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26/04/2009

Etre en marge, ou ceux qui inventent leur propre modèle

Etre en marge, ou ceux qui inventent leur propre modèle

guideJuridiqueSCOP_1_gf_travail.jpgQu'est-ce qu'une Scop ? voici une petite définition, pour ceux qui, comme moi avait oublier l'existence de ce statut, ou ne connaisse pas du tout ce type d'entreprise.

" La scop, définition
Les Sociétés Coopératives de Production - SCOP - sont des sociétés commerciales. Elles vivent et se développent dans le secteur concurrentiel classique. Leur originalité : les salariés sont les actionnaires majoritaires de leur entreprise. Ensemble, et chacun avec un poids égal, les salariés associés ou actionnaires décident des grandes orientations et élisent les dirigeants qui vont piloter leur entreprise. Entreprendre en SCOP, c'est entreprendre ensemble, autrement. C'est privilégier un fonctionnement participatif en interne et pouvoir se développer dans un réseau de solidarités . C’est aussi bénéficier des services apportés par l'Union Régionale et les fédérations professionnelles, ainsi que des outils de financement propres au Mouvement des SCOP. Les principes qui fondent les coopératives sont apparus au XIXème siècle. Ils conservent aujourd'hui une grande modernité : mutualisation des moyens, fonctionnement démocratique, accession à la responsabilité et à l'initiative économique. En un mot : mettre les hommes et les femmes au coeur de l'entreprise."

C'est rafraîchissant non !? et surtout idéale pour avoir une economie réelle en developpement continue, qui ne risque pas d'etre ecrasé par les marchés spéculatifs boursiers. Enfin bref, un statut qui ne connait pas la crise!

Monté Cristo

4scop_lentrepreneur_01-02-2008-1.jpgPourquoi ça marche. Evidemment elles ne s’affichent pas à la une des journaux économiques. Elles vivent souvent cachées. A l’abri des soubresauts des marchés. Elles refusent d’aller en Bourse. Ne pratiquent ni bonus, ni stock-options. Beaucoup d’entre elles vivent en Scop (1), comme le réseau Biocoop ou la société de noms de domaine Gandi.net. Alors fatalement, la crise financière mondiale leur passe un peu au-dessus de la tête. Désuètes hier, totalement fashion aujourd’hui.

La preuve : Ardelaine. Dans le maelström de la crise, il y a les entreprises emportées par le courant, celles qui résistent, et celles qui ne sont pas sur la trajectoire de la catastrophe. C’est le cas d’Ardelaine, une Scop devenue un modèle d’entreprise alternative. Chez Ardelaine, on vend des vêtements, des matelas, des couettes… à des milliers de petits clients depuis plus de vingt ans. L’année 2008 a été plutôt bonne si bien que le dernier salon de l’année, à Paris, a surpris l’équipe. «On a eu des ventes supérieures aux années précédentes», explique Gérard Barras un des fondateurs d’Ardelaine. Serein, ce coopérateur ne sent pas du tout la crise : «Nous vendons un produit dans l’air du temps, c’est-à-dire sans chimie, équitable… et au fil des années, nous avons fidélisé nos clients. En fait, nous avons créé une entreprise basée sur la résilience.» Il s’étonne que tout le monde s’étonne de la violence de cette crise. «Il y a pas mal de temps qu’on sait que ça n’allait pas durer éternellement.» D’après lui, la crise prouve qu’«une croissance inflationniste fragilise les hommes». Et il pense que ce n’est pas plus mal que les gens fassent désormais attention à leur consommation.

arton303-8a933.jpgSpécificité de la Scop, personne ne peut racheter Ardelaine. Le capital majoritaire est détenu par ceux qui travaillent. «C’est un point fondamental parce qu’aujourd’hui les multinationales ou les industries se constituent via les rachats. Nous, nos réserves sont impartageables», explique Gérard Barras. En grand défenseur du small is beautiful, il cite un proverbe africain qui résume sa vision de l’économie actuelle : «Que les éléphants se battent ou qu’ils fassent l’amour, ce n’est pas le pied pour les fourmis.» Etre trop grands, c’est la phobie des coopérateurs d’Ardelaine. D’ailleurs, la Scop ardéchoise et sa trentaine de salariés est auteure d’un fait d’armes assez inhabituel : elle a refusé deux marchés au Japon dans le passé qui l’auraient obligée à changer d’échelle. La Scop affiche 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires. Et les contrats japonais auraient permis d’atteindre 2 millions d’euros en deux ans. Soit 25 % en plus. Après tergiversations, le couperet des coopérateurs est tombé. Et les Japonais ont remballé leurs commandes. «Confier 25 % de notre CA à un seul commanditaire nous aurait trop fragilisés», explique Gérard Barras. Attention, les salariés-coopérateurs d’Ardelaine ne prônent pas pour autant la décroissance, mais visent une croissance maîtrisée qui permet de «garder les pieds sur terre».

scop.jpgCréée en 1982, cette Scop a fait le pari de développer localement - en Ardèche et Haute-Loire - la filière «laine». Elle a, depuis, tissé un joli canevas de réussites : humaine, culturelle, financière et territoriale… Dès le début, les sociétaires-salariés tondent et collectent la laine chez les éleveurs. C’est aujourd’hui 50 000 moutons tondus par an chez 300 éleveurs d’Ardèche et de Haute-Loire. La Scop Ardelaine a même créé une sorte de monnaie interne qui la lie à ses éleveurs. Lorsqu’un éleveur signe un contrat avec Ardelaine, sa laine est vendue environ deux fois plus cher. Depuis les années 90, un accord d’intéressement est en vigueur : dès que le résultat est supérieur à 5 % du chiffre d’affaires, l’argent est équitablement réparti entre les salariés-coopérateurs.

scop_region.jpgArdelaine a aussi développé une stratégie originale en matière de ressources humaines. Du travail avec les éleveurs à la vente sur les salons, la petite entreprise abrite une vingtaine de métiers. Et chaque nouvel embauché fait le tour de tous les postes. «En arrivant, on est un ouvrier polyvalent, explique Gérard Barras. Ce qui fait notre force, c’est que nous ne sommes pas spécialisés». Alors chez Ardelaine, on «débunkerise» les tâches. Et que fait le tondeur de moutons une fois le cycle de tonte du printemps dépassé ? Il devient guide pour le musée qui a été créé par la Scop. Simple.

LAURE NOUALHAT

à lire aussi :

http://ecoloinfo.com/2009/03/13/l-entreprise-autrement-le...

http://www.scop.org/lavieframesa.htm

http://www.cne-elec.fr/presentation008.php

http://www.scop.coop/P193_FR.htm

http://www.scopbtp.org/html/actualites/4scop_lentrepreneu...

21:28 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : entrepreneur, scop

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