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19/02/2009

Sarkozy débordé par la crise sociale!

Sarkozy débordé par la crise sociale!

Par Juan. Il ne l'avait pas prévue. Il ne la maîtrise pas. Pire : il doit céder devant elle. La crise économique, c'est le cauchemar de Sarko.



(Photo 58134-flickr-cc)
(Photo 58134-flickr-cc)

Pour la seconde fois ce mois-ci, Nicolas Sarkozy est intervenu à la télévision. Une grosse dizaine de minutes pour tenter de masquer l'irréparable : le chef de l'Etat est débordé par la crise sociale. Idéologiquement, politiquement, sociologiquement. Il a dû céder sur le fond, mais à aucun moment il n'a voulu reconnaître sa défaite.

Il est 20 heures ...
Sarkozy apparaît à l'écran, costume sombre, chemise blanche, cravate noire. Qui enterre-t-on ce soir ? Il lâche un soupir avant de démarrer son allocution: «Nous sommes au milieu de la crise.» Visiblement, il a des informations que nous n'avons pas. Sarkozy s'abrite derrière une belle excuse, «la France résiste plutôt mieux qu'ailleurs». Il omet de dire qu'il n'a pas eu le temps de détruire, en 19 mois de présidence, tous les filets qui nous protègent encore. Pendant quelques minutes à peine, Sarkozy tente de faire oublier sa capitulation. Il récuse toute «politique de facilité» et pense à «nos p'tites entreprises». Pourquoi faut-il que l'ex-maire de Neuilly avale ses syllabes pour faire «populo» ? Quelques minutes plus tard, il lâche sa première contradiction, en parlant de cette «crise mondiale dont personne ne peut prévoir jusqu'à quand elle durera». On croyait en être à la moitié...

Exercice difficile pour celui qui voulait botter les fesses des fainéants et remettre la France au travail, il a dû lâcher. Le voici qui égrène ses mesures sociales et parle de «l'esprit de justice».

592377.jpgSarkozy cède...
Le chef de l'Etat chiffre donc ses mesures à 2,6 milliards d'euros. Près de deux fois plus que le Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch. A peine un tiers du soutien quasi-bancaire accordé à Renault et PSA, la veille de l'annonce par ce dernier de 6 à 7 000 suppressions de postes en France cette année...

Nicolas Sarkozy s'est mis en première ligne. Point de fusible. Par ses annonces, il court-circuite tantôt le Parlement, tantôt les partenaires sociaux, tantôt le gouvernement. Faut-il que le roi soit nu... ou narcissique !

  • Sarkozy remplace le Parlement, quand il décide la suppression des deux tiers restants de l'impôt sur le revenu restant à acquitter pour 4 millions de foyers fiscaux imposables dans la première tranche d'imposition. La belle annonce ! La justice fiscale de ce pays repose (principalement) sur la progressivité de l'impôt sur le revenu. Sarkozy aurait pu décider une baisse de la TVA ciblée sur les biens vitaux, comme la nourriture ou le chauffage.
  • Sarkozy remplace encore le Parlement quand il promet que les syndicats seront désormais associés aux contrôles des aides publiques aux entreprises en difficultés.
  • Sarkozy remplace son gouvernement quand il annonce le versement d'une prime exceptionnelle de 500 euros à tous les chômeurs ayant travaillé seulement deux mois, et d'une prime de 150 euros pour les 3 millions de familles bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire; ou l'octroi de bons d'achat pour 200 euros de services à la personne pour 1,3 millions de ménages modestes (bénéficiaires d'aide à domicile, chômeurs retrouvant un emploi, etc); ou la création d'un obscur fonds d'investissement social doté jusqu'à 3 milliards d'euros pour financer des actions d'«emploi et de formation» pour les salariés en difficulté.
  • Sarkozy remplace les partenaires sociaux quand il décide de porter à 75% du salaire brut l'indemnisation des salariés au chômage partiel.
  • Sarkozy a enfin eu la «révélation», celle de l'«esprit de justice», 5 mois après avoir distribué ou garanti des centaines de milliards d'euros à tout ce que compte le pays de grandes entreprises en difficulté... Les dirigeants de sociétés bénéficiant de soutien public devront renoncer à leur bonus et s'engager à former et recruter... Amen !
Le président botte cependant en touche sur certains sujets qui fâchent : il joue au gauchiste en déclarant qu'une «partie» des «50 milliards d'euros de dividendes des entreprises du CAC 40» pour 2008 doit revenir aux salariés. Et il demande aux partenaires sociaux d'en discuter, sinon,«l'Etat prendra ses responsabilités», sans préciser lesquelles.

«La justice, ce doit être une priorité en ce moment».

Une vraie révélation... non ?

7 minutes se sont écoulées, il n'a pas parlé de la Guadeloupe

... mais masque.
Le président préfère recouvrir ces mesures, si contraires à son programme, d'un traditionnel vernis de campagne : il pense «à ceux qui travaillent dur pour faire vivre leurs familles» ; il ajoute qu'«il faut continuer à revaloriser le travail». Il clame encore que remettre «la valeur travail au coeur de notre économie est une nécessité». Le voici même qui rappelle et menace : «les réformes doivent continuer», et notamment celles de l'hôpital, des lycées, des universités, de la formation professionnelle. Pire, l'Etat est «devenu trop lourd». Tel un fauve blessé, il crie encore qu'il nous propose «le seul chemin qui vaille», "«celui de l'effort, de la justice, du refus de la facilité.»

nicolas-sarkozy-est-mort.jpgLa messe est dite. Sarkozy est le Chirac autiste de décembre 1995.

Il est bientôt 20h10, Nicolas Sarkozy n'a pas parlé de la Guadeloupe. C'est normal, «aujourd'hui c'était ma réponse» aux inquiétudes sociales, prévient-il. Les Antilles, c'est demain. Jusqu'au bout, il veut montrer qu'il maitrise l'agenda, qu'on ne lui impose rien. Les Antillais attendront bien 24 heures de plus.

La crise économique a sonné le glas du programme présidentiel idéologique. Élu sur le thème fameux «travailler plus pour gagner plus», Nicolas Sarkozy avait déjà battu retraite il y a un an, un jour de janvier 2008 quand il avouait devant des journalistes souriants que «les caisses étaient vides». Il y a 5 mois, quasiment jour pour jour, la banque Lehman Brothers disparaissait. On a attendu Nicolas Sarkozy 10 jours durant, avant qu'il ne réagisse à Toulon fin septembre. Le monarque était tétanisé par une crise qui le dépasse et qu'il a aggravée. Depuis 5 mois, il résiste. Il avait fait la réponse traditionnelle de la droite face à la crise : il faut sauver les entreprises pour sauver vos emplois. C'était «le plan de relance par l'investissement» .
Mercredi 18 février, il a cédé. Il a dû jouer «social» et mettre un genou à terre.

Un genou seulement.


Jeudi 19 Février 2009 - 07:00

17/02/2009

Crise du capitalisme ou pulsion de mort ?

Crise du capitalisme ou pulsion de mort ?

Né de la rencontre des économistes Gilles Dostaler et Bernard Maris, Capitalisme et pulsion de mort (Albin Michel) synthétise les conclusions de Freud et Keynes sur l'économie moderne basée sur l'accumulation, la destruction... et la jouissance qui en découle ! Un brillant ouvrage sur les ressors profondément humains de la crise dont Bernard Maris nous livre un résumé.

Qui se souvient que dans sa célèbre Théorie générale de l'emploi, John Maynard Keynes recommandait « l'euthanasie des rentiers ? Paru en 1936, sur le brasier de la crise économique, le livre de l'économiste britannique trouvait un étonnant échos, quelques années plus tôt dans le Malaise dans la culture de Freud : le capitalisme est une névrose de la société qui, d'accumulation en risque incontrôlés auquel succèdent d'inévitables crises, jubile dans la destruction de lui-même. Comme Néron jouant de la lyre pendant l'incendie de Rome. Comme les banquiers partant en séjour de luxe pendant la crise financière.

freud.jpgLa merde du stade anal et l'argent du capitalisme

C'est dans ces lectures croisées du père de la psychanalyse et du pape de la nouvelle économie que se sont retrouvés Gilles Dostaler, historien des idées, et Bernard Maris, économiste et chroniqueur. Fruit de leurs recherches communes, Capitalisme et pulsion de mort plonge aux racines des mécanismes qui font du capitalisme un système qui cherche sans arrêt sa propre destruction. Invoquant la notion freudienne de pulsion de mort, les auteurs y expliquent ce goût du risque, de l'accumulation de l'argent, culminant dans le société de consommation qui brule tout ce qu'elle touche (selon le principe du « consumérisme ») où tout est sacrifié au « principe de plaisir », au détriment du « principe de réalité », contredisant le principe freudien de la raison « la civilisation, c'est le refoulement ».


Mais, expliquent Dostaler et Maris, le génie de la civilisation est de détourner la pulsion de mort pour la rendre « productive ». Peu importe dès lors l'utilité de ce qui est produit, tant que cela l'est en quantité exponentielles permettant l'accroissement du capital sous sa forme pécuniaire. Que ces montagnes d'or qui dorment dans les coffres fondent et les banquiers et toute l'économie s'affolent pour les reconstituer, au nom de ce « désir morbide de liquidité » que dépeignait Keynes d'un trait de psychologue, devenu entre temps un cliché de la crise économique.

 

Cette envie de la masse, c'est le stade anal théorisé par Freud, où le bébé espère satisfaire la mère en produisant la seule chose qu'il sait produire : des excréments. Pour les deux scientifiques, le mot n'est pas trop faible : l'argent, c'est de la merde !

keynes.jpgPeut-on dépasser le système ?

Conté d'une plume curieuse et érudite, l'ouvrage explore autant le fond des théories que l'histoire qui les a vu naître : on y découvre Keynes, traducteur de Freud, et Freud avide de connaissances économiques. Les références y sont nombreuses qui renvoient aux disciplines de Freud (comme Ferenczi) dont les marxistes freudiens (où Marcuse s'impose) jusqu'au philosophe chrétien de la violence dans la civilisation, René Girard.


Les auteurs restent cependant sceptiques : face à ces crises systémiques, aux dégâts humains et écologiques de l'économie, l'homme est-il capable de retenir la leçon et de changer de cap ? « La question n'est pas de refonder le capitalisme, concluent-ils. Elle est de savoir si on peut dépasser un système fondé sur l'accumulation indéfinie et la destruction sans limite de la nature. » Sur ce point, Keynes entrevoyait l'Eden d'une civilisation d'honnêtes hommes vivant de culture, de vin et de partage. Freud, pessimiste, imaginait un cycle d'éternel recommencement de la destruction. En un demi-siècle de pensée économique, il serait peut-être temps de trouver une réponse !

Dimanche 15 Février 2009 - 14:00
Sylvain Lapoix

04/02/2009

La crise est une chanson douce!

La crise est une chanson douce!

Connaissez-vous le blues de Lehman Brothers, le menuet de General Motors et le requiem du Dow Jones? Grâce au logiciel Microsoft Songsmith, une poignée de mélomanes ont convertis la chute des cours de bourses en mélodies pour enfin connaître le bruit que fait la Crise quand elle éclate! Et ça marche aussi avec les morts en Irak, le taux de chômage et la dette américaine!

 

 
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