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12/03/2009

CAC40 dans les paradis fiscaux

Le CAC 40 est au paradis... fiscal!

Des Bermudes à la Suisse en passant par Panama, toutes les grandes entreprises françaises possèdent des filiales dans des paradis fiscaux. C'est ce que révèle une enquête du magazine Alternatives Économiques sur la présence du CAC 40 dans les centres financiers «offshore».



La Place de la Bourse à Paris (photo : Panoramas - Flickr - cc)
La Place de la Bourse à Paris (photo : Panoramas - Flickr - cc)

Alors que les paradis fiscaux sont de plus en plus montrés du doigt et constituent un sujet clé des discussions du G20 sur la régulation du capitalisme, l'enquête menée par Alternatives Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis fiscaux ». Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d'une trentaine de territoires, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et... le Royaume-Uni.

Enquête exclusive : la présence des entreprises du CAC40 dans les paradis fiscaux

Des Bermudes à la Suisse en passant par Panama, toutes les grandes entreprises françaises possèdent des filiales dans les paradis fiscaux. C'est ce que révèle notre enquête sur la présence des entreprises du CAC40 dans les centres financiers « offshore ».

Voir le tableau complet : les sociétés du CAC40 implantées dans les paradis fiscaux.

Retrouvez notre enquête complète, avec l'analyse détaillée de la présence des banques françaises et anglo-saxonnes dans les paradis fiscaux, dans le prochain numéro d'Alternatives Economiques (en kiosque début avril).

A lire aussi : le dossier documentaire sur le paradis fiscaux.

Alors que les paradis fiscaux sont de plus en plus montrés du doigt et constituent un sujet clé des discussions du G20 sur la régulation du capitalisme, l'enquête menée par Alternatives Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis fiscaux » [1] . Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d'une trentaine de territoires, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et... le Royaume-Uni.

Le secteur financier se révèle être le plus engagé dans les paradis fiscaux. BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale disposent de 361 entités offshore. Si l'on y ajoute les Banques populaires, Dexia et la Banque postale (présente au Luxembourg), on atteint un total de 467 entreprises. Ce qui représente, en moyenne, 16 % des entreprises de ces six groupes. Les banques françaises s'installent dans les centres financiers offshore pour faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées, gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales qui pratiquent « l'optimisation fiscale ».

Mais notre enquête montre aussi que toutes les banques françaises ne font pas appel aux paradis fiscaux avec la même ampleur. BNP Paribas est, de loin, le plus mauvais élève du secteur et du CAC 40. Pourquoi cette banque a-t-elle besoin d'une présence plus de trois fois plus importante que la Société générale dans ces territoires douteux ? En dépit de contacts téléphoniques répétés, il ne nous a pas été possible d'obtenir de justifications. Une banque du secteur mutualiste comme les Banques populaires ne se distingue pas des autres : elle est même présente dans les îles Caïmans, à Malte et à Panama, dont la réputation est plus que sulfureuse.

BANQUES : UN APPETIT VARIE POUR LES PARADIS FISCAUX

Source : Alternatives Economiques, documents de référence des entreprises concernées 2007 ou 2008

Au-delà du secteur bancaire, notre enquête révèle que toutes les multinationales françaises sont implantées dans les paradis fiscaux. Les plus mauvais élèves étant (en valeur absolu comme en pourcentage) LVMH, Schneider, PPR, France Télécom, Danone, Pernod et Capgémini. Les entreprises françaises suivent la voie de leurs concurrentes : à partir des données de la Cnuced, on peut montrer qu'un tiers du stock d'investissements à l'étranger des multinationales se situe dans les paradis fiscaux.

Les principaux paradis fiscaux

Sept territoires offshore concentrent à eux seuls 90 % de la présence française : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, Singapour, l'Irlande et Hongkong. La City de Londres confirme sa première place en la matière. Certes, toutes les entreprises françaises, y compris les banques, qui sont présentes à Londres ne le sont pas uniquement pour bénéficier des activités parasites de la finance britannique. Mais le fait d'avoir 13 filiales pour EADS, 21 pour Peugeot (8 seulement pour Renault) ou encore 43 pour Schneider ne s'explique pas uniquement par la nécessité d'être présent sur le marché britannique. Créer une société écran à la City coûte aujourd'hui environ 250 euros. C'est aussi ce genre de services que viennent y chercher les multinationales de tous les pays pour y minimiser leurs impôts, gérer une partie des revenus de leurs dirigeants, etc.

 

LES ENTREPRISES FRANÇAISES DANS LES PARADIS FISCAUX

Nombre de filiales dans les paradis fiscaux

En % du nombre total de sociétés dans le groupe

BNP Paribas

189

23

LVMH

140

24

Schneider

131

22

Crédit agricole

115

19

PPR

97

17

Banque populaire

90

9

France Telecom

63

24

Société générale

57

17

Lagardère

55

11

Danone

47

23

EADS

46

19

Peugeot

39

11

Carrefour

32

6

Pernod

32

24

Capgemini

31

24

Unibail

31

20

Axa

28

22

Michelin

27

18

Air liquide

22

8

Essilor

22

10

L'Oréal

22

9

Bouygues

18

18

Sanofi Aventis

18

14

Renault

16

11

Dexia

15

33

Accor

11

11

Lafarge

11

12

Saint-Gobain

11

14

GDF Suez

9

13

EDF

8

12

Veolia

8

7

Alstom

6

15

Alcaltel Lucent

5

14

Vallourec

5

8

Suez environnement

4

10

Vivendi

4

11

Auchan

3

5

Arcelor Mittal

1

13

Banque postale

1

6

Total

1 470

16

Source : Alternatives Economiques, à partir des documents de référence 2007 ou 2008

Pour aller plus loin : le dossier documentaire sur le paradis fiscaux.

Christian Chavagneux et Marie-Salomé Rinuy

 


11 Mars 2009

Notes

(1)
Périmètre de l'étude : les entreprises du CAC 40 moins Air France-KLM, STMicroelectronics, Total et Vinci, pour lesquelles les informations ne sont pas disponibles. Inclus Auchan, Banques populaires (avant la fusion avec les Caisses d'épargne pour lesquelles les données ne sont pas disponibles) et la Banque postale. Les données BNP Paribas n'intègrent pas la banque Fortis.

Dépréciation d’actifs

Dépréciation d’actifs : le pire est à venir

fmi_sigle.jpgLe FMI estimait fin janvier que les pertes sur les actifs détenus par les banques américaines dépassaient les 2000 milliards de dollars. Au vu des dernières informations, ces pertes pourraient se révéler deux fois plus importantes, compte tenu de la mécanique infernale entre dépréciations d’actifs financiers, dégradation de la conjoncture économique, et implosion des produits structurés hérités de la période de la bulle. Chronique d’une catastrophe annoncée.

L’agence de notation Standard & Poor’s vient de mettre sous surveillance négative l’équivalent de plus de 550 milliard de dollars d’actifs financiers adossés à des crédits hypothécaires américains, appelés Alt-A. Cette catégorie de crédits hypothécaires est intermédiaire entre les crédits subprime, les plus risqués, et les crédit, prime, qui constituent l’essentiel des crédits immobiliers accordés aux ménages solvables.

Cette décision pourrait déboucher rapidement sur une dégradation de la notation de ces actifs, en raison de la chute continue des prix immobiliers aux Etats-Unis. Il y a un mois, S&P avait déjà remis sous surveillance négative l’équivalent de 427 milliard de dollars d’actifs adossés à des crédits subprime, dont la notation avait été fortement dégradée. Au total c’est donc près de 1000 milliards de dollars d’actifs supplémentaires adossés à des crédits hypothécaires qui pourraient être dégradés très prochainement, ajoutant de nouvelles pertes aux bilans des grandes banques américaines et européennes.

Mais on est encore loin du compte, et le pire est à venir.

Avec l’entrée plus que probable de l’économie mondiale en récession en 2009 - du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale ! - , les défauts de paiement vont commencer à se multiplier sur tous les types de crédit accordés aux particuliers et aux entreprises. Les banquiers qui avaient "poussé à la consommation" de crédits pendant les années fastes, pour gonfler leurs bonus de fin d’année, vont se retrouver "collés" avec des montagnes de créances défaillantes.

 

cds-par-pays-16-02-09.jpg
Toutes les structures complexes à fort effet de levier, montées dans l’euphorie et la précipitation, les ABS (Asset Backed Securities), les CDO (Collateralized Debt Obligations), les CLO (Collateralized Loans Obligations) et autres CPDO (Constant Proportion Debt Obligations), sont entraînées dans un cycle infernal de dépréciation, à mesure que les actifs sous-jacents à ces structures (crédits hypothécaires, cartes de crédit, prêts étudiants, dette LBO, crédits syndiqués, etc) sont touchés par la crise.

Les pertes sur ces structures sont, en outre, amplifiées par le phénomène du "tranchage" qui concentre les risques dans les tranches les plus mal notées, et par un phénomène non anticipé de "recorrélation" entre les différentes tranches, qui dégrade l’ensemble de la structure dès lors qu’une partie est atteinte. C’est l’équivalent financier du phénomène de "résonance" qui provoque la destruction spéctaculaire de certains ouvrages d’art (ponts, tunnels), suite à une répétition de petits chocs ponctuels. La résonance atteint aujourd’hui l’ensemble du système financier.

CDS_5_b.jpgAjoutez à cela que ces structures complexes ont été, en partie, acquises par des investisseurs (hedge funds notamment) qui se sont fortement endettés pour accroître leur gain potentiel, et vous avez une idée de la réaction en chaîne qui s’enclenche : dépréciations des actifs, pertes multipliées par l’effet de levier, ventes forcées en catastrophe sur un marché illiquide, nouvelles dépréciations d’actifs, et ainsi de suite. Les caisses de retraite qui avaient aussi investi dans ces actifs - réputés sans risque -, font alors jouer des assurances - appelées CDS (Credit Default Swaps) - contractées auprès de grandes sociétés comme AIG, elles mêmes en pleine déroute aujourd’hui. L’effet domino s’enclenche. Comme dans une tragédie antique, les différents protagonistes accélèrent leur chute collective en essayant d’y échapper individuellement.

Fin janvier 2009, le FMI estimait dans une note que les actifs compromis détenus par les banques américaines dépassaient les 2000 milliards de dollars, après avoir annoncé un premier chiffre de 1200 milliards de dollars en octobre 2008. Au vu des dernières nouvelles sur le front macroéconomique et sur le front financier, le FMI pourrait très rapidement revoir sa copie. D’ici la fin de l’année, les dépréciations d’actifs liés à des crédits compromis pourraient atteindre 3000 à 4000 milliards de dollars, rien qu’aux Etats-Unis. Un chiffre à méditer, surtout quand on sait que c’est le contribuable qui paiera la note finale.

A Kateb

11/03/2009

Stiglitz commente la crise

Point de vue d'un prix nobel de l'economie

ENTRETIEN DE F24 : Rafaël Kahane reçoit Joseph Stiglitz. Le Prix Nobel d’Economie donne une explication à l’ampleur de la crise économique et livre ses critiques sur les mesures de relance mises en place par les gouvernement dans le monde.

 

 

15:40 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stiglitz, davos, crise

"Mettre fin aux enfers fiscaux"

Point de vue philosophique de la situation

Entretien avec Patrick Viveret, philosophe, lors des 5e assises du développement durable à Lyon, au cours desquelles il a lancé une pétition contre les paradis fiscaux, qu’il propose de rebaptiser "enfers fiscaux".

 

 

Sortir de la banqueroute de l'ordre néo-libéral

Voici un autre commentaire et analyse de Mr Jacques Cheminade, où il explique trés bien le processus de cette escroquerie internationale, du système financier néo-liberal, dans lequel nous vivons.Pour reprendre les termes de Mr Cheminade, la faillite, la destruction de ce système se trouvaient déjà dans ses gènes. Ce qui veut bien dire, que cela etait parfaitement previsible, comme il tente pourtant de le dénoncer depuis les années 90.

Pour ma part, je pense qu'il faut punir les responsables de la mise en place de ce systeme,(financiers,et politiques) comme Greenspan, Reagan, Milken, Madoff, Tatcher, Bernanke, Trichet...pour crime contre l'humanité. Mieux que de vulgaire dictateur de certain pays africains où il y a eu des génocides, eux sont responsables du tres proche effondrement de la civilisation moderne,........de la fin d'un monde! Le terme crime contre l'humanité me semble donc trés approprié, non !? Qu'en pensez-vous?!

 

 

La crise d’aujourd’hui, un exemple d’une crise systémique du capitalisme

Voici un point de vue politique

La crise actuelle est une des conséquences de la crise sociale que nous connaissions avant. C’est une conséquence d’une volonté politique.

Titrisation, effet levier, bulle spéculative... des termes que l’on entend tous les jours. Voici une petite vidéo de vulgarisation.

 

 

L’économie du bonheur

Point de vue sociologique de ce systeme economique

Voici une vidéo qui a plus de 10 ans montrant Monsieur Bourdieu (un des plus grands sociologues Français de l’après guerre) prédisant la crise. Dans un contexte ou tous les hommes politiques et médiatiques nous font croire que cette crise est soudaine et inattendue, cette vidéo prend tout son sens. A vous de juger...

 

 

10/03/2009

L'An 01 d'un nouveau monde

087.jpgBeaucoup en conviendront, c’est une très bonne nouvelle que l’ancien monde s’écroule. Il n’y a pas à se lamenter sur son sort mais à s’impatienter plutôt d’un effondrement d’une insupportable lenteur. Même si on doit en passer par des moments difficiles, ce qu’on nous présente comme de très mauvaises nouvelles, sont pour nous un retour plus que salutaire à la réalité, à la prise de conscience collective et la chance de créer une nouvelle civilisation qui soit fonder sur une base plus humaine et moins matérielle. Au moment du plus grand danger et malgré toutes les menaces qui s’amoncellent, on peut retrouver paradoxalement un optimisme perdu depuis bien longtemps, la Guadeloupe n’étant que la première de nos victoires dans la reconquête de tous nos droits et la réappropriation de la démocratie par ses citoyens.

Il ne faut plus en douter, c’est un avenir radieux qui s’ouvre devant nous, nous sommes dans l’An 01 d’une ère nouvelle avec tout à construire, tout à inventer, ce qui ne veut pas dire faire n’importe quoi et donner libre cours à tous les fantasmes mais, tout au contraire, pour répondre aux défis qui nous sont lancés, il nous faudra tenir compte de toutes les contraintes écologiques, économiques, techniques, sociales, philosophique, psychologique, ainsi que de tous nos défauts, individuels et collectifs, de notre nature double et fragile, de notre besoin d’autonomie comme de solidarité. Mais pour cela la révolution devra d'abord commencer en nous meme et en chacun de nous.

Après avoir tenté de donner un programme minimal susceptible d’unir les revendications sociales, il est temps d’esquisser dès maintenant ce que pourrait être l’étape suivante, pas si éloignée, un programme maximum si l’on veut, afin d’en éprouver les limites et sortir des visions religieuses, idéologiques, culturelles ou émotionnelles de la politique au profit d’un projet concret, d’une nouvelle organisation économique et sociale au service de l’épanouissement humain.

 

Pour se représenter la vie dans ce monde nouveau, il faut planter le décor d’une économie relocalisée en grande partie (pas complètement) et tournée vers les services et l’immatériel avec un retour de l’artisanat et des petits producteurs biologiques locaux.

1101802048_small.jpgIl ne faut pas s’imaginer qu’il n’y aura plus d’industrie ni de capitalisme. Il y aura même des industries comme le textile rapatriées, une fois la Chine tournée vers son marché intérieur et engagée vers la hausse des salaires. Simplement l’industrie ne représentera plus qu’une part minime de l’activité avec des usines très automatisées et une part de plus en plus importante d’objets seront produits localement par des imprimantes 3D ou des petits ateliers numériques reproduisant sur place des articles commandés aussi bien que des créations originales (qu’on les appelle "micro-usines personnalisées" ou fabbers ou digital fabricator). De quoi réduire la part de l’industrie et les transports même s’il faudra toujours s’approvisionner en matières premières et que l’industrie restera compétitive dans les productions de masse.

L’agriculture devrait reprendre un peu plus de place, y compris en ville (sur les toits et entre les tours), avec de nombreux petits agriculteurs fournissant les marchés de proximité mais aussi avec le développement des jardins individuels.

Le petit artisanat sera encouragé mais l’essentiel de l’activité concernera la santé, l’éducation, la formation, la culture, l’information, l’informatique, le divertissement, la restauration, le tourisme, etc. L’informatique se distingue des services par son caractère immatériel et sa capacité à se multiplier alors que dans les services, les personnels ne peuvent se dédoubler. En tout cas, on est là dans une économie plus écologique et humaine dont la croissance n’augmente pas forcément la consommation matérielle, on peut y veiller. Cela ne supprime pas pour autant la production industrielle qu’il faut réduire, la décroissance étant ici inévitable alors qu’elle ne concerne pas la consommation de musiques numériques notamment. Le monde de demain, c’est le monde du téléchargement et de la gratuité numérique mais de produits plus petits, plus durables et plus chers sans doute. Mais dans tous les cas une consommation mieux régulé, mieux ciblé et moins excessive.

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Les transports seront très réduits pendant la transition énergétique au moins et devront être optimisés. C’est une reconfiguration de l’espace et des circuits économiques qui doit assurer d’avoir le moins à se déplacer. Sur ce plan, les achats sur internet devraient se généraliser, sans remplacer les marchés locaux, de même que les visioconférences, sans remplacer les contacts humains.

On voit que c’est à la fois très différent de notre présent et pas si lointain malgré tout. Un petit signe peut sembler étrange, une carte de paiement SOL utilisée comme une carte de fidélité ou pour acheter des produits locaux. C’est par cette monnaie locale que se matérialise une relocalisation qui n’a besoin ni de barrières, ni de frontières. Elle permet de rendre plus concurrentielles les compétences locales, exemptées de toute taxe quand elles sont payées en monnaie locale. C’est la municipalité qui gère la monnaie, et ce n’est pas toujours facile la démocratie municipale, mais la relocalisation commence par là, par la reconstitution d’une vie démocratique locale décidée à se réapproprier son avenir et ne pas se laisser faire. Certes, il faut souvent une bonne crise pour ressouder ses liens mais le moment devrait être propice, en tout cas c’est là qu’une résistance à la débâcle générale devra s’organiser. Bien sûr, l’idée d’une monnaie municipale devra faire pas mal de chemin pour s’imposer mais, ça vient, on commence à en parler au moins...

On n’a rien vu que de très normal jusqu’à présent mais c’est qu’on ne voit pas le statut des travailleurs. La plupart ne sont plus salariés mais auto-entrepreneurs, inscrits à la coopérative municipale qui leur fournit un certain nombre de services de conseil, d’assistance, de formation, de valorisation, de financement, tous les instruments du développement humain. Poussons la porte de la coopérative même si on peut tout faire par internet, c’est un endroit sympa qui fait bar café (pour d’autres, ça peut faire aussi épicerie, restaurant, salle de sport, vidéothèque, centre culturel, studio d’enregistrement, radio, free clinic, etc.) mais on y trouve aussi une assistante sociale, des formations. On peut y apporter des objets à l’atelier de réparation ou de récupération mais on peut aussi l’échanger à la bourse locale d’échange. La coopérative est au coeur de l’animation de la commune (ou de la communauté de commune, ou du quartier selon les configurations). Si on veut travailler dans un domaine on peut en parler et trouver des partenaires pour se lancer, y rencontrer d’autres travailleurs autonomes pour s’associer dans un projet commun (tout en restant autonome). Si on n’y arrive pas, on doit trouver toutes sortes d’assistances pour mieux valoriser ses compétences ou vendre ses produits. Bien sûr, la coopérative municipale ne vise pas à concentrer toutes les activités, il y aura encore des salariés, des fonctionnaires et des commerçants dans cette économie plurielle. Elle est inévitablement le reflet des habitants de la commune, des coutumes locales et de l’état des relations sociales ou des rapports de force qui ne sont pas toujours favorables. Les formes peuvent en être très diverses. C’est principalement l’institution du développement humain et des échanges locaux, favorisant le travail autonome en sortant l’auto-entrepreneur de son isolement.

La sortie du salariat ne se voit pas, sauf peut-être dans un plus grand sentiment de liberté et d’égalité, mais il y a une chose qu’on ne devrait plus voir, ce sont les pauvres et les sdf qui se multiplient depuis peu. En effet, tout ce qu’on a vu, le développement du travail autonome ne peut être viable sans un revenu garanti qui représente une libération du travail comparable à la libération de l’esclavage, ce qui ne veut dire, on le voit bien, ni un bonheur sans fin, ni qu’on ne ferait plus rien ! Bien sûr, cela n’empêchera pas des adolescents affalés devant la télé, des alcooliques, des drogués mais un peu moins sans doute, grâce aux coopératives qui complètent le dispositif, permettant ainsi au plus grand nombre d’accéder au travail choisi tout en protégeant les plus faibles. Voilà bien ce qui est presque impossible d’obtenir directement mais qui se met en place en contre-bande, en Guadeloupe notamment. Une grève générale pourrait peut-être l’obtenir mais il faudrait pour cela que l’idée soit dans toutes les têtes, ce qui est loin d’être le cas. Pourtant on peut voir dans ce revenu d’autonomie un véritable droit à l’existence qui nous fait monter d’un cran dans notre humanité et dans nos libertés effectives, passage de la sécurité sociale au développement humain.

breveon51.jpgIl y aurait beaucoup d’autres choses à raconter sur nos futurs modes de vie et les techniques écologiques à employer. On pourrait continuer ainsi la fiction si elle ne risquait de virer au roman à l’eau de rose à ne voir que les bons côtés alors que la réalité sera inévitablement plus contradictoire et diversifiée. C’est quand même vraiment un autre monde, même s’il nous reste familier, un autre monde possible qu’il vaut le coup de construire mais qui ne changera pas fondamentalement les hommes pour autant à les rendre simplement un peu meilleurs avec de meilleures institutions et une production moins polluante. C’est du moins une véritable reconnaissance sociale de chaque citoyen et un progrès de la démocratisation. André Gorz indiquait déjà dans "Misères du présent, richesse du possible" comment ce triptyque (monnaie locale, coopératives, revenu garanti) pouvait faire système et constituer des alternatives locales à la globalisation marchande et aux multinationales. Que veut-on de plus ?

On ne parle pas ici d’abolir le marché, ni même le capitalisme, juste de sortir progressivement et volontairement du salariat. On parle de ce qui est possible et souhaitable, de donner les moyens de l’autonomie. On ne parle pas tant de confiscation des richesses que de leur distribution. La question écologique n’est pas prise ici du côté de la consommation mais de la production, pas du côté de la propriété collective mais du travailleur autonome, pas du côté du contrôle des populations mais de leur liberté. En effet, pour défendre notre liberté et notre qualité de vie, il s’agit de partir de ce qu’on veut faire, et changer le travail pour changer de mode de vie. L’écologie de la vie quotidienne est d’abord une écologie du travail, privilégiant le travail autonome et la coopération. Qu’il y a-t-il de plus important que de pouvoir choisir ce qu’on veut faire et valoriser ses compétences.D'où un nouveau type d'education à mettre egalement en place, basé sur le respect de chaque individualité.C'est à dire, ne plus dénaturer les capacités et competences naturelles de chaque individu, et que les choix d'orientation ne ce fasses plus en fonction de pression sociale, familliale ou encore culturelle, mais simplement en fonction de la nature profonde de la personne. Quoi de mieux, que de pouvoir enfin etre soi meme et en accord avec nos personnalités, plutot que de devenir ce qu'on n'est pas? Ce n’est qu’une partie de la solution sans doute et qui ne réglera pas tous nos problèmes mais l’avenir est prometteur (30 ans après la crise !), le moment est propice qu’il ne faut pas laisser passer. C’est maintenant que se construisent les institutions du cycle suivant. On n’y est pas du tout encore et ce n’est pas ce dont on rêve ordinairement, tout cela reste trop exotique mais devrait malgré tout s’imposer matériellement avec la crise et ce serait pas mal quand même, de quoi retrouver le sourire et le bonheur d’être ensemble, même si ce n’est pas le paradis où tout le monde s’aime pour la vie..., mais déjà nous pouvons faire cette révoluttion en nous meme, en reprennant confiance en nous ; ainsi se deconditionner du passé pour retrouver la liberté et notre conscience humaine.

Le changement passera d'abord par nous meme en chacun de nous ! là est la vrai revolution humaine, pour que le monde change !

09/03/2009

On ne badine pas avec l'honnêteté fiscale

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Lors du prochain G20 qui aura lieu à Londres au mois d'avril, il sera question de la lutte contre les paradis fiscaux et le secret bancaire. En attendant la Suisse, le Luxembourg et l'Autriche cherchent des parades...



(photo : ★ Mathias Pastwa ★ - Flickr - cc)
(photo : ★ Mathias Pastwa ★ - Flickr - cc)
Peut-on abolir le secret bancaire ? Voilà que la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche contre-attaquent avant le sommet du G20…

Londres, premier paradis fiscal
Le sommet du G20 à Londres qui se tiendra le 2 avril et qui devrait mettre un peu d’ordre dans le système financier international ; et notamment lutter contre les paradis fiscaux et le secret bancaire ! Petite remarque préliminaire : Londres, deuxième place financière du monde, en est sans doute – c’est Jacques Attali qui faisait cette remarque - le premier paradis fiscal. Les grandes institutions de la City sont branchées et perfusées en permanence sur les paradis fiscaux, certains pas très lointains, comme les Iles Anglo-Normandes. D’une certaine manière on va contrôler la finance chez les grands patrons de la dite finance, ça commence mal. En attendant, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg se sont réunis au Grand-Duché pour chercher quelque parade. Je rappelle que deux de ces pays sont membres de la zone euro. Parade numéro un : nous sommes des pays du secret bancaire, mais pas des paradis fiscaux. Alors ? Que penser de cette fable ? Que c’est une fable précisément, parce que lorsqu’on cache de l’argent, pour qu’il n’apparaisse plus aux yeux de quelque autorité que ce soit, c’est, en général, pour frauder le fisc.


On ne badine pas avec l'honnêteté fiscale
« Amnistions les fraudeurs, sinon ils resteront en Suisse »
Il n’y a pas que de la fraude fiscale dans les paradis fiscaux. Soyons rassurés, dans les 10000 milliards de dollars que représentent les paradis fiscaux, c'est-à-dire 20% du PIB mondial, il y a aussi, dieu merci, de l’argent de la drogue, de la prostitution, du rackett et de crimes divers. Mais la parade numéro deux de nos trois amis, la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche disent : si c’est pas nous, c’est les autres ! Magnifique argument. Si c’est pas nous, l’argent ira à Singapour. C’était déjà l’argument du blanchiment des fraudeurs utilisé en Italie et en France : amnistions les fraudeurs, sinon ils resteront en Suisse.

Que répondre à ça ? Qu’ils y aillent. Et si certains fonds d’investissements français ont vraiment besoin de l’argent noir, après tout, ils iront le chercher à Singapour, mais nous, en Europe, on ne badine pas avec l’honnêteté fiscale, fondement de la démocratie. C’est un peu l’argument des partisans de la peine de mort : on abolira la peine de mort quand les assassins l’auront abolie. Et bien non : ce n’est pas parce qu’il y a des fraudeurs qu’il faut accepter la fraude.

Est-ce que cet argent est dangereux ? D’abord on en aurait bien besoin, en ces temps de déficit ! Ensuite oui, il est dangereux, il déstabilise le système financier, et favorise les comptabilités truquées ou occultes. Pourquoi croyez-vous que la BNP a des succursales dans les Iles Anglo-Normande ?

Mardi 10 Mars 2009 - 12:53

Bernard Maris

Du pain et des jeux en ligne !

Du pain et des jeux en ligne !

Par Laurent Pinsolle. Qui est irrité par la libéralisation des jeux d’argent en ligne imposée par Bruxelles. Et dénonce les arguments boiteux des néolibéraux pour défendre leurs intérêts.



(capture d'écran : www.poker770.com)
(capture d'écran : www.poker770.com)

La crise empire, de jour en jour, mais les tenants du néolibéralisme continuent à faire avancer, inlassablement leur agenda de déréglementation. Nouvel exemple en date : la libéralisation des jeux d’argent en ligne, imposée, comme souvent, par Bruxelles.

Faut-il libéraliser les jeux en ligne ?

Les deux principaux arguments des défenseurs de cette libéralisation sont le refus de toute réglementation et le constat que des milliers de Français y jouent déjà. Le Figaro affirme ainsi que 5% de la population joue déjà en ligne et que 2 milliards d’euros y sont dépensés. D’autres affirment que cette libéralisation, qui sera effective au 1er janvier, permettra de rapporter au gouvernement de l’argent, au moment où il en a besoin, faisant un parallèle avec le projet de légalisation de la marijuana en Californie…

Le problème est que les jeux d’argent ne sont pas une activité comme une autre. C’est une activité où les joueurs sont sûrs de perdre collectivement, laissant une marge bénéficiaire sécurisée à leurs promoteurs. C’est pourquoi cet opium du peuple a souvent été strictement réglementé dans beaucoup de pays, voir confié à des entreprises publiques, pour assurer que le bénéfice de cette activité reste à la collectivité. Pire, l’aspect virtuel d’Internet risque de démultiplier les paris des joueurs, à leur détriment.


Ce que révèle ce débat

Le débat sur la libéralisation des jeux en ligne est un puissant révélateur des lignes de partage entre les néolibéraux et les partisans d’un certain encadrement de la société. Les uns trouveront toujours un argument pour ridiculiser cette volonté d’entraver la liberté individuelle (d’entreprendre ou de jouer) tandis que nous autres soulignons que ces règles sont nécessaires au bon fonctionnement d’une société, un peu comme le code de la route est nécessaire pour la sécurité de tous, même s’il entrave certaines libertés.

L’Europe, comme toujours, pousse à toujours plus de libéralisation, de suppressions des règles qui encadraient nos sociétés, par pur dogmatisme intellectuel, sans jamais invoquer l’intérêt collectif. En effet, comment croire une seconde que l’intérêt général consiste à laisser les gens parier en ligne ? Quel bénéfice en tirera la société ? L’activité du jeu, parce qu’elle peut être addictive et mettre en danger la vie de certaines personnes, doit être encadrée pour veiller à limiter ses effets néfastes.

Les jeux en ligne n’apportent strictement rien à la société, mais peuvent coûter beaucoup à certains. C’est pourquoi le gouvernement a tort de suivre la Commission Européenne et d’autoriser cette activité. À moins qu’en ces temps troublés il ne souhaite nous donner du pain et des jeux…


Lundi 09 Mars 2009 - 16:40
Laurent Pinsolle

07/03/2009

L’EUROPE JETTE LE MASQUE : C’EST UNE DICTATURE !

VERITE

"Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain."

Napoléon Bonaparte (1769-1821), Empereur Français

Le prétendu « mini-traité européen » qui vient d’être signé à Lisbonne, a été conçu en secret et dans le dos des peuples européens, dans le seul but de faire ratifier par la France un texte exactement comparable, sur le fond, à celui que le peuple français souverain a rejeté à 55% des suffrages le 29 mai 2005.


cassons-la-dictature-de-la-finance.1222936292.jpgLa preuve est ainsi faite que le processus de construction européenne est purement et simplement la mise en place d’une dictature, qui a l’astuce de se cacher. Nonobstant la volonté de banaliser ce coup de force des uns et les silences complices des autres, il s’agit d’une affaire d’une exceptionnelle gravité.



Dans ces conditions, la question n’est certainement pas de discuter des modalités de ratification d’un traité dont le principe même est un déni de démocratie. Que ce soit par voie parlementaire ou référendaire, aucun procédé ne peut plus légitimer ni ce nouveau traité, ni le statu quo, après le vote souverain et définitif du peuple français du 29 mai 2005.


La seule question légitime à poser désormais aux Français est de savoir si, oui ou non, nos compatriotes acceptent la mise en place de cette dictature.


C’est le devoir de tous ceux qui respectent les principes démocratiques et le droit international, dont la règle supérieure reste le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, d’exiger dès maintenant la sortie de la France de l’Union européenne.

LaRouche : la plus grande crise de l’humanité et comment la surmonter

6 mars 2009

la.terre.jpgNous vivons un moment historique sans précédent depuis l’âge des ténèbres du XIVème siècle. Voilà un aspect du problème qui se pose, dans la mesure où il n’y a personne, en vie aujourd’hui ou ayant vécu au cours des dernières générations, qui ait la moindre idée de ce qui arrive à la planète en ce moment.

La terre compte actuellement environ 6,7 milliards d’habitants. Faute de prendre les mesures nécessaires à l’échelle mondiale, que j’indiquerai ici, ce nombre ne sera plus, au mieux, que de 2 milliards d’ici deux générations. Des pans entiers de nos cultures risquent de disparaître, à part quelques survivants qui se rappelleront du passé pour le transmettre à leurs descendants.

Aux Etats-Unis, notre nouveau Président est entouré d’un groupe de personnes douées et compétentes. Certaines ne me plaisent pas du tout, mais dans l’ensemble, ces individus représentent les meilleurs talents que les Etats-Unis puissent nous offrir. Malheureusement, ils n’ont ni l’expérience, ni la compréhension pour faire face au type de crise qui nous tombe dessus.

Evidemment, moi non plus, je n’étais pas là au XIVème siècle, mais j’ai une assez bonne idée, peut-être plus que tout autre personne vivante, de ce qu’il faut faire aujourd’hui. Par conséquent, j’ai la lourde responsabilité de faire la distinction entre ce que les experts savent du remède à administrer et ce qu’ils ne savent pas, et donc de leur montrer ce qui leur échappe. Certains parlent de cette crise comme d’une « récession », ce qui est puéril, ou encore d’une « dépression », ce qui est un terme beaucoup trop faible.

En réalité, notre civilisation est confrontée à une crise existentielle d’une telle gravité qu’elle risque de ne pas pouvoir la surmonter. Des civilisations, des cultures, des sociétés entières et leurs populations peuvent disparaître. Il faut bien se rendre compte de la vulnérabilité de la population mondiale.

2008-12-04T121301Z_01_APAE4B30XXR00_RTROPTP_2_OFRBS-CHINE-USA-ECONOMIE-20081204.JPGPrenons le cas de la Chine, frappée d’une crise brutale : elle sera incapable de maintenir en vie sa population de 1,4 milliard d’individus si les tendances actuelles se confirment. Toutefois, le problème n’est pas chinois, mais international. L’Inde est un peu plus stable, parce qu’elle est moins tributaire des exportations, mais elle est tout aussi vulnérable. La Russie est au bord de la non existence ! L’ensemble de l’Asie du sud-ouest est en crise, tandis que l’Afrique est la cible d’un génocide, orchestré notamment par l’empire britannique, et sa population pourrait être anéantie si nous ne l’arrêtons pas. Celle des Etats-Unis, d’Amérique du Sud et d’autres continents est également menacée.

Dans cette situation, le schéma habituel qu’emploient les gouvernements de certaines nations pour réagir à la crise, s’avère tout à fait inopérant et erroné.

Rétablir la souveraineté nationale

Ce dont nous avons besoin, c’est d’une réaffirmation de la souveraineté nationale, surtout en Europe, qui l’a totalement abandonnée. Faute de défendre et promouvoir la souveraineté nationale, on ne pourra pas mobiliser les populations du monde pour faire face. En même temps, il faut comprendre comment organiser une lutte globale pour surmonter le grand krach, c’est-à-dire comment amener des nations, qui ne sont pas proches par nature, à collaborer en toute souveraineté dans une coopération à long terme – de l’ordre de cinquante ans ou plus, afin de rebâtir l’économie mondiale et d’assurer la survie de la civilisation.

Les talents existent pour traiter le problème, mais ils ne conçoivent pas la manière de s’organiser pour un effort conjoint. Voilà mon travail.

Pour ce qui est de la nature de l’enjeu lui-même, les économistes professionnels ne sont aucunement compétents pour traiter le coeur du problème. Il existe des personnes capables de mettre en oeuvre des programmes, mais elles n’ont pas vraiment étudié le problème du point de vue de l’histoire longue. Elles pensent en termes de quelques générations, ou de seulement quelques siècles, alors qu’il faudrait prendre en compte les derniers 2000 ou 3000 ans, pour en apprécier l’ampleur.

993404-1241841.jpgRécapitulons. Le 25 juillet 2007, j’ai affirmé lors d’une conférence internet que nous étions au bord d’une crise généralisée d’effondrement du système financier et monétaire mondial. J’ai clairement identifié le problème et certaines des mesures à prendre. Trois jours plus tard, le système commença à se disloquer. Certains idiots évoquaient une « crise du crédit immobilier subprime ». En réalité, il s’agissait du râle d’agonie du système. Depuis, la désintégration de l’économie mondiale ne fait que s’accélérer.

Les « experts » sont partis du point de vue qu’il n’est pas nécessaire d’effectuer des changements fondamentaux, qui renverseraient les politiques suivies, en particulier depuis le printemps 1968. En fait, il faudrait annuler la plupart des politiques adoptées depuis le 1er mars 1968, lorsque le président Johnson prit la première mesure de démantèlement du système à taux de change fixes. Ce démantèlement signifiait l’autodestruction des Etats-Unis et condamnait l’Europe au déclin.

Depuis lors, les pays européens ont perdu leur souveraineté. Ce grand espace de l’Europe occidentale et centrale a cessé d’être un bastion de souveraineté. Aucun pays de l’UE ne dispose plus de l’autorité juridique pour gérer sa propre économie. Tous sont sous la coupe du système de l’euro, qui les emprisonne. Ils n’ont même pas le droit d’émettre du crédit productif public pour assurer une reprise. Dans le cadre des règles actuelles, ils ne sont pas autorisés à augmenter les investissements en capitaux, grâce au crédit public productif, pour renverser la vapeur.

Prenons par exemple le cas d’Opel, ici à Rüsselsheim en Allemagne, où se tient notre conférence. Le secteur de l’automobile international est en pleine désintégration. Aux Etats-Unis, l’industrie automobile est morte ; il y a longtemps qu’elle s’est suicidée, mais c’est seulement maintenant que sa mort se manifeste. (...)

Le nucléaire et les technologies de pointe

L’origine de cette crise remonte à 1968. Au lieu de mobiliser les ressources nécessaires pour faire face au déclin industriel et économique, sous la pression des soixante-huitards qui défilaient dans la rue, on a pris la direction opposée, optant pour une société dite « postindustrielle ». On a banni l’énergie nucléaire, qui est la seule source énergétique à même d’assurer une vraie croissance économique.

9782868836915FS.gifEn science économique, la plupart des gens sont ignares. Ils croient à la soi-disant « énergie gratuite » et pensent qu’on peut se fier au vent et au soleil pour produire de l’énergie. Ce n’est pas possible ! On a oublié ce qu’est l’énergie. Telle calorie n’est pas égale à une autre. L’énergie se mesure en termes de densité de flux énergétique : il s’agit de l’intensité d’un flux de chaleur (ou de son équivalent en température) utilisée par la source de puissance.

Cela vaut aussi pour la chimie physique : pour transformer des déchets en matières premières, on a besoin de sources énergétiques à forte densité de flux énergétique. Le pétrole n’est pas suffisant, pas plus que le gaz naturel.

Par exemple, sans la fission nucléaire et sans la perspective de fusion thermonucléaire, nous ne pourrons pas développer la quantité d’énergie nécessaire pour garantir l’approvisionnement en eau douce des nations densément peuplées. L’Inde utilise déjà ses ressources en eau fossile, tandis qu’elles s’épuisent en Europe, comme aux Etats-Unis. Sans énergie nucléaire, il n’y aura pas de relance économique. L’éolien est une farce, qui n’existe que grâce à des subventions publiques. Toute la conception de l’infrastructure et la culture du travail industriel qualifié sont passées aux oubliettes.

De même, nous avons commencé à délocaliser les emplois d’Europe et des Etats-Unis vers des pays pauvres. Les « experts » nous disaient que c’était une bonne affaire, mais c’est un leurre. Ils s’y sont installés pour disposer de main d’œuvre bon marché, mais la productivité du monde, dans l’ensemble, a chuté à la suite de ces délocalisations. On s’aperçoit désormais que la Chine est excessivement dépendante de ses exportations. Elle est plongée dans une crise existentielle, car le genre de marché à l’exportation dont elle vivait, avec ses ouvriers mal payés, n’existe plus.

Nous devons changer radicalement cette situation. Actuellement, nous sommes incapables d’entretenir la technologie nécessaire pour faire vivre une population de plus de six milliards de personnes, ne serait-ce qu’à leur niveau de vie actuel. Si l’on abaisse encore ce niveau, il y aura des morts. En Chine, faute de trouver un remède, on voit déjà le début de ce genre de génocide potentiel. Comment infléchir les orientations politiques actuelles ? Comment renverser la vapeur ?

Il faut provoquer une prise de conscience, car les habitudes mentales qui dominent la vie des nations, en particulier depuis Mai 68, tuent des gens et si nous n’y changeons rien, une bonne partie de la population mondiale disparaîtra dans sa chute vers un nouvel âge des ténèbres.

Culture et Etat-nation

photo_1222697484292-4-0.jpgLe levier pour obtenir ce changement consiste à forger de nouvelles formes de coopération, surtout pour fournir une direction à la planète. L’Europe, en raison de son organisation et de ses lois, est pour l’instant incapable de générer le capital nécessaire pour rebâtir ses propres économies et encore moins l’économie mondiale. (L’opposition au nucléaire n’est qu’un aspect du problème. Les pays sont démobilisés : tous ces moulins à vent, ici, ne sont qu’un signe de damnation, ce ne sont pas des cibles pour Don Quichotte. Pas question d’avoir une industrie moderne avec ces éoliennes !)

Qui pourra le faire alors ? Il y a quatre pays sur cette planète qui peuvent, en coopérant, stimuler le monde dans son ensemble pour faire adopter le remède. Les Etats-Unis (quoi que vous puissiez penser de leur politique) sont déterminants. Sans leur coopération, il n’y aura pas de relance globale. Sans défendre la Chine, la reprise ne marchera pas non plus. De même pour l’Inde et la Russie. Sans réunir ces quatre puissances, entre autres, dans la solidarité, afin d’inverser la dérive des quarante dernières années pour recouvrer la santé mentale, cette descente dans un âge des ténèbres deviendra quasiment inarrêtable.

Il faut revenir au concept d’Etat-nation souverain. Avec la mondialisation, nous avons les mains liées. On a besoin de l’Etat-nation souverain, ne serait-ce que pour des raisons culturelles.

Quel est le problème, en particulier avec ces délocalisations ? Comment subvenir aux besoins d’une population qui est passée de moins d’un milliard au milieu du XIVème siècle à 6,7 milliards aujourd’hui ? On doit s’appuyer sur le progrès scientifique et technologique, qui entraîne à son tour le développement des infrastructures et de l’industrie, permettant d’assurer le bien-être de la population, en lui fournissant par exemple les soins médicaux et les systèmes de santé, qui sont tout aussi importants. Grâce à l’éducation et à la culture, les capacités intellectuelles de la population se développent. On forme des individus capables d’assimiler la science et la technologie modernes et de les appliquer, à la production ou ailleurs. En rejetant la technologie de pointe, comme on l’a fait depuis 1968, on condamne la planète.

Prenons une population devenue étrangère à la science et à la technologie. On pourra la mobiliser en l’impliquant dans un travail productif permettant le rétablissement de bonnes conditions de vie pour chacun.

Cependant, sans cultures nationales, c’est impossible. Ce que les gens et la plupart des économistes ne comprennent pas, c’est la vraie notion de « productivité ». La productivité dépend des facultés créatrices de l’esprit humain, qui permettent de faire des découvertes scientifiques et, plus largement, donnent à la population les moyens d’assimiler l’innovation et le progrès. Autrement dit, au contact de la science et de la technologie, et aussi de la culture classique, la créativité de la population augmente. Elle acquiert ainsi la capacité de faire des découvertes, ou du moins la capacité de les assimiler de manière productive.

Sans cette orientation vers la science et la culture classique, c’est beaucoup plus difficile. La camelote que l’on nous vend aujourd’hui en guise de culture, empêche les gens de développer leur potentiel créateur. On le voit bien dans nos systèmes d’éducation.

Avec la mondialisation, l’idée de maintenir les populations asiatiques ou latino-américaines dans l’arriération, pauvres et privées de culture classique, les condamne à ne pas pouvoir subvenir à leurs besoins, ce que seule la véritable créativité permet d’obtenir.

Pour développer cette créativité, la culture nationale de chacun est le véhicule qui amène les gens à penser de façon créative, pour eux-mêmes comme pour leur société. Si l’on pense à une force de travail composée de main d’oeuvre bon marché, elle est incapable d’innover, cantonnée à des méthodes de production qui n’encouragent pas le progrès.

Cette idée de la créativité comme fondement de la productivité était essentiellement européenne. L’impulsion initiale de ce qui allait devenir la civilisation européenne moderne remonte à l’époque du grand Concile de Florence, vers 1439. Elle s’est manifestée par l’influence de Nicolas de Cues, par exemple, et de Filippo Brunelleschi auparavant, reflétée dans le dôme de la basilique Santa Maria della Fiore à Florence, et plus tard avec Léonard de Vinci et les grands esprits scientifiques des XVIème et XVIIème siècles. Voilà l’origine de la culture européenne moderne.

En parallèle, nous avons le processus conduisant, par l’intermédiaire de Jean-Sébastien Bach, à la grande musique et autres chefs d’œuvre de la culture artistique classique. Ces richesses, qui ont vu le jour en Europe, furent « exportées » et répandues en Amérique du Sud et du Nord.

L’intention des humanistes était d’étendre au monde entier l’accès à ce genre de savoir, encourageant ainsi, chez l’individu, la qualité qui distingue l’homme de l’animal : la créativité.

140508_105812_PEEL_QTeSrt.jpgAucune forme de vie animale n’est capable d’accroître, volontairement, son potentiel de densité démographique relative. L’espèce humaine est la seule qui soit, et sera, capable d’accroître ce potentiel, d’augmenter son niveau et son espérance de vie. La créativité, qui n’existe que chez l’homme, est la locomotive du progrès scientifique et technologique et du progrès culturel. Par conséquent, lorsque nous éradiquons cette capacité, en appliquant une politique de main d’oeuvre bon marché, une idéologie anti-science ou encore une culture qui méprise cette capacité au lieu de l’encourager, nous détruisons l’économie.

La créativité s’exprime au niveau individuel, mais chez des individus appartenant à une certaine culture. Dans l’utilisation de la langue, par exemple. La langue nationale est utilisée pour exprimer des idées. Reste à déterminer à quels degré et profondeur ces idées peuvent être communiquées à la population. Si l’on maintient dans l’ignorance 50 ou 60% de la population, sera-t-elle capable de développer sa créativité ? Non !

Par conséquent, la culture nationale – l’eau dans laquelle nage la population-poisson – et son développement sont la source de l’accroissement de la créativité et de la productivité potentielle des citoyens. En vérité, il s’agit là d’un mouvement culturel qui sert de base pour promouvoir la créativité. Cela s’appelle, chez Leibniz et d’autres, la dynamique, contrairement aux méthodes cartésiennes.

Nous voulons donc mobiliser les Etats-nations souverains, non pour s’entretuer, mais en conformité avec les principes des Traités de Westphalie : un peuple national souverain considère que le bien-être des autres peuples souverains répond à son propre intérêt bien compris, tout en défendant sa propre souveraineté. Voilà l’origine des grands accomplissements de la civilisation européenne. C’est une leçon que nous avons jadis apprise de l’étude d’autres cultures, en Asie ou ailleurs.

Le rôle des Etats-Unis

Pour cela, le rôle central des Etats-Unis est essentiel, bien que beaucoup d’Européens rechignent à l’admettre. Interrogeons-nous donc sur ce que « sont » réellement les Etats-Unis.

[M. LaRouche examina ensuite l’origine des colonies d’Amérique du Nord, projet qui remontait aux cercles autour de Nicolas de Cues. Les colons, expliqua-t-il, étaient en grande partie des pionniers qui entendaient sauver la culture européenne en la transposant le plus loin possible de l’oligarchie européenne qui déchaînait les guerres de Religion et l’oppression. « Ainsi, dès le début, avant même d’être formellement une nation, les futurs Etats-Unis avaient un caractère dynamique, imprimé par ceux qui voulaient sauver le meilleur de la culture européenne. »

Ainsi, les Etats-Unis devinrent une grande puissance économique, expliqua LaRouche, grâce en particulier au chemin de fer transcontinental, qui permit d’intégrer l’ensemble du territoire, de l’Atlantique au Pacifique, par voie terrestre. Ce grand projet, lancé par le Président Lincoln, révolutionna le développement économique. Il mit un terme à la primauté historique de la puissance maritime, sur laquelle s’appuyait l’empire britannique pour dominer le monde.

LaRouche rappela que l’une des qualités du peuple américain est son aversion viscérale pour la noblesse et l’oligarchie, qui restent malheureusement un objet de fascination dans certains pays d’Europe.

Nous devons faire revivre cette tradition américaine et rechercher des partenaires avec qui collaborer, à des fins communes, à partir de cultures différentes. Un peuple, dans son ensemble, doit se développer dynamiquement, en tant que culture nationale. Puis, en s’appuyant sur le même principe que la paix de Westphalie, (...), des nations représentatives et volontaires, comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde, pourront s’engager pour un objectif à long terme. Le « long terme » signifie entre 80 et 100 ans, parce que les investissements en capitaux et les investissements dans le développement des populations, se comptent en générations. Une perspective de 50 ans pour l’infrastructure, et même de 100 ans pour les grands systèmes fluviaux et de transport mondiaux s’impose.

L’objectif est d’augmenter la productivité de la population, grâce au développement de l’infrastructure et de l’énergie. On vise en priorité le développement culturel des populations, dans leur culture nationale. L’orientation vers le progrès scientifique, technologique et culturel doit être la règle, afin de renverser les tendances imposées depuis 1968 et de revenir à l’accord implicitement fixé aux nations au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, à savoir ériger un monde affranchi du colonialisme, de l’assujettissement des peuples et des traditions oligarchiques.

Voilà ce qui motiva les Européens à traverser l’Atlantique pour tenter de bâtir, hors d’Europe, un bastion de la civilisation européenne. (...)

Pour ce qui est de la nouvelle administration américaine, j’estime que certains de ses membres disposent de talent et de compétences. Il y en a d’autres que je n’aime pas, non pour des raisons personnelles mais à cause de leur politique. Mais en général, les personnes dans ce gouvernement, et celles qui lui sont associées, sont capables de mener à bien le travail qui s’impose.

2008-04-02T061414Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRWR-USA-IMAGE-SONDAGE-20080402.jpgLe problème vient d’individus comme George Soros et de cette clique de Wall Street, qui incarnent le pire, chez nous et en Europe. Par exemple, George Soros est le plus grand promoteur de la drogue au niveau mondial. C’est un valet de l’empire britannique, qui fait équipe avec Lord Malloch Brown, le numéro deux du Foreign Office britannique.

Le refus des nations de s’attaquer au trafic international des stupéfiants est un des principaux problèmes. Ce trafic est organisé comme les opérations des Anglo-Hollandais au XVIIIème siècle. Par exemple, la production de pavot d’un paysan afghan lui rapporte de 500 à 600 dollars. Le prix du produit livré au consommateur en Europe ou aux Etats-Unis peut être mille fois plus élevé. La situation est identique en Amérique du sud.

Le problème stratégique en Asie du sud-ouest vient, en grande partie, de la drogue. C’est pourquoi envoyer des soldats en Afghanistan pour combattre les terroristes est une folie. (...) Il faut arrêter le trafic transfrontalier de la drogue, ce qui signifie s’attaquer à l’empire britannique [qui vit de l’argent de la drogue]. Il faut aussi fermer les paradis fiscaux et les marchés de produits financiers dérivés.

Nous devons instaurer une coopération entre nations pour combattre ce type de problème et, d’un point de vue positif, pour assurer le développement économique à long terme. Pour mettre en oeuvre un programme de relance aux Etats-Unis, l’administration actuelle, malgré certaines personnes mal avisées, a le potentiel d’aller dans ce sens. Mais nous allons avoir besoin de crédit pour des investissements à long terme, par exemple pour exploiter les matières premières de Russie et développer la production reposant sur ces matières premières. Cela implique des systèmes de transport et l’ouverture des régions de la toundra. La culture nationale doit être à même de traiter ce problème. Certaines personnes que je connais au musée Vernadski de Moscou sont des spécialistes en la matière et nous aurons besoin de leur coopération. (...)

Puis nous avons la Chine, une culture asiatique. Elle ne survivra pas à moins de réorienter son économie et d’être soutenue dans ses relations économiques avec le reste du monde. Ne pouvant plus compter sur des exportations bon marché aux Etats-Unis, la Chine devrait lancer un programme d’investissements à long terme, créant le crédit nécessaire pour que la population chinoise puisse accroître elle-même sa productivité. A cela, il faut intégrer l’Inde, puis l’Asie du sud-ouest. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde représentent les principales concentrations de pouvoir économique et politique dans le monde.

En finir avec le monétarisme

Euro.jpgPour en revenir à mon rôle spécifique, on doit se débarrasser de l’idée selon laquelle l’argent représente une valeur intrinsèque. Ce n’est pas l’argent qui détermine la valeur des biens. Il faut instaurer, entre nations, un système de taux de change fixes, afin d’éviter que, lorsqu’elles empruntent de l’argent à 2%, les fluctuations des devises ne haussent ce taux à 4 ou 5%. De même, au lieu d’un système monétaire, qui est intrinsèquement un système impérialiste, il nous faut un système de crédit productif public. C’était l’intention de Franklin Roosevelt avant sa mort, en 1944, que [le président] Truman renversa de fond en comble.

En proposant de construire un système de crédit à taux de change fixes, Roosevelt s’opposait à Keynes, un impérialiste de la pire espèce. Dans la préface du livre qu’il fit publier en allemand, en 1937, Keynes expliquait qu’à l’époque, les conditions en Allemagne étaient plus propices pour ses idées que partout ailleurs dans le monde. Et c’était vrai !

Un système monétaire signifie que les nations n’ont pas de système de crédit souverain. On a affaire à un arrangement monétaire international, sous le contrôle de banquiers de style vénitien, qui utilisent les gouvernements et leurs devises nominales dans des schémas arrangés par une combinaison de puissances monétaires privées. Etablissons donc un système de crédit, où seul l’Etat peut émettre de la monnaie par un acte souverain. Cette création monétaire a lieu sous forme de crédit, qui peut être ensuite monétisé selon la loi.

Nous avons besoin d’investissements à long terme, à 25 ans, à 50 ans et à 100 ans. La construction d’une centrale nucléaire requiert un investissement sur 30 ou 40 ans. La fusion thermonucléaire doit être développée pour pouvoir maîtriser des densités de flux énergétique plus fortes, qui nous permettent d’évoluer vers des technologies plus performantes et moins polluantes.

Pour résumer, je propose d’élaborer un accord entre nations pour un système à taux de change fixes et des traités cadres portant sur des objectifs communs et des projets à long terme. Il s’agit également d’informer les populations sur l’importance de ces accords.

Mais avant tout, nous devons revenir à l’Etat-nation. C’est là que j’entre en scène et c’est là qu’est mon plus grand combat. Le 25 juillet 2007, j’ai soumis un projet de loi très spécifique sur les finances, parce que je savais que nous nous dirigions vers une énorme crise immobilière. Je proposai de mettre l’ensemble du système de crédit immobilier en redressement judiciaire, tout en empêchant une vague de saisies de logements en raison de l’éclatement de la bulle spéculative. L’on devait aussi empêcher la fermeture des banques agréées, dont les services sont indispensables. Je préconisai de mettre les banques en banqueroute contrôlée, sous protection légale, et d’éplucher leurs comptes : si leurs investissements sont légitimes, on les protège. S’il s’agit de pure spéculation, ce monstre spéculatif, « désolés, vous n’aurez rien ; vous êtes en banqueroute, c’est fini ! », leur dira-t-on.

En septembre 2007, lorsque nous l’avons proposée, cette démarche aurait pu nous épargner le pétrin dans lequel nous sommes aujourd’hui, si le sénateur Dodd et le membre du Congrès Barney Frank, entre autres, ne l’avaient torpillée.

Aux Etats-Unis, le pouvoir financier exerce une forte influence politique. Cependant, on peut tout aussi bien réveiller la véritable tradition américaine, qui lui est opposée, pour qu’elle reprenne le dessus. D’où mon rôle essentiel, qui est de concevoir, promouvoir et défendre le type de système que je viens d’évoquer.

Pour une vraie commission Pecora et la réquisition des banques

(suite)

Voici une vidéo de la conference de Mr Cheminade sur l'histoire de Ferdinand Pecora



06/03/2009

Pour une vraie commission Pecora

Pour une vraie commission Pecora et la réquisition des banques


« La raison d’être d’un pays, qui est de faire prévaloir le bien commun, prime sur tout. Nous sommes conscients que nos exigences sont exceptionnelles, mais elles sont rendues nécessaires par des circonstances exceptionnelles. Des précédents existent. La Commission Pecora, la Commission bancaire et monétaire du Sénat des Etats-Unis dans les années 1933-1934, en faisant connaître au peuple américain les pratiques de ses banquiers et l’étendue de leurs pouvoirs, créa la base politique pour les mesures de redressement et de relance de l’Administration Roosevelt. Les réquisitions, dans notre pays, découlent de l’état d’esprit du Programme du conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 et du Préambule de notre Constitution, et ont été appliquées par l’ordonnance de 1945 en matière de logement et dans diverses entreprises à la Libération.

« Il y a urgence. Les Françaises et les Français ont le droit de savoir et d’exiger que les droits économiques et sociaux inscrits dans nos textes fondateurs soient protégés. »

Extrait de l’Appel lancé par S&P le 19 janvier 2009

 

L’urgence de nouvelles Commissions Pecora

La Commission Pecora : Un enjeu décisif dans le monde des années 30



Appel à constituer sans délai une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

La France et le monde se trouvent face à une crise sans précédent dans l’histoire moderne. Il faut relancer l’économie avec des injections rapides et massives de crédit là où sont les besoins et les potentiels de développement : énergie, transports à grande vitesse, ferroutage, recherche, hôpitaux, éducation et consommation des biens indispensables. Les établissements financiers, dont le comportement a conduit à la situation actuelle, s’avèrent cependant incapables de transmettre à l’économie, sous forme de crédits, les avantages que leur procure l’Etat. Dans ces conditions, nous demandons de toute urgence :

  • la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur les agissements de ces établissements financiers et l’état de leurs comptes. Le moment est en effet venu de faire comparaître devant les représentants du peuple ceux qui ont abusé de leurs pouvoirs et de déterminer comment ils ont pu procéder et avec qui, en France ou ailleurs dans le monde. Cet examen a pour objet de déterminer ce qui est viable et nécessaire à un fonctionnement légitime du système bancaire, qui doit être maintenu et aidé, et ce qui relève de l’imprudence irresponsable ou d’opérations exotiques, qui doit être soumis à des procédures de banqueroute organisée. L’Etat ne doit pas faire payer les citoyens en absorbant les créances douteuses de ceux qui se sont égarés, mais faire constater leur absence de valeur et les éliminer dans l’intérêt général.
  • La réquisition temporaire des banques afin d’assurer qu’elles alimentent réellement l’économie en faisant leur métier légitime et qu’elles donnent accès en toute transparence à leurs comptes, parallèlement aux travaux de la commission d’enquête et dans la logique de son fonctionnement.

La raison d’être d’un pays, qui est de faire prévaloir le bien commun, prime sur tout. Nous sommes conscients que nos exigences sont exceptionnelles, mais elles sont rendues nécessaires par des circonstances exceptionnelles. Des précédents existent. La Commission Pecora, la Commission bancaire et monétaire du Sénat des Etats-Unis dans les années 1933-1934, en faisant connaître au peuple américain les pratiques de ses banquiers et l’étendue de leurs pouvoirs, créa la base politique pour les mesures de redressement et de relance de l’Administration Roosevelt. Les réquisitions, dans notre pays, découlent de l’état d’esprit du Programme du conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 et du Préambule de notre Constitution, et ont été appliquées par l’ordonnance de 1945 en matière de logement et dans diverses entreprises à la Libération.

Il y a urgence. Les Françaises et les Français ont le droit de savoir et d’exiger que les droits économiques et sociaux inscrits dans nos textes fondateurs soient protégés.

Nous autres soussignés le demandons, en suggérant que Jacques Cheminade, qui a prévu les conséquences de cette crise et se bat aujourd’hui pour un Nouveau Bretton Woods, puisse être amené à conseiller la Commission et aider avec nous à faire connaître partout ses travaux.

Le système actuel est aussi mort que mort

Krach financier systémique : l’heure des dénis de réalité
6 août 2008 - 17:39

 


Par Lyndon H. LaRouche Jr.

20060916212621!Lyndon_LaRouche.jpg5 août 2008 — Le monde vient de franchir un cap critique de la crise que tant de gens, y compris parmi mes propres associés, n’ont pas eu le courage d’envisager. La mort du système financier mondial actuel, formellement annoncée par avance pendant la nuit du 15 août 1971 lorsque le président Nixon annonça la fin de la convertibilité du dollar avec l’or, devient maintenant une réalité.

Si le jour, et l’heure exacte d’un tel développement dans la politique américaine reste impossible à prévoir à court terme, ce qui est sûr, c’est qu’à part les mesures d’urgence que je préconise, le système financier mondial est condamné à court terme et peut-être même à très court terme.

Cependant, un grand nombre de responsables financiers et monétaires s’efforcent à mentir comme si de rien n’était. L’incertitude est que pendant qu’ils mentent, aucun d’entre eux ne sait de manière certaine quelle est la vérité.

A l’heure actuelle, on estime qu’entre 1400 et 3000 banques américaines, sans compter celles d’Europe, sont déjà entassées dans les chambres funéraires du cimetière bancaire. Seules quelques unes ont eu droit à un enterrement décent, tandis que les dépouilles des autres reposent dans la chambre froide. Ce chiffre pourrait d’ailleurs être bien plus élevé, et avoisiner les 5000 banques.

La difficulté de chiffrer avec précision le nombre exact de banques en danger mortel est double. D’abord, les responsables du secteur mentent tous azimuts. Ensuite, faut-il encore définir ce qu’on entend par « mort » ; si le système actuel est effectivement totalement mort et ne pourra pas être ressuscité dans sa forme actuelle, le nombre de banques qu’on pourrait faire ressusciter avec un nouveau système dépend entièrement de la vitesse avec lequel ce nouveau système est mis en place.

Le facteur de l’idiotie de masse

Avec la disparition graduelle des membres de ma génération et des générations précédentes, il ne reste plus aucune personne compétente parmi les nouvelles générations pour ce qui concerne la pensée économique, ni dans la génération du baby-boom qui tient les manettes du pouvoir actuel au Congrès et à Wall Street, ni dans la nouvelle génération de jeunes adultes. Ces générations sont criblées de fantasmes, semblables à ceux d’un Alan Greenspan, notamment lorsqu’elles souhaitent croire que l’argent n’est simplement que ce que leurs rêveries pieuses espèrent ce qu’il soit, ou devienne. A quelques exceptions près, les économistes de la place, les spécialistes des marchés et les politiciens sont aussi fous qu’irresponsables sur ces questions.

Ce qu’il convient de rappeler avec force, c’est qu’en essence l’argent n’est qu’une fiction et non pas une quelconque expression d’une « vraie » valeur. La croyance même dans « un système d’argent » n’est que le marqueur d’une espèce de maladie mentale assez proche des fantasmes sexuels les plus morbides. La prédominance croissante des soixante-huitards parmi les élites en Amérique du Nord, en Europe et en ex-URSS, se reflète dans le mépris envers le monde du travail, l’industrie ou l’agriculture et même dans celui de la recherche, un état mental où les plaisirs qu’on a pu tirer de quelque expérience, vraie ou imaginaire, avec la cocaïne remplacent la réalité dans leurs préoccupations. Pour ces soixante-huitards du type « Alice aux pays des merveilles », l’argent n’est que « ce que nous espérons choisir comme croyance de masse ».

LaRouche2.jpgLa première phase de la désintégration en cours est de nature financière et économique. La deuxième phase est l’effondrement du mode de vie « globalisé » sciemment voulu par les « boomers ». Peu importe la puissance de leurs convictions lunatiques, le système s’effondre, et il s’avère que c’est uniquement les mesures que je préconise qui pourront prévenir la descente aux enfers, ou pire, et éventuellement plus persistante que « l’âge des ténèbres » ayant presque fait disparaître la civilisation européenne au milieu du quatorzième siècle.

La seule « prédiction » qui a un sens aujourd’hui, c’est de prédire que vous pourriez, soudainement, et miraculeusement, abandonner vos sottes convictions. La fête dans laquelle vous croyiez vous trouver est terminée.

Le système actuel est aussi mort que mort. Ceux qui sont sains d’esprit acceptent cela comme un fait.

Pour creuser le sujet : les propositions de LaRouche


La prochaine étape pour l’Europe et le monde
4 mars 2009

Intervention de Lyndon LaRouche à la Conférence internationale de l’Institut Schiller du 21 et 22 février 2009 à Russelsheim, en Allemagne.

Traduction française simultanée

 


La bulle du Credit Default Swaps prete à exploser

La chienlit financière n’est pas finie…

Les institutions financières chutent les unes après les autres, contraignant les États à injecter sans cesse des dizaines de milliards de dollars (ou d'euros) pour assurer leur survie. Dernier exemple en date? AIG.



(photo : Gene Hunt - Flickr - cc)
(photo : Gene Hunt - Flickr - cc)
100 milliards de dollars : c’est le montant de la perte d’AIG en 2008, soit quasiment l’équivalent de son chiffre d’affaires. Après avoir déjà injecté 150 milliards, l’Etat est contraint à une rallonge de 30 milliards. Résultat, les bourses du monde entier s’effondrent depuis quelques jours.

La barbarie financière
Après avoir imposé aux entreprises des niveaux de rentabilité destructeurs pour l’emploi et le pouvoir d’achat, le monde financier impose aux gouvernements du monde entier des plans de soutien colossaux. Parce que leur écroulement pourrait entraîner une crise encore beaucoup plus grave, l’Etat Américain a été contraint de donner 180 milliards de dollars à l’assureur AIG, chiffre assez surprenant car il est presque deux fois supérieur aux pertes de l’entreprise. Les Etats ont déjà injecté environ 1000 milliards de dollars dans les institutions financières depuis le début de la crise et le total pourrait encore doubler ou tripler.

Les raisons de la chute d’AIG sont les CDS (Credit Default Swaps), des contrats assurant tout risque de perte d’actifs ou de prêts pour les souscripteurs. À ce titre, AIG percevait une prime proportionnelle à la valeur du bien garanti. En revanche, l’entreprise n’avait pas mis de côté le moindre dollar pour couvrir les éventuelles pertes. L’explosion de la bulle immobilière et l’effondrement boursier consécutif ont provoqué le déclenchement de ces contrats ruinant alors l’assureur américain peu prévoyant.

L’anarchie financière qui s’est renforcée depuis des années a permis à de nombreuses entreprises et à de nombreux dirigeants de réaliser des profits et des bonus colossaux depuis des années. Mais une fois le château de cartes effondré, ce sont bien les contribuables qui se retrouvent contraints de sauver cette finance qui les a pourtant si souvent étranglés dans le passé. Le système néolibéral aboutit finalement à une privatisation des profits et une collectivisation des pertes.

Une réforme de la finance encore lointaine
Malgré l’énormité des excès commis, les dirigeants de la planète ne semblent pas vraiment se diriger vers une véritable réforme de la finance. Comme le dit Pierre-Antoine Delhommais dans le Monde à propos de la réunion du G20 à venir : « On y dira du mal des paradis fiscaux - sans les supprimer -, des agences de notation - sans remettre en cause leur existence -, on s'engagera à mieux superviser les hedge funds - sans les interdire - et à mieux réguler les activités des banques - sans les contrôler entièrement. »

Pourtant, de nombreux auteurs proposent de nouvelles idées pour sortir de cette anarchie économique qui ne mène qu’au chaos. Sébastien Duchêne évoque les pistes intéressantes de Michel Aglietta pour donner de nouveaux objectifs à la politique monétaire, en prenant davantage en compte l’inflation des actifs. D’autres évoquent la Taxe Tobin ou la révision des ratios prudentiels, qui n’avaient de « prudentiels » que le nom. Malheureusement, ces réformes ne semblent pas à l’ordre du jour du G20.

L’énormité chaque jour plus apparente de la catastrophe économique est peut-être le seul espoir que nous avons pour que le système économique et financier soit réformé. Mais, à aujourd’hui, les dirigeants de la planète ne semblent pas très avancés dans leur réflexion.

Source : http://ecofi.blog.lemonde.fr/2009/02/24/les-banques-centr...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03...

Mercredi 04 Mars 2009 - 14:59
Laurent Pinsolle
 
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