plus est, dans une incoherence totale, bye bye la Bling Bling attitude et bienvenue dans la réalité. Rouler les francais et certains chefs d'etat, en leur disant une chose et leur contraire, parfois à quelques jours d'intervalle; mettre la loi et le droit en avant tout en les detournant et bafouant certaines soi meme; multiplier les injustices sociales sur fond de crise, en octroyant des bonus au patronnat sans les taxés;...de tels non sens et incoherence politique ne pourra que décredibilisé l'image de la France dans le monde entier et detruire un peu plus le tissu de notre société Francaise.

Merci Sarkozy pour ton incompetence !  En tout cas tu peux oublier 2012, car plus personne ne votera pour toi, pour peu que notre pays soi encore debout et qu'il n'ai pas tout niqué d'ici là !

"Allez soit gentil, casse toi pauv'e con, sinon tu vas l' avoir ta révolution, car on va te nettoyer l'elysée au karcher, facon maison blanche!!"

Monté Cristo



12:08 Publié dans sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, chine, usa, otan, diplomatie

la chute la plus rude depuis les années 1930-31

Emplois : la chute la plus rude depuis les années 1930-31

Charles-André Udry

Cet article est paru dans la Revue politique virtuelle A l’encontre : (A l’encontre, case postale 120, 1000 Lausanne 20, Suisse).

Taureau, symbole de la Bourse de New York. Photothèque Rouge/JR

Taureau, symbole de la Bourse de New York. Photothèque Rouge/JR

L’ampleur et la rapidité des destructions d’emplois, voilà une des caractéristiques de la récession mondiale présente. Et les records sont loin d’être atteints. Ainsi au début du mois de mars — selon le New York Times et le Wall Street Journal — les grandes entreprises industrielles et les moins grandes, ainsi que celles des services qui y sont reliées, plus la branche de la construction sont les secteurs qui suppriment le plus d’emplois. Le secteur bancaire et financier contribue aussi à l’envol des personnes licenciées.

Mais, il faut y ajouter aujourd’hui : des écoles, des administrations publiques, des bibliothèques. Elles licencient des salarié•e•s. Pour ce « secteur public », ce sont la Californie, l’Illinois, la Pennsylvanie, la Géorgie et le Massachusetts qui sont au premier rang. La réduction des dépenses publiques en est à l’origine.

Dans l’industrie, une firme aussi prestigieuse qu’United Technologies — un conglomérat transnationalisé, basé dans le Connecticut et actif dans l’aéronautique (les hélicoptères Sikorsky, les moteurs Pratt&Whitney) ou la domotique (les ascenseurs Otis, systèmes antifeu, etc.) — annonce, début mars, des « réductions d’emplois » à hauteur de 15 000 pour les États-Unis.

Manpower International, dans son enquête auprès des employeurs sur les perspectives d’engagement de nouveaux employés d’avril à juin 2009, enregistre son résultat le plus plat depuis qu’il établit ce recensement en 1982. Le résultat net est négatif.

La hache pour les emplois

La simple énumération des emplois supprimés entre janvier 2008 et février 2009 (Tableau 1) donne une image de ce qui se passe dans la principale économie capitaliste à l’échelle mondiale.

Tableau 1 — Emplois perdus aux États-Unis (cumulatif)

Janvier 2008 72 000

Février 216 000

Mars 338 000

Avril 498 000

Mai 635 000

Juin 796 000

Juillet 924 000

Août 1 099 000

Septembre 1 420 000

Octobre 1 800 000

Novembre 2 397 000

Décembre 3 078 000

Janvier 2009 3 733 000

Février 2009 4 384 000

(Sources : Wall Street Journal et CNBC)

Le 6 mars 2008, le Bureau of Labor Statistic annonçait que le chômage avait atteint le taux de 8,1 %. Ce résultat valait un grand titre, en première, du quotidien britannique Financial Times (du 7 mas 2009) : « Le nombre de sans-emploi états-uniens est le pire depuis 25 ans ».

Au cours des quatre mois (novembre 2008-février 2009), l’économie américaine a perdu, en moyenne, 600 000 emplois par mois. Pour mieux se représenter la situation, il est utile d’avoir en mémoire la durée, en mois, des récessions enregistrées officiellement aux États-Unis : en 1973-1975 : 17 mois ; 1981-1982 : 16 mois (sans compter la récession de janvier-juillet 1980); 1990-1991 (9 mois) ; 2001 (9 mois) ; décembre 2007 à mars 2009 : déjà 16 mois et l’on est loin d’une relance.

Un graphique (voir ci-dessous) a été établi par l’Economic Policy Institute. Il traduit bien l’ampleur du processus de contraction de l’emploi et surtout son accentuation en cours depuis septembre 2008 ; cela en comparaison avec l’évolution du recul de l’emploi à l’occasion des récessions antérieures.

La part de la population employée (qui dispose d’un emploi) a passé de 63,4 %, en décembre 2006 à 60,3 % en février 2009. Cette chute est déjà supérieure à celle enregistrée lors du repli économique des années 1980.

Or, pour maintenir le nombre d’emplois en tenant compte de l’arrivée sur le marché du travail de nouvelles personnes, il aurait fallu augmenter le nombre de postes de travail de 1,8 million depuis décembre 2007.

Ne sont pas comptabilisées, ici, dans les statistiques les personnes incarcérées : 2,7 millions en décembre 2007. Le taux de chômage des Afro-Américains est, en février 2009, de 13,4 % et celui des Hispaniques de 10,9 %; et cela n’est que la pointe de l’iceberg. La « désafiliation sociale », entre autres, d’une fraction de ces populations crée les conditions légitimant une politique carcérale d’une rare brutalité.

Enfin, il faut avoir en mémoire que le chômage se prolonge bien après la fin, formelle, d’une récession, c’est-à-dire lors de la phase dite de relance. On le constatera en Suisse en 2010 et 2011 ; ce qui ne signifie pas que 2010 sonne la fin de la récession helvétique.

En fait, plus de 23,1 millions

Pour disposer d’une mesure plus exacte de la situation de l’emploi, il faut prendre en compte le sous-emploi. C’est-à-dire les personnes qui travaillent à temps partiel et qui cherchent un emploi à temps plein. Or, selon le BLS, le pourcentage de personnes sous-employées a passé de 13,9 % en janvier 2009 à 14,8 % en février. Depuis le début de la récession, le nombre de salariés contraints à un temps partiel — avec la perte de revenu que cela implique, sans même mentionner l’inexistence de couverture sociale, pour l’essentiel — a augmenté de 4 millions. En effet, la statistique indique le chiffre de 8,6 millions pour février 2009, par rapport à 4 millions en décembre 2007.

usa.preview.jpgAu total entre les sans-emploi et les sous-emploi, ce sont 23,1 millions de personnes qui sont frappées par cette pandémie propre au système capitaliste.

A cela s’ajoute le chômage à long terme, c’est-à-dire ceux qui, aux États-Unis, se trouvent sans emploi durant une période de plus de six mois. Il est fort élevé : 23,1 %, ce qui n’a rien d’étonnant lorsque l’on sait que le rapport entre les « places vacantes » et les chômeurs et chômeuses est de 1 à 4 (une place vacante pour 4 sans-emploi). Quant aux « personnes découragées » de chercher un emploi, elles ne figurent pas dans les chiffres mentionnés ici.

Or, au cours de cette année, vont se multiplier les faillites, avec leurs effets en cascade. Le volume des emplois qui seront supprimés — en plus de celui déjà effectué — par l’industrie automobile sera énorme ; d’autant plus si l’on prend en compte l’ensemble du secteur (équipementiers, revendeurs, etc.) qui dépend du « noyau dur » que sont, en tant que telles, les firmes GM, Ford, Chrysler, mais aussi Toyota et Honda dont les ventes déclinent fortement.

Dans ce secteur, déjà sinistré, des licenciements massifs débouchent sur des pertes non seulement de salaire, mais aussi d’assurance-maladie et de retraite.

Comme le titrait l’hebdomadaire Business Week : « Le temps du travail pour les personnes à la retraite commence ». Entre autres, celles qui ont perdu leurs « avoirs retraite ».

Ces seuls constats montrent que les « plans de relance » de l’administration Obama sont loin de répondre aux besoins d’emplois, sans même mentionner la qualité de ces emplois.

Cette crise met ouvertement en question la capacité du système capitaliste à répondre aux besoins sociaux. Et la brutalité avec laquelle ce système traite les êtres humains (les « ressources humaines » !) n’est qu’une autre facette de la rudesse avec laquelle il « épuise les ressources de la planète ».

 

tu es grillé Novelli pour 2010!

Le reportage que Novelli voulait interdire

C’est un anxieux notre secrétaire d’Etat au Commerce. L’idée qu’un reportage de France 3 Centre revienne sur son passé de militant d’extrême droite - à moins qu'il ne s'agisse du financement de ses campagnes - l’a inquiété au plus haut point. Surtout en pleine primaire pour la tête de liste à l’élection régionale.

 


Son avocat a tenté, mais en vain, d’en empêcher la diffusion. Mais il a tout de même obtenu le retrait de la vidéo du site Internet de la chaîne qu'il poursuit en diffamation. Or sur la toile, rien ne disparaît vraiment… Après tout, ça n'est pas si grave : les militants UMP de la région Centre n'en ont que faire de son passé ou du financement de ses campagnes puisque c'est de celà aussi dont parlait le reportage. Hier, ils ont désigné Hervé Novelli comme tête de liste pour 2010 en lui accordant 72,6% des suffrages...

Lundi 23 Mars 2009 - 21:44
Gérald Andrieu

ha ha ha, moi je dis : tu es grillé Novelli pour 2010! faites tourner la video, les gars !!!!

23/03/2009

les escrocs financiers en prison?


LaRouche : La juste colère des peuples doit mener les escrocs financiers en prison
21 mars 2009 - 12:11

 

21 mars 2009 (Nouvelle Solidarité) – Voici les propos qu’a tenus Lyndon LaRouche le 19 mars, lors d’une réunion à Washington avec des diplomates : « L’attaque de Pearl Harbor a mobilisé les gens de manière assez similaire à l’effet que produisent aujourd’hui les escroqueries géantes, qui suscitent la haine des Américains envers la communauté financière. (…) Quand un peuple se réveille, et les gens dans le monde sont réveillés, les optimistes le sont encore plus et d’autant vite. Le temps du changement est venu. »

La veille, lors d’une vidéoconférence avec 600 étudiants, enseignants et officiers de l’Université militaire de Nueva Granada, à Bogota en Colombie :

lyn_triple_curve.jpg« A ce stade-ci, soit le monde plongera rapidement dans un fascisme d’un nouveau genre, soit ces intérêts financiers seront mis hors d’état de nuire par la colère du peuple américain et des peuples d’Europe. (…) Notre capacité à remporter cette bataille sur les questions économiques repose sur la hargne des peuples américain et européen, déterminés par une colère juste. Nous devons trouver qui sont les voleurs et les mettre à leur place, c’est-à-dire en prison. »

Pour que cette colère juste produise cet effet juste, mobilisez-vous : 500 000 tracts pour défendre la vérité...au boulot !



500 000 tracts pour défendre la vérité...au boulot !
17 mars 2009

Mobilisez-vous pour la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière ! Venez distribuer ce demi-million d’exemplaires du nouveau tract de Solidarité et Progrès avec nous, commandez-nous-en ou imprimez-le directement, récoltez des signatures, envoyez-le à vos amis, connaissances et élus... A l’attaque !

Téléchargez et imprimez le tract ICI


Une commission mixte composée de représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat (Migaud-Arthuis), chargée d’examiner la crise financière et bancaire, a entendu les principaux banquiers français. Cependant, cette commission s’est bornée à un échange courtois, à huis clos, sans véritable enquête touchant au fond du problème. Ce que nous proposons ici est une véritable « Commission Pecora », avec des pouvoirs d’instruction comportant un droit d’accès à tous les documents afférents aux opérations financières, et une réquisition temporaire des établissements financiers, mesure normale et légitime lorsque l’Etat doit intervenir pour les aider.

Pour recevoir vos tracts ou participer aux distributions, contactez-nous :
  • Coordination nationale : 01....
  • Rhône-Alpes : 04.2...
  • Bretagne : 02.56.5...
  • Sud-Ouest : 06.81...

Il s’agit de tirer les choses au clair en s’en donnant les moyens, cet effort étant situé dans la perspective d’un Nouveau Bretton Woods à l’échelle internationale. L’objectif est de remplacer l’ordre monétariste actuel par un système de crédit productif public qui redonne priorité à l’équipement de l’homme et de la nature contre les spéculations à court terme. Il faut d’abord balayer devant notre porte, en public et devant le peuple, pour pouvoir inspirer les autres.

C’est la démarche que nous vous demandons de soutenir, sans laquelle personne ne nous prendra au sérieux.

Ce tract est distribué à 500 000 exemplaires par nos militants, nos sympathisants et tous ceux qui sont préoccupés par l’opacité des débats sur la crise financière. Quand il se produit une catastrophe, on crée une commission d’enquête. Ici il s’agit d’une catastrophe humaine sans précédent, il est donc scandaleux qu’on procède pour l’instant dans le secret.


Vous pouvez signer et faire signer la pétition en ligne ICI

source:

http://www.solidariteetprogres.org/article5255.html

Vers un effondrement du dollar ?

L'Amérique va-t-elle laisser sombrer le dollar ?

Pour répondre à la crise, les États-Unis mettent en œuvre une politique de forte création monétaire. Mais pour Malakine, l’ampleur de la dette extérieure et la situation d’insolvabilité potentielle du pays laissent penser que cela ne sera pas suffisant. Et si nous allions vivre la fin du dollar souverain ?



(photo : MShades - Flickr - cc)
(photo : MShades - Flickr - cc)
La crise vient d’entrer dans une nouvelle phase avec la décision de la FED d’acheter 300 milliards de dollars de bons du trésors et 500 autres de créances assises sur des crédits immobiliers titrisés probablement insolvables, soit au total 800 milliards de pure création monétaire !

Les Etats-Unis ont donc décidé de financer leur plan de relance par des « moyens non conventionnels » recherchant un « assouplissement quantitatif » comme on dit en langage des banquiers centraux, ou pour le dire plus vulgairement, par de la monnaie de singe ou la planche à billet. La crise financière est désormais en passe se muer en crise monétaire mondiale.

Effondrement_du_dollar_2008.jpgJusqu’ici les Etats-Unis parvenaient à financer leurs déficits budgétaires et commerciaux par une importation de capitaux avec la vente de produits financiers, plus ou moins frauduleux. Ce n’est désormais plus possible. Ils viennent de prendre acte du fait qu’il n’y a plus suffisamment d’acheteurs dans le monde pour leurs produits financiers, ce qui marque peut-être le début de l’effondrement du dollar, avec des conséquences que d’aucun ne s’est jamais aventuré à prédire.

Rappelons en préambule que l’orthodoxie économique proscrit la création de monétaire par les banques centrales pour les besoins publics, ce mécanisme étant supposé conduire à l’hyperinflation. Ce point fait d'ailleurs l’objet d’un solide tabou. Il suffit de rechercher des tribunes ayant pris position pour ou contre la solution mise en œuvre pour s’en rendre compte. Quasiment rien ! Le recours massif à la planche à billet semble avoir d’ailleurs été une surprise pour les marchés, ce qui est peut-être le signe d'une décision improvisée prise sous l’empire de la nécessité.

On sentait monter depuis quelques semaines la question de la création monétaire, comme réponse au problème global d’insolvabilité qui caractérise la crise : Insolvabilité de la demande, des créanciers, des banques et peut-être demain des Etats. Nous y sommes. On ne peut plus désormais fuir ce débat qui est une véritable trappe intellectuelle pour le profane et qui est soigneusement évité par les spécialistes.

La création monétaire est-elle une réponse à la crise ?
Même s’il est difficile d’avoir en la matière la moindre certitude, quelques arguments semblent plaider en faveur d’une politique de création monétaire dans la période actuelle.

DDD.jpg1- La crise économique a été déclenchée par une chute brutale de la demande mondiale liée à l’éclatement de la bulle du crédit. Le désendettement massif et la contraction du crédit qui en a résulté a eu pour effet de détruire de la monnaie. Il n’est donc pas illogique de rechercher aujourd’hui à stimuler sa création.

2- Le moyen le plus classiquement utilisé pour créer de la monnaie nouvelle est la baisse des taux d’intérêt. Or ils sont déjà au plus bas aux Etats-Unis, comme en Europe, ce qui dans un contexte de dépression ne suffit pas à relancer la demande de crédit. En outre, la création monétaire par le crédit injecte de la monnaie dans les secteurs pour lesquels on emprunte, c'est-à-dire principalement l’économie financière ou les investissements. Aujourd’hui, c’est la demande, publique ou privée, qu’il faut solvabiliser. Créer de la monnaie pour l’injecter directement dans l’économie via de la dépense publique peut donc permettre de soutenir la demande dans l’économie réelle.

3- La relance de l’inflation constitue l’une des conditions les plus sûres pour se sortir de la pyramide de dettes qui étouffe l’économie mondiale. Or, la dépression mondiale conduit plutôt à un contexte déflationniste. L’injection de monnaie supplémentaire peut donc constituer une solution pour relancer un peu d’inflation.

On pourrait alors regretter que l’Europe ait interdit ce procédé dans ses traités, la BCE ne pouvant acheter que des créances privées. On peut déplorer ici, une fois de plus, que les institutions européennes ne se soient pas limitées à organiser l’exercice en commun de compétences, mais qu’elles aient gravé dans le marbre de traités, devenus quasi intangibles avec l’élargissement, la manière dont ces compétences devaient être exercées.

Même si Jean Claude Trichet a récemment envisagé de recourir à des moyens non conventionnels, il est probable que la zone euro soit la dernière au monde à recourir à la création monétaire, c'est à dire trop tard !

dollar.jpgVers un effondrement du dollar ?
La situation est en revanche quelque peu différente appliquée au cas des Etats-Unis compte tenu de l’ampleur de leur dette extérieure, de leur situation d’insolvabilité potentielle et du statut de monnaie de réserve du dollar.

La valeur du dollar ne se maintient que grâce à la volonté des pays exportateurs de financer les déficits américains pour éviter que leur monnaie ne s’apprécie. Ces pays, principalement la Chine, sont aujourd’hui pris au piège, contraints de continuer à éponger les dettes américaines, car l’arrêt du financement des Etats-Unis entraînerait une volatilisation de leur épargne en dollar (près de 2000 milliards pour la Chine)

La perspective d’un effondrement du dollar est pourtant envisagée depuis bien longtemps, aussi bien par des analystes critique de la mondialisation (Todd, Sapir) que par ses derniers propagandiste. Ainsi, Alain Minc dans son dernier livre, y consacre un chapitre (Le jour où l’Euro vaudra 2,5 dollar) où il donne du crédit à l’hypothèse. Pour lui, « la conviction que les devises lourdes sont à l’abri d’un choc spasmodique relève d’un pari pascalien qui ressemble à celui que faisait les experts sur la capacité des ménages américains à s’endetter sans limite grâce à une base d’actifs en croissance perpétuelle »

L’hypothèse de l’effondrement du dollar a toujours été envisagée au terme d’un scénario où les investisseurs perdraient confiance, puis seraient gagnés par la panique pour vendre au plus vite leurs avoirs. Elle n’a jamais été envisagée consécutivement à une décision de l’administration américaine elle-même. Une chute du dollar dans une économie fondée sur la consommation et aussi dépendante des importations serait en effet un véritable cataclysme pour la population qui verrait son niveau de vie se réduire de 20 à 30 % !

On peut donc être surpris de voir la FED prendre un tel risque avec sa monnaie. L’Amérique est-elle à ce point aux abois, n’ayant en réalité déjà plus d’autres solution spour financer son déficit qui atteindra cette année 12% du PIB ? A-t-elle à ce point confiance dans son statut d’hyperpuissance pour écarter tout risque sur sa monnaie ? A-t-elle délibérément décidé de faire filer sa monnaie pour se défaire d’un endettement extérieur intenable sur le long terme ?

usdollar07.jpgLa décision de recourir à la création monétaire pour financer ses déficits peut en effet constituer le signal qui déclenchera un processus de défiance, conduisant à la baisse du dollar, puis à sa chute brutale. Les marchés financiers n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir. Dès hier, le dollar dévissait contre toutes les devises pour perdre 4 %, soit sa plus forte chute depuis 1985. Ce n’est sûrement que le début d’une longue glissade… L’hypothèse de la fin du roi-dollar n’a jamais été autant d’actualité.

Nul ne sait quelles en seraient les conséquences exactes. Minc dans l’ouvrage précité nous dit que « ce sera (notons l’emploi du futur simple) la crise la plus violente, la plus globale, la moins maîtrisable » Naturellement, ce sera la fin officielle de l’imperium américain, ce qui en soi est plutôt une réjouissante nouvelle. Mais la fin du dollar entraînera aussi d’imprévisibles désordres aussi bien sur les marchés des matières premières (vendues en dollar) ou dans les équilibres du commerce mondial. Des conséquences géopolitiques ne sont pas non plus à exclure, car les pays qui verront leurs réserves s’évaporer pourront avoir la légitime impression de s’être fait escroquer, les uns après avoir livré pendant des années du pétrole gratuitement, les autres des produits manufacturiers …

A court terme, la solution pour éviter la panique serait peut-être que le G 20 fasse des politiques « d’assouplissement quantitatif » une mesure de droit commun, autorisant les tous Etats à émettre des quantités de monnaie mesurées pour favoriser la relance. Encore une fois, la balle est dans le camp de l’Europe. Va-t-elle attendre passivement que l’Euro s’apprécie jusqu’à un niveau qui deviendra intolérable pour l’économie ou va-t-elle se mettre à son tour à racheter la dette publique de ses Etats membres ?

15:04 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dollars, états-unis, euro, fed, pib

20/03/2009

Manifs : l'impuissance face à la colère

Manifs : l'impuissance face à la colère

La puissance des manifestations rend encore plus patents le désarroi et l'impuissance des élites à penser la crise et à définir une politique qui fasse autre chose que d'attendre le retour miraculeux de la croissance.



Photo Lauren Goldenberg
Photo Lauren Goldenberg
« Un léger retrait. » Un léger retrait du nombre de grévistes. Voilà tout ce que le gouvernement trouve à dire à propos du mouvement d’hier.
Nous vivons la crise du siècle. Des dizaines et des dizaines d’usines sont, partout en France, touchées par des plans sociaux, des restructurations et des fermetures, qui montrent l’échec lamentable du plan de relance. La frilosité des banques sur le crédit ne se dément pas, tandis que les bonus pleuvent en lose d comme à la Société Générale, ainsi que l'a révélé le site Mediapart.
Le Président est aux Abonnés absents, c’est-à-dire à Bruxelles. Le Premier ministre « occupe le terrain » à la télévision, pour annoncer… qu’il n’a rien à dire. Et le conseiller social de Nicolas Sarkozy se réjouit de ce que le nombre de grévistes a baissé de 4 à 4%....
Quelle dérision, quel aveu d’impuissance ! Quelle démonstration de leur incapacité à comprendre ce qu’il se passe et à imaginer les décisions qui s’imposent ! Chaque jour nous apporte de nouveaux indices de ce que tous, patrons de grands groupes, politiques, experts et économistes, se contentent d'espérer le retour au fonctionnement antérieur comme s'il était un idéal et comme si ce n'était pas ce système qui avait provoqué la crise actuelle !
Il faut dire qu’en face, ni le mouvement social ni la gauche ne fournissent beaucoup plus d'outils pour comprendre ou enrayer la crise, même si, ce matin sur France Inter, Martine Aubry a évoqué la nécessité de changer de cap. Ils proposent que l’Etat soit plus généreux et d'augmenter les salaires sans expliquer comment on peut y parvenir dans le système actuel. Ce serait, certes, appréciable pour les chômeurs et les salariés les plus pauvres. Mais cela relève du soulagement de la misère, pas d'une politique alternative.
Il faut bien se rendre à l’évidence : il n’y a pas dans les classes dirigeantes, à droite comme à gauche, de vision claire de cette crise. La droite croit qu’il convient de faire le gros dos et d’attendre le retour de la croissance. Ecoutez les ministres et les responsables de l’UMP : ils perçoivent l’économie comme la météo. En gros, il faut se protéger le mieux possible en attendant le retour du beau temps (de la croissance). En face, l’opposition réclame encore plus de protection, plus d’indemnités, plus de formation, et parfois (non sans cohérence) plus d'impôts ou une relance de la consommation qui est en train de montrer sa faillite en grande Bretagne… Quant aux syndicats, ils font le job en mettant en valeur leur responsabilité, c'est-à-dire leur capacité à canaliser la révolte....

Trou d'air ou crise du système
Pourtant, une réalité se détache nettement de la journée d’hier, que personne ne fait mine de voir : une partie de la protestation est une protestation de désespoir. A la tête des manifestations, surtout dans ces petites villes anciennement rurales qui font le tissu industriel français, des dizaines de milliers d’ouvriers étaient en tête. A Compiègne, une note interne du Medef, exhumée par Rue89, montre que plus de 8 000 des 45 000 emplois industriels de l'agglomération sont menacés. Voilà le premier enjeu de cette crise : soit nous laissons les usines fermer une à une et le travail  industriel quitter la France, avec toutes les conséquences que l’on sait (baisse des activités de service notamment), soit nous sommes en mesure de changer de politique économique.
Soit nous croyons que la crise est la conséquence de quelques excès bancaires qu’il convient de corriger afin de favoriser le retour à la normale (le retour à la normale étant le retour à une croissance molle poussive…) ; soit nous comprenons que la crise bancaire et les subprimes ne font que traduire une faiblesse structurelle de la demande qui provient d’une division du travail mortelle pour les sociétés développées et faussement émancipatrice pour les pays émergents.

Dérégler la dérèglementation
Quelle est cette division du travail ? Aux pays émergents la production, aux pays développés le commerce et la recherche. La crise du crédit ne résulte que des bricolages des banquiers (la titrisation) pour distribuer aux classes moyennes des revenus qu’ils ne gagnent plus. Et cette situation découle de l’organisation du monde : la concurrence des territoires pour attirer les industries, les coûts salariaux comme variable principale d’ajustement, le libre échange intégral comme horizon économique exclusif, les bulles successives comme moteur du système.
Ce sont ces principes d’organisation du système qu’il faut remettre en cause. D’où le levier du protectionnisme européen pour maintenir le travail industriel et dérégler la mondialisation telle qu’elle a fonctionné jusqu’à présent.
Reste alors à définir quel protectionnisme. Plusieurs options s’offrent à nous : le recours aux taxes d’importation contre les pays qui pratiquent le dumping social ; la pénalisation des pays qui dévaluent leur monnaie en permanence pour maintenir un avantage compétitif, comme le propose un blogueur; le reversement aux pays producteurs des taxes collectées pour leur permettre d’améliorer le niveau de vie des populations locales. Si Nicolas Sarkozy allait défendre ce genre d'option à Bruxelles, nul doute qu'il serait davantage compris. Hélas... Lui aussi s'en remet aux économistes qui se repassent indéfiniment le film de la crise 1929 comme s'il permettait de trouver la solution.
Convaincre nos partenaires de ces options prendra du temps ? C’est vrai. D’où la pertinence de la proposition d’un grand emprunt européen (ou d’Etat) pour se donner du temps.  Pour le reste, ce sont nos chercheurs  et  nos experts les plus lucides qu'il faut mobiliser pour imaginer une politique industrielle alternative puisque, décidément, nos économistes ont bien trop partie liée avec le système pour être utile à la société.

Faute d'un plan crédible de ce type, faute de messages clairs indiquant que les élites ont compris que le système ne doit plus fonctionner comme avant, les salariés et les chômeurs peuvent très bien se radicaliser, comme on en voit ici et là les prémices dans des affrontements, tels ceux de Saint-Nazaire,  de Grenoble ou de Toulouse. Ce que portent les manifestations de janvier et de mars, c'est la conviction, même confuse, qu'il faut changer le système, qui s'exprime notamment dans la révolte contre l'injustice, contre les bonus, les banques, etc. Aux dirigeants de se montrer à la hauteur de cette exigence.


Vendredi 20 Mars 2009 - 08:48
Philippe Cohen

Frédéric Lefebvre... Menteur pathologique...

Ça se passe de commentaire...  Combien de temps encore va-t-il pouvoir sévir de la sorte...

C'est une des hontes de la vie politique française : médiocrité, mensonge... la liste est longue... c'est un multirécidiviste.

 

11:21 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lefebvre, mensonge

Un monde dans le mur ?

Un monde dans le mur ?

La crise n’en finit pas… sans compter les millions d’emplois détruits dans le monde, le système imposé depuis près d’un demi siècle semble voler en une multitude d’éclats dont certains ne mesurent pas encore toutes les conséquences.

Le système bancaire américain est en solde quasi-définitif et chaque heure qui passe voit la FED et le gouvernement américain injecter des milliards non pour relancer mais simplement pour le maintenir sous perfusion.

bible-forex_fed.pngHier à Washington on a même remis en marche la planche à billet, avec les achats de bons du trésor… jetant par la même toute la théorie de la main invisible et vertueuse, ce n’est pas nouveau, c’est juste la confirmation que, n’en déplaise à nos piètres augures européens, la crise est profonde, très profonde où les efforts initiaux n’ont pour l’instant que de très maigres résultats. A cela, La FED augmente ses « fonds », en les doublant pour le rachat des titres adossés au crédit hypothécaire… en somme les crédits pourris insolvables.

Sinon bien sur le retour de la croissance est toujours prévu pour 2010… D’ailleurs, quel meilleur indicateur que les places boursières au rebond depuis une semaine comme des moutons de panurges…

Sauf que cette vision idyllique d’un retour à la normale d’une croissance bâtie sur le modèle de la vis sans fin n’est pas partagée par tout le monde. Hélas, pour nos gouvernants aveugles, il ne s’agit pas obligatoirement de dangereux gauchistes… loin s’en faut.

« Et si la crise de 2008 représentait quelque chose de beaucoup plus fondamental qu’une grave récession ? Et si elle nous annonçait que l’ensemble du modèle de croissance que nous avons créé au cours des 50 dernières années n’est tout simplement pas viable économiquement et écologiquement, et que l’année 2008 est celle où nous avons heurté un mur - celle où Mère Nature et le marché nous on dit tous deux : assez. ». Qui s’exprime comme cela, simplement Thomas Friedman, accessoirement éditorialiste du brûlot gauchisant du New York Times. Pourtant, jusqu’alors, il faisait partie de ces gens qu’on avait l’habitude de qualifier de raisonnables.

Jos--Manuel-Barroso.jpgAu fond, en ce moment je m’interroge plutôt sur la capacité de nos dirigeants européens… de Trichet à Barroso en passant par Sarkozy… Depuis le début, on sent ce leitmotiv suranné du « il faut faire comme avant » même si pour le président de la BCE on doit encore accélérer la pression sur les salariés… tant qu’à faire. Faut-il d’ailleurs rappeler une nouvelle fois, que le locataire de l’Elysée n’avait de cesse de marteler que les français n’étaient pas assez endettés et même nous parlait des vertus des subprimes en 2006; il y a encore quelques mois, un rapport d’obscurs économistes insistait sur la nécessité de multiplier les crédits hypothécaires… alors que nous avons pris en pleine poire les effets de tels pratiques outre-atlantique. Une fois qu’on met le doigt dans cet engrenage conjugué à la stagnation des salaires, on finit inexorablement par y mettre le corps en entier.

parisot.1223716549.jpgMais non, ce n’est pas grave, les bonnes vieilles recettes devraient faire leur preuve, c’est tellement plus confortable et surtout ça ne demande aucun effort intellectuel particulier. Ce constat est fait par Paul Krugman « Le danger immédiat et manifeste pour l’Europe à l’heure actuelle réside ailleurs, dans l’incapacité du continent à réagir efficacement à la crise financière. ». Autre passage intéressant qui va à rebours d’ailleurs des théories fumeuses de Laurence Parisot et consorts, « L’importance de ses Etats-providence n’est pas la cause de la crise actuelle en l’Europe. De fait, ils sont un facteur réel d’atténuation de cette crise. »

Alors oui, depuis quelques mois, j’ai mal à « ma gouvernance » et bien que socialiste, je ne vois pas non plus beaucoup d’efforts de la part de la social-démocratie européenne pour tenter d’avoir une vision plus innovante et en rapport avec les enjeux auxquels nous sommes confrontés… A un point tel qu’il est de plus en plus probable que le PSE ne présentera personne face à l’âne Barroso…

source:

http://marc.vasseur.over-blog.com/

19/03/2009

Hadopi : vers un piratage massif de connexions Wifi ?

Hadopi : vers un piratage massif de connexions Wifi ?

Débat électrique à l’Assemblée comme sur le net, la loi HADOPI déchaîne et déchire. Cette loi prévoie des collectes massives d’adresses IP sur les réseaux de peer-to-peer afin d’engager par la suite des poursuites. Un filtrage de l’internet pourrait également être envisagé en France.

On est pour ou contre, mais il faut savoir que les personnes s’y connaissant un minimum en sécurité informatique sont très sceptiques, craignant que des innocents se retrouvent devant un tribunal pour un "crime" qu’il n’ont pas commis.

Actuellement, la plupart des abonnés ADSL en France ont une box : livebox, freebox, 9box,...C’est simple, c’est pratique, on se branche et on est connecté. Il paraît même que l’on peut avoir internet depuis le fond de son jardin grâce au WIFI !
Merveilleuse technologie, symbole de liberté, flexibilité,...mais connaissez-vous le WEP ou le WAP ? Aïe, ça se complique. Pour faire simple, cela permet de crypter les échanges de données entre votre ordinateur connecté en WIFI et votre Box.

loi-hadopi-christine-albanel-orange-sfr-neufcegetel-numericable-telechargement-illegal-internet-pirate-pirates-piratage-informatique.jpgAvant de nous embarquer dans des considérations techniques, nous allons tout d’abord comprendre les enjeux d’une bonne sécurité de votre réseaux internet domestique.
Le WIFI émet des ondes dans toutes les directions, et suivant la puissance de votre petit récepteur incorporé à votre ordinateur, vous pouvez plus ou moins bien capter le signal à 10-20 ou 30 mètres. Or, déjà à 10 mètres, cela veut dire que quelqu’un dans la rue, ou votre voisin peut également capter votre signal et aller sur internet grâce à votre abonnement.

Vous vous dîtes que vous n’avez rien à cacher ? Vous êtres misanthrope et de tempérament partageur ? Halte là ! Car légalement, vous êtes responsable de la sécurisation de votre connexion. C’est à dire que si un petit rigolo pirate un site au travers de votre Box, vous êtes légalement responsable !
Vous comprenez maintenant l’enjeux d’une bonne sécurisation de votre WIFI.

access_denied.jpgNe vous inquiétez pas (enfin pas encore) car votre WIFI n’est pas "ouvert" de base. Lors de votre première connexion, vous avez sûrement rentré une série de chiffre du type DAC7-54D9-6DEC-24A1-53A2-F239-91. Voila, ça, c’est le mot de passe pour se connecter chez vous en WIFI. La plupart des possesseurs de Box ont ce système d’activé. C’est déjà une petit protection...mais loin d’être suffisant ! En effet cette technologie est dépassée depuis au moins 2003, date à laquelle il a été montré que l’on peut "écouter" une conversation WIFI à plus d’un kilomètre ! Aujourd’hui, grâce au logiciel grand public aircrack il est possible de casser une clé WEP en trois minutres montre en main. Ce logiciel est de plus légal, car il permet à la base aux administrateurs réseaux de tester la sécurité de leur réseaux.

Que faire ? Alors, soit vous appliquez un filtrage par adresse MAC soit vous passez en WPA....A que quoi ça ? Le filtrage par adresse MAC utilise le numéro unique qui identifie votre ordinateur. Sur les livebox, sans le savoir, quand vous synchronisez un ordinateur vous réalisez un filtrage par adresse MAC. C’est à dire que même si un ordinateur à votre clé WEP, s’il n’a pas la bonne adresse MAC, il ne pourrait pas se connecter.
C’est déjà un bon début, mais loin d’être suffisant car un utilisateur moyen pourra facilement capter l’adresse MAC de votre PC par onde WIFI, et changer son adresse MAC par la vôtre en utilisant le logiciel SMAC (MAC Adress Changer) par exemple.

Passons alors au WPA. Le Wi-Fi Protected Access a été créé en répondse à la faiblesse du WEP. Le problème est que bien souvent, ce n’est pas l’option de chiffrement pas défaut, et qu’il faille rentrer dans le routeur pour en changer la configuration : tout le monde ne sait pas comment faire, et les hotlines seront d’un maigre secours.
Autre petit problème, le WPA n’est pas compatible avec toutes les cartes réseaux : en gros le WPA ne marche pas avec tous les PC, une mise à jour étant parfois nécessaire.
Et encore autre problème : il est aujourd’hui possible de casser une protection WPA. Même si le crack WPA a encore une portée limitée, on peut s’attendre à la découverte de nouvelles failles de sécurité dans les mois/années qui viennent.

bd-flock-clubic-hadopi.jpgIl est à craindre que le piratage de connexion WIFI deviennent un sport national en France si la loi HADOPI passe. Ce type d’intrusion est même plus répandu qu’on ne le croit, étant surtout réalisé par des étudiants qui n’ont pas de connexion internet. De plus avec de simples boîtes de ravioli il est possible de réaliser des antennes WIFI pas cher (ici ou ) permettant d’optimiser la portée de réception WIFI d’un PC et de capter les signaux de tout un quartier.

Si les grandes entreprises ont les moyens de se payer des experts en sécurité, c’est loin d’être le cas des particuliers ou de toutes les PME, qui vont pourtant bien devoir se protéger, sous peine de recevoir tôt ou tard des avertissements leur injonctionnant d’arrêter de télécharger.
Pour une petite entreprise, ce sera soit se payer un administrateur réseau, soit se payer une coupure de connexion internet. Et encore, tous les administrateurs réseaux ne sont pas compétent en WIFI !

HADOPI se propose de collecter à la volée les adresse IP (une adresse que vous donne votre fournisseur d’accès pour aller sur internet) sur les réseaux comme emule, ou les torrents. Il faut déjà savoir que ne téléchargent sur emule que les personnes ne s’y connaissant pas trop, tous les gros pirates étant passés au Warez, Newsgroup ou Torrent. Ensuite sur le torrent, des fournisseurs de tracker (liens) comme The Pirate Bay génèrent aléatoirement des adresses IP qu’ils balancent sur leur réseau, afin de tromper les collecteurs d’adresses. De plus, il est possible de masquer son adresse IP à la manière du changement d’adresse MAC (on parle d’IP Spoofing).

hadopi3.jpgCe que va réussir HADOPI, c’est surveiller des serveurs désert d’une technologie de téléchargement illégal dépassée depuis plusieurs années.
Même si le site de warez Oleoo est tombé, avant de réussir à infiltrer tous les forums donnant des liens de films hébergés sur Megaupload ou Rapidshare les téléchargeurs auront migré vers les newsgroup, ou services usenet qui désormais propose des connexions sécuriséss SSL, protocole utilisé pour transporter sur internet des données bancaires par exemple.

Si tout ce qui a été dit au-dessus vous semble bien compliqué, et que vous pensez que le piratage de connexion WIFI est réservé à une élite, je vous invite à lire le rapport que l’UFC Que-Choisir a demandé à un huissier de justice de réaliser...
Si la loi passe, alors il faudra craindre des procès-exemples contre des mamies de 80 ans accusées d’avoir piraté une centaines de films de Marc Dorcel, ou l’entreprise Boiserie Duch’mol de mettre à disposition du monde entier tous les albums de Johnny...

HADOPI, de par le filtrage du net, est la porte ouverte vers la censure comme le pratique la Chine ! Le gouvernement a refusé de mettre en place le filtrage pour les sites de pédopornographie, mais il n’hésite pas à le mettre en place pour les majors !


****NON à HADOPI
mais NON au black-out du net qui ne sensibilise pas le grand public


A diffuser largement !


A lire :

Le Peer-To-Peer : un pilier de l’économie multimédia

Adresse IP : la démonstration de l’UFC-Que Choisir

12:44 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hadopi, loi, pirate, wifi, adsl

Et pourquoi pas l’impôt confiscatoire ?

Et pourquoi pas l’impôt confiscatoire ?

La proposition de Pierre Méhaignerie qui souhaite augmenter le taux marginal d’imposition pour les contribuables qui gagnent plus de 300 000 euros, tombe plus qu’à propos et va dans le sens du débat économique actuel.

L’imposition prendrait la forme d’une contribution fiscale supplémentaire temporaire, pour les deux années fiscales de crise économique. Il a rappelé dans une interview au journal les échos que la loi TEPA contenait 600 millions d’euros d’exonérations fiscales pour les catégories les plus aisées. Il veut son projet inspiré de Barack Obama. Mediapart révèle d’ailleurs aujourd’hui les chiffres de Bercy correspondant au bouclier fiscal voulu par Nicolas Sarkozy ; “En exclusivité, Mediapart révèle les chiffres de Bercy sur la mise en œuvre du bouclier fiscal. L’an dernier, l’Etat a reversé 288 millions d’euros aux 756 foyers fiscaux les plus riches ! Au total, ce bouclier fiscal adopté dans le cadre de la loi Tepa se révèle injuste, inefficace et coûteux. Sa charge a doublé l’an dernier pour l’Etat : il a dû reverser au total 458 millions d’euros aux bénéficiaires. Les 756 foyers fiscaux les plus riches se partagent 63% des sommes reversées. A l’inverse, 59% des bénéficiaires du dispositif se sont partagé moins de 4,8 millions d’euros, soit 1% du total. Malgré les multiples pressions pour modifier ce dispositif, Nicolas Sarkozy refuse de changer cette mesure de justice.”

Nicolas Sarkozy a tout de suite mis fin au débat en rétorquant ; “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts … j’ai été élu pour réconcilier la France avec l’entreprise et avec l’usine. On ne perçoit pas bien le rapport ? Le Président de la République se fourvoye ! Pourquoi ?

Une doctrine économique naissante, initiée par le génial Thomas Piketty, propose la création d’un impôt confiscatoire pour les très hauts revenus. Elle emprunte le bon sens de l’économie et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne s’apparente en rien à un collectivisme économique.

Tout d’abord il faut partir du constat de l’extravagance des revenus des dirigeants économiques et plus généralement des élites de notre société. Le fossé entre les patrons et les ouvriers n’a cessé de se creuser. On démultiplie les rapports salariaux. Dans les très grandes entreprises, entre le patron et l’ouvrier le rapport salarial est désormais très loin du 1 à 40 préconisé, mais serait plutôt de l’ordre de 1 à 600. Pour atténuer ce rapport, aux Etats-Unis on a utilisé la politique du crédit au profit des catégories de revenus inférieures, ce qui a conduit à la perdition financière puis économique que nous connaissons actuellement. Il serait donc intéressant de créer un impôt confiscatoire sur les hauts revenus pour maintenir le rapport salarial patron ouvrier dans des proportions décentes. Le début de la crise du rapport salarial date des années 1980. Les caractéristiques de cette crise et les pistes proposées, outre l’impôt confiscatoire, devront aussi être examinées au niveau des normes de production, des normes de consommation et du mode de régulation en vigueur, ce qui nous conduit à l’hypothèse de nouveaux compromis qui redessineraient le rapport salarial et sa régulation. Mais surtout le mode de régulation salarial et la mise en place d’une imposition confiscatoire devra acquérir une dimension internationale dans une contexte de mondialisation.

roosvelt.jpgThomas Piketty préconise un taux marginal d’imposition pour les plus hauts revenus de 80 à 90 % ; Il s’appuie pour fonder sa proposition sur la politique fiscale de Roosvelt, à la sortie de la crise de 1929. Au moment où Roosvelt est élu, le taux marginal d’imposition était de 25%. Roosvelt a alors fait passer le taux marginal d’imposition à 63 % en 1932, à 79 % en 1936, puis 91 % en 1941. Le taux marginal d’imposition moyen a été supérieur à 80 % entre 1932 et 1980 sur les catégories de hauts revenus. On peut en conclure donc qu’un taux marginal d’imposition élevé sur les plus hauts revenus n’est pas incompatible avec le développement du capitalisme, de l’entreprise et de l’usine, contrairement à ce que semble penser Nicolas Sarkozy.

Le plafonnement des rémunérations dans les entreprises serait inefficace puisqu’il serait toujours possible de trouver des voies de contournement, en versant par exemples aux dirigeants d’autres formes de revenus complémentaires ou des avantages en nature.

L’impôt confiscatoire serait limité uniquement aux revenus exceptionnels. Cette taxe fiscale inciterait les dirigeants et les leaders économiques à contraindre leur intérêt individuel au bénéifice de l’intérêt général. Piketty rappelle que dans la période américaine de forte imposition sur les hauts revenus, seulement très peu de contribuables ont dû être imposés au taux marginal exceptionnel, puisqu’ils appliquaient eux même leur limites pour ne pas atteindre le taux marginal d’imposition maximal. Pour Piketty le système actuel crée au profit des patrons une situation de gagnant/gagnant. Si ils réalisent une belle opération ils empochent des millions d’euros. Mais aussi si ils réalisent de mauvaises opérations ils empochent tout de même des millions d’euros. Et cela sans jamais leur imposer une obligation d’efficacité. Piketty démontre aussi que les hautes rémunérations sont aussi souvent corrélées à la faiblesse du contrôle actionnarial exercé sur eux. Plus l’actionnariat est dilué, moins le dirigeant est contrôlé et souvent plus il se sert en rémunérations exceptionnelles. Et le point de comparaison salariale pour le haut patronnat reste souvent celui de l’entreprise qui voisine avec la sienne au Cac 40. Ce qui fait qu’il n’y a plus de norme de référence acceptable.

Piketty juge timide la hausse de l’imposition sur les salaires supérieurs à 250 000 euros et complètement à contre courant la politique fiscale menée par Nicolas Sarkozy.

L’affaire AIG ; 165 millions de $ distribués aux responsables de la filiale AIG Financial Products, alors que l’Etat américain a renfloué l’assureur américain de 170 milliards de $, démontre que la crise ne changera rien aux attitudes des dirigeants économiques, si on y met pas un grand coup d’arrêt.

politoblog

http://www.politoblog.com

Source ; interview de Thomas Piketty sur alternative économique.

PAUVRES POLONAIS !

L'Europe de l'Est menace de tirer l'Europe de l'Ouest à sa suite... et tout cela n'augure que du bon pour les Etats-Unis, paradoxalement, nous explique Bill Bonner ci-dessous.

 

g20-crise-etats-unis.jpg"La crise de l'Europe... est pire que celle des Etats-Unis", écrit Henry Blodget. Il faut le reconnaître, les Américains sont rusés. Ils sont comme quelqu'un qui déclencherait une bagarre dans un bar bondé... avant de filer par la porte de derrière.

La rixe dure depuis 20 mois. Aux Etats-Unis, les prix des actions ont été réduits de moitié... mais regardez les autres ! L'Islande -- ce hedge fund de l'Atlantique Nord -- est quasiment K.O., tous les os brisés. La Chine compte une file de chômeurs longue de 100 millions de personnes. Le Royaume-Uni a plus de dette que les Etats-Unis... et dépend plus encore d'un secteur financier en faillite. La question qui se pose désormais est donc : qui ressortira de cette fête aux gnons avec le plus gros cocard ?

4836334.jpgLes faits, rien que les faits : l'Europe de l'Est a emprunté environ 1 700 milliards de dollars, en majeure partie aux banques d'Europe de l'Ouest. Rien que cette année, le pays devrait rembourser 400 milliards de dollars. Renouveler une dette se faisait en un clin d'oeil il y a deux ans ; aujourd'hui, c'est nettement moins facile. 60% des prêts immobiliers polonais sont en francs suisses. Les Polonais ont emprunté en euros et en francs suisses pour tirer parti des taux plus bas. A présent, ils gagnent des zlotys, remboursent des francs suisses et pleurent.

"Puis est arrivée la récession mondiale synchronisée et de profonds déficits courants pour la Pologne -- valant trois fois ceux des Etats-Unis en termes de PIB", explique John Mauldin. "Le zloty polonais a été globalement divisé par deux par rapport au franc suisse. Si vous avez un prêt immobilier, cela signifie que les remboursements sur votre maison viennent de doubler. Cette même histoire se répète partout dans la Baltique et en Europe de l'Est".

Les banquiers ne sont que des lemmings à forme humaine ; tout le monde le sait. Les banquiers autrichiens cherchent des falaises escarpées. L'effondrement de CreditAnstalt, en mai 1931, a précipité le secteur bancaire dans le vide, menant à la Grande Dépression. Cette fois-ci, les banques autrichiennes ont prêté l'équivalent de 70% de leur PIB national à l'Europe de l'Est. Si ne serait-ce que 10% de cette somme sont perdus, le système financier autrichien tout entier sera ruiné... et pourrait entraîner toute l'Europe avec lui. Au début des années 30, les économies de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis se contractaient de 6% environ par an. Au dernier trimestre 2008, l'économie américaine a reculé de près de 7% -- et CreditAnstalt ne s'est pas encore produit.

Mais les Américains peuvent nationaliser leurs banques d'un trait de plume et sauver ainsi leur système financier. En Europe, ce n'est pas faisable. "Grandes banques, petits pays", déclare Mauldin. Proportionnellement, un renflouement de ce genre coûterait 14 000 milliards de dollars aux Etats-Unis, estime-t-il. Si bien que lorsque neuf pays d'Europe de l'Est se sont rassemblés pour demander de l'aide, Angela Merkel leur a donné la même réponse que Gerald Ford à la ville de New York lorsqu'elle quémanda un renflouement en 1975 : allez vous faire voir.

drapeaux-europe-27.1235928116.jpgPauvre Polonais. Il a traîné le boulet bolchevique pendant près d'un demi-siècle. Puis lorsqu'il s'est finalement libéré, les capitalistes l'ont arnaqué. Le méritait-il ? Non -- simplement, il a le malheur de devoir de l'argent dans une devise qu'il ne peut pas bidouiller.

"La crise renforce la position relative des Etats-Unis", écrit Spengler dans le Asia Times, "et expose des faiblesses bien plus graves chez tous leurs concurrents potentiels. Elle fait de la dette du gouvernement américain l'actif le plus désirable de la planète. Les Etats-Unis méritent peut-être de décliner, mais comme le disait Clint Eastwood dans un tout autre contexte, 'le mérite n'a rien à y voir'."

Les Américains doivent se sentir en veine. Durant les années de bulle... le reste du monde s'est moqué de leurs habitudes de dépenses, tout en leur offrant une nouvelle part de dessert -- à crédit. Plus les Américains dépensaient... plus les dollars s'accumulaient à l'étranger... plus les étrangers prêtaient de dollars aux Etats-Unis en retour... et donc plus les Américains avaient de dollars à dépenser ! Maintenant que les Américains ne dépensent plus, les usines des étrangers sont silencieuses, leurs banques vacillent... et leurs actions chutent. A présent, ils achètent des obligations du Trésor américain à des rendements encore plus bas ! L'indice dollar a grimpé à un sommet de trois ans alors même qu'Obama annonçait un déficit de 1 700 milliards de dollars.

De tous les cash flows de la planète, déclare Spengler, le gouvernement le plus durable au monde, à la tête de la plus grande économie, doit être le plus fiable. Il nous rappelle que prêter aux Etats-Unis dans les années 80 était un bon investissement. A l'époque, le gouvernement américain avait baissé le taux d'imposition marginal de 70 à 40% et généré assez de croissance pour payer les intérêts et stimuler les valeurs des actifs. A présent, cependant, les valeurs des actifs baissent clairement, tandis que le taux marginal est en hausse. Prêter dans les années 80 revenait à prêter à des rendements élevés au début d'une expansion majeure. Aujourd'hui, on parle des taux les plus bas de l'histoire... au début d'une dépression.

Mais plus les choses empirent, mieux ça va pour les gens qui ont provoqué la situation. Non seulement les Américains peuvent sauver leur système bancaire... mais ils peuvent aussi secourir leurs ménages surendettés et effacer leurs dettes. Les Etats-Unis ont financé leur fièvre de dépenses avec l'argent des autres. A présent, ils financent leur cure de désintoxication de la même manière -- avec l'argent des autres.

Les prêteurs peuvent être absolument, complètement assurés de retrouver leur argent -- avec intérêt, au jour dit. Mais c'est de l'argent dont la valeur est déterminée par le débiteur lui-même.

Si seulement les Polonais pouvaient faire de même !

18/03/2009

G20 : le crash et nous

G20 : le crash et nous
17 mars 2009

Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.

Le G20, la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement qui va se tenir le 2 avril à Londres, sera un désastre politique.

Tout d’abord, le pilotage du sommet se trouve confié au chancelier de l’Echiquier britannique, Alistair Darling, et à Lord Mark Malloch Brown, honorable numéro 2 du Foreign Office. C’est confier la solution à ceux qui sont les principaux responsables de la crise. Malloch Brown, qui a rédigé la première mouture du compte-rendu final de la réunion du 2 avril, a été jusqu’en 2007 vice-président du Quantum Group of Funds et de l’Open Society Institute, de George Soros. Nous menons campagne dans le monde pour qu’il soit dessaisi.

1125302-1441582.jpgEnsuite, la conférence préparatoire de Horsham, le 14 mars, n’a pu que constater les désaccords entre les participants sur les moyens. Washington appelle à une relance mondiale et demande aux Européens de dépenser plus, alors que les Européens exigent davantage de régulation financière, en prenant les sujets au cas par cas. Les uns et les autres sont incapables de mesurer la dimension systémique de la crise. Leurs experts se réfèrent toujours à une crise cyclique et cherchent à « lisser les évolutions de l’endettement », alors que le récipient déborde de partout.

Enfin, personne ne parle de mise en faillite ordonnée ou organisée des institutions, car tous se situent dans la perspective de sauver les créances de l’oligarchie. Les bonnes intentions affichées à Horsham sont autant de sparadraps sur les métastases d’un cancer financier : contrôler les agences de notation et les fonds spéculatifs, établir de nouvelles règles comptables pour les « véhicules hors bilan liés à des produits dérivés », privilégier le traitement des actifs toxiques des banques. Autant d’engagements insuffisants et sans garanties concrètes. Bien pire encore, l’on s’est accordé à renflouer le FMI pour qu’il renfloue les pays devant de l’argent aux banques.

Le déni de réalité est total. Les banques centrales sont appelées à « maintenir des politiques expansionnistes aussi longtemps que nécessaire, y compris par des moyens non conventionnels ». En clair, comme le font déjà la Réserve fédérale américaine et les Banques centrales de Suisse et d’Angleterre, il s’agit de faire fonctionner à tout va la planche à billets électronique pour racheter les titres pourris ou dévalués des banques, des entreprises non financières et des Etats eux-mêmes ! Désormais, les banques centrales créent de l’argent à partir de rien : on appelle cela « assouplissement quantitatif ».

Toutes les conditions d’une épidémie d’hyperinflation sont ainsi créées, qui ruinerait les salariés, les retraités et tous les titulaires de minima sociaux, mais effacerait la dette des débiteurs. Evidemment, face à cette politique inique, les peuples se mobiliseront pour résister, et depuis les caméras de surveillance jusqu’aux drones et aux Robocops, tous les instruments se mettent en place pour les réprimer.

aig.jpgC’est pourquoi, à ceux qui s’étonnent que nous nous battions à plein temps contre cet avenir, nous répondons simplement que nous avons le sens des priorités. Le cas d’AIG, secouru à hauteur de 173 milliards par l’Etat pour rembourser les banques américaines et européennes, et qui verse en même temps de gros bonus à ses dirigeants tout en licenciant à tout va, est une leçon de choses qui devrait tous nous réveiller.

18:49 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, crash, cheminade, crise, londres

16/03/2009

L’Affaire Pérol est loin d’être finie

François Pérol finira-t-il devant un juge ?

Mauvaise humeur des responsables de la Commission de déontologie, risques de poursuites judiciaires, combativité syndicale, le début de mandat de François Pérol à la tête de l'organisme fusionnant les Banques populaires et les Caisses d'épargne risque de ne pas s'avérer de tout repos.

perol penal.jpgCombien François Pérol a-t-il gagné sur l'opération Natixis ? 1,5, voire 2 millions d'euros comme l'affirme Mediapart ? En tout cas, le nouveau président du Conseil de surveillance va devoir faire face à un nouveau front. Sa nomination était déjà contestée, parce que la Commission de déontologie n'avait pas été consultée. Voici qu'il est soupçonné de ne pas avoir respecté la loi...

Jusqu'à maintenant, François Pérol était un haut fonctionnaire au parcours idéal. HEC, Sciences Po et l'ENA (promotion Jean Monnet, 1990) dont il sort major en 1990, comme inspecteur des finances. La voie royale. Suit une longue carrière à la direction du Trésor, puis dans les cabinets du ministère des Finances à partir de 2002.

myimg3.img.jpgL'homme a de l'humour -il imite les politiques à la perfection- et des amitiés à droite comme à gauche (Michel Charasse, Jean-Louis Bianco). En 2004, il devient directeur adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy, alors à Bercy. Il suit de nombreux dossiers, dont celui du rachat d'Ixis par la Caisse des dépots et consignations, prélude à la création de Natixis.

En 2006, François Pérol a quitté l'administration. Il est devenu associé-gérant de Rothschild & Cie, la banque d'affaire chargée de fusionner les deux banques d'investissement des groupes Caisse d'Epargne et Banque Populaire. Il est l'un des deux banquiers chargés de piloter le dossier Natixis. Pour ce travail donc, François Pérol aurait touché une commission oscillant entre 1,5 et 2 millions d'euros, soit 10 à 15% du total perçu par Rothschild & Cie. Or, pendant trois ans à compter de 2005, il n'avait pas le droit de travailler sur ce dossier. Comme l'a rappelé dans un entretien à La Croix Michel Bernard, ex-président de la Commission de déontologie :

« La loi interdit à un fonctionnaire de travailler dans une entreprise privée qu'il contrôlait ou surveillait dans le cadre de ses fonctions précédentes. La commission de déontologie est chargée d'apprécier la compatibilité de toute activité lucrative dans une entreprise avec les fonctions exercées au cours des trois années précédant le début de cette activité. »

Lorsqu'il a demandé sa mise en disponibilité pour rejoindre la banque Rothschild, ce point lui a évidemment été rappelé. Par écrit.

2009-02-26T185601Z_01_APAE51P1GLF00_RTROPTP_3_OFRBS-BANQUEPOP-RESULTATS-ECUREUIL-20090226.JPGLa chute de Natixis et le slalom de la nomination sarkozyenne

La suite est connue :  François Pérol retrouve la fonction publique en devenant en 2007 le monsieur économie de l'Elysée. Natixis ayant massivement investi dans les subprimes, notamment par la société américaine CIFG, la banque d'investissement perd plus de 90% de sa valeur boursière. Pour 2008, la perte est évaluée à deux milliards d'euros.

Arrive l'épisode qui nous occupe aujourd'hui. Là encore, Michel Bernard est formel, la loi interdit formellement le mélange des genres de ce pantouflage à double sens :

35268_une-montage-perol.jpg« La commission doit être obligatoirement saisie dans un certain nombre de cas. Dans celui de M. Pérol, qui serait nommé à la tête de la Caisse d'épargne-Banque populaire, la question est de savoir s'il a été chargé de surveiller ou de contrôler ces deux banques, ou leur filiale commune, Natixis. S'il apparaissait que oui, en principe, il ne pourrait pas aller travailler dans ces entreprises. »

Le risque pénal ? Il est évoqué en creux par les membres de la commission

Depuis le début de cette affaire, le chef de l'Etat s'appuie sur la nécessité. L'idée que la situation est si urgente, qu'une consultation de la commission de déontologie trop tardive ne permettait pas de faire face dans les délais impartis. Vendredi 13 mars, un décret signé Nicolas Sarkozy est publié au Journal officiel. Il valide la démission de François Pérol, qui n'appartient plus à la fonction publique depuis le 11 mars.

Seulement voilà :  la rôle de la commission de déontologie -qui ne peut plus se prononcer sur ce cas- est justement d'éviter la commission de délit type corruption ou prise illégale d'intérêt. L'article 432-13 du code pénal est limpide :

Article 431-13 : Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 Euros d'amende le fait, par une personne ayant été chargée, en tant que fonctionnaire ou agent d'une administration publique, dans le cadre des fonctions qu'elle a effectivement exercées, soit d'assurer la surveillance ou le contrôle d'une entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée ou de formuler un avis sur de tels contrats, soit de proposer directement à l'autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par une entreprise privée ou de formuler un avis sur de telles décisions, de prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux dans l'une de ces entreprises avant l'expiration d'un délai de trois ans suivant la cessation de ces fonctions.

35341_une-fouquet2.jpgLes membres de la Commission de déontologie sont furieux
L’Elysée est passé tout près d’un véritable split avec la commission de déontologie si l’on en croit son Président Olivier Fouquet. Furieux de l’instrumentalisation dont il a été victime lorsque le chef de l’Etat a déclaré qu’il avait «consulté la commission», le haut fonctionnaire a regretté publiquement sa correspondance avec l’Elysée et déclaré que les membres de la commission avaient failli démissionner. Par ailleurs, l'ex-président de la Commission de déontologie, François Bernard a déclaré, dans un entretien à La Croix, que si François Pérol avait contrôlé ou conseillé l'une des deux banques (ce qui est une évidence), il ne pouvait pas diriger le nouvel établissement né de leur fusion. D'ailleurs, les membres actuels de la Commission de déontologie font savoir dans le « milieu » qu’une éventuelle saisine de leur organisme sur le cas Pérol se traduirait par un avis négatif.

Lorsqu'Olivier Fouquet, l'actuel président de la commission de déontologie, est interrogé par Le Monde, il n'hésite pas à mettre en garde l'intéressé, au cas où il se passerait de l'avis des sages :

« C'est à ses risques et périls (...) C'est un délit pénal. »

Et de citer un « proche », qui évente un secret de polichinelle :

« Tous les membres du cabinet n'ont pas passé des mois à travailler sur un dossier comme l'a fait M. Pérol. Toutes les réunions sur cette fusion bancaire avaient lieu dans son bureau. »

 

Sarkozy, Darcos et Pécresse en procès à la Sorbonne

Ils étaient plusieurs centaines réunis place de la Sorbonne pour assister ce vendredi après-midi au « procès de la bande des trois » :  Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos et Valérie Pécresse. Une mobilisation originale et festive organisée par les enseignants en histoire de Paris-I pour montrer au gouvernement que le mouvement de protestation ne faiblit pas. Depuis plusieurs jours, une information pour le moins surprenante circule sur Internet :

« Procès devant les très doctes pères de la Sorbonne de Sarkozy et de ses complices, les très atroces, très horrifiques et très horribles Xavier Darcos et Valérie Pécresse, accusés d'hérésie, de parjure et de blasphème envers l'illustre Université et le Bien Public. Le tribunal prononcera son jugement sur le parvis de la Sorbonne. » (Voir la vidéo)


Après les manifestations, occupations et autres blocages, le comité de mobilisation de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne a souhaité mettre en place de nouvelles formes d'action.

Une dizaine d'enseignants en histoire de la Sorbonne, déguisés, sont entrés en scène pour cette parodie de procès. Nicolas Offenstadt, maître de conférences à Paris-I, explique la cause de ce rassemblement :

« C'est l'ensemble du système éducatif français que l'on souhaite abattre et toute forme de pensée critique. » (Voir la vidéo)



Le procès s'ouvre avec le fou-rire du public :

« Vous avez devant vous trois accusés, la liste des crimes qui leur est reproché est longue :  tentative d'assassinat, complot et conspiration, vol et extorsion, outrage blasphème, parjure et hérésie contre l'université, le savoir et le bien public. »

Le parquet de la Sorbonne entame son réquisitoire à l'encontre de Nicolas Sarkozy :

« La cour cherche à comprendre ce qui peut vous pousser à démanteler avec une telle rage les établissements d'enseignement supérieur et tout le système public de l'Education nationale. Quel traumatisme explique que vous agissiez ainsi ? »

Pour simple réponse, le faux Nicolas Sarkozy soulève son téléphone et appelle « Carlita ». Les arguments de défense des deux autres accusés ne sont pas plus convaincants.

A l'énoncé du verdict, pas de surprise :  coupables. Plus étonnantes, leurs condamnations. Hormis leur destitution, Xavier Darcos est contraint « au port de couche à vie » et Nicolas Sarkozy à « l'écartèlement de toutes ses Rolex ».

Nicolas Offenstadt se réjouit du succès de cette nouvelle forme de mobilisation et explique que les enseignants ne comptent pas en rester là :

« Le mouvement va continuer et se durcira s'il n'y a pas d'avancées significatives car les enjeux sont trop lourds. La semaine prochaine, la Sorbonne va organiser des cours libres, ouverts à tous et beaucoup d'enseignants seront mobilisés pour la journée d'action nationale du 19 mars. »

 

source :

http://www.rue89.com/2009/03/13/sarkozy-darcos-et-pecresse-en-proces-a-la-sorbonne

 

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

pirate_drapo_big-300x296.gifJe prends le parti des pirates.
Ils sont, nous sommes,  des millions, en France, chaque jour à échanger des oeuvres: des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables,  des œuvres oubliées ou «tombées» dans le domaine public. 

Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique.
Les tentatives d'interdire les échanges sur Internet - par l'intimidation ou par le filtrage - sont vaines.
Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable.
Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d'elles-mêmes. 
C'est au grand jour qu'elles révéleront toutes leurs potentialités.

Il est grand temps de reconnaître ces pratiques.  De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse.
En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate.

 

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Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ?

résumé :
Le « Rapport Hadopi » n’est ni plus ni moins qu’une opération d’intox - reprise en coeur dans les média début novembre - menée par l’industrie de la Culture et destinée à influencer le parlement, qui doit voter la loi Hadopi en janvier prochain. C’est une chose de le dire, c’est autrement plus long à démontrer. Pour cela, il va vous falloir lire la suite… Désolé pour la taille de ce billet…

10.000, rien que ça, c’est le nombre d’emplois directs et indirects qui auraient été détruits en 2007 par les vilains pirates. C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrive le « Rapport Hadopi » (à télécharger ici) réalisé par le cabinet d’expertise économique Tera Consultants et commanditée par Equancy.

Frustrés de ne voir, à quelques exceptions près, que de plats communiqués de presse recopiés à la va-vite, la news n’ayant malheureusement pas été jugée suffisamment importante pour n’être autre chose qu’une dépêche AFP (en même temps, il faut bien dire qu’un milliard de pertes, de nos jours, cela passe plutôt inaperçu), nous avons voulu en savoir plus et nous nous sommes procuré le Rapport Hadopi.

2520976386_88ddef7742_m.jpgLe Rapport Hadopi sera également gracieusement distribué à nos représentants politiques, au premier rangs desquels notre ministre de la Culture, Christine Albanel, à qui le Rapport Hadopi sera remis en grande pompes ce mercredi 19 novembre. A elle la charge de le photocopier et de le distribuer massivement aux centaines de députés ainsi qu’à leurs assistants (elle a du personnel, rassurez-vous), afin que nos chers parlementaires puissent voter en toute connaissance de cause sur la loi Hadopi en janvier prochain.

Il faut dire que la loi étant passée en première lecture au sénat, et ce malgré les protestations de la CNIL et de Bruxelles, il ne manque plus qu’un petit coup de pouce pour faire passer la pilule. Le voilà, sous la forme de 73 pages, écrites en gros caractères à double interlignage (moyenne d’âge à l’assemblée oblige ?).

540px-hadopi_ecoute.pngAu préalable, je vous dois une confession. Je ne suis pas journaliste, ça, vous avez pu vous en rendre compte, même si je m’efforce d’en respecter les règles, mais je ne suis pas non plus bloggeur. Non, dans la vraie vie, je suis, entre autres, consultant. En stratégie Internet, qui plus est. C’est vous dire si je mange ce genre d’étude au petit déjeuner, et ce depuis de nombreuses années. C’est une chance : ces milliers d’heures à lire d’obscurs textes, souvent rédigés dans un style lourd et pataud, vont me servir à autre chose qu’à prédire l’avenir à mes clients. Qui plus est, le Rapport Hadopi est rédigé en Français. Une aubaine, tant les plus grands spécialistes internationaux sur la question, parmi lesquels on compte – cocorico – plusieurs Français, se bornent, c’est une habitude chez les scientifiques, à écrire en Anglais. Cerise sur le gâteau, le texte semble s’être abstenu de tout ce formalisme académique, qui rend les écrits scientifiques aussi difficiles à digérer qu’un cassoulet bien arrosé.

Non, ici, c’est du light, du weight watchers, c’est facile à lire, et l’usage des neurones est facultatif tant rien ne vous incite à la réflexion tout au long des 73 pages du Rapport Hadopi. Un idiot y trouverait une lueur, si ce n’est d’intelligence, du moins, de bases nécessaires pour étayer ce qui lui semblerait être le fruit de sa propre réflexion.

Ne soyons pas présomptueux (un peu ? si, quand même) : la plupart des destinataires du Rapport Hadopi n’iront pas jusqu’à le lire en intégralité, ils se contenteront du traditionnel ‘executive summary’.

Le sommaire qui exécute (traduction libre)

Qu’y lit-on ? Oh, ma foi, tout y est, inutile de pousser plus loin, nul besoin de lire 73 pages de schémas et de chiffres, ami député, noble sénateur, ton temps est précieux, et en deux pages écrites en gros caractères, voici la substantifique moelle d’une prose qui, pour le coup, n’a rien de Rabelaisienne.

«  La copie illégale via l’Internet d’œuvres numérisées est un phénomène massif. »

dede-hadopi-couper,3-X-166029-1.pngOui, non seulement c’est vrai, mais d’indiscutables preuves sont là pour en témoigner, le piratage, ou tout du moins l’utilisation des technologies Peer to Peer sur internet, est un usage grand public de plus en plus populaire.

Comment prétendre le contraire ? C’est une évidence, et jusqu’ici, je ne peux qu’abonder dans le sens de l’auteur de cette étude. Mais qui est-ce, d’ailleurs ? Le Rapport Hadopi, en effet, porte pour seule signature, les logos des sociétés qui l’ont, respectivement, commandité et réalisé.

Continuons cet « executive summary », qui commence décidément sous les meilleurs auspices, en enfonçant une porte ouverte.

« Cette pratique a un impact économique car elle induit inévitablement une moindre activité, voire une contraction de l’activité des secteurs qui la subisse. »

Inévitablement. Tiens. Cette porte là n’était pas ouverte, mais la voilà qui vole en éclats, sans même interrompre la sieste d’un sénateur, pour qui cette assertion peu sembler, ma foi, tout a fait logique. La Terre est plate, circulez, y’a rien à voir. Au XVIe siècle, personne n’aurait trouvé à y redire… Ou presque.

Nous le verrons, cette ‘évidence’ est loin, très  loin, d’avoir été prouvée à ce jour. La réalité est pour le moins… dérangeante, pour les partisans de la loi Hadopi tout du moins, car plusieurs études - scientifiques, elles, - ont tendance à démonter… le contraire.

hadopi-economie1.gif

Source :

http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/

http://reseaudespirates.net/?q=content/le-pacte-pour-les-libert%C3%A9s-num%C3%A9riques

 

Exclusif : la loi Hadopi chère et inefficace…

Exclusif : la loi Hadopi chère et inefficace…

Annexé au projet de loi Création et Internet défendu par Christine Albanel, le document que s'est procuré Marianne prouve que les options retenues par le ministère de la Culture pour lutter contre le téléchargement illégal seraient coûteuses à mettre en place et techniquement inefficaces. Marianne2.fr publie en exclusivité cette note confidentielle.



C’est un rapport, désormais public, que les députés s’apprêtant à voter la loi Création et Internet, et son volet répression du téléchargement, n’ont malheureusement pas reçu dans leur casier. Pas plus que les annexes, qui elles demeurent confidentielles et dont Marianne a pu prendre connaissance.


Extrait de la note : page de garde
Extrait de la note : page de garde
Produit par les crânes d’œufs du Conseil général des technologies de l’information (CGTI), en gros le corps des ingénieurs telecom, ce rapport (en téléchargement ci-dessous) réalisé à la demande des ministères de l’économie et de la culture, est on ne peut plus sévére sur la faisabilité technique de la coupure du flux internet pour acte de piratage.


Extrait de la note : page 2
Extrait de la note : page 2

hadopi2.jpgLe projet de loi Création et Internet, défendu bec et ongle par Christine Albanel dans l'hémicycle, prévoyait la coupure de la connexion Internet de toute personne ayant procédé à des téléchargements illégaux. Or, sur chacun des points de cette « répression du piratage », la note confidentielle met à mal les rêves de filtre infaillible de la ministre de la Culture.

 

Premier souci : difficile de savoir qui utilise un réseau filaire ou sans fil pour récupérer des films sur un réseau. Entre les réseaux Wifi publics, les téléphones portables bientôt assez puissants pour télécharger ou les accès en entreprise, la note recense toutes les failles du système qui empêchent d'identifier le « coupable ». Difficile d'attraper le voleur quand on n'a identifié que l'échelle !

 

La coupure même de la connexion Internet pose ensuite la question des offres « triple play », combinant accès au web, téléphone et télévision. Interrompre la connexion, c'est empêcher de télécharger... mais aussi de passer des coups de fil et de regarder TF1 ! Les solutions techniques impliquent pour les fournisseurs d'accès « d'industrialiser la procédure » permettant de ne couper qu'une partie du service, autrement dit de modifier tous leurs modems afin de permettre à l'Etat de couper l'accès au web !

 

Un frein parmi d'autres qui amène les conseillers techniques à conclure que les limitations prévues par la loi « ne peuvent être ni rapidement ni pleinement surmontées. »

Faute de trouver le raccourci technique magique auquel rêvait le ministère de la Culture, ils prônent la modification d'un terme crucial du projet de loi : à « suspension » du service Internet, « il sera alors préférable de substituer le mot restriction. »

 

hadopi.jpgEt c'est un argument que beaucoup avaient oubliés pour contrer la loi Hadopi : avant d'être liberticide ou rétrograde, elle est avant tout sarkozyste. C'est-à-dire, à l'instar des heures supplémentaires ou du paquet fiscal, foncièrement chère et inefficace !


Mis à jour samedi 14 mars 2009 à 10h10.


Extrait de la note : page 3
Extrait de la note : page 3


annexe_au_projet_de_loi_creation_et_internet_pdf.pdf Annexe au projet de loi Création et Internet.pdf.pdf (750.44 KB)

tentative de déstabilisation du système bancaire de l'UE et de l'Euro par Wall Street et la City

GEAB N°33 est disponible! Tensions transatlantiques croissantes à la veille du G20 : Exemple d'une tentative de déstabilisation du système bancaire de l'UE et de l'Euro par Wall Street et la City


- Communiqué public GEAB N°33 (15 mars 2009) -



GEAB N°33 est disponible! Tensions transatlantiques croissantes à la veille du G20 : Exemple d'une tentative de déstabilisation du système bancaire de l'UE et de l'Euro par Wall Street et la City
Pour LEAP/E2020, les alternatives offertes aux dirigeants du G20 qui se réuniront à Londres le 2 Avril prochain sont au nombre de deux : reconstruire un nouveau système monétaire international qui permette un nouveau jeu global intégrant équitablement tous les principaux acteurs mondiaux et réduire la crise à une durée de trois à cinq ans ; ou bien tenter de faire durer le système actuel et plonger le monde dès la fin 2009 dans une crise tragique de plus d'une décennie.

Dans ce GEAB N°33, nous décrivons ainsi les deux grandes lignes d'avenir qui resteront ouvertes jusqu'à l'été 2009. Au-delà de cette période, notre équipe considère en effet que l'option « crise courte » sera obsolète et que le monde s'engagera sur le chemin de la phase de dislocation géopolitique mondiale de la crise (1), et de la crise profonde de plus d'une décennie.

D'ailleurs, face à l'urgence, LEAP/E2020 publiera le 24 Mars prochain à l'échelle mondiale une lettre ouverte aux dirigeants du G20, modeste contribution de notre équipe pour tenter d'éviter une crise longue et tragique.

La situation s'avère d'autant plus inquiétante que des tensions croissantes se font jour à la veille du sommet du 2 Avril, qui voient émerger les menaces à peine voilées de certains dirigeants et des opérations de manipulation des opinions publiques par d'autres leaders du G20.

Nous revenons plus en détail sur ces éléments dans le GEAB N°33 dans lequel par ailleurs l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de se livrer à un exercice utile pour tous ceux (y compris aux Etats-Unis d'où proviennent plus de 20% des lecteurs de LEAP/E2020) qu'exaspèrent l'illusion entretenue par les principaux médias occidentaux sur l'état du pilier américain de notre système actuel : anticiper l'état socio-économique des Etats-Unis d'ici un an, au Printemps 2010. Les tendances lourdes nous paraissent en effet être déjà suffisamment affirmées pour qu'une telle anticipation ait du sens. Un exercice du même ordre sera bien entendu effectué pour l'Union européenne, la Russie et la Chine dans les prochains numéros de GEAB.


Graphique synthétique de l'évolution du sentiment d'inquiétude collective aux Etats-Unis (en bleu : sentiment d'un risque de crise grave ; en vert : sentiment de pouvoir d'achat; en rose : inquiétude sur l'emploi) - Source : Chart of Doom, 02/2009
Graphique synthétique de l'évolution du sentiment d'inquiétude collective aux Etats-Unis (en bleu : sentiment d'un risque de crise grave ; en vert : sentiment de pouvoir d'achat; en rose : inquiétude sur l'emploi) - Source : Chart of Doom, 02/2009
Dans un même souci de fiabilité des informations, l'équipe de LEAP/E2020, qui dès Décembre 2007, dans le GEAB N°20, avait mis en garde contre le risque immobilier en Europe centrale et orientale, a décidé d'analyser dans ce communiqué public du GEAB N°33 la réalité de la soi-disant « bombe bancaire est-européenne » qui a envahi les médias depuis environ un mois.

Si ce sujet nous paraît pertinent c'est qu'il représente selon nous une tentative délibérée de la part de Wall Street et de la City (2) de faire croire à une fracture de l'UE et d'instiller l'idée d'un risque « mortel » pesant sur la zone Euro, en relayant sans discontinuer de fausses informations sur le « risque bancaire venu d'Europe de l'Est » et en tentant de stigmatiser une zone Euro « frileuse » face aux mesures « volontaristes » américaines ou britanniques. L'un des objectifs est également de tenter de détourner l'attention internationale de l'aggravation des problèmes financiers à New-York et Londres, tout en affaiblissant la position européenne à la veille du sommet du G20.

L'idée est brillante : reprendre un thème déjà bien connu des opinions publiques, assurant ainsi une adhésion facile au nouveau contenu ; y intégrer une ou deux analogies frappantes pour assurer une large reprise dans les médias et sur l'Internet (faites « crise bancaire europe est » sur Google, le résultat est éloquent) ; puis utiliser le concours de quelques hommes et organisations liges influentes toujours disponibles pour un mensonge supplémentaire. Avec un tel cocktail, il est même possible de faire croire pour un temps que la guerre en Irak est un succès, que la crise des subprime n'affectera pas la sphère financière, que la crise financière n'affectera pas l'économie réelle, que la crise n'est pas vraiment grave, et que si elle est grave, tout est en fait sous contrôle !

Alors en ce qui nous concerne ici, le thème déjà bien connu, c'est la « séparation entre la « Vieille Europe » et la « Nouvelle Europe », entre une Europe riche et égoïste et une Europe pauvre et pleine d'espoir. De Rumsfeld pour l'Irak au Royaume-Uni pour l'élargissement, c'est une antienne qui a nous a été répétée sans discontinuité pendant dix ans par tous les médias anglo-saxons et affidés, et dont en particulier certains médias britanniques se sont faits une spécialité (3).

Les analogies sont ici au nombre de deux : l'Europe de l'Est, c'est « la crise des subprime de l'UE » (sous-entendu, chacun a forcément une crise de subprime chez soi (4)); et une crise en Europe de l'Est aura le même effet terrible que la Crise asiatique de 1997 (sûrement parce que tout ça se passe à l'Est (5)).

Et les relais disponibles sont nombreux. Tout d'abord, on trouve une agence de notation, en l'occurrence Moodys (6), qui comme ses congénères, est d'une part au service intégral de Wall Street, et d'autre part incapable de voir un éléphant dans un couloir (ils ont juste raté les subprimes, les CDS, Bear Stearn, Lehman Brothers, AIG, ….). Mais, mystérieusement, la presse financière continue à relayer leurs opinions, appliquant sûrement un principe plein d'humanité consistant à penser qu'un jour par simple hasard statistique ils finiront pas évaluer quelque chose correctement. Dans notre cas, l'écho fut unanime : Moodys avait identifié bien à l'avance une énorme « bombe » cachée dans l'arrière-cour de la zone Euro (car c'est bien de l'Euro qu'il s'agit ici) … qui ne manquerait pas de dévaster le système financier européen.

Ensuite, pour crédibiliser la chose, on utilise quelques médias viscéralement anti-Euro (comme le Telegraph par exemple, qui par ailleurs produit pourtant de très bonnes analyses sur la crise, mais que la chute de la Livre et de l'économie britannique a tendance à aveugler ces temps-ci en ce qui concerne la zone Euro) et on diffuse une information qu'on supprime ensuite (car elle est inexacte) pour lui donner le sel de l'interdit, du secret (7) qui dévoilerait un « tsunami financier » mondial en préparation notamment du fait des engagements des banques de la Vieille Europe dans le secteur financier de la Nouvelle Europe (8). On remue tout cela chaque jour via les principaux médias financiers américains et britanniques, sachant que les autres suivront par habitude. Et avec l'UE c'est tellement facile puisqu'il lui faut toujours un long moment pour comprendre et encore plus de temps pour réagir, avec l'inévitable dissension qui permet de faire rebondir la manipulation. Cette fois-ci, c'est le Premier Ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, qui joue le rôle du « pauvre petit nouvel Européen martyr ». Pour mémoire, les Hongrois tentent en vain de se débarrasser de lui depuis qu'il a involontairement avoué il y a 2 ans avoir menti à son peuple pour se faire réélire, en confirmant dans la foulée qu'il avait endetté son pays au-delà de toute limite raisonnable. Et c'est lui qui annonce des chiffres délirants pour un plan de sauvetage du système financier de l'Europe de l'Est, mettant à nouveau en position de « méchants » ou d' « inconscients » les vieux Européens. Le refus de ces derniers est mis en exergue par l'ensemble de la presse américaine et britannique, concluant bien entendu à l'inévitable échec de la solidarité européenne, … et minorant (ou oubliant même parfois) le fait que ce sont les Polonais ou les Tchèques qui ont été les plus virulents contre les exigences aberrantes du Premier Ministre hongrois (9). La tentative d'affaiblir la zone Euro et l'UE par l'Est peut donc se poursuivre. Il faut attendre les déclarations répétées des dirigeants de la zone Euro, l'annonce d'un plan de soutien financier substantiel (au regard des risques réels) et les communiqués musclés des dirigeants politiques et des banquiers centraux de la région pour que cette manipulation commence à perdre un peu de sa vigueur. Mais elle n'a toujours pas disparu, car le parallèle est maintenu dans les médias mentionnés entre crise des subprime et crise de l'immobilier en Europe de l'Est; comme si la Hongrie équivalait à la Californie, ou la Lettonie à la Floride.

Car là est bien le noeud du problème : la taille a de l'importance en matière économique et financière, et ce n'est pas la queue qui fait bouger le chien, comme certains voudraient visiblement le faire croire.

Si dès Décembre 2007, à un moment où nos « experts actuels en crise d'Europe de l'Est » n'avaient pas la moindre idée du problème, LEAP/E2020 avait souligné le risque immobilier important pesant sur les pays européens concernés (Lettonie, Hongrie, Roumanie,...) et bien entendu leurs créditeurs (Autriche, suisse en particulier), il était tout aussi évident pour notre équipe que c'était un problème très limité aux pays concernés. Il y a bien des problèmes à venir pour ces opérateurs et ces pays, mais ils ne sont pas plus grave que la moyenne des problèmes du système financier mondial ; et sans aucune mesure avec les problèmes des places financières de New-York, Londres ou de Suisse. Rappelons-nous que la banque la plus citée comme « détonateur » de cette « bombe est-européenne », à savoir la banque autrichienne Raiffeisen, a réalisé un profit en hausse de 17% en 2008 ; une performance au-delà des espoirs les plus fous de la plupart des banques américaines ou britanniques comme le fait remarquer fort justement William Gamble, l'un des rares analystes s'être intéressé à la réalité de la situation (10).


PIB de l'Union Européenne, de la zone Euro et des Etats-Membres - Source : Eurostat, 2008
PIB de l'Union Européenne, de la zone Euro et des Etats-Membres - Source : Eurostat, 2008
Pour ceux qui connaissent mal la géographie de l'UE, le titre « la Hongrie en banqueroute » ou « la Lettonie en banqueroute » peut paraître tout-à-fait comparable à « la Californie en banqueroute ». Pour ceux qui perdent leur travail à cause de ces faillites, c'est en effet un problème identique. Mais en terme d'impact plus large, il n'y a aucun rapport entre les deux. Ainsi, la Californie, durement frappée par la crise des subprimes, est l'état le plus peuplé et le plus riche des Etats-Unis alors que la Lettonie est un pays pauvre avec une population égale à moins de 1% de celle de l'UE (contre 12% de la population US pour la Californie (11)). Le PIB de la Hongrie représente à peine 1,1% du PIB de la zone Euro (pour la Lettonie ce chiffre est de 0,2%) (12) : soit une proportion comparable à celle de l'Oklahoma (1% du PIB des Etats-Unis (13)), pas à celle de la Floride. On est donc loin d'une Europe de l'Est porteuse d'une crise des subprime à l'européenne. L'ensemble des nouveaux Etats membres de l'UE pèse moins de 10% du PIB de l'UE (et parmi ceux-là, les plus riches ou les plus gros comme la Tchéquie ou la Pologne ne sont quasiment pas affectés). La somme en jeu, pour le système financier européen, se situe dans le pire des cas autour de 100 Milliards EUR (130 milliards USD) (14), soit une somme très modique à l'échelle du système financier de l'UE (15). D'ailleurs, l'UE a pris la tête d'un consortium injectant déjà près de 25 Milliards € (soit 20% du scénario le plus grave) pour stabiliser la situation (16), dont la récente baisse du Franc suisse diminue encore la gravité.

Et, last but not least, en Europe de l'Est, l'immobilier récent gardera une valeur importante (même si plus faible qu'en 2007/2008) car, après 50 ans de communisme, il y a une pénurie d'immeubles modernes. Alors qu'aux Etats-Unis, les maisons construites pendant le boum immobilier de ces dernières années sont des constructions en surnombre, d'une qualité très variable et qui déjà sont en train de se dégrader dans les états les plus touchés. Il y a là une vraie destruction de richesse pour les propriétaires, l'économie, les créditeurs et les banques.

La complexité de cette crise impose d'être très vigilant pour identifier les tendances et les facteurs qui sont réellement porteurs de graves dangers et ne pas se laisser abuser par les rumeurs ou les fausses informations.

Nous espérons donc que cette explication détaillée permettra non seulement de tordre le cou au mensonge orchestré autour de la soi-disant « bombe financière » d'Europe de l'Est (17) ; et qu'elle servira d'exemple pour permettre à chacun de « briser les apparences » et d'aller chercher « derrière le miroir » des médias financiers dominants les éléments factuels qui seuls permettent de se faire une idée précise.

Si le sommet du G20 de Londres ne parvient pas à éviter l'entrée dans la phase de dislocation géopolitique mondiale, ces opérations de manipulation et de déstabilisation vont se multiplier, chaque bloc cherchant à discréditer son adversaire, comme dans tout jeu à somme nulle (18) : ce qu'il perd, je le gagne.


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Notes:

(1) Voir GEAB N°32

(2) Relayés par tout ce que ces deux places comptent de médias et experts financiers, dont la plupart n'avait même pas idée du problème immobilier/financier de certains pays d'Europe de l'Est quand LEAP/E2020 l'analysait en décembre 2007.

(3) Nulle surprise donc à ce que Marketwatch reprenne dans un article sur le sujet les accusations à leur propos de la Banque Centrale tchèque. Source : Marketwatch}, 09/03/2009.

(4) Ce qui est pourtant faux. Aucun autre pays, à part les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne connaît une telle convergence de facteurs catastrophiques.

(5) Alors que les pays d'Europe centrale et orientale touchés (Hongrie, pays baltes, Bulgarie, Roumanie) sont totalement marginaux dans l'économie mondiale, les pays d4asie du Sud-Est étaient des acteurs-clés de la globalisation des années 1990.

(6) Source : Reuters, 17/02/2009

(7) Et qui fait que même les sites avisés sont incertains sur l'attitude à avoir vis-à-vis de cette « information », entretenant donc la crédibilité de l' «information »., comme par exemple c'est le cas de Gary North, le 19/02/2009, sur le site LewRockwell.com.

(8) Source : Telegraph, 15/02/2009

(9) Source: EasyBourse, 01/03/2009

(10) Source : SeekingAlpha, 26/02/2009

(11) Source : Statistiques 2007, US Census Bureau.

(12) Source : Statistiques 2008, Eurostat. Et les pays baltes sont « couvés » par les pays scandinaves, en particulier par la Suède qui prend grand soin à éviter une spirale incontrôlable dans la région. Source : International Herald Tribune, 12/03/2009

(13) Source : Statistiques 2008, Bureau of Economic Analysis, US Department of Commerce.

(14) Source : Baltic Course, 05/03/2009

(15) Et ridicule au regard des centaines de milliards que n'arrêtent pas d'injecter dans leurs banques de manière répétée les gouvernements américain et britannique.

(16) Source : Banque Européenne d'Investissement, 27/02/2009

(17) Et nous ne nous attardons pas ici sur l'amalgame fait avec l'Ukraine (amalgame auquel Nouriel Roubini, pourtant généralement plus avisé, a également prêté son concours – source : Forbes, 26/02/2009), qui non seulement n'appartient pas à l'UE, mais en plus est un pion de Washington et Londres depuis la « révolution orange ». L'actuel effondrement de l'Ukraine, s'il peut poser problème à l'UE comme tout facteur d'instabilité à ses frontières, illustre surtout l' « effondrement du Mur Dollar » au détriment des positions américaines car c'est la Russie qui va y retrouver son influence. Au moment où à Wall Street et à la City, les grandes banques s'effondrent ou sont nationalisées, on a vraiment assisté avec cette manipulation à faire cacher la forêt américano-britannique par l'arbre est-européen. Certains s'y sont certainement laissé prendre en toute honnêteté d'ailleurs car l'histoire était si crédible : « "si non è vero è bello" » comme disent les Italiens.

(18) Ce que deviendra le monde à partir de la fin 2009 si un nouveau jeu n'est pas lancé d'ici l'été prochain.

12/03/2009

Les réformes ratées de Nicolas Sarkozy

Les réformes ratées de Nicolas Sarkozy

Le livre des économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg dénonce des réformes «néfastes» qui obtiennent l'effet contraire du but recherché.

En juillet dernier, lors des rencontres du Cercle des économistes à Aix-en-Provence, Pierre Cahuc, professeur à Polytechnique, m'avait gentiment reproché, comme journaliste, de ne pas mener assez loin les critiques des réformes conduites par Nicolas Sarkozy. J'avais répondu qu'il me semblait, comme à beaucoup, que les réformes n'étaient, certes, faites «qu'à moitié» mais que «ce n'était déjà pas si mal dans ce pays de l'immobilisme». Pierre Cahuc a poursuivi: «Il faut voir les décrets d'application, les détails, les mises en place sur le terrain», pour voir que les réformes ne sont pas du tout faites «à moitié»: «ce sont de fausses réformes». Ce à quoi j'avais répondu, non sans un peu de mauvaise conscience d'ailleurs, que «je n'avais pas les moyens d'aller examiner les détails techniques mais que c'était aux économistes, comme lui, de faire ce travail».

9782081220096.jpgVoilà. Pierre Cahuc a, depuis, fait ce travail, avec son complice habituel André Zylberberg, directeur de recherche au CNRS. lls viennent de publier «Les réformes ratées du président Sarkozy» chez Flammarion. Et leur conclusion est plus impitoyable encore pour les réformes de Nicolas Sarkozy: elles ne sont pas simplement «fausses» ces réformes, elles sont «néfastes» au sens où elles aboutissent à des résultats contraires à l'objectif souhaité. Au lieu de résoudre les graves problèmes structurels qui handicapent le pays (un taux de chômage très élevé malgré des prélèvements obligatoires records),  les-dites réformes les accroissent. Elles consolident les ayant-droits, les seniors, les emplois stables, les syndicats installés, les grandes surfaces, etc. alors que la précarité et les difficultés s'abattent toujours sur les mêmes: jeunes, femmes, exclus...

Le livre est impressionnant. Il était, en effet, instructif d'aller dans les détails, comme me demandait Pierre Cahuc. On sort convaincu de la lecture qu'il s'agit d'un vaste problème de méthode: Nicolas Sarkozy veut prendre de vitesse les opposants en les «étouffant» de plusieurs réformes menées à la fois et tambour battant et, en parallèle, en acceptant sur chacune d'elles des «généreuses conciliations» au motif qu'elles ne remettent pas en cause le bénéfice général. Cahuc et Zylberberg montrent que le résultat est inverse: le bénéfice général est maigre, voire inexistant, mais en revanche les conciliations confortent bigrement des catégories dont on voulait réduire les avantages.

affiche.pngEn prologue, les auteurs reprennent l'épisode éclairant de la carte famille nombreuse de la SNCF. Les avantages accordés en France aux familles nombreuses quelque soit leur revenu sont dans l'ensemble injustes et inefficaces. C'est le cas des tarifs SNCF. Des fonctionnaires de Bercy veulent s'y attaquer et supprimer cette «carte famille nombreuse», dans le cadre de la fameuse RGPP (Révision générale des politiques publiques). Dès que le bruit en court, les associations se mobilisent. Sarkozy recule immédiatement et il en rajoute en demandant qu'on prenne en compte «des situations familiales» jusque-là oubliées. A la fin, un nombre plus élevé de personnes qui pourront bénéficier de cette carte famille nombreuse. Les auteurs concluent: «Partant d'un objectif de réduction des dépenses publiques, on aboutit finalement à des dépenses supplémentaires!».

La réforme des régimes spéciaux de retraite est de la même eau. L'idée est de faire d'introduire de la justice et de faire des économies en alignant les conditions de retraites des salariés des services publics (EDF, RATP...) sur les autres, réforme qui a déjà avorté en 1995. Un accord est conclu avec les syndicats et en affichage la durée de cotisation est rallongée. Mais, en contrepartie, des primes et avantages sont «intégrés» dans les salaires ce qui augmentera les pensions. De combien? «C'est un secret d'Etat», déplorent les auteurs qui concluent, différents rapports du Sénat à l'appui, que cette réforme allait finalement coûter au contribuable.

Les auteurs passent ensuite en revue de détail les réformes des taxis, de la représentation syndicale, des grandes surfaces, du RSA et des 35 heures. La conclusion est la même: «L'essentiel est de produire l'apparence du changement».

gors-conflit.jpgPour Cahuc et Zylberberg, c'est la méthode du président de la République qui est en cause. Le chef de l'Etat estime que la France est un pays irréformable par la force, il refuse d'être Thatcher. «Les réformes doivent être accompagnées d'une recherche constante de consensus». Le chef de l'Etat ouvre ainsi des négociations avec les syndicats et leur renvoie la balle: à vous en somme «de vous auto-réformer». Or, selon les auteurs, cela ne marche pas. Les syndicats ne font que servir les intérêts de ceux qu'ils représentent: la fonction publique en majorité, et les emplois stables des grands groupes privés. Négocier avec eux, c'est conforter ces catégories.

Tirant les leçons des expériences étrangères, ils citent plusieurs études internationales qui prouvent que les réformes structurelles n'avancent pas dans les pays faiblement démocratiques où la crédibilité des acteurs est mince et la transparence absente. La France, selon les critères de gouvernance de ces mêmes études internationales, est très mal classée. Pour faire avancer les réformes, il faut donc, en préalable, réviser la gouvernance institutionnelle française, en clair la représentation salariale et la représentation politique dans les Assemblées. Pas de réformes sociales avec des syndicats qui ne représentent que 8% des salariés, pas de réformes économiques dans une Assemblée chasse-gardée des lobbies.

Ces conclusions du primat institutionnel sont très fortes. On objectera que d'autres réformes ont été engagées qui ne sont pas examinées dans le livre: l'université, la carte judiciaire, etc. On demandera aussi avec qui négocier si on refuse de négocier avec les syndicats actuels? Faut-il passer en force? N'y a-t-il rien entre l'immobilisme et Thatcher? Reste que les auteurs marquent des points. Nicolas Sarkozy, soutenu par son énergie, a des apparences, il manque de résultats.

Eric Le Boucher

Et si on changeait tout...

Et si on changeait tout...

Mois après mois, Alternatives Economiques décrit et explique la crise. Mais cela ne nous empêche pas de réfléchir à ce qui pourrait, ce qui devrait changer. Au-delà de ses conséquences parfois dramatiques et des réponses immédiates à trouver, cette crise doit être l'occasion de rompre avec les évidences d'hier.

Non, nous ne sommes pas condamnés à voir les inégalités s'accroître. Non, la mondialisation libérale n'est pas la seule possible. Oui, on peut aller vers un autre mode de vie, plus respectueux de l'environnement et des personnes. Les mesures proposées dans ce dossier n'ont rien de révolutionnaire. Elles sont toutes compatibles avec le capitalisme. Mais, ensemble, elles changeraient profondément la donne et permettraient de remettre l'économie au service de la société.

Philippe Frémeaux, Sandra Moatti

 


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