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17/08/2009

Il n’y a pas de récession

Il n’y a pas de récession : C’est une démolition programmée

Le crédit ne coule pas à flots. En fait, le crédit se contracte. Et lorsque le crédit se contracte dans une économie basée sur la consommation, de vilaines choses arrivent. Les investissements des entreprises chutent, le chômage monte en flèche, les revenus plongent et le PIB rétrécit. La FED a dépensé plus d’un trillion de dollars pour tenter d’obtenir des consommateurs qu’ils empruntent à nouveau, mais sans succès. Les moteurs du crédit aux Etats-Unis tournent au ralenti.

Il n’y a pas de récession : C’est une démolition programmée
Par Mike Whitney
CounterPunch, le 13 août 2009
article original "It's a Planned Demolition. There is No Recession"

ben-bernanke-money-thumb.jpgLe président de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, a augmenté les excédents de réserves dans le système bancaire de 800 milliards de dollars, mais les prêts sont toujours très faibles. Les banques amassent du capital afin de faire face aux pertes causées par les actifs toxiques, par les prêts non performants et une bulle de l’immobilier commercial s’élevant à 3.500 milliards de dollars, qui suit à celle des logements jusqu’aux latrines. Voilà pourquoi le nombre de faillites bancaires s’accélère. 2010 sera encore pire ; la liste s’allonge. C’est une véritable boucherie ! Les critères pour obtenir un prêt ordinaire sont devenus plus sévères, tandis que la réserve d’emprunteurs qualifiés et solvables s’est réduite comme peau de chagrin. Cela signifie moins de crédit pour alimenter le système. Le système bancaire de l’ombre a été entravé par le gel de la titrisation et ne fournit qu’une portion insignifiante du crédit nécessaire pour faire croître l’économie. Les initiatives de Bernanke n’ont pas fait la moindre différence. Le crédit continue de s’assécher.

Le S&P 500 [l’indice élargi de la bourse de New York] a augmenté de 50% depuis ses plus bas de mars dernier. Les financières, le commerce de détail, les matériaux de construction et les industrielles font la course en tête. C’est un rallye boursier dans un marché baissier, sur « signe de reprise » alimenté par le « Quantitative Easing »[1] de la FED, qui fait entrer de force des liquidités dans le système et qui fait monter les actions. La même chose s’est produite pendant la Grande Dépression. Les actions ont bondi après 1929. Ensuite, la tendance dominante a repris le dessus et entraîné le Dow dans une chute de 89% par rapport à ses plus hauts précédents. Les plus bas de mars du S&P seront à nouveau testés avant que la récession ne soit terminée. Un effet de levier inversé est en cours dans tout le système. L’économie se recale à un niveau plus faible d’activité.

Personne ne se laisse abuser par les feux d’artifices tirés par Wall Street. La confiance du consommateur continue de chuter. Tout le monde sait que les choses vont mal. Tout le monde sait que les grands médias mentent. Les restaurants et les centres commerciaux sont vides, le nombre de sans-abri augmente à vitesse grand V et même les grands magasins et les hypermarchés ont stoppé les embauches. Les uniques « signes de reprise » sont à Wall Street, où tout le monde touche des subventions de la part d’Oncle Sam.

helicopterbernanke.jpgBernanke a frappé un grand coup. Il a abaissé les taux d’intérêt jusqu’à zéro, installé une protection de 13.000 milliards de dollars pour l’ensemble du système financier, étayé les institutions financières insolvables et monétisé 1.000 milliards de dollars des titres adossés aux crédits hypothécaires et à la dette souveraine du gouvernement des Etats-Unis. Rien n’a marché. Les revenus chutent, les banques réduisent les lignes de crédit, l’épargne retraite a été divisée par deux et les pertes sur les investissements immobiliers continuent de s’accumuler. Les niveaux de vie ne peuvent plus être maintenus artificiellement par les cartes VISA ou du Diner’s Club. La dépense des ménages ne repose plus que sur un seul salaire. Voilà pourquoi les ventes de détail, les voyages, l’amélioration de l’habitat, les articles de luxe et les hôtels connaissent une baisse à deux chiffres. L’argent s’est raréfié.

Selon Bloomberg :

« Les emprunts de la part des consommateurs américains ont chuté en juin pour le cinquième mois consécutif alors que le taux de chômage a augmenté, que l’obtention de prêts est resté difficile et que les ménages ont remis à plus tard leurs achats majeurs. Selon le rapport de la Réserve Fédérale publié lundi à Washington, le crédit à la consommation a chuté de 10,3 milliards de dollars – soit 4,92 % en rythme annuel – à 2,5 trillions de dollars. Cette série de déclin est la plus longue depuis 1991.

« Un taux de chômage proche de son plus haut en 26 ans, des revenus qui stagnent et des logements dont la valeur chute veulent dire que la dépense des consommateurs… prendra du temps pour se redresser lorsque la récession s’atténuera. Les revenus ont atteint leur plus bas depuis quatre ans, en juin dernier, alors que les anciens transferts sociaux du plan de stimulation de l’administration d’Obama se sont taris et que le chômage est attendu au-dessus de 10% l’année prochaine avant de refluer. »

Quel désastre ! La FED a assumé des pouvoirs presque dictatoriaux pour combattre un monstre qu’elle a elle-même créé et elle n’est arrivé à rien. L’économie réelle est toujours au quatrième dessous. Bernanke n’a rien obtenu avec ses taux d’intérêt à zéro pour-cent. Son programme de monétisation (« Quantitative Easing ») n’a eu pour résultat que de faire fuir les étrangers. Vendredi dernier, voici ce que Marketwatch rapportait :

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« Les gros courtiers en obligations disent que la Réserve Fédérale permettra probablement à son programme d’achat de bons du trésor, pour un montant de 300 milliards de dollars, de s’arrêter au cours des six prochaines semaines alors que les signes d’un redressement de l’immobilier poussent la banque centrale à désengager ses interventions les plus agressives et les plus inhabituelles dans les marchés financiers. »

Bien. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui pense que le marché de l’immobilier se redresse ? Au cours du premier semestre, il y a déjà eu 1,9 millions de saisies de logements.

La FED délaisse la planche à billet (sans doute) parce que les Chinois ont dit à Geithner de cesser d’imprimer des billets, sinon ils vendront leur Bons du Trésor. C’est une mise en garde en direction de Bernanke pour lui signifier que le pouvoir se déplace de Washington vers Pékin.

Cela met Bernanke dans le pétrin. S’il arrête de faire tourner la planche à billets, les taux d’intérêt monteront en flèche, les actions s’effondreront et le prix des logements dégringolera. Mais s’il continue à la faire tourner, la Chine se débarrassera de ses Bons du Trésor et il y aura une ruée spéculative sur le dollar. Que faire ? Dans les deux cas, le malaise sur les marchés du crédit persistera et la consommation continuera de bafouiller.

Le problème de base est que les consommateurs croulent sous une montagne de dettes et qu’ils n’ont pas d’autre choix que de réduire leurs dépenses et de commencer à épargner. Actuellement, le ratio dettes sur revenu disponible est de 128%, juste un poil en dessous de son plus haut jamais enregistré en 2007, à 133%. Selon la Banque de Réserve Fédérale de San Francisco (FRBSF), dans sa lettre économique intitulée L’effet de levier inversé pour les ménages américains et la croissance future de la consommation :

imgname--the_bernankeobama_dance---50226711--Bernanke1.jpeg« La combinaison d’une dette plus élevée et d’une épargne plus faible a permis aux dépenses des consommateurs de croître plus vite que le revenu disponible, apportant une stimulation importante de la croissance économique aux Etats-Unis pendant une certaine période. Cependant, sur le long terme, la consommation ne peut pas croître plus vite que les revenus, parce qu’il y a une limite maximale à la quantité de dettes qu’un ménage peut servi, en fonction de ses revenus. Pour de nombreux ménages américains, les niveaux actuels d’endettement semblent trop élevés, comme le prouve l’augmentation brutale des défauts de paiement et des saisies ces dernières années. Pour atteindre un niveau soutenable d’endettement par rapport à leurs revenus, les ménages pourraient avoir besoin d’endurer une période prolongée d’effet de levier inversé, où la dette est réduite et l’épargne est augmentée. « Dans le futur, il semble probable qu’un grand nombre de ménages américains réduiront leur dette. Si cela s’accomplit au moyen d’une épargne accrue, le processus d’effet de levier inversé pourrait résulter en un ralentissement important et prolongé de la dépense des consommateurs en comparaison aux taux de croissance d’avant la récession. » (“U.S. Household Deleveraging and Future Consumption Growth, de Reuven Glick et Kevin J. Lansing, FRBSF Economic Letter")

Une lecture attentive de la Lettre Economique de la FRBSF montre pourquoi l’économie ne rebondira pas. C’est mathématiquement impossible. Nous avons atteint un pic de crédit ; les consommateurs doivent réduire leur exposition à la dette et rapiécer leurs bilans. La richesse des ménages s’est évaporée de 14 trillions de dollars depuis le début de la crise. La valeur des logements a chuté de 41% (un nouveau plus bas) et les sans-emploi sont de plus en plus nombreux. La Deutsche Bank prédit que d’ici 2011 48% de tous les propriétaires ayant un crédit hypothécaire seront sous l’eau. Au fur et mesure que la valeur des logements baisse, les banques resserreront le crédit accordé à ces propriétaires et les saisies se multiplieront.

Le comité de direction du FMI ne partage pas le point de vue optimiste de Wall Street pour le futur, la raison pour laquelle il a publié un mémo qui déclarait ceci :

« Les directeurs [du FMI] ont observé que cette crise aura d’importantes implications pour le rôle des Etats-Unis dans l’économie mondiale. Il est peu probable que le consommateur américain jouera le rôle d’ « acheteur mondial de dernier recours » - d’autres régions du monde devront jouer un rôle accru pour soutenir la croissance mondiale. »

Les Etats-Unis ne sortiront pas de cette récession comme le centre de la demande mondiale. Cette époque est révolue. Le monde change et le rôle des Etats-Unis s’amoindrit. Au fur et à mesure que les marchés américains seront de moins en moins attirants pour les exportateurs étrangers, le dollar perdra sa position de devise de réserve mondiale. Comme va le dollar, va l’empire. Vous voulez un conseil : Apprenez le mandarin !

Emploi défaillant : un redressement qui n’en est pas un

Les chiffres de l’emploi pour le mois de juillet ont été meilleurs que prévus (négatifs de 247.000), portant le taux de chômage de 9,5% à 9,4%. C’est bien. Les choses empirent à un rythme plus faible. Mais ce qui est étonnant dans les chiffres du Bureau du Travail est qu’il n’y a aucune hausse des emplois dans quelque secteur économique que ce soit. Aucun signe de vie. L’externalisation et la délocalisation se poursuivent et rétrécissent la voie vers la profitabilité. Voilà pourquoi les revenus baissent tandis que les profits augmentent. Partout, les entreprises anticipent une demande plus faible. Le rapport qui a été publié sur l’emploi est un événement exceptionnel : une accalmie dans la tempête avant que les licenciements ne reprennent.

Le chômage augmente, les salaires baissent et le crédit se contracte. Tout l’argent afflue vers les gangsters qui se trouvent aux commandes. Voici un extrait d’un article récent de Don Monkerud qui résume tout :

« Durant les huit années de l’Administration Bush, les 400 Américains les plus riches, qui possèdent désormais plus que les 150 millions d’Américains les plus pauvres réunis, ont accru leur richesse nette de 700 milliards de dollars. En 2005, les 1% les plus riches captaient 22% du revenu national et les 10% les plus riches, la moitié du revenu total, la plus grande proportion depuis 1928.

« Plus de 40% du PIB provient des 500 plus grosses entreprises. Selon le World Institute for Development Economics Research, les 500 plus gros conglomérats des Etats-Unis « contrôlent les deux tiers des ressources des entreprises, emploient les deux tiers de la main d’œuvre industrielle, comptent pour 60% des ventes et collectent 70% des profits. »

r228531_909709.jpg… En 1955, les chiffres des services fiscaux indiquaient que les 400 personnes les plus riches des Etats-Unis pesaient en moyenne 12,6 millions de dollars, en dollars courants. En 2006, les 400 personnes les plus riches pesaient en moyenne 263 millions de dollars de plus, représentant, aux Etats-Unis, un déplacement énorme de richesse vers le haut. » ("Wealth Inequality destroys US Ideals" [L’inégalité en matière de richesse détruit l’idéal américain] Don Monkerud, consortiumnews.com).

Ce n’est pas par accident que les travailleurs sont pas écrasés, ils le sont selon un plan. C’est la façon dont le système est conçu pour fonctionner. Bernanke sait qu’une demande soutenue nécessite des salaires plus élevés et une classe moyenne indispensable. Mais Bernanke travaille pour les banques, ce qui explique pourquoi la politique monétaire de la FED reflète les objectifs de la classe des investisseurs. Une économie basée sur des bulles n’est pas la voie vers une économie forte et durable, mais c’est un outil efficace pour déplacer la richesse d’une classe vers l’autre. Le boulot de la FED est de faciliter cet objectif, ce qui explique pourquoi l’économie va à vau-l’eau.

Le krach de l’économie est la conséquence logique de la politique monétaire de la FED. Voilà pourquoi c’est une erreur de dire que l’effondrement actuel est une « récession ». Ce n’en est pas une. C’est une démolition programmée.

Traduit de l'anglais (US) JFG-QuestionsCritiques

Source :

http://www.alterinfo.net/Il-n-y-a-pas-de-recession-C-est-...

12/03/2009

Dépréciation d’actifs

Dépréciation d’actifs : le pire est à venir

fmi_sigle.jpgLe FMI estimait fin janvier que les pertes sur les actifs détenus par les banques américaines dépassaient les 2000 milliards de dollars. Au vu des dernières informations, ces pertes pourraient se révéler deux fois plus importantes, compte tenu de la mécanique infernale entre dépréciations d’actifs financiers, dégradation de la conjoncture économique, et implosion des produits structurés hérités de la période de la bulle. Chronique d’une catastrophe annoncée.

L’agence de notation Standard & Poor’s vient de mettre sous surveillance négative l’équivalent de plus de 550 milliard de dollars d’actifs financiers adossés à des crédits hypothécaires américains, appelés Alt-A. Cette catégorie de crédits hypothécaires est intermédiaire entre les crédits subprime, les plus risqués, et les crédit, prime, qui constituent l’essentiel des crédits immobiliers accordés aux ménages solvables.

Cette décision pourrait déboucher rapidement sur une dégradation de la notation de ces actifs, en raison de la chute continue des prix immobiliers aux Etats-Unis. Il y a un mois, S&P avait déjà remis sous surveillance négative l’équivalent de 427 milliard de dollars d’actifs adossés à des crédits subprime, dont la notation avait été fortement dégradée. Au total c’est donc près de 1000 milliards de dollars d’actifs supplémentaires adossés à des crédits hypothécaires qui pourraient être dégradés très prochainement, ajoutant de nouvelles pertes aux bilans des grandes banques américaines et européennes.

Mais on est encore loin du compte, et le pire est à venir.

Avec l’entrée plus que probable de l’économie mondiale en récession en 2009 - du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale ! - , les défauts de paiement vont commencer à se multiplier sur tous les types de crédit accordés aux particuliers et aux entreprises. Les banquiers qui avaient "poussé à la consommation" de crédits pendant les années fastes, pour gonfler leurs bonus de fin d’année, vont se retrouver "collés" avec des montagnes de créances défaillantes.

 

cds-par-pays-16-02-09.jpg
Toutes les structures complexes à fort effet de levier, montées dans l’euphorie et la précipitation, les ABS (Asset Backed Securities), les CDO (Collateralized Debt Obligations), les CLO (Collateralized Loans Obligations) et autres CPDO (Constant Proportion Debt Obligations), sont entraînées dans un cycle infernal de dépréciation, à mesure que les actifs sous-jacents à ces structures (crédits hypothécaires, cartes de crédit, prêts étudiants, dette LBO, crédits syndiqués, etc) sont touchés par la crise.

Les pertes sur ces structures sont, en outre, amplifiées par le phénomène du "tranchage" qui concentre les risques dans les tranches les plus mal notées, et par un phénomène non anticipé de "recorrélation" entre les différentes tranches, qui dégrade l’ensemble de la structure dès lors qu’une partie est atteinte. C’est l’équivalent financier du phénomène de "résonance" qui provoque la destruction spéctaculaire de certains ouvrages d’art (ponts, tunnels), suite à une répétition de petits chocs ponctuels. La résonance atteint aujourd’hui l’ensemble du système financier.

CDS_5_b.jpgAjoutez à cela que ces structures complexes ont été, en partie, acquises par des investisseurs (hedge funds notamment) qui se sont fortement endettés pour accroître leur gain potentiel, et vous avez une idée de la réaction en chaîne qui s’enclenche : dépréciations des actifs, pertes multipliées par l’effet de levier, ventes forcées en catastrophe sur un marché illiquide, nouvelles dépréciations d’actifs, et ainsi de suite. Les caisses de retraite qui avaient aussi investi dans ces actifs - réputés sans risque -, font alors jouer des assurances - appelées CDS (Credit Default Swaps) - contractées auprès de grandes sociétés comme AIG, elles mêmes en pleine déroute aujourd’hui. L’effet domino s’enclenche. Comme dans une tragédie antique, les différents protagonistes accélèrent leur chute collective en essayant d’y échapper individuellement.

Fin janvier 2009, le FMI estimait dans une note que les actifs compromis détenus par les banques américaines dépassaient les 2000 milliards de dollars, après avoir annoncé un premier chiffre de 1200 milliards de dollars en octobre 2008. Au vu des dernières nouvelles sur le front macroéconomique et sur le front financier, le FMI pourrait très rapidement revoir sa copie. D’ici la fin de l’année, les dépréciations d’actifs liés à des crédits compromis pourraient atteindre 3000 à 4000 milliards de dollars, rien qu’aux Etats-Unis. Un chiffre à méditer, surtout quand on sait que c’est le contribuable qui paiera la note finale.

A Kateb

06/03/2009

La bulle du Credit Default Swaps prete à exploser

La chienlit financière n’est pas finie…

Les institutions financières chutent les unes après les autres, contraignant les États à injecter sans cesse des dizaines de milliards de dollars (ou d'euros) pour assurer leur survie. Dernier exemple en date? AIG.



(photo : Gene Hunt - Flickr - cc)
(photo : Gene Hunt - Flickr - cc)
100 milliards de dollars : c’est le montant de la perte d’AIG en 2008, soit quasiment l’équivalent de son chiffre d’affaires. Après avoir déjà injecté 150 milliards, l’Etat est contraint à une rallonge de 30 milliards. Résultat, les bourses du monde entier s’effondrent depuis quelques jours.

La barbarie financière
Après avoir imposé aux entreprises des niveaux de rentabilité destructeurs pour l’emploi et le pouvoir d’achat, le monde financier impose aux gouvernements du monde entier des plans de soutien colossaux. Parce que leur écroulement pourrait entraîner une crise encore beaucoup plus grave, l’Etat Américain a été contraint de donner 180 milliards de dollars à l’assureur AIG, chiffre assez surprenant car il est presque deux fois supérieur aux pertes de l’entreprise. Les Etats ont déjà injecté environ 1000 milliards de dollars dans les institutions financières depuis le début de la crise et le total pourrait encore doubler ou tripler.

Les raisons de la chute d’AIG sont les CDS (Credit Default Swaps), des contrats assurant tout risque de perte d’actifs ou de prêts pour les souscripteurs. À ce titre, AIG percevait une prime proportionnelle à la valeur du bien garanti. En revanche, l’entreprise n’avait pas mis de côté le moindre dollar pour couvrir les éventuelles pertes. L’explosion de la bulle immobilière et l’effondrement boursier consécutif ont provoqué le déclenchement de ces contrats ruinant alors l’assureur américain peu prévoyant.

L’anarchie financière qui s’est renforcée depuis des années a permis à de nombreuses entreprises et à de nombreux dirigeants de réaliser des profits et des bonus colossaux depuis des années. Mais une fois le château de cartes effondré, ce sont bien les contribuables qui se retrouvent contraints de sauver cette finance qui les a pourtant si souvent étranglés dans le passé. Le système néolibéral aboutit finalement à une privatisation des profits et une collectivisation des pertes.

Une réforme de la finance encore lointaine
Malgré l’énormité des excès commis, les dirigeants de la planète ne semblent pas vraiment se diriger vers une véritable réforme de la finance. Comme le dit Pierre-Antoine Delhommais dans le Monde à propos de la réunion du G20 à venir : « On y dira du mal des paradis fiscaux - sans les supprimer -, des agences de notation - sans remettre en cause leur existence -, on s'engagera à mieux superviser les hedge funds - sans les interdire - et à mieux réguler les activités des banques - sans les contrôler entièrement. »

Pourtant, de nombreux auteurs proposent de nouvelles idées pour sortir de cette anarchie économique qui ne mène qu’au chaos. Sébastien Duchêne évoque les pistes intéressantes de Michel Aglietta pour donner de nouveaux objectifs à la politique monétaire, en prenant davantage en compte l’inflation des actifs. D’autres évoquent la Taxe Tobin ou la révision des ratios prudentiels, qui n’avaient de « prudentiels » que le nom. Malheureusement, ces réformes ne semblent pas à l’ordre du jour du G20.

L’énormité chaque jour plus apparente de la catastrophe économique est peut-être le seul espoir que nous avons pour que le système économique et financier soit réformé. Mais, à aujourd’hui, les dirigeants de la planète ne semblent pas très avancés dans leur réflexion.

Source : http://ecofi.blog.lemonde.fr/2009/02/24/les-banques-centr...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03...

Mercredi 04 Mars 2009 - 14:59
Laurent Pinsolle
 
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