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08/08/2009

Compteur de la dette publique

compteur de la dette publique française

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Monté Cristo

02/08/2009

Les USA feront banqueroute?

« S'ils ne changent pas de politique, les USA feront banqueroute ».

1518827-2025366.jpgBien que beaucoup de pays aient admis la fin de l'hégémonie du dollar, le professeur de l'Université du Pays Basque, Joseba Felix Tobar-Arbulu, auteur de nombreux livres et d'articles sur le système monétaire (Santurce, Vizcaya, 1945) considère qu'il y a encore des obstacles pour que cela s’applique dans la réalité. Le système monétaire imposé après la Seconde Guerre Mondiale à Bretton Woods est encore en vigueur : le dollar est la seule réserve et la seule référence monétaire internationale. Toutefois, Tobar-Arbulu considère qu’en raison du déséquilibre financier aux USA, on devrait opter pour un système à axes multiples. L’interview a été réalisée par Joxerra Senar.

AUTEUR: Joseba Felix TOBAR-ARBULU
Traduit par Esteban G.

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Interview

Est-ce-que la Chine et les pays créditeurs des USA ont des raisons suffisantes d’être inquiets?

En effectuant l’échange international pour acheter des dollars, les chinois achètent du papier et, en échange, ils vendent des produits et des services réels. C’est là où se situe le piège principal. Aujourd’hui la Chine possède une énorme quantité de dollars. Durant ces vingt dernières années elle a acheté des bons du trésor public étatsunien. Mais le bon du trésor est aussi un autre papier et ce papier lui assure la garantie. Les USA ne veulent pas et ne peuvent pas matérialiser cette garantie. Si aujourd’hui même tous ceux qui, dans le monde entier, possèdent des dollars se rendaient aux USA pour dire « je veux acheter ceci et cela » en échange de leurs dollars, ce serait impossible. Ils laissent libre cours pour acheter certaines choses, mais les grandes entreprises, par exemple, c’est impossible de les acheter.

Au cours de ces dernières semaines les autorités chinoises ont exprimé des doutes et ont souligné la nécessité de créer une autre réserve monétaire. Que signifient ces manifestations ?

Elles ont une signification intéressante. J'ai parcouru le monde en symbiose avec l'économiste Michael Hudson. Lui et d'autres disent depuis longtemps qu'il faut passer d'un système unipolaire à un autre multipolaire. De quelle sorte peuvent-ils être ? D'une part, le rouble, le yuan et le yen, en Europe l'euro et, certainement, le rand sud-africain. Il y a peu de temps, au cours d’un sommet en Russie, la Russie et la Chine ont dit « attention, nous ne sommes pas contre les USA, mais voulons que le marché international soit organisé d'une autre manière, dans lequel le dollar ne soit pas le seul axe ».

Vous dites que ce n'est pas facile. Le dollar est hégémonique. Est-ce une référence qui va au-delà de l'économie ?

Dans le fond se sont d’énormes dépenses militaires qui se dissimulent pour contrôler le monde. Mais ces derniers temps, autant les chinois que les russes ont perçu qu’en fait, ils payent, entre autres, des dépenses militaires pour les contrôler. Ils ont vu la nécessité de s’organiser d'une autre manière et ont formé quelque chose de semblable à l'OTAN. La Russie, la Chine et quelques pays latino-américains ont besoin d'argent pour maintenir leur pouvoir militaire. Ce sont des dépenses énormes. C’est sur la production et la consommation qu’ils doivent soustraire une énorme somme d'argent pour la défense intérieure. Malheureusement, La défense, sont des frais militaires.

Sortir aujourd’hui de la dépendance ne risque t-il pas d'impliquer des conséquences préjudiciables ?

Il est impossible de le réaliser d’un coup. Des années sont nécessaires. Mais il est clair pour tous qu'ils doivent agir. Pour le faire plusieurs années sont nécessaires. Mettons dix ans. En cinq ans je le vois difficile à faire. Cependant, personne ne sait ce qui se passera. Il y a deux ans tout était très bien. Greenspan et compagnie disaient que le système financier s’équilibrait par lui-même et voyez ce qui s’est passé. Le changement ne se réalisera pas instantanément. Il y a une inertie historique, une fausse garantie. Ils veulent vendre que le dollar est la véritable garantie, mais ils ne sont pas capables de l’assurer et ils ne veulent pas changer pour des produits appropriés et des services pour le rendre attractif.

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Cliquez pour agrandir

En ce moment, l’euro n’est-il pas en train de perdre une grande opportunité?

Oui. Il y a pas mal de temps, pour ne pas utiliser de dollars, la Chine et la Russie ont utilisé des euros, et cela est bon. Le problème est que l'euro n'est pas une monnaie de réserve. Sur ce point, il y a une importante schizophrénie. Il paraît que l'euro est plus fort que le dollar, mais où finissent ces euros ? Derrière l'euro il n'y a aucun véritable gouvernement et, pour finir, le reste des autres pays achètent des dollars. L'Europe ne veut pas prendre cela en compte. Pourquoi, par exemple, le Royaume-Uni est-il le cheval de Troie européen ? Parce qu'ils se méfient de l'Europe. Ils préfèrent dépendre du chef.

La livre sterling ne se trouve-t-elle pas actuellement dans une situation fragile ? Le dollar, au moins, est une référence ; par contre, la livre sterling, non, et le Royaume-Uni a également une énorme dette.

Oui, il a de grands problèmes. D'un côté, ils parient sur le dollar, mais se sont les USA qui contrôlent les variations du dollar, pas le Royaume-Uni. Malgré tout, ils se méfient de l'Europe, et préfèrent souffrir des variations du dollar que de passer à l'euro.

L'empereur est-il nu? A t-il de graves problèmes de viabilité ?

Oui, chez-lui, dans le cadre macroéconomique, Obama est dans un étau. Que peut faire une personne en quatre ans, huit ans, si la dette et le déficit publics sont élevés ? S'ils ne changent pas de politique, les USA feront banqueroute.

Si d’autres pays avaient de tels chiffres…

Ils ne lui laisseraient rien faire. Pour eux existent le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Ces deux institutions disent au pays ce qu'il doit consommer et exporter et quelle politique macro-économique il doit appliquer pour pouvoir percevoir des prêts. Ils obligent les pays à exporter pour payer le capital et les intérêts, et non à consommer. C’est terrible.

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L'économiste Nouriel Roubini dit que l'effondrement monétaire des grands empires commence généralement quand le débiteur et le créancier sont clairs. Qu'en pensez-vous ?

Je l’espère! Ce serait la meilleure issue pour tous. D'un côté, les étatsuniens auraient une autre politique générale sur les questions fiscales et macro-économiques, la citoyenneté étatsunienne vivrait mieux et dans l’environnement international il y aurait un autre système financier. Les boissons à volonté ─vous prenez tout ce que vous voulez, et vous n’avez rien à payer ─ c’est terminé.

Parmi les alternatives au dollar on mentionne le panier de l'euro, du yuan et de diverses monnaies. Est-ce qu’une réforme du système monétaire est-elle nécessaire ?

Je ne sais pas si le panier de monnaies est une issue. C’est ce qu’on a fait avec l'euro, mais au bout du compte, une seule monnaie était la plus forte : le mark allemand. Si l’on instaure un panier, il y a de mauvaises poires, de bonnes et de très bonnes. Attention avec le panier.

Source : «Si no cambian de política, los Estados Unidos irán a la bancarrota». Entrevista

Sur l’auteur

Esteban G. est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8258&lg=fr

Débat sur l’émission monétaire

Débat sur l’émission monétaire- J.M.Harribey (ATTAC) / A.J. Holbecq

Cher Jean-Marie Harribey,

N’étant pas inscrit sur les listes d’échange d’Attac, je rends quelques amis également destinataires de ce courriel, en espérant que vous ou eux pourront transférer ma réponse sur les listes “local”, “orientation”, “talk” et “discutez”

Vous avez émis, à l’attention de ces listes, une critique concernant notre dernier livre ” La dette publique une affaire rentableEditions Yves Michel. C’est tout à fait  légitime.

Je me permets de simplement répondre ici en quelques mots, mais je souhaite d’abord rappeler que je n’ai nullement l’intention de me comparer à des professionnels de l’enseignement universitaire ; j’essaye seulement, en tant qu’amateur, d’apporter moi aussi  ma pierre à l’édifice anticapitaliste dans la dernière ligne droite de ma vie. D’ailleurs j’ai eu besoin, tout au long de ce livre des analyses de ceux qui sont de vrais professionnels et que je cite : entre autres D. Plihon, D. Clerc, M.Allais, et vous évidemment (p.108)

show_image.php.pngVous dites « Tout ce qui est juste dans ce livre (et il y a des choses justes) figure dans tous les livres d’économie et est exprimé de façon aussi pédagogique. Je pense notamment au mécanisme basique de création monétaire qui est expliqué partout. »

Certes, mais qui lit les manuels d’économie universitaires, hélas ? Quel pourcentage des gens que vous interrogez dans votre entourage ont compris l’origine de la monnaie,  du crédit et de la dette? Combien pensent encore que les banquiers ne peuvent prêter que des épargnes existantes ou des financements des Banques Centrales (ou pire, des États), que ce sont les dépôts qui permettent les crédits ou pire qu’il n’y a d’autre monnaie que celle existante qui circule de plus en plus vite, donnant « l’illusion » de sa multiplication?

Même des gens ayant travaillé de longues années dans la banque, comme  Paul Jorion par exemple (dont le blog est un des plus lus actuellement) ne veuLent pas admettre le principe de la création monétaire par les banques, jouant sur les mots monnaie et reconnaissance de dette, mais en plus considérant que les banques ne peuvent prêter qu’une épargne préalable et que la monnaie bancaire n’est pas de la monnaie.

(voir, par exemple : « La dimensionnalité de la monnaie - Reconnaissance de dette et monnaie »  http://www.pauljorion.com/blog/?p=3076,
et « Argent et reconnaissance de dette  : de faux jumeaux » http://www.pauljorion.com/blog/?p=1289 , ou http://www.pauljorion.com/blog/?p=2908#comment-27754 ) .

D’autre part Jorion ne veut pas trop entendre parler des universitaires qui, selon lui, se trompent dans leur explications de la « soi disant création monétaire par le système bancaire » (les crédits font les dépôts) et préfère penser que c’est Helmut Creutz qui a raison (« Pourquoi il n’y a pas de « création monétaire » par les banques commerciales, par Helmut Creutz » : http://www.pauljorion.com/blog/?p=1135 )

argentdette.jpgJ’ai trouvé le même raisonnement par exemple chez Dominique Reynié, pourtant professeur des Universités en science politique à l’Institut d’études politiques de Paris (qu’on voit souvent à « C’est dans l’air » ) et sur le blog du journaliste bien connu à Bruxelles, Jean Quatremer. Et vous savez bien que même certains banquiers tiennent le même.

Tous sont d’importants relais d’opinion. Alors, n’y a-t-il pas un gros travail d’explication et de vulgarisation à faire dans toutes les catégories de la société, y compris les politiques, les journalistes et les intellectuels ?

Pire à nos yeux : dans tous ces livres économie, nous n’avons nulle part trouvé de critique au droit de création monétaire par le privé, ou qui pose la question de la légitimité de ce « droit ».

Mais encore pire ! Aucun ne semble soulever actuellement la thèse et la question que nous soulevons dans ce livre : pourquoi l’État est t-il obligé à payer l’intérêt à ces banques privées, directement ou indirectement, pour son propre financement ?

C’est donc ce point qui nous a semblé central à expliquer.

(Cliquez dessus pour agrandir l'image)

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Les intérêts de la dette, c’est 120 millions d’euros par jour ! Et malgré les 1300 milliards d’euros d’intérêts que nous avons payés depuis janvier 1973 (article 25 de la loi du 3 janvier), nous devons toujours 1300 milliards d’euros de capital, ce qui prouve bien que les comptes recettes/dépenses des administrations publiques seraient globalement sur ce long terme en équilibre s’il n’y avait pas nécessité de financement de la dette publique auprès du privé.

arton958.gifSommes nous dans une situation « logique » lorsque les banques commerciales financent par création monétaire des titres de la dette publique qu’elles peuvent ensuite mettre en pension auprès de la Banque Centrale, alors que cette même Banque Centrale ne peut elle, émettre des titres de dette publique ni prêter directement aux États? Ne faut-il pas dénoncer ce fait ?

Quand nous avons utilisé le terme « ex nihilo » nous avons bien précisé que cette création était bien néanmoins « sous garanties » (p.40) et nous expliquons correctement, je crois,  le fait que cette création est toujours décidée (devrait toujours être décidée) sur la foi d’une anticipation d’un acte productif qui suivra le crédit et de garanties acceptées par le banquier et sur la demande du secteur non bancaire (p.42).

amero3.jpgPar contre, nous nous opposons à l’acceptation de l’idée globalement admise que cet acte productif ayant pour conséquence une plus-value, intérêts étant considérés comme  une partie de cette plus value, ceux-ci doivent être versés aux créateurs privés de monnaie. A notre sens, c’est la collectivité dans sa totalité qui doit toucher ce bénéfice de la monétisation d’actifs ou de potentialité d’actif.

Ces deux points (dette publique et revenus de seigneuriage), nous amènent à dire que TOUTE la monnaie doit être créée par la collectivité (via une Banque Centrale lui appartenant), qui en touchera ainsi les fruits. Le problème de la justification des intérêts des épargnes préalables étant un autre sujet dans lequel nous ne sommes pas rentré car il mérite un autre débat.

rendre_la_creation_monetaire_a_la_societe_civile_philippe_derruder-2.jpgLa citation exacte et complète de Bernard Maris est : « … la monnaie est détachée de tout support matériel, on peut créer de la monnaie à l’infini » (p. 53). Oui, la limite est donnée par le système productif et la quantité de monnaie n’est pas extensible à l’infini. Aurions-nous sous entendu l’inverse ? Cette citation de Bernard Maris est évidemment à relier à ce qui précède immédiatement, où il explique que « la vraie garantie de la création monétaire c’est l’anticipation de l’activité économique ». Qui plus est, si Bernard Maris utilise ce mot « à l’infini » c’est pour marquer les esprits, c’est une « image ».

Nous avons écrit « Le montant des intérêts, qui n’est jamais créé avec le capital, place la population mondiale dans la situation où le montant global de sa dette est supérieur à la masse monétaire disponible » et je maintiens… mais peut être la formulation n’est t’elle pas la meilleure possible, je le reconnais. Au temps T0, la masse monétaire corresponds (au passif des banques) au montant des créances (à l’actif des banques)… mais au temps T+1, il faudra bien rembourser capital et intérêts … d’où vient la monnaie représentant les intérêts? Il est vrai que « si  je perçois mon salaire à la fin du mois (en monnaie), je ne dois rien à personne. Si je le dépose à ma banque, c’est la banque qui me le doit »… mais cette monnaie n’a-t-elle pas à l’origine de son origine, été créée par le crédit ? Et ne faudra t-il pas un moment que le bénéficiaire du crédit la rembourse, avec intérêt ? Et ces intérêts, qui vont les créer si ce n’est les banques commerciales à l’occasion d’un autre crédit « en plus, quelque part » ? Voilà ce que nous voulions dire.

amero.jpgVous rajoutez : « Tout développement économique (qu’il soit productiviste ou au contraire qualitatif), donc toute « accumulation » exige un financement. Et, à l’échelle macro-économique, il faut une création monétaire. Alors que, sur un plan micro-économique, un raisonnement à partir de l’épargne préalable suffit. Donc la dette n’est pas un mal en soi. »

Avons-nous dit le contraire ? Nous disons seulement que la création monétaire ne doit pas avoir pour origine une création « privée » même réglementée. Mais nous disons surtout que ce sont les intérêts payés au privé par les administrations publiques qui n’ont plu d’autres sources de financement qui posent problème. Est-ce donc si « logique » que personne ne soulève même plus ce sujet ?

Vous écrivez : « Ce qui fait problème, c’est la structure de la dette (pour faire quoi ?) et c’est la nature sociale de ses créanciers. Il va de soi que ce sont les riches, et leurs institutions financières, qui détiennent la majorité des bons du Trésor. Le problème est donc de savoir qui leur paiera des intérêts et qui leur remboursera leur capital. Si la fiscalité est très progressive, aucun problème : les riches paieront aux riches. Si la fiscalité est injuste, les pauvres paieront aux riches. Donc, première mesure à prendre pour limiter les inconvénients de la dette publique : réforme radicale de la fiscalité. »

creation-monetaire.jpgTout à fait d’accord avec le débat nécessaire sur la structure de la dette. Par contre, la régulation de la dette publique par la fiscalité est une demi-mesure. Aucune dette publique ne doit être due au privé, mais elles doivent l’être à la collectivité. Comme la BdF est une entreprise publique, se payer des intérêts à soi même n’a pas de sens. Si on considère le cas de la BCE qui serait prêteur (hypothèse de refonte des Traités) , la BdF détenant environ 20% de la part en euro de la BCE, il ne faudrait pas que la part des crédits consentis à la France par la BCE dépasse 20% de la part de l’ensemble des crédits consentis à l’ensemble des pays de l’eurozone..

Vous terminez en écrivant : « Si les gouvernements hésitent à réformer la fiscalité, ils n’ont plus d’autre solution pour alléger la dette que de laisser filer l’inflation ou promouvoir une croissance astronomique à un taux plus élevé que le taux d’intérêt. Dans les deux cas, des inconvénients en vue. Depuis l’éclatement de la crise financière, les dettes publiques s’envolent. Il n’y aura pas d’autres solutions durables que de faire payer la crise à ses fautifs. »

A notre avis les gouvernements ont une autre solution pour alléger la dette : C’est de financer le renouvellement nécessaire des emprunts par la BdF ou la BCE à chaque échéance de dette. En 10 ans (moyenne des maturités ?) le problème serait réglé : il nous resterait une dette à nous-mêmes, non productive d’intérêts, et c’est plusieurs dizaines de millions d’euros d’intérêts par jour que nous éviterions de payer aux déjà plus riches (120 millions par jours actuellement). Ceci n’empêche évidemment pas une réforme nécessaire de la fiscalité que j’approuve à 100%.

Ce livre – avec ses erreurs et ses imprécisions - n’a jamais eu d’autre prétention que de rappeler au citoyen “ordinaire” quelques vérités sur la création monétaire et son corollaire,  la dette publique. Notre seul vœu est que ce débat puisse envahir l’espace public et je ne doute pas qu’Attac s’y emploiera également avec toute sa force.

En attendant, pouvez-vous, Jean-Marie, nous aider sur notre nouveau wiki  http://monnaie.wikispaces.com/  (ou http://www.detteetmonnaie.fr/ ) à expliquer aux lecteurs ce qu’est la monnaie et comment elle est créée, et les conséquences sur la dette publique. Vos interventions seraient les bienvenues.

Avec mes salutations respectueuses,

A-J Holbecq, co-auteur avec Philippe Derudder, de LA DETTE PUBLIQUE, UNE AFFAIRE RENTABLE.

Voir aussi création monétaire pour les nuls :

http://www.societal.org/monnaie/creationmonnaiepourlesnul...

Voir aussi video pour les nuls sur l'argent dette :

http://lemondedissident.20minutes-blogs.fr/archive/2009/0...

ainsi que ce texte :

http://www.apophtegme.com/COUPS%20DE%20GUEULE/arnaque.htm

aussi ce site du Quebec:

http://monnaies.quebecblogue.com/accueil/qui-cree-largent...

Source :

http://www.yvesmichel.org/holbecq/espace-economie-alterna...

31/07/2009

Quand le FMI entonne un air de pipeau


Quand le FMI entonne un air de pipeau

par Damien Millet et Éric Toussaint

 

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Visiblement, le Fonds monétaire international (FMI) apprécie d’occuper la une des pages économiques des journaux pendant la période estivale. C’est pourquoi Dominique Strauss-Kahn, son directeur général, a annoncé le 29 juillet dernier « une série de mesures historiques » qui ressemble bien davantage, pour les pays en développement, à une série de coups d’épée dans l’eau.

 

Première mesure : le FMI a décidé « la suspension du paiement des intérêts sur l'encours des prêts concessionnels pour tous les pays membres à faible revenu jusqu'à la fin de 2011 ». L’annonce est séduisante, mais la réalité est tout autre. D’abord, seuls les intérêts sont concernés, et pour une durée limitée. Le capital sera remboursé dans sa totalité et le paiement des intérêts reprendra dès le début de 2012. Ensuite, le taux d’intérêt auquel le FMI prête aux pays les plus pauvres est d’habitude très faible : de l’ordre de 0,5%. Le taux va donc passer de 0,5% à 0% pendant deux ans et demi. Il n’y a pas là de quoi faire bondir de joie les populations des quelque 80 pays concernés…

 

Deuxième mesure : le FMI va accroître ses prêts à destination de ces pays, pour un montant estimé à 17 milliards de dollars d'ici à 2014, dont 8 dans les deux années à venir. Mais d’une part, ce montant est très faible face aux 1 430 milliards de dollars correspondant à la dette extérieure publique de l’ensemble des pays en développement, et cet apport éventuel sera très insuffisant pour faire face aux effets de la crise économique qui frappe le monde depuis la mi-2007. C’est presque autant que le seul prêt accordé à l’Ukraine en novembre dernier. Et d’autre part, il s’agit de prêts, que ces pays devront de toute façon rembourser prochainement, prêts de surcroît assortis de conditionnalités néolibérales strictes : seuls les pays dociles y auront droit. Ce faisant, le FMI les pousse vers une nouvelle crise de la dette, puisque leurs revenus d’exportation ont baissé depuis 2008 et que la crise mondiale fait sentir ses effets en détériorant nettement leur situation financière.

 

 

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On le voit, il n’y a là rien de nature à soulager les souffrances durablement des peuples du Sud. Au lieu d’apporter une solution économique, le FMI essaie plutôt de redorer son blason après une longue période de graves difficultés pour cette institution dont les erreurs et les errements ont jalonné les trente dernières années de l’actualité internationale. Après avoir imposé des politiques d’ajustement structurel aux conséquences humaines dramatiques depuis les années 1980, le FMI a traversé une grave crise de légitimité. Détesté à juste titre dans les pays du Sud, le FMI a vu ses deux derniers présidents (l’Allemand Horst Köhler et l’Espagnol Rodrigo de Rato) démissionner avant la fin de leur mandat. Quand les cours des matières premières sont partis en flèche entre 2004 et 2008, les pays émergents ont commencé à accumuler d’importantes réserves de change avec lesquelles nombre d’entre eux (Argentine, Brésil, Uruguay, Philippines, Indonésie…) se sont dépêchés de rembourser par anticipation le FMI pour quitter son encombrante tutelle. A tel point que les créances détenues par le FMI ont fondu, passant de 106,8 milliards de dollars fin 2003 à 15,5 milliards fin 2007. D’autre part, la Chine s’est mise à prêter sans conditionnalité aux pays les plus pauvres, au premier rang desquels les pays d’Afrique subsaharienne. En somme, alors que les populations du Sud refusaient la logique imposée par le FMI depuis longtemps, les clients ont commencé à déserter, et même les directeurs quittaient le navire…

 

Dans ce contexte, la crise économique mondiale a représenté une réelle opportunité pour le FMI. Les premiers pays en difficulté (notamment ceux d’Europe de l’Est) ont eu recours à ses prêts pour faire face à la crise, malgré les conditionnalités qui y sont attachées. Les remèdes sont bien pâles, quand ils n’aggravent pas eux-mêmes les effets de la crise. Ainsi, sous la pression du FMI, la Lettonie a imposé une baisse de 15% des revenus des fonctionnaires, la Hongrie leur a supprimé le 13e mois (après avoir réduit les retraites dans le cadre d’un accord antérieur) et la Roumanie est sur le point de s’engager aussi dans cette voie. La potion est tellement amère que certains gouvernements hésitent fortement.

 

En avril dernier, le G20 qui s’est réuni à Londres a décidé de faire du FMI un acteur majeur de la sortie capitaliste de la crise qu’il tente de mettre en œuvre, notamment en lui fournissant des fonds supplémentaires. Les grands argentiers du monde s'efforcent de garder la main et de donner à un FMI discrédité et délégitimé le rôle du chevalier blanc qui va aider les pauvres à faire face aux ravages de cette crise, quitte à piétiner les plates-bandes d’une Banque mondiale qui traverse des difficultés comparables.

 

 

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Il faut empêcher le FMI de continuer à nuire, l’urgence est là. La solution est simple : l'abolition immédiate du FMI et son remplacement par une institution radicalement différente, centrée sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux. Il faut dire que le G20 a diablement raison de mettre le FMI au centre de l’échiquier mondial : en termes d’échecs, le FMI est un véritable expert…

 

 

 

 

Damien Millet est porte-parole du CADTM France (Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org). Eric Toussaint est président du CADTM Belgique. Ils ont écrit ensemble le livre « 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale », CADTM/Syllepse, novembre 2008.


Damien Millet est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Damien Millet publiés par Mondialisation.ca

Articles de Éric Toussaint publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

à voir aussi :

http://lemondedissident.20minutes-blogs.fr/archive/2009/0...

15:30 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk, fmi, nom, nwo, dette

Dette Américaine, The Truth

 

LA DETTE AMERICAINE "UNE VERITE QUI CHOQUE"

Voici le compteur, en temps réel, de la dette nationale américaine officielle. Et juste en dessous la dette réelle américaine, qui est tout à fait officieuse !!! Les états-unis sont ruinés,et le pays le plus endetté au monde, mais chuuuuutt , c'est un secret "de polichinel"!!!

Création monétaire hyper-inflationniste? Non ! Giga-inflationniste !!!!

Barack Obama Flickr.jpg
Barack t'as l'air inquiet, non !? T'as raison, moi ça me tourne la tète, la monstruosité du chiffre qui tourne aussi !!!

Monté Cristo

Source:

http://www.truthin08.org/widget/

à télécharger compteur mondial en temps réel : (population, naissances, morts, production, pétrole......................)

http://www.poodwaddle.com/clocks2.htm

14:15 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dette, americaine, compteur

08/06/2009

LA FED NE MONETISERA PAS LA DETTE AMERICAINE

LA FED NE MONETISERA PAS LA DETTE AMERICAINE

86_3.jpg "Soit des réductions des dépenses, soit des augmentations d'impôts seront nécessaires pour stabiliser la situation budgétaire", déclarait Ben Bernanke en réponse à une question posée par un membre du Congrès américain. Puis il a ajouté...

"La Réserve fédérale ne monétisera pas la dette".

Cette dernière phrase nous semble familière. Elle nous rappelle le "je ne suis pas un escroc" de Richard Nixon. Elle est sans doute destinée à se retrouver dans les livres d'histoire, avec le "je n'ai pas eu de relations sexuelles avec cette femme" de Bill Clinton et le "Dieu lui-même ne pourrait pas couler ce navire" du constructeur du Titanic.

Monétiser la dette, c'est précisément ce que la Fed fera. Mais elle ne le fera pas précisément. Non, elle agira de manière maladroite... hésitante... incompétente... accidentelle, et, en fin de compte, catastrophique.

Telle est notre prédiction, à la Chronique Agora. Prouvez que nous avons tort !

Aujourd'hui, nous vous expliquons pourquoi il est inutile d'être astrologue ou économiste -- deux professions très similaires... sauf que les astrologues ont plus de crédibilité professionnelle -- pour prévoir ce qui va arriver.

D'abord, regardons ce qui s'est passé sur les marchés la semaine dernière. Mercredi, les investisseurs avaient réagi positivement aux déclarations de Geithner aux Chinois et à celles de Bernanke aux Américains. Puis ils ont semblé changer d'avis.

arton2592.jpg"Peut-être que ces gars sont réglo, en fin de compte", se sont-ils dit d'abord. "Peut-être que le dollar ne part pas en capilotade".

Mais après 24 heures de réflexions profondes et de nombreux verres éclusés, ils sont revenus à la réalité : "mais à quoi est-ce que je pensais ? Bien sûr qu'ils vont saper le dollar... que peuvent-ils faire d'autre ?"

Si bien que les investisseurs sont revenus à l'achat d'actifs libellés en dollars mais qui prennent la direction opposée. L'euro a regrimpé. L'or aussi. Le pétrole également. Et les actions aussi.

Un ami nous envoie un récent rapport d'analystes de la Barclays. La banque prévient ses clients privés que "le marché baissier est probablement terminé".

Tout est possible, bien entendu. Mais pour les nombreuses raisons que nous avons décrites dans ces chroniques, nous doutons que nous ayons vu la fin de ce marché baissier. Ou de cette récession. Ce à quoi nous avons assisté jusqu'à présent est simplement un rebond post-krach classique. Rien de plus.

827267-1012919c8-7c498.jpgVoilà pourquoi la Fed finira par monétiser la dette. "Monétiser" la dette, au passage, c'est de l'escroquerie à la plus grande échelle qui soit. Plutôt que de rembourser honnêtement ce qu'il a emprunté, un gouvernement imprime de la devise supplémentaire et l'utilise pour rembourser ses prêts. La dette est "monétisée"... transformée en augmentation de la masse monétaire, abaissant ainsi le pouvoir d'achat de l'épargne de tout le monde.

Bien entendu, la Fed ne voudra pas commettre un méfait si infâme ; mais elle le fera malgré tout. Même les gens bien font de mauvaises choses lorsqu'ils se retrouvent dans le pétrin. Les autorités y sont déjà bien profondément enfoncées... et elles vont continuer de couler.

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

17:03 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dette, dollar, bernanke, fed

25/03/2009

Bulle du crédit aux USA et en Europe, aujourd'hui

Voici les derniers chiffres sur la bulle du crédit aux USA et en Europe

La fuite en avant aux Etats-Unis se poursuit, tel un drogué qui augmente sa dose pour maintenir les effets. En Europe, la dette semble refluer !

Voici un point sur ce qui est à l’origine de la crise que nous connaissons, c’est à dire la bulle de crédit géante générée par les plans de relance à répétition :

Carte-bleues.jpgAux USA (statistique Z1 de la FED), la masse de dette atteint désormais 52592 milliards de $, ce qui représente la somme intéressante de 700 000$ par ménage standard (un couple avec deux enfants), ou encore 370% du PIB US (le pic associé à la crise de 1929 était de 160% environ en début de crise, et un peu plus de 260% après 3 ans de crise à cause de l’effondrement du PIB associé).

La croissance du crédit a ralenti (+5,8%) sans s’arrêter, mais comme au trimestre précédent, c’est l‘état qui a fait l’essentiel, sans réussir à relancer le crédit chez les ménages, malgré sa fuite en avant tout à fait exemplaire et caractéristique d’une politique keynésienne parfaitement appliquée.

Les institutions financières ont également augmenté leur endettement (+7,2%)

Un des aspects fondamentaux d’une économie artificielle reposant sur le crédit est que comme pour un drogué, elle a besoin de stimulations toujours plus fortes pour se maintenir à flot : Les plans de relance étatiques ont en apparence une certaine efficacité dans un premier temps et semblent raisonnables en terme de coût. Puis il faut augmenter sans cesse les doses de dette parce que le consommateur devient de plus en plus équipé et a de moins en moins d’appétit de consommation.

  • En 1983, il fallait 1,63 $ de dette nouvelle pour obtenir 1$ de croissance du PIB.
  • En 1997, il fallait 3,08$.
  • En 2007, il fallait 6,86$ pour obtenir ce même $ de croissance.

Dollar_Obama.jpgCeux qui prétendent aujourd’hui “relancer le crédit” n’ont pas compris une chose essentielle : La quantité de dette qu’ils devront “injecter” pour obtenir le $ de croissance supplémentaire croit de façon exponentielle, jusqu‘à la rupture (*) qui est en train de se produire en ce moment.

Cette évolution fait qu’un simple ralentissement de la croissance de la dette est à présent suffisant pour provoquer une catastrophe, vu qu’on sort du schéma exponentiel : même si on parvenait à “effacer l’ardoise” miraculeusement, l‘économie ne repartirait pas (tant que l’on ne voudra pas sortir des schéma passés fondés sur le crédit) parce qu’il faudrait pour cela retrouver une croissance de la dette encore plus forte qu’au cours des années 2000 (en monnaie constante !).

En Europe maintenant, selon les données de la BCE, la situation n’est pas tout à fait la même, puisque le crédit a commencé à se contracter sur les 3 derniers mois (octobre à janvier). Il faut être prudent sur l’interprétation des données de la BCE qui sont moins complètes que celles des USA (en particulier sur les dettes gouvernementales), mais la différence est sensible, surtout en ce qui concerne les institutions financières.

La politique européenne a été un peu moins interventionniste que celle des USA, sans doute parce que la marge de manoeuvre disponible en Europe est moins grande qu’aux USA (les états européens partant en moyenne de plus haut en terme d’endettement public, et les taux des emprunts d‘état y étant plus élevés, de plus ils n'ont pas accés à la planche à billet comme les USA avec le FED, ceci expliquant cela).

Les déclarations de beaucoup de dirigeants ne montrent aucune prise de conscience de la réalité : on continue à croire que le crédit pourra être relancé à l’infini, et on s’occupe comme on peut à chercher des boucs émissaires.

Nous avons eu droit à un flot de déclarations sur le thèmes des paradis fiscaux, des stock-options et bonus de divers patrons, du bouclier fiscal, etc …

Je ne soutiens évidemment pas le blanchiment d’argent ou le versement de récompenses à des dirigeants qui ont mis leur société en faillite. Sans doute que ces problèmes doivent être débattus, mais focaliser le débat sur les stock-options, les bonus de hauts cadres bancaires, ou quelques textes règlementant certaines activités financières permet surtout de donner l’impression d’agir, tout en évitant de parler du vrai problème qui est de passer d’un modèle économique artificiel fondé sur une croissance exponentielle de la dette à un autre modèle économique basé sur une croissance saine où la dette ne progresse pas plus vite que la production de richesses réelles.

AE7CA4ADE59CC985AFE1AF833AF933.jpgVoici le fondement meme de la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy, c'est à dire donné l'impression d'agir activement contre l'immoralité et le dysfonctionnement du systeme, alors meme qu'ils le maintiennent en esperant toujours le sauver. C'est ce qu'on appele: noyé le poisson aupres de l'opinion publique, à grand coup de déclaration sur une soi-disante légiferation, moralisation et surtout la quete de bouc emissaire, qui à eux seul devront endosser tout les maux du systeme, tout en epargnant, (et c'est ce qui n'est pas dit), tous les autres grands patrons; amis eux de Sarkozy. Voilà pourquoi entre autre le gouvernement n'est pas pressé de faire voter de loi et bouger sur ces sujets et prefere garder la reference du cahier d'ethique du Medef, dont tout le monde se fout et ne respecte pas d'ailleurs, comme on a pu le remarquer.

"Continuons de faire semblant que nous agissons et que tout ira bien, en donnant l'impression aux Francais que nous reglons les problemes."

Voilà comment résumé en une phrase la politique de Nicolas Sarkozy, mais la réalité en est tout autre et sans nul doute, le plus dur sera la chute !!!

06/02/2009

Sarko : «Les prêts aux banques rapportent 1,4 milliard.» Faux !

Sarko : «Les prêts aux banques rapportent 1,4 milliard.» Faux !

En déclarant que les prêts consentis par l'Etat aux banques rapporteront 1,4 milliards, le Président de la République a commencé par émettre une contre-vérité évidente pour les connaisseurs. Explication.



Prime de risque de l'état et de la BNP. Les courbes commencent à se rapprocher à partir du 26 septembre 2008 lors des premières annonces des aides aux banques.
Prime de risque de l'état et de la BNP. Les courbes commencent à se rapprocher à partir du 26 septembre 2008 lors des premières annonces des aides aux banques.

« La crise est suffisamment dure pour qu’on ne mente pas aux Français», a dit d’entrée de jeu le Chef d’état. Moyennant quoi il a immédiatement enchainé par une contre-vérité : «les prêts aux banques ne vous a pas coûté un centime d’euro : les 25 milliards d’euros prêtés aux banques rapporteront à la France 1,4 milliards d’euros à la fin 2009.»
Eh bien, cette assertion est fausse, pour deux raisons :

1°) L’argent que l’état prête aux banques n’existe pas dans ses caisses. La France est donc obligée de l’emprunter sur les marchés. Les experts considèrent que le taux auquel la France emprunte représente à peu près la moitié de celui auquel elle prête aux banques. Le prêt ne rapporte donc pas 1,5 milliards mais la moitié, 700 milions.

2°) Au-delà de ce calcul comptable, on pourrait montrer que les prêts consentis par l’Etat aux banques affaiblissent considérablement la crédibilité du pays. Autrement dit, en prêtant aux banques, l’état transfère le risque, ce que les marché sanctionnent immédiatement en augmentant le taux auquel la France peut emprunter, comme on peut le constater sur le schéma qui ouvre cet article.

Au total, la décision de prêter aux banques ne rapporte en réalité pas grand chose au pays, ce qui ne veut pas dire qu’il ne fallait pas le faire, pour, comme l’a dit le Président, sauver l’épargne des Français ou permettre aux banques de continuer à exercer leur métier.


Jeudi 05 Février 2009 - 20:39

12:45 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banques, crise, dette, prêts

28/01/2009

Et si la Grande Bretagne faisait faillite?

Et si la Grande Bretagne faisait faillite?

Cette semaine, la Grande Bretagne est entrée pour de bon en phase de récession. Les éditorialistes britanniques ont sitôt comparé la situation du pays à celle de l'Islande. Pays en pleine croissance, l'Islande est devenue le pays symbole de la crise. Préfiguration de ce qui nous attend?

La Royal Bank of Scotland a perdu 97% de sa valeur (cc flickr andy beez)
La Royal Bank of Scotland a perdu 97% de sa valeur (cc flickr andy beez)

Si l’on en croit le Daily telegraph, la Grande-Bretagne doit faire face à une situation douloureuse, comparable à certains égards à celle qu'a connu l’Islande il y a peu. La presse britannique s'inquiète d'ailleurs d'un scénario à l'islandaise. Dans un dossier sur la crise économique, l'Evening Standard titrait « Islande sur Tamise » en  référence à l'effondrement de l'économie islandaise, tandis que le Financial Times se posait la question sans ambages: « Le Royaume-Uni peut-il faire faillite ? ».

SIGEBOURSEBIS__20080121_px_470__w_ouestfrance_.jpgLa Royal Bank of Scotland à la dérive
L'économie britannique est officiellement entrée en récession, les économistes  anticipent une baisse du PIB de près de 3 % cette année. Du jamais vu depuis 1946. Et les principales banques du pays commencent à présenter des signes de fatigue inquiétants, notamment la plus vieille d'entre elles: la Royal Bank of Scotland. Lourd symbole, en 2008, la RBS était encore la plus grande banque d'Écosse, la seconde du Royaume-Uni et d’Europe. Depuis le début de la crise de 2008, en raison des actifs dit toxiques qu’elle détenait, la banque a perdu 97,58 % de sa valeur ! Difficile de tomber plus bas.

Des réserves inférieures à celles de la Malaisie
Pour sauver ce qui peut encore l’être, le gouvernement envisagerait de recourir aux nationalisations. Un choix périlleux compte tenu des dettes extérieures accumulées par tous ces établissements. « Aujourd'hui, la Grande-Bretagne dispose de réserves de devises inférieures à 61 milliards de dollars, moins que la Malaisie ou la Thaïlande. Les dettes des banques britanniques vis-à-vis de l'étranger s'élèvent à 4 400 milliards de dollars -deux fois le PIB annuel du pays » écrit le Daily Telegraph. C’est l’une des raisons qui explique la dégringolade récente de la livre sterling.

La Grande Bretagne et l'Islande coulés par leurs banques ?wachtrij.jpg
C’est là que le parallèle avec l'Islande devient troublant. Le système bancaire  dopait la croissance. Mais en asséchant les circuits de refinancement des banques, la crise a brutalement brisé le rêve le rêve islandais. Les trois banques du pays, qui avaient fortement investi à l’étranger se sont retrouvées sans le sous. Le pays a été ruiné par les égarements de ses trois principaux établissements bancaires qui avaient accumulé des dettes équivalentes à 900% du PIB plongeant l’Islande dans la crise et forçant le gouvernement à les renationaliser. Si l’agence de notation Standard’s & Poors estime que la situation britannique constitue un « test sévère » pour le gouvernement de Gordon Brown, la situation de la Grande Bretagne est différente de celle de l’Islande. Le Royaume-Uni peut toujours s’appuyer sur la livre sterling, qui reste l’une des principales monnaies mondiales.

Le FMI en renfort ?
Reste qu’un plan de sauvetage des banques du pays pourrait porter le déficit public à près de 10 % du PIB. Un dérapage qui commence à faire douter de la capacité du pays à pouvoir financer sa dette. Provocateurs, les conservateurs s’interrogent sur la possibilité d’en appeler au FMI, comme l’a fait l’Islande. Une hypothèse jugée « ridicule » par Gordon Brown.

Mercredi 28 Janvier 2009 - 07:00
Régis Soubrouillard

 
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