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31/07/2009

Quand le FMI entonne un air de pipeau


Quand le FMI entonne un air de pipeau

par Damien Millet et Éric Toussaint

 

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Visiblement, le Fonds monétaire international (FMI) apprécie d’occuper la une des pages économiques des journaux pendant la période estivale. C’est pourquoi Dominique Strauss-Kahn, son directeur général, a annoncé le 29 juillet dernier « une série de mesures historiques » qui ressemble bien davantage, pour les pays en développement, à une série de coups d’épée dans l’eau.

 

Première mesure : le FMI a décidé « la suspension du paiement des intérêts sur l'encours des prêts concessionnels pour tous les pays membres à faible revenu jusqu'à la fin de 2011 ». L’annonce est séduisante, mais la réalité est tout autre. D’abord, seuls les intérêts sont concernés, et pour une durée limitée. Le capital sera remboursé dans sa totalité et le paiement des intérêts reprendra dès le début de 2012. Ensuite, le taux d’intérêt auquel le FMI prête aux pays les plus pauvres est d’habitude très faible : de l’ordre de 0,5%. Le taux va donc passer de 0,5% à 0% pendant deux ans et demi. Il n’y a pas là de quoi faire bondir de joie les populations des quelque 80 pays concernés…

 

Deuxième mesure : le FMI va accroître ses prêts à destination de ces pays, pour un montant estimé à 17 milliards de dollars d'ici à 2014, dont 8 dans les deux années à venir. Mais d’une part, ce montant est très faible face aux 1 430 milliards de dollars correspondant à la dette extérieure publique de l’ensemble des pays en développement, et cet apport éventuel sera très insuffisant pour faire face aux effets de la crise économique qui frappe le monde depuis la mi-2007. C’est presque autant que le seul prêt accordé à l’Ukraine en novembre dernier. Et d’autre part, il s’agit de prêts, que ces pays devront de toute façon rembourser prochainement, prêts de surcroît assortis de conditionnalités néolibérales strictes : seuls les pays dociles y auront droit. Ce faisant, le FMI les pousse vers une nouvelle crise de la dette, puisque leurs revenus d’exportation ont baissé depuis 2008 et que la crise mondiale fait sentir ses effets en détériorant nettement leur situation financière.

 

 

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On le voit, il n’y a là rien de nature à soulager les souffrances durablement des peuples du Sud. Au lieu d’apporter une solution économique, le FMI essaie plutôt de redorer son blason après une longue période de graves difficultés pour cette institution dont les erreurs et les errements ont jalonné les trente dernières années de l’actualité internationale. Après avoir imposé des politiques d’ajustement structurel aux conséquences humaines dramatiques depuis les années 1980, le FMI a traversé une grave crise de légitimité. Détesté à juste titre dans les pays du Sud, le FMI a vu ses deux derniers présidents (l’Allemand Horst Köhler et l’Espagnol Rodrigo de Rato) démissionner avant la fin de leur mandat. Quand les cours des matières premières sont partis en flèche entre 2004 et 2008, les pays émergents ont commencé à accumuler d’importantes réserves de change avec lesquelles nombre d’entre eux (Argentine, Brésil, Uruguay, Philippines, Indonésie…) se sont dépêchés de rembourser par anticipation le FMI pour quitter son encombrante tutelle. A tel point que les créances détenues par le FMI ont fondu, passant de 106,8 milliards de dollars fin 2003 à 15,5 milliards fin 2007. D’autre part, la Chine s’est mise à prêter sans conditionnalité aux pays les plus pauvres, au premier rang desquels les pays d’Afrique subsaharienne. En somme, alors que les populations du Sud refusaient la logique imposée par le FMI depuis longtemps, les clients ont commencé à déserter, et même les directeurs quittaient le navire…

 

Dans ce contexte, la crise économique mondiale a représenté une réelle opportunité pour le FMI. Les premiers pays en difficulté (notamment ceux d’Europe de l’Est) ont eu recours à ses prêts pour faire face à la crise, malgré les conditionnalités qui y sont attachées. Les remèdes sont bien pâles, quand ils n’aggravent pas eux-mêmes les effets de la crise. Ainsi, sous la pression du FMI, la Lettonie a imposé une baisse de 15% des revenus des fonctionnaires, la Hongrie leur a supprimé le 13e mois (après avoir réduit les retraites dans le cadre d’un accord antérieur) et la Roumanie est sur le point de s’engager aussi dans cette voie. La potion est tellement amère que certains gouvernements hésitent fortement.

 

En avril dernier, le G20 qui s’est réuni à Londres a décidé de faire du FMI un acteur majeur de la sortie capitaliste de la crise qu’il tente de mettre en œuvre, notamment en lui fournissant des fonds supplémentaires. Les grands argentiers du monde s'efforcent de garder la main et de donner à un FMI discrédité et délégitimé le rôle du chevalier blanc qui va aider les pauvres à faire face aux ravages de cette crise, quitte à piétiner les plates-bandes d’une Banque mondiale qui traverse des difficultés comparables.

 

 

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Il faut empêcher le FMI de continuer à nuire, l’urgence est là. La solution est simple : l'abolition immédiate du FMI et son remplacement par une institution radicalement différente, centrée sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux. Il faut dire que le G20 a diablement raison de mettre le FMI au centre de l’échiquier mondial : en termes d’échecs, le FMI est un véritable expert…

 

 

 

 

Damien Millet est porte-parole du CADTM France (Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org). Eric Toussaint est président du CADTM Belgique. Ils ont écrit ensemble le livre « 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale », CADTM/Syllepse, novembre 2008.


Damien Millet est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Damien Millet publiés par Mondialisation.ca

Articles de Éric Toussaint publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

à voir aussi :

http://lemondedissident.20minutes-blogs.fr/archive/2009/0...

15:30 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk, fmi, nom, nwo, dette

30/03/2009

La vérité sur le cas de M. Sarkozy

La vérité sur le cas de M. Sarkozy
30 mars 2009 - 14:14

par Jacques Cheminade

 

« …Tout son corpsd’un seul coupdans l’espace d’une minute, et même moins,se déroba,s’émietta,se pourrit absolument sous mes mains. Sur le lit, devant tous les témoins, gisait une masse dégoûtante et quasi liquide,une abominable putréfaction. »

Ainsi se termine La vérité sur le cas de M. Waldemar, la célèbre Histoire extraordinaire d’Edgar Allan Poe. Nicolas Sarkozy, qui n’apprécie pas, semble-t-il, La princesse de Clèves, aurait sans doute intérêt à méditer la leçon d’un auteur majeur du pays qu’il admire tant.

En effet, M. Waldemar, qui s’est fait magnétiser avant de mourir, reste sept mois dans un état où son corps ne change pas, et ce n’est que lorsque l’on procède à l’expérience du réveil qu’il se produit ce que nous venons de citer. Le réveil politique de M. Sarkozy sera sans doute de même nature s’il ne change pas. En effet, toutes les initiatives qu’il vient de prendre récemment sont une adaptation à la situation, sur le lit bordé par l’oligarchie financière, sans tenir le moindre compte de l’économie physique ni des intérêts de son peuple, que ce soit ceux qui ont voté pour ou ceux qui ont voté contre lui. Il perdure, comme M. Waldemar, mais le choc de la réalité révèlera son état réel.

02_sarko_toulon_357.jpgAprès le discours de Toulon, le Président de la République indiqua sa volonté de mettre un terme à la loi du capitalisme financier. Aujourd’hui, à Saint-Quentin, il parle de « moraliser » ce à quoi hier il prétendait mettre fin. Hier il stigmatisait ceux qui s’enrichissent en spéculant, aujourd’hui il s’en prend aux grévistes ; hier il semblait condamner un système, aujourd’hui non seulement il fait avec, mais ne cède pas à la pression de sa propre majorité en faveur d’une loi interdisant les bonus et stock-options dans les entreprises aidées par l’Etat. Ce n’est pas un décret de dernière heure, interdisant, seulement jusqu’à fin 2010, les stock-options pour les dirigeants de banques et de l’industrie automobile bénéficiant d’une aide publique, qui change grand-chose à la question : il s’agit d’un typique effet d’affichage. Tout au plus mise-t-il sur des menaces, aussi convaincantes que le code de gouvernance Afep-Medef qui est une « éthique » sans obligation ni sanction réelle.

afp-photo-179215.jpgLe symbole est fort : Saint-Quentin était comme en état de siège, avec des centaines de policiers et de camions-barrières au coin des rues, et si la salle était pleine, c’était de militants UMP venus des environs proches et lointains, rassemblés pour l’occasion. Sur le fond, c’est encore pire. M. Sarkozy ne s’oppose plus aux dérives financières qu’en paroles, dans les faits il les encourage. Il a ainsi demandé à la Banque centrale européenne (BCE) de recourir à de « nouvelles armes » face à la crise, ce que Mme Christine Lagarde appelle « des mesures un petit peu alternatives et non conventionnelles ».

planche_billets.jpgEn clair, de faire marcher la planche à billets électronique. Il s’agit du rachat de titres obligataires d’Etat (bons du Trésor) ou même d’entreprises pour « débloquer les circuits du crédit », à l’image de ce que font la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine. « J’ai toujours été pour cet élargissement des instruments utilisés par la BCE », a-t-il indiqué sans gêne. C’est à la fois dangereux et stupide. En effet, ce sont ainsi les Banques centrales qui viennent au secours des Etats, qui à leur tout viennent au secours des banques en reprenant ou en garantissant leurs effets toxiques, ou en leur procurant des fonds propres, sans conditions ni garanties ! La politique officielle française consiste donc à renflouer, comme les politiques britannique et américaine actuelles, un système qui a rendu l’âme, autant que…M. Waldemar. Ce qui conduira tout droit, si l’on continue ainsi, au doute sur la solvabilité des Etats surendettés puis à leur faillite, comme celles de l’Islande, de la Lettonie ou de la Hongrie, mais à une échelle que les pédants bien vus en Cour appelleraient « macroéconomique ».

Déjà, et c’est pour cela que nous disons que ce choix est stupide, la Banque d’Angleterre vient de mettre en place sa politique d’« assouplissement monétaire » sans grand succès, puisque le mercredi 25 mars elle n’est pas parvenue à placer la totalité d’un emprunt à 40 ans d’à peine plus d’un milliard de livres.

Quant aux paradis fiscaux, la France ne remet en cause ni ceux que constituent la City de Londres et Wall Street, tout en s’en prenant à leur « compétiteur » suisse, ni ceux qu’utilisent abondamment les banques françaises pour leurs opérations les plus « délicates », de Jersey jusqu’aux Antilles.

sarko-merkel432.jpgLa note adressée en vue du G20 par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à MM. Topolanek, président en exercice du Conseil européen, et Barroso, président de la Commission européenne, propose une supervision financière paneuropéenne et approuve les recommandations du rapport Larosière. Sans en vouloir personnellement à cet éminent personnage promu par la France et l’Allemagne, notons qu’il a été conseiller de l’assureur AIG, un casino financier renfloué par l’Etat américain à hauteur de 173 milliards de dollars, ce qui augure mal de sa compétence pour « refonder » quoi que ce soit. Ajoutons que le principal bénéficiaire du renflouement de AIG, à hauteur de plus de 12 milliards de dollars, a été Goldman Sachs, dont l’ancien secrétaire américain Hank Paulson fut le dirigeant. Lors du sauvetage, Lloyd Blankfein, aujourd’hui à la tête de Goldman, était présent dans la pièce ! Bref, on prend les mêmes et on recommence, et le conflit d’intérêts est partout.

C’est ce système que couvrent Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en remettant la conception des réformes au FMI, au FSF, au Comité de Bâle sur la supervision bancaire et à la Commission européenne. Parlons maintenant de cette dernière : José Manuel Barroso, l’ultra-libéral imposé hier par Tony Blair, sera reconduit aujourd’hui faute d’alternative (sic) à gauche (re-sic). Il est vrai que lors du séminaire sur la refondation du capitalisme, parrainé alors par Nicolas Sarkozy et Eric Besson, le « cher Tony » avait été reçu en héros. Aujourd’hui, Gordon Brown et l’espagnol Zapatero soutiennent Barroso : si ce n’est pas là une sorte d’inceste, cela y ressemble fort.

Merkel et Sarkozy s’engagent « à consolider nos finances publiques en appliquant le pacte de stabilité et de croissance… au fur et à mesure que l’économie se redressera ». C’est dire que l’on continue à se livrer pieds et poings liés à la loi du marché, en s’interdisant d’émettre du crédit productif public, seule solution pour financer l’équipement de l’homme et de la nature.

photo_0302_459_306_12451.jpgN’en jetez plus, direz-vous. Eh bien non. Le comble est l’adhésion de tous à la loi du FMI. Un FMI renforcé dont le directeur général, Dominique Strauss-Kahn, vient d’indiquer clairement la « philosophie » dans un entretien à La Tribune du 28 mars : « Un dollar utilisé pour nettoyer le bilan des banques est aujourd’hui beaucoup plus efficace qu’un dollar investi dans la construction de nouveaux ponts ». La même politique anti-infrastructure est promue, au sein de l’administration Obama, par Lawrence Summers, son conseiller vendu depuis toujours à l’idéologie et aux intérêts de Wall Street et dont Lyndon LaRouche réclame la démission. En fait, c’est une « gouvernance mondiale » qui est promue, visant à servir l’oligarchie financière au plus fort de la crise. Avec pour conséquence ce qu’on voit déjà en France avec Continental, Heuliez, Peugeot, Renault et leurs équipementiers et sous-traitants, Amora-Maille, 3M, Celanese et les 10000 à 15000 PME qui doivent supprimer entre 2 et 50 salariés. Mais peu importe, il faut d’abord sauver les établissements financiers, comme ils disent tous dans ce milieu, et comme l’affirme Denis Kessler, le patron de la SCOR, « lutter contre les 3 P, enfants bâtards de toute crise : le Protectionnisme, le Populisme et le Patriotisme qui dégénère en nationalisme ». Il faut un terrible culot, indépendamment de tout jugement moral, pour condamner les réactions face à une crise dont on est soi-même responsable et coupable !

Sarko-Merkel_Berlusconnard.jpgPlus honnêtement, Jacques Attali va au bout du raisonnement (cf. notre éditorial) : un gouvernement mondial après des guerres, ce « fascisme universel » que les égarés de la social-démocratie en viennent à partager avec les néo-conservateurs américains. En un mot, la face cachée de Lord Keynes. On comprend que Peter Mandelson, l’homme à tout faire de l’oligarchie financière et actuellement ministre britannique du Commerce, déclare « son admiration pour la présidence française de l’Union européenne ». Il ne manquait plus que Lord Mark Malloch Brown, l’organisateur du G20, pour tresser des louanges à notre Président. C’est fait. Celui-ci sortira-t-il de son état hypnotique ? C’est son propre intérêt, car s’il ne le fait pas, c’est le sort de M. Waldemar qui l’attend, ou bien d’être momifié pour services rendus à l’Empire, comme le cadavre de Jeremy Bentham. Un mot seul pourrait le ramener à la vie : « banqueroute organisée », celui que je prononce ici à la face des autres.

20:14 Publié dans sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sar'kozy, g20, dsk, fmi, crise, banque

18/02/2009

France Inter s’excuse auprès de DSK… mais félicite Guillon!

France Inter s’excuse auprès de DSK… mais félicite Guillon!

Interrogé par Canal +, le directeur délégué de France Inter s’est excusé de la chronique de Stéphane Guillon qui revenait sur les aventures extra-conjugales de DSK… mais selon l’humoriste, la direction l’aurait félicité en lui envoyant du champagne!

 


A l’étroit dans son costume, le directeur délégué de France Inter se tortille pour s’excuser du « papier méchant » du chroniqueur Stéphane Guillon qui avait déplu au président du FMI qui l’avait fait savoir à l’antenne.

Contant les « mesures de précaution » prétendument prises à France Inter pour la venue de Dominique Strauss-Kahn, l’humoriste avait osé écorcher son orgueil en rappelant ses aventures extraconjugales hyper médiatisées. Ne faisant ni une, ni deux, Frédéric Schlessinger, patron de la radio de « l’impertinence », s’est donc précipité face aux caméras de l’émission du midi de Canal Plus pour « présenter au nom de France Inter ses excuses » à DSK, rappelant qu’il n’y avait pas là matière à diffamation.

Des déclarations qui ont un peu surpris l’humoriste interrogé sur le plateau de Canal Plus qui aurait reçu à son domicile une caisse de champagne et un mot « Bravo continue »… de la part du même Frédéric Schlessinger ! Décidément, « l’impertinence » dans le service public est une notion bien ambiguë !

Mise à jour mardi 17 février à 19h40

France Inter a contacté la rédaction de Marianne2 pour préciser que Stéphane Guillon était « dans le second degré absolu » quand il a évoqué l’envoie d’une caisse de champagne. « Personne ne relit ses papiers avant le passage à l’antenne, nous a-t-on assuré. Stéphane Guillon jouit d’une liberté totale à l’antenne et Frédéric Schlessinger était totalement décontracté quand il a accepté de répondre aux questions que souhaitait lui poser le journaliste de Canal + ».

Il faut soutenir les humoristes.  A l’heure du pouvoir personnel et des élites confites dans leur arrogance, ils incarneraient, paraît-il, l’âme de la résistance contre les forteresses de la « bulle ». Les Français vénéraient Coluche,  ils adorent Nicolas Canteloup, l’imitateur acide d’Europe 1  et font un triomphe à Stéphane Guillon, l’insolence faite homme, selon ses amis et sa famille.

Ce dernier, après avoir exercé ses talents sous la houlette des immensses Stéphane Bern et Thierry Ardison, a décroché un nouveau contrat de sniper sans pitié sur France Inter. Habitué à viser en dessous de la ceinture, il n’a pas dérogé à la règle en préambule à l’interview qu’y donnait ce matin Dominique Strauss- Khan. Et le scénario prévisible du petit-scandale-radiophonique a parfaitement fonctionné : quelques heures plus tard, interrogé par Libération à propos du  buzz déclenché par la mise en ligne de la vidéo sur « Dailymotion » , le service de presse de France Inter était aux anges : «C'est ce que l'on atteint normalement pour les chroniques de Stéphane et Didier [Porte] en cinq jours !»

Voilà de quoi rassurer tous les combattants de la liberté d’expression, déjà à l’inquiets à l’idée que les patrons d’Inter soient tentés d’ exiger du preux Stéphane qu’il ravale un peu  son fiel.  Sur la chaîne différente, aussi, l’audience compte.

Trois remarques.

1) Il est sûr que l’humour scato-myso et cynique de Guillon est infiniment moins nuisible à la démocratie que les parachutes dorés et les bonus géants des patrons du CAC 40, de la City et de Wall street.

2) Il est tout aussi évident que les blessures d’ego d’un DSK ou de tout autre professionnel de la politique (et quel que soit son niveau d’intégrité) soumis aux professionnels de l’impertinence nous toucheront toujours moins que les souffrances des millions de précaires virés de GM, Renault, Total  ou des usines de Shenzen.

3) On peut ne vouloir absolument aucun mal à Guillon et tous les nouveaux humoristes chéris du show-bizz  sans confondre pour autant leur gentil nihilisme commercial avec une quelconque forme de radicalité. Ils n’en demandent d’ailleurs pas tant, dira-t-on, trop et simplement heureux de remplir les salles et leurs comptes en banques. C’est entendu : tout travail mérite (très gros..) salaire.

Il y a en tout cas dans plusieurs rédactions, du service  soi-disant public comme de l’audio-visuel privé, nombre de journalistes amèrement conscients que la liberté de ton accordée  aux « bouffons » s’arrête souvent à l’orée de leur propre travail. Ceci expliquant peut-être cela...

Mardi 17 Février 2009 - 16:07

 

 
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