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11/08/2009

Mille plaintes pour utilisation frauduleuse de fonds publics

Voici une initiative bien française, dans le sens précurseur et révolutionnaire du terme. En effet, 130 salariés du groupe automobile Treves, ont réussi à recueillir 1500 plaintes de contribuables.   pourquoi?    Ils leur reprochent d'avoir bénéficié d'aide de l'état à hauteur de 55 millions d'euros, grâce au plan de relance, alors qu'ils ont été licencié et que l'usine à fermer malgré tout . Une nouvelle façon ma foi trés habile, pour signaler un abus de la part d'un patronat, qui est toujours prêt à sociabiliser leurs dettes en privatisant les bénéfices.

On peut d'ailleurs les soupçonner, d'avoir utiliser l'argent pour de-localiser leur production aux frais de la princesse, pour alléger les leurs et dans le même temps se servir de l'indice humain, afin de trancher encore plus dans les coûts.

Peut être un nouveau cas de jurisprudence, du fait de la méthode inédite de ces employés qui sont decidés à aller jusqu'au bout devant cette injustice et la fraude évidente de ce groupe sans scrupule. Ils y voient déjà un début de victoire dans la reconnaissance de leur démarche, qui est effectivement un grand pas, mais le cas reste à suivre de près, quand à son dénouement final.

En France, on a pas de pétrole mais on a des idées !!

Bravo à eux et bon courage ! Affaire à suivre !

Monté Cristo

Mille plaintes pour utilisation frauduleuse de fonds publics

La fermeture de l’usine PTPM de Aÿ dans la Marne continue à faire du bruit. Cette filiale du groupe Trèves qui emploie 130 personnes doit fermer en septembre et tous les postes seront supprimés. Or Trèves a été la première entreprise à bénéficier du soutien du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles annoncé par le gouvernement. Aujourd’hui 400 plaintes ont été déposées sur le bureau de la procureure de la République de Reims. En tout, il y en a maintenant un millier, récolté par la CGT. Elles visent le groupe Trèves qui est accusé d’utilisation frauduleuse de fonds publics.


Source:

http://larageauventre.blogspot.com/2009/08/mille-plaintes...

09/08/2009

Coup de gueule

Après le coup de gueule de Christophe, celui de Joël le producteur de pêches...La colère monte !!!

En mars dernier, en direct sur RMC dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, un auditeur poussait un coup de gueule mémorable. Christophe s’en prenait aux banquiers avec une rage inouïe. "Il faut les laisser crever", lâchait-t-il.

Aujourd’hui, c’est Joël, un producteur de pêches qui dit sa colère, sur France 5, alors que l’Union européenne réclame le remboursement des aides perçues par les agriculteurs français entre 1992 et 2002. Selon lui, la révolution et la guerre sont toutes proches...


Source:

http://larageauventre.blogspot.com/

 

08/08/2009

situation révolutionnaire aux Etats-Unis

Pour le meilleur ou pour le pire, situation révolutionnaire aux Etats-Unis

(Nouvelle Solidarité) – Comme nous l’annoncions la semaine dernière, les Etats-Unis sont pris dans un processus de désintégration qui emportera la plupart des pays du monde d’ici à l’automne si rien n’est fait. L’espoir qu’avait suscité l’élection d’Obama est en train de se transformer en colère : la nouvelle présidence américaine a poursuivi le renflouement de Wall Street pour un montant avoisinant les 24 000 milliards de dollars. Pour s’attaquer au déficit public, Washington a préféré s’en prendre aux malades plutôt qu’aux spéculateurs, tout en laissant croître un chômage qui avoisine les 30% de la population active et en laissant tomber en faillite 48 des 50 Etats américains, qui doivent procéder à des coupes massives dans les services publics. De retour dans leurs circonscriptions pendant le mois d’août, les élus au Congrès de Washington font face à la colère de leurs concitoyens qui en sont déjà au stade du lynchage verbal.

Long Island, New York, 22 juin 2009

Austin, Texas, 1er août 2009

Philadelphie, Pennsylvanie, 2 août 2009

Les militants du LaRouche PAC nous ont rapporté que la colère des gens qui se rendent à ces réunions pour demander des comptes à leurs élus n’est pas causée par le chômage, la réforme de la santé ou les coupes dans les services publics, mais par tout. A leurs tables militantes, ils rapportent de nombreux cas de personnes piquant des crises irrationnelles, mais aussi plusieurs cas de gens qui, en voyant cette folie, adhèrent au LaRouche PAC, convaincus qu’il leur faut agir.

Si en France, la situation peut paraître plus calme, cela pourrait rapidement changer. L’Etat à donné 5 milliards d’euros à BNP Paribas et la première banque française s’apprête à verser un milliard en bonus à ces traders (qui doivent probablement être en train de spéculer sur le pétrole où l’hyperinflation à venir). N’avaient-on pas aboli les privilèges il y a 220 ans de cela, la nuit du 4 août 1789 ?

4aout_540x342.jpg


Si la prise de la bastille célèbre l’émeute de la masse sans figure, qui appelle inévitablement à un gouvernement d’élites, l’abolition des privilèges féodaux affirme l’identité individuelle humaine comme principe fondateur de la République. Ici, l’Assemblée nationale Constituante réunie la nuit du 4 août 1789.

Source :

http://www.solidariteetprogres.org/article5668.html

06/08/2009

People Are Angry

People Are Angry ! Ready for the Révolution?

J’ai tenté d’assembler ces images, afin d’exprimer des sentiments que je n’arrive plus à garder au fond de moi. Que personne ne devrait garder au fond de soi..
J’espère que cette vidéo ne vous laissera pas indemne.
(Le son est plus que requis !)

Source :

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23360

04/08/2009

Passer de l’échange au partage

Passer de l’échange au partage


Voici un initiative très intéressante et semble t-il prometteuse, quand à l'organisation d'un nouveau mode de fonctionnement social, basé sur une vraie solidarité, autour du partage.

Manteau_partage.jpgC'est une nouvelle association créée dans le Midi-Pyrénées qui est à l'origine de cette idée, plutôt très originale, voir révolutionnaire. Elle propose de fonctionner, en éliminant tout forme d'échange d'argent, de troc, ou de service.

Cela peut paraître utopique à première vue, mais dans les circonstances actuelle chaotique de notre société décadente, je serais d'avis de leur laisser le bénéfice du doute, avant de les écraser sous un jugement négatif et impitoyable, ne croyez vous pas!?

Le site Stteff, du même nom que l’association, propose donc de pratiquer le principe du partage :

- pour les objets : par méthode de transferts continus
- pour les services : par une répartition du temps disponible global, afin de s’affranchir de l’utilisation d’une monnaie quelconque.

Pour les besoins de leurs localités, les webmasters sont invités à dupliquer le site original librement, tandis que les réticents à l’internet peuvent lire une documentation fournie qui permet d’ouvrir un bureau local, cette fois bien physique.

Enfin, dans le même esprit que landshare.net, le site/asso propose de mettre en relation des personnes qui partagent leur terres à cultiver avec ceux qui souhaitent obtenir une nouvelle forme d’autonomie alimentaire, avec comme idée maîtresse que les partageurs de terres reçoivent gratuitement les services rendus par les "partageurs de temps".

Cela me rappelle finalement une autre initiative du même type, qu'un homme a eu dans un pays d'amérique du sud, désolé je ne me souviens plus du pays exact, mais il s'agissait en fait, de créer une sorte de "banque du temps", afin aussi de partager toutes sortes de compétences, sur la base du temps.

Il faut, je pense diffuser et multiplier ce type d'idée, si l'on veut réellement un jour, changer notre civilisation. En tout cas, ca fait plaisir de voir que certaines personnes pensent encore aux autres et aux partages, car dans notre type de société basé sur l'individualisme et le matérialisme, c'est plutot extraordinaire que cela existe encore !

Monté Cristo

Source :

http://stteff.com/

15/07/2009

L'Insurrection qui vient

insu.jpgL'Insurrection qui vient est un essai politique publié en 2007, et rédigé par un « Comité Invisible » anonyme.

L'identité de son auteur est controversée. La police l'attribue à Julien Coupat, ce que celui-ci réfute, ainsi qu'Éric Hazan, l'éditeur du livre : « Julien n'a jamais fait partie du comité d'auteurs, qui m'a demandé un anonymat que je respecte. Le pointer ainsi du doigt est une pure construction policière participant à l'intoxication générale de l'opinion publique ».

Le 9 avril 2009, Hazan a été entendu par la sous-direction de l'anti-terrorisme de la police judiciaire qui cherche à établir que Coupat est bien l'auteur de ce texte.

Avant le déclenchement de « l'affaire des caténaires », le livre s'était vendu à 8 000 exemplaires. Le 28 mai 2009, au moment de la libération de Coupat, l'hebdomadaire L'Express estimait les ventes à environ 40 000 exemplaires alors qu'Hazan parle plutôt de 25 000.

Une traduction anglaise du livre est en préparation et doit paraître sous le titre The Coming Insurrection aux presses du MIT.

 

Ce n'est pas forcément idiot ni subversif de s'intéresser à cette hypothèse insurrectionnelle, même si on ne la partage pas. Bien entendu, du fait qu'elle repose sur des postulats marxistes, elle est vraisemblablement irréaliste comme le XXème siècle l'a prouvé.

insurrection.jpgLe constat sur notre société reste toutefois très intéressant, trés bien décrit et de surcroit, bien écrit. Fort de constater, que certaines de ces idées sont aujourd'hui partagées dans de nombreuses sphères de réflexion, sans pour autant que les choses ne bougent.

La Crise des valeurs (morales, républicaines, éthiques, etc...), et la nécessité de refonder un contrat social pour redonner de la légitimité au pouvoir national est au coeur des débats, et pourtant, les "réformes" continuent dans le même sens : saper la nation (décentralisation, européanisation, libre-échange, déroute de l'économie, désintégration du système financier, remise en cause des acquis sociaux et républicains, affaiblissement des services publics, y compris les plus régaliens comme la police ou l'armée, et de la notion même d'intérêt général...).

Il est bien évident que le livre en question n'apporte pas de réponse censée, mais pour autant, face à ce que j'appelle "désanctuarisation" de la nation française, une réaction est impérative.

Souhaitons qu'elle puisse intervenir par le libre jeu démocratique et dans le respect des règles républicaines...mais j'en doutes, le point de non retour, me semblant etre déjà atteint, depuis que notre société, est devenu plus que l'ombre d'elle meme. Corruption outrancière, désintégration sociale, magouilles éléctorales, troubles financiers, déséquilibre economique.....l'injustice est aujourd'hui partout, notre société est définitivement malade,....et sur le point de passer l'arme à gauche !!

Monté Cristo

télécharger ici le livre

http://www.lafabrique.fr/spip/IMG/pdf_Insurrection.pdf

http://zinelibrary.info/files/pdf_Insurrection.pdf

Source:

http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=215

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Insurrection_qui_vient

 

24/05/2009

Pourquoi nous sommes à la veille d’une révolution

Pourquoi nous sommes à la veille d’une révolution

Il n’est pas besoin d’être " déclinologue " pour constater que les conditions de vie d’une majorité de la population française se sont dégradées rapidement, depuis l’arrivée au pouvoir de Sarkozy et de ses amis, mais ce gouvernement n’a peut-être pas mesuré, par simple ignorance de certaines règles de la psychologie humaine, à quelle extrémité cette situation peut aboutir.

300px-Pochette_La_Révolution_française.jpgOn trouve pourtant dans l’ouvrage " Influence et manipulation " de Robert Cialdini, docteur en psychologie sociale, enseignant à l’Université d’Arizona, des indices qui devraient mettre la puce à l’oreille des dirigeants français et les inciter à la prudence, à moins qu’ils n’aient décidé d’aller délibérément à l’affrontement avec leur propre peuple, ce qui ne peut pas être exclu.

Ce principe élémentaire, qui gouverne les agissements des humains dès leur plus jeune âge et qui est utilisé par tous les commerciaux, publicitaires et autres manipulateurs, s’appelle " le principe de rareté ". Pour le résumer en peu de mots, on peut dire que plus une chose est rare, plus elle suscite le désir. Les occasions de satisfaire une envie nous paraissent plus intéressantes lorsqu’elles sont exceptionnelles. Pendant une conversation avec une personne présente en face de moi, je décroche quand même mon téléphone s’il sonne parce que j’ai peur de manquer un appel important. Les timbres qui ont le plus de valeur pour les philatélistes sont ceux qui ont des défauts parce qu’ils sont les plus rares … etc.

Le pire est que le désir de possession s’accroît quand l’objet est également désiré par d’autres en même temps. C’est ce qu’utilise le vendeur de voiture d’occasion ou de maison qui vous prévient qu’il a un autre acheteur qui vous soufflera l’affaire si vous ne vous décidez pas rapidement.

Mais il existe un phénomène concomitant au précédent qui devrait inquiéter les politiques et les amener à s’intéresser aux résultats des recherches faites par les spécialistes en psychologie sociale.

La théorie de la réactance psychologique exposée par Jack Brehm (1966, 1981) montre que chaque fois que nous pensons que notre liberté est limitée ou menacée, nous y attachons soudain plus de prix et nous estimons davantage les biens qui y sont liés. C’est ce qui explique que lorsqu’un objet se raréfie ou qu’une cause quelconque nous empêche de l’obtenir, nous réagissons en le désirant et en le recherchant davantage parce que la baisse de l’opportunité de le posséder réduit notre marge de liberté.

Conscience-26e1b.jpgC’est un phénomène qui apparaît chez les enfants au cours de leur troisième année et ceux qui ont élevé des enfants connaissent bien cet âge des caprices. C’est à cet âge-là que l’enfant commence à se percevoir comme un individu autonome détaché de son environnement proche et prend conscience de sa liberté individuelle.

On retrouve le même phénomène à l’adolescence, au sortir de l’enfance, quand apparaît le désir de s’affranchir de la tutelle parentale. La meilleure illustration de ce phénomène est le syndrome de Roméo et Juliette qui pousse certains jeunes à s’opposer à leurs parents pour vivre leurs aventures amoureuses, l’intensité de la liaison amoureuse devenant proportionnelle à l’opposition de leurs familles respectives.

Ce phénomène se traduit, d’une manière générale, par la tendance à désirer plus fortement et à attribuer plus de valeur à ce qui est interdit, à ce qui risque de manquer à court terme ou à une chose pour la possession de laquelle on est en compétition avec d’autres. La prohibition augmente la contrebande, la censure augmente le désir de s’informer, on se rue dans les magasins au moment des soldes, une information présumée secrète ou confidentielle est considérée comme plus importante et on est fier d’être dans " le secret " des Dieux, etc.

revolution-full.jpgCe que nos gouvernants ignorent peut-être, c’est que les réactions provoquées par la rareté subite d’un objet de désir ont des implications dans le domaine politique et peuvent être une source de troubles et de violences à l’échelon de Sociétés tout entières.

James Davies (1962, 1969) a montré que les révolutions se produisent quand une période d’amélioration économique et sociale est suivie d’un revirement brutal de la conjoncture. Historiquement, ce ne sont pas les catégories opprimées, pour lesquelles rien n’a jamais évolué, qui se révoltent, mais ceux qui ont vu leurs conditions de vie s’améliorer et les tiennent pour acquises et n’acceptent pas de perdre subitement leurs acquis. L’étude des révolutions au cours de l’Histoire montre qu’elles ont toujours succédé à une dégradation brutale des conditions de vie des peuples concernés. Les exemples ne manquent pas mais l’expérience la plus récente est la révolte des Russes contre les putschistes qui, en août 1991, avaient tenté de renverser Gorbatchev pour mettre fin à la libéralisation du régime, alors que tout le monde s’attendait à ce que le peuple russe se résigne.

Or, que se passe-t-il en France actuellement, si ce n’est cette tentative du Gouvernement de revenir sur ce que les classes populaires considèrent comme des acquis : assurance maladie, éducation gratuite, pouvoir d’achat, présence des services publics sur tout le territoire, presse indépendante, libertés individuelles (fumer, faire la fête, etc) ?

revolution.jpgSi la théorie de Davies est juste, on peut donc prévoir sans trop se tromper que, conformément aux implications du principe de rareté et de la réactance psychologique, si le Gouvernement actuel continue d’œuvrer à la dégradation rapide des conditions de vie que les classes populaires majoritaires considéraient comme acquises, un épisode révolutionnaire devrait se produire en France dans les mois ou les années à venir.
La seule question qui reste n’est donc pas " Pourquoi une Révolution ? " mais " Quand ? "

Par Ehim

18/05/2009

Crise systémique : le chaos

Crise systémique : le chaos

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La faim menace plus de 3,5 millions d’enfants de moins de cinq ans. Dans quel pays d’Afrique ? Tout simplement aux USA. Source : http://feedingamerica.org/newsroom/press-release-archive/.... Dans le tiers monde, ce sera une véritable « boucherie » !

Le Dr. Ellen Bassuk présidente du National Center on Family Homelessness a ainsi déclaré que 1,5 millions d’enfants étaient SDF aux USA.

Source : http://mwcnews.net/content/view/29970.

sdf2.jpgEn effet, le taux de chômage est désormais là-bas de 8,9%. Il y a donc 13,7 millions de chômeurs (avril 2009). Il faut ajouter à cela 5,5 millions de personnes non comptabilisées (Le Monde du 6 mars 2009) et 9,3 millions de personnes contraintes de travailler à temps partiel.

Or, avec 650 000 chômeurs par mois en moyenne, les USA auront 19 millions de chômeurs à la fin de l’année (si tout va bien !), soit 11% de chômeurs.

Si l’on ajoute les 2,3 millions d’américains en prison, (record du monde puisque la Chine ne détient « que » 1,6 millions de personnes) et 3,5 millions de SDF nous obtenons le chiffre de 40,2 millions de personnes.

USA_home.jpgIl faudrait aussi ajouter les retraités qui ont perdu l’essentiel de leur retraites. La Pension Benefit Guarantee Corporation (PBGC) qui a déjà un déficit de 13 milliards de dollars (évaluation de la cour des comptes américaines : GAO) devra garantir les pensions de millions d’américains, ce qui lui est impossible. Par exemple, General Motors doit verser 12,3 milliards de dollars pour les retraites avant 2014 (source : Moneynews.com du 6 mars 2009). L’état devra là aussi intervenir pour éviter l’effondrement de son système de retraite. Source : rapport GAO du 17 janvier 2008.

D’ailleurs, comme l’indique Paul Jorion sur son blog le 9 mai, « le nombre des Américains toujours employés bien qu’ayant atteint l’âge de la retraite continue de croître, pour atteindre pour la première fois les 16,9 % ».

Je pense pour ma part (et je ne suis pas le seul) que ces chiffres sont sous-évalués. Au final, à la fin de l’année, les USA vont se retrouver avec plus de 50 millions de personnes en très grande précarité. La guerre civile et la dictature ne sont pas à exclure.

Cyborg-Barack-Obama--25331.jpgCeux qui croyaient que Barack Obama allait changer les choses se sont trompés. Entre le peuple et la finance, il a choisi et le masque est tombé. Je signale au passage que les problèmes des banques proviennent des difficultés des américains à rembourser leurs crédits. Au lieu de résoudre le problème à sa racine, Barack Obama a continué d’alimenter le système financier, ce qui est une catastrophe car l’on est en train de remplir une baignoire dont la vidange est ouverte.

Bien sûr, des solutions politiques seront trouvées. La North American Union se met en place, un nouveau dollar (donc une dévaluation) verra le jour. L’association des USA et de l’Europe dans un vaste marché Transatlantique a par ailleurs été votée en secret par le parlement européen. Il sera effectif en 2015.

(http://www.dailymotion.com/relevance/search/melenchon/vid...).

Pourtant, le chômage de masse perdurera, ce que Bernard Kouchner a résumé en affirmant : « Il y a peu de travail et beaucoup trop de population sur la terre. Extrait « Le Malheur des autres. »

Le conseiller et mentor d’Obama, Zbigniew Brzezinski, est allé plus loin dans son analyse. Basé sur le principe de la loi de Pareto, il a créé un nouveau concept qu’il a dénommé la Société 20/80, dans laquelle il n’y aura du travail que pour 20% de la population, 80% des humains devenant donc inutiles. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tittytainment).

En effet, les 1% les plus riches touchaient 10% du PIB en 1979 et 23% aujourd’hui, il y a donc de plus en plus « d’inutiles ».

D’ailleurs, ce système « craque » de toutes parts et de plus en plus d’intellectuels se révoltent.

Cynthia Fleury, philosophe et professeur à l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS a ainsi déclaré : « Il y a comme un déshonneur des élites ».

taleb_19635t.jpgNassim Nicholas Taleb, un des plus grands esprits actuel, qui a prouvé que les mathématiques financières ne pouvaient rien prévoir, et donc que l’ensemble du système était voué à l’échec, nous laisse une analyse que tout le monde devrait lire :

« Les gens qui ont conduit un bus scolaire les yeux bandés (et ont eu un accident) ne devraient jamais se voir confier à nouveau un autobus. Les institutions et les élites du monde économique ( universités, organismes de régulation, banques centrales, responsables gouvernementaux, organisations diverses employant des économistes) ont perdu leur légitimité avec l’échec du système. Il est irresponsable et stupide de placer notre confiance dans la capacité de ces experts pour nous permettre de sortir de ce pétrin. Au contraire, il convient de rechercher des gens intelligents, ayant les mains propres. »

Source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2643

Quand on parle à nouveau de régulation, il faut comprendre ce que nous sommes plusieurs à expliquer encore et encore : elle est impossible ! Cela reviendrait à prévoir le temps qu’il fera dans 6 mois ou un an. D’ailleurs, nous sommes de plus en plus nombreux à penser et dire qu’il faut bâtir un nouveau modèle.

La crise systémique, en détruisant le travail, car notre société est basée sur la consommation à crédit, nous oblige à trouver une autre voie, à mettre en place une constitution pour l’économie.

Il faut le rappeler, et Jean Baudrillard l’a très bien démontré, « on revient avec le crédit à une situation proprement féodale, celle d’une fraction de travail due d’avance au seigneur, au travail asservi. » Auguste Detoeuf, avec humour, nous éclaire : « Le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent. »

Gilles Bonafi

29/04/2009

La révolution pour restaurer la Démocratie

La Révolution pour restaurer la Démocratie

sarkozy1_aides copy.jpgLa France est elle devenu une méga-entreprise internationale?
Quant on voit la politique qu'il y est mené par Sarko, entre les reformes sur la santé de Bachelot, qui demande aux hôpitaux d'être plus rentable, ainsi que la reforme de Pecresse pour une rentabilité plus accrus dans le milieu universitaire, je dirais : sans aucun doute ! Je ne parle même pas de la politique d'immigration raciste d'Hortefeux et des "lois" liberticide qui se propagent un peu partout chez nous et qui sont passés en force par la majorité et justifié par le chien chien à son pépére: Lefebvre.

En d'autres termes, comme tout les parties fasciste ont fait bouger les choses par la force et en faisant peur au peuple. En tout cas, moi je n'ai pas peur, ne faisant pas partie de ces gens à l'instinct grégaire et influençable.

Il semble qu'aujourd'hui, la souveraineté des pays d'Europe est disparu complètement, sûrement dû au fait qu'aucune nation européenne n'a plus aucun pouvoir sur l'émission de sa propre monnaie.

 

 

Ainsi les dirigeants comme Sarko sont devenu des espèces de "mega-patron" à la solde et à la merci des banques centrales comme la BCE,FMI..., au lieu d'être des chefs d'état avec un vrai pouvoir politique (ca on l'avait remarqué ! Voir aussi le lapsus de Dati dans la vidéo, trés révélateur). Seulement comme tout les patrons, Sarko fait une politique économique uniquement aux profits des plus riches et lese le peuple (voir également le lapsus ou plutôt la révélation de Sarko sur la vidéo, où il l'avoue lui-même).

 

En même temps, si l'on considère que c'est l'Europe qui décide de tout pour les nations, à quoi bon voté pour élire un président dans ce cas?
Triste constat de voir que la démocratie nationale n'existe donc plus, sauf pour placer un méga patron, sans politique sociale dans son programme, puisque le profit prime avant tout.
pochette-revolution-pen.jpgJe comprends mieux pourquoi le partie socialiste à du mal en ce moment, car quel choix ont ils, pour instaurer une politique juste et sociale dans ces conditions ? les socialistes au pouvoir ne changeraient rien, puisqu'eux aussi devront se plier.
Le dictât européen écrase toutes politiques qui n'est pas la sienne, c'est à dire développer les marchés pour un profits de plus en plus grand, pour faire face à la concurrence de la Chine, la Russie, le Brésil...
Et comme dans ces pays (devenu aujourd'hui, les plus puissant du monde), il n'y a aucun politique sociale; l'Europe se voit obliger de faire pareil pour pouvoir être toujours dans la course et ne pas perdre son statut privilégier qu'il a depuis des siècles.
Le problème ou plutôt la chance, est que nos nations européennes et en particulier la France, ne sont pas des peuples soumis.
revolution-de-1830---combat-devant-l--hotel-de-ville---28.07.1830.jpgLa révolution me semble donc inéluctable, car si les français ne peuvent pas obtenir de vrai dirigeant politique avec une politique sociale, via les urnes, alors ils reprendront le pouvoir comme en 1789.
Car qui peut proposer une alternative politique sociale aujourd'hui et nous faire sortir de cette Europe ?? Sego, Besancenot ?? En tout cas, pas une politique de droite !
La giga machine europe est tellement enorme que rien ne pourra la mettre a genoux politiquement parlant, enfin je crois pas à une solution politique à ce niveau là !
Donc ils nous reste, l'effondrement monétaire et la fin des haricots (qui est une forte probabilité) ou une révolution européenne des nations.
Les français seront dans ce cas, sûrement en 1er ligne et moi devant !!!

VIVA LA REVOLUTION

Monté Cristo

21/04/2009

L’Armée US se prépare

 

Brèves /
L’Armée US se prépare à un « effondrement économique imprévu »
20 avril 2009 - 19:27

 

 

68-chicago.jpg20 avril 2009 (Nouvelle Solidarité) — Aux Etats-Unis, des plans de contingence en cas de crise extrême sont discutés et visent à préparer les militaires à faire face à l’insurrection sociale qui vient.

Le 12 février le Director of National Intelligence, l’amiral Dennis Blair, parlant devant le Comité sur le renseignement du Sénat américain, a affirmé que la crise économique posait « la menace la plus grave à notre stabilité et notre sécurité nationale ». Cette crise, dit-il peut provoquer de « l’extrémisme violent » du même type que celui des années 1920 et 1930.

center_03.jpgLe spectre des troubles sociaux fut évoqué dès novembre 2008 devant l’Académie de guerre de l’armée de terre. Une étude militaire, « Les inconnus connus : Chocs non conventionnels dans le développement de la stratégie de la défense », affirme que l’Armée américaine doit être prête à affronter une « dislocation stratégique violente, à l’intérieur des Etats-Unis », provoquée par « un effondrement économique imprévu », « une résistance nationale engagée » et « d’envahissantes situations d’urgence sur le plan de la santé publique ».

Tous ces événements, poursuit l’étude, pourraient provoquer « la disparition d’un ordre politique et juridique fonctionnel ». Des « violences civiles généralisées », poursuit le texte, « forceraient l’appareil militaire de réorienter in extremis ses forces afin de préserver les fondements de l’ordre public et de la sécurité des personnes ».

2008-09-02T062935Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRWR-USA-CONVENTION-MANIFESTATION-20080901.jpgEn clair, le chaos social et l’explosion de mécontentement provoqué par la non-résolution de la crise économique pourraient conduire le gouvernement américain à imposer, à l’aide de l’Armée, la loi martiale. Cet état d’exception « pourrait inclure l’emploi de la force militaire contre des groupes hostiles à l’intérieur des Etats-Unis ».

Alors, après la planche à billets et les récettes Keynesiennes des années 1920, veut-on réellement reprendre les « solutions » des années 1930 ?

 

Source :

http://www.solidariteetprogres.org

09/04/2009

Séquestrations : en fait, Sarkozy les encourage !

Séquestrations : en fait, Sarkozy les encourage !

Comment interpréter les séquestrations de patrons? Radicalisation, comme écrivent bien des journalistes, ou nécessité de transformer chaque conflit en spectacle du 20 heures pour avoir une chance d'être écoutée ?

 


En déplacement dans les Bouches-du-Rhône, Nicolas Sarkozy a déclaré mardi 7 avril qu'il ne tolèrerait pas les séquestrations de patrons d'entreprise et de cadres supérieurs par des salariés, actes qui se sont multipliés ces derniers temps.  « Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'aller séquestrer les gens ? On est dans un Etat de droit. Je ne laisserai pas faire les choses comme ça » s'est indigné le président de la République.

Le président a fait maintes fois la démonstration que les sujets du 20 heures constituaient le critère essentiel de ses semblants d'indignations. L'exemple de Caterpillar est à cet égard éclairant.
Les Caterpillar ont séquestré quatre de leurs dirigeants. Aussitôt, le président a usé de la démagogie dont il est coutumier sur Europe 1, affirmant vouloir « sauver le site de Caterpillar », et s’engageant à « recevoir l’intersyndicale qui l’appelait au secours ».

Vincent Peillon: Quand on évoquait Caterpillar, tous les journalistes s'endormaient
Interrogé sur I-Télé, Vincent Peillon a détaillé la perversité de la démarche sarkozyste et mis en cause les médias qui poussent les salariés d'entreprise en difficulté à la surenchère pour que l'on s'intéresse à leur cas: « Caterpillar c’est une société qui a gagné 3 milliards de dollars cette année et la suppression de 3.000 emplois en France. A part les élus locaux, cela n’intéressait personne. Lorsqu’on évoque ces questions, en général on nous coupe la parole ou en trois secondes tout le monde s’endort et on nous demande pas de préciser pourquoi. Les syndicats se retrouvent dans des situations incroyables sans visibilité. Il faut donc enfermer les 4 dirigeants une nuit pour que dès le lendemain tous les médias s’intéressent enfin à ces  disparitions d’emplois et que le président de la République commence à s’y intéresser. Il y a un vent mauvais dans l’action publique qui fait qu’on s’intéresse plus à la communication des choses qu’aux véritables problèmes alors qu’il y a des vrais problèmes. Et cela radicalise les gens ».

Nouvelle démonstration, s'il en fallait une, des talents de pompier-pyromane du président.

Régis Soubrouillard

 

26/03/2009

Un pan du monde universitaire s'installe dans la dissidence

Un pan du monde universitaire s'installe dans la dissidence

2009_02_06_Manif_Prof_Chercheurs.jpgAmorcé début février, le mouvement universitaire ne faiblit que lentement malgré les concessions gouvernementales. Mardi 24 mars, la huitième journée de manifestations a été la plus faible depuis le 2 février, date du début de la mobilisation. Simple pause après le grand rendez-vous interprofessionnel du 19 mars ou reflux définitif du mouvement ? Jeudi 26 mars, la nouvelle journée d'action lancée par l'intersyndicale du supérieur et de la recherche servira de test.

Selon le ministère de l'enseignement supérieur, les cours restent annulés dans une dizaine d'universités, et ce depuis plusieurs semaines. Une vingtaine d'autres seraient touchées ponctuellement et à des degrés divers par des actions qui vont du blocage partiel aux "cours alternatifs".

greve-etudiants-universites-strasbourg.jpgBeaucoup d'étudiants attendent désormais chez eux que les cours reprennent, mais tout un pan du monde universitaire et étudiant s'installe dans la dissidence, même si les dossiers litigieux s'amenuisent.

Après une nouvelle nuit de discussion avec les syndicats, le projet controversé de réforme du statut des enseignants-chercheurs a été de nouveau amendé, mardi 24 mars, lors d'un comité technique paritaire. En signe de désaccord, les élus du Snesup-FSU, syndicat majoritaire, et FO ont quitté la réunion avant la fin les discussions.

Le décret a été néanmoins adopté par 17 voix pour et 5 abstentions. Il devrait être adressé au Conseil d'Etat dans quelques semaines. A l'issue de cette réunion, le Snesup-FSU, qui aurait souhaité des modifications sur la modulation de service des universitaires, a appelé à "intensifier les mobilisations de la communauté universitaire pour l'abandon du décret".

S'agissant de la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, l'annonce par Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, du report à 2011 des nouveaux concours d'accès à l'enseignement a été reçue comme une "avancée", mais toutes les composantes du mouvement veulent maintenant obtenir de nouvelles mesures.

uds-hors-les-murs-boehringer-cortege-funebre-uds-028.1234543094.JPGEt certaines veulent beaucoup plus : réunie lundi à Strasbourg, la Coordination nationale des universités, où sont représentés les syndicats et les collectifs Sauvons la recherche et Sauvons l'université, a estimé que les deux ministres "doivent partir". Elle a réclamé l'"abandon" des réformes, l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universités et du pacte pour la recherche.

Luc Cédelle et Catherine Rollot

20/03/2009

Manifs : l'impuissance face à la colère

Manifs : l'impuissance face à la colère

La puissance des manifestations rend encore plus patents le désarroi et l'impuissance des élites à penser la crise et à définir une politique qui fasse autre chose que d'attendre le retour miraculeux de la croissance.



Photo Lauren Goldenberg
Photo Lauren Goldenberg
« Un léger retrait. » Un léger retrait du nombre de grévistes. Voilà tout ce que le gouvernement trouve à dire à propos du mouvement d’hier.
Nous vivons la crise du siècle. Des dizaines et des dizaines d’usines sont, partout en France, touchées par des plans sociaux, des restructurations et des fermetures, qui montrent l’échec lamentable du plan de relance. La frilosité des banques sur le crédit ne se dément pas, tandis que les bonus pleuvent en lose d comme à la Société Générale, ainsi que l'a révélé le site Mediapart.
Le Président est aux Abonnés absents, c’est-à-dire à Bruxelles. Le Premier ministre « occupe le terrain » à la télévision, pour annoncer… qu’il n’a rien à dire. Et le conseiller social de Nicolas Sarkozy se réjouit de ce que le nombre de grévistes a baissé de 4 à 4%....
Quelle dérision, quel aveu d’impuissance ! Quelle démonstration de leur incapacité à comprendre ce qu’il se passe et à imaginer les décisions qui s’imposent ! Chaque jour nous apporte de nouveaux indices de ce que tous, patrons de grands groupes, politiques, experts et économistes, se contentent d'espérer le retour au fonctionnement antérieur comme s'il était un idéal et comme si ce n'était pas ce système qui avait provoqué la crise actuelle !
Il faut dire qu’en face, ni le mouvement social ni la gauche ne fournissent beaucoup plus d'outils pour comprendre ou enrayer la crise, même si, ce matin sur France Inter, Martine Aubry a évoqué la nécessité de changer de cap. Ils proposent que l’Etat soit plus généreux et d'augmenter les salaires sans expliquer comment on peut y parvenir dans le système actuel. Ce serait, certes, appréciable pour les chômeurs et les salariés les plus pauvres. Mais cela relève du soulagement de la misère, pas d'une politique alternative.
Il faut bien se rendre à l’évidence : il n’y a pas dans les classes dirigeantes, à droite comme à gauche, de vision claire de cette crise. La droite croit qu’il convient de faire le gros dos et d’attendre le retour de la croissance. Ecoutez les ministres et les responsables de l’UMP : ils perçoivent l’économie comme la météo. En gros, il faut se protéger le mieux possible en attendant le retour du beau temps (de la croissance). En face, l’opposition réclame encore plus de protection, plus d’indemnités, plus de formation, et parfois (non sans cohérence) plus d'impôts ou une relance de la consommation qui est en train de montrer sa faillite en grande Bretagne… Quant aux syndicats, ils font le job en mettant en valeur leur responsabilité, c'est-à-dire leur capacité à canaliser la révolte....

Trou d'air ou crise du système
Pourtant, une réalité se détache nettement de la journée d’hier, que personne ne fait mine de voir : une partie de la protestation est une protestation de désespoir. A la tête des manifestations, surtout dans ces petites villes anciennement rurales qui font le tissu industriel français, des dizaines de milliers d’ouvriers étaient en tête. A Compiègne, une note interne du Medef, exhumée par Rue89, montre que plus de 8 000 des 45 000 emplois industriels de l'agglomération sont menacés. Voilà le premier enjeu de cette crise : soit nous laissons les usines fermer une à une et le travail  industriel quitter la France, avec toutes les conséquences que l’on sait (baisse des activités de service notamment), soit nous sommes en mesure de changer de politique économique.
Soit nous croyons que la crise est la conséquence de quelques excès bancaires qu’il convient de corriger afin de favoriser le retour à la normale (le retour à la normale étant le retour à une croissance molle poussive…) ; soit nous comprenons que la crise bancaire et les subprimes ne font que traduire une faiblesse structurelle de la demande qui provient d’une division du travail mortelle pour les sociétés développées et faussement émancipatrice pour les pays émergents.

Dérégler la dérèglementation
Quelle est cette division du travail ? Aux pays émergents la production, aux pays développés le commerce et la recherche. La crise du crédit ne résulte que des bricolages des banquiers (la titrisation) pour distribuer aux classes moyennes des revenus qu’ils ne gagnent plus. Et cette situation découle de l’organisation du monde : la concurrence des territoires pour attirer les industries, les coûts salariaux comme variable principale d’ajustement, le libre échange intégral comme horizon économique exclusif, les bulles successives comme moteur du système.
Ce sont ces principes d’organisation du système qu’il faut remettre en cause. D’où le levier du protectionnisme européen pour maintenir le travail industriel et dérégler la mondialisation telle qu’elle a fonctionné jusqu’à présent.
Reste alors à définir quel protectionnisme. Plusieurs options s’offrent à nous : le recours aux taxes d’importation contre les pays qui pratiquent le dumping social ; la pénalisation des pays qui dévaluent leur monnaie en permanence pour maintenir un avantage compétitif, comme le propose un blogueur; le reversement aux pays producteurs des taxes collectées pour leur permettre d’améliorer le niveau de vie des populations locales. Si Nicolas Sarkozy allait défendre ce genre d'option à Bruxelles, nul doute qu'il serait davantage compris. Hélas... Lui aussi s'en remet aux économistes qui se repassent indéfiniment le film de la crise 1929 comme s'il permettait de trouver la solution.
Convaincre nos partenaires de ces options prendra du temps ? C’est vrai. D’où la pertinence de la proposition d’un grand emprunt européen (ou d’Etat) pour se donner du temps.  Pour le reste, ce sont nos chercheurs  et  nos experts les plus lucides qu'il faut mobiliser pour imaginer une politique industrielle alternative puisque, décidément, nos économistes ont bien trop partie liée avec le système pour être utile à la société.

Faute d'un plan crédible de ce type, faute de messages clairs indiquant que les élites ont compris que le système ne doit plus fonctionner comme avant, les salariés et les chômeurs peuvent très bien se radicaliser, comme on en voit ici et là les prémices dans des affrontements, tels ceux de Saint-Nazaire,  de Grenoble ou de Toulouse. Ce que portent les manifestations de janvier et de mars, c'est la conviction, même confuse, qu'il faut changer le système, qui s'exprime notamment dans la révolte contre l'injustice, contre les bonus, les banques, etc. Aux dirigeants de se montrer à la hauteur de cette exigence.


Vendredi 20 Mars 2009 - 08:48
Philippe Cohen

16/03/2009

Sarkozy, Darcos et Pécresse en procès à la Sorbonne

Ils étaient plusieurs centaines réunis place de la Sorbonne pour assister ce vendredi après-midi au « procès de la bande des trois » :  Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos et Valérie Pécresse. Une mobilisation originale et festive organisée par les enseignants en histoire de Paris-I pour montrer au gouvernement que le mouvement de protestation ne faiblit pas. Depuis plusieurs jours, une information pour le moins surprenante circule sur Internet :

« Procès devant les très doctes pères de la Sorbonne de Sarkozy et de ses complices, les très atroces, très horrifiques et très horribles Xavier Darcos et Valérie Pécresse, accusés d'hérésie, de parjure et de blasphème envers l'illustre Université et le Bien Public. Le tribunal prononcera son jugement sur le parvis de la Sorbonne. » (Voir la vidéo)


Après les manifestations, occupations et autres blocages, le comité de mobilisation de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne a souhaité mettre en place de nouvelles formes d'action.

Une dizaine d'enseignants en histoire de la Sorbonne, déguisés, sont entrés en scène pour cette parodie de procès. Nicolas Offenstadt, maître de conférences à Paris-I, explique la cause de ce rassemblement :

« C'est l'ensemble du système éducatif français que l'on souhaite abattre et toute forme de pensée critique. » (Voir la vidéo)



Le procès s'ouvre avec le fou-rire du public :

« Vous avez devant vous trois accusés, la liste des crimes qui leur est reproché est longue :  tentative d'assassinat, complot et conspiration, vol et extorsion, outrage blasphème, parjure et hérésie contre l'université, le savoir et le bien public. »

Le parquet de la Sorbonne entame son réquisitoire à l'encontre de Nicolas Sarkozy :

« La cour cherche à comprendre ce qui peut vous pousser à démanteler avec une telle rage les établissements d'enseignement supérieur et tout le système public de l'Education nationale. Quel traumatisme explique que vous agissiez ainsi ? »

Pour simple réponse, le faux Nicolas Sarkozy soulève son téléphone et appelle « Carlita ». Les arguments de défense des deux autres accusés ne sont pas plus convaincants.

A l'énoncé du verdict, pas de surprise :  coupables. Plus étonnantes, leurs condamnations. Hormis leur destitution, Xavier Darcos est contraint « au port de couche à vie » et Nicolas Sarkozy à « l'écartèlement de toutes ses Rolex ».

Nicolas Offenstadt se réjouit du succès de cette nouvelle forme de mobilisation et explique que les enseignants ne comptent pas en rester là :

« Le mouvement va continuer et se durcira s'il n'y a pas d'avancées significatives car les enjeux sont trop lourds. La semaine prochaine, la Sorbonne va organiser des cours libres, ouverts à tous et beaucoup d'enseignants seront mobilisés pour la journée d'action nationale du 19 mars. »

 

source :

http://www.rue89.com/2009/03/13/sarkozy-darcos-et-pecresse-en-proces-a-la-sorbonne

 

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

pirate_drapo_big-300x296.gifJe prends le parti des pirates.
Ils sont, nous sommes,  des millions, en France, chaque jour à échanger des oeuvres: des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables,  des œuvres oubliées ou «tombées» dans le domaine public. 

Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique.
Les tentatives d'interdire les échanges sur Internet - par l'intimidation ou par le filtrage - sont vaines.
Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable.
Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d'elles-mêmes. 
C'est au grand jour qu'elles révéleront toutes leurs potentialités.

Il est grand temps de reconnaître ces pratiques.  De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse.
En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate.

 

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Rapport Hadopi : le piratage en ligne a détruit 10.000 emplois… fictifs ?

résumé :
Le « Rapport Hadopi » n’est ni plus ni moins qu’une opération d’intox - reprise en coeur dans les média début novembre - menée par l’industrie de la Culture et destinée à influencer le parlement, qui doit voter la loi Hadopi en janvier prochain. C’est une chose de le dire, c’est autrement plus long à démontrer. Pour cela, il va vous falloir lire la suite… Désolé pour la taille de ce billet…

10.000, rien que ça, c’est le nombre d’emplois directs et indirects qui auraient été détruits en 2007 par les vilains pirates. C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrive le « Rapport Hadopi » (à télécharger ici) réalisé par le cabinet d’expertise économique Tera Consultants et commanditée par Equancy.

Frustrés de ne voir, à quelques exceptions près, que de plats communiqués de presse recopiés à la va-vite, la news n’ayant malheureusement pas été jugée suffisamment importante pour n’être autre chose qu’une dépêche AFP (en même temps, il faut bien dire qu’un milliard de pertes, de nos jours, cela passe plutôt inaperçu), nous avons voulu en savoir plus et nous nous sommes procuré le Rapport Hadopi.

2520976386_88ddef7742_m.jpgLe Rapport Hadopi sera également gracieusement distribué à nos représentants politiques, au premier rangs desquels notre ministre de la Culture, Christine Albanel, à qui le Rapport Hadopi sera remis en grande pompes ce mercredi 19 novembre. A elle la charge de le photocopier et de le distribuer massivement aux centaines de députés ainsi qu’à leurs assistants (elle a du personnel, rassurez-vous), afin que nos chers parlementaires puissent voter en toute connaissance de cause sur la loi Hadopi en janvier prochain.

Il faut dire que la loi étant passée en première lecture au sénat, et ce malgré les protestations de la CNIL et de Bruxelles, il ne manque plus qu’un petit coup de pouce pour faire passer la pilule. Le voilà, sous la forme de 73 pages, écrites en gros caractères à double interlignage (moyenne d’âge à l’assemblée oblige ?).

540px-hadopi_ecoute.pngAu préalable, je vous dois une confession. Je ne suis pas journaliste, ça, vous avez pu vous en rendre compte, même si je m’efforce d’en respecter les règles, mais je ne suis pas non plus bloggeur. Non, dans la vraie vie, je suis, entre autres, consultant. En stratégie Internet, qui plus est. C’est vous dire si je mange ce genre d’étude au petit déjeuner, et ce depuis de nombreuses années. C’est une chance : ces milliers d’heures à lire d’obscurs textes, souvent rédigés dans un style lourd et pataud, vont me servir à autre chose qu’à prédire l’avenir à mes clients. Qui plus est, le Rapport Hadopi est rédigé en Français. Une aubaine, tant les plus grands spécialistes internationaux sur la question, parmi lesquels on compte – cocorico – plusieurs Français, se bornent, c’est une habitude chez les scientifiques, à écrire en Anglais. Cerise sur le gâteau, le texte semble s’être abstenu de tout ce formalisme académique, qui rend les écrits scientifiques aussi difficiles à digérer qu’un cassoulet bien arrosé.

Non, ici, c’est du light, du weight watchers, c’est facile à lire, et l’usage des neurones est facultatif tant rien ne vous incite à la réflexion tout au long des 73 pages du Rapport Hadopi. Un idiot y trouverait une lueur, si ce n’est d’intelligence, du moins, de bases nécessaires pour étayer ce qui lui semblerait être le fruit de sa propre réflexion.

Ne soyons pas présomptueux (un peu ? si, quand même) : la plupart des destinataires du Rapport Hadopi n’iront pas jusqu’à le lire en intégralité, ils se contenteront du traditionnel ‘executive summary’.

Le sommaire qui exécute (traduction libre)

Qu’y lit-on ? Oh, ma foi, tout y est, inutile de pousser plus loin, nul besoin de lire 73 pages de schémas et de chiffres, ami député, noble sénateur, ton temps est précieux, et en deux pages écrites en gros caractères, voici la substantifique moelle d’une prose qui, pour le coup, n’a rien de Rabelaisienne.

«  La copie illégale via l’Internet d’œuvres numérisées est un phénomène massif. »

dede-hadopi-couper,3-X-166029-1.pngOui, non seulement c’est vrai, mais d’indiscutables preuves sont là pour en témoigner, le piratage, ou tout du moins l’utilisation des technologies Peer to Peer sur internet, est un usage grand public de plus en plus populaire.

Comment prétendre le contraire ? C’est une évidence, et jusqu’ici, je ne peux qu’abonder dans le sens de l’auteur de cette étude. Mais qui est-ce, d’ailleurs ? Le Rapport Hadopi, en effet, porte pour seule signature, les logos des sociétés qui l’ont, respectivement, commandité et réalisé.

Continuons cet « executive summary », qui commence décidément sous les meilleurs auspices, en enfonçant une porte ouverte.

« Cette pratique a un impact économique car elle induit inévitablement une moindre activité, voire une contraction de l’activité des secteurs qui la subisse. »

Inévitablement. Tiens. Cette porte là n’était pas ouverte, mais la voilà qui vole en éclats, sans même interrompre la sieste d’un sénateur, pour qui cette assertion peu sembler, ma foi, tout a fait logique. La Terre est plate, circulez, y’a rien à voir. Au XVIe siècle, personne n’aurait trouvé à y redire… Ou presque.

Nous le verrons, cette ‘évidence’ est loin, très  loin, d’avoir été prouvée à ce jour. La réalité est pour le moins… dérangeante, pour les partisans de la loi Hadopi tout du moins, car plusieurs études - scientifiques, elles, - ont tendance à démonter… le contraire.

hadopi-economie1.gif

Source :

http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/

http://reseaudespirates.net/?q=content/le-pacte-pour-les-libert%C3%A9s-num%C3%A9riques

 

10/03/2009

L'An 01 d'un nouveau monde

087.jpgBeaucoup en conviendront, c’est une très bonne nouvelle que l’ancien monde s’écroule. Il n’y a pas à se lamenter sur son sort mais à s’impatienter plutôt d’un effondrement d’une insupportable lenteur. Même si on doit en passer par des moments difficiles, ce qu’on nous présente comme de très mauvaises nouvelles, sont pour nous un retour plus que salutaire à la réalité, à la prise de conscience collective et la chance de créer une nouvelle civilisation qui soit fonder sur une base plus humaine et moins matérielle. Au moment du plus grand danger et malgré toutes les menaces qui s’amoncellent, on peut retrouver paradoxalement un optimisme perdu depuis bien longtemps, la Guadeloupe n’étant que la première de nos victoires dans la reconquête de tous nos droits et la réappropriation de la démocratie par ses citoyens.

Il ne faut plus en douter, c’est un avenir radieux qui s’ouvre devant nous, nous sommes dans l’An 01 d’une ère nouvelle avec tout à construire, tout à inventer, ce qui ne veut pas dire faire n’importe quoi et donner libre cours à tous les fantasmes mais, tout au contraire, pour répondre aux défis qui nous sont lancés, il nous faudra tenir compte de toutes les contraintes écologiques, économiques, techniques, sociales, philosophique, psychologique, ainsi que de tous nos défauts, individuels et collectifs, de notre nature double et fragile, de notre besoin d’autonomie comme de solidarité. Mais pour cela la révolution devra d'abord commencer en nous meme et en chacun de nous.

Après avoir tenté de donner un programme minimal susceptible d’unir les revendications sociales, il est temps d’esquisser dès maintenant ce que pourrait être l’étape suivante, pas si éloignée, un programme maximum si l’on veut, afin d’en éprouver les limites et sortir des visions religieuses, idéologiques, culturelles ou émotionnelles de la politique au profit d’un projet concret, d’une nouvelle organisation économique et sociale au service de l’épanouissement humain.

 

Pour se représenter la vie dans ce monde nouveau, il faut planter le décor d’une économie relocalisée en grande partie (pas complètement) et tournée vers les services et l’immatériel avec un retour de l’artisanat et des petits producteurs biologiques locaux.

1101802048_small.jpgIl ne faut pas s’imaginer qu’il n’y aura plus d’industrie ni de capitalisme. Il y aura même des industries comme le textile rapatriées, une fois la Chine tournée vers son marché intérieur et engagée vers la hausse des salaires. Simplement l’industrie ne représentera plus qu’une part minime de l’activité avec des usines très automatisées et une part de plus en plus importante d’objets seront produits localement par des imprimantes 3D ou des petits ateliers numériques reproduisant sur place des articles commandés aussi bien que des créations originales (qu’on les appelle "micro-usines personnalisées" ou fabbers ou digital fabricator). De quoi réduire la part de l’industrie et les transports même s’il faudra toujours s’approvisionner en matières premières et que l’industrie restera compétitive dans les productions de masse.

L’agriculture devrait reprendre un peu plus de place, y compris en ville (sur les toits et entre les tours), avec de nombreux petits agriculteurs fournissant les marchés de proximité mais aussi avec le développement des jardins individuels.

Le petit artisanat sera encouragé mais l’essentiel de l’activité concernera la santé, l’éducation, la formation, la culture, l’information, l’informatique, le divertissement, la restauration, le tourisme, etc. L’informatique se distingue des services par son caractère immatériel et sa capacité à se multiplier alors que dans les services, les personnels ne peuvent se dédoubler. En tout cas, on est là dans une économie plus écologique et humaine dont la croissance n’augmente pas forcément la consommation matérielle, on peut y veiller. Cela ne supprime pas pour autant la production industrielle qu’il faut réduire, la décroissance étant ici inévitable alors qu’elle ne concerne pas la consommation de musiques numériques notamment. Le monde de demain, c’est le monde du téléchargement et de la gratuité numérique mais de produits plus petits, plus durables et plus chers sans doute. Mais dans tous les cas une consommation mieux régulé, mieux ciblé et moins excessive.

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Les transports seront très réduits pendant la transition énergétique au moins et devront être optimisés. C’est une reconfiguration de l’espace et des circuits économiques qui doit assurer d’avoir le moins à se déplacer. Sur ce plan, les achats sur internet devraient se généraliser, sans remplacer les marchés locaux, de même que les visioconférences, sans remplacer les contacts humains.

On voit que c’est à la fois très différent de notre présent et pas si lointain malgré tout. Un petit signe peut sembler étrange, une carte de paiement SOL utilisée comme une carte de fidélité ou pour acheter des produits locaux. C’est par cette monnaie locale que se matérialise une relocalisation qui n’a besoin ni de barrières, ni de frontières. Elle permet de rendre plus concurrentielles les compétences locales, exemptées de toute taxe quand elles sont payées en monnaie locale. C’est la municipalité qui gère la monnaie, et ce n’est pas toujours facile la démocratie municipale, mais la relocalisation commence par là, par la reconstitution d’une vie démocratique locale décidée à se réapproprier son avenir et ne pas se laisser faire. Certes, il faut souvent une bonne crise pour ressouder ses liens mais le moment devrait être propice, en tout cas c’est là qu’une résistance à la débâcle générale devra s’organiser. Bien sûr, l’idée d’une monnaie municipale devra faire pas mal de chemin pour s’imposer mais, ça vient, on commence à en parler au moins...

On n’a rien vu que de très normal jusqu’à présent mais c’est qu’on ne voit pas le statut des travailleurs. La plupart ne sont plus salariés mais auto-entrepreneurs, inscrits à la coopérative municipale qui leur fournit un certain nombre de services de conseil, d’assistance, de formation, de valorisation, de financement, tous les instruments du développement humain. Poussons la porte de la coopérative même si on peut tout faire par internet, c’est un endroit sympa qui fait bar café (pour d’autres, ça peut faire aussi épicerie, restaurant, salle de sport, vidéothèque, centre culturel, studio d’enregistrement, radio, free clinic, etc.) mais on y trouve aussi une assistante sociale, des formations. On peut y apporter des objets à l’atelier de réparation ou de récupération mais on peut aussi l’échanger à la bourse locale d’échange. La coopérative est au coeur de l’animation de la commune (ou de la communauté de commune, ou du quartier selon les configurations). Si on veut travailler dans un domaine on peut en parler et trouver des partenaires pour se lancer, y rencontrer d’autres travailleurs autonomes pour s’associer dans un projet commun (tout en restant autonome). Si on n’y arrive pas, on doit trouver toutes sortes d’assistances pour mieux valoriser ses compétences ou vendre ses produits. Bien sûr, la coopérative municipale ne vise pas à concentrer toutes les activités, il y aura encore des salariés, des fonctionnaires et des commerçants dans cette économie plurielle. Elle est inévitablement le reflet des habitants de la commune, des coutumes locales et de l’état des relations sociales ou des rapports de force qui ne sont pas toujours favorables. Les formes peuvent en être très diverses. C’est principalement l’institution du développement humain et des échanges locaux, favorisant le travail autonome en sortant l’auto-entrepreneur de son isolement.

La sortie du salariat ne se voit pas, sauf peut-être dans un plus grand sentiment de liberté et d’égalité, mais il y a une chose qu’on ne devrait plus voir, ce sont les pauvres et les sdf qui se multiplient depuis peu. En effet, tout ce qu’on a vu, le développement du travail autonome ne peut être viable sans un revenu garanti qui représente une libération du travail comparable à la libération de l’esclavage, ce qui ne veut dire, on le voit bien, ni un bonheur sans fin, ni qu’on ne ferait plus rien ! Bien sûr, cela n’empêchera pas des adolescents affalés devant la télé, des alcooliques, des drogués mais un peu moins sans doute, grâce aux coopératives qui complètent le dispositif, permettant ainsi au plus grand nombre d’accéder au travail choisi tout en protégeant les plus faibles. Voilà bien ce qui est presque impossible d’obtenir directement mais qui se met en place en contre-bande, en Guadeloupe notamment. Une grève générale pourrait peut-être l’obtenir mais il faudrait pour cela que l’idée soit dans toutes les têtes, ce qui est loin d’être le cas. Pourtant on peut voir dans ce revenu d’autonomie un véritable droit à l’existence qui nous fait monter d’un cran dans notre humanité et dans nos libertés effectives, passage de la sécurité sociale au développement humain.

breveon51.jpgIl y aurait beaucoup d’autres choses à raconter sur nos futurs modes de vie et les techniques écologiques à employer. On pourrait continuer ainsi la fiction si elle ne risquait de virer au roman à l’eau de rose à ne voir que les bons côtés alors que la réalité sera inévitablement plus contradictoire et diversifiée. C’est quand même vraiment un autre monde, même s’il nous reste familier, un autre monde possible qu’il vaut le coup de construire mais qui ne changera pas fondamentalement les hommes pour autant à les rendre simplement un peu meilleurs avec de meilleures institutions et une production moins polluante. C’est du moins une véritable reconnaissance sociale de chaque citoyen et un progrès de la démocratisation. André Gorz indiquait déjà dans "Misères du présent, richesse du possible" comment ce triptyque (monnaie locale, coopératives, revenu garanti) pouvait faire système et constituer des alternatives locales à la globalisation marchande et aux multinationales. Que veut-on de plus ?

On ne parle pas ici d’abolir le marché, ni même le capitalisme, juste de sortir progressivement et volontairement du salariat. On parle de ce qui est possible et souhaitable, de donner les moyens de l’autonomie. On ne parle pas tant de confiscation des richesses que de leur distribution. La question écologique n’est pas prise ici du côté de la consommation mais de la production, pas du côté de la propriété collective mais du travailleur autonome, pas du côté du contrôle des populations mais de leur liberté. En effet, pour défendre notre liberté et notre qualité de vie, il s’agit de partir de ce qu’on veut faire, et changer le travail pour changer de mode de vie. L’écologie de la vie quotidienne est d’abord une écologie du travail, privilégiant le travail autonome et la coopération. Qu’il y a-t-il de plus important que de pouvoir choisir ce qu’on veut faire et valoriser ses compétences.D'où un nouveau type d'education à mettre egalement en place, basé sur le respect de chaque individualité.C'est à dire, ne plus dénaturer les capacités et competences naturelles de chaque individu, et que les choix d'orientation ne ce fasses plus en fonction de pression sociale, familliale ou encore culturelle, mais simplement en fonction de la nature profonde de la personne. Quoi de mieux, que de pouvoir enfin etre soi meme et en accord avec nos personnalités, plutot que de devenir ce qu'on n'est pas? Ce n’est qu’une partie de la solution sans doute et qui ne réglera pas tous nos problèmes mais l’avenir est prometteur (30 ans après la crise !), le moment est propice qu’il ne faut pas laisser passer. C’est maintenant que se construisent les institutions du cycle suivant. On n’y est pas du tout encore et ce n’est pas ce dont on rêve ordinairement, tout cela reste trop exotique mais devrait malgré tout s’imposer matériellement avec la crise et ce serait pas mal quand même, de quoi retrouver le sourire et le bonheur d’être ensemble, même si ce n’est pas le paradis où tout le monde s’aime pour la vie..., mais déjà nous pouvons faire cette révoluttion en nous meme, en reprennant confiance en nous ; ainsi se deconditionner du passé pour retrouver la liberté et notre conscience humaine.

Le changement passera d'abord par nous meme en chacun de nous ! là est la vrai revolution humaine, pour que le monde change !

26/02/2009

Sarkozy lance la bataille de l'intelligence… et la perd

Sarkozy lance la bataille de l'intelligence… et la perd

C'est la vidéo que s'échangent les chercheurs : un banc d'essai des discours de Sarkozy et d'Obama sur la science. Devinez qui s'en tire le mieux?

Une vidéo qui en dit long sur la vision de la science des deux côtés de l’Atlantique : le 20 décembre 2008, Barack Obama  assurait qu’elle est « une clé pour la survie de la planète et la prospérité de la nation » et qu’il entendait s’en servir pour ouvrir son pays aux défis du 21e siècle, « découvrir des médicaments », « créer des emplois », « préserver le globe pour nos enfants et nos petits enfants »,  faire des Etats-Unis un leader dans tous les domaines de pointe.

Un mois plus tard, le 22 janvier 2009, Nicolas Sarkozy, qui avait apparemment retenu la leçon de l’Oncle Sam de travers, affirmait que la recherche et l’innovation sont la clé pour sortir renforcé d’une crise sans précédent… et qu’il s’apprêtait à la mettre sous la porte.  Quand le Président américain flattait les cerveaux qui « pourchassent la nouvelle grande idée » et préparent « la révolution qui pourra changer nos vies », le chef de l’Etat français sortait le fouet et alignait des contrevérités manifestes sur la recherche tricolore.  Le premier, en offrant sa confiance aux chercheurs, leur a donné envie de se dépasser dans les labos, le second en les humiliant les a encouragés à arrêter le boulot. Les propos généraux de l’un se sont traduits par de généreuses subventions et des dons des fondations, les propos de café de commerce de l’autre, qui reposent sur des chiffres faux et des à peu près, n’ont été repris que par les imbéciles qui croient tout ce qu’on leur dit.

Finalement, mieux aurait valu arriver après la bataille
En grève depuis le 2 février, les enseignants-chercheurs, eux, restent mobilisés dans toutes nos universités et nos laboratoires contre la politique d’enseignement supérieur et de recherche du gouvernement. Et même si  Nicolas Sarkozy, Valérie Pécresse et sa médiatrice Claire Bazy-Malaurie jouent le pourrissement, les chercheurs inventent chaque jour de nouvelles actions pour combattre le règne de l’ignorance … L’imagination est au pouvoir lorsqu’ils descendent dans la rue. Le Président avait donc raison, le 22 janvier dernier, lorsqu’il disait que « la bataille de l’intelligence est engagée ». Mais on dirait qu’il l’a perdue.


Jeudi 26 Février 2009 - 07:00
Anna Alter

23/02/2009

Rêve général se dévoile...

Rêve général se dévoile...

Leur autocollant - Rêve général - trainait un peu partout mais on ne savait pas qui c'était. AUjourd'hui le CNR s'est dévoilé et prépare la mobilsiation du 19 mars



L'auotocollant qui a fait fureur le 29 janvier
L'auotocollant qui a fait fureur le 29 janvier

 

Leur dernier site avait déjà créé le buzz avant le 29 janvier dernier, les membres du Conseil national de la Résistance ;) lancent un nouveau site pour centraliser les informations sur le 19 mars.

Lancement du site de la grève générale : 19mars2009.fr

Le Conseil national de la Résistance ;-) persiste et signe. Après avoir ouvert le site du 29 janvier 2009 pour concentrer les informations sur la grève générale, le collectif lance celui du 19 mars avec le même principe et les mêmes ambitions, permettre la convergence des luttes contre les réformes du gouvernement Sarkozy. En parallèle, le CnR ;-) organise les Etats Généraux 2009 pour rassembler les doléances des citoyens.

Leur dernier site avait déjà créé le buzz avant le 29 janvier dernier, les membres du Conseil national de la Résistance ;) lancent un nouveau site pour centraliser les informations sur le 19 mars.

19 mars grève générale

www.19mars2009.fr


Collectif informel créé en juillet dernier pour combattre l’inertie des syndicats face à la politique destructrictrice du gouvernement Sarkozy, le CnR smiley regroupe des citoyens de tous les horizons politiques et sociaux. Parfois déjà militants dans des organisations politiques ou syndicales, parfois non-encartés mais engagés dans les luttes, ils se sont unis et ont lancé un appel à la grève générale pour le 10 novembre 2008.
Voir : qui sommes-nous ? sur le site du CnR smiley.

Le 10 novembre 2008 n’est pas concluant, mais permet au collectif de se structurer en faisant ses premières armes. Des groupes locaux se créent partout en France, des liens se tissent avec des associations et d’autres organisations se considérant "en résistance". L’expérience va servir pour les combats qui s’annoncent nombreux en 2009.

La date est tombée, la grève inter-professionnelle est programmée pour le jeudi 29 janvier. Dans la foulée, un site est créé : www.29janvier2009.fr . Il connaît un succès rapide, puisqu’il répertorie mieux que n’importe quel site, toutes les informations sur la grève. Chaque jour, des communiqués tombent, du matériel arrive, des commentaires se déversent. La presse s’en fait l’écho, tels BFM TV dans un sujet sur "la grève préparée sur internet" ou Marianne2.fr . C’est le symbole d’une grève qui dépasse les syndicats, c’est le symbole d’une grève politique contre un président impopulaire et ses réformes. La grève générale connaît le réussite que l’on sait ; malgré sa non-reconduction, le collectif ne lâche rien.

Les syndicats se réunissent de nouveau le 9 février et fixent une nouvelle date de mobilisation pour le 19 mars. C’est loin mais l’unité est sauvée. Entre temps, seuls cinq syndicats sur huit se rendront au ministère le 18 février pour obtenir d’hypothétiques satisfactions sur les revendications. La pression monte pendant ce temps face à Sarkozy, la Guadeloupe, la Martinique et bientôt la Guyane connaissent un mouvement de grève générale. Le monde universitaire avec le renfort des lycéens sort tous les jours dans la rue. Les esprits s’échauffent, la reconduction est possible en métrôpole aussi.

Le collectif crée le site du 19 mars : www.19mars2009.fr. Il participe en parallèle à l’Appel des Appels, initiative permettant la convergence des luttes, sans traduction par des actions concrêtes pour le moment. Il lance en parallèle le projet des Etats Généraux 2009, pour rassembler toutes les revendications et doléances des citoyens et secteurs en lutte. Ils auront lieu du 1er au 8 mai 2009 et les doléances sont rassemblées dès maintenant.

Le Conseil national de la Résistance du XXIème siècle n’est pas à cours d’idée pour lutter contre les réformes libérales qui portent atteintes à notre modèle social hérité du programme du CNR de 1944. Une chose est sûre, il sait tirer profit des avantages d’internet pour organiser la contestation.

20/02/2009

Masterisation et dependances

Master ou fabrique de bouche-trous ?

Jean-Paul Brighelli, Professeur agrégé de Lettres et auteur de «La Fabrique des crétins», revient sur la réforme des concours d'enseignement dont le recrutement serait envisagé à partir du niveau master. Si l'annonce était maladroite, l'idée est-elle si mauvaise? Apparemment oui.

891820-1053517.jpgDans cette histoire de mastérisation, quelque chose m’échappe. Et, visiblement, échappe aussi au ministère, tout étonné de la résistance à son décret, et au refus de la quasi-totalité des universités de faire remonter, avant la date butoir du 15 février, les maquettes requises de ces « master pro ». Tout confus aussi d’avoir ainsi fourni aux enseignants et aux étudiants un excellent prétexte à l’unanimité dans la protestation.

Tout cela au moment où Valérie Pécresse, avec une absence sidérante de psychologie, sort de sa poche un décret sur les enseignants-chercheurs qui ne pouvait manquer d’attiser le mécontentement latent — qui monte, qui monte… La mastérisation potentialise un mouvement qu’on aurait pu, avec un peu de mauvaise foi, faire passer pour une protestation corporatiste. Et voici, grâce à la mastérisation, les enseignants promus défenseurs des étudiants, qui vont faire chorus. Carton plein.

Une conseillère à la Cour des Comptes, Claire Bazy-Malaurie, est aujourd’hui chargée d’aménager ledit décret. Les syndicats, qui sentent le bon bout et l’odeur de la poudre, refusent de la rencontrer — « pourquoi une médiatrice, et pourquoi pas la ministre elle-même ? » disent-ils au soir d’une manifestation réussie. La situation se bloque. Les députés ovationnent Pécresse. Ça va finir par se jouer dans la rue.

Foutoir et foutaises. "C'est déjà l'odeur de 68 que l'on renifle dans les universités", disait hier Axel Kahn. "Ça démarre doucement, puis ça monte…"

 

Suggérer que les concours de recrutement se passent désormais au niveau Master, pourquoi pas ? La valeur marchande de la Licence, qui était jusque là le diplôme requis, a tellement baissé, ces dernières années, du fait de cette « inflation scolaire » dont parle si bien Marie Duru-Bellat (1), qu’il est nécessaire à la fois d’entériner cette dévaluation et de revaloriser le cursus. Lorsqu’un conseiller du ministre, tongue in cheek comme on dit outre-Manche, a déclaré en juin dernier aux membres (inquiets) du jury du CAPES d’Histoire-Géographie que les candidats avaient déjà été testés sur leurs aptitudes disciplinaires, puisqu’ils avaient une Licence, c’était de l’humour à froid. Il sait bien, comme nous tous, que nombre de Licenciés ne le sont que parce que les facs veulent garder quelques étudiants en quatrième année — et les subventions qui vont avec. Déjà qu’ils en perdent 50% dès la fin de la première année, grâce au décalage violent entre le niveau requis et celui des néo-titulaires d’un Bac qui ne vaut plus tripette…

La préparation, en quatrième année, d’épreuves sérieuses était tout de même une (petite) garantie que les postulants aux concours de recrutement maîtriseraient au moins une partie de ce qu’il est nécessaire de connaître pour être prof — nous savons tous que Pédagogie sans Savoir, c’est lettre morte et emplâtre sur jambe coupée.

 

Mais voilà : les « Master pro » sont, d’un côté, la roue de secours des pédagos, un instant malmenés par l’intégration / dissolution des IUFM dans les universités, et, d’un autre côté, généreront des « reçus-collés », comme l’analysait dès le mois d’octobre notre ami Pedro Cordoba, qui fourniront aux Recteurs, toujours en quête de bouche-trous, un volant d’auxiliaires taillables et corvéables à merci.

Tout cela n’est pas bien sérieux. Que vont devenir les étudiants qui n’entreront pas dans ces Masters ? Qu’apprendront-ils, si ces Masters sont principalement dirigés, comme il en a été tout de suite question, par des spécialistes des pseudo-sciences de l’Education ?

 

pecresse-2.jpgIl est de toute urgence de décréter, comme le Ministère en avait d’abord eu l’intention (faut-il que le lobby pédago soit puissant, rue de Grenelle !) que tout master permettra l’inscription aux concours — comme aujourd’hui toute Licence. Cela permettra de conserver les filières actuelles, sans avoir besoin de construire un nouveau tuyau dans l’usine à gaz. De conserver aux enseignants des disciplines la maîtrise de leur discipline. Et d’autoriser les étudiants à se consacrer à la spécialité pour laquelle ils sont entrés en fac, souvent sans trop savoir où elle les mènerait, et qui se tournent vers les métiers de l’enseignement après avoir découvert ce qu’il en était vraiment des Lettres ou des Mathématiques — ce n’est pas en collège ou en lycée qu’ils pouvaient en avoir une idée !

Il ne restera plus qu'à redéfinir les stages des futurs enseignants. Je suggère très fort au ministre, comme je l'ai déjà fait dans Fin de récré, 'en revenir au système qui l'a fait lui-même prof : la résurrection des défunts CPR, sacrifiés sur l'autel des sciences de l'Education. C'est dans une combinaison d'artisanat et de compagnonnage qu'on peut au mieux apprendre les rudiments d'un métier difficile, qu'on ne maîtrise jamais à fond  et certainement pas en suivant, hors les murs des lycées ou des collèges, les cours de gens qui se sont spécialisés en Pédagogie de façon à ne plus être devant de vrais élèves.

Quant à la situation des enseignants-chercheurs… Un décret général jette les bébés (les vrais chercheurs) avec l’eau sale. Et bousille la Recherche, aujourd’hui en danger, sans pour autant relancer l’acquisition des savoirs fondamentaux. Peut-être faut-il laisser jouer à plein les possibilités d’autonomie de la loi LRU : quand chaque fac aura défini son rapport recherche / enseignement, il se dégagera forcément, à terme, une capacité différentielle des universités que les futurs étudiants apprécieront avant de s’y inscrire, et en toute connaissance de cause.

 

Jean-Paul Brighelli

13/02/2009

Chercheurs: face au mépris, la colère

Chercheurs: face au mépris, la colère

Mardi 10 février, piqués au vif par l'attitude de Sarkozy, qu'ils tiennent pour du mépris — ou, au mieux, de la provocation, les chercheurs étaient dans la rue.



(photo : marc_monticelli - Flickr - cc)
(photo : marc_monticelli - Flickr - cc)
Pendant que Valérie Pécresse leur criait son amour devant l’Assemblée nationale, les universitaires soutenus par les étudiants défilaient en direction de la place Bourbon. C’est que nos cerveaux qui ont pourtant un cœur  rejettent en bloc «les preuves d’amour» que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche entend «leur apporter tous les jours». Les scientifiques ont le sens de la mesure et celle que leur prépare la fille du professeur Dominique Roux en les cajolant les hérisse. Le décalage entre son discours et les actes les a fait descendre en masse dans la rue en ce glacial mardi 10 février. 

« Elle va trop loin, c’est du mépris», note froidement dans le cortège une professeure d’économie de Paris XII Val-de-Marne. « Je pense que les gens au pouvoir n’ont pas le sens du débat et des autres, je n’ai jamais vu ça ! », s’indigne une dame à cheveux gris du CNRS qui avant de prendre sa retraite a tenu à manifester une dernière fois son désaccord. « Le problème, c’est cette accumulation de changements autoritaires décidés depuis un an par les conseillers du Président de la République sans tenir compte des remarques qui sont faites tant par les instances- pourtant en grande partie nommées par le gouvernement lui-même- que par des collectifs représentatifs », rationalise une sommité de l’Institut des hautes études scientifiques. Le ténor de l’école mathématique française, l’une sinon la meilleure du monde, souligne que l’ensemble du Conseil scientifique du CNRS—  dont la moitié des membres sont pourtant désignés d’en haut— s’est « associée à la forte émotion des personnels de la recherche provoquée par le discours du Président de la République du 22 janvier 2009». Les sages ont dénoncé à l’unanimité « l’énoncé de contrevérités manifestes appuyées sur des éléments partiels et des erreurs concernant la recherche, et notamment en ce qui concerne son mode d’évaluation». Ce discours présidentiel leur «  semble procéder de la provocation ».

Des chercheurs vexés
En tout cas, il est gravé dans les têtes et parfois détourné sur les tee-shirts des manifestants qui arpentent le pavé sous la pluie gelée. Une jeune femme porte sur son dos l’inscription : « Enseignante feignante, chercheuse médiocre, historienne inutile, universitaire non rentable et… en plus en grève ». Une autre arbore un écriteau « je ne suis pas un ours, je ne grogne pas».  Une troisième « le temps est pourri, le gouvernement aussi». Il faut être fou pour croire qu’un chercheur -enseignant qui gagne 1800 euros par mois avec un Bac+8, va accepter en prime de perdre sa liberté. « Sarkozy en thérapie», s’époumonent les membres d’une UFR de psychologie. Alors que le décret Pécresse octroie aux Présidents d’Université des pouvoirs démesurés, neuf  d’entre eux ont lancé le 9 février «l’appel de la  Sorbonne» pour exiger le retrait de tous les projets de réformes controversées. Pour le monde universitaire, les enjeux sont énormes. Sous la bannière Paris VII, les têtes des filières scientifiques s’échauffent en marchant. Morceaux choisis :

Un physicien nucléaire :« Nous ne voulons pas que les mauvais chercheurs fassent uniquement de l’enseignement parce que par principe à l’Université ce sont les meilleurs chercheurs qui aiment  enseigner ».

Un biophysicien : « La modulation, nous la pratiquons déjà entre collègues, mais nous ne voulons pas qu’elle devienne une sanction imposée par notre dirlo. On ne peut pas dire comme Nicolas Sarkozy que l’on veut mettre l’Université au centre du système de recherche et d’enseignement et parallèlement transformer l’Université en crèche pour post ado ».

Un mathématicien : « Contrairement à ce qu’on affirme ici ou là, nous ne refusons pas l’évaluation. D’ailleurs personne n'est autant évalué que les chercheurs, à part peut-être les sportifs. L’échelle de notation par les pairs est la plus étendue qui soit. Elle va de nul : travail trivial, ou sans intérêt, ou résultats faux parce que la procédure expérimentale est viciée... à plus l'infini : découverte scientifique d'importance majeure. Qui d'autre que des scientifiques travaillant dans le même domaine peut porter un tel jugement ? »

Un spécialiste de la théorie des groupes : « Le gouvernement veut singer les Universités américaines sans en avoir les contraintes : là-bas l’évaluation se fait par les pairs et leurs budgets n’ont aucune communes mesures avec les nôtres. La prestigieuse Harvard à elle seule dispose de presque autant d’argent que toute la recherche française ».

Le mathématicien : « Je voudrais bien être évalué comme mon fils mathématicien à Boston : il a été bien noté et il a reçu en plus de son salaire 100 000 dollars pour s’acheter du matériel,  embaucher un post-doc ou ce qu’il veut ! »

Le spécialiste de la théorie des groupes : « La présence policière est parfaitement disproportionnée comme si on se préparait à des manifestations plus dures. Les CRS nous ont barré la route de l’Assemblée et toutes les rues adjacentes avec des grilles nous obligeant à remonter sur un kilomètre le flux descendant des manifestants. Le chef de l’Etat en s’attaquant à un maillon qu’il croit faible veut faire passer un message à la nation ».

«Non à l'université bling bling»
En début de cortège, sous la banderole « non à l’université bling bling», les enseignants - chercheurs de l’Université du Maine au Mans se prennent en photo. L’ambiance est bon enfant. Jusqu’à ce que, alors que la manif touche à sa fin, les CRS avisent la banderole « bling bling ».

Professeur, Directeur Adjoint du Laboratoire d'Acoustique de l'Université du Maine (LAUM), Rachid  El Guerjouma raconte la suite : « Quelques CRS courent devant nous. On croit au début qu'ils coursent  quelqu'un ou qu'ils ont loupé leur bus… Eh non, c'est nous qui sommes ainsi pris à partie, subitement dangereux. Ils nous encerclent en quelques secondes. Les questions fusent : où allez-vous ? revenez sur vos pas ! On nous demande d'enlever nos badges (très subversifs puisqu'il est écrit dessus : UNIVERSITE DU  MAINE). "Qu'est-ce qu'on fait ? y'en a un qui s'énerve", demande le chef de section au talkie-walkie ». L’ordre a du être de laisser filer.  Les chercheurs-enseignants  ont donc pu repartir en courant rejoindre leur car.  C’est bon pour cette fois, mais qu’on ne vous y reprenne pas à faire des calicots « bling bling ». C’est, apparemment, une grave insulte à la République…


Vendredi 13 Février 2009 - 12:57

12/02/2009

ATTENTION à la revolte des 600 euros

Guadeloupe : une colère contagieuse?

La blogueuse CC s'interroge sur les tergiversations du gouvernement dans la crise guadeloupéenne. Et se demande si ce soulèvement massif pourrait traverser les océans. Comme les émeutes grecques. Mais en plus cyclonique…



La Guadeloupe vue des Saintes (photo JMeisson-flickr-cc)
La Guadeloupe vue des Saintes (photo JMeisson-flickr-cc)

Il faut savoir que la Guadeloupe et la Martinique — les deux îles sont jumelles, pour les problèmes — sont des îles sur lesquelles l'industrie principale est celle de la banane. Les habitants de ces îles sont découpés en trois :

- Les expatriés ou non fonctionnaires, qui bénéficient d'un salaire supérieur à celui de la métropole, parce que la vie est chère. C'est la prime à la vie chère qui existe aussi à Paris et dans quelques villes où la vie est plus chère qu'ailleurs.

- Les salariés, qui travaillent en grande parties dans l'industrie de la banane. Des salaires très bas, le SMIC, pas de prime à la vie chère. Ils sont une majorité.

- Les békés, qui sont les tenants de l'industrie de la banane. Ils sont les descendants des premiers colons français sur l'île, ils vivent en clan, ne se marient qu'entre eux et ont véritablement la main mise sur toutes les ressources de l'archipel.

Les salariés protestent en ce moment pour une augmentation de leur pouvoir d'achat, ce qui semble bien légitime, puisqu'on reconnaît, pour les fonctionnaires que la vie est chère, pendant que les békés s'en mettent plein les poches impunément depuis des siècles.

Bref, ce sont les salariés, les classes dites "moyennes" qui trinquent.

Vous le sentez bien, le deux poids, deux mesures, là ? (j'espère que vous avez cliqué et que vous avez pris le temps de regarder le reportage, si le sujet vous intéresse...? Allez, je vous remets le lien : Là, voilà ! Prenez le temps, c'est intéressant.)

Sachant cela, voilà l'ami Frédéric Lefebvre ! ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu...

L'homme à la chevelure magnifique a déclaré : "Il ne peut pas y avoir deux lois de la République, et donc il faut travailler à cet équilibre. J'imagine que c'est ce que va faire Yves Jégo avec le gouvernement"

Et ce soir, nous apprenons de la bouche de Fillon que l'augmentation de 200 € dont on parlait, ne serait pas mise en place.

Pas deux lois ? Qu'est-ce qu'il a voulu dire, Lefebvre ?

Alors, on me dira que si le gouvernement avait augmenté les salariés des îles de 200€, il aurait sans doute fallu le faire aussi en métropole, parce que les salariés français, si prompt à manifester, ces ringards, auraient à leur tour réclamé leur dû...

Mais les fonctionnaires qui n'ont pas de primes à la vie chère ne protestent pas parce que leur collègues d'outre-mer en bénéficient...

On peut comprendre que la situation est différente.

Etrange...

Je n'ai pas de réponse.

Mais je crains un soulèvement massif et un gros syndrôme grec...

Les Martiniquais et les Guadeloupéens semblent très déterminés.

Et cela pourrait bien traverser les océans...

Retrouvez cet article sur le blog de bah!? by cc.


Jeudi 12 Février 2009 - 07:00

Il s’agira simplement de faire un « diagnostic » !

Laurence Parisot: Négocier ? Où ça ? Quoi ça ?

Invitée ce matin de RMC, la matrone des patrons a expliqué que, selon elle, la réunion du 18 février convoquée par Nicolas Sarkozy avec les syndicats n’avait pas pour but d’arriver à des négociations!



(Photo : MEDEF - Flickr - cc)
(Photo : MEDEF - Flickr - cc)

« Je crois qu’il n’y a jamais eu de présidente du Medef aussi engagée pour ouvrir le dialogue social, pour arriver à des accords sociaux protecteurs. » Elle ne manquait pas d’air, ce matin, Laurence Parisot face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC. D’autant qu’après avoir prononcé cette phrase, elle entonnait une tirade à la manière d’Arletty. Une tirade qui pourrait se résumer de la sorte : « Négociation, négociation ! Est ce que j’ai une gueule de négociation ».

 

Interrogée sur la réunion du 18 février, elle a en effet fait mine de n’y voir qu’un simple rendez-vous qui ne déboucherait sur aucune décision particulière : « Négociation ? Mais sur quels sujets ? (…) Je n’ai pas entendu parler de négociation ». Et d’ajouter dans la foulée : « Il est bon que les partenaires sociaux se rencontrent pour partager un diagnostic. » Voilà au moins les syndicats prévenus : qu’ils n’attendent rien de cette table ronde avec le patronat et l’Etat. Il s’agira simplement de faire un « diagnostic » !

 

Sur la question des salaires, ils pourront aussi s’accrocher. La matrone des patrons a tenu à rappeler qu’il ne pouvait y « avoir de négociations salariales globales », que « les négociations se passent dans les entreprises ». Et dans le même registre, elle a salué, à mots couverts, la décision que l’Etat n’intervienne pas sur la question des salaires en Guadeloupe.

 

Les négociations ont déjà eu lieu ?

Ne rien lâcher aux syndicats, c’est donc le mot d’ordre de Laurence Parisot pour la réunion du 18 février. Car si la présidente de l’IFOP se montre si ferme, c’est qu’elle estime que les discussions avec les représentants des salariés ont déjà eu lieu dans le cadre de la négociation sur l'UNEDIC.

 

Mais si la dirigeante du Medef joue l'intransigeance face aux syndicats, elle se montre en revanche beaucoup plus souple avec les banques. À la question « Les banques jouent-elles le jeu ? », elle a répondu sur un ton beaucoup plus diplomate : « [Elles] font leur travail au mieux. Les dossiers sont plus longs. Tout est plus compliqué. C’est aussi l’assurance qu’elle ne fasse pas les mêmes bêtises ». Bref, même teintée d'Arletty, Parisot s’est bornée à faire du Parisot et ça promet pour le 18 février...


Jeudi 12 Février 2009 - 09:49

11/02/2009

Les psychiatres vers la désobéissance civile ?

Les psychiatres vers la désobéissance civile ?

Les psychiatres sont en colère, allant jusqu'à dénoncer le saccage de leur discipline et à envisager la désobéissance civile. Philippe Petit revient sur le mouvement pour Marianne2.fr.


Les psychiatres vers la désobéissance civile ?
Ils s’attendaient à accueillir quatre cents personnes. Il y en eut deux mille pour la réunion de « la nuit sécuritaire » du 7 février dernier à Montreuil. Les psychiatres venus témoigner du saccage de la psychiatrie ont partagé leur inquiétude avec des infirmiers, des représentants des familles de patients, des psychologues, des étudiants, des psychanalystes, des fonctionnaires de justice, d’horizon politique différent. Les personnalités présentes ont fait honneur à l’intelligence. L’ancien ministre de la santé Jack Ralite a prononcé un grand discours « malrucien ». Domique Voynet, le maire de Montreuil, s’est montrée éloquente. Jean Oury, le directeur de la clinique de La Borde, du haut de ses quatre-vingt-cinq ans, a provoqué l’enthousiasme. Et pas moins de trente-neuf intervenants se sont succédé à la tribune. Il régnait une atmosphère de veillée d’arme, entre la répétition générale et le banc d’essai, où chacun tentait de retrouver les mots de la conquête, comme abasourdi par tant d’années de silence, de repli sur son pré carré, incapable de redresser la tête.

ff1418e8cc993fe8abcfe3ce2003e5c5-2.jpgFaire reculer le gouvernement
Les psychiatres qui sont à l’initiative de ce rassemblement à « La Parole Errante à la Maison de l’Arbre », dirigé par Armand et Stéphane Gatti, peuvent se dire satisfaits de cette journée. Ils ont réussi leur coup. Ils sont entrés en dissidence et se préparent désormais à la désobéissance civile. Ils ont commencé par réagir avec dignité au discours de Nicolas Sarkozy à Antony le 2 décembre 2008 et ils se croient aujourd’hui assez mûrs pour entamer une longue marche qui les conduira à faire reculer le gouvernement sur la nouvelle loi de santé mentale qui sera présentée au parlement au printemps. La pétition de l’« Appel des 39 » lancée mi-décembre par par le psychiatre Hervé Bokobza, l’un des organisateurs des États généraux de la psychiatrie en 2003, contre la politique  de santé mentale du gouvernement, fut le point de départ de ce mouvement. D’autres pétitions toutes aussi hostiles  à une politique qui tend à faire de la psychiatrie la gardienne de l’ordre social circulent sur le net.

deuil colere.jpg« Des mesures en totale contradiction avec les finalités du soin »
Face à une telle effervescence, le rassemblement de Montreuil  marque une étape importante dans la prise de conscience qui se fait jour depuis trois mois parmi le personnel soignant. Mais il serait injuste de le réduire à un simple réflexe corporatiste, voir à de l’anti-sarkozysme primaire. Le président, comme Dieu chez Malebranche, a fourni l’« occasion » d’un réveil, il n’en est pas le seul agent. Jean Oury a fait rire la salle en le comparant à une puce, mais il a mis en garde les participants contre la tentation du fétichisme. Car à trop s’occuper de son cas, on en oublie les raisons qui ont conduit à l’augmentation du nombre de demandes de soins en même temps qu’à une politique tendant à éliminer du corps social les individus qui ne correspondent pas aux normes prescrites par une administration de plus en plus normalisatrice. 

« Cet appel, je l’attendais depuis longtemps, souligne le psychanalyste Jean-Pierre Winter, il est le symptôme positif de l’entreprise de destruction du tissu social qui est à l’œuvre depuis trente ans, Sarkozy n’est que la pointe immergée de l’iceberg. Dans nombre de cités, on supprime tous les lieux de parole, du simple bar au commerce de proximité, on supprime les lieux d’hébergement, les centres d’accueil, pour les jeunes et les anciens taulards, on réduit le temps du suivi, qui était autrefois de six mois, pour ne répondre aux situations de détresse que dans l’urgence. On détruit le temps nécessaire à l’échange ».
Il n’est pas étonnant que dans cette enceinte, le beau mot de parole ait été aussi souvent prononcé. Le mouvement qui est en train de naître n’est pas un simple mouvement de protestation, il est surtout un mouvement de réappropriation.

illus491.jpgLes psychiatres présents à Montreuil ne veulent pas de ces mesures qui entrent en totale contradiction avec les finalités du soin. « Or on leur demande aujourd’hui de répondre à trois objectifs: prédisez l’avenir, expertisez, enfermez. J’oubliais, évaluez vous, avec des questionnaires issus de l’industrie. En instrumentalisant les faits-divers, en annonçant qu’une loi va être votée au printemps, l’État risque de parachever cet immense gâchis : nous couper de notre histoire et dénier celle des patients, dont il souhaite réduire la maladie à des symptômes qu’il faudrait traiter soit en les enfermant à vie, soit en trouvant le médicament « adéquat », les transformant ainsi en individus transparents, homogènes, et enfin maîtrisés », s’insurge Hervé Bokobza.

Mercredi 11 Février 2009 - 07:00

10/02/2009

La Révolte des universitaires !

La Révolte des universitaires !

facs.jpg

Il y eut la loi LRU en août 2007. Le mouvement étudiant qui suivit ne fut soutenu que par une minorité d’universitaires, la majorité espérant encore pouvoir s’en accommoder. Mais aujourd’hui les conséquences de la LRU se font sentir, et un vent de révolte a fini par emporter les plus sages.

 

 

L’une après l’autre, les AG d’enseignants votent la grève. Une coordination regroupant trois quarts des universités s’est mise en place. Outre un millier de suppressions de postes et une régression budgétaire considérable, deux contre-réformes ont en effet apporté la preuve du pudding…

 

 

Mastérisation bidon

C’est d’abord la prétendue “mastérisation” de la formation des enseignants qui ne peut être digérée. Jusqu’à présent, les concours de recrutement des enseignants (1er et 2nd degrés) se déroulaient dans l’année suivant la licence. Une année de fonctionnaire stagiaire suivait au cours de laquelle une formation professionnelle était dispensée en IUFM. C’est donc à bac+5, au niveau master, que les enseignants commençaient leur carrière. Reconnaitre ces cinq années de formation par un diplôme universitaire est légitime. Mais reculer d’un an le concours, supprimer l’année de stage, remplacer cette année de salaire et de cotisations par de misérables bourses, évacuer la formation professionnelle… non ! Derrière cette réforme se profilent la fin des concours, le recrutement de contractuels par les chefs d’établissement, en lieu et place de fonctionnaires… Sommées de rendre au ministère des projets de master dans un délai record et sans aucun cadrage national, les universitaires ont commencé par demander un moratoire. Puis, dans des établissements toujours plus nombreux, ils ont décidé de ne pas renvoyer ces projets.

Casse du statut national

Le second plat empoisonné est la remise en cause du statut des enseignants-chercheurs. Au nom de la “modulation des services” inscrite dans la LRU, les présidents d’universités pourraient varier les services d’enseignement de ces personnels jusqu’à les doubler. Soumission aux “objectifs de l’institution” et clientélisme seraient au rendez-vous. Ce serait la fin de l’indépendance des enseignants-chercheurs jusque là garantie par la constitution et donc d’une recherche (encore) libre. Ce serait surtout un moyen économique de réguler les pénuries d’enseignants en taillant dans la recherche, au moment où Sarkozy annonce le démantèlement du CNRS ! La quasi-totalité des enseignants-chercheurs et de leurs instances représentatives rejette ce projet. C’est aujourd’hui l’élément moteur de la mobilisation de ces personnels, alors que la “mastérisation” suscite celle des étudiants.

Mobilisation nationale

La LRU était censée ramener tous les problèmes à un niveau local. Sa mise en place est susceptible de réaliser ce qui ne s’était jamais réalisé, sinon peut-être en 1968 : l’unité dans la lutte des enseignants et des étudiants au niveau national. Dès le 26 janvier, le SNESup-FSU appelait à la grève. La coordination réunie dans l’amphi Richelieu de la Sorbonne ce lundi 2 février a renouvelé son appel de la semaine dernière. Les prochains jours seront décisifs ! Décidément, la LRU ne passe pas… L’université n’est pas une entreprise, l’enseignement et le recherche ne sont pas des marchandises !.

 

Après avoir mis en grève Assas et Dauphine, Pécresse recule !

Après avoir mis en grève Assas et Dauphine, Pécresse recule !

A quelques heures de la manifestation contre la réforme de l'IUFM et le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, ce qui transparaît sur le Net, c'est la crainte de la droite de voir aboutir ce mouvement.



(Photo : gillesklein - Flickr - cc)

Et une reculade de plus au compteur du gouvernement Fillon ? Invitée hier soir de France-Info, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, annonçait que le décret contre lequel se mobilisent aujourd’hui dans la rue étudiants et enseignants-chercheurs devrait « rentrer en vigueur pour la rentrée 2010 » avant d’ajouter : « Ca nous laisse un petit peu de temps pour approfondir la concertation, pour le retravailler (...) et pour lever tous les malentendus, rassurer, apaiser les inquiétudes ». Et une médiatrice est même nommée pour « retravailler » le décret (voir ci-dessous). Mais quelques minutes seulement après cette déclaration, son cabinet faisait savoir que la langue de la ministre avait tout simplement « fourché » et que le décret allait bien rentrer en vigueur en septembre 2009. Et voilà comment celle qui faisait figure de bonne élève du gouvernement, voit sa cote brutalement s'effondrer. Mais c'est comme ça : Nicolas Sarkozy a toujours reculé devant la rue, et plus ça va, plus il recule avant même qu'un mouvement déploie toute sa potentialité.

 

Quoiqu'il en soit, lapsus ou pas, une chose est sûre : la droite redoute la grogne des universitaires tout autant qu’elle avait redouté celle des lycéens en décembre dernier. Il suffit pour s’en convaincre de s’offrir un petit tour du Web. Bien entendu, les organisations opposées à la réforme du statut des enseignants-chercheurs sont omniprésentes sur Internet. Bien entendu, de nombreux sites relaient les communiqués du Snesup, de l’UNEF ou du collectif « Sauvons la recherche ». Bien entendu, aussi, certaines vidéos ont été concoctées et circulent  qui démontent le discours du chef de l’Etat et de sa fidèle ministre.

Mais c’est surtout la droite et ses organisations affiliées qui occupent l’espace. L’UNI, par exemple, s’est jetée dans la bataille déployant, pour l’occasion, tout un matériel de propagande (voir photo ci-dessous). Le syndicat lycéen dit vouloir dénoncer « les mensonges des syndicats et de la gauche » et explique voir dans cette grogne universitaire « un mouvement ultra-politisé ». Un comble pour une organisation étudiante qui affiche fièrement pour slogan : « La droite universitaire »


Après avoir mis en grève Assas et Dauphine, Pécresse recule !

Les comités « Stop la grève » ont aussi été sortis de la naphtaline pour contrer ce fameux mouvement. Et étrangement (sic), ils entonnent mot pour mot le même refrain que l’UNI… Et comme si cela ne suffisait pas, les Jeunes Pop se sont joints au cortège des casseurs de grève. Benjamin Lancar, son dynamique président (sans doute pas autant que le patron des « Vieux Pop »), s’est même fendu d’un appel « aux présidents d’université pour ne pas paralyser les établissements ». Dans ce texte, le responsable des jeunes sarkozystes explique que « les enseignants ne peuvent en aucun cas utiliser le mécontentement actuel pour mobiliser les étudiants contre un projet qui ne les concerne pas » !

 

Oui à la manifestation mais non au retrait des réformes !

Mais la droite a bien raison d’avoir peur de ce mouvement et de déployer tous les moyens possibles pour en venir à bout. Car il y a des signes qui ne trompent pas, qui montrent que la grogne universitaire a très largement franchi les frontières politiques traditionnelles. Ainsi la FAGE (la Fédération des associations générales étudiantes, ndlr) qui s’est toujours présentée comme « indépendante » mais qui n’est pas vraiment connue pour son engagement à gauche, a annoncé qu’elle allait manifester. Dans un communiqué, l’organisation « appelle les étudiants à rejoindre les manifestations du mardi 10 février », sans pour autant exiger le « retrait des réformes sur le statut des enseignants-chercheurs ou sur la masterisation de la formation des maîtres » ! Et d’expliquer qu’elle « souhaite l’ouverture d’une large concertation, notamment sur ces dossiers, avec l’ensemble des acteurs. » Est-ce que c’est suffisamment clair ? Pas vraiment…

En revanche, ce qui l’est, c’est que certains bastions universitaires traditionnellement acquis à la droite sont tombés. Et c’est une nouvelle fois sur le Net, que l’on peut en avoir la preuve. L’université Paris IX, plus connue sous le nom de Dauphine, fairait partie des établissements en grève. Pour le site Universitesenlutte.wordpress.com , ça serait même « la première fois depuis… 1976 » . Difficile à dire si c’est effectivement le cas mais une autre université, encore plus idéologiquement marqué à droite, a été contaminée par la grogne universitaire : Assas ! Son conseil d’administration « en formation restreinte aux enseignants-chercheurs » a adopté, le 4 février dernier, une motion grâce à laquelle il souhaite attirer « l'attention du gouvernement sur les graves conséquences que pourrait avoir pour le fonctionnement du service public la publication du décret dans sa rédaction actuelle. » Si même Assas est aujourd’hui aux mains des socialo-communistes, on comprend mieux pourquoi Valérie Pécresse en a perdu son latin. Voire son calendrier grégorien. Et mieux encore pourquoi le président ne se sentait pas le courage d'aller au baston contre un mouvement élargi à Dauphine et Assas.



Mardi 10 Février 2009 - 07:00

05/02/2009

Le baromètre Marianne du chômage: 4 millions de demandeurs d’emplois

Le baromètre Marianne du chômage: 4 millions de demandeurs d’emplois

Marianne2.fr publie, dans la foulée des chiffres officiels, son évaluation du chômage «réel»: aux 2,114 millions déclarés par l’ANPE s’ajoutent en décembre 1,914 millions de «chômeurs cachés», ce qui mène le total au-delà des 4 millions.



Le baromètre Marianne du chômage: 4 millions de demandeurs d’emplois
Bonne nouvelle : le chômage recule sur un an ! Mauvaise nouvelle : selon le baromètre de Marianne, il a dépassé les 4 millions en décembre 2008. Suivant la méthodologie habituelle de Marianne, ces chiffres combinent les données de l’ANPE (rendues publiques lundi 2 février au soir) et les données du « chômage caché » (temps partiels contraints, chômeurs en préretraite ou en formation, CES, contrats Borloo).

Un effet « blanchiment » du chômage caché ?
Là où le chômage officiel, correspondant à la catégorie 1 de l’ANPE, augmente de 2,21% entre novembre et décembre 2008, le « chômage caché » baisse de 2,11%. Sur une année, l’ANPE déclare une augmentation de 11,44% alors que le nombre de demandeurs d’emplois officieux baisse de 12,50%.


Le baromètre Marianne du chômage: 4 millions de demandeurs d’emplois
Se pourrait-il que, par un phénomène de vases communicants, des « chômeurs cachés » rentrent en catégorie 1 à la faveur de la crise ? Pas vraiment. Sur la période novembre-décembre, les Chèques emploi service et contrats Borloo chutent de 11,46%, soit un peu moins du tiers de la baisse totale de l’année concentrée en un mois. Autrement dit, ce sont les contrats d’insertion des chômeurs de longue durée (contrats Borloo) et les services à domicile qui s’effondrent : peu de chances que ce soit au profit d'emplois stables.

Les temps partiels augmentent en décembre après avoir baissé sur 2008
Le nombre de chômeurs en formation baisse quant à lui significativement sur le dernier mois (-7,52%) alors qu’il avait connu une augmentation nette au courant de l’année (+11,61%). Là encore, difficile de croire qu’ils ont tous quitté leur formation pour un CDI…

Sur l’année, le nombre de chômeurs en préretraite a baissé de presque 20%, une baisse régulière puisqu’elle n’atteint que 0,61% sur le dernier mois. Quant aux chômeurs à temps partiel, qui représentent 1,117 millions des 1,914 millions de chômeurs cachés, leur nombre a baissé sur l’année (-8,94%) mais a augmenté entre novembre et décembre de 0,50%. La crise économique ferait-elle croitre les temps partiels contraints ?

Retrouvez toutes les données du baromètre dans le prochain numéro de Marianne.


Mardi 03 Février 2009 - 13:36

04/02/2009

Avec le NPA, Besancenot veut "changer le monde avant qu'il ne nous écrase"

Avec le NPA, Besancenot veut "changer le monde avant qu'il ne nous écrase"

PARIS, 6 nov 2008 (AFP) - Olivier Besancenot a appelé jeudi à "changer ce monde avant qu'il ne nous écrase", lors du premier meeting parisien du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), dont la fondation officielle en janvier 2009 est selon lui légitimée par une crise mondiale qui n'en est "qu'au début".

"La question qui est posée, c'est de changer ce monde avant que ce monde ne nous écrase", a-t-il affirmé dans une salle de la Mutualité comble et enthousiaste, un public où figuraient de nombreux jeunes. "Ce Nouveau parti anticapitaliste, on n'imaginait même pas à quel point on visait juste quand on lancé cette idée et ce projet", a assuré le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire.

"A l'heure où le capitalisme est en crise, il y a au moins une gauche qui est clairement anticapitaliste et qui le revendique!", a-t-il martelé, au moment même où les militants socialistes votaient pour choisir la nouvelle orientation du PS.

Les délégués des quelque 400 comités locaux du NPA se retrouvent pour une "réunion nationale" ce week-end à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour plancher sur le projet, l'organisation et le nom de cette future formation, dans laquelle la LCR veut se fondre pour "changer d'échelle". Selon la Ligue, environ "11.000 cartes" d'adhérents du futur NPA ont déjà été "commandées par les comités locaux". "On est condamné à chercher autre chose, c'est une question de survie", a lancé M. Besancenot.

"On n'est qu'au début" d'une crise qui "vient du coeur du système", a prédit le jeune postier, toujours très populaire selon les sondages. "Ceux qui nous disent qu'on peut moraliser le capitalisme nous disent n'importe quoi", a-t-il encore estimé, attaquant Nicolas Sarkozy et le gouvernement qui ont "caché la vérité" sur la crise, et réclamant un "service bancaire unifié" public en France et en Europe, l'interdiction des licenciements et une augmentation des salaires.

"Il y a un vrai petit climat qu'il s'agit d'attiser", a-t-il dit, exhortant à la "résistance sociale" et au "combat" contre "la loi des vautours", en citant le révolutionnaire noir américain Malcolm X. tmo/so/bw

 

 

30/01/2009

Par millions en grève et dans la rue : la peur change de camp !

Par millions en grève et dans la rue : la peur change de camp !

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Cette journée de grève et de manifestations unitaires est un grand succès : des grévistes par millions, dans le public comme dans le privé, 2,5 millions de salariés dans les rues de toutes les grandes villes avec des cortèges souvent plus gros que ceux de décembre 1995 ! L'exaspération de voir les conditions de vie se dégrader sans cesse, la colère face au cynisme des profiteurs et des gouvernants à leurs service ont débouché sur un tsunami social.

Début juillet, Sarkozy n'a pas pu s'empêcher de faire le malin en disant que lorsqu'il y avait des grèves dans ce pays, on ne s'en apercevait pas. Aujourd'hui, c'est lui qu'on n'a pas entendu. Et la peur a changé de camp. Ils essayent de faire profil bas maintenant en espérant que l'orage passe. Pas question d'en rester là ! Pas question de payer leur crise ! Pour faire reculer le gouvernement et le patronat, pour empêcher la casse des services publics, bloquer les licenciements, imposer l'augmentation des salaires et des pensions de retraite, il faut un mouvement prolongé, il faut la grève générale ! Préparons là ensemble.

 

 

source :

http://www.npa2009.org/

28/01/2009

"Ce n'est pas à la population de payer la crise !"

"Ce n'est pas à la population de payer la crise !"



Déclaration unitaire à gauche: une "motion de censure sociale et politique"(Besancenot)

PARIS, 27 jan 2009 (AFP) - Olivier Besancenot du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a estimé mardi que la déclaration unitaire de dix partis de gauche pour soutenir la mobilisation sociale de jeudi constituait une"motion de censure sociale et politique" contre le gouvernement.

Dix organisations de gauche, dont le NPA, le Parti communiste français(PCF), le Parti de Gauche (PG) et les Alternatifs, ont signé ce week-end un texte de soutien aux manifestations et grèves de jeudi, intitulé "ce n'est pasà la population de payer la crise". Le Parti socialiste et Lutte ouvrière (LO), qui avaient été invités aux réunions préparatoires à ce document commun, n'ont pas répondu à l'appel,selon le NPA.

"Cette semaine, avec la grève générale du 29 janvier, est une étape sociale et aussi une étape politique par rapport à la politique du gouvernement", a affirmé M. Besancenot, au côté de Jean-Luc Mélenchon (PG) et de PatrickBraouezec (PCF), lors d'une conférence de presse réunissant l'ensemble des organisations signataires.MANIF9.thumbnail.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Au moment où la droite attaque sur le service minimum, on attend que la gauche politique et sociale fasse le service maximum", a-t-il ajouté. Pour lui, "le sens de notre déclaration commune, c'est une motion de censure sociale et politique pour dire notre ras-le-bol de la politique du gouvernement et dire qu'aujourd'hui ce qu'on réclame, c'est des augmentations de salaires, des conditions de travail décentes et l'arrêt des licenciements". Sans avoir la "prétention de se substituer aux luttes sociales" mais jugeant "important de montrer que politiquement, on soutient cesmobilisations", M. Besancenot a souhaité que "le front commun de soutien aux luttes soit continu, perpétuel" à un moment où "le gouvernement cherche un tout petit peu à criminaliser les mobilisations sociales". Mais "on n'est pas réunis pour discuter d'un front électoral" pour les Européennes de juin, a-t-il précisé, soulignant que cette question serait tranchée lors du congrès du NPA (6-8 février).

Pour M. Mélenchon, "un nouveau paysage est en train de se dessiner dans notre pays". Ce document commun est un "évènement" et un "texte de référence",a souligné le sénateur et fondateur du PG. Mais "il ne faut pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas", a-t-il précisé,tout en espérant que cette position commune, "tellement encourageante", "se traduise en front politique pour les Européennes". "L'idée d'un front de l'autre gauche avance", s'est-il félicité, "même si les élections, c'est loin".

Une nouvelle réunion des organisations de gauche, où seront à nouveau conviés PS et LO, est prévue le 3 février au siège du Parti communiste pour décider des suites à donner à cette mobilisation.

source NPA


 

Le 29 janvier, première grève politique

Le 29 janvier, première grève politique

La mobilisation du 29 janvier sera générale. Pas de corporations à défendre ou de mesures à attaquer. Les grévistes seront dans la rue pour que le gouvernement agisse concrètement face à la crise. De la à dire que la troupe de Fillon prendra ses responsabilités...

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La mobilisation du 29 janvier prochain sera d'une nature différente des grandes grèves qui l'ont précédée. Pour une fois, il ne s'agira pas d'un mouvement corporatiste destiné à promouvoir quelques revendications catégorielles sous couvert de défense du service public, ni d'un mouvement rétif contre une réforme qui aura été le bouc émissaire de toutes frustrations et le vecteur de tous les fantasmes.

Il s'agira d'une grève politique. Au sens noble du mot. Une grève destinée à réveiller le peuple des citoyens et à faire pression sur le gouvernement pour l'inciter à agir concrètement et efficacement face à la crise. Jamais on n'aura vu dans l'histoire récente un mouvement syndical (et espérons le populaire) aussi profondément positif.

Un grand réalisme économique et des propositions modérées
On pourrait craindre en pareille situation que les centrales syndicales cherchent à cristalliser les angoisses et les mécontentements par des revendications démagogiques ou extrémistes. Il n'en est rien ! Le texte unitaire que l'on trouve sur le site de Slovar (et reproduit ci-dessous) est au contraire inspiré par un grand réalisme économique et porte des propositions extraordinairement modérées : Conditionnalité des aides publiques, gel des suppressions d'emplois publics, incitations au développement d'accords salariaux, approfondissement de la relance économique en n'oubliant pas la demande notamment des catégories modestes, mise en œuvre des objectifs du grenelle de l'environnement par un ambitieux programme d'investissements publics, réforme du capitalisme financier, moralisation du commerce mondial…

Même notre président de la République aurait pu signer ce texte, tant il semble inspiré par ses propres discours. Il ne s'agira pas d'un mouvement de défiance à l'égard du gouvernement, mais plutôt d’une invitation adressée à celui qui se veut le grand refondateur du système économique mondial, à enfin passer des beaux discours aux actes !

La crise est grave car globale, systémique et structurelle. Elle appelle des mesures profondes, courageuses et structurantes, qu'aucun gouvernement au monde ne pourra conduire sans pression populaire forte.

« Tout sera fait pour minimiser la crise et les remises en cause »27885a-semaine_sociale_35_heures_retraites_et_journee_d_action_cgt_cfdt_au_programme.jpg
Au sein des cercles dirigeants aujourd'hui, tout sera fait pour minimiser la crise et les remises en cause, dans l'espoir que tout reparte comme avant. Néanmoins, la crainte devant les réactions des peuples prend de l'ampleur. Ils l'attendent, la craignent et feront tout pour l'éviter, ainsi que l'avait dit Guaino par cette phrase extraordinaire prononcée après le G20 (citée par Marianne) : « Seule une révolte des classes moyennes nous obligera à aller plus loin. »

Le conseiller spécial a d'ailleurs récidivé ce week-end en plaçant clairement l'action gouvernementale sous la pression populaire : « On sent poindre partout une révolte des classes populaires et des classes moyennes contre des inégalités de rémunération qui ont atteint des niveaux jamais vus depuis le XIXe siècle. Alors, à chacun de prendre ses responsabilités. S'il le faut, le gouvernement prendra les siennes. »

La révolte des peuples est aujourd'hui clairement le seul moteur du changement possible.

Nicolas Sarkozy souligne à chacune de ses interventions le caractère éruptif de la nation française ou son caractère régicide. Des émeutes ont déjà eu lieu en Grèce et en Estonie. D'autres suivront. La France, le pays le plus révolutionnaire d'entre tous, est un naturellement un candidat de premier choix pour l'explosion sociale généralisée.

2620174688-crise-violente-manifestation-contre-le-gouvernement-en-islande.jpgNous n'en sommes naturellement pas encore là. L'heure n'est ni à l'émeute, ni à la révolution, mais la colère pourrait monter d'un cran dans les prochaines semaines si le discours officiel persiste dans son discours d'impuissance.

Les contradictions d'un système
Le motif invoqué pour refuser toute relance par la demande – et donc toute relance tout court - met en lumière les contradictions du système et donc la nécessité de le réformer en profondeur :  « La relance par la consommation serait une erreur économique. Le pouvoir d'achat distribué servirait surtout à acheter des produits importés. La question est de savoir si l'argent du contribuable doit servir à sauver nos emplois ou ceux des autres. » (Toujours Guaino).

Voilà donc un système qui a encouragé la délocalisation de la production comme un facteur de modernisation de l'économie sous couvert de course à la « compétitivité », et qui maintenant que la demande fait défaut partout dans le monde, refuse de la soutenir au motif que ça fera travailler l'étranger !

Au chapitre des contradictions, on pourrait également évoquer celle qui oppose la stigmatisation des profits délirants et de l'économie spéculative qui gagne jusqu’aux discours officiels ;  et ces publicités pour les banques qui envahissent les ondes pour promettre des rendements de l'épargne toujours plus élevés !

Les gouvernants ont compris que le système ne repartira pas tout seul tant il est épuisé par ses propres contradictions.

Les peuples commencent à comprendre que sa réforme exigera une énergie et un courage hors de portées de leurs dirigeants, et qu'il ne se passera rien sans une pression croissante de leur part.

Le 29 janvier, en grève ou en RTT, mais tous dans la rue !

Mardi 27 Janvier 2009 - 15:57
 
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