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19/08/2009

rien n'a changé sur les marchés financiers

Un ancien trader témoigne : rien n'a changé sur les marchés financiers

Ancien trader, Nicolas* est aujourd'hui gérant d'un hedge fund. Selon lui, la politique de taux bas a permis aux banques de se refaire une sante sans pour autant les forcer à relancer la machine du prêt : dès le 1er trimestre 2009, les prises de risquent revenaient. Les banques n'ont pas changé !

Nicolas* était trader dans une grande banque américaine jusqu'à la fin de l'année. Depuis, il gère un fonds financier pour des entreprises. Ses années d'expérience sur les marchés et son poste d'observation privilégié de la vie financière française lui permettent un constat sans appel sur l'évolution du secteur financier depuis la chute de Lehman Brothers : rien n'a changé !

Marianne2.fr : Que pensez-vous des choix qui ont été faits pour par les gouvernements pour aider le secteur financier ?
Nicolas* :
L'objectif était de sauver les banques et, en cela, les Etats ont fait tout ce qu'il fallait : en ramenant les taux d'intérêts à court terme à zéro, les banques centrales leur ont permis de se refinancer presque gratuitement. Un cadeau pour les établissements financiers qui prêtent cet argent «gratuit» aux Etats (qui ont des besoins de refinancement énormes) à plus long terme, 10 ans par exemple, mais à un taux proche de 4% : les banques centrales ont offert l'occasion aux établissements financiers d'operer massivement ce transfert en empochant la différence. Le seul problème, c'est que, en dehors des banques et des Etats, les autres acteurs de l'économie n'empruntent plus : les ménages supportent la hausse du chomage et les grandes entreprises réduisent les coûts au lieu d'investir.

«L'argent "gratuit" des banques centrales a permis aux banques de se refaire en prêtant et en reprenant des risques sur les marchés.»

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A part les PME, qui sont très mal servies en prêts, personne n'a besoin de crédit : la chaîne de distribution des capitaux est bloquée. Avec ces liquidités qui ne circulent pas, les banques peuvent donc renouer avec des activités à risque, très lucratives : au 1er semestre 2009, la «value at risk», qui représente la prise de risque dans les placements,  a explosé dans les bilans des banques américaines. Elles ont renoué avec les positions de marché.

Vous voulez dire que l'aide aux banques a permis aux banques des prises de risques lucratives qui expliquent les résultats exceptionnels des premiers mois ?
Oui et non. Il faut se souvenir que beaucoup de personnes se sont faites virées après la chute de Lehmann Brothers. Beaucoup pensaient d'ailleurs que c'était la fin. Sans compter que les provisions pour pertes sur prêt, qui correspondent à l'activité de crédit traditionnel des banques, ont beaucoup augmenté au premier semestre ce qui est le signe que l'économie va mal.

«Les plans de relance ont donné lieu à un énorme transfert de risque des banques aux Etats.»

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Ce mauvais indicateur et ces pertes ont été compensés par le trading et le conseil, stimulées par la moindre activité sur les marchés qui créait des opportunités intéressantes. Au final, on peut dire que les plans de relance ont été une énorme transfert de risque des banques vers les Etats. Et en cela, les profits jugés scandaleux de Goldman Sachs sont parfaitement cohérents : c'est la plus grande société de placement et de trading du monde, elle est repartie sur les chapeaux de roues.

Comment les conclusions du G20 et les déclarations des chefs d'Etat et ministres des finances en faveur d'une régulation des prises de risque et des rémunérations ont-elles influé sur le secteur ?
Tant qu'il n'y aura pas de loi, rien ne changera ! Le code de déontologie du Medef, le G20, les listes grises et noires, ça a bien fait rigoler. Pour les paradis fiscaux, malgré toute leur communication, personne n'est aujourd'hui capable de trouver le nom des propriétaires des trusts qui y font des affaires. La seule décision qui change un peu les pratiques, c'est l'accord entre les Etats-Unis et la Suisse sur la révélation de l'identité des clients d'UBS fraudant le fisc américain.

«Le code de déontologie du Medef et le G20 ont bien fait rigoler : tant qu'il n'y aura pas de loi, les rémunérations ne changeront pas !»

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En dehors de ça, rien n'a changé. Maintenant, chacun reste dans l'expectative : une hyper-inflation ou une déflation et peut-être une nouvelle bulle : celle de la forte dette des Etats. Si les rémunérations des traders évoluent, ça sera par la loi ou par elle-même : aujourd'hui, la plupart des produits sont «à terme» et il n'est pas logique qu'un trader recoive un bonus pour quelques semaines de performance alors qu'une fois le produit vendu, la banque porte les risques sur plusieurs années de vie du produit.


*Le nom de Nicolas est un nom d'emprunt choisi par notre interlocuteur.
Source :
http://www.marianne2.fr/Un-ancien-trader-temoigne-rien-n-...

Sylvain Lapoix - Marianne

17/08/2009

Trafic d’organes : 29 élus et 5 rabbins arrêtés

SPECIALE REDIFFUSION (pour censure abusive)

la 1er vidéo que j'avais mis le 29/07/09, a été supprimé du compte Dailymotion où je l'avais trouvé.(bizarre de censuré une information distillé par un journal télévisé) idem pour la seconde ! Enfin, fort heureusement, la vidéo continue de circuler sur le net. Je l'ai cette fois enregistré, pour ainsi pouvoir la remettre, au cas où celles de mes autres sources soient aussi supprimer. Par contre pour la source sur France24 ou l'AFP, ca va etre plus dur, pour ceux qui veulent et tente de cachés, cette histoire honteuse par tous les moyens. Cette fois, j'ai édité plusieurs source de la vidéo, bonne chance à ceux qui tentent d'illiminer une à une toutes les vidéos sur le sujet! je ne lacherai pas messieurs et je rediffuserai non stop!!!

Monté Cristo

 

Trafic d’organes : 29 élus et 5 rabbins arrêtés

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AFP - Une quarantaine d'élus locaux et cinq rabbins ont été arrêtés jeudi dans la banlieue de New York lors du démantèlement d'un réseau de corruption ayant des ramifications jusqu'en Israël et en Suisse.

Les maires des villes d'Hoboken, Secaucus et Ridgefield, dans l'Etat du New Jersey, figurent parmi les personnes arrêtées dans le cadre de ce coup de filet qui a commencé à l'aube. Les autorités soupçonnent les prévenus de corruption, extorsion de fonds, blanchiment d'argent et trafic d'organes.

Les télévisions ont montré les images des dirigeants locaux placés menottes au poignet à bord d'un autocar qui devait les diriger vers leur lieu de détention, aux côtés de rabbins en tenue traditionnelle. Plusieurs synagogues ont été perquisitionnées et un total de 44 personnes arrêtées.

"Ces personnalités politiques se sont vendues", a résumé le procureur Ralph Marra lors d'une conférence de presse, tout en accusant les religieux juifs d'avoir "dissimulé leurs vastes activités criminelles derrière une façade de respectabilité".

Le coup de filet semblait l'un des plus vastes jamais lancés dans l'Etat du New Jersey (nord-est) connu pour ses relations malsaines entre la politique et le crime organisé. L'Etat a servi de cadre à la série télévisée "Les Sopranos" consacrée à la mafia.

Les autorités ont indiqué avoir enquêté pendant dix ans sur ce réseau de corruption organisée. Les élus faisaient passer leurs pots-de-vin pour des contributions électorales, selon la justice.

Quant au rabbin Levy Izhak Rosenbaum, il est accusé de trafic d'organes pour avoir persuadé des "donneurs" de lui vendre pour 10.000 dollars des reins qu'il revendait seize fois plus cher.

Le gouverneur démocrate du New Jersey, Jon Corzine, a dénoncé "un degré de corruption scandaleux et intolérable". "La corruption est inacceptable, partout en tout temps et par qui que ce soit", a-t-il estimé dans une déclaration écrite.

M. Corzine risque d'avoir une réélection difficile en novembre face au républicain Chris Christie, un ancien procureur qui a à son actif plusieurs années de combat contre la corruption au New Jersey.

La police a démenti tout motif politique derrière les arrestations, qui touchent plus largement des responsables démocrates que républicains.

"Il ne s'agit pas de politique ni de religion. Il s'agit de criminels qui se servent de la politique et de la religion", a commenté un responsable du FBI, Weysan Dun.

Les suspects risquent jusqu'à 20 ans de prison pour abus de pouvoir et blanchiment d'argent, 10 ans pour prévarication et cinq ans pour trafic d'organes.








Pour en discuter :
http://novusordoseclorum.discutforum.com/
http://forumnatio.ueuo.com/index.php

Source :

http://www.france24.com/fr/20090724-reseau-corruption-dem...

http://cristos.over-blog.com/article-34200743.html

http://www.dailymotion.com/video/x9zufx_les-rabbins-et-le...s

07/08/2009

Lettre ouverte….de Jean Montaldo

Lettre ouverte….de Jean Montaldo

 

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Après avoir entendu cette interview le 31 juillet dernier: invitez-vous-20090731
podcast

je suis aller acheter le livre de Jean Montaldo:

 

Je ne fais jamais de publicité ! Je vous invite à le lire (et je ne touche rien ! pas comme certains brokers….

 

Olivier Crottaz

Crottaz Finance

28/07/2009

Désintégration financière à l’automne?

Brèves /
Désintégration financière à l’automne, action dès maintenant
27 juillet 2009 - 22:23

 

bourse crise tokyo.jpg27 juillet 2009 (Nouvelle Solidarité) - On entend dire ici ou là que la reprise est au coin de la rue, que la crise serait aussi bénigne qu’une petite grippette, comme si le facteur psychologique et la manipulation des comportements pouvaient mettre un terme à la réalité. « Le monde entier est pris dans une désintégration financière, a déclaré samedi Lyndon LaRouche, entre les 12 et 15 octobre, c’est-à-dire la fin de l’année fiscale américaine, les Etats-Unis et la plupart des pays vont entrer dans un processus de désintégration accélérée. »

« A moins de lancer une mise en banqueroute organisée du système financier, d’ici à la fin de l’automne nous aurons une situation économique mondiale chaotique. Il faut absolument mettre le système en redressement, en commençant par annuler les plans de renflouement. Nous devons faire en sorte que ce soit les Etats souverains qui reprennent les commandes de l’économie.

« Le système arrive à échéance entre les 12 et 15 octobre, à moins que des changements imprévisibles aient lieu d’ici-là. Lorsque l’année fiscale américaine arrivera à son terme, on verra clairement que nous sommes lancés dans un effondrement mondial. »

faillite.1172681683.jpgEn effet, le 30 septembre marquera la fin de l’exercice fiscal outre-atlantique, où banques et sociétés seront dans l’obligation de publier leurs comptes. C’est aussi à l’automne qu’expirera le plan de rachat gouvernemental des actifs titrisés (TALF), qui a fourni à Wall Street près de 1000 milliards de dollars pour aller se refaire sur les marchés. Le 15 juillet, le Comité des normes comptables et financières (FASB), qui en début d’année avait permis aux banques américaines de contourner la comptabilisation de leurs actifs à la valeur du marché et de maintenir leurs bilans artificiellement gonflés, a déclaré son intention de revenir en arrière. Les membres du FASB semblent désormais moins effrayés par les lobbys financiers que par les peines de prison qui les attendent pour complicité de manipulations comptables. L’application du « mark to market » forcerait les banques américaines à comptabiliser leurs pertes sur les prêts et sur les créances titrisées.

De surcroît, l’embellie boursière de ces dernières semaines, qui fait dire aux experts que la crise se termine (au mépris des indicateurs calamiteux de l’économie réelle), se révèle être le fruit d’une manipulation géante des marchés. Depuis trois semaines les bourses ont augmenté de plus de 10% ; dans ces conditions, on aurait du observer une hausse des volumes échangés, mais ces derniers ont baissé de 40% par rapport aux trois mois précédents. Il semble que l’activité des investisseurs traditionnels ait été remplacée par celle des logiciels de trading. L’affaire Aleinikov le confirme. Ce programmeur d’origine russe a été arrêté le 4 juillet à New York pour avoir dérobé les algorithmes top secrets qu’il avait mis au point pour Goldman Sachs. Ces derniers mois, ce logiciel a permis à Goldman Sachs de gagner plus de 100 millions de dollars par jour sur le trading d’actions. Logiciel miracle ? Pas vraiment. Ce programme, avec des codes de sécurité obtenus grâce aux entrées de Goldman Sachs au Trésor et à la Fed, capture les flux de texte des serveurs du New York Stock Exchange et d’autres bourses, ce qui lui permet d’avoir la tendance du marché avant tout le monde, et de jouer automatiquement sur une multitude de petits écarts gagnants à coup sûr (voir la tribune de Marc Mayor dans le MoneyWeek du 23 juillet).

picresize.php.jpgDans le même domaine, la Chronique Agora, site d’information et d’analyse économique et financière, a dénoncé des manipulations de marché ayant eu lieu début juillet à la bourse de Paris.

Les injections de liquidités pour soutenir cette grande folie spéculative - 23 700 milliards de dollars (170% du PIB américain) rien que pour les Etats-Unis selon l’inspecteur général du TARP (le plan de renflouement américain) - font peser le risque d’une hyperinflation brusque et violente, comparable à celle qui frappa l’Allemagne en 1923.

Les 60 jours qui viennent seront décisifs pour l’avenir : chaos ou bouleversement. Rendez-vous tous les jours dans la rue avec nos militants, et le 1er Août à 19h, pour une conférence internet d’importance capitale de Lyndon LaRouche, en direct de Washington [*].

Source:

http://www.solidariteetprogres.org/article5642.html

05/07/2009

Jean Montaldo dézingue les bandits de la finance

Jean Montaldo dézingue les bandits de la finance

« Chez moi quand on tue le cochon, tout le monde est content ! Sauf le cochon ! ». Cette citation, l’écrivain et journaliste d’investigation Jean Montaldo, la place en exergue de son tout dernier livre (le 16ème depuis 1971) : Lettre ouverte aux bandits de la finance (Albin Michel). Bretteur hors norme, Jean Montaldo, 68 ans, est toujours un combattant actif dont la capacité d’indignation est intacte.

Dans ce nouvel ouvrage documenté, luxuriant, touffu, voire baroque, il tente de démêler pour nous les arcanes de la finance et de comprendre comment la crise annoncée notamment par le FBI en 2004 n’a pas été enrayée par le gouvernement Bush, trop occupé sur d’autres fronts.
Il explique comment un homme de l’ombre, Angelo Mozilo, l’inventeur des subprimes il y a quarante ans, aidé de ses amis, les dirigeants de Fannie Mae et de Freddie Mac, entre autres, ont plongé le monde dans le marasme. Il dévoile enfin pourquoi les banquiers français, dans un bel ensemble, se sont engouffrés dans le piège des subprimes pour aboutir notamment à l’affaire Kerviel.

« Je suis sûr, que s’ils continuent comme avant, nous a-t-il confié en marge de l’interview qui figure ci-dessous, s’ils n’ont pas tiré les leçons de la crise, c’est sûr, il y aura une deuxième vague, une autre crise qui risque de faire exploser totalement le système financier international. Je le crains vraiment. J’ai les chiffres. Il y a aujourd’hui plus de 365, voire 400 000 milliards de produits titrisés en circulation. On ne peut pas les maîtriser. Ils ne sont même pas localisables. C’est ça le problème. Et ils en inventent tous les jours ».
On comprend dès lors pourquoi l’auteur cite Enver Hodja à la fin de son livre : « Malheureusement, l’année qui commence sera pire que la précédente… mais meilleure que la prochaine ». Le dictateur albanais n’est sans doute pas la référence suprême du libéral Montaldo. Gageons qu’il conjure le sort en le citant.

Chevalier blanc ? Populiste ? Prophète ? Jean Montaldo, souvent attaqué par la "bien pensance", n’est rien de tout ça. C’est d’abord un journaliste d’investigation comme on n’en fait plus, qui porte la plume là où ça fait mal et qui ne craint pas d’appeler un chat un chat. Son livre n’est pas un pamphlet. Il attaque les coupables avec impartialité et sans manichéisme.

Jean Montaldo, invité des RDV de l’Agora, répond aux questions d’Olivier Bailly


Olivier Bailly. En quoi ce nouveau livre est-il une suite logique au Marché aux voleurs ?
Jean Montaldo : J’avais prévenu les PDG des grandes banques, lors de la publication d’un de mes précédents livre, le Marché aux voleurs en janvier 2003, que je les maintenais sous haute surveillance. J’ai tenu ma promesse. Quand j’ai vu que loin de renoncer aux méthodes relevant du capitalisme le plus sauvage que je fustigeais dans mon livre tout continuait comme avant, en pire, j’ai compris qu’il fallait reprendre la plume. Pendant l’été 2008, j’ai pris la décision d’écrire cette lettre ouverte. Le Marché aux voleurs était déjà une adresse directe aux PDG faillis et aux banquiers. Cette fois, je m’adresse à eux nommément, en les visant leurs responsabilités respectives dans la crise mondiale. Avec des méthodes effroyables et des chiffres dantesques. Le lecteur peut enfin comprendre ce qui s’était réellement passé. J’ai à peu près tout lu de ce qui a paru, du moins en France, et, sauf à être vraiment un spécialiste émérite, on n’y comprend rien. Moi-même, en expert des milieux financiers, avais du mal à m’y retrouver. J’ai donc voulu vraiment comprendre, disséquer le monstre.

J’aborde, après avoir expliqué en quoi consistaient les subprimes (le principal, mais non pas le seul moteur du désastre), les sandwichs avariés adossés aux subprimes, avec les différents étages : la basse couche venimeuse, puis la couche mezzanine (avariée) et enfin la couche senior ou super senior (qui enjolive l’ensemble). Pour tour dire la titrisation des créances des banques mises hors-bilan. Après avoir expliqué ces arcanes il me fallait bien aborder le chapitre crucial, la bombe atomique qui a tout fait sauter, les mathématiques financières. 

Sur toute la planète, vous ne trouverez aucun PDG de banque qui comprend ces formules mathématiques illisibles. Pourtant, ils les utilisent en permanence pour farder leurs bilans, faire de la fausse monnaie. Les extraits des cours des mathématiques financières que je reproduis sont édifiants : on n’y comprend rien ! C’est totalement abscons, déconnecté de la réalité. Appliquées à la finance ces formules mathématiques, notamment la méthode de Monte-Carlo qui a été créée pour la bombe atomique de Nagasaki, ne pouvaient déboucher que sur l’explosion générale de l’économie mondiale. Ce n’est pas à la légère que dans cette Lettre ouverte aux bandits de la Finance je défie les banquiers responsable du cataclysme dont nous sommes tous victimes de venir sur un plateau de télévision m’opposer le plus petit démenti.

OB : Diriez-vous que cette crise est absurde ?
JM : Nous sommes dans l’irréel ! Les méthodes utilisées sont effroyables, malgré les avertissements répétés des meilleurs spécialistes et gendarmes américains. Je donne des preuves absolument formelles, qu’il se soit agit du FBI avec Robert Mueller qui parle de réseaux criminels. Il y a aussi d’autres organismes comme le Fincen. D’autres initiatives sont venues de deux sénateurs, Obama et McCain, dès l’été 2005. On ne sait pas à l’époque, eux-mêmes l’ignorent, qu’ils seront candidats à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Tous deux s’accordent, alors qu’ils appartiennent à des familles de pensée différentes pour diagnostiquer le même mal et proposer les mêmes remèdes. Obama est encore plus franc que McCain quand il demande que les bandits qui vicient la titrisation des subprimes qu’ils soient punis de trente-cinq années de prison, dès lors qu’il serait prouvé qu’ils appartiennent à des réseaux criminels. Toutes ces propositions de loi, du républicain McCain ou du démocrate Obama ont été jetées au panier.

Même chose en France, où j’observe que l’on n’a pas écouté la Banque de France et la Banque des règlements internationaux qui ont toutes deux fait correctement leur travail. Face à ces organismes de surveillance suprême, vous avez des gendarmes, tels que l’AMF, en France, qui leur savonnent la planche. Un exemple : alors que la crise des subprimes a commencé, l’AMF recommande l’utilisation des hedge funds, les véhicules diaboliques de la spéculation, logés pour la plupart dans des paradis fiscaux. ! Je rêve ! Moins d’une année plus tard deux tiers de ces hedge funds sont en faillites. Nous sommes encore une fois dans l’irréel, mais un irréel sous-tendu par la volonté de banquiers criminels de faire toujours plus d’argent, de l’argent capable de tuer, en pervertissant à l’extrême le système capitaliste et libéral dont je demeure un ardent défenseur. C’est pourquoi je demande des châtiments exemplaires. En revanche, si ce que j’écris est considéré comme faux, je demande au grands PDG que je mets en cause de me poursuivre en justice. Ce serait plus élégant que d’user de leurs dérisoires moyens de pressions pour inviter des journaleux à leur botte d’ignorer mes constats référencés. Avec ou sans eux, je parviendrai à me faire entendre. Je n’ai peur de rien, ni de personne !

OB : On voit en lisant votre enquête que les politiques n’ont pas la main sur ce dossier. Au contraire, à chaque fois qu’ils votent des lois sociales comme Jimmy Carter en 1977 ou plus tard Bill Clinton, les financiers les détournent
JM : Jimmy Carter qui hérite de Lyndon Johnson qui lui-même hérite des dispositions prises par Roosevelt au lendemain de la grande crise de 1929. Toutes ces dispositions financières à caractère social partaient de bons sentiments. Mais, effectivement, elles ont été perverties notamment après l’affaire des Junk bonds, obligations pourries de Michael Milken, dans les années 90 avec le gigantesque scandale des prédateurs qui avait ébranlé Wall street. C’est ce qui est impardonnable. Ce sont ces mêmes obligations pourries qui ont été sophistiquées à l’extrême pour titriser les subprimes sous forme de CDO et sous CDO, avec aussi les CDS, en forme de police d’assurances sans en être réellement, pour couvrir les risques liés aux CDO ou autres créances toxiques titrisées. Le jeu consiste à sortir du bilan des banques leurs créances, après avoir distribué à tout va des crédits à n’importe qui…
Là, je parle des Etats-Unis. Car en France, dans le secteur immobilier, vous ne trouverez pas un défaut de règlement sur les crédits qui ont été octroyés par les banques françaises à leurs clients. Curieusement, alors que les banques françaises sont tatillonnes à l’extrême, ne permettant pas le moindre découvert à leurs clients, les signalant en rouge à la Banque de France pour un découvert de 50 euros, les mêmes banques, disais-je, spéculent secrètement sur les subprimes américains qui ne sont rien d’autres que des crédits accordés à des pauvres insolvables. Elles le font parce que ces produits sont à effet de levier avec une possibilité de réaliser des plus-values considérables. Et les banques françaises – comme leurs homologues européennes - ne voient pas que derrière les modèles mathématiques sur lesquels s’appuient les fameux CDO, et tous les produits titrisés permettant de revendre les créances de banques américaines partout dans le monde, reposent sur une hausse continue du marché de l’immobilier, sans qu’ait été intégré dans ces modèles miracles un possible retournement du marché à la baisse. C’est insensé ! Comment des financiers et les agences de notation ont-ils pu valider des produits spéculatifs pour de tels montants, tous reposant sur des modèles mathématiques foireux ? Nous entrons là dans l’univers de la corruption. Ne me cachant pas derrière mon doigt, je donne le noms. Et les preuves.

OB : Pourquoi les banquiers français dans un bel ensemble, alors qu’ils étaient informés de ce qui se passait, sont-ils entrés dans la danse ?
JM : Tous ont perdu la raison. Il leur fallait justifier et maintenir, vaille que vaille, leurs salaires de Maharadjah, bonus de satrape et parachute doré d’émir ! Il leur fallait à tout prix monter en gamme dans leur enrichissement personnel qui, in fine, sera inversement proportionnel à leurs résultats. Tous se foutent éperdument des conséquences de leur incompétence crasse. Ce qui compte pour eux c’est le total annuel de leurs revenus en salaire, en bonus, en stock-options, qu’ils aient réussi ou qu’ils aient fait faillite.
Bref, dans cette Lettre ouverte aux bandits de la Finance, je débobine le fil infernal de la crise. Vous voyez qu’au début les chiffres sont, somme toute considérables, mais absorbables. Au fur et à mesure du temps qui passe, cela devient astronomique, phénoménal. On est projeté dans la ionosphère.

OB : Que pensez-vous de l’emprunt d’état que le gouvernement s’apprête à lancer ?

JM : Que faire d’autre ? Le Premier ministre François Fillon a cette vertu de dire la vérité depuis le départ. Peu de mois après son arrivée à Matignon, ayant fait les comptes, il est le premier Premier ministre de la cinquième république à dire enfin la vérité. Fillon a dit, dès septembre 2007, que la France est en faillite. Depuis septembre 2008 la note ne fait que grossir avec toutes les bêtises additionnées des financiers, notamment celles des PDG des plus grandes institutions financières françaises. Celles-ci ont bénéficié des aides de l’état et de l’heureux volontarisme de Nicolas Sarkozy. S’il n’avait pas été non seulement à la tête de la France mais aussi à celle de l’Europe, tout serait parti en éclat. Sans doute les plus hautes autorités de l’état en France ne le savent pas, mais moi c’est mon rôle de l’établir et de le dire : dans les banques qui ont appelé le gouvernement français au secours, les spéculations continuent comme avant. Soit à Paris, soit par l’utilisation des paradis fiscaux, quoi qu’aient décidé les chefs d’état lors du sommet du G20, le 1er avril dernier.

OB : Selon vous, y a-t-il une solution, un remède ?
JM : J’ai voulu dresser un bilan sérieux et incontestable. Maintenant c’est sur la place publique et il faut ouvrir le débat. On peut demander aux grands banquiers des comptes en justice. Je donne les noms, les chiffres, je parle d’une organisation criminelle et je maintiens le terme. Il s’agit de l’argent de leurs clients, des contribuables européens dilapidé par des financiers irresponsables et inconscients. Il faut impérativement les arrêter, leur demander des comptes et, s’il le faut, les mettre à la porte, voire à l’ombre.

OB : Vous citez au début de votre le livre le cas d’Angelo Mozilo qui a finalement inventé les subprimes il y a quarante ans. Mozilo, comme vous le dites avait des amis, des complices.
JM : En plus de son organisation financière hyper-sophistiquée avec les liens qu’il entretient avec Fannie Mae et Freddie Mac, banques qui le financent en réalité, Angelo Mozilo possède un club, les amis d’Angelo Mozilo, qui n’est rien d’autre qu’un outil de corruption.

OB : Des amis parmi lesquels on remarque notamment Kurt Conrad, président de la commission du budget, et Christopher Dodd, président de la commission des affaires bancaires au Sénat…
JM : Un démocrate et un républicain. C’est un garçon œcuménique !

OB : C’est donc un système, une mafia. Comment voulez-vous arrêter les métastases ?
JM : Vous pouvez faire confiance aux Américains car ils vont aller jusqu’au bout. Grâce à Dieu, on a enfin un président américain courageux. Tout à l’heure je vous disais qu’alors qu’il était simple sénateur il demandait déjà des sanctions exemplaires pour les financiers convaincus de participer à des entreprises à caractère criminel. Laissons la justice américaine agir. Elle le fait correctement et diligemment. C’est toute la différence avec la France où je vous signale que nous n’avons que des enquêtes préliminaires et aucune procédure ouverte. Rien !

OB : En effet, il y a l’affaire Kerviel, mais pas l’affaire Bouton…
JM : Oui, mais il y aussi l’affaire Madoff. Ce dernier a volé 65 milliards à des riches. Il a des complices. Qu’est-ce que c’est que ces salades qui consistent à nous dire que Madoff était un escroc solitaire. Certes, il avait tout imaginé avec l’assistance de son frère, mais en 2005 il avait, en France, des partenaires comme Ixis, filiale de la Caisse d’épargne et de la Caisse des dépôts et consignation, bras armé financier de l’Etat. Je livre un document incontestable. Puisque la justice ne possède pas ce document je le tiens à sa disposition. Dans ce document on voit qu’Ixis est le dépositaire en France du principal produit Madoff vendu en Europe qui est la Sicav Lux-Alpha. C’est ni plus ni moins une caution morale et financière accordée à un escroc, sans que ces gens soient allés vérifier quoique ce soit. Quand vous voyez derrière qu’il y a un cabinet d’audit international, Ernst & Young qui déclare sincère et conforme les écritures comptables de la Sicav Lux-Alpha de Bernard Madoff - j’ai la preuve que cette Sicav est bien à lui, ayant retrouvé les pièces originales à Londres -, vous avez la preuve qu’il s’agit bien d’un réseau criminel qui monte haut.

Mais il faut raison gardée : tout cela ne porte que sur 65 milliards volés aux têtes couronnées, aux grandes fortunes et aux banques qui se sont fait piéger parce qu’elles n’ont rien vérifié. De l’autre côté vous avez ceux qui volent les pauvres. Ça c’est le réseau des subprimes dont Angelo Mozilo est le parrain. Il y a aussi Lehman brothers, AIG, etc. , ainsi que les banques européennes qui ont plongé dans le gouffre des subprimes, alors qu’elles font, comme je le disais plus haut, la fine bouche avec leurs propres clients, particuliers ou entreprises. Ces banques utilisent les fonds de leurs déposants pour aller spéculer secrètement dans des opérations honteuses, pour des montants délirants, qui dépassent de loin leurs fonds propres…

OB : On en arrive à l’affaire Kerviel
JM : Il y a combien de traders à la Société Générale ? A Paris, ils sont au moins 350. Vous avez un trader Kerviel qui a cinquante milliards de position à l’achat, somme qu’il faut ajouter à celles des autres traders. Et quand vous savez que les fonds propres de la Société Générale sont de trente milliards, vous voyez l’étendu du scandale… Un seul trader se lance dans des spéculations connues de la banque, évidemment, puisque ce sont des opérations à l’achat, reconnues, donc comptabilisées. Donc on autorise un seul trader à prendre des positions à l’achat supérieures de vingt milliards d’euros aux fonds propres de la Société Générale. On est encore une fois dans le délire. Le reste, encore plus inquiétant, est dans mon livre. Je prends mes responsabilités. Qu’ils assument les leurs !

OB : Vous expliquez qu’indirectement c’est à cause de la lutte contre Al Qaida que l’autre lutte, celle contre les subprimes, a été retardée…

JM : Dès 2004, le FBI fait remarquablement son travail. Les rapports qu’ils remettent au gouvernement américain sont terribles. Ils parlent de corruption, de trahison de la démocratie. Mais le gouvernement Bush s’entête en ne voyant pas le sérieux de l’alerte donnée par le FBI et ensuite par les autres autorités de contrôle des marchés financiers. Ils ne le voient pas parce qu’ils considèrent que la priorité des priorités c’est Al Qaida. Mais si le FBI convient qu’Al Qaida est une organisation criminelle éminemment dangereuse, signalant toutefois qu’il y a encore plus dangereux, visant les réseaux financiers qui mettent en péril l’économie mondiale.

OB : Dans votre livre vous vous en prenez à Jean-Marie Messier

JM : C’est l’imposteur numéro un ! Voilà un homme qui en 2002 a mis l’un des fleurons du CAC 40 en quasi-faillite, puis qui a été remercié par son conseil d’administration, Messier dont on découvre qu’il avait fardé ses bilans comme une cantatrice chauve - c’est le mot que j’emploie dans mon livre (et que je maintiens, avec des preuves) – Messier qui fut un innovateur dans le dévoiement du système capitaliste et qui vient nous dire dans un livre, début 2009, que le ciel lui était tombé sur la tête. C’est peut-être son cas, mais ce n’est pas le mien. Dans Le Marché aux voleurs, je visais Monsieur Messier nommément pour ce qu’il avait fait.
Et ce n’est pas ma faute si la justice française a décidé de passer l’éponge sur
ses méfaits alors que la justice américaine, elle, l’a poursuivi et que Messier a reconnu ses fautes et a payé. Et ce type là qui vient nous donner des leçons de sorties de crise, prenant le président Sarkozy en otage pour essayer de se refaire une santé ! Quand je découvre en outre que Jean-Marie Messier est le conseil secret, parce que tout cela n’était pas rendu public, de Charles Milhaud, lors de l’entrée en bourse de Natixis qui va se révéler une véritable spoliation des deux millions et demi de porteurs qui ont souscrit à cette introduction et vont se retrouver nettoyés au Karcher, je m’enfamme. Le cours de bourse, lors de l’introduction est à 19,50 euros et il va tomber en peu de mois à 0,76 euros.

Quand on découvre que Monsieur Messier a touché pour l’introduction en bourse de Natixis, pour quelques mois de travail la somme de six millions d’euros, je m’indigne. Avec un contrat où il est dit que même si l’opération ne se fait pas, ces millions d’euros lui sont garantis. Tout cela va se terminer dans une déconfiture épouvantable, Natixis étant engagée de la manière la plus scandaleuse dans des opérations de spéculations qui l’ont conduit à la ruine, de même que les caisses d’épargne d’ailleurs.

OB : Vous êtes un vieux routier du journalisme d’investigation. Ce qui ne vous empêche pas de vous informer sur le web, et notamment sur Agoravox
JM : Je le lis tous les jours. J’y trouve des pistes qui me permettent d’avancer et de nourrir mes réflexions. Il y a sur le web un espace de liberté qu’on ne trouve pas dans la presse écrite, terriblement dépendante des annonceurs, donc des groupes de pression politiques et économiques. Vous n’avez pas d’auto-censure. Sur Agoravox, de temps en temps vous vous lâchez. Vous avez raison !

par Olivier Bailly son site

Source :

http://www.agoravox.fr/rdv-de-l-agora/article/jean-montal...

03/04/2009

La deuxieme vague arrive ?

Koudrine « le cavalier du feu » prévoit le désastre qu’il causera lui-même !

Equitalyon2008cavalierFeu.jpg« Der so oft den roten Hahn
Meilenweit von fern gerochen
Mit des Heilgen Kreuzes Span
Freventlich die Glut besprochen
Weh !... »

[« Toi qui si souvent flaire les flammes rougeoyantes
A une lieue,
Et qui avec un fragment de la sainte croix
Conjure malicieusement l’incendie –
Misère !... »]

2 avril 2009 (LPAC) — La ballade d’Eduard Mörike sur le mystérieux « cavalier du feu » (« Der Feuerreiter ») des histoires populaires, qui chevauche furieusement pour alerter du feu qu’il attise lui-même, fut mise en musique par Hugo Wolf en 1888. Aujourd’hui, elle décrit l’attitude d’Alexeï Koudrine, le ministre des Finances russe.

118400858.jpgAlors que Koudrine rencontrait aujourd’hui les ministres des Finances des pays de la CEI, avant de se rendre au sommet du G-20 auquel il assistera avec le Président Dmitri Medvedev, l’émoi s’emparait des médias russes, en raison de son avertissement qu’une « deuxième vague » de la crise financière était sur le point de se propager en Russie.

S’exprimant la semaine dernière, lors d’une session décisionnelle au ministère de l’Economie, Koudrine déclara à ses partenaires du gouvernement que « dans un futur proche, aura lieu une nouvelle correction et une nouvelle chute des marchés boursiers… Nous pouvons nous attendre à une récession mondiale plus profonde ».

En Russie, « nous nous attendons à une deuxième vague de problèmes dans le système financier. Nous devons prononcer le diagnostique sans détour : ce sera une vague déclenchée par l’incapacité du secteur réel à rembourser les crédits. » Dans certaines industries, dit-il, les arriérés s’entassent depuis six mois, voire un an. La raison en est, selon lui, que certaines entreprises ont cru que la demande reviendrait… mais cela n’est pas arrivé.

koudrine.jpgEn réalité, le principal poids qui pèse sur les emprunteurs russes, les rendant incapables de rembourser leurs emprunts aux banques, provient des politiques mêmes du grand argentier, combinées à celles de la Banque centrale russe que dirige Sergueï Ignatiev.

Obéissant au dogme neo-libéral qui dicte que « le combat contre l’inflation » est la priorité des priorités, ils ont maintenu des taux d’intérêt élevés, alors même qu’ils injectaient des liquidités dans les marchés boursiers et certaines banques pour les renflouer.

Le quotidien Komsomolskaya Pravda, dans un article du 30 mars, citait Yelena Panina, Présidente adjointe du Comité sur l’industrie de la Chambre basse : « Les banques accordent actuellement des crédits à très court terme, à 27-28%. Et elles imposent des conditions supplémentaires incroyables à l’égard du nantissement. Quels en sont les résultats ? Les usines ne peuvent tout simplement pas rembourser. Aucune entreprise du secteur réel ne pourrait tenir face à de pareils taux d’intérêt. Comment qui que ce soit pourrait honorer une telle rentabilité ? »

15:33 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, koudrine, finance, russie, obama

17/02/2009

Les banques et les intermédiaires financiers sont-ils des parasites ?

De l'inutilité des banquiers surpayés

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Des banquiers toujours plus nombreux et toujours mieux payés. Pour quel bilan? Celui d'une crise profonde.



(photo : Aaron Jacobs - Flickr - cc)
(photo : Aaron Jacobs - Flickr - cc)
Les banques et les intermédiaires financiers sont-ils des parasites ? Sont-ils des parasites, et qu’est-ce qu’un parasite ? Dans sa célèbre parabole, Saint Simon considérait que les nobles, les rentiers, les princes du sang, les archevêques, les évêques étaient des parasites ; que les artisans, les artistes, les savants, les ingénieurs, les ouvriers étaient en revanche des gens extrêmement utiles à la société. De même les banquiers et les négociants.

Les banquiers sont-ils toujours utiles ? Certes. Ce sont eux qui font cette opération tout à fait remarquable de transformer de l’épargne courte en placements longs. Vous, déposants, épargnants, vous déposez mais souhaitez disposer relativement vite de votre argent. En revanche, les investisseurs, qui construisent un lycée qui dure 30 ans, une centrale nucléaire qui dure 50 ans, ou tout autre chose, souhaitent disposer de l’argent longtemps. Entre les deux, entre le prêteur (court terme) et l’emprunteur (long terme), il y a le banquier.


De l'inutilité des banquiers surpayés
Mais, me direz-vous, le banquier avait oublié le long terme, pour faire du jour le jour, d’où la crise... C’est d’autant plus vrai que cet argent facile, trop facile, a fait pulluler les banquiers et les intermédiaires financiers ; un article très intéressant du journal le Monde, nous montre que dans la période 1950-1980, les trente glorieuses, il y a très peu de diplômés de l’enseignement supérieur dans le secteur financier. Les diplômés vont dans l’industrie et le commerce, mais pas dans la finance. Dans la période récente, au contraire, les hauts diplômés abondent dans la finance.

Et ce n’est pas tout. Durant les trente glorieuses, 1950-1980, les cadres financiers ne sont pas plus payés que les cadres industriels ou commerciaux. Dans la période récente, au contraire, les cadres de la banque et de la finance sont surpayés par rapport aux autres. 40 à 50% de plus ce qui est énorme.

Moralité : Tant que les banquiers seront surpayés, ils seront peu utiles. Et tant que les traders ne seront pas associés aux pertes, ils continueront de faire n’importe quoi.

La phrase : « Comme toutes les bureaucraties, celle de l’entreprise a une forte tendance à l’auto expansion » John Kenneth Galbraith (Les mensonges de l’économie).

Mardi 17 Février 2009 - 07:00
Bernard Maris

10:43 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banque, épargne, finance

11/02/2009

La crise de l’anarchie néolibérale

La crise de l’anarchie néolibérale

La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence des excès des subprimes ou du comportement individuel de quelques traders. Elle est la conséquence directe des excès de la déréglementation.

Aux racines du mal : une triple déréglementation

À partir des années 70, les structures économiques relativement rigides issues de l’après-guerre ont été démantelées par les tenants d’une liberté économique sans limites. Ils sont parvenus à mettre en place une triple déréglementation, monétaire, commerciale et financière, liée par l’idéologie et des intérêts croisés. La libéralisation financière pousse ainsi celle du commerce puisque les multinationales qui investissent à l’étranger cherchent ensuite à exporter. La libéralisation monétaire pousse la libéralisation financière pour permettre aux entreprises de se couvrir contres les évolutions erratiques du cours des monnaies.

On oublie aujourd’hui le rôle fondamental de la fin de la convertibilité du dollar en 1971, qui a accéléré la financiarisation de l’économie (le marché des devises est le premier au monde). Puis, les accords commerciaux se sont multipliés pour démanteler les barrières douanières et assurer une circulation la plus libre possible des biens. Enfin, les années 80 ont vu une accélération de la déréglementation financière jusqu’à ce que les échanges financiers soient 50 fois plus importants que ceux de marchandises.

Les trois conséquences de la déréglementation

891500-1053130.jpgLa déréglementation a eu trois conséquences. La première a été un gonflement incontrôlé de l’endettement (des ménages et des Etats), permis par le manque d’encadrement des pratiques financières. Les institutions financières peuvent créer toujours plus de monnaie par rapport à leurs capitaux, que ce soit par l’effet de levier, qui permet de prêter ou placer davantage que ce qui est autorisé (par le hors bilan) ou la titrisation (qui permet de sortir le risque du bilan). Les excès de cette libéralisation sont particulièrement bien illustrés par les excès du marché de l’immobilier subprimes aux Etats-Unis, que Paul Jorion décrit si bien.

La deuxième conséquence est une amplification radicale du caractère cyclique de nos économies et la multiplication des crises. Nous vivons dans un monde économique de plus en plus instable : krach boursier en 1987, crise économique du début des années 90 (conséquence d’une bulle immobilière), crise asiatique de 1997, bulle Internet de 2001, subprimes en 2007. Et du fait de la libéralisation, la contagion est plus rapide et les crises sont plus violentes. Le repli de la régulation laisse mieux apparaître le caractère exagérément cyclique du marché, exubérant à la hausse comme à la baisse.

La troisième conséquence est une hausse des inégalités. Le libre-échange non régulé des pays développés avec les pays émergents provoque une déflation salariale et une hausse du chômage. Le système actuel ne profite au mieux qu’à 10% de la population. Et la hausse des inégalités se retrouve également dans la soumission accrue des entreprises au diktat du marché. Enfin, cette inégalité transparaît dans le rapport entre les entreprises et les citoyens puisque les premières s’accaparent une part toujours plus grande de la richesse au détriment des salaires, preuve que déréglementation ne rime pas forcément avec concurrence.

rachat-credit-crise.jpgPire, les trois conséquences de la déréglementation se renforcent entre elles. En effet, c’est bien la hausse des inégalités aux Etats-Unis qui a provoqué la catastrophe des subprimes puisque les ménages modestes ont compensé par l’emprunt la baisse de leur pouvoir d’achat à cause à la déréglementation financière. Et c’est la déréglementation monétaire et financière qui pousse les pays d’Asie à engranger des excédents colossaux pour se protéger des marchés, créant d’énormes déséquilibres financiers mondiaux.

Une guerre sémantique et philosophique

De manière intéressante, les tenants du système ont gagné une partie de la bataille en parvenant à qualifier la destruction de la réglementation économique issue de l’après-guerre des beaux noms de mondialisation, globalisation ou déréglementation. En effet, comment être contre ces termes, porteurs de valeurs positives ? Notre combat idéologique passera également par les mots et il nous revient de qualifier ce qu’est vraiment cette évolution de ce capitalisme sauvage : la loi de la jungle, la loi du plus fort ou l’anarchie néolibérale.

banque-crise-finance-madoff-finances-financiere-economique-retraites-scandale.jpgPire, certains ont réussi à faire passer ce retour en arrière pour moderne. Il s’agit d’une arnaque incroyable tant cette idéologie tend à revenir au capitalisme sauvage du tournant du siècle, celui d’avant les grandes conquêtes sociales. En quelque sorte, pour reprendre Paul Jorion, il s’agit d’une volonté de retour du capitalisme à l’état de nature, d’un déni de tout ce qui fait l’humanité, l’abandon du processus de civilisation où le bien commun et la solidarité l’emportent sur les calculs égoïstes individuels.

Quelques économistes darwiniens ont vendu l’idée que la somme des égoïsmes correspond à l’intérêt général et qu’une main invisible bienveillante veille sur le marché pour promouvoir le « laissez faire » et le « laissez passer ». La crise leur fait perdre une bataille, mais ils n’ont pas encore perdu la guerre…

Laurent Pinsolle

source

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

06/01/2009

Le néolibéralisme est-il immoral?

Le néolibéralisme est-il immoral?

Les Etats sauvent les banques dont certains dirigeants se sauvent eux-mêmes avec des parachutes dorés confortables. Les ménages américains ayant perdu leur maison n'ont pas eu tant de chance. Et ils continueront à payer des impôts. Pour sauver les banques. Où est la morale dans ce système?

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Et si tout le système était une escroquerie?

Le numéro 611 de Marianne: L'arnaque. Et si tout le système était une escroquerie?

Au sommaire: l'arnaque, il n'y a pas que Madoff. Et si tout le système était une escroquerie? - Les vaches sacrées: ces icônes devant lesquelles chacun doit s'incliner, à tort ou à raison. - Gaza: après l'aveuglement, l'enfer.

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