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27/01/2009

La mobilisation du 29 janvier commence sur le Net

La mobilisation du 29 janvier commence sur le Net

Même Xavier Bertrand annonce une forte mobilisation pour la journée de grèves et de manifestations de jeudi. Quoiqu'il en soit, les choses s'organisent sérieusement sur le Net. De l'e-mobilisation à l'immobilisation du pays tout entier, il n'y a peut-être qu'un pas...



(Détournement d'un ordre de mobilisation sur le site Conseilnationaldelaresistance.fr)

(Détournement d'un ordre de mobilisation sur le site Conseilnationaldelaresistance.fr)

Une mobilisation comme celle de jeudi méritait bien une petite raffarinade. Ce lundi, sur Canal +, l’ancien Premier ministre a comparé la manifestation du 29 janvier à « l'Albatros de Baudelaire » : « Ses grandes ailes sont tellement grandes, la revendication est tellement large, que ça l'empêche de voler » ! Et de s’expliquer : « Une manifestation sans revendication clairement identifiée, c'est (…) une poussée de fièvre mais ça ne dure pas longtemps... »

 

Mais il suffit de prendre la température sur le Net pour se rendre compte que le climat social est bien au-dessus des 37°2 le matin. Un site, 29janvier2009.fr, répertoriant notamment toutes les manifestations sur le territoire français, a par exemple été créé pour l’occasion. La CGT fait plus fort : plutôt qu’une simple liste, le syndicat a décidé de réaliser une Google map (rien que ça !) des différents cortèges prévus jeudi.

 

La CGT se trouve aussi au premier rang des appels à manifester vidéos. Mais Solidaires et FO (qui se fend d’une parodie de Toi+moi, le tube gentiment niais de Grégoire ) ne sont pas en reste. Dans ces productions, il y a en tout cas une constante : faire payer cash au chef de l’Etat les propos qu’il avait tenus en juillet 2008 devant une salle hilare (« Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit »). Possible que celle de jeudi ne passe pas inaperçue. En tout cas, Nicolas Sarkozy aura tout son temps pour en juger : Lesmotsontunsens.com note que dans l’agenda du chef de l’Etat, aucun déplacement ni même aucun rendez-vous n’est prévu pour jeudi...

 

Du « frimeur » au « punk à chiens »

D’ici-là, Nicolas Sarkozy peut toujours se rendre sur Facebook, pour voir où en est l’e-mobilisation (encore faudrait-il qu’il soit bien conseillé en matière de web 2.0 ). Car les groupes en faveur de la manifestation se multiplient. Certains sont un poil utopiques comme celui réunissant « ceux qui feront du 29 janvier le premier jour de la révolution » et qui compte… 25 membres (1) ! D’autres ont plus de succès même s’ils sont à peine plus sérieux. Le groupe « Tous dans la rue le 29 janvier ! » et qui en appelle aux « chômeurs, râleurs, frimeurs, lycéens, lémuriens, punks à chiens, etc. » réunit tout de même plus de 5 600 internautes.

 

Bien entendu, sur Facebook, on retrouve aussi des groupes d’opposants à la manifestation de jeudi. L’un d’entre eux estime qu’il faut « assimiler la grève à la désertion » et déploie, pour l’occasion, un argumentaire sans faille : « Même si certaines raisons [de manifester, ndlrsont justifiables, il est nécessaire de lutter contre ce mouvement gauchisant, ne serait-ce que parce qu’il est gauchisant ! ». Une logique à toute épreuve qui a convaincu… 10 membres ! Plus sérieusement (encore que ?), des militants des Jeunes Populaires et de l’UNI ont décidé de lancer une « contre-manifestation virtuelle » . Comme l’explique l’un d’entre eux sur son blog« l'UMP contre-attaque en trouvant de nouvelles formes de contestation plus efficaces et surtout plus en phase avec le monde d'aujourd'hui. » Et d’ajouter : « La "cyber-mobilisation", c'est le nec-plus-ultra en la matière ! » On n’en doute pas mais pour l’instant, l’initiative a réussi à « cyber-mobiliser » seulement 1 400 internautes tandis que 6 400 autres internautes ont annoncé qu’ils n’y « participeront pas ».

 

Côté chiffres toujours, après le sondage du Parisien publié ce dimanche révélant que 69% des personnes interrogées soutiennent ou ont « de la sympathie » pour le rendez-vous du 29 janvier, Le Post a lancé le sien. Sur 1 500 votants, 68% disent vouloir descendre dans la rue jeudi. Mais finalement, quel que soit le nombre de participants à ce mouvement social, une chose est sûre : il emmènera avec lui des catégories professionnelles qui ont peu l’habitude de battre le pavé. Même du côté de NYSE-Euronext, l’opérateur de la bourse de Paris, on appelle à manifester. C’est dire.

Mardi 27 Janvier 2009 - 07:00
Gérald Andrieu

25/01/2009

Déclaration unitaire pour le 29 janvier : "Ce n'est pas à la population de payer la crise !"

Déclaration unitaire pour le 29 janvier : "Ce n'est pas à la population de payer la crise !"

ouvrezLa.pngDéclaration unitaire de : Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires (ACU), Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU), Les Alternatifs, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG).

Les classes populaires sont durement touchées par la crise. L'inquiétude pour l'avenir grandit. La politique du pouvoir est plus que jamais au service des privilégiés. L'heure est à la riposte. Les organisations signataires de cet appel défendent des propositions pour une autre politique, et s'engagent dans le soutien et la participation aux mobilisations, notamment à la journée interprofessionnelle de grèves et manifestations du 29 janvier.

En deux mois, le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 100 000. Dans les entreprises privées, sous couvert de crise, les plans de licenciements se multiplient et le chômage partiel touche des secteurs entiers. Les intérimaires et l'ensemble des précaires sont touchés de plein fouet. La remise en cause des droits des chômeurs continue. 
Au nom de la lutte contre « les déficits », le pouvoir a réduit les budgets publics, a privatisé, mis en concurrence « libre et non faussée » les services publics.

C'est un véritable plan de mutation libérale et de privatisation qui s'accentue avec les suppressions d'emplois publics. Le gouvernement il y a encore quelques mois nous annonçait que « les caisses sont vides ». Depuis il a trouvé des centaines de milliards (plus de 428 milliards d'euros) pour sauver les banques, assurances et autres organismes financiers. Les divers « plans de relance » ici et là dans le monde n'ont qu'un seul objectif: maintenir les profits des grands groupes capitalistes. La crise est une crise européenne et mondiale. Dans ce contexte, nous devons également nous mobiliser pour une Europe sociale, écologique, démocratique, féministe.la_lutte_continue.jpg

Des résistances existent ! Des salarié-e-s se mobilisent contre les licenciements, organisent des manifestations avec le soutien de la population. Les mouvements dans l'Education Nationale, notamment des lycéen-ne-s et de leurs professeur-e-s montrent qu'il est possible de faire reculer ce gouvernement. Des familles mal-logées ou sans logis se battent pour l'application de la loi de réquisition des logements vides. Les salarié-e-s sans papiers poursuivent la lutte pour leur régularisation. Nous sommes parties prenantes de toutes ces résistances et nous nous inscrivons dans les prochaines mobilisations de janvier, Education Nationale le 17, Santé et Hôpital Public le 24, grève interprofessionnelle et manifestations de masse du 29 janvier.

Une autre politique est possible, en s'attaquant aux profits et à la spéculation financière, en remettant en cause la rémunération du capital. Il faut donner la priorité aux salaires et aux droits sociaux, mettre à contribution les profits et les dividendes versés aux actionnaires, en remplaçant le « bouclier fiscal » pour les privilégié-e-s et les spéculateurs par le bouclier social permettant au plus grand nombre de vivre mieux. SArko_contre_la_guerre_.jpg

Nous exigeons l'augmentation des salaires, du SMIC, du minimum vieillesse et des minima sociaux. Nous proposons l'annulation du paquet fiscal de l'été 2007; une redistribution du budget de l'Etat pour répondre aux besoins sociaux et développer les services publics à tous les niveaux ; une réforme de la fiscalité afin que les entreprises ne puissent plus, comme aujourd'hui, privilégier la spéculation au détriment de l'emploi et des conditions de travail.

Nous nous opposons aux licenciements, exigeons le droit de veto suspensif des salarié-e-s sur les licenciements. Nous exigeons le maintien du contrat de travail, le maintien de l'intégralité des revenus et des droits des salariés mis au chômage technique.

Nous réaffirmons le principe du CDI comme référence du contrat de travail dans le privé et de l'emploi statutaire dans le public. Nous défendons les reprises autogestionnaires d'entreprises par les salarié-e-s. Nous refusons toute aide publique aux entreprises qui licencient.

Nous agissons pour la suppression des paradis fiscaux, pour une appropriation publique du système de crédit permettant une autre politique d'investissement au service de l'emploi, du logement social, des services publics et de projets prenant en compte l'urgence écologique.

Nous voulons remettre en cause le pacte de stabilité et les directives européennes de privatisation; agir pour un nouveau type de développement; pour combattre toutes les formes de discrimination qui affectent le champ social; pour créer des emplois utiles sur le plan social et écologique. Nous proposons de dégager les moyens nécessaires à des objectifs de production économes en termes d'énergie et producteurs d'emplois notamment dans le domaine de l'environnement, des transports collectifs, du secteur des énergies renouvelables et du soutien à l'agriculture paysanne.

2y8kcnn1.jpgNous voulons rompre avec les logiques financières développées par l'Union européenne et ses institutions, en particulier la Banque centrale européenne.

Nous refusons les suppressions d'emplois dans le secteur public, exigeons l'annulation des 30.000 suppressions de postes décidés, le retrait de la privatisation de la santé (loi Bachelot), la création d'emplois socialement utiles (Santé, l'Ecole, Poste, Recherche, et de nouveaux services publics, du logement, de la petite enfance, etc.) Nous agissons pour la réduction du temps de travail sans flexibilité ni annualisation avec embauches correspondantes.

Les grèves et manifestations comme celle du 29 janvier expriment les colères et amplifient les luttes. Une riposte populaire d'ensemble est urgente. Nous nous engageons à mettre toutes nos forces au service de la convergence des luttes contre les licenciements, la vie chère, le chômage et la précarité, et pour la défense et l'élargissement des services publics.

C'est le moment !

 
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