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30/01/2009

Obama s'attaque aux banquiers, lui...

Obama s'attaque aux banquiers, lui...

Barack Obama a fustigé hier le comportement des banques ayant distribué des bonus alors même qu’elles font l’objet d’une aide d’Etat pour faire face à la crise. En 2008, les primes octroyées aux dirigeants et employés des banques ont atteint près de 20 milliards de dollars. « C’est le comble de l’irresponsabilité, c’est honteux» a déclaré le président américain.

Vendredi 30 Janvier 2009 - 13:05

28/01/2009

Et si la Grande Bretagne faisait faillite?

Et si la Grande Bretagne faisait faillite?

Cette semaine, la Grande Bretagne est entrée pour de bon en phase de récession. Les éditorialistes britanniques ont sitôt comparé la situation du pays à celle de l'Islande. Pays en pleine croissance, l'Islande est devenue le pays symbole de la crise. Préfiguration de ce qui nous attend?

La Royal Bank of Scotland a perdu 97% de sa valeur (cc flickr andy beez)
La Royal Bank of Scotland a perdu 97% de sa valeur (cc flickr andy beez)

Si l’on en croit le Daily telegraph, la Grande-Bretagne doit faire face à une situation douloureuse, comparable à certains égards à celle qu'a connu l’Islande il y a peu. La presse britannique s'inquiète d'ailleurs d'un scénario à l'islandaise. Dans un dossier sur la crise économique, l'Evening Standard titrait « Islande sur Tamise » en  référence à l'effondrement de l'économie islandaise, tandis que le Financial Times se posait la question sans ambages: « Le Royaume-Uni peut-il faire faillite ? ».

SIGEBOURSEBIS__20080121_px_470__w_ouestfrance_.jpgLa Royal Bank of Scotland à la dérive
L'économie britannique est officiellement entrée en récession, les économistes  anticipent une baisse du PIB de près de 3 % cette année. Du jamais vu depuis 1946. Et les principales banques du pays commencent à présenter des signes de fatigue inquiétants, notamment la plus vieille d'entre elles: la Royal Bank of Scotland. Lourd symbole, en 2008, la RBS était encore la plus grande banque d'Écosse, la seconde du Royaume-Uni et d’Europe. Depuis le début de la crise de 2008, en raison des actifs dit toxiques qu’elle détenait, la banque a perdu 97,58 % de sa valeur ! Difficile de tomber plus bas.

Des réserves inférieures à celles de la Malaisie
Pour sauver ce qui peut encore l’être, le gouvernement envisagerait de recourir aux nationalisations. Un choix périlleux compte tenu des dettes extérieures accumulées par tous ces établissements. « Aujourd'hui, la Grande-Bretagne dispose de réserves de devises inférieures à 61 milliards de dollars, moins que la Malaisie ou la Thaïlande. Les dettes des banques britanniques vis-à-vis de l'étranger s'élèvent à 4 400 milliards de dollars -deux fois le PIB annuel du pays » écrit le Daily Telegraph. C’est l’une des raisons qui explique la dégringolade récente de la livre sterling.

La Grande Bretagne et l'Islande coulés par leurs banques ?wachtrij.jpg
C’est là que le parallèle avec l'Islande devient troublant. Le système bancaire  dopait la croissance. Mais en asséchant les circuits de refinancement des banques, la crise a brutalement brisé le rêve le rêve islandais. Les trois banques du pays, qui avaient fortement investi à l’étranger se sont retrouvées sans le sous. Le pays a été ruiné par les égarements de ses trois principaux établissements bancaires qui avaient accumulé des dettes équivalentes à 900% du PIB plongeant l’Islande dans la crise et forçant le gouvernement à les renationaliser. Si l’agence de notation Standard’s & Poors estime que la situation britannique constitue un « test sévère » pour le gouvernement de Gordon Brown, la situation de la Grande Bretagne est différente de celle de l’Islande. Le Royaume-Uni peut toujours s’appuyer sur la livre sterling, qui reste l’une des principales monnaies mondiales.

Le FMI en renfort ?
Reste qu’un plan de sauvetage des banques du pays pourrait porter le déficit public à près de 10 % du PIB. Un dérapage qui commence à faire douter de la capacité du pays à pouvoir financer sa dette. Provocateurs, les conservateurs s’interrogent sur la possibilité d’en appeler au FMI, comme l’a fait l’Islande. Une hypothèse jugée « ridicule » par Gordon Brown.

Mercredi 28 Janvier 2009 - 07:00
Régis Soubrouillard

L'Islande, une révolte à méditer pour les dirigeants européens

L'Islande, une révolte à méditer pour les dirigeants européens

Sophie Morris du quotidien anglais The Independent, nous rapporte une incroyable description de l'imbroglio islandais. Les pubs sont pleins le week-end, mais tous les habitants, riches ou pauvres, sont ruinés. Au programme, une révolution démocratique pour imposer une enquête sur la responsabilité des hommes politiques et une nouvelle constitution.

ISLANDE • Après la crise, la révolution

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La démission du gouvernement, le 26 janvier, est le résultat d’une pression populaire de plus en plus forte depuis la quasi-faillite de l’île à l’automne dernier. Car les citoyens ne cachent plus leur colère et leur désespoir. Imprimer ce texte Imprimer ce texte
De Reykjavík
Il y a encore quelques années, l’Islande pouvait être fière de sa réussite. Ses affaires étaient florissantes, ses habitants vivaient dans l’abondance et la capitale Reykjavík était devenue une destination touristique en vue. Rares sont ceux à avoir envisagé que leur fulgurante ascension financière pourrait se solder par une chute tout aussi spectaculaire.

En octobre 2008, les trois principales banques islandaises ont été nationalisées puis déclarées en faillite. Du jour au lendemain, les Islandais – et ils étaient nombreux – qui roulaient en gros 4 x 4 et avaient investi dans l’immobilier de luxe en contractant un emprunt auprès d’une banque étrangère ont vu la valeur de leurs biens s’effondrer, tandis que leurs mensualités grimpaient en flèche.

Les Islandais plus parcimonieux ont été également durement touchés. Des milliers de travailleurs proches de la retraite qui avaient investi leurs économies dans des actions auprès des banques Landbanki, Glitnir et Kaupthing, ont tout perdu. Les prix de l’alimentation et de l’essence ne cessent d’augmenter et, avec des taux d’intérêt proches des 20 %, même les prêts plus modestes deviennent impossibles à honorer.

“Nous avons l’impression d’avoir été incapables de gérer nos affaires”, estime Hallgrímur Helgason, l’un des plus célèbres romanciers de l’île. “Nous avons été livrés à nous-mêmes pendant des années et nous sommes allés trop loin, trop vite, en trop peu de temps. A présent, nous sommes ruinés, et nous avons plus de dettes que nous ne pouvons en rembourser. Nous sommes comme des enfants dont les parents se sont absentés pour le week-end et qui ont saccagé la maison.”1eb20e2_1.jpg

Comment cela se traduit-il pour le citoyen ordinaire d’un pays dont les caisses sont vides ? Parle-t-on de soupes populaires, de foyers d’hébergement et de mendicité ? Loin de là. Les rues de la capitale sont propres et les gens sont toujours aussi hospitaliers et charmants. Le vendredi et samedi soir, de nombreux bars et clubs font le plein. Et, à en juger par l’état d’ébriété de la plupart des gens, ils continuent à dépenser de l’argent.

Les problèmes de l’Islande se sont cristallisés lors des événements tumultueux de la semaine dernière. Depuis le mois d’octobre, immédiatement après l’effondrement de l’économie, des manifestations pacifiques ont été organisées sur la place principale de Reykjavík, devant l’Althing, le Parlement. Et, les 20 et 21 janvier, ces manifestations se sont transformées en émeutes. Des projectiles ont été lancés sur la police et sur le Parlement. Les fenêtres de l’Althing ont été brisées et des feux allumés. Plus de 130 manifestants ont dû être soignés à cause des gaz lacrymogènes utilisés par la police pour disperser la foule et un policier a été gravement blessé.

Le 23 janvier, Hördhur Torfason, militant des droits de l’homme et l’un des organisateurs de la manifestation, a raconté une anecdote épouvantable pour illustrer le sentiment de désespoir de ses compatriotes. Il avait reçu un coup de téléphone d’un homme qui lui avait raconté que les quatre générations de sa famille avaient tout perdu. “Il voulait que je les aide à construire une potence devant le Parlement”, raconte Torfason. “Je lui ai demandé si c’était censé être symbolique. Il a répondu : ‘Non. Un membre de ma famille a l’intention de se pendre en public.’ Je lui ai dit que j’étais prêt à les aider, mais pas de cette manière”, poursuit Torfason. “Mais cette personne s’est suicidée le surlendemain.”

Davantage de gens vont à l’église pour trouver un réconfort spirituel mais aussi parce qu’on peut s’y procurer des denrées alimentaires pour une somme modique. Les soupes populaires ne sont pas à l’ordre du jour. “Les gens auraient honte de faire la queue dans la rue pour avoir à manger”, explique Thór Gíslason, de la Croix-Rouge. “Nous comptons plutôt organiser des activités et du bénévolat où les gens pourraient partager un repas.”

04834340-ebd4-11dd-ac76-c8012f2f19f8.jpgPour les Islandais, la cupidité, la corruption des politiques et l’absence de réglementation sont à l’origine de ce chaos, mais la plupart des gens savent qu’ils portent leur part de responsabilité. “Je me sens responsable”, admet l’écrivain Helgason. “Nous admirions l’impudence de ces ‘nouveaux Vikings’ et nous nous sommes tous laissés berner. Nous sommes une société jeune et immature.”

Aujourd’hui, ils veulent la dissolution du Parlement, une nouvelle Constitution et une enquête sur la responsabilité des hommes politiques. “Tout le monde ou presque est ruiné”, explique l’un des organisateurs des manifestations, Magnús Björn Ólafsson. “C’est une révolution, et nous voulons rédiger une nouvelle Constitution comme l’ont fait les Français.”

Sophie Morris
The Independent

27/01/2009

Crise: Royal appuie là où ça fait mal

Crise: Royal appuie là où ça fait mal

Ségolène Royal a attaqué la politique sarkozyste sur deux points faibles du Président: le paquet fiscal et les aides aux banques.

 


Démagogue, populiste... Certains de ceux qui ont écouté ce matin Ségolène Royal répondre aux questions de Jean-Michel Aphatie, doivent penser que l'ex-candidate n'a guère muri depuis sa campagne. Ils se trompent peut-être : ce matin, Ségolène Royal a souligné deux faiblesses manifestes du pouvoir : le paquet fiscal et l'aide aux banques.

Le paquet fiscal : les caciques de l'UMP ont beau détailler le paquet fiscal, souligner que le bouclier fiscal ne pèse que quelques centaines de millions d'euros, que le financement des heures supplémentaires ou le logement représentent des sommes supérieures, cette dernière mesure a coloré tout le dispositif. En augurant son quinquennat par un geste qui est apparu comme profondément inégalitaire, le Président est apparu comme l'otage des riches, surtout quand cette séquence se confond avec des symboles dits bilng bling comme le voyage sur le bateau de Bolloré ou le voyage américain de Wolfeboro.

Deuxième erreur du Président, l'aide aux banques. Là encore, les ministres ont beau se montrer pédagogues, expliquer qu'il convient de distinguer la mobilisation de 340 milliards en garantie des engagements bancaires des aides (10 milliards) consenties aux banques pour soutenir leurs capitaux propres, les Français ont du mal à comprendre ces subtilités. Ce qu'ils constatent est que les banques ont commis des erreurs de gestion, qu'on leur apporte des concours alors même que ces mêmes banquiers leur imposent des prêts à 18% pour changer de voiture, comme l'a déclaré habilement Ségolène Royal au micro d'Aphatie.

Ces deux errreurs majeures - le bouclier fiscal et l'aide aux banques - légtiment la manifestation de jeudi. Elles donnent le sentiment que le gouvernement actuel, quoiqu'il en dise, est, pour le  moins, l'otage des riches et des grands groupes. Surtout quand les aides distribuées aux uns et aux autres le sont sans condition : il ne suffit pas de recommander aux banques de continuer à prêter aux PME et aux particuliers, encore faut-il que ce soit à des conditions acceptables. Il ne suffit pas de clamer qu'on veut faire un parti populaire et aider les ouvriers et les PME. Il faut aussi donner le sentiment que les mesures prises leurs sont allouées en priorité.

Mardi 27 Janvier 2009 - 07:58
Philippe Cohen

25/01/2009

Chronique d'une mort annoncée

Voici un petit film qui résume le discours de Jacques CHEMINADE et qui annoncé déjà dans les années 95, les dérives du système financier mondiale.

 

 

2009 : n’ayons pas peur ! Voici les pistes pour changer de système

2009 : n’ayons pas peur !
Voici les pistes pour changer de système

cheminade.jpg2009 sera l’année de tous les périls. Mais elle peut aussi être une année exaltante si nous prenons le taureau par les cornes, car c’est seulement dans des conditions de crise systémique qu’il devient possible de changer de système.

 

Contrairement à ce qu’affirme Eric Besson, organisateur du colloque de Nicolas Sarkozy et Tony Blair sur le Renouveau du capitalisme, qui s’est tenu les 8 et 9 janvier, le souffle de la crise systémique est loin d’être passé. Avec 161 000 chômeurs de plus pour les quatre derniers mois de 2008, sans compter les plans sociaux qui ne seront comptabilisés qu’en 2009, nous faisons face à une terrible dépression. La contraction brutale du crédit, répercutée par les banques aux entreprises et aux particuliers, a provoqué un effondrement des ventes dans les secteurs de l’automobile et de la construction, précipitant à leur tour dans la crise la production d’acier, la chimie et pratiquement toute l’économie.

L’insolvabilité des entreprises et des particuliers a un effet boomerang sur le secteur bancaire, entraîné dans un véritable maelström financier. Que peut donc faire le citoyen lambda, direz-vous ? La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même, répondait Franklin Roosevelt à ses concitoyens, lors de la grande dépression des années trente. Ces temps de tempête sont en effet ceux qui éveillent en nous l’instinct moral et la force de caractère pour surmonter les périls.societe-generale.jpg

Au lieu de chercher à sauver ce système moribond ou à le rafistoler en saupoudrant ici ou là un peu de Keynes, comme le fait le gouvernement Sarkozy, saisissons cette occasion pour en créer un nouveau. Le scandale Madoff, après les affaires Enron, Kerviel et Lehman Brothers, confirme que l’escroquerie fait partie intégrante d’une règle du jeu que l’on doit changer.

Pour déblayer le terrain avant de reconstruire, l’on doit convoquer une commission d’enquête parlementaire, inspirée de la Commission Pecora, créée par Franklin Roosevelt afin de déterminer les responsabilités de JP Morgan et d’autres banquiers dans la crise de 1929. Ses travaux susciteront l’adhésion populaire et feront apparaître aux yeux de tous les fondements d’une solution : 1) mise en banqueroute organisée des dettes spéculatives du système, en préservant l’épargne populaire et les crédits à la production ; 2) réquisition temporaire des banques permettant d’entamer le processus ; 3) rétablissement de la capacité souveraine de l’Etat d’émettre du crédit productif public pour financer de grands projets d’infrastructures, stimulant la création d’emplois qualifiés à l’échelle de l’Eurasie, dans le contexte d’un Nouveau Bretton Woods, avec des parités fixes entre monnaies.le_jour_ou_la_france_a_fait_faillite.jpg

L’odeur de poudre et de mort venant de Gaza nous montre ce que le tigre blessé – l’oligarchie financière internationale basée à la City de Londres et à Wall Street – est prêt à faire pour tenter de sauver sa peau en jetant les peuples les uns contre les autres. La mise en place de holdings bancaires, à l’image de l’Italie de Mussolini, est révélatrice de la politique financière prédatrice de cette oligarchie.

Un espoir nous vient aujourd’hui d’Amérique, où le nouveau président Barack Obama et son ancienne rivale devenue sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, se sont tous deux déclarés en faveur d’une solution rooseveltienne à la crise. Prenons-les au mot et intensifions la pression, en Amérique et dans le monde. Notre réunion, ici, est un maillon de la chaîne.

Bien avant les autres, nous avons dénoncé les causes de cette crise et avancé les solutions. Rejoignez notre combat, en devenant vous-même acteur dans le drame qui se joue !

La réunion se déroulera de 14h à 20h30, avec des interventions de nos invités allemands, de maires de communes affectées par la crise et de Jacques Cheminade. Tout au long de l’après-midi, notre priorité sera de laisser du temps pour qu’un dialogue puisse se nouer avec la salle. Alors, vous aussi, venez préparé(e) à faire avancer le débat et soyez un élément de la solution.

VOICI UN PETIT BONUS CADEAU OU COMMENT PAYER CES DETTES !!!

 

 

22/01/2009

Le Congrès US reconnaît-il que le système est en banqueroute ?

Brèves /
Le Congrès US reconnaît-il que le système est en banqueroute ?
22 janvier 2009 - 13:38

 

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22 janvier 2009 (Nouvelle Solidarité) – Il semble que le Congrès américain réalise enfin que le système financier est mort. C’est là une précondition essentielle à un changement de système.

Lors des auditions pour la confirmation d’Hillary Clinton au poste de Secrétaire d’Etat, le sénateur républicain du Tennessee, Bob Corker, a énoncé une vérité simple : « le système bancaire est insolvable ». « Nous injectons des fonds dans des banques insolvables. Ils préfèrent les accumuler car ils savent que leurs pertes à venir dépassent de loin leurs avoirs. (…) Les grandes banques, que nous respectons, sont insolvables et doivent être saisies. (…) Leurs actifs doivent être dépréciés à leur vraie valeur. (…) Nous devons dire aux gens que le système bancaire est insolvable. Je discute avec les banquiers de Wall Street et ils savent qu’ils sont insolvables. Nous devons faire face à cela en adulte. Nous devons d’abord régler cela avant de pouvoir faire des choses autrement utiles ».

Lors des auditions de confirmation de Timothy Geithner au poste de secrétaire au Trésor, l’ancien directeur de la Réserve fédérale et conseiller de Barack Obama, Paul Volcker, a déclaré que « le système est cassé ». Ensuite, le sénateur John Kerry, s’appuyant sur la remarque de Volcker, a confié : « Je crains que les différents plans publics soit simplement gaspillés ». « Les gens aiment bien dire que c’est une crise de confiance, mais je ne le crois pas. Je pense plutôt que nous sommes face à une crise de la réalité (‘reality crisis’). (…) Il y a trop de banques zombies dans le système ». Les sénateurs Olympia Snowe et Maria Cantwell ont ensuite soulevé le problème des produits dérivés que nombre de personnes savent être la cause de la faillite du système. Cantwell a souligné « en avoir marre de ces instruments exotiques. Il n’y a rien d’exotique dans ce qui arrive à notre économie et aux gens qui ont perdu leur emploi. (…) Je veux comprendre, M. Geithner, comment nous allons régler ce problème plutôt que d’attendre l’émergence de nouveaux instruments ».9782247034215FS.gif

Il ne manque plus que deux mots à prononcer, ceux de l’action : Banqueroute organisée !

Appel à constituer sans délai une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

Appel à constituer sans délai une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

La France et le monde se trouvent face à une crise sans précédent dans l’histoire moderne. Il faut relancer l’économie avec des injections rapides et massives de crédit là où sont les besoins et les potentiels de développement : énergie, transports à grande vitesse, ferroutage, recherche, hôpitaux, éducation et consommation des biens indispensables. Les établissements financiers, dont le comportement a conduit à la situation actuelle, s’avèrent cependant incapables de transmettre à l’économie, sous forme de crédits, les avantages que leur procure l’Etat. Dans ces conditions, nous demandons de toute urgence :

  • la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur les agissements de ces établissements financiers et l’état de leurs comptes. Le moment est en effet venu de faire comparaître devant les représentants du peuple ceux qui ont abusé de leurs pouvoirs et de déterminer comment ils ont pu procéder et avec qui, en France ou ailleurs dans le monde. Cet examen a pour objet de déterminer ce qui est viable et nécessaire à un fonctionnement légitime du système bancaire, qui doit être maintenu et aidé, et ce qui relève de l’imprudence irresponsable ou d’opérations exotiques, qui doit être soumis à des procédures de banqueroute organisée. L’Etat ne doit pas faire payer les citoyens en absorbant les créances douteuses de ceux qui se sont égarés, mais faire constater leur absence de valeur et les éliminer dans l’intérêt général.
  • La réquisition temporaire des banques afin d’assurer qu’elles alimentent réellement l’économie en faisant leur métier légitime et qu’elles donnent accès en toute transparence à leurs comptes, parallèlement aux travaux de la commission d’enquête et dans la logique de son fonctionnement.

La raison d’être d’un pays, qui est de faire prévaloir le bien commun, prime sur tout. Nous sommes conscients que nos exigences sont exceptionnelles, mais elles sont rendues nécessaires par des circonstances exceptionnelles. Des précédents existent. La Commission Pecora, la Commission bancaire et monétaire du Sénat des Etats-Unis dans les années 1933-1934, en faisant connaître au peuple américain les pratiques de ses banquiers et l’étendue de leurs pouvoirs, créa la base politique pour les mesures de redressement et de relance de l’Administration Roosevelt. Les réquisitions, dans notre pays, découlent de l’état d’esprit du Programme du conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 et du Préambule de notre Constitution, et ont été appliquées par l’ordonnance de 1945 en matière de logement et dans diverses entreprises à la Libération.

Il y a urgence. Les Françaises et les Français ont le droit de savoir et d’exiger que les droits économiques et sociaux inscrits dans nos textes fondateurs soient protégés.

Appel-Commission-Pecora.pdf

http://www.solidariteetprogres.org/petition/tellafriend/r...

 

 

21/01/2009

LE ROYAUME-UNI, C'EST TERMINE

LE ROYAUME-UNI, C'EST TERMINEindex.jpg

** "Le moment d'Obama arrive", déclarait le International Herald Tribune.

* "Le monde a besoin qu'Obama réussisse", commentait un éditorial du Financial Times.

* Jamais encore tant de gens n'avaient tant compté sur une seule personne.

* Dans le torrent de mots et d'images, deux pensées : d'abord un sentiment d'accomplissement et de fierté... dans le fait que les Américains ont élu un fils de l'Afrique comme chef d'Etat. On pense que cela marque un pas en avant majeur pour l'humanité. Nous sommes passés au-dessus de nos préjugés... et de notre passé. C'est du moins ce qui se dit. Ensuite, il y a une attente... ou peut-être uniquement un souhait... que cet homme puisse, d'une manière ou d'une autre, empêcher l'économie mondiale de tomber en morceaux.

* En ce qui concerne la première pensée, nous n'avons pas d'opinion. Nous n'avons jamais pu comprendre le racisme. En fait, nous nous en méfions. Les gens ne se soucient pas vraiment de la race ; c'est la culture qui compte. Culturellement, Barack Obama est blanc comme neige. Mais qui s'en soucie ? La plupart des Blancs élus au plus haut poste des Etats-Unis étaient des crétins, des tricheurs ou des imposteurs. Il n'y a aucune raison de penser qu'un métis sera différent.

* Pour ce qui est de la deuxième pensée, nous avons un certain nombre d'opinions... que nous vous avons déjà infligées pour la plupart, cher lecteur.

* A la Chronique Agora, nous souhaitons le meilleur à M. Obama. Mais les souhaits ne rendent pas les gens riches. C'est le travail, l'épargne, l'innovation et la chance. Et ce ne sont pas les souhaits qui réparent une économie post-bulle -- mais un krach. Mieux vaudrait le laisser se produire.

* Nous sommes seul à penser de la sorte... comme dans bien d'autres domaines. Tout le monde voudrait que les erreurs des années de bulle s'en aillent... que le krach disparaisse. Bien entendu, ça ne fonctionne pas ainsi. Au lieu de ça, les erreurs de la dernière période de boom/bulle -- connue sous le nom de "Grande Modération" -- sont transmises à l'administration Obama avec les clés de la salle de bains.

** Et là, nous nous tournons vers le reste de l'actualité. Le début de semaine a été difficile partout dans le monde... à cause des problèmes du secteur bancaire.

* La Royal Bank of Scotland (RBS) vient de déclarer la plus grosse perte de l'histoire britannique -- l'équivalent de 28 milliards de livres. Son cours a perdu 67% lundi -- un record, là aussi.

* Le gouvernement Brown est sur l'affaire... de la même que le gouvernement Obama de l'autre côté de l'Atlantique. La semaine dernière, Bank of America a reçu 138 milliards de dollars d'aide. Et Merrill Lynch a obtenu des garanties couvrant 118 milliards de dollars d'actifs douteux. Cette semaine, quels trucs le gouvernement de Sa Majesté va-t-il trouver ? Quelle baguette magique le chancelier agitera-t-il pour faire partir le krach ?

crash.jpg* Nous rappelons aux lecteurs que les Britanniques étaient les plus proches compères des Etats-Unis durant les années de boom. Alors que les prix des maisons américaines grimpaient... l'immobilier britannique grimpait plus haut. Et à mesure que les Américains s'enfonçaient dans la dette, les Britanniques s'enfonçaient plus encore. C'était l'époque où le Gang de la Bulle dépouillait les banques de leurs capitaux -- versant de gigantesques honoraires et primes... destinés à récompenser les pires contrats et investissements de toute l'histoire du secteur.

* RBS, par exemple, est dans le pétrin parce que ses gestionnaires ont été pris de fièvre acheteuse -- dont le plus grand accord bancaire de l'histoire de la Grande-Bretagne, l'achat d'ABN Amro pour 49 milliards de livres. Chaque acquisition était une conquête, fêtée à coup de champagne et de primes. Mais est-ce que RBS avait 49 milliards de dollars ? Bien sûr que non. La société a emprunté l'argent ; c'était un accord à effet de levier. Et naturellement, maintenant que les années de bulle sont terminées, elle a du mal à rembourser. Les erreurs doivent être corrigées, après tout.

* Le gouvernement Brown est donc intervenu. Depuis le renflouage initial de Northern Rock, qui a mis le gouvernement sur la sellette pour 55 milliards de livres en septembre 2007, les dettes potentielles des contribuables ont augmenté à chaque étape de la crise bancaire. En septembre 2008, c'est Bradford & Bingley qui avaient besoin d'un renflouage. Puis le secteur tout entier a eu besoin de garanties de crédit... et un plan spécial de liquidité a été ajouté en octobre... suivi par de nouvelles assurances et un plan de rachat des "actifs toxiques" il y a quelques semaines. A présent, le total des risques se monte à près de 1 000 milliards de livres... soit près de 50 000 $ par contribuable britannique.

* Bloomberg rapporte : "la livre a chuté à un plancher record par rapport au yen et à son plus bas niveau depuis 2002 par rapport au dollar suite à des inquiétudes concernant le fait que le gouvernement doive secourir d'autres banques à mesure que l'économie glisse dans la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale".

* Jim Rogers affirme : "C'est la fin pour le Royaume-Uni".

* "Je vous recommande de vendre toutes les livres que vous auriez", déclare Rogers. "C'est terminé. Je n'aime pas cette idée, mais je ne placerais pas d'argent au Royaume-Uni".

Paris, France
Mercredi 21 Janvier 2009

chronique agora

15/01/2009

BERNANKE PIRE QUE MADOFF


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ON NE PEUT AIDER UN ALCOOLIQUE EN LUI DONNANT DE LA GNOLE GRATUITE !!!

** "Bernanke avertit que des plans de renflouage plus importants seront nécessaires partout dans le monde", titrait le International Herald Tribune hier.

* L'article entre ensuite dans le vif du sujet. L'économie mondiale est gravement malade, déclare le docteur Bernanke, ou quelque chose comme ça. Nous allons devoir passer aux drogues expérimentales pour lui venir en aide.

* "En plus de racheter aux banques leurs actifs en difficulté", a déclaré Bernanke, "une autre option serait de fournir des garanties d'actifs selon lesquelles le gouvernement absorberait une partie des pertes des banques en échange de warrants et d'autres formes de d'indemnisation". [Evidemment, si les banques avait des moyens d'indemniser les investisseurs, elles ne seraient pas dans un tel pétrin]...

* "Bernanke a également exprimé son soutien à l'idée de créer une soi-disant mauvaise banque qui permettrait au gouvernement d'acheter des actifs financiers en échange de liquidités ou de valeur".

* Et c'est là que nous avons ri si fort que nous avons cru nous briser les côtes.

* Créer une "mauvaise banque" ? C'est une plaisanterie ? Le monde est déjà plein de mauvaises banques -- des banques qui ont fait exactement ce que Bernanke a l'intention de faire ; elles ont acheté des actifs financiers, notamment des dérivés du marché des prêts hypothécaires, en l'échange de cash. A présent, elles se tournent vers le contribuable, désespérées, quémandant l'aumône pour éviter de couler.

* Et la pire banque de toutes ? Après la Banque centrale du Zimbabwe, c'est la Fed américaine. Que fait-elle ? Elle achète des ordures et les paie en liquide. De la sorte, les erreurs des riches banquiers sont transférées vers les citoyens ordinaires... par la banque nationale -- la Fed. Evidemment, les gens ne savent pas ce qui se passe. Et ils ne s'apercevront pas non plus du moment où la Fed finira par se débarrasser de ces actifs toxiques -- aux heures les plus sombres de la nuit.

* Revenons-en aux fondamentaux. L'économie mondiale est en train de corriger. Les autorités essaient de l'en empêcher. Elles ont essayé la stimulation monétaire à la Friedman -- baissant les taux à zéro. Et elles transpirent comme Sisyphe en tentant de faire fonctionner les stimulants fiscaux de Keynes.

* Les deux options échoueront -- pour les raisons que nous expliquons à longueur de Chronique. On ne peut aider un alcoolique en lui donnant de la gnôle gratuite. Et on ne rend pas service à un obèse en lui proposant une deuxième ration de dessert.07-10-04_ensign_bernanke.jpg

* Si les dirigeants américains veulent réussir dans quelque mesure que ce soit, ils doivent comprendre à quel jeu ils jouent... et se tourner vers quelqu'un qui sait faire la différence entre un roi et un deux... quelqu'un qui garde un atout dans sa manche, juste au cas où. Les Etats-Unis ont besoin de meilleurs dirigeants, pas ces plaisantins de Bernanke et Paulson. L'Amérique est en train de gonfler une bulle de la finance publique ; elle a besoin de quelqu'un qui comprenne comment le système de finance publique fonctionne.

* Bref, les Etats-Unis ont besoin de Bernie Madoff. Nous avons entendu dire que Madoff n'a pas été arrêté. Il est chez lui, apparemment, en train de regarder la télévision et d'attendre des nouvelles des gendarmes. Pourquoi ne pas tirer parti de son temps libre ? Pourquoi ne pas lui demander de faire des travaux d'intérêt public ?

** Au sens large, les économies d'aide sociale appliquées dans les nations occidentales développées ne sont rien d'autre que des schémas de Ponzi. Le système des retraites, par exemple, ne peut survivre que tant qu'il y a assez de nouveaux contributeurs pour couvrir les promesses faites aux anciens. Comme dans toute pyramide de Ponzi, les premiers arrivés dans le système sortent largement gagnants. Les tout premiers bénéficiaires ont très peu contribué et beaucoup profité -- selon leur durée de vie. Mais à mesure que le temps passe, le schéma tourne au vinaigre. Les personnes d'âge moyen s'en sortiraient mieux, aujourd'hui, avec un système de retraite privé... tandis que les jeunes ont peu de chances de voir une quelconque allocation.

* John Law n'a jamais vu fonctionner les finances publiques américaines. Pas plus que Charles Ponzi. Mais même sans test de paternité, tous deux auraient pu reconnaître leur rejeton.

* Bernie Madoff, lui, est encore en vie. Il est le champion du monde actuel... le tenant du titre dans la ligue de Ponzi. Et pourtant, comparé aux finances publiques américaines, son système n'est rien... que de la petite bière. L'arnaque de Madoff a coûté aux investisseurs environ 50 milliards de dollars seulement. L'escroquerie du dollar américain leur coûtera des milliers de milliards.

* La nature de cette pyramide est plus facilement compréhensible si l'on regarde vers l'avant plutôt que vers l'arrière. Le président Obama a annoncé la semaine dernière que les Américains se trouvaient confrontés à "des déficits de plusieurs milliers de dollars pour les années à venir". L'estimation du déficit 2009 était déjà à 1,18 millier de milliards de dollars. Certains experts prévoient un déficit de plus de 2 000 milliards de dollars. Au moins une prévision est à plus de 3 000 milliards, si non en 2009, du moins l'année suivante.

bernanke_0_3.jpg* Ces gigantesques déficits ne semblent pas perturber le sommeil des citoyens. Sur cinq ans, un déficit annuel de 1 000 milliards de dollars ajouterait environ 50 000 $ à l'endettement général de chaque foyer américain. Mais les Américains ont l'intuition qu'ils ne devront jamais payer cette somme. Instinctivement, ils savent que c'est une pyramide de Ponzi.

* Il y a bien longtemps que les Américains ne peuvent plus se dire : "nous nous les devons à nous-mêmes". Une bonne partie de l'emprunt américain revient aux étrangers. Ces énormes déficits ne pourraient absolument pas être financés par l'épargne interne. Les étrangers doivent cracher au bassinet, sans quoi les Etats-Unis se retrouveraient à court d'argent. Ils le font parce qu'ils espèrent récupérer leur argent -- avec des intérêts. Mais comment les Etats-Unis peuvent-ils rembourser l'argent qu'ils empruntent ? Ils n'ont pas de revenus. Ils n'ont pas d'excédent. Ils doivent emprunter plus pour rembourser leurs emprunts passés. John Law adorerait ce plan ; Ponzi en serait fier ; et Bernie Madoff pourrait le faire fonctionner.

* Alors que nous écrivons ces lignes, rien ne nous semble plus remarquable que la crédulité et la naïveté des pigeons du reste de la planète. Les plus vieux amis de Bernie Madoff le suppliaient quasiment d'accepter leurs fonds. Les gens s'inscrivaient à son country club de Palm Beach uniquement dans l'espoir de l'approcher, pour qu'il les sépare de leur argent.

* Aujourd'hui, les investisseurs se bousculent littéralement pour prêter de l'argent au plus grand débiteur de la planète. De tous les chiffres stupéfiants qui paraissent actuellement, aucun n'est plus étonnant que le rendement actuel des bons du Trésor US. A 2% à peine sur les bons à dix ans, les investisseurs prêtent de l'argent aux autorités américaines sans rien demander en retour... sinon qu'on leur rende leur argent.greenspan_bernanke.gif

* Bien entendu, les pyramides de Ponzi ont toujours une fin. Et l'arnaque des finances publiques américaines atteint déjà sa conclusion. A l'heure où nous écrivons ces lignes, les prêteurs ne sont toujours pas plus intelligents. Mais ils sont plus pauvres.

13/01/2009

CONGE MALADIE POUR L'ECONOMIE MONDIALE

arton319.jpgCONGE MALADIE POUR L'ECONOMIE MONDIALE

** L'économie mondiale est en congé maladie.

* Un article de Bloomberg confirme les nouvelles de la semaine dernière : l'économie américaine a perdu plus d'emplois l'an dernier qu'à tout autre moment depuis la Seconde Guerre mondiale... le taux de chômage américain est désormais à un sommet de 16 ans.

* "Les économistes prévoient la récession la plus longue depuis la Seconde Guerre mondiale", titre Reuters. Les économistes sont toujours les derniers à savoir ce qui se passe. S'ils voient arriver une longue récession, peut-être que cette dernière est déjà terminée ? Mais non... cette fois-ci, nous pensons que même les économistes ont raison.

* "C'est pire que la crise des caisses d'épargne [américaines] dans les années 80", déclarait notre vieil ami Jim Rogers, il y a un an. "C'est la première fois -- c'est la pire bulle du crédit que nous ayons jamais vécu de toute l'histoire des Etats-Unis. Non, jamais encore durant l'histoire américaine les gens ont-ils pu acheter une maison sans apport personnel. Jamais. Ca ne s'est jamais produit de toute l'histoire du monde. Nous avons donc la pire bulle du crédit. Il lui faudra du temps pour se résorber. On ne guérit pas une bulle en cinq ou six mois... il faut cinq ou six années".economie_mondiale_2009_l_annee_de_tous_les_dangers_photo_du_jour_grand.jpg

** L'économie mondiale est souffrante, de toute évidence. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez elle, en réalité ?

* En 1945, l'économie de guerre s'est soudain retrouvée à court de clients. Les commandes de chars, de fusils et de rations militaires ont cessé. L'économie s'est sentie un peu mal. Les économistes craignaient de voir les Etats-Unis sombrer à nouveau dans une dépression semblable à celle des années 30. Et les investisseurs ont vendu leurs actions par anticipation.

* Au lieu de cela, les soldats sont rentrés à la maison et se sont mariés. Les femmes ont abandonné leurs emplois dans les usines d'avions et ont commencé à fonder des familles. Ces nouvelles familles ont ensuite commencé à dépenser l'argent qu'elles avaient épargné durant les années de guerre. Les commandes de réfrigérateurs, de maisons et d'automobiles ont afflué... et la maladie a passé !

* Une fois encore, l'économie sent qu'elle couve quelque chose. Et une fois encore, la cause se trouve dans le changement de météo. Après des années passées à vivre au-dessus de leurs moyens, les Américains commencent -- à contrecoeur -- à vivre sous leurs moyens. Au lieu de dépenser le moindre nickel qu'ils gagnent, plus quelques autres qu'ils ne gagnent pas, ils commencent enfin à épargner. Non qu'ils le veuillent -- ils le doivent. Le crédit facile a disparu.

* Et ainsi, les commandes de nouvelles voitures, de nouveaux revêtements de sols et de nouvelles télévisions ont cessé d'arriver.

* Mais aujourd'hui, il n'y a pas de soldats revenant dans leurs foyers -- ou pas suffisamment pour faire une différence. Aucune femme n'abandonne son emploi pour fonder une famille. Et il n'y a pas de carburant pour déclencher un nouveau boom des dépenses de consommation -- les gens n'ont que de la dette, pas d'épargne.réforme-gouvernement-économies.jpg

* Le problème n'est pas limité aux Etats-Unis ; il concerne une bonne partie de la planète. Les Américains étaient les consommateurs du monde. On pouvait compter sur eux pour dépenser de l'argent -- même lorsqu'ils n'en avaient pas à dépenser. Ils achetaient les gadgets fabriqués par les Chinois, les vins élaborés par les Chiliens, les automobiles construites par les Japonais. Ils étaient les pigeons de dernier recours pour tout le globe. Maintenant que les consommateurs américains reprennent leurs esprits, l'économie mondiale toute entière a la nausée.

* Si on les laissait faire, les gens s'adapteraient. Peu à peu, les usines chinoises passeraient de la fabrication de babioles pour les habitants du Minnesota à la fabrication de produits pour les citoyens de l'Empire du Milieu. Les ouvriers automobiles japonais licenciés ouvriraient des restaurants de nouilles. D'une manière une d'une autre, les choses finissent par s'arranger... et la maladie par passer.

* Mais les charlatans menacent d'aggraver la situation.

* Bien entendu, ils prescrivent les élixirs habituels -- en doses massives.

* En ce qui concerne le "stimulant fiscal", le nouveau président américain déclare qu'il changera le plan de relance de manière à corrompre plus de contribuables -- plutôt que simplement quelques gros poissons sur Wall Street. Il annonce avoir pour but de créer 4,1 millions de nouveaux emplois. On prévoit déjà que le déficit américain atteindra les 1,18 milliers de milliard de dollars en 2009 -- AVANT d'y ajouter le nouveau programme de relance d'Obama.

* Quant au "stimulant monétaire", il n'y a plus rien à faire avec les taux directeur de la Fed. S'ils veulent encore baisser, ils vont devoir payer les emprunteurs pour prendre l'argent.

tirelirecpam.jpg* Mais le nouveau super-médicament de la Fed, c'est sa politique d'"assouplissement quantitatif". Qu'est-ce que l'"assouplissement quantitatif", demandez-vous ? Cela décrit la dernière ruse de la Fed, qui consiste à racheter des actifs toxiques aux banques. Les banques augmentent ainsi leurs réserves. Si elles devaient maintenir le même ratio prêts/réserves, elles devraient prêter plus d'argent. Mais lorsque la Fed rachète des actifs aux banques, elle n'emprunte pas l'argent ; elle le créée "à partir de rien". En d'autres termes, entre "assouplissement quantitatif" et "impression de billets", il n'y a pas assez d'espace pour glisser un ticket de métro.

* Jusqu'à présent, ce nouveau traitement n'a produit aucun signe de reprise. Mais ne vous inquiétez pas ; les charlatans n'abandonneront pas. Ils donneront des doses de plus en plus grandes -- jusqu'à ce que le patient meure.

07/01/2009

Les économistes ne donnent pas cher de notre peau

Les économistes ne donnent pas cher de notre peau

Avec France Inter, la chronique économique de Bernard Maris, journaliste et écrivain, qui revient sur le coût de l'environnement. Car certains économistes se sont tout de même essayés à calculer sa valeur. Ils ont même évalué le prix de la vie humaine. Résultat? N'importe quoi.



(photo : David G. Romero - Flickr - cc)
(photo : David G. Romero - Flickr - cc)
Retour sur la valeur de la nature : l’Union Européenne a chargé un financier de fixer le prix de la biodiversité. Il s’agit d’un financier iranien, Pavan Sukhdev. M. Sukhdev doit évaluer la facture de la dégradation des écosystèmes. Il a une petite idée : il dit que ça représente 7% du PIB mondial. Il rappelle que 60% des écosystèmes sont dégradés, que 10% des espaces naturelles sont voués à la disparition d’ici 2030, et que le rythme de disparition des espèces est infernal. Comment évaluer ces dégradations ? Et bien, si un récif corallien disparaît, on peut évaluer les coûts des digues à construire pour suppléer aux digues naturelles. C’est un exemple entre mille.

C’est totalement arbitraire, d’autant qu’on ne peut évaluer le coût de ce qui n’en a pas. Quel est le prix de la disparition des tigres blancs, par exemple ? Monsieur Sukdev a pour habitude de dire que le prix de la perte des écosystèmes est infini. Mais il faut absolument donner une valeur à leur dégradation, ne serait que pour frapper les esprits.


Les économistes ne donnent pas cher de notre peau

Un cadre sup vaut deux smicards
On se souvient que Nicolas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale, avait évalué les effets du réchauffement climatique, si on ne faisait rien, à 5500 milliards de dollars. Ce qui ne signifie rien, mais ce qui a eu le mérite de faire peur aux hommes d’argent, les hommes politiques et les banquiers. D’une certaine manière, Stern les frappait enfin au portefeuille. Dans ce monde mercantile qui est le nôtre, tout a une valeur.

La vie humaine aussi. C’est ce qui est le plus simple à calculer. C’est l’économiste et démographe Alfred Sauvy qui a initié ce genre de calcul. Vous faites le total de ce qu’un individu est susceptible de gagner au long de sa vie, vous le pondérez par le taux d’intérêt, vous l’actualisez disent les financiers, et vous avez le coût de la vie humaine. Un individu qui gagne le smic toute sa vie vaut deux fois moins que celui qui gagne deux fois le smic toute sa vie.
Dans ce cas pourquoi mettre la même énergie à sauver sur la route un smicard qu’un milliardaire ? Parce que c’est tout le paradoxe de l’espèce humaine. Elle fixe un prix à tout, y compris aux blessures et à la mort, mais elle sait bien que la vie n’a pas de prix. L’économie, je le crains, ne relève pas de l’humanisme.

Mercredi 07 Janvier 2009 - 08:40
Bernard Maris

06/01/2009

Le néolibéralisme est-il immoral?

Le néolibéralisme est-il immoral?

Les Etats sauvent les banques dont certains dirigeants se sauvent eux-mêmes avec des parachutes dorés confortables. Les ménages américains ayant perdu leur maison n'ont pas eu tant de chance. Et ils continueront à payer des impôts. Pour sauver les banques. Où est la morale dans ce système?

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Et si tout le système était une escroquerie?

Le numéro 611 de Marianne: L'arnaque. Et si tout le système était une escroquerie?

Au sommaire: l'arnaque, il n'y a pas que Madoff. Et si tout le système était une escroquerie? - Les vaches sacrées: ces icônes devant lesquelles chacun doit s'incliner, à tort ou à raison. - Gaza: après l'aveuglement, l'enfer.

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Banqueroute organisée ou Weimar 1923

Banqueroute organisée ou Weimar 1923

weimar.jpg Les Etats-Unis ont choisi le recours, pratiquement sans limite, à la planche à billets. En ajoutant « un plan supplémentaire » de 800 milliards de dollars (614 milliards d’euros) au plan de sauvetage de 700 milliards de dollars (537 milliards d’euros), le plan TARP de Henry Paulson, l’administration Bush continue sa fuite en avant. « Pratiquement, c’est de l’argent que la Réserve fédérale va imprimer », reconnaissent les experts. Dans ce « plan B », 200 milliards doivent servir à « dégeler le marché du crédit » (car les organismes de crédit à la consommation et de financement des investissements sont désormais menacés par la montée de l’insolvabilité de leurs emprunteurs) et les 600 milliards restants seront utilisés pour racheter les actifs des banques qui sont adossés à des prêts hypothécaires.weimar_germany_inflation2.jpg

Ainsi, le renflouement reposera à la fois sur l’aide en capital aux banques en difficulté et sur le rachat ou la garantie par les autorités fédérales des « actifs toxiques » répandus partout. Le total mobilisé, récapitulé par l’agence Bloomberg, était de 7500 milliards de dollars la semaine dernière et atteint maintenant 8500 milliards.

Barack Obama ne s’est pas opposé à ce choix et prépare un troisième plan avec Timothy Geithner, un ancien de Kissinger Associates, cette fois pour « la relance de l’économie ».

Tous les intéressés reconnaissent qu’il s’agit d’une navigation dans l’inconnu, car presque personne ne connaît la vraie valeur des engagements pris. Pire encore, certaines banques ont utilisé l’argent reçu, non pour financer l’économie, mais pour payer leurs actionnaires ou racheter d’autres banques.

La « finance folle » est aux commandes : Paulson a précisé que son « programme pourra être étendu et renforcé avec le temps ». Déjà, un Stephen King, chargé des affaires économiques à la Hong Kong Shangaï Banking Corp (HSBC), l’explique sans retenue : la baisse des taux d’intérêt et l’aide directe aux banques ne suffisent pas, l’avenir est à la planche à planche à billets sous le contrôle d’une autorité mondiale composée de banquiers centraux.

Benito Mussolini a constitué des holdings bancaires d’Etat ; cette fois, les penseurs et les acteurs du « fascisme universel » entendent créer une gouvernance financière mondiale. Que la prochaine étape du G20 ait lieu à Londres, la principale place offshore du monde, depuis laquelle chacun a fait ce que sa législation nationale lui interdisait, est significatif. Déjà, Dominique Strauss-Kahn annonce que le « Nouveau Bretton Woods II » est une illusion et prône une gouvernance mondiale sous l’autorité du FMI, assisté d’un Forum de stabilité financière qui regroupe principalement les grandes banques centrales.

Toutes les conditions d’une hyperinflation généralisée se trouvent ainsi créées – une Allemagne de Weimar 1923 à l’échelle du monde – assortie d’une destruction des conditions de travail et de vie des peuples.

La seule alternative est la nôtre : un vrai Nouveau Bretton Woods, commençant par la banqueroute organisée des intérêts spéculatifs, contre la City de Londres et Wall Street, pour dégager le terrain en vue d’une politique de grands projets mondiaux, du type de ceux de l’administration Roosevelt et de la reconstruction de l’Europe après-guerre. Continuer comme on va mènerait à la ruine de la civilisation.

29 novembre 2008 Jacques cheminade

Banqueroute organisée ou Weimar 1923

http://www.cheminade-le-sursaut.org/Banqueroute-organisee-ou-Weimar.html

05/01/2009

Ce qui nous attend à partir de 2009


Ce qui nous attend à partir de 2009, ou la situation de la crise, pour les nuls !

Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvaise augure, ou encore moins me prendre pour un oracle, mais il me semble que l'année 2009 va être le début de la fin "consciente" de notre civilisation, tel que nous la connaissons. Je m'explique; je dis consciente, car le processus à déjà commencer déjà depuis plus d'une vingtaine d' années, dans une inconscience totale et collective, ou presque.
Mais aujourd'hui, les esprits des gens dans le monde, semblent s'éveiller sur la dur réalité qui nous attends, dû à la médiatisation de cette crise, que nous vivons tous malgré nous, mais qui ne peut assurément ne plus être caché du public.
On se réveille avec la gueule de bois, après cette période des 30 glorieuses, dont il faudra d'ailleurs changer le nom, tant l'immoralité sur les marchés s'y sont installés sournoisement !

Quel est la situation réelle en ce début d'année 2009 ?
L'effondrement du système monétaire et financier international s'étend et s'accélère....

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25/12/2008

Et ca continue....

12345607.jpgEncore des mots, toujours des mots, rien de mots...rien que des mots....des mots fragiles, des mots facile............paroles, paroles, paroles!!!

vive la speculation boursière ! bin!? c'est pas la speculation qui est entrain de tuée le système financier et economique ,par des paris toujours plus débiles, en créeant des bulles de faux argent rempli de belle promesses?

oui pourquoi?

ah non, mais là, ce sont des nouveaux produits fiables!! Des produits anti-crise pour sauver votre patrimoine, une sorte de kit de survie financiere!! Voilà, le discours des traders en ce moment à la bourse ! véridique !!

Il semble que rien ne puisses servir de lecon à cette elite de la finance assoiffés d'argent. L'addiction est bien plus forte, que la raison. En meme temps les habitudes sont tenaces, surtout avec un cerveau structuré par le gain facile. Des drogués, je vous dit !!!

 

ARGENT07.jpg

Point de plan de relance pour les banques, mais juste de l'argent pour epongé les dettes pourris et réequilibrer les chiffres et bilans compta.

Et ca continue....., les banques peuvent refaire couler du faux argent dans leurs veines!!

l'addiction à l'argent a rendu fou ces gens, à t'elle point qu'ils ne se rendent pas compte, qu'ils achevent un systeme deja à l'agonie, à cause de ce genre de pratique!

Conclusion attendons nous à une année 2009 trés difficile. En meme temps, elle sera moins grave que 2010, 2011......jusquà 2012 où l'estocade sera donnée !

 

 

11:50 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trader, bourse, argent, drogue

 
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