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03/04/2009

G20 : Tout change mais rien ne change

G20 : Tout change mais rien ne change

La presse a adoré ce spectacle du G20 qui refait le mondeà Londres et ne se paye pas de mots pour le dire. A part l'Humanité, seul le net, y compris Jacques Attali, affiche un certain scepticisme face à un dispositif destiné à faire en sorte que tout recommence comme avant.



G20 : Tout change mais rien ne change
« La symphonie du Nouveau Monde ». Etienne Mougeotte a adoré la partition que nous a joué hier à Londres l’orchestre philharmonique du G20 : « D’ores et déjà, cette réunion est un succès d’où va sortir un nouvel ordre mondial. Nouvel ordre économique fondé sur la régulation et le contrôle international du système financier ».

Quelques milliers de milliards de dollars sur la table, une liste de paradis fiscaux et nous voilà donc globalement tirés d’affaire.
Sans donner dans le lyrisme propre au Figaro, Le Parisien note « l’incroyable succès du sommet du G20 », zappant Sarkozy de sa une au profit d’une photo d’Obama et Medevedev dans les bras du président-milliardaire italien Berlusconi, tous morts de rire.


G20 : Tout change mais rien ne change
G20: un succès fou
Un empereur médiatique-industriel-milliardaire-accessoirement président tenant dans ses bras les chefs d'Etat de deux des principales puissances mondiales. Beau symbole d’un monde en pleine mutation…
Pour commenter les résultats de ce sommet, Le Parisien donne la parole à Elie Cohen, expert patenté du «monde d’avant» et commentateur attitré du «monde d’après». Elie Cohen était même hier soir dans le 20 heures de France 2 , invité à décrypter en quasi-direct les résultats de ce sommet.
Elie Cohen sera donc l’économiste en chef du Nouveau Monde.
Pour que les experts du monde d’avant nagent déjà comme des poissons dans l’eau dans le monde d’après, il faut vraiment que ce monde ait changé…  

L’emballement est presque unanime, Libération ne cache pas sa joie, s’autorisant un jeu de mots qu’il ne sort que pour les grands événements : «Un G20 pas vain ». Certes, Laurent Joffrin prend des précautions mais veut croire que « la pédagogie de la crise et la pression des opinions ont fait leur œuvre. Les mots ont changé. Il n’y a plus qu’à juger sur les actes ». Et avec des « Y'a plus qu'à », on en a refait des mondes.



G20 : Tout change mais rien ne change

Changer assez pour que tout continue comme avant

Seul L’humanité s’autorise à jouer sa partition, estimant qu’ils « se moquent du monde ». Rabat-joie, L’Huma écrit « Ils avaient un monde à reconstruire et ils se sont contentés d’achalander les grandes institutions internationales en faisant du FMI, de la Banque Mondiale, du FSF et de l’OMC les garants de l’avenir ». Voilà le pouvoir de nuisance de ces institutions « élargi » selon Patrick Appel-Muller qui conclut « Il s’agit de changer juste ce qu’il faut pour que tout continue comme avant ».

Un scepticisme qui l’emporte largement sur Internet. Sur son blog Déchiffrages, le journaliste économique Jean-François Couvrat note que sur la liste des paradis fiscaux publiée par l’OCDE ne figurent ni Macao, ni Hong-Kong. « Pékin veillait au grain » ; « Israël, qui figura jusqu’en 2003 parmi les pays blanchisseurs d’argent sale, il n’est nulle part lui non plus : ni blanc, ni gris, ni noir » écrit le journaliste qui ajoute que « le communiqué du G20 proclame un peu hâtivement que « l’ère du secret bancaire est révolue ». Or le Royaume Uni figure dans la liste blanche, bien que la City soit le premier centre offshore du monde ; et que les riches étrangers établis à Londres bénéficient d’une exonération fiscale totale de leurs revenus ».

Le monstre de la finance mondiale ne demande qu'à se réveiller
Dans un article du Monde Diplomatique, Laurent Cordonnier parle, lui,  de « rustines sur le Titanic de finance mondiale ». Si l’économiste affirme qu’on « ne devrait pas faire la fine bouche en jugeant la volonté réformatrice des principaux acteurs de ce sommet (…) alors qu’il y a 18 mois personne n’aurait ramassé un tract d’ATTAC par terre », il pondère aussitôt, « l’approche reste celle de la « gestion des risques »... que l’on ne s’interdit pas de créer. La batterie des mesures envisagées se trouve bien dans ce registre, où il n’est question que d’augmentation de la transparence, de contrôle des systèmes d’incitation, de régulation prudentielle, de supervision, de renforcement de la gouvernance et du management (du risque)... c’est-à-dire de toute une ingénierie d’ordre techno-politique visant à tenter de rattraper les dérives induites par une doctrine restée intacte : celle qui crée les risques au nom de la liberté d’entreprendre et tente ensuite de domestiquer la bête, une fois qu’elle se trouve dépassée par sa créature ». Bref, le monstre ne demande qu'à se réveiller.

Même Jacques Attali sur son blog, n’arrive pas à chanter à l’unisson des éditorialistes et le regrette : «J’aurai tant voulu pouvoir, comme le font presque tous les commentateurs, saluer sans nuance les efforts énormes des uns et des autres pour que personne ne claque la porte. (…) Mais je ne peux m’empêcher de craindre que tout cela n’annonce aussi  l’accumulation de bien de nouveaux nuages à l’horizon, parce qu’on emploie pour résoudre la crise les mêmes armes que celles qui l’ont créée. (…). Tout se passe comme si les alcooliques anonymes, tout heureux de leurs  bonnes résolutions, avaient décidé, au sortir de leur réunion,  de prendre un dernier verre.  Pour la route ».


Vendredi 03 Avril 2009 - 13:23
Régis Soubrouillard

De bien beaux discours et... une belle photo !!!

Lutte contre les paradis fiscaux : De bien beaux discours et... une belle photo !!!

Hier c’était la fête à Londres !!!

Le G20 de Londres s’est achevé hier sur les déclarations satisfaites de ses participants. Naissance d’un "nouvel ordre mondial", selon Gordon Brown


"compromis historique" pour Angela Merkel, et selon Nicolas Sarkozy, "compromis historique au-delà de ce que nous pouvions imaginer "

Justement, au delà de la satisfaction affichée par les participants, il était intéressant d’avoir le sentiment de gens moins médiatiques et c’était le cas, hier soir sur LCP AN qui organisait un débat sur les paradis fiscaux auquel je participais comme Webcameur.

Les invités :

Thierry Lamorlette qui a publié : "Guide critique et sélectif des paradis fiscaux - Stratégies de défiscalisation en toute légalité des personnes physiques en France et à l’étranger" qui est présenté par Décitre de la façon suivante : Guide critique et sélectif des paradis fiscaux en France et à l’étranger dresse un panorama de l’ensemble des stratégies fiscales - nationales et internationales - que tout contribuable, soucieux d’améliorer la gestion de ses biens, se doit d’envisager. Montrant que l’optimisation fiscale en et hors de France demeure le moyen légal le plus performant pour alléger ses impôts, ce livre, rédigé par des spécialistes réputés de la fiscalité internationale, est une base reconnue pour s’informer et permettre aux particuliers et à leurs conseils d’explorer, en toute légalité, les opportunités de défiscalisation et leur évolution.

830f3b6.jpgDaniel Lebègue de Transparence Internationale . Il est à noter que Monsieur Lebègue est également , depuis 2003, administrateur de Alcatel-Lucent, Crédit Agricole SA, Technip, Scor. Parallèlement, il est Président de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales, président de la section française de Transparency international, Co-Président d’Eurofi, Président d’Epargne sans frontières.

Vous pouvez consulter la liste des administrateurs de Transparence Internationale sur leur site et constater que plusieurs membres sont par ailleurs très présents dans des banques ayant brillé par la transparence de leurs placements comme :


- Le directeur adjoint de la conformité chargé de la sécurité financière/ Crédit Agricole

- La Conseillère spéciale du Président de Natixis

Ou sont domiciliés dans des paradis fiscaux comme :


- La Compagnie Financière pour l’Amérique Latine Holding SA

Ou qui se sont distingués par le gouvernance d’entreprise :


- Michel Bon (ancien PDG de France Telecom) condamné en 2008 pour sa gestion opaque

En clair, nous avions sur le plateau deux spécialistes du sujet, plus deux élus, l’un Nouveau Centre et un du Parti Socialiste dont la prudence dans les déclarations montrait leur désarroi sur le sujet et ses conséquences

 

Dans le principe : L’OCDE a publié une liste noire de ces territoires à niveau d’imposition très faible ou nul et au sein desquels règne une véritable opacité fiscale. Certains de ces paradis fiscaux, dont la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche, ont accepté de lever le secret bancaire en cas de soupçon étayé d’évasion fiscale.

Ce qui revient à dire que la situation n’évoluera pas puisque les pays peuvent déja demander mais se heurtent à des procédures tellement lourdes et alambiquées qu’il est nécessaire d’attendre plusieurs années pour les voir aboutir et dans certains cas, les pays demandeurs finissent par abandonner.

Dans cette liste Liste de l’OCDE Progress made as at 2nd April , on distingue des couleurs allant du gris clair au noir

Liste noire
Sont répertoriés sur une "liste noire" des Etats ou territoires qui ne se sont pas engagés à respecter les standards internationaux : le Costa Rica, la Malaisie (Labuan), les Philippines et l’Uruguay.

photo_1238259677854-1-original.jpgDeux listes "grises" désignent des Etats ou territoires qui se sont engagés à respecter les standards internationaux mais ont à ce jour signé moins des douze accords requis.

Liste "gris clair" de paradis fiscaux
Comprend l’Autriche, la Belgique, le Brunei, le Chili, le Guatemala, le Luxembourg, Singapour et la Suisse.

Liste "gris foncée" de pays ou territoires (correspondant à la même définition mais déjà identifiés en 2000 par l’OCDE contient 32 noms) :

Andorre, Anguilla Antigua, Barbade, Aruba, Bahamas, Bahrein, Belize, les Bermudes, les iles vierges anglaises, les iles Cayman, les iles Cook, la Dominique, Gibraltar, Grenade, Liberia, le Liechtenstein, les Iles Marshall, Monaco, Montserrat, Nauru, les Antilles néerlandaises, Niue, Panama, St Kitts and Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et Grenadine, Samoa, San Marin, les iles Turks and Caicos et Vanuatu.

Il va falloir y aller sérieusement, Monsieur Brown, puisque dans cette liste la Grande Bretagne est leader.

Liste blanche
La Chine figure sur une liste "blanche", sur laquelle figure les Etats qui ont sensiblement amélioré leur législation pour l’adapter aux normes internationales. L’OCDE constate en revanche que Hong Kong et Macao, deux régions administratives spéciales chinoises se sont pour l’instant "limitées à des engagements". Sources diverses dont L’Express

Le cas de la Chine, qui a défendu cette démarche sans grand enthousiasme est l’exemple type du "nouvel ordre mondial" annoncé par Gordon Brown. Elle avait donné son accord à condition que deux de ses territoires, Hongkong et Macau, ne figurent pas sur la liste noire. L’OCDE constate néanmoins que les deux régions administratives spéciales chinoises se sont pour l’instant "limitées à des engagements". Or la Chine ne fait pas partie de l’OCDE comme en a convenu Monsieur Lebègue. Alors, les engagements ....

1-finance-banque-economie-budget-gouvernement_109.jpgPar ailleurs, on constate que la Principauté d’Andorre est placée dans le "gris foncé". Nul doute que son co prince va mettre autant de détermination à démissionner de son poste qu’il en a mis à pratiquer la politique de la chaise vide. Car à bien y regarder, le "pantone" définit par le G20 permet à beaucoup de pays de déclarer leur intention de coopérer mais ne définit pas clairement les moyens de rétorsion en cas de collaboration à minima.

Enfin, regardant la photo réjouie des chefs d’état et de gouvernement, je me suis souvenu que j’avais écrit, au sujet du sommet de L’Union Pour la Méditérranée (dont curieusement nul ne parle plus) : "Du moment que la photo est bonne ...."

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Jean claude Benard

15:42 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : g20, sarkozy, ocde, londres

La deuxieme vague arrive ?

Koudrine « le cavalier du feu » prévoit le désastre qu’il causera lui-même !

Equitalyon2008cavalierFeu.jpg« Der so oft den roten Hahn
Meilenweit von fern gerochen
Mit des Heilgen Kreuzes Span
Freventlich die Glut besprochen
Weh !... »

[« Toi qui si souvent flaire les flammes rougeoyantes
A une lieue,
Et qui avec un fragment de la sainte croix
Conjure malicieusement l’incendie –
Misère !... »]

2 avril 2009 (LPAC) — La ballade d’Eduard Mörike sur le mystérieux « cavalier du feu » (« Der Feuerreiter ») des histoires populaires, qui chevauche furieusement pour alerter du feu qu’il attise lui-même, fut mise en musique par Hugo Wolf en 1888. Aujourd’hui, elle décrit l’attitude d’Alexeï Koudrine, le ministre des Finances russe.

118400858.jpgAlors que Koudrine rencontrait aujourd’hui les ministres des Finances des pays de la CEI, avant de se rendre au sommet du G-20 auquel il assistera avec le Président Dmitri Medvedev, l’émoi s’emparait des médias russes, en raison de son avertissement qu’une « deuxième vague » de la crise financière était sur le point de se propager en Russie.

S’exprimant la semaine dernière, lors d’une session décisionnelle au ministère de l’Economie, Koudrine déclara à ses partenaires du gouvernement que « dans un futur proche, aura lieu une nouvelle correction et une nouvelle chute des marchés boursiers… Nous pouvons nous attendre à une récession mondiale plus profonde ».

En Russie, « nous nous attendons à une deuxième vague de problèmes dans le système financier. Nous devons prononcer le diagnostique sans détour : ce sera une vague déclenchée par l’incapacité du secteur réel à rembourser les crédits. » Dans certaines industries, dit-il, les arriérés s’entassent depuis six mois, voire un an. La raison en est, selon lui, que certaines entreprises ont cru que la demande reviendrait… mais cela n’est pas arrivé.

koudrine.jpgEn réalité, le principal poids qui pèse sur les emprunteurs russes, les rendant incapables de rembourser leurs emprunts aux banques, provient des politiques mêmes du grand argentier, combinées à celles de la Banque centrale russe que dirige Sergueï Ignatiev.

Obéissant au dogme neo-libéral qui dicte que « le combat contre l’inflation » est la priorité des priorités, ils ont maintenu des taux d’intérêt élevés, alors même qu’ils injectaient des liquidités dans les marchés boursiers et certaines banques pour les renflouer.

Le quotidien Komsomolskaya Pravda, dans un article du 30 mars, citait Yelena Panina, Présidente adjointe du Comité sur l’industrie de la Chambre basse : « Les banques accordent actuellement des crédits à très court terme, à 27-28%. Et elles imposent des conditions supplémentaires incroyables à l’égard du nantissement. Quels en sont les résultats ? Les usines ne peuvent tout simplement pas rembourser. Aucune entreprise du secteur réel ne pourrait tenir face à de pareils taux d’intérêt. Comment qui que ce soit pourrait honorer une telle rentabilité ? »

15:33 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, koudrine, finance, russie, obama

l’accord du G-20 doit être rejeté

LaRouche : l’accord du G-20 doit être rejeté
3 avril 2009 - 14:52

obama1.jpg2 avril 2009 (LPAC) – Suite à la publication du communiqué officiel du G-20 à Londres, Lyndon LaRouche déclara : « Ce qu’ils proposent revient à recommander du cyanure pour guérir un mal de tête. C’est un remède qui achève le malade. »

Il faisait allusion à la supposition sous-tendant l’ensemble du communiqué, énoncée dans le troisième point : « Nous pensons que la seule fondation authentique pour une mondialisation soutenable et une prospérité en croissance pour tous, est une économie mondiale ouverte, fondée sur les principes du marché, une régulation efficace, et des institutions mondiales fortes. » Plus loin, le communiqué poursuit : « Nous entreprenons une expansion fiscale concertée sans précédent (…) qui, dès la fin de l’an prochain, s’élèvera à 5000 milliards de dollars, augmentera les rendements de 4%, et accélèrera la transition vers une économie verte. »

capute-cocci-fou2.gifLaRouche qualifia ces déclarations de « confessions d’une assemblée de malades mentaux ».

« C’est du fascisme à la sauce d’Oswald Mosley. Mosley serait extasié, tout comme H.G. Wells, qui le soutenait en 1933. A cette époque, les alliés de la City de Londres à Wall Street soutenaient Mussolini, comme le faisait le grand pragmatiste américain, John Dewey. Ils soutenaient aussi Hitler, comme un Mussolini allemand.

« C’est du fascisme combiné à de la folie. C’est un cas où l’esprit criminel dégénère dans la folie.

« J’espère qu’il y aura suffisamment d’hommes et de femmes patriotes dans le Congrès des Etats-Unis pour empêcher l’adoption de cet accord. Cela impliquerait la mort des Etats-Unis et de beaucoup plus. Cela doit être tout de suite arrêté. »

Malheureusement, si Roosevelt rejeta à son époque le projet fasciste de gouvernement mondial de H.G. Wells (décrit dans son livre The Open Conspiracy), le Président Obama a fait exactement le contraire.

fou.jpgEn effet, lors d’une conférence de presse après la clôture du G-20, Obama approuva l’ensemble du programme de Gordon Brown, exprimant personnellement sa reconnaissance envers le travail de Brown et de toute son équipe. De plus, il s’est glorifié d’avoir lui-même jouer un rôle décisif pour « établir un consensus ».

LaRouche souligna que les Britanniques l’avaient dupé précisément grâce à cette image d’artisan du consensus qu’il a de lui-même. La conséquence en est que Obama est « sur le point de s’effondrer. [Les Britanniques] n’avaient pas besoin de le contrôler, puisqu’il pouvait se contrôler lui-même. C’est tragique. »

« Un tel accord ne peut être admis », dit LaRouche. « S’il l’était, cela pourrait très bien provoquer des émeutes aux Etats-Unis, une rupture de la nation et du terrorisme. On doit donc le rejeter. Les Etats-Unis ne doivent signer aucun traité dans cet esprit. Aucun patriote n’autorisera à ce qu’il soit confirmé, qu’il soit démocrate ou républicain. Signer cela reviendrait à trahir les Etats-Unis.

obama.jpg« Voici une autosatisfaction dont le Président pourrait se remettre, mais ce n’est pas le cas de la nation. Le prix de cette autosatisfaction est trop cher à payer. Personne n’a le droit d’utiliser son ego de cette façon. Notre pays et l’humanité ne peuvent pas être mis en péril parce que Obama veut gagner un concours de popularité. »

15:25 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, obama, larouche

02/04/2009

Bouclier fiscal + endettement : le cocktail gagnant-gagnant de l’UMP pour les riches

Bouclierfiscal.jpgLa loi TEPA est devenu le symbole du mandat Sarkozy. A peine le président bling-bing remis de ses luxueuses vacances sur le yacht de son ami Vincent Bolloré, le gouvernement déposait le 29 juin 2007 un projet de loi avec dans le collimateur les impôts les plus redistributifs. 

Cette politique a contribué à creuser l’endettement de la France, qui atteindra cette année plus de 75% du PIB. Or, le remboursement de cette dette occasionnera une nouvelle redistribution de la richesse nationale au profit des plus riches, ceux-là mêmes qui avaient bénéficié des gâteries fiscales du gouvernement.


jpg_Krach-d3208.jpgLa loi TEPA, hold-up inaugural du quinquennat bling-bling

La loi TEPA est devenu le symbole du mandat Sarkozy. A peine le président bling-bing remis de ses luxueuses vacances sur le yacht de son ami Vincent Bolloré, le gouvernement déposait le 29 juin 2007 un projet de loi avec dans le collimateur les impôts les plus redistributifs :

  • l’impôt sur le revenu (IR) voit son taux maximal abaissé à 40%, ce qui revient à supprimer les deux tranches supérieures ;
  • les droits de succession, qui constituent un outil trop méconnu de redistribution, sont l’objet d’abattements multiples pour un total avoisinant 2,27 milliards d’euros ;
  • des abattements de 20 à 75% de l’impôt de solidarité sur la fortune ;
  • au cas ou cela ne suffirait pas, on met en place un "bouclier fiscal" à 60% en 2007, ramené à 50% en 2008. Ainsi, si l’on additionne la CSG, la CRDS, l’impôt sur le revenu, l’ISF, les taxes foncières et la taxe d’habitation et que le total est supérieur à 50% du revenu, l’heureux privilégié se voit rembourser l’excédent : sept impôts pour le prix d’un seul et si vous trouvez moins cher ailleurs, on vous rembourse la différence.

Et, tenez-vous bien, le gouvernement déclare l’urgence pour faire voter ce paquet fiscal. Dès le début du quinquennat, les priorités étaient fixées.

Sarkobouclier1.jpgUne allergie à l’impôt qui vient de loin

Si cette loi inique a profondément marqué les esprits, ce serait une erreur de considérer son abrogation comme l’horizon ultime de toute politique fiscale de gauche à venir. Comme le rappelle Piratage(s), l’allergie à l’impôt ne date pas de 2007. Qui se rappelle des slogans de la campagne présidentielle de 2002 ?

  • Lionel Jospin promettait une baisse de 18 milliards d’impôts, dont 5 sur l’IR, dans la lancée de la politique menée depuis 2000.
  • Jacques Chirac, quant à lui, proposait une baisse de 33% de l’impôt sur le revenu. Dans les faits, la réduction sera de 10% environ.

Alternatives économiques évalue le coût de ce jeu de massacre à 22,6 milliards pour la seule année 2007. Soit quatre fois le plan de relance présenté par le gouvernement fin 2008 (En effet, les 26 milliards annoncés ne seront que 5 à 7 effectivement dépensés en 2009, d’après le chiffrage de Jacques Généreux). L’Etat s’est donc appauvri au profit des plus riches à une période de conjoncture favorable (Rappellons-nous l’affaire de la "cagnotte" de plus de 5 milliards d’euros dégagée par le gouvernement Jospin en 1999.)

Le double effet de la dette créée par les gâteries fiscales

f860e9d80ec40c1900b17c3fd57201fa.jpgNous ne sommes pas de ceux qui pensent que la dette est un mal en soi, comme il ressort des incantations des éditorialistes en vue. Cette question a été traitée de façon fort exhaustive sur d’autres blogs. Cependant, il ne faudrait pas non plus y voir une variable totalement indifférente. Car la dette est un puissant outil de redistribution de l’argent public vers les prêteurs - autrement dit les épargnants fortunés -, sous la forme d’intérêts. Le problème est évidemment inhérent à tout l’emprunt. Cependant, quand une partie de cette dette a pour origine le démantèlement de l’impôt, les nantis gagnent sur les deux tableaux.

  • D’abord, parce que ce sont eux qui bénéficient des gâteries fiscales qui leur sont prodiguées depuis plus d’une décennie.
  • Ensuite, parce qu’ils toucheront des intérêts sur les emprunts que l’Etat consacre à boucher les déficits causés par ces gâteries fiscales.
C’est le double effet néolibéral.

01/04/2009

OCDE : la plus grave récession de mémoire d’homme

Les graphiques établis par l’OCDE pour faire le point sur la situation à l’approche du G20 permettent de juger rapidement de l’ampleur exceptionnelle d’une récession à l’échelle mondiale que les analystes de l’organisation décrivent comme « la plus profonde et la plus synchronisée de mémoire d’homme ». Activité économique, production industrielle, commerce international, crédit, secteur immobilier, chômage, déficits budgétaires, tous les indicateurs sont - ou vont - passer au rouge. Cette crise est déjà plus forte que celles qui avaient suivi les deux chocs pétroliers, et l’OCDE prévoit qu’elle devrait s’aggraver encore durant l’année, provoquant une contraction de l’activité comprise en 4 et 7% sur l’ensemble des pays appartenant à l’organisation. Une grande incertitude continue de régner, jugent les analystes, car les prévisions publiées dépendent de la réussite de l’assainissement du secteur financier avant la fin de l’année. Mais comme le notait Munchau, l’OCDE s’inquiète que le ralentissement ne détériore encore la solvabilité des établissements et elle précise que ses prévisions pourraient également être remises en cause par une crise monétaire ou une crise bancaire touchant les pays européens de l’est ou les pays émergents. Nous avons sélectionné les principaux indicateurs publiés par l’OCDE.

Contre Info, 1er avril 2009

Ci dessus : Un écart de production sans précédent - Différence entre le potentiel économique (estimé) et l’activité réelle

La croissance s’est effondrée - PIB réel, corrigé de l’inflation

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Le ralentissement sur deux trimestres consécutifs le plus marqué depuis l’après guerre - Comparaison par rapport aux précédentes récessions.

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Une récession synchronisée - pourcentage de pays de l’OCDE subissant un ralentissement

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Plongeon de la production industrielle

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Effondrement du commerce mondial - Taux de croissance trimestriel annualisé, 1970 à aujourd’hui

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Augmentation du chômage - Projections

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Taux de chômage

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Crédit

Forte contraction du crédit

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Durcissement des conditions d’octroi de crédit

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Immobilier

USA : Augmentation des saisies et des défauts ou retards de paiements

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Chute marquée du nombre de permis de construire - Période octobre à janvier, variation par rapport à l’année précédente

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Baisse des prix dans l’ensemble des pays

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Inflation

Baisse marquée de l’inflation

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Risque déflationniste

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Déficits publics

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Synthèse des prévisions

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Source : OCDE Economic Outlook, Interim Report

31/03/2009

La Dernière Chance ?

Sommet du G20 de Londres : la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale

Lettre ouverte aux dirigeants du G20, publiée en anglais dans l’édition mondiale du Financial Times le 24/03/09

Mesdames, Messieurs,

Il vous reste moins d’un semestre pour éviter que la planète s’enfonce dans une crise dont elle mettra plus d’une décennie à sortir, avec un terrible cortège de malheurs et de souffrance. Cette lettre ouverte de LEAP/E2020, qui dès Février 2006 avait annoncé l’imminence d’une « crise systémique globale », veut tenter de vous indiquer brièvement pourquoi il en est ainsi, et comment éviter cela.

groupe_G20_469_311_3075b.jpgEn effet, si vous avez commencé à soupçonner l’ampleur de la crise il y a moins d’un an, c’est dès Février 2006, dans la 2° édition de son « Global Europe Anticipation Bulletin » (GEAB), que LEAP/E2020 avait annoncé que le monde entrait dans la « phase de déclenchement » d’une crise d’ampleur historique. Et depuis cette date, LEAP/E2020 a continué, chaque mois, à anticiper d’une manière très fiable les évolutions de la crise dans laquelle le monde entier se débat désormais. Ce qui nous conduit à vous écrire cette lettre ouverte dont nous espérons qu’elle éclairera vos choix dans quelques jours.

Et cette crise s’aggrave dangereusement. Récemment, à l’occasion de la 32° édition de son bulletin, LEAP/E2020 a ainsi lancé une alerte très importante qui vous concerne directement, vous les dirigeants du G20 : si, réunis à Londres le 2 Avril prochain, vous n’êtes pas capables d’adopter des décisions audacieuses et innovantes en vous concentrant sur l’essentiel, et d’entamer leur mise en oeuvre d’ici l’été 2009, alors la crise entrera à la fin de cette année dans la phase de « dislocation géopolitique généralisée » qui affectera tout autant le système international que la structure même des grandes entités politiques comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’UE. Et vous ne contrôlerez alors plus rien pour le malheur des six milliards d’habitants de notre planète.

Votre choix : une crise de 3 à 5 ans ou un crise de plus d’une décennie ?

_45611577_bigben_afp_466.jpgHélas, comme rien ne vous a préparé à affronter une crise d’une telle ampleur historique, jusqu’à présent, vous ne vous êtes occupés que des symptômes ou des causes secondaires. Vous avez pensé qu’il suffisait d’ajouter de l’essence ou de l’huile au moteur mondial, sans vous rendre compte qu’il était tout simplement cassé, sans espoir de réparation. C’est un nouveau moteur qu’il faut construire. Et le temps presse car chaque mois qui passe détériore un peu plus l’ensemble du système international.

Comme dans toute crise majeure, il faut aller à l’essentiel. Comme dans toute crise de dimension historique, le seul choix est entre entreprendre au plus vite des changements radicaux et raccourcir considérablement la durée de la crise et ses conséquences tragiques ; ou au contraire refuser les changements radicaux en tentant de sauvegarder l’existant, pour ne réussir qu’à prolonger durablement la crise et accroître toutes ses conséquences négatives. A Londres, le 2 Avril prochain, vous aurez ainsi le choix entre résoudre la crise en 3 à 5 ans d’une manière organisée ; ou bien au contraire, entraîner la planète dans une décennie terrible.

Nous nous bornerons donc ici à mettre en avant trois conseils que nous considérons comme stratégiques, c’est-à-dire, que pour LEAP/E2020, s’ils ne sont pas mis en oeuvre d’ici l’été 2009, la dislocation géopolitique mondiale deviendra inévitable à partir de la fin de cette année.

LES 3 CONSEILS DE LEAP/E2020

1. La clé de la crise, c’est la création d’une nouvelle devise internationale de référence !

World_Top.jpgLe premier conseil se résume à une idée très simple : la clé de la crise actuelle se trouve dans la réforme du système monétaire international hérité de l’après-1945 afin de créer une nouvelle devise internationale de référence. Le Dollar américain et l’économie des Etats-Unis ne sont plus en mesure d’être les piliers de l’ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n’est pas abordé directement, puis traité, la crise s’approfondira car il est au coeur des crises des produits financiers dérivés, des banques, des prix de l’énergie, … et de leurs conséquences en terme de chômage massif et de baisses des niveaux de vie. Il est donc vital que cette question soit l’objet principal du Sommet du G20 de Londres et que les premiers éléments de solution y soient lancés. La solution à ce problème est d’ailleurs bien connue : 270209top.gifil s’agit de créer une devise de référence internationale (qu’on pourrait appeler le « Global ») fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète, à savoir le Dollar US, l’Euro, le Yen, le Yuan, le Khaleel (monnaie commune des etats pétroliers du Golfe qui sera lancée au 1° Janvier 2010), le Rouble, le Real, … . et de faire gérer cette devise par un « Institut Monétaire Mondial », dont le Conseil d’ Administration reflète les poids respectifs des monnaies composant le « Global ». Vous devez demander au FMI et aux banques centrales concernées de préparer un tel plan pour Juin 2009 avec objectif de mise en oeuvre au 1° Janvier 2010. C’est votre seul moyen de reprendre l’initiative sur le temps de déroulement de la crise. Et c’est le seul moyen de concrétiser la mise en oeuvre d’une globalisation partagée, en en partageant la monnaie qui est au coeur de toute activité économique et financière.

tsunami.1206208219.jpgSelon LEAP/E2020, si une telle alternative au système actuel en plein effondrement n’a pas commencé à être préparée d’ici l’été 2009, démontrant qu’il existe une autre voie que le « chacun pour soi », le système monétaire international actuel ne passera pas l’été. Et si certains Etats du G20 pensent qu’il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu’aujourd’hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront au contraire toute aptitude à le faire.

2. Contrôlez l’ensemble des banques au plus vite !

Le second conseil est déjà largement évoqué dans les discussions préalables à votre réunion. Il devrait être donc aisé de l’adopter. Il s’agit de mettre en place d’ici la fin 2009 un système de contrôle des banques à l’échelle mondiale qui supprime tout « trou noir ». Plusieurs options vous sont déjà proposées par les experts. Tranchez dès maintenant. Nationalisez au plus vite quand il le faut ! C’est en tout cas le seul moyen de prévenir un nouvel endettement massif des établissements financiers comme celui qui a contribué à la crise actuelle ; et de montrer aux opinions publiques que vous êtes crédibles face aux banquiers.

3. Faites évaluer au plus vite par le FMI les systèmes financiers US, britannique et suisse !

08-10-19-dsk-strauss-kahn.jpgLe troisième conseil touche à nouveau une question très sensible politiquement qui pourtant est incontournable. Il est indispensable que le FMI remette au G20, au plus tard, en Juillet 2009, une évaluation indépendante des trois systèmes financiers nationaux au coeur de la crise financière : ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Suisse. Aucune solution durable ne pourra en effet être efficacement mise en oeuvre tant que personne n’a la moindre idée des ravages causés par la crise dans ces trois piliers du système financier mondial. Et il n’est plus temps de « prendre des gants » avec des pays qui sont au coeur du chaos financier actuel.

Ecrivez un communiqué simple et bref !

_45611576_children_pa_466.jpgPour terminer, nous nous permettrons seulement de rappeler que vous avez désormais à restaurer la confiance chez 6 milliards de personnes, et des dizaines de millions d’institutions publiques et privées. Alors, n’oubliez pas de rédiger un communiqué court, qui ne fasse pas plus de deux pages, qui ne contienne pas plus de trois ou quatre idées centrales et qui soit lisible par des non-experts. Sinon, vous ne serez pas lu hors du cercle étroit des spécialistes et vous ne pourrez donc pas ressusciter la confiance du plus grand nombre condamnant ainsi la crise à s’aggraver. Si cette lettre ouverte vous aide à sentir que l’Histoire vous jugera pour ce que vous aurez réussi à faire ou pas lors de ce Sommet, alors elle n’aura pas été inutile. Sachez simplement, que selon LEAP/E2020, vos peuples respectifs n’attendront pas plus d’une année pour vous juger. Une chose est néanmoins certaine : cette fois-ci vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenu !

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Franck Biancheri Directeur des Etudes de LEAP/E2020 Président de Newropeans

 



30/03/2009

L’ agonie d’un système

L’ agonie d’un système

renard-poule-maison_~DOM060.jpgDans quelle économie vivons-nous exactement ?
Officiellement, nous sommes toujours en régime capitaliste, un régime que nous préférons appeler "libéralisme économique" ou encore "libre échange", ces deux expressions évoquant le mot "liberté" qui flatte nos oreilles républicaines.
Mais cette liberté, en matière économique, c’est devenu celle du renard dans le poulailler...

Sauf que la volaille (nous), non contente de se faire plumer, engraisse et protège son prédateur. Autrement dit, le capitalisme, ce système sans foi ni loi qui fait "des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres" selon une formule bien connue, ce système inique, lorsqu’il se met en danger par ses propres excés, est soutenu, consolidé, sauvé par la volaille qui constitue le gros bataillon des états.
Jusqu’à présent, du moins, car les choses pourraient changer grâce (si l’on peut dire...) à l’ampleur de la crise actuelle. Elles changeront si les dirigeants du monde prennent conscience du danger qui pointe à l’horizon. Dans le cas contraire, le pire est à venir pour aboutir, quand même, à un changement inévitable.

Pourquoi les états soutiènnent encore le régime libéral-capitaliste à l’agonie ?
Il y a plusieurs réponses possibles à celà :

Il y a l’idée, fausse mais entretenue par tous ceux qui en profitent, qu’il n’y a rien de possible entre le libéralisme économique et le défunt communisme. Ce qui est faux, bien entendu. Mais ce mensonge protège les intérêts des rapaces qui détiennent le vrai pouvoir occulte, celui de la finance, vous savez, ceux qui n’en ont jamais assez et jamais trop....

pauvrete.jpgIl y a aussi ce que l’on pourrait appeler "le conformisme culturel", hérité d’un lointain passé et qui fait considérer comme "naturel" et immuable ce qu’on a toujours connu, comme la société structurée en riches et en pauvres, avec, entre les deux, une classe moyenne. Cette classe moyenne, consciente de ses petits privilèges lorsqu’elle se compare à la classe inférieure misérable, est le meilleur soutien du système dominant.
Un autre soutien de la structure traditionnelle de la société, ce sont les religions et particulièrement les monothéistes, qui ont toujours pactisé implicitement avec les pouvoirs en place (et explicitement au temps des royautés), en valorisant spirituellement la pauvreté à laquelle on a fait miroiter l’espoir d’un éden futur et hypothétique...

Un autre conformisme, c’est l’idéal de la réussite individuelle, importé par l’oncle Sam et qui explique, en somme, "si vous réussissez, soit par le travail, soit avec la chance (et on pourrait rajouter : par le talent, la spéculation, voire les trafics en tous genres, ou encore l’escroquerie "légale" basée sur les failles administratives et juridiques), c’est que vous le méritez et vous avez bien raison d’en profiter"...

594880-726246.jpgIl y a là, surtout depuis le milieu du XXè Siècle, un dévoiement complet de la notion de "mérite". Ainsi, aucun homme sur terre ne mérite de gagner 1000 fois ce que gagne un autre homme en travaillant, ni même 100 fois. Toutes les fortunes sont - ou devraient être - illégales.
Comme le disait déjà Balzac : "à l’origine de toute fortune, il y a un crime qu’on ignore". Il ne s’agit pas forcément d’un crime de sang, il y a bien d’autres façons d’être un criminel social... Je vous épargne les exemples.

Le plus triste dans cette histoire, c’est que ce sont souvent les plus humbles qui soutiennent le principe des grandes richesses, en bavant d’admiration devant les "idoles qui le méritent bien" puisque : ils savent taper dans un ballon, ils savent spéculer avec de l’argent qui ne leur appartient pas, ils savent bien chanter, ils savent, bien ou mal, diriger une usine ou une banque...etc.
Or, le mérite n’a plus aucun sens, tel qu’on le conçoit, dans une société qui a perdu complètement ses repères et la mesure des choses.

Mais revenons à notre crise qui n’est pas seulement une crise financière, mais aussi une crise sociétale qui nous entraîne vers une crise de civilisation. Autant dire que la résolution en sera longue et difficile, si toutefois les décideurs mondiaux prennent conscience de la gravité et des enjeux du phénomène.
C’est qu’un simple replâtrage du système actuel est voué à l’échec et à un effondrement dramatique de l’ensemble des économies, dans un temps plus proche qu’on ne le croit, bientôt suivi de ce que certains appellent déjà "la révolte de la pauvreté". Révolte qui sera, soyons-en certains, trés violente.
Car les classes moyennes, qui soutiennent encore le système, sont et seront de plus en plus touchées. Et elles changeront de camp.

stef-liberalisme.jpgLa gravité de la situation est, heureusement, perçue par de plus en plus de monde, y compris chez beaucoup d’intellectuels. Par contre, dans le milieu politique traditionnel, droite et gauche confondues, on refuse encore de remettre en cause le sacro-saint libéralisme économique, en dépit de belles paroles que l’on n’avait, il est vrai, pas l’habitude d’entendre dans certaines bouches... Il ne manque plus que le courage, une vertu oubliée depuis longtemps quand il s’agit de mettre en chantier une véritable révolution culturelle...
liberalisme.gifMais parler de "moraliser le capitalisme", c’est se foutre du monde !
Le capitalisme est, par nature, immoral et amoral. C’est pourquoi il est condamné à disparaître, victime de ses excés et de ses contradictions. Il faut revisiter Marx et sa clairvoyance car ce qu’il avait prédit est en train de s’accomplir sous nos yeux. Même si la bête va chercher à survivre dans des soubresauts dévastateurs...
Il faudra aussi revisiter et s’inspirer des économistes réformistes et utopistes ( Mill, Sismondi, Saint Simon, Proudhon, Owen...). Ils ont encore des choses à nous apprendre sur l’équité et le partage.

P925908D816244G_px_470__w_ouestfrance_.jpgLes commentateurs, politiques et journalistes, conformistes et en mal d’imagination, reprochent bêtement à Besancenot et son NPA d’avoir un discours stérile, dans la mesure où ils ne souhaitent pas participer au pouvoir... Or, dans le contexte économique mondial tel qu’il existe aujourd’hui, Besancenot a bien raison de ne pas s’inscrire dans un pouvoir qui ne fait que gérer la crise dans le seul but de maintenir un système condamné à terme.
Un capitalisme toujours néfaste et presque virtuel puisqu’il est soutenu à coup de milliards par les états qui soutiennent par ailleurs l’économie réelle avec d’autres milliards, et qui consacre encore d’autres milliards pour le social, afin d’éviter le pire : la révolution.
Mais les milliards aussi sont virtuels puisqu’ils ne les ont pas....
L’état est partout pour colmater les brèches du système décadent qu’il défend.

Je reviens à ma question première : dans quelle économie vivons-nous ?
( à suivre...)

21:00 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : systeme, agonie, liberale, npa

Message d’urgence de Lyndon LaRouche

Message d’urgence de Lyndon LaRouche au président Barack Obama et au peuple américain

Lyndon LaRouche vient de s’adresser par une émission vidéo au président Barack Obama et au peuple américain.

Lyndon LaRouche : Vous vous souvenez peut-être que je suis la seule personne, qui, le 25 juillet 2007, avait mis en garde contre ce qui est arrivé par la suite à l’économie mondiale.

A ce jour, quelques économistes de premier plan ont, à leur manière, défendu des vues qui coïncident avec les miennes.

OBAMA-crise-eco.jpgJe vous dis, en tant qu’expert, contre ceux qui ont prétendu le contraire pendant ces dernières années, que cette politique a été imposée au président des Etats-Unis [celle du renflouement des actifs spéculatifs avec l’argent du contribuable], peut couler les Etats-Unis et sa présidence sans tarder.

Le président ne pourra en aucune manière survivre à cette politique, y compris à très court terme. Cette politique est incompétente, anti-constitutionnelle et de nature à détruire les Etats-Unis.

Et le citoyen américain – non pas les classes moyennes aisées que le président écoute un peu trop — , mais le citoyen ordinaire de ce pays, c’est à dire 60 à 70% de la population, se retournera rudement contre le président, s’il n’abandonne pas cette politique folle.

Une seule solution existe, et elle existe depuis que je l’ai développé entre juillet et septembre 2007 : « Mettez l’ensemble du système financier en faillite organisée ». Prenez tous ces déchets [toxiques] et jetez-les au panier ! Reconstruisez le système bancaire d’après les critères de la loi Glass-Steagall. Recapitalisez les banques et non pas les spéculateurs ! Apportez des liquidités aux banques, du crédit d’Etat qui leur permettra de rétablir leur solvabilité.

Mais, ne renflouez pas les spéculateurs ! Ne faites pas de cadeaux aux spéculateurs ! Sinon, vous ne resterez pas président très longtemps, Monsieur le président.

changement-en-marche-obama.jpgJe fais tout ce qui est dans mes moyens pour vous aider, pour vous aider à survivre comme président et réussir. Mais cette erreur que vous avez commis, en suivant des mauvais conseillers, des conseillers incompétents, peut vous coûter la présidence et couler les Etats-Unis avec. Car, si vous sombrez maintenant, vous entraïnerez tout le pays dans votre chute. Et vous allez devenir de plus en plus impopulaire dans les jours et semaines à venir. Changez donc maintenant. Abandonnez tout de suite cette politique qui est contraire à la Constitution. Elle n’est pas seulement contraire à la Constitution américaine, elle est immorale !

Soyez donc un président « moral » : rejetez cette politique !

Et soyez certain qu’une immense majorité du peuple américain vous suivra.

Prenez cette décision sans tarder, Monsieur le président, car cette politique est une erreur terrible.

1050964-1328221.jpgJe suis l’expert le plus compétent. Il y a bien entendu d’autres personnes dans la classe dirigeante qui sont d’accord avec moi d’une manière ou une autre. Mais l’expert, c’est moi, et je vous le demande : « Ne faites pas cette erreur fatale car ce serait un suicide politique. Revenez donc tout de suite sur cette décision ! »

 

27/03/2009

"Le Global" une nouvelle devise mondial pour remplacer le Dollar ?

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À une semaine d’une importante réunion des pays du G20, la Chine en appelle à l’adoption d’une nouvelle monnaie de référence en remplacement du dollar américain.

C’est que la Chine est dépendante du système monétaire actuel dominé par le dollar US, devise dans laquelle est libellée une grande partie de ses réserves de change, soit près de 2 000 milliards de dollars. Or, la situation économique aux États-Unis inquiète l’empire du Milieu. Si le dollar américain devait péricliter, la Chine serait sérieusement ébranlée, scénario qu’elle veut éviter à tout prix.

Un nouveau système économique mondial

C’est pourquoi elle propose la création d’une monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar US. La gestion de cette nouvelle devise relèverait du Fonds monétaire international (FMI). Le but ultime de cette démarche consisterait à créer un nouveau système économique mondial qui ne soit pas facilement influencé par les politiques de certains pays, souligne la Chine.


Actuellement, Européens et Américains semblent diverger sur les priorités liées à la réforme de l’architecture financière mondiale. Les seconds mettent l'accent sur la nécessité de plans de relance massifs, avant le grand chantier de réforme.

billets_dollar_yuan_b_8175b.jpgLa Chine reconnaît que l'établissement d'une nouvelle monnaie de réserve « largement acceptée » pourrait prendre du temps. Mais, à court terme, la communauté internationale et particulièrement le FMI devraient au moins « faire face aux risques résultant du système actuel, conduire des contrôles réguliers et des évaluations », a souligné le gouverneur de la Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan.

En route vers le « Global » ?

La Chine n’est pas seule à réclamer la fin de la suprématie du dollar US. Frank Biancheri, directeur des études du Laboratoire européen d'anticipation politique (LEAP/E2020), a fait publier en ce sens une lettre ouverte aux dirigeants du G20 dans le prestigieux Financial Times.

« Il vous reste moins d’un semestre pour éviter que la planète s’enfonce dans une crise dont elle mettra plus d’une décennie à sortir, avec un terrible cortège de malheurs et de souffrance », prévient Frank Biancheri. Cette prédiction n’est pas anodine. En effet, dès février 2006, Frank Biancheri et son équipe ont anticipé et documenté avec une précision remarquable la crise financière actuelle.

arton323-742c7.jpgUne solution à la crise

Pour faire échec à la crise, il faut créer une nouvelle devise internationale de référence, dit Frank Biancheri. « Le dollar américain et l’économie des États-Unis ne sont plus en mesure d’être les piliers de l’ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n’est pas abordé directement, puis traité, la crise s’approfondira, car il est au cœur des crises des produits financiers dérivés, des banques, des prix de l’énergie, …et de leurs conséquences en terme de chômage massif et de baisses des niveaux de vie », écrit l’expert.


Sous la gouverne d’un institut monétaire mondial

Cette nouvelle devise, qui pourrait s’appeler le « Global », devrait être fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète : dollar US, euro, yen, yuan, rouble, real, etc. Le « Global » serait géré par un institut monétaire mondial, dont le conseil refléterait le poids respectif des monnaies le composant.


default.jpgFrank Biancheri croit qu’il n’y a pas de temps à perdre. Si une telle solution de rechange au système actuel en plein effondrement n’a pas commencé à être préparée d’ici l’été 2009, « le système monétaire international actuel ne passera pas l’été ». Et si certains États du G20 pensent qu’il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu’aujourd’hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. « Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront au contraire toute aptitude à le faire », note-t-il.

Consulter la lettre ouverte de Frank Biancheri aux dirigeants des pays du G20


Source :

http://conseiller.ca/

04:15 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dollar, fmi, chine, g20, krash

26/03/2009

Implosion de l’économie mondiale en 2009, les preuves

Implosion de l’économie mondiale en 2009, les preuves

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Dès octobre 2008, j’avais dans mon article « cessation de paiement » (alterinfo, betapolitique) indiqué les différentes étapes de la crise systémique actuelle :
-Acte I : les subprimes /les banques.
-Acte II : faillite des hedge funds.
-Acte III : l’économie réelle est touchée (faillite de Ford, General Motors, Chrysler et des compagnies aériennes US entre autre, au premier trimestre 2009).
-Acte IV : faillite des collectivités locales et des états aux USA.
-Acte V : cessation de paiement et destruction du dollar (fin du deuxième trimestre 2009).
J’ai reçu à ce moment là les commentaires sympathiques et chaleureux de certains lecteurs. Je cite : « du n’importe quoi, ignorant, impossible, etc ».
Il faut souligner qu’à l’époque, tous les grands journaux ainsi que la télévision, affirmaient que tout allait bien, que la crise était passagère (lire « Destruction de l’économie et médias »).
Depuis, le temps a fait son œuvre, la crise s’est installée et personne ne remettrait en doute la première partie de mon analyse.
J’ai donc continué mes recherches et j’ai ajouté (le 12 novembre) 2 étapes majeures :
-le secteur des cartes de crédit qui est fortement secoué et sera l’un des prochains krachs à venir (21 milliards de dollars d’emprunts réclamés de janvier à juin 2008). Pour les banques l’année 2009 sera terrible.
-la faillite des fonds de pension et des retraites (une catastrophe gigantesque) : 15 millions de britanniques n’auront pour vivre que 560 livres par mois. Ce sera la même chose pour tous les pays ayant un système de pension par capitalisation (USA, Pays-Bas, Danemark, Japon entre autres).
Je vais donc ici, apporter la preuve que nous ne sommes pas en 1929 (ce que j’affirme depuis des mois), mais que la crise actuelle est un véritable tsunami qui va tout emporter.

 

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En effet, l’économie réelle est sévèrement touchée (acte III) et le pire est à venir :
-Selon Klaus Schwab, le chef du forum économique international de Davos, la crise financière a coûté pour le moment 5000 milliards de dollars. Il ne compte pas les engagements du gouvernement US et de la Fed en soutien à la finance qui totalisent 7 400 milliards, soit 50% du PIB US (source : Bloomberg lundi 24 novembre).
L’Institut de liaisons et d’études des industries de consommation (ILEC) prévoit des défaillances en cascades au premier semestre 2009.
Euler-Hermes SFAC (leader de l’assurance-crédit) pour son étude semestrielle annonce une hausse de 25% des défaillances d’entreprises dans le monde en 2008 (l’Espagne connaît une hausse de 160%), mais surtout, elle prévoit le pire pour 2009. N’oublions pas que les entreprises sont interconnectées entre elles à l’aide de CDS (credit default swaps, contrat de protection entre acheteur et vendeur) pour un montant de 62 000 milliards de dollars. Les premières défaillances ont commencé, nous assisterons donc bientôt, par effet domino, à l’implosion du système. (deja annoncé par l'economiste Lyndon LaRouche le 17 mai 2005)
Byron Dorgan, sénateur démocrate du Dakota, a dit à propos des produits dérivés :« Si vous voulez jouer, aller à Las Vegas. Si vous voulez faire du négoce de produits dérivés, Dieu vous bénisse. »
De plus, les profits des sociétés devraient reculer de 50 %, selon Groupama Asset Management.
1929_krach_5.jpgLe département américain du Travail a d‘ailleurs déclaré une moyenne à quatre semaines de 558.000 chômeurs de plus en décembre 2008 (source : AFP). Il y aura donc 1,7 millions de chômeurs supplémentaires aux USA au mois de mars, si tout va bien. Le problème des « subprimes » est donc loin d’être terminé.
En Chine, 670.000 petites entreprises ont fermé et 6,7 millions d’emplois ont disparu en 2008 (source : Reuters). Les risques d‘émeutes deviennent l’obsession des dirigeants chinois. La situation, là-bas, est plus inquiétante qu’aux USA.
L’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) prévoit "20 à 25 millions" de chômeurs en plus dans le monde d’ici 2010 (source : AFP).
brent 2008-11 graph.JPG-Le docteur Abderrahmane Mebtoul l’un des plus grands économiste d’Algérie (membre de la délégation Algérienne à la réunion de l’OPEP à Oran) et surtout l’un des rares à comprendre la gravité de la crise actuelle affirme que « certains analystes prévoient une contraction de la demande mondiale de pétrole entre 30 et 50% selon l’ampleur de la crise mondiale. »Une demande en pétrole divisée par 2 signifie une économie totalement ravagée.
-Les compagnies aériennes sont lourdement touchées avec des pertes cumulées de cinq milliards de dollars en 2008, 2,5 milliards prévus en 2009. (source : Giovanni Bisignani, directeur général de l’Iata, qui représente 230 compagnies assurant environ 93% des vols internationaux).Un chiffre que j’estime optimiste car les pertes pour 2009 seront largement supérieures à 2008 et il y aura donc des défaillances de compagnies aériennes.
-L’année 2008 a battu tous les records au niveau des catastrophes naturelles qui ont causé 200 milliards de dollars de dégâts matériels. Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re a ainsi déclaré :
« La tendance à long terme que nous observons se poursuit : le changement climatique a déjà commencé et contribue très probablement à une météo extrême de plus en plus fréquente et ainsi aux catastrophes naturelles qui s’en suivent". L’année 2009 devrait être terrible, elle aussi et contribuer à affaiblir les finances des assureurs qui sont comme notre planète : mal en point.
AcheterUSA_Grand.jpg-Le prêt accordé aux 3 géants automobiles (Général Motors, Ford et Chrysler) est assorti de conditions strictes et les constructeurs devront faire preuve de leur viabilité d’ici au 31 mars 2009 et à défaut, le Trésor exigera un remboursement anticipé. Elles seront donc en faillite d’ici 3 mois car, la situation économique se dégradant, elles seront incapables de se redresser.
D’ailleurs, le milliardaire américain Kirk Kerkorian a vendu la totalité des actions Ford qu’il détenait, soit 133,5 millions de titres. (source : déclaration du porte parole de Tracinda sa holding d‘investissement, le lundi 29 décembre).
-L’agence de notation du crédit Standard & Poors indique que l’année 2009 sera l’année de tous les dangers car arriveront à maturité 801 milliards de dollars de dette européenne (entreprises et banques européennes) dont 576,8 milliards pour les institutions financières (40% pour l’Allemagne).
Je m’arrête ici car il faudrait écrire le livre de tout ce qui va mal et j’ai volontairement limité mon étude aux points les plus importants afin de démontrer que je n’affirme rien à la légère. Rien ne fonctionne, les investisseurs sont déprimés. 6a00d83451b18369e200e54f1e58408833-640wi.jpgIl existe cependant un secteur où tout va bien : l’industrie de l’armement et certains (des criminels de guerre ?) n’hésitent pas à conseiller d’investir dans le commerce des armes.
Le Centre pour le Contrôle et la Non-prolifération des Armes indique ainsi que le budget du Pentagone pour 2009, est le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale soit 515,4 milliards de dollars ce qui représente 48% du total mondial des dépenses militaires. (source : Centre pour le Contrôle et la Non-Prolifération des Armes Christopher Hellman et Travis Sharp. Fiscal Year 2009 Pentagon Spending Request Briefing Book).
Le journal Haaretz, le 28 Décembre 2007 affirmait ainsi que 2008 a été une année record pour les dépenses de la Défense israélienne.
Le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute) indique que les dépenses militaires mondiales augmentent rapidement depuis 2006.
Pourquoi tous ces investissements me direz-vous ? Vous avez la réponse en ce moment avec Gaza et le pire (Pakistan, Iran, Ossétie) est à venir.
Vous le voyez, la crise ne touche pas que les USA, c’est un choc planétaire qui affectera particulièrement l’Amérique, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Japon et la Chine. Des émeutes auront lieu partout dans le monde et les états durciront leurs lois (ou pire).
Les USA en profiteront pour s’associer avec le Mexique (main d’œuvre bon marché) et le Canada (ressources naturelles exceptionnelles) en créant la NAU (North American Union) ainsi qu’une nouvelle monnaie qui ne vaudra que 10% du dollar actuel, diminuant d’autant sa dette. Qui a dit que les USA étaient moribonds. Tel le phénix (pour les profanes, le symbole des USA n’est pas un aigle), l’amérique renaîtra alors, encore plus forte et conquérante.
Dans quelques mois nos hommes politiques vont pousser des cris d’orfraie, expliquant qu’ils n’avaient pas prévus l’ampleur de la crise actuelle. Pourtant, tous ces chiffres sont publics.
08-10-09-dsk-fmi-strauss-khan.jpgNos dirigeants nous proposeront une solution mondiale, une monnaie d’échange mondiale et un organisme de contrôle mondial (FMI) qui seront sous le contrôle de quelques-uns. Rien ne changera, ce sera pire : destruction de la planète et de nos libertés au programme. Il s’agit d’un hold-up (mondial) inacceptable face auquel il n’existe qu’une solution, celle que Paul Jorion nomme « une constitution pour l’économie » qui préserve notre écosystème et nos libertés. Une révolution mondiale à travers le web, la première « cyber révolution ».
Je conclus mon article avec cet extrait d’un mail de Francis Neri (spécialiste de l’éducation, de la formation et du conseil, Président de l’Institut Européen de socialisation et d’éducation) qui résume tout :
« Pour 2009, la conjonction des crises nous promet une série de malaises sociaux sans commune mesure avec le passé. Il est probable que le danger vienne de la récupération de la colère des jeunes, victimes d’une éducation et d’une socialisation déficitaire. Nous avons le dos au mur, et nous n’avons pas d’autres solutions que de chercher un « autre chemin ».
Les crises : économique, sociale, écologique, énergétique, des matières premières, alimentaires, sont inter reliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres.
Il est temps « d’avoir des idées » de les rapprocher et de les mettre en œuvre. »

Gilles Bonafi

25/03/2009

Bulle du crédit aux USA et en Europe, aujourd'hui

Voici les derniers chiffres sur la bulle du crédit aux USA et en Europe

La fuite en avant aux Etats-Unis se poursuit, tel un drogué qui augmente sa dose pour maintenir les effets. En Europe, la dette semble refluer !

Voici un point sur ce qui est à l’origine de la crise que nous connaissons, c’est à dire la bulle de crédit géante générée par les plans de relance à répétition :

Carte-bleues.jpgAux USA (statistique Z1 de la FED), la masse de dette atteint désormais 52592 milliards de $, ce qui représente la somme intéressante de 700 000$ par ménage standard (un couple avec deux enfants), ou encore 370% du PIB US (le pic associé à la crise de 1929 était de 160% environ en début de crise, et un peu plus de 260% après 3 ans de crise à cause de l’effondrement du PIB associé).

La croissance du crédit a ralenti (+5,8%) sans s’arrêter, mais comme au trimestre précédent, c’est l‘état qui a fait l’essentiel, sans réussir à relancer le crédit chez les ménages, malgré sa fuite en avant tout à fait exemplaire et caractéristique d’une politique keynésienne parfaitement appliquée.

Les institutions financières ont également augmenté leur endettement (+7,2%)

Un des aspects fondamentaux d’une économie artificielle reposant sur le crédit est que comme pour un drogué, elle a besoin de stimulations toujours plus fortes pour se maintenir à flot : Les plans de relance étatiques ont en apparence une certaine efficacité dans un premier temps et semblent raisonnables en terme de coût. Puis il faut augmenter sans cesse les doses de dette parce que le consommateur devient de plus en plus équipé et a de moins en moins d’appétit de consommation.

  • En 1983, il fallait 1,63 $ de dette nouvelle pour obtenir 1$ de croissance du PIB.
  • En 1997, il fallait 3,08$.
  • En 2007, il fallait 6,86$ pour obtenir ce même $ de croissance.

Dollar_Obama.jpgCeux qui prétendent aujourd’hui “relancer le crédit” n’ont pas compris une chose essentielle : La quantité de dette qu’ils devront “injecter” pour obtenir le $ de croissance supplémentaire croit de façon exponentielle, jusqu‘à la rupture (*) qui est en train de se produire en ce moment.

Cette évolution fait qu’un simple ralentissement de la croissance de la dette est à présent suffisant pour provoquer une catastrophe, vu qu’on sort du schéma exponentiel : même si on parvenait à “effacer l’ardoise” miraculeusement, l‘économie ne repartirait pas (tant que l’on ne voudra pas sortir des schéma passés fondés sur le crédit) parce qu’il faudrait pour cela retrouver une croissance de la dette encore plus forte qu’au cours des années 2000 (en monnaie constante !).

En Europe maintenant, selon les données de la BCE, la situation n’est pas tout à fait la même, puisque le crédit a commencé à se contracter sur les 3 derniers mois (octobre à janvier). Il faut être prudent sur l’interprétation des données de la BCE qui sont moins complètes que celles des USA (en particulier sur les dettes gouvernementales), mais la différence est sensible, surtout en ce qui concerne les institutions financières.

La politique européenne a été un peu moins interventionniste que celle des USA, sans doute parce que la marge de manoeuvre disponible en Europe est moins grande qu’aux USA (les états européens partant en moyenne de plus haut en terme d’endettement public, et les taux des emprunts d‘état y étant plus élevés, de plus ils n'ont pas accés à la planche à billet comme les USA avec le FED, ceci expliquant cela).

Les déclarations de beaucoup de dirigeants ne montrent aucune prise de conscience de la réalité : on continue à croire que le crédit pourra être relancé à l’infini, et on s’occupe comme on peut à chercher des boucs émissaires.

Nous avons eu droit à un flot de déclarations sur le thèmes des paradis fiscaux, des stock-options et bonus de divers patrons, du bouclier fiscal, etc …

Je ne soutiens évidemment pas le blanchiment d’argent ou le versement de récompenses à des dirigeants qui ont mis leur société en faillite. Sans doute que ces problèmes doivent être débattus, mais focaliser le débat sur les stock-options, les bonus de hauts cadres bancaires, ou quelques textes règlementant certaines activités financières permet surtout de donner l’impression d’agir, tout en évitant de parler du vrai problème qui est de passer d’un modèle économique artificiel fondé sur une croissance exponentielle de la dette à un autre modèle économique basé sur une croissance saine où la dette ne progresse pas plus vite que la production de richesses réelles.

AE7CA4ADE59CC985AFE1AF833AF933.jpgVoici le fondement meme de la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy, c'est à dire donné l'impression d'agir activement contre l'immoralité et le dysfonctionnement du systeme, alors meme qu'ils le maintiennent en esperant toujours le sauver. C'est ce qu'on appele: noyé le poisson aupres de l'opinion publique, à grand coup de déclaration sur une soi-disante légiferation, moralisation et surtout la quete de bouc emissaire, qui à eux seul devront endosser tout les maux du systeme, tout en epargnant, (et c'est ce qui n'est pas dit), tous les autres grands patrons; amis eux de Sarkozy. Voilà pourquoi entre autre le gouvernement n'est pas pressé de faire voter de loi et bouger sur ces sujets et prefere garder la reference du cahier d'ethique du Medef, dont tout le monde se fout et ne respecte pas d'ailleurs, comme on a pu le remarquer.

"Continuons de faire semblant que nous agissons et que tout ira bien, en donnant l'impression aux Francais que nous reglons les problemes."

Voilà comment résumé en une phrase la politique de Nicolas Sarkozy, mais la réalité en est tout autre et sans nul doute, le plus dur sera la chute !!!

Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)

Crise systémique - Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)


Dans mon dernier article (n°3), j’ai tenté de démontrer que le dollar ne survivrait pas à la crise. Or, le 18 mars, la FED (banque centrale US) a décidé de racheter des bons du trésor, ce qui revient à monétiser la dette (je l’avais annoncé l’année dernière). Cette information a fait quelques lignes dans les quotidiens nationaux (rien à la télévision) qui, pour l’essentiel, ont commenté cela de façon positive. Pourtant, cette date restera dans les livres d’histoire et sera plus importante que le fameux jeudi noir (krach de 1929) car elle marque la fin, à plus ou moins brève échéance du dollar et donc des USA. Il est donc temps d’éteindre votre télévision et de vous informer sur le net.
purchasing power of the dollar_VtVTzmUa15Yr.gifCe jour là Paul Jorion annonçait sur son blog que c’était « la fin du capitalisme », les analystes de la banque Standard Chartered ont intitulé une note : "le jour où le dollar est mort" et Alan Ruskin, analyste chez RBS, déclarait : « Nous sommes témoins de la chute de Rome ».
Face à l’ampleur de la crise, des experts de plus en plus nombreux, avancent l’idée que l’Europe et les USA risquent l’éclatement. J’ai démontré par ailleurs que de grands pôles continentaux (ASEAN, CEI, North American Union) sont en train d’émerger. Cela peut paraître contradictoire et pourtant ces deux phénomènes auront lieu. Nous assistons donc à la fin des nations avec l’apparition de grands ensembles qui auront pour échelon administratif les régions. Les monnaies nationales peu à peu seront remplacées par des monnaies complémentaires.

 

La région, nouvel échelon administratif.
Peu d’experts ont compris l’importance du rapport Balladur sur les régions et surtout sa pertinence en pleine crise systémique. Pourtant, il est au cœur des solutions qui vont être apportées. Pour comprendre, il faut remonter en 1966.
En effet, Herbert Marshall McLuhan, philosophe, sociologue, spécialiste des médias et conseiller du vatican écrit à cette époque là un livre fondamental « War and Peace in the global Village » publié en 1967 et qui signe l’acte de naissance d’un nouveau concept : le glocal. (wikipédia doit modifier sa base de donnée sur le glocal). Un monde bouleversé par les nouvelles technologies.
Le glocal est en effet un mélange de global et de local qui sera l’architecture fondamentale du nouvel ordre mondial avec d’un côté, les continents (dans un premier temps car eux aussi disparaîtront), de l’autre, des régions et de grands pôles urbains.
Le sociologue Blaise Galland a d’ailleurs démontré le bouleversement majeur des technologies de l’information et l’impact économique qu’elles provoquent au niveau de l’aménagement du territoire. Il a déclaré :
« le processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d’échange et de traitement de l’information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d’organisations socio-spatiales au niveau local. »
Je suis d’ailleurs surpris que personne n’étudie le krach sous l’angle des nouvelles technologies qui sont en train de bouleverser la « vieille économie ».
415I5S78RjL._SS500_.jpgL’information est en effet fondamentale et elle possède une part de responsabilité majeure dans la crise actuelle car elle a permis d’accélérer les flux financiers de façon colossale et sur l’ensemble de la planète (crise mondiale). L’information, qui évolue de façon exponentielle pose ainsi le problème du contrôle, un contrôle totalement défaillant que certains ont appelé « la crise de la régulation » et que l’on va tenter de résoudre en renforçant les structures du FMI.
Bernard Lietaer, économiste, spécialiste des monnaies (il a écrit « The Future of Money »), membre du club de Rome et surtout un des créateurs de l’euro a d’ailleurs brillamment étudié les liens existants entre information et économie. Pour lui, « Tout système complexe en forme de réseau, comme sont les écosystèmes, les organismes vivants, et les économies peut être perçu comme des systèmes de flux de matière, énergie et d’information. » Je vais d’ailleurs démontrer que le rapport Balladur et les travaux de Lietaer sont intimement liés.
Je vous invite à vous procurer le livre blanc de Bernard Lietaer intitulé « Toutes les options pour gérer une crise bancaire systémique » que vous pouvez télécharger en pdf car c’est un document fondamental.
Bernard Lietaer, ainsi, pense que le fonctionnement en réseau de l’économie doit reposer sur les régions. Il a d’ailleurs écrit « Pour une Europe des Régions : les Régions, compléments nécessaires à l’Euro », (Paris : Fondation Mayer, 2008).
La même idée se retrouve dans le rapport Balladur qui déclare à la page 10 (rapport Balladur : Il est temps de décider) :
« L’échelon régional est apparu au Comité comme le mieux adapté aux conditions nouvelles de la compétitivité étant observé, au surplus, qu’il existe un consensus européen sur l’importance du niveau régional dans les politiques de développement. »
Les régions vont de plus en plus se retrouver seules face à des Etats-nations ruinés.
Par ailleurs les articles 2 et 3 de la Charte européenne de l’autonomie locale précisent :
« l’autonomie locale doit être reconnu dans la législation interne » et que « par autonomie locale, on entend le droit et la capacité effective pour les collectivités locales de régler et de gérer, dans le cadre de la loi, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, une part effective des affaires publiques »
monnaielocale.jpgBernard Lietaer, lui, va plus loin : « Une décision importante de la part des gouvernements sera de permettre aux villes et aux gouvernements locaux de choisir eux - mêmes les monnaies complémentaires qu’il leur semble intéressant d’encourager en les acceptant en paiement de taxes de la ville ou de l’état. » ( Livre blanc p 28).
Vous avez bien lu, les villes et les régions pourront créer des monnaies complémentaires. Certains pensent que cela est impossible et pourtant des expériences fonctionnent un peu partout comme en Suisse (WIR), ou en Allemagne (Chiemagauer).
podcast

En 1971 Jaime Lerner, le maire de Curitiba au Brésil a créé une monnaie sous forme de jeton de bus que les gens gagnaient en ramassant les ordures ce qui a permis à cette ville d’être une des plus prospère du Brésil. Jean-François Noubel parle même de monnaies libres qui permettraient un troisième niveau d’organisation économique dont la clé serait le travail collaboratif (comme Wikipédia par exemple).
dossiermonnaiescomplementaires_semeursW-2.jpgBernard Lietaer propose ainsi de créer des systèmes « Business-to-Business (B2B) » au niveau des entreprises (livre blanc p 27).
Ceci n’est pas une hypothèse mais une réalité que Guerman Sterligov homme d’affaires russe est en train d’exploiter. Il a mis en place, dans toutes les grandes capitales (il a investi des millions d’euros dans ce projet à Londres, Paris, Bruxelles, Hongkong) un centre anticrise qui permet aux entreprises d’organiser des paiements à base de troc. Il a ainsi déclaré :
« Adieu argent, crédit, taux d’intérêt... Le système capitaliste a atteint ses limites, il faut trouver de nouvelles règles du jeu","Il ne s’agit pas seulement de troc mais d’un nouveau système de paiement, d’une nouvelle comptabilité. » (Le Monde du 11.03.09).
La réalité dépasse la fiction et prouve que la crise systémique actuelle est bien plus grave que celle de 1929.
Face à l’ampleur du désastre économique, certains pourtant se posent la question de savoir si cette « régionalisation » du monde ne se fera pas dans la violence.
Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. RIA Novosti du 24.11.2008.
1270811836.jpgLe 13 mars, Chuck Norris a ainsi organisé une rencontre des délégués de centaines de groupes armés texans pour discuter d’une éventuelle sécession du Texas. Face aux risques de guerre civile la Fema a rapatrié un bataillon de l’armée US qui était en poste en Irak pour le déployer sur le sol US. Source : Army news.
Nathan Freier professeur au US Army War College, la principale institution de formation de l’armée pour les futurs officiers, conseiller et expert de politiques et d’analyse à la sécurité et à la défense. » a d’ailleurs rédigé un rapport qui met l’accent sur les risques de guerre civile aux USA (pages 31, 32 et 33 : www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB890.pdf)
Quoi qu’il en soit l’Union nord américaine du Canada et des USA est déjà une réalité et les régions (états désunis) qui seront créées par la violence ou sans violence s’intègreront au sein de cette union.
texas_vote_secession_1861.jpgN’oublions pas que le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a reconnu que le Québec formait une « nation » au sein du Canada. Vous pouvez d’ailleurs trouver des cartes du Canada sur les sites officiels comprenant 5 régions : Le Canada atlantique, le Nord, l’Ontario, l’Ouest canadien et le Québec. Nous aurons donc une North American Union organisée dans un premier tant autour d’une dizaine de régions et qui intègrera le Mexique plus tard.
En ce qui nous concerne, nous assistons au même phénomène et le rapport Balladur qui prévoit dans sa proposition numéro 1 de « favoriser les regroupements volontaires de régions et la modification de leurs limites territoriales pour en réduire le nombre à une quinzaine » n’est qu’un épisode local qui se répètera partout en Europe.
Nous somme en train de changer de monde et pourtant pour reprendre la célèbre formule du Comte de Lampedusa : « il faut que tout change pour que rien ne change ».
En effet, toutes ces réformes ne résoudront pas les problèmes fondamentaux d’un système économique obsolète. Francis Neri (spécialiste de l’éducation, de la formation et du conseil, Président de l’Institut Européen de socialisation et d’éducation) a pourtant dit l’essentiel : « Les crises : économique, sociale, écologique, énergétique, des matières premières, alimentaires, sont inter reliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres. »
Il faut donc analyser le problème dans sa globalité et à différents niveaux.
-Le premier niveau d’analyse, celui de la finance et de la titrisation a déjà été abondamment débattu.
1574941374.jpg-Le deuxième niveau qui sera l’objet de ma prochaine étude (n°5 : une monnaie mondiale) car malheureusement, nos dirigeants sont incapables d’aller plus loin (ils servent le système), concerne le problème de notre système monétaire dont le pilier (le dollar) est en train de s’effondrer.
-Le troisième niveau concerne l’adaptation de notre système économique aux nouvelles technologies de l’information qui détruisent les emplois par millions. Une réflexion profonde doit être engagé sur la notion de travail (le chômage explose) qui est ne l’oublions pas une invention tardive de l’homme. Les tribus dites « primitives » estiment que c’est une aberration. Smohalla, chef indien Sokulls déclarait : « Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves. »
-Le quatrième niveau concerne l’énergie. La fin du pétrole est programmée et nous n’avons encore pas trouvé d’alternatives valables. Or, il faut le rappeler, toute notre économie repose sur cette énergie encore bon marché et facile d’utilisation (mais polluante).
-Le cinquième niveau concerne le capitalisme lui-même qui est basé sur la consommation à partir de dettes. Un système totalement injuste que les plus grands économistes comme John Maynard Keynes ont critiqué : « nous commençons à le mépriser. » (L’autosuffisance nationale, 1933).
nwo.jpg-Le sixième niveau concerne la démocratie et notre liberté qui sont en danger. Par accumulation du capital (l’argent appelle l’argent), une petite poignée d’hommes finissent par avoir la réalité du pouvoir. J. K. Galbraith économiste et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy nous a pourtant mis en garde :
« En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent ». Source : « Les nouveaux mensonges du capitalisme » Publié dans le Nouvel Observateur (4/11/05) Interview de John Kenneth Galbraith par François Armanet.
ecocide.jpg-Le septième niveau concerne l’écocide que provoque notre système économique (Un écocide est un acte de destruction d’un écosystème, notamment par l’exploitation excessive de celui-ci).Certains parlent même d’écophagie. Je signale au passage que l’eau potable, élément essentiel de la vie commence à manquer.
Au final nos élites « s’efforcent de réduire notre malheur plutôt que de construire notre bonheur » pour reprendre la célèbre phrase de Bernard Weber et nous avons, nous intellectuels, un rôle majeur à jouer. La crise systémique actuelle est une opportunité unique pour changer de monde, mais il faut tout d’abord changer nous-mêmes et nous remettre en question.
« Le boulot des intellectuels du courant dominant, c’est de servir en quelque sorte de « clergé laïque », de s’assurer du maintien de la foi doctrinale. Si vous remontez à une époque où l’Église dominait, c’est ce que faisait le clergé : c’étaient eux qui guettaient et traquaient l’hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques [...], les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre, après tout, et si elles ne pouvaient pas le faire en brûlant les gens sur le bûcher [...], il leur fallait trouver d’autres moyens. Petit à petit, cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle - être les gardiens de la vérité politique sacrée, des hommes de main en quelque sorte. »
Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, Noam Chomsk éd. éditions Aden, 2006, p. 187.

Gilles Bonafi

15:14 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monnaie, region, economie, crise

23/03/2009

les escrocs financiers en prison?


LaRouche : La juste colère des peuples doit mener les escrocs financiers en prison
21 mars 2009 - 12:11

 

21 mars 2009 (Nouvelle Solidarité) – Voici les propos qu’a tenus Lyndon LaRouche le 19 mars, lors d’une réunion à Washington avec des diplomates : « L’attaque de Pearl Harbor a mobilisé les gens de manière assez similaire à l’effet que produisent aujourd’hui les escroqueries géantes, qui suscitent la haine des Américains envers la communauté financière. (…) Quand un peuple se réveille, et les gens dans le monde sont réveillés, les optimistes le sont encore plus et d’autant vite. Le temps du changement est venu. »

La veille, lors d’une vidéoconférence avec 600 étudiants, enseignants et officiers de l’Université militaire de Nueva Granada, à Bogota en Colombie :

lyn_triple_curve.jpg« A ce stade-ci, soit le monde plongera rapidement dans un fascisme d’un nouveau genre, soit ces intérêts financiers seront mis hors d’état de nuire par la colère du peuple américain et des peuples d’Europe. (…) Notre capacité à remporter cette bataille sur les questions économiques repose sur la hargne des peuples américain et européen, déterminés par une colère juste. Nous devons trouver qui sont les voleurs et les mettre à leur place, c’est-à-dire en prison. »

Pour que cette colère juste produise cet effet juste, mobilisez-vous : 500 000 tracts pour défendre la vérité...au boulot !



500 000 tracts pour défendre la vérité...au boulot !
17 mars 2009

Mobilisez-vous pour la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière ! Venez distribuer ce demi-million d’exemplaires du nouveau tract de Solidarité et Progrès avec nous, commandez-nous-en ou imprimez-le directement, récoltez des signatures, envoyez-le à vos amis, connaissances et élus... A l’attaque !

Téléchargez et imprimez le tract ICI


Une commission mixte composée de représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat (Migaud-Arthuis), chargée d’examiner la crise financière et bancaire, a entendu les principaux banquiers français. Cependant, cette commission s’est bornée à un échange courtois, à huis clos, sans véritable enquête touchant au fond du problème. Ce que nous proposons ici est une véritable « Commission Pecora », avec des pouvoirs d’instruction comportant un droit d’accès à tous les documents afférents aux opérations financières, et une réquisition temporaire des établissements financiers, mesure normale et légitime lorsque l’Etat doit intervenir pour les aider.

Pour recevoir vos tracts ou participer aux distributions, contactez-nous :
  • Coordination nationale : 01....
  • Rhône-Alpes : 04.2...
  • Bretagne : 02.56.5...
  • Sud-Ouest : 06.81...

Il s’agit de tirer les choses au clair en s’en donnant les moyens, cet effort étant situé dans la perspective d’un Nouveau Bretton Woods à l’échelle internationale. L’objectif est de remplacer l’ordre monétariste actuel par un système de crédit productif public qui redonne priorité à l’équipement de l’homme et de la nature contre les spéculations à court terme. Il faut d’abord balayer devant notre porte, en public et devant le peuple, pour pouvoir inspirer les autres.

C’est la démarche que nous vous demandons de soutenir, sans laquelle personne ne nous prendra au sérieux.

Ce tract est distribué à 500 000 exemplaires par nos militants, nos sympathisants et tous ceux qui sont préoccupés par l’opacité des débats sur la crise financière. Quand il se produit une catastrophe, on crée une commission d’enquête. Ici il s’agit d’une catastrophe humaine sans précédent, il est donc scandaleux qu’on procède pour l’instant dans le secret.


Vous pouvez signer et faire signer la pétition en ligne ICI

source:

http://www.solidariteetprogres.org/article5255.html

Vers un effondrement du dollar ?

L'Amérique va-t-elle laisser sombrer le dollar ?

Pour répondre à la crise, les États-Unis mettent en œuvre une politique de forte création monétaire. Mais pour Malakine, l’ampleur de la dette extérieure et la situation d’insolvabilité potentielle du pays laissent penser que cela ne sera pas suffisant. Et si nous allions vivre la fin du dollar souverain ?



(photo : MShades - Flickr - cc)
(photo : MShades - Flickr - cc)
La crise vient d’entrer dans une nouvelle phase avec la décision de la FED d’acheter 300 milliards de dollars de bons du trésors et 500 autres de créances assises sur des crédits immobiliers titrisés probablement insolvables, soit au total 800 milliards de pure création monétaire !

Les Etats-Unis ont donc décidé de financer leur plan de relance par des « moyens non conventionnels » recherchant un « assouplissement quantitatif » comme on dit en langage des banquiers centraux, ou pour le dire plus vulgairement, par de la monnaie de singe ou la planche à billet. La crise financière est désormais en passe se muer en crise monétaire mondiale.

Effondrement_du_dollar_2008.jpgJusqu’ici les Etats-Unis parvenaient à financer leurs déficits budgétaires et commerciaux par une importation de capitaux avec la vente de produits financiers, plus ou moins frauduleux. Ce n’est désormais plus possible. Ils viennent de prendre acte du fait qu’il n’y a plus suffisamment d’acheteurs dans le monde pour leurs produits financiers, ce qui marque peut-être le début de l’effondrement du dollar, avec des conséquences que d’aucun ne s’est jamais aventuré à prédire.

Rappelons en préambule que l’orthodoxie économique proscrit la création de monétaire par les banques centrales pour les besoins publics, ce mécanisme étant supposé conduire à l’hyperinflation. Ce point fait d'ailleurs l’objet d’un solide tabou. Il suffit de rechercher des tribunes ayant pris position pour ou contre la solution mise en œuvre pour s’en rendre compte. Quasiment rien ! Le recours massif à la planche à billet semble avoir d’ailleurs été une surprise pour les marchés, ce qui est peut-être le signe d'une décision improvisée prise sous l’empire de la nécessité.

On sentait monter depuis quelques semaines la question de la création monétaire, comme réponse au problème global d’insolvabilité qui caractérise la crise : Insolvabilité de la demande, des créanciers, des banques et peut-être demain des Etats. Nous y sommes. On ne peut plus désormais fuir ce débat qui est une véritable trappe intellectuelle pour le profane et qui est soigneusement évité par les spécialistes.

La création monétaire est-elle une réponse à la crise ?
Même s’il est difficile d’avoir en la matière la moindre certitude, quelques arguments semblent plaider en faveur d’une politique de création monétaire dans la période actuelle.

DDD.jpg1- La crise économique a été déclenchée par une chute brutale de la demande mondiale liée à l’éclatement de la bulle du crédit. Le désendettement massif et la contraction du crédit qui en a résulté a eu pour effet de détruire de la monnaie. Il n’est donc pas illogique de rechercher aujourd’hui à stimuler sa création.

2- Le moyen le plus classiquement utilisé pour créer de la monnaie nouvelle est la baisse des taux d’intérêt. Or ils sont déjà au plus bas aux Etats-Unis, comme en Europe, ce qui dans un contexte de dépression ne suffit pas à relancer la demande de crédit. En outre, la création monétaire par le crédit injecte de la monnaie dans les secteurs pour lesquels on emprunte, c'est-à-dire principalement l’économie financière ou les investissements. Aujourd’hui, c’est la demande, publique ou privée, qu’il faut solvabiliser. Créer de la monnaie pour l’injecter directement dans l’économie via de la dépense publique peut donc permettre de soutenir la demande dans l’économie réelle.

3- La relance de l’inflation constitue l’une des conditions les plus sûres pour se sortir de la pyramide de dettes qui étouffe l’économie mondiale. Or, la dépression mondiale conduit plutôt à un contexte déflationniste. L’injection de monnaie supplémentaire peut donc constituer une solution pour relancer un peu d’inflation.

On pourrait alors regretter que l’Europe ait interdit ce procédé dans ses traités, la BCE ne pouvant acheter que des créances privées. On peut déplorer ici, une fois de plus, que les institutions européennes ne se soient pas limitées à organiser l’exercice en commun de compétences, mais qu’elles aient gravé dans le marbre de traités, devenus quasi intangibles avec l’élargissement, la manière dont ces compétences devaient être exercées.

Même si Jean Claude Trichet a récemment envisagé de recourir à des moyens non conventionnels, il est probable que la zone euro soit la dernière au monde à recourir à la création monétaire, c'est à dire trop tard !

dollar.jpgVers un effondrement du dollar ?
La situation est en revanche quelque peu différente appliquée au cas des Etats-Unis compte tenu de l’ampleur de leur dette extérieure, de leur situation d’insolvabilité potentielle et du statut de monnaie de réserve du dollar.

La valeur du dollar ne se maintient que grâce à la volonté des pays exportateurs de financer les déficits américains pour éviter que leur monnaie ne s’apprécie. Ces pays, principalement la Chine, sont aujourd’hui pris au piège, contraints de continuer à éponger les dettes américaines, car l’arrêt du financement des Etats-Unis entraînerait une volatilisation de leur épargne en dollar (près de 2000 milliards pour la Chine)

La perspective d’un effondrement du dollar est pourtant envisagée depuis bien longtemps, aussi bien par des analystes critique de la mondialisation (Todd, Sapir) que par ses derniers propagandiste. Ainsi, Alain Minc dans son dernier livre, y consacre un chapitre (Le jour où l’Euro vaudra 2,5 dollar) où il donne du crédit à l’hypothèse. Pour lui, « la conviction que les devises lourdes sont à l’abri d’un choc spasmodique relève d’un pari pascalien qui ressemble à celui que faisait les experts sur la capacité des ménages américains à s’endetter sans limite grâce à une base d’actifs en croissance perpétuelle »

L’hypothèse de l’effondrement du dollar a toujours été envisagée au terme d’un scénario où les investisseurs perdraient confiance, puis seraient gagnés par la panique pour vendre au plus vite leurs avoirs. Elle n’a jamais été envisagée consécutivement à une décision de l’administration américaine elle-même. Une chute du dollar dans une économie fondée sur la consommation et aussi dépendante des importations serait en effet un véritable cataclysme pour la population qui verrait son niveau de vie se réduire de 20 à 30 % !

On peut donc être surpris de voir la FED prendre un tel risque avec sa monnaie. L’Amérique est-elle à ce point aux abois, n’ayant en réalité déjà plus d’autres solution spour financer son déficit qui atteindra cette année 12% du PIB ? A-t-elle à ce point confiance dans son statut d’hyperpuissance pour écarter tout risque sur sa monnaie ? A-t-elle délibérément décidé de faire filer sa monnaie pour se défaire d’un endettement extérieur intenable sur le long terme ?

usdollar07.jpgLa décision de recourir à la création monétaire pour financer ses déficits peut en effet constituer le signal qui déclenchera un processus de défiance, conduisant à la baisse du dollar, puis à sa chute brutale. Les marchés financiers n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir. Dès hier, le dollar dévissait contre toutes les devises pour perdre 4 %, soit sa plus forte chute depuis 1985. Ce n’est sûrement que le début d’une longue glissade… L’hypothèse de la fin du roi-dollar n’a jamais été autant d’actualité.

Nul ne sait quelles en seraient les conséquences exactes. Minc dans l’ouvrage précité nous dit que « ce sera (notons l’emploi du futur simple) la crise la plus violente, la plus globale, la moins maîtrisable » Naturellement, ce sera la fin officielle de l’imperium américain, ce qui en soi est plutôt une réjouissante nouvelle. Mais la fin du dollar entraînera aussi d’imprévisibles désordres aussi bien sur les marchés des matières premières (vendues en dollar) ou dans les équilibres du commerce mondial. Des conséquences géopolitiques ne sont pas non plus à exclure, car les pays qui verront leurs réserves s’évaporer pourront avoir la légitime impression de s’être fait escroquer, les uns après avoir livré pendant des années du pétrole gratuitement, les autres des produits manufacturiers …

A court terme, la solution pour éviter la panique serait peut-être que le G 20 fasse des politiques « d’assouplissement quantitatif » une mesure de droit commun, autorisant les tous Etats à émettre des quantités de monnaie mesurées pour favoriser la relance. Encore une fois, la balle est dans le camp de l’Europe. Va-t-elle attendre passivement que l’Euro s’apprécie jusqu’à un niveau qui deviendra intolérable pour l’économie ou va-t-elle se mettre à son tour à racheter la dette publique de ses Etats membres ?

15:04 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dollars, états-unis, euro, fed, pib

20/03/2009

Un monde dans le mur ?

Un monde dans le mur ?

La crise n’en finit pas… sans compter les millions d’emplois détruits dans le monde, le système imposé depuis près d’un demi siècle semble voler en une multitude d’éclats dont certains ne mesurent pas encore toutes les conséquences.

Le système bancaire américain est en solde quasi-définitif et chaque heure qui passe voit la FED et le gouvernement américain injecter des milliards non pour relancer mais simplement pour le maintenir sous perfusion.

bible-forex_fed.pngHier à Washington on a même remis en marche la planche à billet, avec les achats de bons du trésor… jetant par la même toute la théorie de la main invisible et vertueuse, ce n’est pas nouveau, c’est juste la confirmation que, n’en déplaise à nos piètres augures européens, la crise est profonde, très profonde où les efforts initiaux n’ont pour l’instant que de très maigres résultats. A cela, La FED augmente ses « fonds », en les doublant pour le rachat des titres adossés au crédit hypothécaire… en somme les crédits pourris insolvables.

Sinon bien sur le retour de la croissance est toujours prévu pour 2010… D’ailleurs, quel meilleur indicateur que les places boursières au rebond depuis une semaine comme des moutons de panurges…

Sauf que cette vision idyllique d’un retour à la normale d’une croissance bâtie sur le modèle de la vis sans fin n’est pas partagée par tout le monde. Hélas, pour nos gouvernants aveugles, il ne s’agit pas obligatoirement de dangereux gauchistes… loin s’en faut.

« Et si la crise de 2008 représentait quelque chose de beaucoup plus fondamental qu’une grave récession ? Et si elle nous annonçait que l’ensemble du modèle de croissance que nous avons créé au cours des 50 dernières années n’est tout simplement pas viable économiquement et écologiquement, et que l’année 2008 est celle où nous avons heurté un mur - celle où Mère Nature et le marché nous on dit tous deux : assez. ». Qui s’exprime comme cela, simplement Thomas Friedman, accessoirement éditorialiste du brûlot gauchisant du New York Times. Pourtant, jusqu’alors, il faisait partie de ces gens qu’on avait l’habitude de qualifier de raisonnables.

Jos--Manuel-Barroso.jpgAu fond, en ce moment je m’interroge plutôt sur la capacité de nos dirigeants européens… de Trichet à Barroso en passant par Sarkozy… Depuis le début, on sent ce leitmotiv suranné du « il faut faire comme avant » même si pour le président de la BCE on doit encore accélérer la pression sur les salariés… tant qu’à faire. Faut-il d’ailleurs rappeler une nouvelle fois, que le locataire de l’Elysée n’avait de cesse de marteler que les français n’étaient pas assez endettés et même nous parlait des vertus des subprimes en 2006; il y a encore quelques mois, un rapport d’obscurs économistes insistait sur la nécessité de multiplier les crédits hypothécaires… alors que nous avons pris en pleine poire les effets de tels pratiques outre-atlantique. Une fois qu’on met le doigt dans cet engrenage conjugué à la stagnation des salaires, on finit inexorablement par y mettre le corps en entier.

parisot.1223716549.jpgMais non, ce n’est pas grave, les bonnes vieilles recettes devraient faire leur preuve, c’est tellement plus confortable et surtout ça ne demande aucun effort intellectuel particulier. Ce constat est fait par Paul Krugman « Le danger immédiat et manifeste pour l’Europe à l’heure actuelle réside ailleurs, dans l’incapacité du continent à réagir efficacement à la crise financière. ». Autre passage intéressant qui va à rebours d’ailleurs des théories fumeuses de Laurence Parisot et consorts, « L’importance de ses Etats-providence n’est pas la cause de la crise actuelle en l’Europe. De fait, ils sont un facteur réel d’atténuation de cette crise. »

Alors oui, depuis quelques mois, j’ai mal à « ma gouvernance » et bien que socialiste, je ne vois pas non plus beaucoup d’efforts de la part de la social-démocratie européenne pour tenter d’avoir une vision plus innovante et en rapport avec les enjeux auxquels nous sommes confrontés… A un point tel qu’il est de plus en plus probable que le PSE ne présentera personne face à l’âne Barroso…

source:

http://marc.vasseur.over-blog.com/

19/03/2009

Et pourquoi pas l’impôt confiscatoire ?

Et pourquoi pas l’impôt confiscatoire ?

La proposition de Pierre Méhaignerie qui souhaite augmenter le taux marginal d’imposition pour les contribuables qui gagnent plus de 300 000 euros, tombe plus qu’à propos et va dans le sens du débat économique actuel.

L’imposition prendrait la forme d’une contribution fiscale supplémentaire temporaire, pour les deux années fiscales de crise économique. Il a rappelé dans une interview au journal les échos que la loi TEPA contenait 600 millions d’euros d’exonérations fiscales pour les catégories les plus aisées. Il veut son projet inspiré de Barack Obama. Mediapart révèle d’ailleurs aujourd’hui les chiffres de Bercy correspondant au bouclier fiscal voulu par Nicolas Sarkozy ; “En exclusivité, Mediapart révèle les chiffres de Bercy sur la mise en œuvre du bouclier fiscal. L’an dernier, l’Etat a reversé 288 millions d’euros aux 756 foyers fiscaux les plus riches ! Au total, ce bouclier fiscal adopté dans le cadre de la loi Tepa se révèle injuste, inefficace et coûteux. Sa charge a doublé l’an dernier pour l’Etat : il a dû reverser au total 458 millions d’euros aux bénéficiaires. Les 756 foyers fiscaux les plus riches se partagent 63% des sommes reversées. A l’inverse, 59% des bénéficiaires du dispositif se sont partagé moins de 4,8 millions d’euros, soit 1% du total. Malgré les multiples pressions pour modifier ce dispositif, Nicolas Sarkozy refuse de changer cette mesure de justice.”

Nicolas Sarkozy a tout de suite mis fin au débat en rétorquant ; “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts … j’ai été élu pour réconcilier la France avec l’entreprise et avec l’usine. On ne perçoit pas bien le rapport ? Le Président de la République se fourvoye ! Pourquoi ?

Une doctrine économique naissante, initiée par le génial Thomas Piketty, propose la création d’un impôt confiscatoire pour les très hauts revenus. Elle emprunte le bon sens de l’économie et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne s’apparente en rien à un collectivisme économique.

Tout d’abord il faut partir du constat de l’extravagance des revenus des dirigeants économiques et plus généralement des élites de notre société. Le fossé entre les patrons et les ouvriers n’a cessé de se creuser. On démultiplie les rapports salariaux. Dans les très grandes entreprises, entre le patron et l’ouvrier le rapport salarial est désormais très loin du 1 à 40 préconisé, mais serait plutôt de l’ordre de 1 à 600. Pour atténuer ce rapport, aux Etats-Unis on a utilisé la politique du crédit au profit des catégories de revenus inférieures, ce qui a conduit à la perdition financière puis économique que nous connaissons actuellement. Il serait donc intéressant de créer un impôt confiscatoire sur les hauts revenus pour maintenir le rapport salarial patron ouvrier dans des proportions décentes. Le début de la crise du rapport salarial date des années 1980. Les caractéristiques de cette crise et les pistes proposées, outre l’impôt confiscatoire, devront aussi être examinées au niveau des normes de production, des normes de consommation et du mode de régulation en vigueur, ce qui nous conduit à l’hypothèse de nouveaux compromis qui redessineraient le rapport salarial et sa régulation. Mais surtout le mode de régulation salarial et la mise en place d’une imposition confiscatoire devra acquérir une dimension internationale dans une contexte de mondialisation.

roosvelt.jpgThomas Piketty préconise un taux marginal d’imposition pour les plus hauts revenus de 80 à 90 % ; Il s’appuie pour fonder sa proposition sur la politique fiscale de Roosvelt, à la sortie de la crise de 1929. Au moment où Roosvelt est élu, le taux marginal d’imposition était de 25%. Roosvelt a alors fait passer le taux marginal d’imposition à 63 % en 1932, à 79 % en 1936, puis 91 % en 1941. Le taux marginal d’imposition moyen a été supérieur à 80 % entre 1932 et 1980 sur les catégories de hauts revenus. On peut en conclure donc qu’un taux marginal d’imposition élevé sur les plus hauts revenus n’est pas incompatible avec le développement du capitalisme, de l’entreprise et de l’usine, contrairement à ce que semble penser Nicolas Sarkozy.

Le plafonnement des rémunérations dans les entreprises serait inefficace puisqu’il serait toujours possible de trouver des voies de contournement, en versant par exemples aux dirigeants d’autres formes de revenus complémentaires ou des avantages en nature.

L’impôt confiscatoire serait limité uniquement aux revenus exceptionnels. Cette taxe fiscale inciterait les dirigeants et les leaders économiques à contraindre leur intérêt individuel au bénéifice de l’intérêt général. Piketty rappelle que dans la période américaine de forte imposition sur les hauts revenus, seulement très peu de contribuables ont dû être imposés au taux marginal exceptionnel, puisqu’ils appliquaient eux même leur limites pour ne pas atteindre le taux marginal d’imposition maximal. Pour Piketty le système actuel crée au profit des patrons une situation de gagnant/gagnant. Si ils réalisent une belle opération ils empochent des millions d’euros. Mais aussi si ils réalisent de mauvaises opérations ils empochent tout de même des millions d’euros. Et cela sans jamais leur imposer une obligation d’efficacité. Piketty démontre aussi que les hautes rémunérations sont aussi souvent corrélées à la faiblesse du contrôle actionnarial exercé sur eux. Plus l’actionnariat est dilué, moins le dirigeant est contrôlé et souvent plus il se sert en rémunérations exceptionnelles. Et le point de comparaison salariale pour le haut patronnat reste souvent celui de l’entreprise qui voisine avec la sienne au Cac 40. Ce qui fait qu’il n’y a plus de norme de référence acceptable.

Piketty juge timide la hausse de l’imposition sur les salaires supérieurs à 250 000 euros et complètement à contre courant la politique fiscale menée par Nicolas Sarkozy.

L’affaire AIG ; 165 millions de $ distribués aux responsables de la filiale AIG Financial Products, alors que l’Etat américain a renfloué l’assureur américain de 170 milliards de $, démontre que la crise ne changera rien aux attitudes des dirigeants économiques, si on y met pas un grand coup d’arrêt.

politoblog

http://www.politoblog.com

Source ; interview de Thomas Piketty sur alternative économique.

PAUVRES POLONAIS !

L'Europe de l'Est menace de tirer l'Europe de l'Ouest à sa suite... et tout cela n'augure que du bon pour les Etats-Unis, paradoxalement, nous explique Bill Bonner ci-dessous.

 

g20-crise-etats-unis.jpg"La crise de l'Europe... est pire que celle des Etats-Unis", écrit Henry Blodget. Il faut le reconnaître, les Américains sont rusés. Ils sont comme quelqu'un qui déclencherait une bagarre dans un bar bondé... avant de filer par la porte de derrière.

La rixe dure depuis 20 mois. Aux Etats-Unis, les prix des actions ont été réduits de moitié... mais regardez les autres ! L'Islande -- ce hedge fund de l'Atlantique Nord -- est quasiment K.O., tous les os brisés. La Chine compte une file de chômeurs longue de 100 millions de personnes. Le Royaume-Uni a plus de dette que les Etats-Unis... et dépend plus encore d'un secteur financier en faillite. La question qui se pose désormais est donc : qui ressortira de cette fête aux gnons avec le plus gros cocard ?

4836334.jpgLes faits, rien que les faits : l'Europe de l'Est a emprunté environ 1 700 milliards de dollars, en majeure partie aux banques d'Europe de l'Ouest. Rien que cette année, le pays devrait rembourser 400 milliards de dollars. Renouveler une dette se faisait en un clin d'oeil il y a deux ans ; aujourd'hui, c'est nettement moins facile. 60% des prêts immobiliers polonais sont en francs suisses. Les Polonais ont emprunté en euros et en francs suisses pour tirer parti des taux plus bas. A présent, ils gagnent des zlotys, remboursent des francs suisses et pleurent.

"Puis est arrivée la récession mondiale synchronisée et de profonds déficits courants pour la Pologne -- valant trois fois ceux des Etats-Unis en termes de PIB", explique John Mauldin. "Le zloty polonais a été globalement divisé par deux par rapport au franc suisse. Si vous avez un prêt immobilier, cela signifie que les remboursements sur votre maison viennent de doubler. Cette même histoire se répète partout dans la Baltique et en Europe de l'Est".

Les banquiers ne sont que des lemmings à forme humaine ; tout le monde le sait. Les banquiers autrichiens cherchent des falaises escarpées. L'effondrement de CreditAnstalt, en mai 1931, a précipité le secteur bancaire dans le vide, menant à la Grande Dépression. Cette fois-ci, les banques autrichiennes ont prêté l'équivalent de 70% de leur PIB national à l'Europe de l'Est. Si ne serait-ce que 10% de cette somme sont perdus, le système financier autrichien tout entier sera ruiné... et pourrait entraîner toute l'Europe avec lui. Au début des années 30, les économies de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis se contractaient de 6% environ par an. Au dernier trimestre 2008, l'économie américaine a reculé de près de 7% -- et CreditAnstalt ne s'est pas encore produit.

Mais les Américains peuvent nationaliser leurs banques d'un trait de plume et sauver ainsi leur système financier. En Europe, ce n'est pas faisable. "Grandes banques, petits pays", déclare Mauldin. Proportionnellement, un renflouement de ce genre coûterait 14 000 milliards de dollars aux Etats-Unis, estime-t-il. Si bien que lorsque neuf pays d'Europe de l'Est se sont rassemblés pour demander de l'aide, Angela Merkel leur a donné la même réponse que Gerald Ford à la ville de New York lorsqu'elle quémanda un renflouement en 1975 : allez vous faire voir.

drapeaux-europe-27.1235928116.jpgPauvre Polonais. Il a traîné le boulet bolchevique pendant près d'un demi-siècle. Puis lorsqu'il s'est finalement libéré, les capitalistes l'ont arnaqué. Le méritait-il ? Non -- simplement, il a le malheur de devoir de l'argent dans une devise qu'il ne peut pas bidouiller.

"La crise renforce la position relative des Etats-Unis", écrit Spengler dans le Asia Times, "et expose des faiblesses bien plus graves chez tous leurs concurrents potentiels. Elle fait de la dette du gouvernement américain l'actif le plus désirable de la planète. Les Etats-Unis méritent peut-être de décliner, mais comme le disait Clint Eastwood dans un tout autre contexte, 'le mérite n'a rien à y voir'."

Les Américains doivent se sentir en veine. Durant les années de bulle... le reste du monde s'est moqué de leurs habitudes de dépenses, tout en leur offrant une nouvelle part de dessert -- à crédit. Plus les Américains dépensaient... plus les dollars s'accumulaient à l'étranger... plus les étrangers prêtaient de dollars aux Etats-Unis en retour... et donc plus les Américains avaient de dollars à dépenser ! Maintenant que les Américains ne dépensent plus, les usines des étrangers sont silencieuses, leurs banques vacillent... et leurs actions chutent. A présent, ils achètent des obligations du Trésor américain à des rendements encore plus bas ! L'indice dollar a grimpé à un sommet de trois ans alors même qu'Obama annonçait un déficit de 1 700 milliards de dollars.

De tous les cash flows de la planète, déclare Spengler, le gouvernement le plus durable au monde, à la tête de la plus grande économie, doit être le plus fiable. Il nous rappelle que prêter aux Etats-Unis dans les années 80 était un bon investissement. A l'époque, le gouvernement américain avait baissé le taux d'imposition marginal de 70 à 40% et généré assez de croissance pour payer les intérêts et stimuler les valeurs des actifs. A présent, cependant, les valeurs des actifs baissent clairement, tandis que le taux marginal est en hausse. Prêter dans les années 80 revenait à prêter à des rendements élevés au début d'une expansion majeure. Aujourd'hui, on parle des taux les plus bas de l'histoire... au début d'une dépression.

Mais plus les choses empirent, mieux ça va pour les gens qui ont provoqué la situation. Non seulement les Américains peuvent sauver leur système bancaire... mais ils peuvent aussi secourir leurs ménages surendettés et effacer leurs dettes. Les Etats-Unis ont financé leur fièvre de dépenses avec l'argent des autres. A présent, ils financent leur cure de désintoxication de la même manière -- avec l'argent des autres.

Les prêteurs peuvent être absolument, complètement assurés de retrouver leur argent -- avec intérêt, au jour dit. Mais c'est de l'argent dont la valeur est déterminée par le débiteur lui-même.

Si seulement les Polonais pouvaient faire de même !

18/03/2009

G20 : le crash et nous

G20 : le crash et nous
17 mars 2009

Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.

Le G20, la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement qui va se tenir le 2 avril à Londres, sera un désastre politique.

Tout d’abord, le pilotage du sommet se trouve confié au chancelier de l’Echiquier britannique, Alistair Darling, et à Lord Mark Malloch Brown, honorable numéro 2 du Foreign Office. C’est confier la solution à ceux qui sont les principaux responsables de la crise. Malloch Brown, qui a rédigé la première mouture du compte-rendu final de la réunion du 2 avril, a été jusqu’en 2007 vice-président du Quantum Group of Funds et de l’Open Society Institute, de George Soros. Nous menons campagne dans le monde pour qu’il soit dessaisi.

1125302-1441582.jpgEnsuite, la conférence préparatoire de Horsham, le 14 mars, n’a pu que constater les désaccords entre les participants sur les moyens. Washington appelle à une relance mondiale et demande aux Européens de dépenser plus, alors que les Européens exigent davantage de régulation financière, en prenant les sujets au cas par cas. Les uns et les autres sont incapables de mesurer la dimension systémique de la crise. Leurs experts se réfèrent toujours à une crise cyclique et cherchent à « lisser les évolutions de l’endettement », alors que le récipient déborde de partout.

Enfin, personne ne parle de mise en faillite ordonnée ou organisée des institutions, car tous se situent dans la perspective de sauver les créances de l’oligarchie. Les bonnes intentions affichées à Horsham sont autant de sparadraps sur les métastases d’un cancer financier : contrôler les agences de notation et les fonds spéculatifs, établir de nouvelles règles comptables pour les « véhicules hors bilan liés à des produits dérivés », privilégier le traitement des actifs toxiques des banques. Autant d’engagements insuffisants et sans garanties concrètes. Bien pire encore, l’on s’est accordé à renflouer le FMI pour qu’il renfloue les pays devant de l’argent aux banques.

Le déni de réalité est total. Les banques centrales sont appelées à « maintenir des politiques expansionnistes aussi longtemps que nécessaire, y compris par des moyens non conventionnels ». En clair, comme le font déjà la Réserve fédérale américaine et les Banques centrales de Suisse et d’Angleterre, il s’agit de faire fonctionner à tout va la planche à billets électronique pour racheter les titres pourris ou dévalués des banques, des entreprises non financières et des Etats eux-mêmes ! Désormais, les banques centrales créent de l’argent à partir de rien : on appelle cela « assouplissement quantitatif ».

Toutes les conditions d’une épidémie d’hyperinflation sont ainsi créées, qui ruinerait les salariés, les retraités et tous les titulaires de minima sociaux, mais effacerait la dette des débiteurs. Evidemment, face à cette politique inique, les peuples se mobiliseront pour résister, et depuis les caméras de surveillance jusqu’aux drones et aux Robocops, tous les instruments se mettent en place pour les réprimer.

aig.jpgC’est pourquoi, à ceux qui s’étonnent que nous nous battions à plein temps contre cet avenir, nous répondons simplement que nous avons le sens des priorités. Le cas d’AIG, secouru à hauteur de 173 milliards par l’Etat pour rembourser les banques américaines et européennes, et qui verse en même temps de gros bonus à ses dirigeants tout en licenciant à tout va, est une leçon de choses qui devrait tous nous réveiller.

18:49 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, crash, cheminade, crise, londres

16/03/2009

tentative de déstabilisation du système bancaire de l'UE et de l'Euro par Wall Street et la City

GEAB N°33 est disponible! Tensions transatlantiques croissantes à la veille du G20 : Exemple d'une tentative de déstabilisation du système bancaire de l'UE et de l'Euro par Wall Street et la City


- Communiqué public GEAB N°33 (15 mars 2009) -



GEAB N°33 est disponible! Tensions transatlantiques croissantes à la veille du G20 : Exemple d'une tentative de déstabilisation du système bancaire de l'UE et de l'Euro par Wall Street et la City
Pour LEAP/E2020, les alternatives offertes aux dirigeants du G20 qui se réuniront à Londres le 2 Avril prochain sont au nombre de deux : reconstruire un nouveau système monétaire international qui permette un nouveau jeu global intégrant équitablement tous les principaux acteurs mondiaux et réduire la crise à une durée de trois à cinq ans ; ou bien tenter de faire durer le système actuel et plonger le monde dès la fin 2009 dans une crise tragique de plus d'une décennie.

Dans ce GEAB N°33, nous décrivons ainsi les deux grandes lignes d'avenir qui resteront ouvertes jusqu'à l'été 2009. Au-delà de cette période, notre équipe considère en effet que l'option « crise courte » sera obsolète et que le monde s'engagera sur le chemin de la phase de dislocation géopolitique mondiale de la crise (1), et de la crise profonde de plus d'une décennie.

D'ailleurs, face à l'urgence, LEAP/E2020 publiera le 24 Mars prochain à l'échelle mondiale une lettre ouverte aux dirigeants du G20, modeste contribution de notre équipe pour tenter d'éviter une crise longue et tragique.

La situation s'avère d'autant plus inquiétante que des tensions croissantes se font jour à la veille du sommet du 2 Avril, qui voient émerger les menaces à peine voilées de certains dirigeants et des opérations de manipulation des opinions publiques par d'autres leaders du G20.

Nous revenons plus en détail sur ces éléments dans le GEAB N°33 dans lequel par ailleurs l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de se livrer à un exercice utile pour tous ceux (y compris aux Etats-Unis d'où proviennent plus de 20% des lecteurs de LEAP/E2020) qu'exaspèrent l'illusion entretenue par les principaux médias occidentaux sur l'état du pilier américain de notre système actuel : anticiper l'état socio-économique des Etats-Unis d'ici un an, au Printemps 2010. Les tendances lourdes nous paraissent en effet être déjà suffisamment affirmées pour qu'une telle anticipation ait du sens. Un exercice du même ordre sera bien entendu effectué pour l'Union européenne, la Russie et la Chine dans les prochains numéros de GEAB.


Graphique synthétique de l'évolution du sentiment d'inquiétude collective aux Etats-Unis (en bleu : sentiment d'un risque de crise grave ; en vert : sentiment de pouvoir d'achat; en rose : inquiétude sur l'emploi) - Source : Chart of Doom, 02/2009
Graphique synthétique de l'évolution du sentiment d'inquiétude collective aux Etats-Unis (en bleu : sentiment d'un risque de crise grave ; en vert : sentiment de pouvoir d'achat; en rose : inquiétude sur l'emploi) - Source : Chart of Doom, 02/2009
Dans un même souci de fiabilité des informations, l'équipe de LEAP/E2020, qui dès Décembre 2007, dans le GEAB N°20, avait mis en garde contre le risque immobilier en Europe centrale et orientale, a décidé d'analyser dans ce communiqué public du GEAB N°33 la réalité de la soi-disant « bombe bancaire est-européenne » qui a envahi les médias depuis environ un mois.

Si ce sujet nous paraît pertinent c'est qu'il représente selon nous une tentative délibérée de la part de Wall Street et de la City (2) de faire croire à une fracture de l'UE et d'instiller l'idée d'un risque « mortel » pesant sur la zone Euro, en relayant sans discontinuer de fausses informations sur le « risque bancaire venu d'Europe de l'Est » et en tentant de stigmatiser une zone Euro « frileuse » face aux mesures « volontaristes » américaines ou britanniques. L'un des objectifs est également de tenter de détourner l'attention internationale de l'aggravation des problèmes financiers à New-York et Londres, tout en affaiblissant la position européenne à la veille du sommet du G20.

L'idée est brillante : reprendre un thème déjà bien connu des opinions publiques, assurant ainsi une adhésion facile au nouveau contenu ; y intégrer une ou deux analogies frappantes pour assurer une large reprise dans les médias et sur l'Internet (faites « crise bancaire europe est » sur Google, le résultat est éloquent) ; puis utiliser le concours de quelques hommes et organisations liges influentes toujours disponibles pour un mensonge supplémentaire. Avec un tel cocktail, il est même possible de faire croire pour un temps que la guerre en Irak est un succès, que la crise des subprime n'affectera pas la sphère financière, que la crise financière n'affectera pas l'économie réelle, que la crise n'est pas vraiment grave, et que si elle est grave, tout est en fait sous contrôle !

Alors en ce qui nous concerne ici, le thème déjà bien connu, c'est la « séparation entre la « Vieille Europe » et la « Nouvelle Europe », entre une Europe riche et égoïste et une Europe pauvre et pleine d'espoir. De Rumsfeld pour l'Irak au Royaume-Uni pour l'élargissement, c'est une antienne qui a nous a été répétée sans discontinuité pendant dix ans par tous les médias anglo-saxons et affidés, et dont en particulier certains médias britanniques se sont faits une spécialité (3).

Les analogies sont ici au nombre de deux : l'Europe de l'Est, c'est « la crise des subprime de l'UE » (sous-entendu, chacun a forcément une crise de subprime chez soi (4)); et une crise en Europe de l'Est aura le même effet terrible que la Crise asiatique de 1997 (sûrement parce que tout ça se passe à l'Est (5)).

Et les relais disponibles sont nombreux. Tout d'abord, on trouve une agence de notation, en l'occurrence Moodys (6), qui comme ses congénères, est d'une part au service intégral de Wall Street, et d'autre part incapable de voir un éléphant dans un couloir (ils ont juste raté les subprimes, les CDS, Bear Stearn, Lehman Brothers, AIG, ….). Mais, mystérieusement, la presse financière continue à relayer leurs opinions, appliquant sûrement un principe plein d'humanité consistant à penser qu'un jour par simple hasard statistique ils finiront pas évaluer quelque chose correctement. Dans notre cas, l'écho fut unanime : Moodys avait identifié bien à l'avance une énorme « bombe » cachée dans l'arrière-cour de la zone Euro (car c'est bien de l'Euro qu'il s'agit ici) … qui ne manquerait pas de dévaster le système financier européen.

Ensuite, pour crédibiliser la chose, on utilise quelques médias viscéralement anti-Euro (comme le Telegraph par exemple, qui par ailleurs produit pourtant de très bonnes analyses sur la crise, mais que la chute de la Livre et de l'économie britannique a tendance à aveugler ces temps-ci en ce qui concerne la zone Euro) et on diffuse une information qu'on supprime ensuite (car elle est inexacte) pour lui donner le sel de l'interdit, du secret (7) qui dévoilerait un « tsunami financier » mondial en préparation notamment du fait des engagements des banques de la Vieille Europe dans le secteur financier de la Nouvelle Europe (8). On remue tout cela chaque jour via les principaux médias financiers américains et britanniques, sachant que les autres suivront par habitude. Et avec l'UE c'est tellement facile puisqu'il lui faut toujours un long moment pour comprendre et encore plus de temps pour réagir, avec l'inévitable dissension qui permet de faire rebondir la manipulation. Cette fois-ci, c'est le Premier Ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, qui joue le rôle du « pauvre petit nouvel Européen martyr ». Pour mémoire, les Hongrois tentent en vain de se débarrasser de lui depuis qu'il a involontairement avoué il y a 2 ans avoir menti à son peuple pour se faire réélire, en confirmant dans la foulée qu'il avait endetté son pays au-delà de toute limite raisonnable. Et c'est lui qui annonce des chiffres délirants pour un plan de sauvetage du système financier de l'Europe de l'Est, mettant à nouveau en position de « méchants » ou d' « inconscients » les vieux Européens. Le refus de ces derniers est mis en exergue par l'ensemble de la presse américaine et britannique, concluant bien entendu à l'inévitable échec de la solidarité européenne, … et minorant (ou oubliant même parfois) le fait que ce sont les Polonais ou les Tchèques qui ont été les plus virulents contre les exigences aberrantes du Premier Ministre hongrois (9). La tentative d'affaiblir la zone Euro et l'UE par l'Est peut donc se poursuivre. Il faut attendre les déclarations répétées des dirigeants de la zone Euro, l'annonce d'un plan de soutien financier substantiel (au regard des risques réels) et les communiqués musclés des dirigeants politiques et des banquiers centraux de la région pour que cette manipulation commence à perdre un peu de sa vigueur. Mais elle n'a toujours pas disparu, car le parallèle est maintenu dans les médias mentionnés entre crise des subprime et crise de l'immobilier en Europe de l'Est; comme si la Hongrie équivalait à la Californie, ou la Lettonie à la Floride.

Car là est bien le noeud du problème : la taille a de l'importance en matière économique et financière, et ce n'est pas la queue qui fait bouger le chien, comme certains voudraient visiblement le faire croire.

Si dès Décembre 2007, à un moment où nos « experts actuels en crise d'Europe de l'Est » n'avaient pas la moindre idée du problème, LEAP/E2020 avait souligné le risque immobilier important pesant sur les pays européens concernés (Lettonie, Hongrie, Roumanie,...) et bien entendu leurs créditeurs (Autriche, suisse en particulier), il était tout aussi évident pour notre équipe que c'était un problème très limité aux pays concernés. Il y a bien des problèmes à venir pour ces opérateurs et ces pays, mais ils ne sont pas plus grave que la moyenne des problèmes du système financier mondial ; et sans aucune mesure avec les problèmes des places financières de New-York, Londres ou de Suisse. Rappelons-nous que la banque la plus citée comme « détonateur » de cette « bombe est-européenne », à savoir la banque autrichienne Raiffeisen, a réalisé un profit en hausse de 17% en 2008 ; une performance au-delà des espoirs les plus fous de la plupart des banques américaines ou britanniques comme le fait remarquer fort justement William Gamble, l'un des rares analystes s'être intéressé à la réalité de la situation (10).


PIB de l'Union Européenne, de la zone Euro et des Etats-Membres - Source : Eurostat, 2008
PIB de l'Union Européenne, de la zone Euro et des Etats-Membres - Source : Eurostat, 2008
Pour ceux qui connaissent mal la géographie de l'UE, le titre « la Hongrie en banqueroute » ou « la Lettonie en banqueroute » peut paraître tout-à-fait comparable à « la Californie en banqueroute ». Pour ceux qui perdent leur travail à cause de ces faillites, c'est en effet un problème identique. Mais en terme d'impact plus large, il n'y a aucun rapport entre les deux. Ainsi, la Californie, durement frappée par la crise des subprimes, est l'état le plus peuplé et le plus riche des Etats-Unis alors que la Lettonie est un pays pauvre avec une population égale à moins de 1% de celle de l'UE (contre 12% de la population US pour la Californie (11)). Le PIB de la Hongrie représente à peine 1,1% du PIB de la zone Euro (pour la Lettonie ce chiffre est de 0,2%) (12) : soit une proportion comparable à celle de l'Oklahoma (1% du PIB des Etats-Unis (13)), pas à celle de la Floride. On est donc loin d'une Europe de l'Est porteuse d'une crise des subprime à l'européenne. L'ensemble des nouveaux Etats membres de l'UE pèse moins de 10% du PIB de l'UE (et parmi ceux-là, les plus riches ou les plus gros comme la Tchéquie ou la Pologne ne sont quasiment pas affectés). La somme en jeu, pour le système financier européen, se situe dans le pire des cas autour de 100 Milliards EUR (130 milliards USD) (14), soit une somme très modique à l'échelle du système financier de l'UE (15). D'ailleurs, l'UE a pris la tête d'un consortium injectant déjà près de 25 Milliards € (soit 20% du scénario le plus grave) pour stabiliser la situation (16), dont la récente baisse du Franc suisse diminue encore la gravité.

Et, last but not least, en Europe de l'Est, l'immobilier récent gardera une valeur importante (même si plus faible qu'en 2007/2008) car, après 50 ans de communisme, il y a une pénurie d'immeubles modernes. Alors qu'aux Etats-Unis, les maisons construites pendant le boum immobilier de ces dernières années sont des constructions en surnombre, d'une qualité très variable et qui déjà sont en train de se dégrader dans les états les plus touchés. Il y a là une vraie destruction de richesse pour les propriétaires, l'économie, les créditeurs et les banques.

La complexité de cette crise impose d'être très vigilant pour identifier les tendances et les facteurs qui sont réellement porteurs de graves dangers et ne pas se laisser abuser par les rumeurs ou les fausses informations.

Nous espérons donc que cette explication détaillée permettra non seulement de tordre le cou au mensonge orchestré autour de la soi-disant « bombe financière » d'Europe de l'Est (17) ; et qu'elle servira d'exemple pour permettre à chacun de « briser les apparences » et d'aller chercher « derrière le miroir » des médias financiers dominants les éléments factuels qui seuls permettent de se faire une idée précise.

Si le sommet du G20 de Londres ne parvient pas à éviter l'entrée dans la phase de dislocation géopolitique mondiale, ces opérations de manipulation et de déstabilisation vont se multiplier, chaque bloc cherchant à discréditer son adversaire, comme dans tout jeu à somme nulle (18) : ce qu'il perd, je le gagne.


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Notes:

(1) Voir GEAB N°32

(2) Relayés par tout ce que ces deux places comptent de médias et experts financiers, dont la plupart n'avait même pas idée du problème immobilier/financier de certains pays d'Europe de l'Est quand LEAP/E2020 l'analysait en décembre 2007.

(3) Nulle surprise donc à ce que Marketwatch reprenne dans un article sur le sujet les accusations à leur propos de la Banque Centrale tchèque. Source : Marketwatch}, 09/03/2009.

(4) Ce qui est pourtant faux. Aucun autre pays, à part les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne connaît une telle convergence de facteurs catastrophiques.

(5) Alors que les pays d'Europe centrale et orientale touchés (Hongrie, pays baltes, Bulgarie, Roumanie) sont totalement marginaux dans l'économie mondiale, les pays d4asie du Sud-Est étaient des acteurs-clés de la globalisation des années 1990.

(6) Source : Reuters, 17/02/2009

(7) Et qui fait que même les sites avisés sont incertains sur l'attitude à avoir vis-à-vis de cette « information », entretenant donc la crédibilité de l' «information »., comme par exemple c'est le cas de Gary North, le 19/02/2009, sur le site LewRockwell.com.

(8) Source : Telegraph, 15/02/2009

(9) Source: EasyBourse, 01/03/2009

(10) Source : SeekingAlpha, 26/02/2009

(11) Source : Statistiques 2007, US Census Bureau.

(12) Source : Statistiques 2008, Eurostat. Et les pays baltes sont « couvés » par les pays scandinaves, en particulier par la Suède qui prend grand soin à éviter une spirale incontrôlable dans la région. Source : International Herald Tribune, 12/03/2009

(13) Source : Statistiques 2008, Bureau of Economic Analysis, US Department of Commerce.

(14) Source : Baltic Course, 05/03/2009

(15) Et ridicule au regard des centaines de milliards que n'arrêtent pas d'injecter dans leurs banques de manière répétée les gouvernements américain et britannique.

(16) Source : Banque Européenne d'Investissement, 27/02/2009

(17) Et nous ne nous attardons pas ici sur l'amalgame fait avec l'Ukraine (amalgame auquel Nouriel Roubini, pourtant généralement plus avisé, a également prêté son concours – source : Forbes, 26/02/2009), qui non seulement n'appartient pas à l'UE, mais en plus est un pion de Washington et Londres depuis la « révolution orange ». L'actuel effondrement de l'Ukraine, s'il peut poser problème à l'UE comme tout facteur d'instabilité à ses frontières, illustre surtout l' « effondrement du Mur Dollar » au détriment des positions américaines car c'est la Russie qui va y retrouver son influence. Au moment où à Wall Street et à la City, les grandes banques s'effondrent ou sont nationalisées, on a vraiment assisté avec cette manipulation à faire cacher la forêt américano-britannique par l'arbre est-européen. Certains s'y sont certainement laissé prendre en toute honnêteté d'ailleurs car l'histoire était si crédible : « "si non è vero è bello" » comme disent les Italiens.

(18) Ce que deviendra le monde à partir de la fin 2009 si un nouveau jeu n'est pas lancé d'ici l'été prochain.

12/03/2009

Et si on changeait tout...

Et si on changeait tout...

Mois après mois, Alternatives Economiques décrit et explique la crise. Mais cela ne nous empêche pas de réfléchir à ce qui pourrait, ce qui devrait changer. Au-delà de ses conséquences parfois dramatiques et des réponses immédiates à trouver, cette crise doit être l'occasion de rompre avec les évidences d'hier.

Non, nous ne sommes pas condamnés à voir les inégalités s'accroître. Non, la mondialisation libérale n'est pas la seule possible. Oui, on peut aller vers un autre mode de vie, plus respectueux de l'environnement et des personnes. Les mesures proposées dans ce dossier n'ont rien de révolutionnaire. Elles sont toutes compatibles avec le capitalisme. Mais, ensemble, elles changeraient profondément la donne et permettraient de remettre l'économie au service de la société.

Philippe Frémeaux, Sandra Moatti

 


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CAC40 dans les paradis fiscaux

Le CAC 40 est au paradis... fiscal!

Des Bermudes à la Suisse en passant par Panama, toutes les grandes entreprises françaises possèdent des filiales dans des paradis fiscaux. C'est ce que révèle une enquête du magazine Alternatives Économiques sur la présence du CAC 40 dans les centres financiers «offshore».



La Place de la Bourse à Paris (photo : Panoramas - Flickr - cc)
La Place de la Bourse à Paris (photo : Panoramas - Flickr - cc)

Alors que les paradis fiscaux sont de plus en plus montrés du doigt et constituent un sujet clé des discussions du G20 sur la régulation du capitalisme, l'enquête menée par Alternatives Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis fiscaux ». Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d'une trentaine de territoires, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et... le Royaume-Uni.

Enquête exclusive : la présence des entreprises du CAC40 dans les paradis fiscaux

Des Bermudes à la Suisse en passant par Panama, toutes les grandes entreprises françaises possèdent des filiales dans les paradis fiscaux. C'est ce que révèle notre enquête sur la présence des entreprises du CAC40 dans les centres financiers « offshore ».

Voir le tableau complet : les sociétés du CAC40 implantées dans les paradis fiscaux.

Retrouvez notre enquête complète, avec l'analyse détaillée de la présence des banques françaises et anglo-saxonnes dans les paradis fiscaux, dans le prochain numéro d'Alternatives Economiques (en kiosque début avril).

A lire aussi : le dossier documentaire sur le paradis fiscaux.

Alors que les paradis fiscaux sont de plus en plus montrés du doigt et constituent un sujet clé des discussions du G20 sur la régulation du capitalisme, l'enquête menée par Alternatives Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis fiscaux » [1] . Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d'une trentaine de territoires, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et... le Royaume-Uni.

Le secteur financier se révèle être le plus engagé dans les paradis fiscaux. BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale disposent de 361 entités offshore. Si l'on y ajoute les Banques populaires, Dexia et la Banque postale (présente au Luxembourg), on atteint un total de 467 entreprises. Ce qui représente, en moyenne, 16 % des entreprises de ces six groupes. Les banques françaises s'installent dans les centres financiers offshore pour faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées, gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales qui pratiquent « l'optimisation fiscale ».

Mais notre enquête montre aussi que toutes les banques françaises ne font pas appel aux paradis fiscaux avec la même ampleur. BNP Paribas est, de loin, le plus mauvais élève du secteur et du CAC 40. Pourquoi cette banque a-t-elle besoin d'une présence plus de trois fois plus importante que la Société générale dans ces territoires douteux ? En dépit de contacts téléphoniques répétés, il ne nous a pas été possible d'obtenir de justifications. Une banque du secteur mutualiste comme les Banques populaires ne se distingue pas des autres : elle est même présente dans les îles Caïmans, à Malte et à Panama, dont la réputation est plus que sulfureuse.

BANQUES : UN APPETIT VARIE POUR LES PARADIS FISCAUX

Source : Alternatives Economiques, documents de référence des entreprises concernées 2007 ou 2008

Au-delà du secteur bancaire, notre enquête révèle que toutes les multinationales françaises sont implantées dans les paradis fiscaux. Les plus mauvais élèves étant (en valeur absolu comme en pourcentage) LVMH, Schneider, PPR, France Télécom, Danone, Pernod et Capgémini. Les entreprises françaises suivent la voie de leurs concurrentes : à partir des données de la Cnuced, on peut montrer qu'un tiers du stock d'investissements à l'étranger des multinationales se situe dans les paradis fiscaux.

Les principaux paradis fiscaux

Sept territoires offshore concentrent à eux seuls 90 % de la présence française : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, Singapour, l'Irlande et Hongkong. La City de Londres confirme sa première place en la matière. Certes, toutes les entreprises françaises, y compris les banques, qui sont présentes à Londres ne le sont pas uniquement pour bénéficier des activités parasites de la finance britannique. Mais le fait d'avoir 13 filiales pour EADS, 21 pour Peugeot (8 seulement pour Renault) ou encore 43 pour Schneider ne s'explique pas uniquement par la nécessité d'être présent sur le marché britannique. Créer une société écran à la City coûte aujourd'hui environ 250 euros. C'est aussi ce genre de services que viennent y chercher les multinationales de tous les pays pour y minimiser leurs impôts, gérer une partie des revenus de leurs dirigeants, etc.

 

LES ENTREPRISES FRANÇAISES DANS LES PARADIS FISCAUX

Nombre de filiales dans les paradis fiscaux

En % du nombre total de sociétés dans le groupe

BNP Paribas

189

23

LVMH

140

24

Schneider

131

22

Crédit agricole

115

19

PPR

97

17

Banque populaire

90

9

France Telecom

63

24

Société générale

57

17

Lagardère

55

11

Danone

47

23

EADS

46

19

Peugeot

39

11

Carrefour

32

6

Pernod

32

24

Capgemini

31

24

Unibail

31

20

Axa

28

22

Michelin

27

18

Air liquide

22

8

Essilor

22

10

L'Oréal

22

9

Bouygues

18

18

Sanofi Aventis

18

14

Renault

16

11

Dexia

15

33

Accor

11

11

Lafarge

11

12

Saint-Gobain

11

14

GDF Suez

9

13

EDF

8

12

Veolia

8

7

Alstom

6

15

Alcaltel Lucent

5

14

Vallourec

5

8

Suez environnement

4

10

Vivendi

4

11

Auchan

3

5

Arcelor Mittal

1

13

Banque postale

1

6

Total

1 470

16

Source : Alternatives Economiques, à partir des documents de référence 2007 ou 2008

Pour aller plus loin : le dossier documentaire sur le paradis fiscaux.

Christian Chavagneux et Marie-Salomé Rinuy

 


11 Mars 2009

Notes

(1)
Périmètre de l'étude : les entreprises du CAC 40 moins Air France-KLM, STMicroelectronics, Total et Vinci, pour lesquelles les informations ne sont pas disponibles. Inclus Auchan, Banques populaires (avant la fusion avec les Caisses d'épargne pour lesquelles les données ne sont pas disponibles) et la Banque postale. Les données BNP Paribas n'intègrent pas la banque Fortis.

Dépréciation d’actifs

Dépréciation d’actifs : le pire est à venir

fmi_sigle.jpgLe FMI estimait fin janvier que les pertes sur les actifs détenus par les banques américaines dépassaient les 2000 milliards de dollars. Au vu des dernières informations, ces pertes pourraient se révéler deux fois plus importantes, compte tenu de la mécanique infernale entre dépréciations d’actifs financiers, dégradation de la conjoncture économique, et implosion des produits structurés hérités de la période de la bulle. Chronique d’une catastrophe annoncée.

L’agence de notation Standard & Poor’s vient de mettre sous surveillance négative l’équivalent de plus de 550 milliard de dollars d’actifs financiers adossés à des crédits hypothécaires américains, appelés Alt-A. Cette catégorie de crédits hypothécaires est intermédiaire entre les crédits subprime, les plus risqués, et les crédit, prime, qui constituent l’essentiel des crédits immobiliers accordés aux ménages solvables.

Cette décision pourrait déboucher rapidement sur une dégradation de la notation de ces actifs, en raison de la chute continue des prix immobiliers aux Etats-Unis. Il y a un mois, S&P avait déjà remis sous surveillance négative l’équivalent de 427 milliard de dollars d’actifs adossés à des crédits subprime, dont la notation avait été fortement dégradée. Au total c’est donc près de 1000 milliards de dollars d’actifs supplémentaires adossés à des crédits hypothécaires qui pourraient être dégradés très prochainement, ajoutant de nouvelles pertes aux bilans des grandes banques américaines et européennes.

Mais on est encore loin du compte, et le pire est à venir.

Avec l’entrée plus que probable de l’économie mondiale en récession en 2009 - du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale ! - , les défauts de paiement vont commencer à se multiplier sur tous les types de crédit accordés aux particuliers et aux entreprises. Les banquiers qui avaient "poussé à la consommation" de crédits pendant les années fastes, pour gonfler leurs bonus de fin d’année, vont se retrouver "collés" avec des montagnes de créances défaillantes.

 

cds-par-pays-16-02-09.jpg
Toutes les structures complexes à fort effet de levier, montées dans l’euphorie et la précipitation, les ABS (Asset Backed Securities), les CDO (Collateralized Debt Obligations), les CLO (Collateralized Loans Obligations) et autres CPDO (Constant Proportion Debt Obligations), sont entraînées dans un cycle infernal de dépréciation, à mesure que les actifs sous-jacents à ces structures (crédits hypothécaires, cartes de crédit, prêts étudiants, dette LBO, crédits syndiqués, etc) sont touchés par la crise.

Les pertes sur ces structures sont, en outre, amplifiées par le phénomène du "tranchage" qui concentre les risques dans les tranches les plus mal notées, et par un phénomène non anticipé de "recorrélation" entre les différentes tranches, qui dégrade l’ensemble de la structure dès lors qu’une partie est atteinte. C’est l’équivalent financier du phénomène de "résonance" qui provoque la destruction spéctaculaire de certains ouvrages d’art (ponts, tunnels), suite à une répétition de petits chocs ponctuels. La résonance atteint aujourd’hui l’ensemble du système financier.

CDS_5_b.jpgAjoutez à cela que ces structures complexes ont été, en partie, acquises par des investisseurs (hedge funds notamment) qui se sont fortement endettés pour accroître leur gain potentiel, et vous avez une idée de la réaction en chaîne qui s’enclenche : dépréciations des actifs, pertes multipliées par l’effet de levier, ventes forcées en catastrophe sur un marché illiquide, nouvelles dépréciations d’actifs, et ainsi de suite. Les caisses de retraite qui avaient aussi investi dans ces actifs - réputés sans risque -, font alors jouer des assurances - appelées CDS (Credit Default Swaps) - contractées auprès de grandes sociétés comme AIG, elles mêmes en pleine déroute aujourd’hui. L’effet domino s’enclenche. Comme dans une tragédie antique, les différents protagonistes accélèrent leur chute collective en essayant d’y échapper individuellement.

Fin janvier 2009, le FMI estimait dans une note que les actifs compromis détenus par les banques américaines dépassaient les 2000 milliards de dollars, après avoir annoncé un premier chiffre de 1200 milliards de dollars en octobre 2008. Au vu des dernières nouvelles sur le front macroéconomique et sur le front financier, le FMI pourrait très rapidement revoir sa copie. D’ici la fin de l’année, les dépréciations d’actifs liés à des crédits compromis pourraient atteindre 3000 à 4000 milliards de dollars, rien qu’aux Etats-Unis. Un chiffre à méditer, surtout quand on sait que c’est le contribuable qui paiera la note finale.

A Kateb

11/03/2009

Stiglitz commente la crise

Point de vue d'un prix nobel de l'economie

ENTRETIEN DE F24 : Rafaël Kahane reçoit Joseph Stiglitz. Le Prix Nobel d’Economie donne une explication à l’ampleur de la crise économique et livre ses critiques sur les mesures de relance mises en place par les gouvernement dans le monde.

 

 

15:40 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stiglitz, davos, crise

Sortir de la banqueroute de l'ordre néo-libéral

Voici un autre commentaire et analyse de Mr Jacques Cheminade, où il explique trés bien le processus de cette escroquerie internationale, du système financier néo-liberal, dans lequel nous vivons.Pour reprendre les termes de Mr Cheminade, la faillite, la destruction de ce système se trouvaient déjà dans ses gènes. Ce qui veut bien dire, que cela etait parfaitement previsible, comme il tente pourtant de le dénoncer depuis les années 90.

Pour ma part, je pense qu'il faut punir les responsables de la mise en place de ce systeme,(financiers,et politiques) comme Greenspan, Reagan, Milken, Madoff, Tatcher, Bernanke, Trichet...pour crime contre l'humanité. Mieux que de vulgaire dictateur de certain pays africains où il y a eu des génocides, eux sont responsables du tres proche effondrement de la civilisation moderne,........de la fin d'un monde! Le terme crime contre l'humanité me semble donc trés approprié, non !? Qu'en pensez-vous?!

 

 

La crise d’aujourd’hui, un exemple d’une crise systémique du capitalisme

Voici un point de vue politique

La crise actuelle est une des conséquences de la crise sociale que nous connaissions avant. C’est une conséquence d’une volonté politique.

Titrisation, effet levier, bulle spéculative... des termes que l’on entend tous les jours. Voici une petite vidéo de vulgarisation.

 

 

09/03/2009

On ne badine pas avec l'honnêteté fiscale

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Lors du prochain G20 qui aura lieu à Londres au mois d'avril, il sera question de la lutte contre les paradis fiscaux et le secret bancaire. En attendant la Suisse, le Luxembourg et l'Autriche cherchent des parades...



(photo : ★ Mathias Pastwa ★ - Flickr - cc)
(photo : ★ Mathias Pastwa ★ - Flickr - cc)
Peut-on abolir le secret bancaire ? Voilà que la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche contre-attaquent avant le sommet du G20…

Londres, premier paradis fiscal
Le sommet du G20 à Londres qui se tiendra le 2 avril et qui devrait mettre un peu d’ordre dans le système financier international ; et notamment lutter contre les paradis fiscaux et le secret bancaire ! Petite remarque préliminaire : Londres, deuxième place financière du monde, en est sans doute – c’est Jacques Attali qui faisait cette remarque - le premier paradis fiscal. Les grandes institutions de la City sont branchées et perfusées en permanence sur les paradis fiscaux, certains pas très lointains, comme les Iles Anglo-Normandes. D’une certaine manière on va contrôler la finance chez les grands patrons de la dite finance, ça commence mal. En attendant, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg se sont réunis au Grand-Duché pour chercher quelque parade. Je rappelle que deux de ces pays sont membres de la zone euro. Parade numéro un : nous sommes des pays du secret bancaire, mais pas des paradis fiscaux. Alors ? Que penser de cette fable ? Que c’est une fable précisément, parce que lorsqu’on cache de l’argent, pour qu’il n’apparaisse plus aux yeux de quelque autorité que ce soit, c’est, en général, pour frauder le fisc.


On ne badine pas avec l'honnêteté fiscale
« Amnistions les fraudeurs, sinon ils resteront en Suisse »
Il n’y a pas que de la fraude fiscale dans les paradis fiscaux. Soyons rassurés, dans les 10000 milliards de dollars que représentent les paradis fiscaux, c'est-à-dire 20% du PIB mondial, il y a aussi, dieu merci, de l’argent de la drogue, de la prostitution, du rackett et de crimes divers. Mais la parade numéro deux de nos trois amis, la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche disent : si c’est pas nous, c’est les autres ! Magnifique argument. Si c’est pas nous, l’argent ira à Singapour. C’était déjà l’argument du blanchiment des fraudeurs utilisé en Italie et en France : amnistions les fraudeurs, sinon ils resteront en Suisse.

Que répondre à ça ? Qu’ils y aillent. Et si certains fonds d’investissements français ont vraiment besoin de l’argent noir, après tout, ils iront le chercher à Singapour, mais nous, en Europe, on ne badine pas avec l’honnêteté fiscale, fondement de la démocratie. C’est un peu l’argument des partisans de la peine de mort : on abolira la peine de mort quand les assassins l’auront abolie. Et bien non : ce n’est pas parce qu’il y a des fraudeurs qu’il faut accepter la fraude.

Est-ce que cet argent est dangereux ? D’abord on en aurait bien besoin, en ces temps de déficit ! Ensuite oui, il est dangereux, il déstabilise le système financier, et favorise les comptabilités truquées ou occultes. Pourquoi croyez-vous que la BNP a des succursales dans les Iles Anglo-Normande ?

Mardi 10 Mars 2009 - 12:53

Bernard Maris

Du pain et des jeux en ligne !

Du pain et des jeux en ligne !

Par Laurent Pinsolle. Qui est irrité par la libéralisation des jeux d’argent en ligne imposée par Bruxelles. Et dénonce les arguments boiteux des néolibéraux pour défendre leurs intérêts.



(capture d'écran : www.poker770.com)
(capture d'écran : www.poker770.com)

La crise empire, de jour en jour, mais les tenants du néolibéralisme continuent à faire avancer, inlassablement leur agenda de déréglementation. Nouvel exemple en date : la libéralisation des jeux d’argent en ligne, imposée, comme souvent, par Bruxelles.

Faut-il libéraliser les jeux en ligne ?

Les deux principaux arguments des défenseurs de cette libéralisation sont le refus de toute réglementation et le constat que des milliers de Français y jouent déjà. Le Figaro affirme ainsi que 5% de la population joue déjà en ligne et que 2 milliards d’euros y sont dépensés. D’autres affirment que cette libéralisation, qui sera effective au 1er janvier, permettra de rapporter au gouvernement de l’argent, au moment où il en a besoin, faisant un parallèle avec le projet de légalisation de la marijuana en Californie…

Le problème est que les jeux d’argent ne sont pas une activité comme une autre. C’est une activité où les joueurs sont sûrs de perdre collectivement, laissant une marge bénéficiaire sécurisée à leurs promoteurs. C’est pourquoi cet opium du peuple a souvent été strictement réglementé dans beaucoup de pays, voir confié à des entreprises publiques, pour assurer que le bénéfice de cette activité reste à la collectivité. Pire, l’aspect virtuel d’Internet risque de démultiplier les paris des joueurs, à leur détriment.


Ce que révèle ce débat

Le débat sur la libéralisation des jeux en ligne est un puissant révélateur des lignes de partage entre les néolibéraux et les partisans d’un certain encadrement de la société. Les uns trouveront toujours un argument pour ridiculiser cette volonté d’entraver la liberté individuelle (d’entreprendre ou de jouer) tandis que nous autres soulignons que ces règles sont nécessaires au bon fonctionnement d’une société, un peu comme le code de la route est nécessaire pour la sécurité de tous, même s’il entrave certaines libertés.

L’Europe, comme toujours, pousse à toujours plus de libéralisation, de suppressions des règles qui encadraient nos sociétés, par pur dogmatisme intellectuel, sans jamais invoquer l’intérêt collectif. En effet, comment croire une seconde que l’intérêt général consiste à laisser les gens parier en ligne ? Quel bénéfice en tirera la société ? L’activité du jeu, parce qu’elle peut être addictive et mettre en danger la vie de certaines personnes, doit être encadrée pour veiller à limiter ses effets néfastes.

Les jeux en ligne n’apportent strictement rien à la société, mais peuvent coûter beaucoup à certains. C’est pourquoi le gouvernement a tort de suivre la Commission Européenne et d’autoriser cette activité. À moins qu’en ces temps troublés il ne souhaite nous donner du pain et des jeux…


Lundi 09 Mars 2009 - 16:40
Laurent Pinsolle

07/03/2009

LaRouche : la plus grande crise de l’humanité et comment la surmonter

6 mars 2009

la.terre.jpgNous vivons un moment historique sans précédent depuis l’âge des ténèbres du XIVème siècle. Voilà un aspect du problème qui se pose, dans la mesure où il n’y a personne, en vie aujourd’hui ou ayant vécu au cours des dernières générations, qui ait la moindre idée de ce qui arrive à la planète en ce moment.

La terre compte actuellement environ 6,7 milliards d’habitants. Faute de prendre les mesures nécessaires à l’échelle mondiale, que j’indiquerai ici, ce nombre ne sera plus, au mieux, que de 2 milliards d’ici deux générations. Des pans entiers de nos cultures risquent de disparaître, à part quelques survivants qui se rappelleront du passé pour le transmettre à leurs descendants.

Aux Etats-Unis, notre nouveau Président est entouré d’un groupe de personnes douées et compétentes. Certaines ne me plaisent pas du tout, mais dans l’ensemble, ces individus représentent les meilleurs talents que les Etats-Unis puissent nous offrir. Malheureusement, ils n’ont ni l’expérience, ni la compréhension pour faire face au type de crise qui nous tombe dessus.

Evidemment, moi non plus, je n’étais pas là au XIVème siècle, mais j’ai une assez bonne idée, peut-être plus que tout autre personne vivante, de ce qu’il faut faire aujourd’hui. Par conséquent, j’ai la lourde responsabilité de faire la distinction entre ce que les experts savent du remède à administrer et ce qu’ils ne savent pas, et donc de leur montrer ce qui leur échappe. Certains parlent de cette crise comme d’une « récession », ce qui est puéril, ou encore d’une « dépression », ce qui est un terme beaucoup trop faible.

En réalité, notre civilisation est confrontée à une crise existentielle d’une telle gravité qu’elle risque de ne pas pouvoir la surmonter. Des civilisations, des cultures, des sociétés entières et leurs populations peuvent disparaître. Il faut bien se rendre compte de la vulnérabilité de la population mondiale.

2008-12-04T121301Z_01_APAE4B30XXR00_RTROPTP_2_OFRBS-CHINE-USA-ECONOMIE-20081204.JPGPrenons le cas de la Chine, frappée d’une crise brutale : elle sera incapable de maintenir en vie sa population de 1,4 milliard d’individus si les tendances actuelles se confirment. Toutefois, le problème n’est pas chinois, mais international. L’Inde est un peu plus stable, parce qu’elle est moins tributaire des exportations, mais elle est tout aussi vulnérable. La Russie est au bord de la non existence ! L’ensemble de l’Asie du sud-ouest est en crise, tandis que l’Afrique est la cible d’un génocide, orchestré notamment par l’empire britannique, et sa population pourrait être anéantie si nous ne l’arrêtons pas. Celle des Etats-Unis, d’Amérique du Sud et d’autres continents est également menacée.

Dans cette situation, le schéma habituel qu’emploient les gouvernements de certaines nations pour réagir à la crise, s’avère tout à fait inopérant et erroné.

Rétablir la souveraineté nationale

Ce dont nous avons besoin, c’est d’une réaffirmation de la souveraineté nationale, surtout en Europe, qui l’a totalement abandonnée. Faute de défendre et promouvoir la souveraineté nationale, on ne pourra pas mobiliser les populations du monde pour faire face. En même temps, il faut comprendre comment organiser une lutte globale pour surmonter le grand krach, c’est-à-dire comment amener des nations, qui ne sont pas proches par nature, à collaborer en toute souveraineté dans une coopération à long terme – de l’ordre de cinquante ans ou plus, afin de rebâtir l’économie mondiale et d’assurer la survie de la civilisation.

Les talents existent pour traiter le problème, mais ils ne conçoivent pas la manière de s’organiser pour un effort conjoint. Voilà mon travail.

Pour ce qui est de la nature de l’enjeu lui-même, les économistes professionnels ne sont aucunement compétents pour traiter le coeur du problème. Il existe des personnes capables de mettre en oeuvre des programmes, mais elles n’ont pas vraiment étudié le problème du point de vue de l’histoire longue. Elles pensent en termes de quelques générations, ou de seulement quelques siècles, alors qu’il faudrait prendre en compte les derniers 2000 ou 3000 ans, pour en apprécier l’ampleur.

993404-1241841.jpgRécapitulons. Le 25 juillet 2007, j’ai affirmé lors d’une conférence internet que nous étions au bord d’une crise généralisée d’effondrement du système financier et monétaire mondial. J’ai clairement identifié le problème et certaines des mesures à prendre. Trois jours plus tard, le système commença à se disloquer. Certains idiots évoquaient une « crise du crédit immobilier subprime ». En réalité, il s’agissait du râle d’agonie du système. Depuis, la désintégration de l’économie mondiale ne fait que s’accélérer.

Les « experts » sont partis du point de vue qu’il n’est pas nécessaire d’effectuer des changements fondamentaux, qui renverseraient les politiques suivies, en particulier depuis le printemps 1968. En fait, il faudrait annuler la plupart des politiques adoptées depuis le 1er mars 1968, lorsque le président Johnson prit la première mesure de démantèlement du système à taux de change fixes. Ce démantèlement signifiait l’autodestruction des Etats-Unis et condamnait l’Europe au déclin.

Depuis lors, les pays européens ont perdu leur souveraineté. Ce grand espace de l’Europe occidentale et centrale a cessé d’être un bastion de souveraineté. Aucun pays de l’UE ne dispose plus de l’autorité juridique pour gérer sa propre économie. Tous sont sous la coupe du système de l’euro, qui les emprisonne. Ils n’ont même pas le droit d’émettre du crédit productif public pour assurer une reprise. Dans le cadre des règles actuelles, ils ne sont pas autorisés à augmenter les investissements en capitaux, grâce au crédit public productif, pour renverser la vapeur.

Prenons par exemple le cas d’Opel, ici à Rüsselsheim en Allemagne, où se tient notre conférence. Le secteur de l’automobile international est en pleine désintégration. Aux Etats-Unis, l’industrie automobile est morte ; il y a longtemps qu’elle s’est suicidée, mais c’est seulement maintenant que sa mort se manifeste. (...)

Le nucléaire et les technologies de pointe

L’origine de cette crise remonte à 1968. Au lieu de mobiliser les ressources nécessaires pour faire face au déclin industriel et économique, sous la pression des soixante-huitards qui défilaient dans la rue, on a pris la direction opposée, optant pour une société dite « postindustrielle ». On a banni l’énergie nucléaire, qui est la seule source énergétique à même d’assurer une vraie croissance économique.

9782868836915FS.gifEn science économique, la plupart des gens sont ignares. Ils croient à la soi-disant « énergie gratuite » et pensent qu’on peut se fier au vent et au soleil pour produire de l’énergie. Ce n’est pas possible ! On a oublié ce qu’est l’énergie. Telle calorie n’est pas égale à une autre. L’énergie se mesure en termes de densité de flux énergétique : il s’agit de l’intensité d’un flux de chaleur (ou de son équivalent en température) utilisée par la source de puissance.

Cela vaut aussi pour la chimie physique : pour transformer des déchets en matières premières, on a besoin de sources énergétiques à forte densité de flux énergétique. Le pétrole n’est pas suffisant, pas plus que le gaz naturel.

Par exemple, sans la fission nucléaire et sans la perspective de fusion thermonucléaire, nous ne pourrons pas développer la quantité d’énergie nécessaire pour garantir l’approvisionnement en eau douce des nations densément peuplées. L’Inde utilise déjà ses ressources en eau fossile, tandis qu’elles s’épuisent en Europe, comme aux Etats-Unis. Sans énergie nucléaire, il n’y aura pas de relance économique. L’éolien est une farce, qui n’existe que grâce à des subventions publiques. Toute la conception de l’infrastructure et la culture du travail industriel qualifié sont passées aux oubliettes.

De même, nous avons commencé à délocaliser les emplois d’Europe et des Etats-Unis vers des pays pauvres. Les « experts » nous disaient que c’était une bonne affaire, mais c’est un leurre. Ils s’y sont installés pour disposer de main d’œuvre bon marché, mais la productivité du monde, dans l’ensemble, a chuté à la suite de ces délocalisations. On s’aperçoit désormais que la Chine est excessivement dépendante de ses exportations. Elle est plongée dans une crise existentielle, car le genre de marché à l’exportation dont elle vivait, avec ses ouvriers mal payés, n’existe plus.

Nous devons changer radicalement cette situation. Actuellement, nous sommes incapables d’entretenir la technologie nécessaire pour faire vivre une population de plus de six milliards de personnes, ne serait-ce qu’à leur niveau de vie actuel. Si l’on abaisse encore ce niveau, il y aura des morts. En Chine, faute de trouver un remède, on voit déjà le début de ce genre de génocide potentiel. Comment infléchir les orientations politiques actuelles ? Comment renverser la vapeur ?

Il faut provoquer une prise de conscience, car les habitudes mentales qui dominent la vie des nations, en particulier depuis Mai 68, tuent des gens et si nous n’y changeons rien, une bonne partie de la population mondiale disparaîtra dans sa chute vers un nouvel âge des ténèbres.

Culture et Etat-nation

photo_1222697484292-4-0.jpgLe levier pour obtenir ce changement consiste à forger de nouvelles formes de coopération, surtout pour fournir une direction à la planète. L’Europe, en raison de son organisation et de ses lois, est pour l’instant incapable de générer le capital nécessaire pour rebâtir ses propres économies et encore moins l’économie mondiale. (L’opposition au nucléaire n’est qu’un aspect du problème. Les pays sont démobilisés : tous ces moulins à vent, ici, ne sont qu’un signe de damnation, ce ne sont pas des cibles pour Don Quichotte. Pas question d’avoir une industrie moderne avec ces éoliennes !)

Qui pourra le faire alors ? Il y a quatre pays sur cette planète qui peuvent, en coopérant, stimuler le monde dans son ensemble pour faire adopter le remède. Les Etats-Unis (quoi que vous puissiez penser de leur politique) sont déterminants. Sans leur coopération, il n’y aura pas de relance globale. Sans défendre la Chine, la reprise ne marchera pas non plus. De même pour l’Inde et la Russie. Sans réunir ces quatre puissances, entre autres, dans la solidarité, afin d’inverser la dérive des quarante dernières années pour recouvrer la santé mentale, cette descente dans un âge des ténèbres deviendra quasiment inarrêtable.

Il faut revenir au concept d’Etat-nation souverain. Avec la mondialisation, nous avons les mains liées. On a besoin de l’Etat-nation souverain, ne serait-ce que pour des raisons culturelles.

Quel est le problème, en particulier avec ces délocalisations ? Comment subvenir aux besoins d’une population qui est passée de moins d’un milliard au milieu du XIVème siècle à 6,7 milliards aujourd’hui ? On doit s’appuyer sur le progrès scientifique et technologique, qui entraîne à son tour le développement des infrastructures et de l’industrie, permettant d’assurer le bien-être de la population, en lui fournissant par exemple les soins médicaux et les systèmes de santé, qui sont tout aussi importants. Grâce à l’éducation et à la culture, les capacités intellectuelles de la population se développent. On forme des individus capables d’assimiler la science et la technologie modernes et de les appliquer, à la production ou ailleurs. En rejetant la technologie de pointe, comme on l’a fait depuis 1968, on condamne la planète.

Prenons une population devenue étrangère à la science et à la technologie. On pourra la mobiliser en l’impliquant dans un travail productif permettant le rétablissement de bonnes conditions de vie pour chacun.

Cependant, sans cultures nationales, c’est impossible. Ce que les gens et la plupart des économistes ne comprennent pas, c’est la vraie notion de « productivité ». La productivité dépend des facultés créatrices de l’esprit humain, qui permettent de faire des découvertes scientifiques et, plus largement, donnent à la population les moyens d’assimiler l’innovation et le progrès. Autrement dit, au contact de la science et de la technologie, et aussi de la culture classique, la créativité de la population augmente. Elle acquiert ainsi la capacité de faire des découvertes, ou du moins la capacité de les assimiler de manière productive.

Sans cette orientation vers la science et la culture classique, c’est beaucoup plus difficile. La camelote que l’on nous vend aujourd’hui en guise de culture, empêche les gens de développer leur potentiel créateur. On le voit bien dans nos systèmes d’éducation.

Avec la mondialisation, l’idée de maintenir les populations asiatiques ou latino-américaines dans l’arriération, pauvres et privées de culture classique, les condamne à ne pas pouvoir subvenir à leurs besoins, ce que seule la véritable créativité permet d’obtenir.

Pour développer cette créativité, la culture nationale de chacun est le véhicule qui amène les gens à penser de façon créative, pour eux-mêmes comme pour leur société. Si l’on pense à une force de travail composée de main d’oeuvre bon marché, elle est incapable d’innover, cantonnée à des méthodes de production qui n’encouragent pas le progrès.

Cette idée de la créativité comme fondement de la productivité était essentiellement européenne. L’impulsion initiale de ce qui allait devenir la civilisation européenne moderne remonte à l’époque du grand Concile de Florence, vers 1439. Elle s’est manifestée par l’influence de Nicolas de Cues, par exemple, et de Filippo Brunelleschi auparavant, reflétée dans le dôme de la basilique Santa Maria della Fiore à Florence, et plus tard avec Léonard de Vinci et les grands esprits scientifiques des XVIème et XVIIème siècles. Voilà l’origine de la culture européenne moderne.

En parallèle, nous avons le processus conduisant, par l’intermédiaire de Jean-Sébastien Bach, à la grande musique et autres chefs d’œuvre de la culture artistique classique. Ces richesses, qui ont vu le jour en Europe, furent « exportées » et répandues en Amérique du Sud et du Nord.

L’intention des humanistes était d’étendre au monde entier l’accès à ce genre de savoir, encourageant ainsi, chez l’individu, la qualité qui distingue l’homme de l’animal : la créativité.

140508_105812_PEEL_QTeSrt.jpgAucune forme de vie animale n’est capable d’accroître, volontairement, son potentiel de densité démographique relative. L’espèce humaine est la seule qui soit, et sera, capable d’accroître ce potentiel, d’augmenter son niveau et son espérance de vie. La créativité, qui n’existe que chez l’homme, est la locomotive du progrès scientifique et technologique et du progrès culturel. Par conséquent, lorsque nous éradiquons cette capacité, en appliquant une politique de main d’oeuvre bon marché, une idéologie anti-science ou encore une culture qui méprise cette capacité au lieu de l’encourager, nous détruisons l’économie.

La créativité s’exprime au niveau individuel, mais chez des individus appartenant à une certaine culture. Dans l’utilisation de la langue, par exemple. La langue nationale est utilisée pour exprimer des idées. Reste à déterminer à quels degré et profondeur ces idées peuvent être communiquées à la population. Si l’on maintient dans l’ignorance 50 ou 60% de la population, sera-t-elle capable de développer sa créativité ? Non !

Par conséquent, la culture nationale – l’eau dans laquelle nage la population-poisson – et son développement sont la source de l’accroissement de la créativité et de la productivité potentielle des citoyens. En vérité, il s’agit là d’un mouvement culturel qui sert de base pour promouvoir la créativité. Cela s’appelle, chez Leibniz et d’autres, la dynamique, contrairement aux méthodes cartésiennes.

Nous voulons donc mobiliser les Etats-nations souverains, non pour s’entretuer, mais en conformité avec les principes des Traités de Westphalie : un peuple national souverain considère que le bien-être des autres peuples souverains répond à son propre intérêt bien compris, tout en défendant sa propre souveraineté. Voilà l’origine des grands accomplissements de la civilisation européenne. C’est une leçon que nous avons jadis apprise de l’étude d’autres cultures, en Asie ou ailleurs.

Le rôle des Etats-Unis

Pour cela, le rôle central des Etats-Unis est essentiel, bien que beaucoup d’Européens rechignent à l’admettre. Interrogeons-nous donc sur ce que « sont » réellement les Etats-Unis.

[M. LaRouche examina ensuite l’origine des colonies d’Amérique du Nord, projet qui remontait aux cercles autour de Nicolas de Cues. Les colons, expliqua-t-il, étaient en grande partie des pionniers qui entendaient sauver la culture européenne en la transposant le plus loin possible de l’oligarchie européenne qui déchaînait les guerres de Religion et l’oppression. « Ainsi, dès le début, avant même d’être formellement une nation, les futurs Etats-Unis avaient un caractère dynamique, imprimé par ceux qui voulaient sauver le meilleur de la culture européenne. »

Ainsi, les Etats-Unis devinrent une grande puissance économique, expliqua LaRouche, grâce en particulier au chemin de fer transcontinental, qui permit d’intégrer l’ensemble du territoire, de l’Atlantique au Pacifique, par voie terrestre. Ce grand projet, lancé par le Président Lincoln, révolutionna le développement économique. Il mit un terme à la primauté historique de la puissance maritime, sur laquelle s’appuyait l’empire britannique pour dominer le monde.

LaRouche rappela que l’une des qualités du peuple américain est son aversion viscérale pour la noblesse et l’oligarchie, qui restent malheureusement un objet de fascination dans certains pays d’Europe.

Nous devons faire revivre cette tradition américaine et rechercher des partenaires avec qui collaborer, à des fins communes, à partir de cultures différentes. Un peuple, dans son ensemble, doit se développer dynamiquement, en tant que culture nationale. Puis, en s’appuyant sur le même principe que la paix de Westphalie, (...), des nations représentatives et volontaires, comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde, pourront s’engager pour un objectif à long terme. Le « long terme » signifie entre 80 et 100 ans, parce que les investissements en capitaux et les investissements dans le développement des populations, se comptent en générations. Une perspective de 50 ans pour l’infrastructure, et même de 100 ans pour les grands systèmes fluviaux et de transport mondiaux s’impose.

L’objectif est d’augmenter la productivité de la population, grâce au développement de l’infrastructure et de l’énergie. On vise en priorité le développement culturel des populations, dans leur culture nationale. L’orientation vers le progrès scientifique, technologique et culturel doit être la règle, afin de renverser les tendances imposées depuis 1968 et de revenir à l’accord implicitement fixé aux nations au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, à savoir ériger un monde affranchi du colonialisme, de l’assujettissement des peuples et des traditions oligarchiques.

Voilà ce qui motiva les Européens à traverser l’Atlantique pour tenter de bâtir, hors d’Europe, un bastion de la civilisation européenne. (...)

Pour ce qui est de la nouvelle administration américaine, j’estime que certains de ses membres disposent de talent et de compétences. Il y en a d’autres que je n’aime pas, non pour des raisons personnelles mais à cause de leur politique. Mais en général, les personnes dans ce gouvernement, et celles qui lui sont associées, sont capables de mener à bien le travail qui s’impose.

2008-04-02T061414Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRWR-USA-IMAGE-SONDAGE-20080402.jpgLe problème vient d’individus comme George Soros et de cette clique de Wall Street, qui incarnent le pire, chez nous et en Europe. Par exemple, George Soros est le plus grand promoteur de la drogue au niveau mondial. C’est un valet de l’empire britannique, qui fait équipe avec Lord Malloch Brown, le numéro deux du Foreign Office britannique.

Le refus des nations de s’attaquer au trafic international des stupéfiants est un des principaux problèmes. Ce trafic est organisé comme les opérations des Anglo-Hollandais au XVIIIème siècle. Par exemple, la production de pavot d’un paysan afghan lui rapporte de 500 à 600 dollars. Le prix du produit livré au consommateur en Europe ou aux Etats-Unis peut être mille fois plus élevé. La situation est identique en Amérique du sud.

Le problème stratégique en Asie du sud-ouest vient, en grande partie, de la drogue. C’est pourquoi envoyer des soldats en Afghanistan pour combattre les terroristes est une folie. (...) Il faut arrêter le trafic transfrontalier de la drogue, ce qui signifie s’attaquer à l’empire britannique [qui vit de l’argent de la drogue]. Il faut aussi fermer les paradis fiscaux et les marchés de produits financiers dérivés.

Nous devons instaurer une coopération entre nations pour combattre ce type de problème et, d’un point de vue positif, pour assurer le développement économique à long terme. Pour mettre en oeuvre un programme de relance aux Etats-Unis, l’administration actuelle, malgré certaines personnes mal avisées, a le potentiel d’aller dans ce sens. Mais nous allons avoir besoin de crédit pour des investissements à long terme, par exemple pour exploiter les matières premières de Russie et développer la production reposant sur ces matières premières. Cela implique des systèmes de transport et l’ouverture des régions de la toundra. La culture nationale doit être à même de traiter ce problème. Certaines personnes que je connais au musée Vernadski de Moscou sont des spécialistes en la matière et nous aurons besoin de leur coopération. (...)

Puis nous avons la Chine, une culture asiatique. Elle ne survivra pas à moins de réorienter son économie et d’être soutenue dans ses relations économiques avec le reste du monde. Ne pouvant plus compter sur des exportations bon marché aux Etats-Unis, la Chine devrait lancer un programme d’investissements à long terme, créant le crédit nécessaire pour que la population chinoise puisse accroître elle-même sa productivité. A cela, il faut intégrer l’Inde, puis l’Asie du sud-ouest. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde représentent les principales concentrations de pouvoir économique et politique dans le monde.

En finir avec le monétarisme

Euro.jpgPour en revenir à mon rôle spécifique, on doit se débarrasser de l’idée selon laquelle l’argent représente une valeur intrinsèque. Ce n’est pas l’argent qui détermine la valeur des biens. Il faut instaurer, entre nations, un système de taux de change fixes, afin d’éviter que, lorsqu’elles empruntent de l’argent à 2%, les fluctuations des devises ne haussent ce taux à 4 ou 5%. De même, au lieu d’un système monétaire, qui est intrinsèquement un système impérialiste, il nous faut un système de crédit productif public. C’était l’intention de Franklin Roosevelt avant sa mort, en 1944, que [le président] Truman renversa de fond en comble.

En proposant de construire un système de crédit à taux de change fixes, Roosevelt s’opposait à Keynes, un impérialiste de la pire espèce. Dans la préface du livre qu’il fit publier en allemand, en 1937, Keynes expliquait qu’à l’époque, les conditions en Allemagne étaient plus propices pour ses idées que partout ailleurs dans le monde. Et c’était vrai !

Un système monétaire signifie que les nations n’ont pas de système de crédit souverain. On a affaire à un arrangement monétaire international, sous le contrôle de banquiers de style vénitien, qui utilisent les gouvernements et leurs devises nominales dans des schémas arrangés par une combinaison de puissances monétaires privées. Etablissons donc un système de crédit, où seul l’Etat peut émettre de la monnaie par un acte souverain. Cette création monétaire a lieu sous forme de crédit, qui peut être ensuite monétisé selon la loi.

Nous avons besoin d’investissements à long terme, à 25 ans, à 50 ans et à 100 ans. La construction d’une centrale nucléaire requiert un investissement sur 30 ou 40 ans. La fusion thermonucléaire doit être développée pour pouvoir maîtriser des densités de flux énergétique plus fortes, qui nous permettent d’évoluer vers des technologies plus performantes et moins polluantes.

Pour résumer, je propose d’élaborer un accord entre nations pour un système à taux de change fixes et des traités cadres portant sur des objectifs communs et des projets à long terme. Il s’agit également d’informer les populations sur l’importance de ces accords.

Mais avant tout, nous devons revenir à l’Etat-nation. C’est là que j’entre en scène et c’est là qu’est mon plus grand combat. Le 25 juillet 2007, j’ai soumis un projet de loi très spécifique sur les finances, parce que je savais que nous nous dirigions vers une énorme crise immobilière. Je proposai de mettre l’ensemble du système de crédit immobilier en redressement judiciaire, tout en empêchant une vague de saisies de logements en raison de l’éclatement de la bulle spéculative. L’on devait aussi empêcher la fermeture des banques agréées, dont les services sont indispensables. Je préconisai de mettre les banques en banqueroute contrôlée, sous protection légale, et d’éplucher leurs comptes : si leurs investissements sont légitimes, on les protège. S’il s’agit de pure spéculation, ce monstre spéculatif, « désolés, vous n’aurez rien ; vous êtes en banqueroute, c’est fini ! », leur dira-t-on.

En septembre 2007, lorsque nous l’avons proposée, cette démarche aurait pu nous épargner le pétrin dans lequel nous sommes aujourd’hui, si le sénateur Dodd et le membre du Congrès Barney Frank, entre autres, ne l’avaient torpillée.

Aux Etats-Unis, le pouvoir financier exerce une forte influence politique. Cependant, on peut tout aussi bien réveiller la véritable tradition américaine, qui lui est opposée, pour qu’elle reprenne le dessus. D’où mon rôle essentiel, qui est de concevoir, promouvoir et défendre le type de système que je viens d’évoquer.

Pour une vraie commission Pecora et la réquisition des banques

(suite)

Voici une vidéo de la conference de Mr Cheminade sur l'histoire de Ferdinand Pecora



 
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