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10/08/2009

Frédéric Lordon > Crise financière

Frédéric Lordon > Crise financière

Explications et Solutions

source :

http://www.dailymotion.com/video/x9qep3_frederic-lordon-e...

http://www.dailymotion.com/user/TerrAgent/video/x9qf48_fr...

Voir aussi :

http://dailymotion.virgilio.it/video/x9qgzy_les-ateliers-...

06/03/2009

La bulle du Credit Default Swaps prete à exploser

La chienlit financière n’est pas finie…

Les institutions financières chutent les unes après les autres, contraignant les États à injecter sans cesse des dizaines de milliards de dollars (ou d'euros) pour assurer leur survie. Dernier exemple en date? AIG.



(photo : Gene Hunt - Flickr - cc)
(photo : Gene Hunt - Flickr - cc)
100 milliards de dollars : c’est le montant de la perte d’AIG en 2008, soit quasiment l’équivalent de son chiffre d’affaires. Après avoir déjà injecté 150 milliards, l’Etat est contraint à une rallonge de 30 milliards. Résultat, les bourses du monde entier s’effondrent depuis quelques jours.

La barbarie financière
Après avoir imposé aux entreprises des niveaux de rentabilité destructeurs pour l’emploi et le pouvoir d’achat, le monde financier impose aux gouvernements du monde entier des plans de soutien colossaux. Parce que leur écroulement pourrait entraîner une crise encore beaucoup plus grave, l’Etat Américain a été contraint de donner 180 milliards de dollars à l’assureur AIG, chiffre assez surprenant car il est presque deux fois supérieur aux pertes de l’entreprise. Les Etats ont déjà injecté environ 1000 milliards de dollars dans les institutions financières depuis le début de la crise et le total pourrait encore doubler ou tripler.

Les raisons de la chute d’AIG sont les CDS (Credit Default Swaps), des contrats assurant tout risque de perte d’actifs ou de prêts pour les souscripteurs. À ce titre, AIG percevait une prime proportionnelle à la valeur du bien garanti. En revanche, l’entreprise n’avait pas mis de côté le moindre dollar pour couvrir les éventuelles pertes. L’explosion de la bulle immobilière et l’effondrement boursier consécutif ont provoqué le déclenchement de ces contrats ruinant alors l’assureur américain peu prévoyant.

L’anarchie financière qui s’est renforcée depuis des années a permis à de nombreuses entreprises et à de nombreux dirigeants de réaliser des profits et des bonus colossaux depuis des années. Mais une fois le château de cartes effondré, ce sont bien les contribuables qui se retrouvent contraints de sauver cette finance qui les a pourtant si souvent étranglés dans le passé. Le système néolibéral aboutit finalement à une privatisation des profits et une collectivisation des pertes.

Une réforme de la finance encore lointaine
Malgré l’énormité des excès commis, les dirigeants de la planète ne semblent pas vraiment se diriger vers une véritable réforme de la finance. Comme le dit Pierre-Antoine Delhommais dans le Monde à propos de la réunion du G20 à venir : « On y dira du mal des paradis fiscaux - sans les supprimer -, des agences de notation - sans remettre en cause leur existence -, on s'engagera à mieux superviser les hedge funds - sans les interdire - et à mieux réguler les activités des banques - sans les contrôler entièrement. »

Pourtant, de nombreux auteurs proposent de nouvelles idées pour sortir de cette anarchie économique qui ne mène qu’au chaos. Sébastien Duchêne évoque les pistes intéressantes de Michel Aglietta pour donner de nouveaux objectifs à la politique monétaire, en prenant davantage en compte l’inflation des actifs. D’autres évoquent la Taxe Tobin ou la révision des ratios prudentiels, qui n’avaient de « prudentiels » que le nom. Malheureusement, ces réformes ne semblent pas à l’ordre du jour du G20.

L’énormité chaque jour plus apparente de la catastrophe économique est peut-être le seul espoir que nous avons pour que le système économique et financier soit réformé. Mais, à aujourd’hui, les dirigeants de la planète ne semblent pas très avancés dans leur réflexion.

Source : http://ecofi.blog.lemonde.fr/2009/02/24/les-banques-centr...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03...

Mercredi 04 Mars 2009 - 14:59
Laurent Pinsolle

24/02/2009

la France en voie d'Islandisation?

Crise financière: la France en voie d'Islandisation?

En octobre dernier, l'Islande était menacée de faillite à cause de ses ambitions financières démesurées. Le blogueur Omelette16Œufs du blog La pire racaille rappelle cependant que l'Europe et les États-Unis aussi ont eu les yeux plus gros que le ventre et que la digestion des actifs pourris n'est pas fini. La crise des subprimes est-elle vraiment derrière nous?



(photo : Atli Harðarson - flickr - cc)
(photo : Atli Harðarson - flickr - cc)
Vous vous souvenez : c'était en octobre dernier. L'Islande était menacée de faillite nationale par ses deux grandes banques, sa monnaie était en chute libre. Le pays a demandé un emprunt à la Russie pour éviter la catastrophe. Je n'ai rien contre la pays qui nous a donné Björk, mais j'avoue qu'au moment l'histoire m'avait fait sourire. En essayant de sauver ses banques de leurs dettes, c'est le pays tout entier qui se retrouve menacé.

C'est le problème des petits pays :

« La taille du pays, seulement 300000 habitants, limite les solutions. "Ce que nous avons appris (...) est qu'il n'est pas sage pour un petit pays d'essayer de jouer un rôle de leader dans le domaine de la banque internationale" a déclaré le Premier ministre Geir Haarde. » (JDD)

Tiens donc.


Cela me rappelle une fable, mais je n'arrive pas à retrouver laquelle. Ce n'est pas Le boeuf et la grenouille ; je vois vaguement un animal qui essaie d'en manger un autre qui s'avère trop grand pour lui, avec des conséquences désastreuses. Ça vous dit quelque chose ?

L'Islande était trop petite pour avaler sa part de la bulle financière internationale. Dur d'être un petit pays avec des grosses banques, n'est-ce pas?

Sauf que... sauf que... il devient de plus en plus évident que nous sommes tous des Islandais. Choquant, non ? J'explique.

h-20-1289255-1224096707.jpgDepuis le début de ce qui était alors la "crise des subprimes", il ne passe guère une semaine sans qu'on se rende compte que la surextension du monde de la finance était pire, encore pire, que ce qu'on imaginait. Et si vous lisez un peu la presse étrangère, cette impression est multipliée par dix. La France reste dans une bulle d'une autre sorte, une bulle de protection psychologique qui empêche de voir la profondeur du trou. Cette fois-ci, c'est Dagrouik qui m'a montré ce billet (en anglais) où est raconté une réunion avec des hommes d'affaires autrichiens persuadés que leur pays allait devoir demander l'aide de l'Allemagne pour éviter la faillite.


« the German part of the contingent was amused at the Austrians' confidence that Germany would rush to their aid. »

Le billet en question cite ce papier du Telegraph qui cite à son tour un memo européen censé être confidentiel et qui souligne le danger de faillite qui menace les plus faibles États européens. Pas seulement l'Islande.

Pire encore :

« The IMF says European and British banks have 75 % as much exposure to US toxic debt as American banks themselves, yet they have been much slower to take their punishment. Write-downs have been $738bn in the US: just $294bn in Europe. »


En Europe, le pire, donc, est encore plus loin, encore à venir. Qu'est-ce qui nous dit que même les grands pays sont assez solides, assez riches pour absorber toute cette dette toxique ?

J'essaie de résumer : la grande bulle des dernières années peut être vue comme une multiplication démesurée des valeurs en circulation dans le monde, à travers une sorte de pyramide d'endettement (les métaphores pyramidales reviennent sans cesse en ce moment ). Tant que tout va bien, les dettes s'équilibrent entre elles et l'expansion peut continuer. Mais à partir de la première inquiétude, la mécanique s'enraye ; chacun commence à chercher à récupérer ce qu'on lui doit. Il faudrait alors que tout l'argent fictif deviennent réel, ce qui est impossible. Alors c'est l'effondrement : l'argent fictif disparaît, les dettes remontent de créditeur en créditeur.

Nous sommes aujourd'hui dans l'effondrement. La question essentielle est celle de sa vitesse. Si demain il fallait que toutes les dettes soient remboursées, ce serait l'effondrement total et immédiat. Seule la possibilité de différer dans le temps cet effondrement permettra d'échapper aux conséquences les plus graves. C'est pour ça qu'il ne faut pas faire des billets de blog pessimistes : ça accélère le processus.

592377.jpgEn nationalisant leurs banques, les islandais n'avait pas le choix. Tout était déjà joué. L'Islande s'endette pour gagner du temps. C'est ce que le reste du monde est en train de faire, plus lentement.

Hier je me demandais si Sarkozy avait vraiment une idée de comment organiser la sortie de la crise, outre les gesticulations et manoeuvres habituelles ("c'est pour ça qu'il faut aller plus vite dans les réformes"...[rires]). Son plan de relance est timide, n'est pas à la hauteur de la situation. On dit le plus souvent qu'il ne faut pas trop s'endetter, que la France est déjà bien suffisamment endettée. Malheureusement, il va falloir s'endetter beaucoup plus, car seule la dette publique peut effectivement différer dans le temps l'effondrement. La timidité n'aura d'effet que d'accélérer l'effondrement.

Vous avez toujours rêvé d'habiter une île dans l'Atlantique du Nord ? Mettez vos bottes et vos gants, car il va faire froid.

Billet initialement publié sur le blog La pire racaille sous le titre The Iceland effect


Lundi 23 Février 2009 - 11:47
omelette16oeufs

19/02/2009

Sarkozy débordé par la crise sociale!

Sarkozy débordé par la crise sociale!

Par Juan. Il ne l'avait pas prévue. Il ne la maîtrise pas. Pire : il doit céder devant elle. La crise économique, c'est le cauchemar de Sarko.



(Photo 58134-flickr-cc)
(Photo 58134-flickr-cc)

Pour la seconde fois ce mois-ci, Nicolas Sarkozy est intervenu à la télévision. Une grosse dizaine de minutes pour tenter de masquer l'irréparable : le chef de l'Etat est débordé par la crise sociale. Idéologiquement, politiquement, sociologiquement. Il a dû céder sur le fond, mais à aucun moment il n'a voulu reconnaître sa défaite.

Il est 20 heures ...
Sarkozy apparaît à l'écran, costume sombre, chemise blanche, cravate noire. Qui enterre-t-on ce soir ? Il lâche un soupir avant de démarrer son allocution: «Nous sommes au milieu de la crise.» Visiblement, il a des informations que nous n'avons pas. Sarkozy s'abrite derrière une belle excuse, «la France résiste plutôt mieux qu'ailleurs». Il omet de dire qu'il n'a pas eu le temps de détruire, en 19 mois de présidence, tous les filets qui nous protègent encore. Pendant quelques minutes à peine, Sarkozy tente de faire oublier sa capitulation. Il récuse toute «politique de facilité» et pense à «nos p'tites entreprises». Pourquoi faut-il que l'ex-maire de Neuilly avale ses syllabes pour faire «populo» ? Quelques minutes plus tard, il lâche sa première contradiction, en parlant de cette «crise mondiale dont personne ne peut prévoir jusqu'à quand elle durera». On croyait en être à la moitié...

Exercice difficile pour celui qui voulait botter les fesses des fainéants et remettre la France au travail, il a dû lâcher. Le voici qui égrène ses mesures sociales et parle de «l'esprit de justice».

592377.jpgSarkozy cède...
Le chef de l'Etat chiffre donc ses mesures à 2,6 milliards d'euros. Près de deux fois plus que le Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch. A peine un tiers du soutien quasi-bancaire accordé à Renault et PSA, la veille de l'annonce par ce dernier de 6 à 7 000 suppressions de postes en France cette année...

Nicolas Sarkozy s'est mis en première ligne. Point de fusible. Par ses annonces, il court-circuite tantôt le Parlement, tantôt les partenaires sociaux, tantôt le gouvernement. Faut-il que le roi soit nu... ou narcissique !

  • Sarkozy remplace le Parlement, quand il décide la suppression des deux tiers restants de l'impôt sur le revenu restant à acquitter pour 4 millions de foyers fiscaux imposables dans la première tranche d'imposition. La belle annonce ! La justice fiscale de ce pays repose (principalement) sur la progressivité de l'impôt sur le revenu. Sarkozy aurait pu décider une baisse de la TVA ciblée sur les biens vitaux, comme la nourriture ou le chauffage.
  • Sarkozy remplace encore le Parlement quand il promet que les syndicats seront désormais associés aux contrôles des aides publiques aux entreprises en difficultés.
  • Sarkozy remplace son gouvernement quand il annonce le versement d'une prime exceptionnelle de 500 euros à tous les chômeurs ayant travaillé seulement deux mois, et d'une prime de 150 euros pour les 3 millions de familles bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire; ou l'octroi de bons d'achat pour 200 euros de services à la personne pour 1,3 millions de ménages modestes (bénéficiaires d'aide à domicile, chômeurs retrouvant un emploi, etc); ou la création d'un obscur fonds d'investissement social doté jusqu'à 3 milliards d'euros pour financer des actions d'«emploi et de formation» pour les salariés en difficulté.
  • Sarkozy remplace les partenaires sociaux quand il décide de porter à 75% du salaire brut l'indemnisation des salariés au chômage partiel.
  • Sarkozy a enfin eu la «révélation», celle de l'«esprit de justice», 5 mois après avoir distribué ou garanti des centaines de milliards d'euros à tout ce que compte le pays de grandes entreprises en difficulté... Les dirigeants de sociétés bénéficiant de soutien public devront renoncer à leur bonus et s'engager à former et recruter... Amen !
Le président botte cependant en touche sur certains sujets qui fâchent : il joue au gauchiste en déclarant qu'une «partie» des «50 milliards d'euros de dividendes des entreprises du CAC 40» pour 2008 doit revenir aux salariés. Et il demande aux partenaires sociaux d'en discuter, sinon,«l'Etat prendra ses responsabilités», sans préciser lesquelles.

«La justice, ce doit être une priorité en ce moment».

Une vraie révélation... non ?

7 minutes se sont écoulées, il n'a pas parlé de la Guadeloupe

... mais masque.
Le président préfère recouvrir ces mesures, si contraires à son programme, d'un traditionnel vernis de campagne : il pense «à ceux qui travaillent dur pour faire vivre leurs familles» ; il ajoute qu'«il faut continuer à revaloriser le travail». Il clame encore que remettre «la valeur travail au coeur de notre économie est une nécessité». Le voici même qui rappelle et menace : «les réformes doivent continuer», et notamment celles de l'hôpital, des lycées, des universités, de la formation professionnelle. Pire, l'Etat est «devenu trop lourd». Tel un fauve blessé, il crie encore qu'il nous propose «le seul chemin qui vaille», "«celui de l'effort, de la justice, du refus de la facilité.»

nicolas-sarkozy-est-mort.jpgLa messe est dite. Sarkozy est le Chirac autiste de décembre 1995.

Il est bientôt 20h10, Nicolas Sarkozy n'a pas parlé de la Guadeloupe. C'est normal, «aujourd'hui c'était ma réponse» aux inquiétudes sociales, prévient-il. Les Antilles, c'est demain. Jusqu'au bout, il veut montrer qu'il maitrise l'agenda, qu'on ne lui impose rien. Les Antillais attendront bien 24 heures de plus.

La crise économique a sonné le glas du programme présidentiel idéologique. Élu sur le thème fameux «travailler plus pour gagner plus», Nicolas Sarkozy avait déjà battu retraite il y a un an, un jour de janvier 2008 quand il avouait devant des journalistes souriants que «les caisses étaient vides». Il y a 5 mois, quasiment jour pour jour, la banque Lehman Brothers disparaissait. On a attendu Nicolas Sarkozy 10 jours durant, avant qu'il ne réagisse à Toulon fin septembre. Le monarque était tétanisé par une crise qui le dépasse et qu'il a aggravée. Depuis 5 mois, il résiste. Il avait fait la réponse traditionnelle de la droite face à la crise : il faut sauver les entreprises pour sauver vos emplois. C'était «le plan de relance par l'investissement» .
Mercredi 18 février, il a cédé. Il a dû jouer «social» et mettre un genou à terre.

Un genou seulement.


Jeudi 19 Février 2009 - 07:00

17/02/2009

Crise du capitalisme ou pulsion de mort ?

Crise du capitalisme ou pulsion de mort ?

Né de la rencontre des économistes Gilles Dostaler et Bernard Maris, Capitalisme et pulsion de mort (Albin Michel) synthétise les conclusions de Freud et Keynes sur l'économie moderne basée sur l'accumulation, la destruction... et la jouissance qui en découle ! Un brillant ouvrage sur les ressors profondément humains de la crise dont Bernard Maris nous livre un résumé.

Qui se souvient que dans sa célèbre Théorie générale de l'emploi, John Maynard Keynes recommandait « l'euthanasie des rentiers ? Paru en 1936, sur le brasier de la crise économique, le livre de l'économiste britannique trouvait un étonnant échos, quelques années plus tôt dans le Malaise dans la culture de Freud : le capitalisme est une névrose de la société qui, d'accumulation en risque incontrôlés auquel succèdent d'inévitables crises, jubile dans la destruction de lui-même. Comme Néron jouant de la lyre pendant l'incendie de Rome. Comme les banquiers partant en séjour de luxe pendant la crise financière.

freud.jpgLa merde du stade anal et l'argent du capitalisme

C'est dans ces lectures croisées du père de la psychanalyse et du pape de la nouvelle économie que se sont retrouvés Gilles Dostaler, historien des idées, et Bernard Maris, économiste et chroniqueur. Fruit de leurs recherches communes, Capitalisme et pulsion de mort plonge aux racines des mécanismes qui font du capitalisme un système qui cherche sans arrêt sa propre destruction. Invoquant la notion freudienne de pulsion de mort, les auteurs y expliquent ce goût du risque, de l'accumulation de l'argent, culminant dans le société de consommation qui brule tout ce qu'elle touche (selon le principe du « consumérisme ») où tout est sacrifié au « principe de plaisir », au détriment du « principe de réalité », contredisant le principe freudien de la raison « la civilisation, c'est le refoulement ».


Mais, expliquent Dostaler et Maris, le génie de la civilisation est de détourner la pulsion de mort pour la rendre « productive ». Peu importe dès lors l'utilité de ce qui est produit, tant que cela l'est en quantité exponentielles permettant l'accroissement du capital sous sa forme pécuniaire. Que ces montagnes d'or qui dorment dans les coffres fondent et les banquiers et toute l'économie s'affolent pour les reconstituer, au nom de ce « désir morbide de liquidité » que dépeignait Keynes d'un trait de psychologue, devenu entre temps un cliché de la crise économique.

 

Cette envie de la masse, c'est le stade anal théorisé par Freud, où le bébé espère satisfaire la mère en produisant la seule chose qu'il sait produire : des excréments. Pour les deux scientifiques, le mot n'est pas trop faible : l'argent, c'est de la merde !

keynes.jpgPeut-on dépasser le système ?

Conté d'une plume curieuse et érudite, l'ouvrage explore autant le fond des théories que l'histoire qui les a vu naître : on y découvre Keynes, traducteur de Freud, et Freud avide de connaissances économiques. Les références y sont nombreuses qui renvoient aux disciplines de Freud (comme Ferenczi) dont les marxistes freudiens (où Marcuse s'impose) jusqu'au philosophe chrétien de la violence dans la civilisation, René Girard.


Les auteurs restent cependant sceptiques : face à ces crises systémiques, aux dégâts humains et écologiques de l'économie, l'homme est-il capable de retenir la leçon et de changer de cap ? « La question n'est pas de refonder le capitalisme, concluent-ils. Elle est de savoir si on peut dépasser un système fondé sur l'accumulation indéfinie et la destruction sans limite de la nature. » Sur ce point, Keynes entrevoyait l'Eden d'une civilisation d'honnêtes hommes vivant de culture, de vin et de partage. Freud, pessimiste, imaginait un cycle d'éternel recommencement de la destruction. En un demi-siècle de pensée économique, il serait peut-être temps de trouver une réponse !

Dimanche 15 Février 2009 - 14:00
Sylvain Lapoix

30/01/2009

Obama s'attaque aux banquiers, lui...

Obama s'attaque aux banquiers, lui...

Barack Obama a fustigé hier le comportement des banques ayant distribué des bonus alors même qu’elles font l’objet d’une aide d’Etat pour faire face à la crise. En 2008, les primes octroyées aux dirigeants et employés des banques ont atteint près de 20 milliards de dollars. « C’est le comble de l’irresponsabilité, c’est honteux» a déclaré le président américain.

Vendredi 30 Janvier 2009 - 13:05

28/01/2009

Et si la Grande Bretagne faisait faillite?

Et si la Grande Bretagne faisait faillite?

Cette semaine, la Grande Bretagne est entrée pour de bon en phase de récession. Les éditorialistes britanniques ont sitôt comparé la situation du pays à celle de l'Islande. Pays en pleine croissance, l'Islande est devenue le pays symbole de la crise. Préfiguration de ce qui nous attend?

La Royal Bank of Scotland a perdu 97% de sa valeur (cc flickr andy beez)
La Royal Bank of Scotland a perdu 97% de sa valeur (cc flickr andy beez)

Si l’on en croit le Daily telegraph, la Grande-Bretagne doit faire face à une situation douloureuse, comparable à certains égards à celle qu'a connu l’Islande il y a peu. La presse britannique s'inquiète d'ailleurs d'un scénario à l'islandaise. Dans un dossier sur la crise économique, l'Evening Standard titrait « Islande sur Tamise » en  référence à l'effondrement de l'économie islandaise, tandis que le Financial Times se posait la question sans ambages: « Le Royaume-Uni peut-il faire faillite ? ».

SIGEBOURSEBIS__20080121_px_470__w_ouestfrance_.jpgLa Royal Bank of Scotland à la dérive
L'économie britannique est officiellement entrée en récession, les économistes  anticipent une baisse du PIB de près de 3 % cette année. Du jamais vu depuis 1946. Et les principales banques du pays commencent à présenter des signes de fatigue inquiétants, notamment la plus vieille d'entre elles: la Royal Bank of Scotland. Lourd symbole, en 2008, la RBS était encore la plus grande banque d'Écosse, la seconde du Royaume-Uni et d’Europe. Depuis le début de la crise de 2008, en raison des actifs dit toxiques qu’elle détenait, la banque a perdu 97,58 % de sa valeur ! Difficile de tomber plus bas.

Des réserves inférieures à celles de la Malaisie
Pour sauver ce qui peut encore l’être, le gouvernement envisagerait de recourir aux nationalisations. Un choix périlleux compte tenu des dettes extérieures accumulées par tous ces établissements. « Aujourd'hui, la Grande-Bretagne dispose de réserves de devises inférieures à 61 milliards de dollars, moins que la Malaisie ou la Thaïlande. Les dettes des banques britanniques vis-à-vis de l'étranger s'élèvent à 4 400 milliards de dollars -deux fois le PIB annuel du pays » écrit le Daily Telegraph. C’est l’une des raisons qui explique la dégringolade récente de la livre sterling.

La Grande Bretagne et l'Islande coulés par leurs banques ?wachtrij.jpg
C’est là que le parallèle avec l'Islande devient troublant. Le système bancaire  dopait la croissance. Mais en asséchant les circuits de refinancement des banques, la crise a brutalement brisé le rêve le rêve islandais. Les trois banques du pays, qui avaient fortement investi à l’étranger se sont retrouvées sans le sous. Le pays a été ruiné par les égarements de ses trois principaux établissements bancaires qui avaient accumulé des dettes équivalentes à 900% du PIB plongeant l’Islande dans la crise et forçant le gouvernement à les renationaliser. Si l’agence de notation Standard’s & Poors estime que la situation britannique constitue un « test sévère » pour le gouvernement de Gordon Brown, la situation de la Grande Bretagne est différente de celle de l’Islande. Le Royaume-Uni peut toujours s’appuyer sur la livre sterling, qui reste l’une des principales monnaies mondiales.

Le FMI en renfort ?
Reste qu’un plan de sauvetage des banques du pays pourrait porter le déficit public à près de 10 % du PIB. Un dérapage qui commence à faire douter de la capacité du pays à pouvoir financer sa dette. Provocateurs, les conservateurs s’interrogent sur la possibilité d’en appeler au FMI, comme l’a fait l’Islande. Une hypothèse jugée « ridicule » par Gordon Brown.

Mercredi 28 Janvier 2009 - 07:00
Régis Soubrouillard

27/01/2009

zapping 2008

CA FAIT FROID DANS LE DOS CETTE ANNEE 2008

QUE NOUS RESERVERA L'ANNEE 2009 ?

partie 1 , 2, 3, 4, 5

25/01/2009

Chronique d'une mort annoncée

Voici un petit film qui résume le discours de Jacques CHEMINADE et qui annoncé déjà dans les années 95, les dérives du système financier mondiale.

 

 

22/01/2009

Le Congrès US reconnaît-il que le système est en banqueroute ?

Brèves /
Le Congrès US reconnaît-il que le système est en banqueroute ?
22 janvier 2009 - 13:38

 

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22 janvier 2009 (Nouvelle Solidarité) – Il semble que le Congrès américain réalise enfin que le système financier est mort. C’est là une précondition essentielle à un changement de système.

Lors des auditions pour la confirmation d’Hillary Clinton au poste de Secrétaire d’Etat, le sénateur républicain du Tennessee, Bob Corker, a énoncé une vérité simple : « le système bancaire est insolvable ». « Nous injectons des fonds dans des banques insolvables. Ils préfèrent les accumuler car ils savent que leurs pertes à venir dépassent de loin leurs avoirs. (…) Les grandes banques, que nous respectons, sont insolvables et doivent être saisies. (…) Leurs actifs doivent être dépréciés à leur vraie valeur. (…) Nous devons dire aux gens que le système bancaire est insolvable. Je discute avec les banquiers de Wall Street et ils savent qu’ils sont insolvables. Nous devons faire face à cela en adulte. Nous devons d’abord régler cela avant de pouvoir faire des choses autrement utiles ».

Lors des auditions de confirmation de Timothy Geithner au poste de secrétaire au Trésor, l’ancien directeur de la Réserve fédérale et conseiller de Barack Obama, Paul Volcker, a déclaré que « le système est cassé ». Ensuite, le sénateur John Kerry, s’appuyant sur la remarque de Volcker, a confié : « Je crains que les différents plans publics soit simplement gaspillés ». « Les gens aiment bien dire que c’est une crise de confiance, mais je ne le crois pas. Je pense plutôt que nous sommes face à une crise de la réalité (‘reality crisis’). (…) Il y a trop de banques zombies dans le système ». Les sénateurs Olympia Snowe et Maria Cantwell ont ensuite soulevé le problème des produits dérivés que nombre de personnes savent être la cause de la faillite du système. Cantwell a souligné « en avoir marre de ces instruments exotiques. Il n’y a rien d’exotique dans ce qui arrive à notre économie et aux gens qui ont perdu leur emploi. (…) Je veux comprendre, M. Geithner, comment nous allons régler ce problème plutôt que d’attendre l’émergence de nouveaux instruments ».9782247034215FS.gif

Il ne manque plus que deux mots à prononcer, ceux de l’action : Banqueroute organisée !

Appel à constituer sans délai une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

Appel à constituer sans délai une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

La France et le monde se trouvent face à une crise sans précédent dans l’histoire moderne. Il faut relancer l’économie avec des injections rapides et massives de crédit là où sont les besoins et les potentiels de développement : énergie, transports à grande vitesse, ferroutage, recherche, hôpitaux, éducation et consommation des biens indispensables. Les établissements financiers, dont le comportement a conduit à la situation actuelle, s’avèrent cependant incapables de transmettre à l’économie, sous forme de crédits, les avantages que leur procure l’Etat. Dans ces conditions, nous demandons de toute urgence :

  • la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur les agissements de ces établissements financiers et l’état de leurs comptes. Le moment est en effet venu de faire comparaître devant les représentants du peuple ceux qui ont abusé de leurs pouvoirs et de déterminer comment ils ont pu procéder et avec qui, en France ou ailleurs dans le monde. Cet examen a pour objet de déterminer ce qui est viable et nécessaire à un fonctionnement légitime du système bancaire, qui doit être maintenu et aidé, et ce qui relève de l’imprudence irresponsable ou d’opérations exotiques, qui doit être soumis à des procédures de banqueroute organisée. L’Etat ne doit pas faire payer les citoyens en absorbant les créances douteuses de ceux qui se sont égarés, mais faire constater leur absence de valeur et les éliminer dans l’intérêt général.
  • La réquisition temporaire des banques afin d’assurer qu’elles alimentent réellement l’économie en faisant leur métier légitime et qu’elles donnent accès en toute transparence à leurs comptes, parallèlement aux travaux de la commission d’enquête et dans la logique de son fonctionnement.

La raison d’être d’un pays, qui est de faire prévaloir le bien commun, prime sur tout. Nous sommes conscients que nos exigences sont exceptionnelles, mais elles sont rendues nécessaires par des circonstances exceptionnelles. Des précédents existent. La Commission Pecora, la Commission bancaire et monétaire du Sénat des Etats-Unis dans les années 1933-1934, en faisant connaître au peuple américain les pratiques de ses banquiers et l’étendue de leurs pouvoirs, créa la base politique pour les mesures de redressement et de relance de l’Administration Roosevelt. Les réquisitions, dans notre pays, découlent de l’état d’esprit du Programme du conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 et du Préambule de notre Constitution, et ont été appliquées par l’ordonnance de 1945 en matière de logement et dans diverses entreprises à la Libération.

Il y a urgence. Les Françaises et les Français ont le droit de savoir et d’exiger que les droits économiques et sociaux inscrits dans nos textes fondateurs soient protégés.

Appel-Commission-Pecora.pdf

http://www.solidariteetprogres.org/petition/tellafriend/r...

 

 

 
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