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19/08/2009

rien n'a changé sur les marchés financiers

Un ancien trader témoigne : rien n'a changé sur les marchés financiers

Ancien trader, Nicolas* est aujourd'hui gérant d'un hedge fund. Selon lui, la politique de taux bas a permis aux banques de se refaire une sante sans pour autant les forcer à relancer la machine du prêt : dès le 1er trimestre 2009, les prises de risquent revenaient. Les banques n'ont pas changé !

Nicolas* était trader dans une grande banque américaine jusqu'à la fin de l'année. Depuis, il gère un fonds financier pour des entreprises. Ses années d'expérience sur les marchés et son poste d'observation privilégié de la vie financière française lui permettent un constat sans appel sur l'évolution du secteur financier depuis la chute de Lehman Brothers : rien n'a changé !

Marianne2.fr : Que pensez-vous des choix qui ont été faits pour par les gouvernements pour aider le secteur financier ?
Nicolas* :
L'objectif était de sauver les banques et, en cela, les Etats ont fait tout ce qu'il fallait : en ramenant les taux d'intérêts à court terme à zéro, les banques centrales leur ont permis de se refinancer presque gratuitement. Un cadeau pour les établissements financiers qui prêtent cet argent «gratuit» aux Etats (qui ont des besoins de refinancement énormes) à plus long terme, 10 ans par exemple, mais à un taux proche de 4% : les banques centrales ont offert l'occasion aux établissements financiers d'operer massivement ce transfert en empochant la différence. Le seul problème, c'est que, en dehors des banques et des Etats, les autres acteurs de l'économie n'empruntent plus : les ménages supportent la hausse du chomage et les grandes entreprises réduisent les coûts au lieu d'investir.

«L'argent "gratuit" des banques centrales a permis aux banques de se refaire en prêtant et en reprenant des risques sur les marchés.»

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A part les PME, qui sont très mal servies en prêts, personne n'a besoin de crédit : la chaîne de distribution des capitaux est bloquée. Avec ces liquidités qui ne circulent pas, les banques peuvent donc renouer avec des activités à risque, très lucratives : au 1er semestre 2009, la «value at risk», qui représente la prise de risque dans les placements,  a explosé dans les bilans des banques américaines. Elles ont renoué avec les positions de marché.

Vous voulez dire que l'aide aux banques a permis aux banques des prises de risques lucratives qui expliquent les résultats exceptionnels des premiers mois ?
Oui et non. Il faut se souvenir que beaucoup de personnes se sont faites virées après la chute de Lehmann Brothers. Beaucoup pensaient d'ailleurs que c'était la fin. Sans compter que les provisions pour pertes sur prêt, qui correspondent à l'activité de crédit traditionnel des banques, ont beaucoup augmenté au premier semestre ce qui est le signe que l'économie va mal.

«Les plans de relance ont donné lieu à un énorme transfert de risque des banques aux Etats.»

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Ce mauvais indicateur et ces pertes ont été compensés par le trading et le conseil, stimulées par la moindre activité sur les marchés qui créait des opportunités intéressantes. Au final, on peut dire que les plans de relance ont été une énorme transfert de risque des banques vers les Etats. Et en cela, les profits jugés scandaleux de Goldman Sachs sont parfaitement cohérents : c'est la plus grande société de placement et de trading du monde, elle est repartie sur les chapeaux de roues.

Comment les conclusions du G20 et les déclarations des chefs d'Etat et ministres des finances en faveur d'une régulation des prises de risque et des rémunérations ont-elles influé sur le secteur ?
Tant qu'il n'y aura pas de loi, rien ne changera ! Le code de déontologie du Medef, le G20, les listes grises et noires, ça a bien fait rigoler. Pour les paradis fiscaux, malgré toute leur communication, personne n'est aujourd'hui capable de trouver le nom des propriétaires des trusts qui y font des affaires. La seule décision qui change un peu les pratiques, c'est l'accord entre les Etats-Unis et la Suisse sur la révélation de l'identité des clients d'UBS fraudant le fisc américain.

«Le code de déontologie du Medef et le G20 ont bien fait rigoler : tant qu'il n'y aura pas de loi, les rémunérations ne changeront pas !»

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En dehors de ça, rien n'a changé. Maintenant, chacun reste dans l'expectative : une hyper-inflation ou une déflation et peut-être une nouvelle bulle : celle de la forte dette des Etats. Si les rémunérations des traders évoluent, ça sera par la loi ou par elle-même : aujourd'hui, la plupart des produits sont «à terme» et il n'est pas logique qu'un trader recoive un bonus pour quelques semaines de performance alors qu'une fois le produit vendu, la banque porte les risques sur plusieurs années de vie du produit.


*Le nom de Nicolas est un nom d'emprunt choisi par notre interlocuteur.
Source :
http://www.marianne2.fr/Un-ancien-trader-temoigne-rien-n-...

Sylvain Lapoix - Marianne

08/08/2009

Quand Sarkozy evoque la remuneration des Traders au G20

Quand Sarkozy evoque la remuneration des Traders au G20

L'enveloppe d'un milliard d'euros supplémentaires mise de côté par BNP Paribas pour les bonus des salariés de sa division de banque de financement et d'investissement passe mal....

Pourtant depuis le G20, un nouveau monde s'ouvrait à nous avec l'assurance de la moralisation du capitalisme...


Source :

http://larageauventre.blogspot.com/2009/08/quand-sarkozy-...

11/07/2009

Opération chaos : les DTS pour couler le dollar

Opération chaos : les DTS pour couler le dollar
7 juillet 2009 - 20:57

dollar.jpg7 juillet 2009 (Nouvelle Solidarité) — Deux étapes ont été franchies dans la mise en œuvre de l’agenda du « G20 », arrêté à Londres le 1er avril dernier, après que le Président Obama eut souscrit à la ligne britannique, qui rapprochent le monde d’un rejet du dollar américain en tant que monnaie de réserve internationale. A plusieurs reprises, Lyndon LaRouche a mis en garde contre cette manœuvre, qu’il considère comme une folie du fait que la plupart des actifs économiques et commerciaux du monde sont libellés en dollars, tout en dénonçant virulemment la « faction du chaos » qui pousse cette option.

Ce mercredi 30 juin, pour la première fois de son histoire, le Fonds monétaire international a émis des bons, créant ainsi une monnaie échappant au contrôle des gouvernements. Ces bons, libellés en droits de tirages spéciaux (DTS), ont surtout été achetés par la CHINE, la RUSSIE, l’INDE et le BRESIL, la Chine en acquérant pour 50 milliards de dollars et les autres pour 10 milliards chacun. Les DTS, qui sont une forme de monnaie internationale remplaçant de facto le dollar américain, n’ont été utilisés jusqu’à présent que comme unité de compte. Lorsqu’un pays demandait des DTS, le prêt était libellé dans une monnaie nationale. Par exemple, si le pays voulait des dollars américains, son compte de DTS était débité et le compte de DTS des Etats-Unis crédité. Il en va de même pour d’autres monnaies nationales ou régionales, comme l’euro. Désormais, les DTS acquièrent une vie autonome. Le jour où la Chine ou tout autre pays acheteur de bons souhaitera les encaisser, il pourra choisir une monnaie autre que le dollar américain.

dollar_euro_Gervasio_Umpierrez-84b73.jpgEn même temps, ces bons créent un nouveau marché, c’est-à-dire qu’ils sont échangés ni plus ni moins comme des bons d’Etat souverain. Cela signifie qu’ils ont un prix et peuvent servir de base à des produits dérivés. Ils sont notés par les agences privées de notation (qui leur octroient, évidemment, une note supérieure à celle attribuée aux gouvernements) et peuvent donner lieu à l’émission de Credit Default Swaps en contrepartie. Cela donne à Londres la possibilité de manipuler le prix des DTS contre le dollar ou d’autres monnaies nationales. De facto, ceci contient le germe de la transformation d’un système basé sur le dollar en un système entièrement supranational.

Par ailleurs, la Banque des règlements internationaux (BRI) – qui fut dans les années 1930 le vecteur qui porta Hitler au pouvoir et que le Président Franklin Roosevelt tentait de fermer définitivement au moment de sa mort – a tenu son assemblée générale à Bâle du 28 au 30 juin. A cette occasion, des responsables des banques centrales de Chine, du Brésil, d’Argentine et des Philippines, ainsi que le dirigeant du Fonds monétaire arabe, ont parlé de monnaies de réserve alternatives, de « super-monnaies mondiales » et d’un commerce sans dollar. Selon la BRI, la Chine et le Brésil ont passé un accord prévoyant des échanges commerciaux indépendants du dollar.

610x.jpgLors du sommet du G20 à Londres, le Président Obama a convenu avec les Britanniques d’accorder à la BRI des pouvoirs accrus par rapport aux autorités nationales, notamment par le biais du Conseil de stabilité financière (CSF), qui succède au Forum de stabilité financière. D’organe de conseil, la nouvelle institution devient un organe de régulation internationale autorisé à imposer aux banques centrales et aux gouvernements nationaux des « normes et des codes » concernant la régulation, les taux de change, les « risques », etc. Le CSF est dirigé par le gouverneur de la banque centrale italienne, Mario DRAGHI, un ancien de la banque d’investissement Goldman Sachs et l’un des principaux agents britanniques en Italie, à la tête notamment de ce que l’on appelle le « Parti du Britannia ».

Le secteur « paiements et règlements internationaux » est l’un de ceux dont la mise en œuvre a été confiée au CSF, lors du sommet du G20. Le nouveau comité de normes est dirigé par Lord Turner, de la British Financial Services Agency. Les acteurs qui se laissent tenter par une « sortie graduelle du dollar » croient peut-être en la sagesse des petits pas. Cependant, il se pourrait que celui-ci soit le dernier.

source:

http://www.solidariteetprogres.org/article5583.html

07:00 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dts, dollar, chute, chine, bric, g20

21/04/2009

Sarkozy, buzz international à l’insu de son plein gré

Sarkozy, buzz international à l’insu de son plein gré : eh ! Sarko, c'est Toi le Guignol.

sarkozy (2).jpgNous venons d’assister à une curieuse féria médiatico-politique cette semaine. Reprenons les faits :

Libération a révélé jeudi dernier les propos qu’a tenu Sarkozy, lors d’un déjeuner le 15 avril avec des parlementaires de tous bords.

Dans ces propos il prend, comme à son habitude, l’aisance du patron pour donner les bons points et les mauvais points à ses homologues internationaux. Chacun en prend pour son grade, jugez par vous même :

  • Obama : « Obama est un esprit subtil, très intelligent et très charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position »

  • Barroso : « totalement absent du G20 »

  • Merkel : « Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position »

  • Zapatero : « Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle »

Polémique en Espagne, sarcasmes dans le monde Anglo-saxon

chutelibresarkohc7.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le démenti de l’Elysée a été immédiat, et la polémique a pris une dimension internationale le jour même.

En Espagne : selon un sondage sur son site internet, El mundo révèle que 67% de ses lecteurs pensent que les propos de Nicolas Sarkozy sont offensants. Le quotidien ABC est bien plus dur puisqu’il évoque "le complexe de supériorité" du dirigeant français. "Fasciné par les commérages, Sarkozy donne la véritable mesure de son altière - et trompeuse - figure politique". El periodico souligne le caractère "fanfaron" du président Sarkozy.

Au royaume-unis : The Guardian titre à la une : "Stupide, immature, hors de propos : le jugement de Sarkozy sur ses homologues" ; il précise très factuel :"Sarkozy s’est surpassé". "Il est parvenu, le temps d’un déjeuner, à rabaisser Barack Obama, à se montrer condescendant envers Angela Merkel et à insulter Jose Luis Zapatero"

La polémique buzze à l’international et... revient en boomerang

palpatine levebre copy.jpgL’intolérable Frédéric Lefebvre, sans avoir pris part au déjeuner a accusé Libération de "ressembler de plus en plus à un tract" et a rajouté : "cela contribue à abîmer l’image de notre pays". Libération s’est empressé, à juste titre, samedi de faire une réponse cinglante au "roquet de l’UMP" . Entre-temps le député vert François de Rugy, présent au déjeuner avait confirmé les propos de Sarkozy sur son blog. Il avait d’ailleurs immédiatement pris la mesure de l’affaire puisqu’il titrait "un déjeuner avec Sarkozy qui frise l’incident diplomatique".

A point nommé, Ségolène Royal a envoyé une lettre d’excuses à Zapatero. Un réaction certes opportuniste, mais justifiée a posteriori comme nous le verrons plus loin.

Lefebvre, l’homme au mensonge froid y est alors allé de son bon mot : "Ségolène Royal a pété les plombs... elle a besoin d’une aide psychologique". Tandis que Jégo, toujours peu inspiré, rajoutait "après la bravitude, Mme Royal invente la ridiculitude".

Epilogue

kouchner.jpgPatatras...Kouchner dimanche midi sur Canal+ confirmait les propos tenus par Sarkozy à l’encontre de Zapatero. Les "sources" de Libération devaient être en béton, peut-être même une bande son qui aurait obligé l’Elysée, une fois de plus, à repartir la queue entre les jambes si jamais ils avaient maintenu leurs positions. Kouchner s’est donc livré à une explication de texte alambiquée pour justifier les dires de Sarkozy. Il n’aura convaincu que peu de monde à l’évidence.

La France vient une de fois de plus de se ridiculiser par l’entremise d’un Sarkozy arrogant comme à son habitude. Nous le pratiquons au quotidien mais il semble visiblement qu’à l’international il ne passe pas aussi bien. Un flagrant délit de mensonge de l’Elysée plus loin...la Sarkozye va se délester de ses pieds nickelés pour se refaire la cerise avec les poids lourds du canal historique du RPR.

Dans cette bourrasque internationale très plaisante. Inutile de préciser que les sourires des homologues de Sarkozy doivent être encore plus appuyés que lors du G20...mais ils n’en diront pas plus. Hu-Jintao qui a fait subir une humiliation à la diplomatie Française au G20 doit lui-même en rigoler encore.

Je ne résiste pas en bonus-track à diffuser la bande son d’un Lefebvre...égal à lui-même.


par Peuples.net (son site) lundi 20 avril 2009

13:09 Publié dans sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sarkozy, g20, zapatero, royal

10/04/2009

Au nom de quoi le G20 gouverne-t-il le monde?

Au nom de quoi le G20 gouverne-t-il le monde?

La gouvernance mondiale ressemble à ce qu'était le concert des nations dans l'Europe du XIXème siècle : un club d'aristocrates.

G20PhotoWashington2008115.jpgLa réunion au sommet du G20 a été saluée à juste titre comme l'amorce d'un nouvel ordre international, un pas vers cette gouvernance mondiale dont la globalisation a besoin. Mais si c'est bien le cas, nous sommes en droit de nous interroger sur sa légitimité. Quelle est la légitimité de ce groupe qui prétend influencer les destinées du monde, en attendant peut-être de le gouverner ? A un moment où l'aspiration à la démocratie est décrite comme une tendance universelle, l'auto-désignation et la cooptation sont-elles des sources de légitimité ?

Bien sûr, il y a le nombre. Vingt Etats venus des tous les continents, c'est un progrès certain par rapport au G6 qui rassemblait, en 1975, les pays les plus industrialisés du monde à l'initiative de Valéry Giscard d'Estaing. L'année suivante l'arrivée du Canada transformait le G6 en G7 et dans les années 1990, le G7 devenait G8 par adjonction de la Russie.

Ces dernières années le G8 s'était ouvert à quelques pays émergents pour des réunions dites G13. Mais comparé aux quelque 190 Etats membres de l'ONU, on est loin du compte. On remarque beaucoup d'absents au banquet du G20.

merkel-sarkozy-zapatero-berlusconi-brown-g20_497.jpgIl y a aussi la masse. Les pays du G20 représentent les deux tiers du commerce mondial et 90% des échanges mondiaux. Si telle est la justification de leur aspiration à la gouvernance mondiale, nous allons vers un système international fondé sur la puissance. Ce ne serait pas une nouveauté mais ce ne serait certainement pas une avancée décisive.

La légitimité du G20 pourrait émaner de l'ONU. Ce n'est pas le cas. Et encore, l'intervention des Nations unies ne serait-elle pas une garantie, car elles sont elles-mêmes de plus en plus contestées. Leur organisation reflète les rapports de force issus, voilà plus de soixante ans, de la deuxième guerre mondiale. Le Conseil de sécurité, avec ses cinq membres permanents ayant un droit de veto, a la légitimité des vainqueurs. Les échecs répétés des tentatives de réforme montrent qu'il est très difficile d'adapter une vieille institution aux nouvelles réalités. La création d'un Conseil de sécurité économique - une idée ancienne de Jacques Delors reprise récemment par la chancelière Angela Merkel - manifesterait l'intérêt des Nations unies pour les questions économiques mais se heurterait aux mêmes obstacles.

g20-nous-ne-paierons-pas-leur-crise-28-mars-09.1237112166.jpgLe G20 ne saurait a fortiori se réclamer d'une légitimité démocratique. Non seulement ses membres n'ont pas été désignés pas l'ensemble de l'humanité - ce qui de toutes façons serait une idée utopique -, mais il compte en son sein des dirigeants dont la légitimité démocratique elle-même est pour le moins sujette à caution. C'est un fait.

Il ne plaide pas nécessairement en faveur d'une Ligue des démocraties que certains Américains de tous bords souhaitent fonder pour compléter sinon pour remplacer l'ONU. Car si les démocraties se retrouvaient entre elles - encore faudrait-il se mettre d'accord sur les critères pour en établir la liste --, elles ne seraient pas plus en mesure d'imposer leurs vues sur les questions financières et économiques que dans le domaine de la sécurité. Et la crise actuelle montre que la démocratie ne constitue pas une assurance contre les dérives et les excès.

Toutes ces objections ne visent pas à tuer dans l'œuf l'idée d'une gouvernance mondiale. Elles soulignent simplement une partie des difficultés que celle-ci soulève, et encore n'avons-nous pas abordé l'application des décisions éventuelles du G20 et le contrôle de leur mise en œuvre.
Il faut se rendre à l'évidence. La gouvernance mondiale par le G20 ressemble à ce qu'était le concert des nations dans l'Europe du XIXème siècle : un club d'aristocrates. Ce n'est pas le monde de Kant.

Daniel Vernet

13:23 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, economie, gouvernance

09/04/2009

Un monde si cruel

 

 

1433archisculptur04a.jpgPuisque désormais, s’amorce une gouvernance planétaire, il est essentiel d’en comprendre la logique. Et d’abord, d’en décrypter le processus de décision : Alors que, dans chaque pays démocratique, la majorité fixe la règle commune et que, dans les institutions internationales , ont été mis au point des procédures de vote très complexes où se mêlent, selon des recettes diverses selon les institutions, les exigences de souveraineté (un pays une voix), l de démocratie (un homme une voix) et de pouvoir (un dollar, une voix), dans le G8 ou, le G20, rien de tel : l’hôte propose un projet de communiqué qu’on doit approuver à l’unanimité.

Mais peu de gens se posent la question de savoir ce qui se cache derrière cette règle apparente : chacun des participants à t il un égal droit de véto, qui voudrait dire que le résultat de ces négociations ne pourrait etre que le plus petit commun dénominateur commun ? Ou bien les plus puissants peuvent-ils, implicitement ou explicitement, obtenir des plus faibles des concessions sur un sujet en se servant de moyens de pression sur d’autres domaines ?

484942.jpgEn réalité, dans ce genre de réunion, fonctionne se joue une impitoyable bataille, dans laquelle les plus puissants l’emportent toujours : car seul peut s’imposer celui qui peut se permettre le luxe d’un échec de la réunion. C’est toujours le cas du plus fort ; beaucoup plus rarement celui d’un autre, assez désespéré pour prendre ce risque. De plus, le pays hôte est tacitement reconnu comme ayant droit à une récompense, sous forme d’une concession, au moins d’apparence, à ses intérêts électoraux. Et si l’hôte est aussi le plus fort, il écrase tout. A cela s’ajoute d’innombrables facteurs personnels, qui jouent vraiment dans ce genre de réunion : la compétence, l’ascendant, la capacité à proposer au bon moment un compromis évitant aux autres de perdre la face, tout en protégeant au mieux ses propres intérêts. Enfin, la maitrise parfaite de la langue anglaise, dans ces négociations éclairs, est essentielle.

NY.jpg On peut donc dire pratiquement d’avance le résultat de ces sommets : les Etats-Unis réussissent toujours à éviter la moindre décision qui nuirait à leurs intérêt ;les Britanniques, qui n’ont pas le même pouvoir, se concentrent sur la défense des intérêts de la City, et gagnent à tous les coups , aidés par les Etats-Unis ; les Allemands disposent de très peu de marge de manœuvre pour refuser quoi que ce soit aux Américains, sauf quand une alliance avec la France leur permet de proteger les intérêts de la zone Euro. Le Japon protège ses intérêts commerciaux. La France défend toujours en priorité son indépendance nucléaire, sa puissance agricole, et son pré carré africain, cédant souvent sur le reste. La Russie protège tout ce qui touche à sa souveraineté stratégique. Les autres, quand ils sont les hôtes (comme cela sera le cas de l’Italie pour le prochain G8) ont droit à un pourboire.

Finance Ave pic.jpgLa réunion de Londres a donné un parfait exemple de ce processus : En menaçant de partir, le président français à fait comprendre qu’il était prêt à prendre politiquement le risque de l’échec, ce qui lui a donné un peu de marge de négociation. Mais pour l’essentiel, il était écrit d’avance que cette réunion allait protéger les intérêts anglo- saxons et chinois : leurs paradis fiscaux ont été protégés ; et les règles comptables ont été modifiées exactement comme l’avait souhaité le jour même la chambre de commerce des Etats-Unis, qui l’a imposé aux Congrès, qui l’a lui-même imposé aux régulateurs, qui l’ont soufflé aux négociateurs américains à Londres.

Si l’on veut que le prochain sommet du G20, (qui, comme par hasard, se tiendra à New York) ne soit pas joué d’avance, il serait essentiel de poser dès maintenant la question des procédures d’approbation des textes qui y seront discutés. Une question très mal polie…

Jacques Attali

12:35 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, anglo-saxon

08/04/2009

les paradis sociaux ignorés par le G20

Exclusif : les paradis sociaux ignorés par le G20

Alors que le G20 s'est vanté de démanteler les paradis fiscaux, les paradis sociaux, où les coûts de main d'œuvre minimes facilitent les transferts d'usine, subsistent à travers le monde : Indonésie, Sri Lanka, Mexique... Certains ont même intégré l'Union européenne en toute impunité !



Usine chinoise (photo : Ed-meister - flickr - cc / http://www.flickr.com/photos/edwinylee )
Usine chinoise (photo : Ed-meister - flickr - cc / http://www.flickr.com/photos/edwinylee )

Îles asiatiques paradisiaques, petits Etats d'Amérique centrale et même Etats membres de l'Union européenne : les «paradis sociaux» sont légions ! Alors que le G20 a établit une liste noire et deux listes grises des Etats aux fiscalités minimales sur le capital et à l'opacité bancaire suspecte, Marianne2 vous révèle un premier brouillon de liste des paradis sociaux.

Dans ces pays où le coût de main d'œuvre défit toute concurrence, des milliers d'entreprises, y compris des multinationales françaises du Cac 40, viennent implanter leurs usines et produire en toute impunité au mépris du niveau de vie local et au détriment des pays plus regardant sur les droits sociaux.

Les Etats le savent et ne font rien !
Un petit tour par les sites des agences gouvernementales le prouve : les grands Etats ont tous connaissance de l'existence de ces lieux. Le ministère du Travail américain établit régulièrement une comparaison des coûts de main d'œuvre dans 31 pays, le Bureau international du travail dispose de statistiques précises sur plus d'une centaine d'Etat, Eurostat établit des comparaisons entre les salaires horaires des 27 Etats membres... Bref : l'absence de prise de position sur ce sujet est bien volontaire.


2€ de l'heure en Bulgarie, 0,61$ au Sril Lanka
Portant sur le coût horaire du travail (hourly compensation cost), l'étude du ministère du Travail américain pointe clairement du doigt l'Asie du Sud-Est : alors que le coût horaire moyen d'un ouvrier américain est évalué à 24,59$, son collègue philippin émarge à 1,10$ et leur alter égo sri-lankais à 0,61$. Des prix au regard desquels le très abordable Mexicain (dont l'heure coûterait 2,92$) passe pour un ignoble nanti !


Extrait du rapport du Departement of Labour américain sur la compensation horaire annuelle dans le monde.
Extrait du rapport du Departement of Labour américain sur la compensation horaire annuelle dans le monde.
Mais même pas besoin d'aller en Asie pour faire tourner son usine à bas prix : Eurostat établit ainsi que, s'il vaut mieux placer ses économies que ses chaînes de montage au Luxembourg, où le coût horaire de main d'œuvre est évalué à 33,30€ en 2006, la Bulgarie s'avère, à 1,96€ de l'heure, un paradis social comparable aux plus déshérités des Etats centre-américains, à moins de trois heures d'avion de Paris !

Devises, échelles et autres éléments d'opacité
Mais la situation est bien trop profitable pour les grandes entreprises qui, chaque année, confortent leurs marges en allant dissimuler leurs usines dans les paradis sociaux... Elément d'opacité, les statistiques livrées à l'Observatoire international du travail sont souvent lacunaires, en devises locales et selon des échelles de temps irrégulières : comment comparer une journée indienne à 134,44 rupee avec une année de salaire jordanien à 2309 dinar locaux ? Sans compter le  temps de travail de chaque pays, limité ou non, l'âge des travailleurs, les éventuels taxes sur le travail qui rendent plus illisibles encore la carte des flux d'emploi.

Le blanchiment du travail continue et, avec lui, la fuite des emplois vers ces paradis sociaux où des produits manufacturés sont élaborés à vils prix, maintenant ceux qui les assemblent dans une semi misère.


Liste noire des paradis sociaux (moins de deux dollars de l'heure)
  • Bulgarie
  • Chine
  • Costa Rica
  • Inde
  • Indonésie
  • Malaisie
  • Myanmar
  • Philippines
  • Salvador
  • Sri Lanka
  • Vietnam
  • Thaïlande


Liste grise des paradis sociaux (moins de dix dollars par heure) :
  • Brésil
  • Estonie
  • Hong Kong
  • Lituanie
  • Lettonie
  • Portugal
  • Pologne
  • Roumanie
  • Slovaquie



Bien plus que les paradis fiscaux, les paradis sociaux sont à la base du système néolibéral qui vient de faire faillite sous nos yeux. Par un enchaînement diabolique que l'on peut aujourd'hui reconstituer : à force de tirer le marché du travail vers le bas en mettant en concurrence les mains d'oeuvre du monde entier, le système a fini par engendrer la plus grave crise de la demande depuis la deuxième guerre mondiale. Mais comme il fallait bien que les entreprises continuent à vendre, on a développé une offre de crédit inédite pour acheter sa maison, sa voiture ou simplement pour consommer ou survivre. D'où les subprime, puis les faillites bancaires.
Malheureusement, les dirigeants du G20, les socialistes du FMI, de l'OMC et de la Banque mondiale, les experts qui les inspirent et les managers qu'ils persistent à aduler demeurent pour le moment persuadés que le même libre-échange intégral qui a provoqué la crise nous permetrta d'en sortir.

 

Sylvain Lapoix

07/04/2009

Un dernier verre, pour la route

 

812_Image -(630x300)-attali_SIPA_00545908_000042.jpgJ’aurai tant voulu pouvoir écrire que le G20 est un succès total : J’aurai tant voulu pouvoir, comme le font presque tous les commentateurs, saluer sans nuance les efforts énormes des uns et des autres   pour que personne ne claque la porte.

Les efforts du président français, pour qu’on traite sérieusement de la régulation, ce qu’on a fait,  en promettant une liste de paradis fiscaux, en contrôlant mieux les agences de notation, les hedges funds  et  les rémunérations des patrons et des traders,  en créant un comité de stabilité économique (au lieu du Forum du même nom).

Les efforts  du président américain, pour qu’on rappelle les immenses  programmes  de  relance, ce  qu’on a fait.

Ceux du président chinois, pour qu’on reforme le FMI et qu’on crée des DTS, ce qu’on a fait. Ceux des présidents du Sud pour qu’on augmente de 0, 75 trillions  les moyens du FMI à leur intention, ce qu’on a fait, portant à 5 trillions le montant de la relance.

Mais je ne peux m’empêcher de craindre que tout cela n’annonce aussi  l’accumulation de bien de nouveaux nuages à l’horizon, parce qu’on emploie pour résoudre la crise les mêmes armes que celles qui l’ont créée. Quelques exemples :

541-relance-OB.jpg5 Trillions de relance ?

C’est  bien la somme des sommes déjà dégagées, mélange de prêts, d’émissions monétaires, qui  représente 10% du PIB mondial ; mais qui  renvoie  à la question simple : qui finance ?  Je ne vois aucune recette, sauf la vente d’un peu d’or du FMI ; et encore, sa mise sur le marché en fera s’effondrer le prix. Comment alors espérer résoudre une crise de la dette en augmentant la dette ? A terme, par l’argent des contribuables.

Des bilans de banques plus sains ?

En permettant aux banques et aux assureurs de  ne plus valoriser leurs actifs à des prix   proches de leur valeur  de marché , on améliore en apparence le bilan des banques. Mais à l’inverse, on ne les encourage pas à se débarrasser de leurs actifs toxiques.  Les auditeurs vont même se retrouver, avec ces nouvelles dispositions, dans l'obligation de valider des valorisations d'actifs même s'ils ne sont pas convaincus des hypothèses sous jacentes. Quand la vérité apparaitra, dans quelques mois ou quelques années, il  faudra recapitaliser ces institutions. Avec l’argent des contribuables (bis)

Crise-financiere.jpg

 

 

 

 

Une spéculation réduite ?

En apparence oui. Mais quoi, en pratique ?  Rien n’est dit sur les CDS, épée de Damoclès au dessus du système, ni sur les paradis fiscaux anglo-saxons, grands vainqueurs du G20, ni sur la réalité de la titrisation et des effets de levier.  En fait, tout semble même continuer comme avant : La  FSA (régulateur anglais)  a autorisé avant hier la  Barclays  à céder l’une  de ses filiales en lui permettant de financer l’acquéreur. Comme avant. Les nouvelles valorisations autorisées vont améliorer artificiellement les fonds propres et permettre l’accroissement des effets de levier. Comme avant.  Le plan Geithner va permettre aux  banques américaines de vendre leurs  actifs toxiques avec des effets de levier dignes des pires spéculations d’avant la crise (9 pour 1). Comment le Comité de Stabilité Financière pourrait-il autoriser   des pratiques si contraires aux principes qu’il est supposé défendre  ?  Comment autorisera t il ainsi à des fonds spéculatifs de faire d’immense profits avec l’argent des contribuables (ter).

Et enfin, comme rien n’est fait véritablement pour renforcer les fonds propres des banques, dont dépend la relance  durable du financement sain de la demande, le G20 semble s’attendre à la faillite de nombreuses  institutions financières , et vouloir se prémunir contre son propre échec, par cette phrase rassurante et terrifiante : « … we will put in place credible strategies from the measures that need to be taken… ». Autrement dit, si tout ca ne marche pas, on fera plus encore.  Plus, mais quoi?  Plus de dettes. Et à terme, plus d’impôt (quatuor)

BushBeer1-3a9f5.jpgAu total, tout se passe malheureusement comme si, à coté de mesures tres  utiles et courageuses , dont j’espère infiniment qu’elles suffiront,  on mettait en place un immense plan de relance aveugle, non dirigé vers la sauvegarde des banques, ni vers les secteurs d’avenir, et non financé, qui pourrait se terminer ,  dans  deux mois ou dans deux ans , par des faillites, une hyperinflation, et un formidable plan d’austérité.

Tout se passe comme si les alcooliques anonymes, tout heureux de leurs  bonnes résolutions, avaient décidé, au sortir de leur réunion, de prendre un dernier verre.  Pour la route.

Jacques Attali

03/04/2009

G20 : Tout change mais rien ne change

G20 : Tout change mais rien ne change

La presse a adoré ce spectacle du G20 qui refait le mondeà Londres et ne se paye pas de mots pour le dire. A part l'Humanité, seul le net, y compris Jacques Attali, affiche un certain scepticisme face à un dispositif destiné à faire en sorte que tout recommence comme avant.



G20 : Tout change mais rien ne change
« La symphonie du Nouveau Monde ». Etienne Mougeotte a adoré la partition que nous a joué hier à Londres l’orchestre philharmonique du G20 : « D’ores et déjà, cette réunion est un succès d’où va sortir un nouvel ordre mondial. Nouvel ordre économique fondé sur la régulation et le contrôle international du système financier ».

Quelques milliers de milliards de dollars sur la table, une liste de paradis fiscaux et nous voilà donc globalement tirés d’affaire.
Sans donner dans le lyrisme propre au Figaro, Le Parisien note « l’incroyable succès du sommet du G20 », zappant Sarkozy de sa une au profit d’une photo d’Obama et Medevedev dans les bras du président-milliardaire italien Berlusconi, tous morts de rire.


G20 : Tout change mais rien ne change
G20: un succès fou
Un empereur médiatique-industriel-milliardaire-accessoirement président tenant dans ses bras les chefs d'Etat de deux des principales puissances mondiales. Beau symbole d’un monde en pleine mutation…
Pour commenter les résultats de ce sommet, Le Parisien donne la parole à Elie Cohen, expert patenté du «monde d’avant» et commentateur attitré du «monde d’après». Elie Cohen était même hier soir dans le 20 heures de France 2 , invité à décrypter en quasi-direct les résultats de ce sommet.
Elie Cohen sera donc l’économiste en chef du Nouveau Monde.
Pour que les experts du monde d’avant nagent déjà comme des poissons dans l’eau dans le monde d’après, il faut vraiment que ce monde ait changé…  

L’emballement est presque unanime, Libération ne cache pas sa joie, s’autorisant un jeu de mots qu’il ne sort que pour les grands événements : «Un G20 pas vain ». Certes, Laurent Joffrin prend des précautions mais veut croire que « la pédagogie de la crise et la pression des opinions ont fait leur œuvre. Les mots ont changé. Il n’y a plus qu’à juger sur les actes ». Et avec des « Y'a plus qu'à », on en a refait des mondes.



G20 : Tout change mais rien ne change

Changer assez pour que tout continue comme avant

Seul L’humanité s’autorise à jouer sa partition, estimant qu’ils « se moquent du monde ». Rabat-joie, L’Huma écrit « Ils avaient un monde à reconstruire et ils se sont contentés d’achalander les grandes institutions internationales en faisant du FMI, de la Banque Mondiale, du FSF et de l’OMC les garants de l’avenir ». Voilà le pouvoir de nuisance de ces institutions « élargi » selon Patrick Appel-Muller qui conclut « Il s’agit de changer juste ce qu’il faut pour que tout continue comme avant ».

Un scepticisme qui l’emporte largement sur Internet. Sur son blog Déchiffrages, le journaliste économique Jean-François Couvrat note que sur la liste des paradis fiscaux publiée par l’OCDE ne figurent ni Macao, ni Hong-Kong. « Pékin veillait au grain » ; « Israël, qui figura jusqu’en 2003 parmi les pays blanchisseurs d’argent sale, il n’est nulle part lui non plus : ni blanc, ni gris, ni noir » écrit le journaliste qui ajoute que « le communiqué du G20 proclame un peu hâtivement que « l’ère du secret bancaire est révolue ». Or le Royaume Uni figure dans la liste blanche, bien que la City soit le premier centre offshore du monde ; et que les riches étrangers établis à Londres bénéficient d’une exonération fiscale totale de leurs revenus ».

Le monstre de la finance mondiale ne demande qu'à se réveiller
Dans un article du Monde Diplomatique, Laurent Cordonnier parle, lui,  de « rustines sur le Titanic de finance mondiale ». Si l’économiste affirme qu’on « ne devrait pas faire la fine bouche en jugeant la volonté réformatrice des principaux acteurs de ce sommet (…) alors qu’il y a 18 mois personne n’aurait ramassé un tract d’ATTAC par terre », il pondère aussitôt, « l’approche reste celle de la « gestion des risques »... que l’on ne s’interdit pas de créer. La batterie des mesures envisagées se trouve bien dans ce registre, où il n’est question que d’augmentation de la transparence, de contrôle des systèmes d’incitation, de régulation prudentielle, de supervision, de renforcement de la gouvernance et du management (du risque)... c’est-à-dire de toute une ingénierie d’ordre techno-politique visant à tenter de rattraper les dérives induites par une doctrine restée intacte : celle qui crée les risques au nom de la liberté d’entreprendre et tente ensuite de domestiquer la bête, une fois qu’elle se trouve dépassée par sa créature ». Bref, le monstre ne demande qu'à se réveiller.

Même Jacques Attali sur son blog, n’arrive pas à chanter à l’unisson des éditorialistes et le regrette : «J’aurai tant voulu pouvoir, comme le font presque tous les commentateurs, saluer sans nuance les efforts énormes des uns et des autres pour que personne ne claque la porte. (…) Mais je ne peux m’empêcher de craindre que tout cela n’annonce aussi  l’accumulation de bien de nouveaux nuages à l’horizon, parce qu’on emploie pour résoudre la crise les mêmes armes que celles qui l’ont créée. (…). Tout se passe comme si les alcooliques anonymes, tout heureux de leurs  bonnes résolutions, avaient décidé, au sortir de leur réunion,  de prendre un dernier verre.  Pour la route ».


Vendredi 03 Avril 2009 - 13:23
Régis Soubrouillard

De bien beaux discours et... une belle photo !!!

Lutte contre les paradis fiscaux : De bien beaux discours et... une belle photo !!!

Hier c’était la fête à Londres !!!

Le G20 de Londres s’est achevé hier sur les déclarations satisfaites de ses participants. Naissance d’un "nouvel ordre mondial", selon Gordon Brown


"compromis historique" pour Angela Merkel, et selon Nicolas Sarkozy, "compromis historique au-delà de ce que nous pouvions imaginer "

Justement, au delà de la satisfaction affichée par les participants, il était intéressant d’avoir le sentiment de gens moins médiatiques et c’était le cas, hier soir sur LCP AN qui organisait un débat sur les paradis fiscaux auquel je participais comme Webcameur.

Les invités :

Thierry Lamorlette qui a publié : "Guide critique et sélectif des paradis fiscaux - Stratégies de défiscalisation en toute légalité des personnes physiques en France et à l’étranger" qui est présenté par Décitre de la façon suivante : Guide critique et sélectif des paradis fiscaux en France et à l’étranger dresse un panorama de l’ensemble des stratégies fiscales - nationales et internationales - que tout contribuable, soucieux d’améliorer la gestion de ses biens, se doit d’envisager. Montrant que l’optimisation fiscale en et hors de France demeure le moyen légal le plus performant pour alléger ses impôts, ce livre, rédigé par des spécialistes réputés de la fiscalité internationale, est une base reconnue pour s’informer et permettre aux particuliers et à leurs conseils d’explorer, en toute légalité, les opportunités de défiscalisation et leur évolution.

830f3b6.jpgDaniel Lebègue de Transparence Internationale . Il est à noter que Monsieur Lebègue est également , depuis 2003, administrateur de Alcatel-Lucent, Crédit Agricole SA, Technip, Scor. Parallèlement, il est Président de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales, président de la section française de Transparency international, Co-Président d’Eurofi, Président d’Epargne sans frontières.

Vous pouvez consulter la liste des administrateurs de Transparence Internationale sur leur site et constater que plusieurs membres sont par ailleurs très présents dans des banques ayant brillé par la transparence de leurs placements comme :


- Le directeur adjoint de la conformité chargé de la sécurité financière/ Crédit Agricole

- La Conseillère spéciale du Président de Natixis

Ou sont domiciliés dans des paradis fiscaux comme :


- La Compagnie Financière pour l’Amérique Latine Holding SA

Ou qui se sont distingués par le gouvernance d’entreprise :


- Michel Bon (ancien PDG de France Telecom) condamné en 2008 pour sa gestion opaque

En clair, nous avions sur le plateau deux spécialistes du sujet, plus deux élus, l’un Nouveau Centre et un du Parti Socialiste dont la prudence dans les déclarations montrait leur désarroi sur le sujet et ses conséquences

 

Dans le principe : L’OCDE a publié une liste noire de ces territoires à niveau d’imposition très faible ou nul et au sein desquels règne une véritable opacité fiscale. Certains de ces paradis fiscaux, dont la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche, ont accepté de lever le secret bancaire en cas de soupçon étayé d’évasion fiscale.

Ce qui revient à dire que la situation n’évoluera pas puisque les pays peuvent déja demander mais se heurtent à des procédures tellement lourdes et alambiquées qu’il est nécessaire d’attendre plusieurs années pour les voir aboutir et dans certains cas, les pays demandeurs finissent par abandonner.

Dans cette liste Liste de l’OCDE Progress made as at 2nd April , on distingue des couleurs allant du gris clair au noir

Liste noire
Sont répertoriés sur une "liste noire" des Etats ou territoires qui ne se sont pas engagés à respecter les standards internationaux : le Costa Rica, la Malaisie (Labuan), les Philippines et l’Uruguay.

photo_1238259677854-1-original.jpgDeux listes "grises" désignent des Etats ou territoires qui se sont engagés à respecter les standards internationaux mais ont à ce jour signé moins des douze accords requis.

Liste "gris clair" de paradis fiscaux
Comprend l’Autriche, la Belgique, le Brunei, le Chili, le Guatemala, le Luxembourg, Singapour et la Suisse.

Liste "gris foncée" de pays ou territoires (correspondant à la même définition mais déjà identifiés en 2000 par l’OCDE contient 32 noms) :

Andorre, Anguilla Antigua, Barbade, Aruba, Bahamas, Bahrein, Belize, les Bermudes, les iles vierges anglaises, les iles Cayman, les iles Cook, la Dominique, Gibraltar, Grenade, Liberia, le Liechtenstein, les Iles Marshall, Monaco, Montserrat, Nauru, les Antilles néerlandaises, Niue, Panama, St Kitts and Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et Grenadine, Samoa, San Marin, les iles Turks and Caicos et Vanuatu.

Il va falloir y aller sérieusement, Monsieur Brown, puisque dans cette liste la Grande Bretagne est leader.

Liste blanche
La Chine figure sur une liste "blanche", sur laquelle figure les Etats qui ont sensiblement amélioré leur législation pour l’adapter aux normes internationales. L’OCDE constate en revanche que Hong Kong et Macao, deux régions administratives spéciales chinoises se sont pour l’instant "limitées à des engagements". Sources diverses dont L’Express

Le cas de la Chine, qui a défendu cette démarche sans grand enthousiasme est l’exemple type du "nouvel ordre mondial" annoncé par Gordon Brown. Elle avait donné son accord à condition que deux de ses territoires, Hongkong et Macau, ne figurent pas sur la liste noire. L’OCDE constate néanmoins que les deux régions administratives spéciales chinoises se sont pour l’instant "limitées à des engagements". Or la Chine ne fait pas partie de l’OCDE comme en a convenu Monsieur Lebègue. Alors, les engagements ....

1-finance-banque-economie-budget-gouvernement_109.jpgPar ailleurs, on constate que la Principauté d’Andorre est placée dans le "gris foncé". Nul doute que son co prince va mettre autant de détermination à démissionner de son poste qu’il en a mis à pratiquer la politique de la chaise vide. Car à bien y regarder, le "pantone" définit par le G20 permet à beaucoup de pays de déclarer leur intention de coopérer mais ne définit pas clairement les moyens de rétorsion en cas de collaboration à minima.

Enfin, regardant la photo réjouie des chefs d’état et de gouvernement, je me suis souvenu que j’avais écrit, au sujet du sommet de L’Union Pour la Méditérranée (dont curieusement nul ne parle plus) : "Du moment que la photo est bonne ...."

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Jean claude Benard

15:42 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : g20, sarkozy, ocde, londres

La deuxieme vague arrive ?

Koudrine « le cavalier du feu » prévoit le désastre qu’il causera lui-même !

Equitalyon2008cavalierFeu.jpg« Der so oft den roten Hahn
Meilenweit von fern gerochen
Mit des Heilgen Kreuzes Span
Freventlich die Glut besprochen
Weh !... »

[« Toi qui si souvent flaire les flammes rougeoyantes
A une lieue,
Et qui avec un fragment de la sainte croix
Conjure malicieusement l’incendie –
Misère !... »]

2 avril 2009 (LPAC) — La ballade d’Eduard Mörike sur le mystérieux « cavalier du feu » (« Der Feuerreiter ») des histoires populaires, qui chevauche furieusement pour alerter du feu qu’il attise lui-même, fut mise en musique par Hugo Wolf en 1888. Aujourd’hui, elle décrit l’attitude d’Alexeï Koudrine, le ministre des Finances russe.

118400858.jpgAlors que Koudrine rencontrait aujourd’hui les ministres des Finances des pays de la CEI, avant de se rendre au sommet du G-20 auquel il assistera avec le Président Dmitri Medvedev, l’émoi s’emparait des médias russes, en raison de son avertissement qu’une « deuxième vague » de la crise financière était sur le point de se propager en Russie.

S’exprimant la semaine dernière, lors d’une session décisionnelle au ministère de l’Economie, Koudrine déclara à ses partenaires du gouvernement que « dans un futur proche, aura lieu une nouvelle correction et une nouvelle chute des marchés boursiers… Nous pouvons nous attendre à une récession mondiale plus profonde ».

En Russie, « nous nous attendons à une deuxième vague de problèmes dans le système financier. Nous devons prononcer le diagnostique sans détour : ce sera une vague déclenchée par l’incapacité du secteur réel à rembourser les crédits. » Dans certaines industries, dit-il, les arriérés s’entassent depuis six mois, voire un an. La raison en est, selon lui, que certaines entreprises ont cru que la demande reviendrait… mais cela n’est pas arrivé.

koudrine.jpgEn réalité, le principal poids qui pèse sur les emprunteurs russes, les rendant incapables de rembourser leurs emprunts aux banques, provient des politiques mêmes du grand argentier, combinées à celles de la Banque centrale russe que dirige Sergueï Ignatiev.

Obéissant au dogme neo-libéral qui dicte que « le combat contre l’inflation » est la priorité des priorités, ils ont maintenu des taux d’intérêt élevés, alors même qu’ils injectaient des liquidités dans les marchés boursiers et certaines banques pour les renflouer.

Le quotidien Komsomolskaya Pravda, dans un article du 30 mars, citait Yelena Panina, Présidente adjointe du Comité sur l’industrie de la Chambre basse : « Les banques accordent actuellement des crédits à très court terme, à 27-28%. Et elles imposent des conditions supplémentaires incroyables à l’égard du nantissement. Quels en sont les résultats ? Les usines ne peuvent tout simplement pas rembourser. Aucune entreprise du secteur réel ne pourrait tenir face à de pareils taux d’intérêt. Comment qui que ce soit pourrait honorer une telle rentabilité ? »

15:33 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, koudrine, finance, russie, obama

l’accord du G-20 doit être rejeté

LaRouche : l’accord du G-20 doit être rejeté
3 avril 2009 - 14:52

obama1.jpg2 avril 2009 (LPAC) – Suite à la publication du communiqué officiel du G-20 à Londres, Lyndon LaRouche déclara : « Ce qu’ils proposent revient à recommander du cyanure pour guérir un mal de tête. C’est un remède qui achève le malade. »

Il faisait allusion à la supposition sous-tendant l’ensemble du communiqué, énoncée dans le troisième point : « Nous pensons que la seule fondation authentique pour une mondialisation soutenable et une prospérité en croissance pour tous, est une économie mondiale ouverte, fondée sur les principes du marché, une régulation efficace, et des institutions mondiales fortes. » Plus loin, le communiqué poursuit : « Nous entreprenons une expansion fiscale concertée sans précédent (…) qui, dès la fin de l’an prochain, s’élèvera à 5000 milliards de dollars, augmentera les rendements de 4%, et accélèrera la transition vers une économie verte. »

capute-cocci-fou2.gifLaRouche qualifia ces déclarations de « confessions d’une assemblée de malades mentaux ».

« C’est du fascisme à la sauce d’Oswald Mosley. Mosley serait extasié, tout comme H.G. Wells, qui le soutenait en 1933. A cette époque, les alliés de la City de Londres à Wall Street soutenaient Mussolini, comme le faisait le grand pragmatiste américain, John Dewey. Ils soutenaient aussi Hitler, comme un Mussolini allemand.

« C’est du fascisme combiné à de la folie. C’est un cas où l’esprit criminel dégénère dans la folie.

« J’espère qu’il y aura suffisamment d’hommes et de femmes patriotes dans le Congrès des Etats-Unis pour empêcher l’adoption de cet accord. Cela impliquerait la mort des Etats-Unis et de beaucoup plus. Cela doit être tout de suite arrêté. »

Malheureusement, si Roosevelt rejeta à son époque le projet fasciste de gouvernement mondial de H.G. Wells (décrit dans son livre The Open Conspiracy), le Président Obama a fait exactement le contraire.

fou.jpgEn effet, lors d’une conférence de presse après la clôture du G-20, Obama approuva l’ensemble du programme de Gordon Brown, exprimant personnellement sa reconnaissance envers le travail de Brown et de toute son équipe. De plus, il s’est glorifié d’avoir lui-même jouer un rôle décisif pour « établir un consensus ».

LaRouche souligna que les Britanniques l’avaient dupé précisément grâce à cette image d’artisan du consensus qu’il a de lui-même. La conséquence en est que Obama est « sur le point de s’effondrer. [Les Britanniques] n’avaient pas besoin de le contrôler, puisqu’il pouvait se contrôler lui-même. C’est tragique. »

« Un tel accord ne peut être admis », dit LaRouche. « S’il l’était, cela pourrait très bien provoquer des émeutes aux Etats-Unis, une rupture de la nation et du terrorisme. On doit donc le rejeter. Les Etats-Unis ne doivent signer aucun traité dans cet esprit. Aucun patriote n’autorisera à ce qu’il soit confirmé, qu’il soit démocrate ou républicain. Signer cela reviendrait à trahir les Etats-Unis.

obama.jpg« Voici une autosatisfaction dont le Président pourrait se remettre, mais ce n’est pas le cas de la nation. Le prix de cette autosatisfaction est trop cher à payer. Personne n’a le droit d’utiliser son ego de cette façon. Notre pays et l’humanité ne peuvent pas être mis en péril parce que Obama veut gagner un concours de popularité. »

15:25 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, obama, larouche

01/04/2009

OCDE : la plus grave récession de mémoire d’homme

Les graphiques établis par l’OCDE pour faire le point sur la situation à l’approche du G20 permettent de juger rapidement de l’ampleur exceptionnelle d’une récession à l’échelle mondiale que les analystes de l’organisation décrivent comme « la plus profonde et la plus synchronisée de mémoire d’homme ». Activité économique, production industrielle, commerce international, crédit, secteur immobilier, chômage, déficits budgétaires, tous les indicateurs sont - ou vont - passer au rouge. Cette crise est déjà plus forte que celles qui avaient suivi les deux chocs pétroliers, et l’OCDE prévoit qu’elle devrait s’aggraver encore durant l’année, provoquant une contraction de l’activité comprise en 4 et 7% sur l’ensemble des pays appartenant à l’organisation. Une grande incertitude continue de régner, jugent les analystes, car les prévisions publiées dépendent de la réussite de l’assainissement du secteur financier avant la fin de l’année. Mais comme le notait Munchau, l’OCDE s’inquiète que le ralentissement ne détériore encore la solvabilité des établissements et elle précise que ses prévisions pourraient également être remises en cause par une crise monétaire ou une crise bancaire touchant les pays européens de l’est ou les pays émergents. Nous avons sélectionné les principaux indicateurs publiés par l’OCDE.

Contre Info, 1er avril 2009

Ci dessus : Un écart de production sans précédent - Différence entre le potentiel économique (estimé) et l’activité réelle

La croissance s’est effondrée - PIB réel, corrigé de l’inflation

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Le ralentissement sur deux trimestres consécutifs le plus marqué depuis l’après guerre - Comparaison par rapport aux précédentes récessions.

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Une récession synchronisée - pourcentage de pays de l’OCDE subissant un ralentissement

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Plongeon de la production industrielle

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Effondrement du commerce mondial - Taux de croissance trimestriel annualisé, 1970 à aujourd’hui

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Augmentation du chômage - Projections

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Taux de chômage

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Crédit

Forte contraction du crédit

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Durcissement des conditions d’octroi de crédit

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Immobilier

USA : Augmentation des saisies et des défauts ou retards de paiements

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Chute marquée du nombre de permis de construire - Période octobre à janvier, variation par rapport à l’année précédente

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Baisse des prix dans l’ensemble des pays

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Inflation

Baisse marquée de l’inflation

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Risque déflationniste

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Déficits publics

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Synthèse des prévisions

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Source : OCDE Economic Outlook, Interim Report

31/03/2009

La Dernière Chance ?

Sommet du G20 de Londres : la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale

Lettre ouverte aux dirigeants du G20, publiée en anglais dans l’édition mondiale du Financial Times le 24/03/09

Mesdames, Messieurs,

Il vous reste moins d’un semestre pour éviter que la planète s’enfonce dans une crise dont elle mettra plus d’une décennie à sortir, avec un terrible cortège de malheurs et de souffrance. Cette lettre ouverte de LEAP/E2020, qui dès Février 2006 avait annoncé l’imminence d’une « crise systémique globale », veut tenter de vous indiquer brièvement pourquoi il en est ainsi, et comment éviter cela.

groupe_G20_469_311_3075b.jpgEn effet, si vous avez commencé à soupçonner l’ampleur de la crise il y a moins d’un an, c’est dès Février 2006, dans la 2° édition de son « Global Europe Anticipation Bulletin » (GEAB), que LEAP/E2020 avait annoncé que le monde entrait dans la « phase de déclenchement » d’une crise d’ampleur historique. Et depuis cette date, LEAP/E2020 a continué, chaque mois, à anticiper d’une manière très fiable les évolutions de la crise dans laquelle le monde entier se débat désormais. Ce qui nous conduit à vous écrire cette lettre ouverte dont nous espérons qu’elle éclairera vos choix dans quelques jours.

Et cette crise s’aggrave dangereusement. Récemment, à l’occasion de la 32° édition de son bulletin, LEAP/E2020 a ainsi lancé une alerte très importante qui vous concerne directement, vous les dirigeants du G20 : si, réunis à Londres le 2 Avril prochain, vous n’êtes pas capables d’adopter des décisions audacieuses et innovantes en vous concentrant sur l’essentiel, et d’entamer leur mise en oeuvre d’ici l’été 2009, alors la crise entrera à la fin de cette année dans la phase de « dislocation géopolitique généralisée » qui affectera tout autant le système international que la structure même des grandes entités politiques comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’UE. Et vous ne contrôlerez alors plus rien pour le malheur des six milliards d’habitants de notre planète.

Votre choix : une crise de 3 à 5 ans ou un crise de plus d’une décennie ?

_45611577_bigben_afp_466.jpgHélas, comme rien ne vous a préparé à affronter une crise d’une telle ampleur historique, jusqu’à présent, vous ne vous êtes occupés que des symptômes ou des causes secondaires. Vous avez pensé qu’il suffisait d’ajouter de l’essence ou de l’huile au moteur mondial, sans vous rendre compte qu’il était tout simplement cassé, sans espoir de réparation. C’est un nouveau moteur qu’il faut construire. Et le temps presse car chaque mois qui passe détériore un peu plus l’ensemble du système international.

Comme dans toute crise majeure, il faut aller à l’essentiel. Comme dans toute crise de dimension historique, le seul choix est entre entreprendre au plus vite des changements radicaux et raccourcir considérablement la durée de la crise et ses conséquences tragiques ; ou au contraire refuser les changements radicaux en tentant de sauvegarder l’existant, pour ne réussir qu’à prolonger durablement la crise et accroître toutes ses conséquences négatives. A Londres, le 2 Avril prochain, vous aurez ainsi le choix entre résoudre la crise en 3 à 5 ans d’une manière organisée ; ou bien au contraire, entraîner la planète dans une décennie terrible.

Nous nous bornerons donc ici à mettre en avant trois conseils que nous considérons comme stratégiques, c’est-à-dire, que pour LEAP/E2020, s’ils ne sont pas mis en oeuvre d’ici l’été 2009, la dislocation géopolitique mondiale deviendra inévitable à partir de la fin de cette année.

LES 3 CONSEILS DE LEAP/E2020

1. La clé de la crise, c’est la création d’une nouvelle devise internationale de référence !

World_Top.jpgLe premier conseil se résume à une idée très simple : la clé de la crise actuelle se trouve dans la réforme du système monétaire international hérité de l’après-1945 afin de créer une nouvelle devise internationale de référence. Le Dollar américain et l’économie des Etats-Unis ne sont plus en mesure d’être les piliers de l’ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n’est pas abordé directement, puis traité, la crise s’approfondira car il est au coeur des crises des produits financiers dérivés, des banques, des prix de l’énergie, … et de leurs conséquences en terme de chômage massif et de baisses des niveaux de vie. Il est donc vital que cette question soit l’objet principal du Sommet du G20 de Londres et que les premiers éléments de solution y soient lancés. La solution à ce problème est d’ailleurs bien connue : 270209top.gifil s’agit de créer une devise de référence internationale (qu’on pourrait appeler le « Global ») fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète, à savoir le Dollar US, l’Euro, le Yen, le Yuan, le Khaleel (monnaie commune des etats pétroliers du Golfe qui sera lancée au 1° Janvier 2010), le Rouble, le Real, … . et de faire gérer cette devise par un « Institut Monétaire Mondial », dont le Conseil d’ Administration reflète les poids respectifs des monnaies composant le « Global ». Vous devez demander au FMI et aux banques centrales concernées de préparer un tel plan pour Juin 2009 avec objectif de mise en oeuvre au 1° Janvier 2010. C’est votre seul moyen de reprendre l’initiative sur le temps de déroulement de la crise. Et c’est le seul moyen de concrétiser la mise en oeuvre d’une globalisation partagée, en en partageant la monnaie qui est au coeur de toute activité économique et financière.

tsunami.1206208219.jpgSelon LEAP/E2020, si une telle alternative au système actuel en plein effondrement n’a pas commencé à être préparée d’ici l’été 2009, démontrant qu’il existe une autre voie que le « chacun pour soi », le système monétaire international actuel ne passera pas l’été. Et si certains Etats du G20 pensent qu’il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu’aujourd’hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront au contraire toute aptitude à le faire.

2. Contrôlez l’ensemble des banques au plus vite !

Le second conseil est déjà largement évoqué dans les discussions préalables à votre réunion. Il devrait être donc aisé de l’adopter. Il s’agit de mettre en place d’ici la fin 2009 un système de contrôle des banques à l’échelle mondiale qui supprime tout « trou noir ». Plusieurs options vous sont déjà proposées par les experts. Tranchez dès maintenant. Nationalisez au plus vite quand il le faut ! C’est en tout cas le seul moyen de prévenir un nouvel endettement massif des établissements financiers comme celui qui a contribué à la crise actuelle ; et de montrer aux opinions publiques que vous êtes crédibles face aux banquiers.

3. Faites évaluer au plus vite par le FMI les systèmes financiers US, britannique et suisse !

08-10-19-dsk-strauss-kahn.jpgLe troisième conseil touche à nouveau une question très sensible politiquement qui pourtant est incontournable. Il est indispensable que le FMI remette au G20, au plus tard, en Juillet 2009, une évaluation indépendante des trois systèmes financiers nationaux au coeur de la crise financière : ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Suisse. Aucune solution durable ne pourra en effet être efficacement mise en oeuvre tant que personne n’a la moindre idée des ravages causés par la crise dans ces trois piliers du système financier mondial. Et il n’est plus temps de « prendre des gants » avec des pays qui sont au coeur du chaos financier actuel.

Ecrivez un communiqué simple et bref !

_45611576_children_pa_466.jpgPour terminer, nous nous permettrons seulement de rappeler que vous avez désormais à restaurer la confiance chez 6 milliards de personnes, et des dizaines de millions d’institutions publiques et privées. Alors, n’oubliez pas de rédiger un communiqué court, qui ne fasse pas plus de deux pages, qui ne contienne pas plus de trois ou quatre idées centrales et qui soit lisible par des non-experts. Sinon, vous ne serez pas lu hors du cercle étroit des spécialistes et vous ne pourrez donc pas ressusciter la confiance du plus grand nombre condamnant ainsi la crise à s’aggraver. Si cette lettre ouverte vous aide à sentir que l’Histoire vous jugera pour ce que vous aurez réussi à faire ou pas lors de ce Sommet, alors elle n’aura pas été inutile. Sachez simplement, que selon LEAP/E2020, vos peuples respectifs n’attendront pas plus d’une année pour vous juger. Une chose est néanmoins certaine : cette fois-ci vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenu !

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Franck Biancheri Directeur des Etudes de LEAP/E2020 Président de Newropeans

 



30/03/2009

La vérité sur le cas de M. Sarkozy

La vérité sur le cas de M. Sarkozy
30 mars 2009 - 14:14

par Jacques Cheminade

 

« …Tout son corpsd’un seul coupdans l’espace d’une minute, et même moins,se déroba,s’émietta,se pourrit absolument sous mes mains. Sur le lit, devant tous les témoins, gisait une masse dégoûtante et quasi liquide,une abominable putréfaction. »

Ainsi se termine La vérité sur le cas de M. Waldemar, la célèbre Histoire extraordinaire d’Edgar Allan Poe. Nicolas Sarkozy, qui n’apprécie pas, semble-t-il, La princesse de Clèves, aurait sans doute intérêt à méditer la leçon d’un auteur majeur du pays qu’il admire tant.

En effet, M. Waldemar, qui s’est fait magnétiser avant de mourir, reste sept mois dans un état où son corps ne change pas, et ce n’est que lorsque l’on procède à l’expérience du réveil qu’il se produit ce que nous venons de citer. Le réveil politique de M. Sarkozy sera sans doute de même nature s’il ne change pas. En effet, toutes les initiatives qu’il vient de prendre récemment sont une adaptation à la situation, sur le lit bordé par l’oligarchie financière, sans tenir le moindre compte de l’économie physique ni des intérêts de son peuple, que ce soit ceux qui ont voté pour ou ceux qui ont voté contre lui. Il perdure, comme M. Waldemar, mais le choc de la réalité révèlera son état réel.

02_sarko_toulon_357.jpgAprès le discours de Toulon, le Président de la République indiqua sa volonté de mettre un terme à la loi du capitalisme financier. Aujourd’hui, à Saint-Quentin, il parle de « moraliser » ce à quoi hier il prétendait mettre fin. Hier il stigmatisait ceux qui s’enrichissent en spéculant, aujourd’hui il s’en prend aux grévistes ; hier il semblait condamner un système, aujourd’hui non seulement il fait avec, mais ne cède pas à la pression de sa propre majorité en faveur d’une loi interdisant les bonus et stock-options dans les entreprises aidées par l’Etat. Ce n’est pas un décret de dernière heure, interdisant, seulement jusqu’à fin 2010, les stock-options pour les dirigeants de banques et de l’industrie automobile bénéficiant d’une aide publique, qui change grand-chose à la question : il s’agit d’un typique effet d’affichage. Tout au plus mise-t-il sur des menaces, aussi convaincantes que le code de gouvernance Afep-Medef qui est une « éthique » sans obligation ni sanction réelle.

afp-photo-179215.jpgLe symbole est fort : Saint-Quentin était comme en état de siège, avec des centaines de policiers et de camions-barrières au coin des rues, et si la salle était pleine, c’était de militants UMP venus des environs proches et lointains, rassemblés pour l’occasion. Sur le fond, c’est encore pire. M. Sarkozy ne s’oppose plus aux dérives financières qu’en paroles, dans les faits il les encourage. Il a ainsi demandé à la Banque centrale européenne (BCE) de recourir à de « nouvelles armes » face à la crise, ce que Mme Christine Lagarde appelle « des mesures un petit peu alternatives et non conventionnelles ».

planche_billets.jpgEn clair, de faire marcher la planche à billets électronique. Il s’agit du rachat de titres obligataires d’Etat (bons du Trésor) ou même d’entreprises pour « débloquer les circuits du crédit », à l’image de ce que font la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine. « J’ai toujours été pour cet élargissement des instruments utilisés par la BCE », a-t-il indiqué sans gêne. C’est à la fois dangereux et stupide. En effet, ce sont ainsi les Banques centrales qui viennent au secours des Etats, qui à leur tout viennent au secours des banques en reprenant ou en garantissant leurs effets toxiques, ou en leur procurant des fonds propres, sans conditions ni garanties ! La politique officielle française consiste donc à renflouer, comme les politiques britannique et américaine actuelles, un système qui a rendu l’âme, autant que…M. Waldemar. Ce qui conduira tout droit, si l’on continue ainsi, au doute sur la solvabilité des Etats surendettés puis à leur faillite, comme celles de l’Islande, de la Lettonie ou de la Hongrie, mais à une échelle que les pédants bien vus en Cour appelleraient « macroéconomique ».

Déjà, et c’est pour cela que nous disons que ce choix est stupide, la Banque d’Angleterre vient de mettre en place sa politique d’« assouplissement monétaire » sans grand succès, puisque le mercredi 25 mars elle n’est pas parvenue à placer la totalité d’un emprunt à 40 ans d’à peine plus d’un milliard de livres.

Quant aux paradis fiscaux, la France ne remet en cause ni ceux que constituent la City de Londres et Wall Street, tout en s’en prenant à leur « compétiteur » suisse, ni ceux qu’utilisent abondamment les banques françaises pour leurs opérations les plus « délicates », de Jersey jusqu’aux Antilles.

sarko-merkel432.jpgLa note adressée en vue du G20 par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à MM. Topolanek, président en exercice du Conseil européen, et Barroso, président de la Commission européenne, propose une supervision financière paneuropéenne et approuve les recommandations du rapport Larosière. Sans en vouloir personnellement à cet éminent personnage promu par la France et l’Allemagne, notons qu’il a été conseiller de l’assureur AIG, un casino financier renfloué par l’Etat américain à hauteur de 173 milliards de dollars, ce qui augure mal de sa compétence pour « refonder » quoi que ce soit. Ajoutons que le principal bénéficiaire du renflouement de AIG, à hauteur de plus de 12 milliards de dollars, a été Goldman Sachs, dont l’ancien secrétaire américain Hank Paulson fut le dirigeant. Lors du sauvetage, Lloyd Blankfein, aujourd’hui à la tête de Goldman, était présent dans la pièce ! Bref, on prend les mêmes et on recommence, et le conflit d’intérêts est partout.

C’est ce système que couvrent Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en remettant la conception des réformes au FMI, au FSF, au Comité de Bâle sur la supervision bancaire et à la Commission européenne. Parlons maintenant de cette dernière : José Manuel Barroso, l’ultra-libéral imposé hier par Tony Blair, sera reconduit aujourd’hui faute d’alternative (sic) à gauche (re-sic). Il est vrai que lors du séminaire sur la refondation du capitalisme, parrainé alors par Nicolas Sarkozy et Eric Besson, le « cher Tony » avait été reçu en héros. Aujourd’hui, Gordon Brown et l’espagnol Zapatero soutiennent Barroso : si ce n’est pas là une sorte d’inceste, cela y ressemble fort.

Merkel et Sarkozy s’engagent « à consolider nos finances publiques en appliquant le pacte de stabilité et de croissance… au fur et à mesure que l’économie se redressera ». C’est dire que l’on continue à se livrer pieds et poings liés à la loi du marché, en s’interdisant d’émettre du crédit productif public, seule solution pour financer l’équipement de l’homme et de la nature.

photo_0302_459_306_12451.jpgN’en jetez plus, direz-vous. Eh bien non. Le comble est l’adhésion de tous à la loi du FMI. Un FMI renforcé dont le directeur général, Dominique Strauss-Kahn, vient d’indiquer clairement la « philosophie » dans un entretien à La Tribune du 28 mars : « Un dollar utilisé pour nettoyer le bilan des banques est aujourd’hui beaucoup plus efficace qu’un dollar investi dans la construction de nouveaux ponts ». La même politique anti-infrastructure est promue, au sein de l’administration Obama, par Lawrence Summers, son conseiller vendu depuis toujours à l’idéologie et aux intérêts de Wall Street et dont Lyndon LaRouche réclame la démission. En fait, c’est une « gouvernance mondiale » qui est promue, visant à servir l’oligarchie financière au plus fort de la crise. Avec pour conséquence ce qu’on voit déjà en France avec Continental, Heuliez, Peugeot, Renault et leurs équipementiers et sous-traitants, Amora-Maille, 3M, Celanese et les 10000 à 15000 PME qui doivent supprimer entre 2 et 50 salariés. Mais peu importe, il faut d’abord sauver les établissements financiers, comme ils disent tous dans ce milieu, et comme l’affirme Denis Kessler, le patron de la SCOR, « lutter contre les 3 P, enfants bâtards de toute crise : le Protectionnisme, le Populisme et le Patriotisme qui dégénère en nationalisme ». Il faut un terrible culot, indépendamment de tout jugement moral, pour condamner les réactions face à une crise dont on est soi-même responsable et coupable !

Sarko-Merkel_Berlusconnard.jpgPlus honnêtement, Jacques Attali va au bout du raisonnement (cf. notre éditorial) : un gouvernement mondial après des guerres, ce « fascisme universel » que les égarés de la social-démocratie en viennent à partager avec les néo-conservateurs américains. En un mot, la face cachée de Lord Keynes. On comprend que Peter Mandelson, l’homme à tout faire de l’oligarchie financière et actuellement ministre britannique du Commerce, déclare « son admiration pour la présidence française de l’Union européenne ». Il ne manquait plus que Lord Mark Malloch Brown, l’organisateur du G20, pour tresser des louanges à notre Président. C’est fait. Celui-ci sortira-t-il de son état hypnotique ? C’est son propre intérêt, car s’il ne le fait pas, c’est le sort de M. Waldemar qui l’attend, ou bien d’être momifié pour services rendus à l’Empire, comme le cadavre de Jeremy Bentham. Un mot seul pourrait le ramener à la vie : « banqueroute organisée », celui que je prononce ici à la face des autres.

20:14 Publié dans sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sar'kozy, g20, dsk, fmi, crise, banque

27/03/2009

"Le Global" une nouvelle devise mondial pour remplacer le Dollar ?

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À une semaine d’une importante réunion des pays du G20, la Chine en appelle à l’adoption d’une nouvelle monnaie de référence en remplacement du dollar américain.

C’est que la Chine est dépendante du système monétaire actuel dominé par le dollar US, devise dans laquelle est libellée une grande partie de ses réserves de change, soit près de 2 000 milliards de dollars. Or, la situation économique aux États-Unis inquiète l’empire du Milieu. Si le dollar américain devait péricliter, la Chine serait sérieusement ébranlée, scénario qu’elle veut éviter à tout prix.

Un nouveau système économique mondial

C’est pourquoi elle propose la création d’une monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar US. La gestion de cette nouvelle devise relèverait du Fonds monétaire international (FMI). Le but ultime de cette démarche consisterait à créer un nouveau système économique mondial qui ne soit pas facilement influencé par les politiques de certains pays, souligne la Chine.


Actuellement, Européens et Américains semblent diverger sur les priorités liées à la réforme de l’architecture financière mondiale. Les seconds mettent l'accent sur la nécessité de plans de relance massifs, avant le grand chantier de réforme.

billets_dollar_yuan_b_8175b.jpgLa Chine reconnaît que l'établissement d'une nouvelle monnaie de réserve « largement acceptée » pourrait prendre du temps. Mais, à court terme, la communauté internationale et particulièrement le FMI devraient au moins « faire face aux risques résultant du système actuel, conduire des contrôles réguliers et des évaluations », a souligné le gouverneur de la Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan.

En route vers le « Global » ?

La Chine n’est pas seule à réclamer la fin de la suprématie du dollar US. Frank Biancheri, directeur des études du Laboratoire européen d'anticipation politique (LEAP/E2020), a fait publier en ce sens une lettre ouverte aux dirigeants du G20 dans le prestigieux Financial Times.

« Il vous reste moins d’un semestre pour éviter que la planète s’enfonce dans une crise dont elle mettra plus d’une décennie à sortir, avec un terrible cortège de malheurs et de souffrance », prévient Frank Biancheri. Cette prédiction n’est pas anodine. En effet, dès février 2006, Frank Biancheri et son équipe ont anticipé et documenté avec une précision remarquable la crise financière actuelle.

arton323-742c7.jpgUne solution à la crise

Pour faire échec à la crise, il faut créer une nouvelle devise internationale de référence, dit Frank Biancheri. « Le dollar américain et l’économie des États-Unis ne sont plus en mesure d’être les piliers de l’ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n’est pas abordé directement, puis traité, la crise s’approfondira, car il est au cœur des crises des produits financiers dérivés, des banques, des prix de l’énergie, …et de leurs conséquences en terme de chômage massif et de baisses des niveaux de vie », écrit l’expert.


Sous la gouverne d’un institut monétaire mondial

Cette nouvelle devise, qui pourrait s’appeler le « Global », devrait être fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète : dollar US, euro, yen, yuan, rouble, real, etc. Le « Global » serait géré par un institut monétaire mondial, dont le conseil refléterait le poids respectif des monnaies le composant.


default.jpgFrank Biancheri croit qu’il n’y a pas de temps à perdre. Si une telle solution de rechange au système actuel en plein effondrement n’a pas commencé à être préparée d’ici l’été 2009, « le système monétaire international actuel ne passera pas l’été ». Et si certains États du G20 pensent qu’il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu’aujourd’hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. « Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront au contraire toute aptitude à le faire », note-t-il.

Consulter la lettre ouverte de Frank Biancheri aux dirigeants des pays du G20


Source :

http://conseiller.ca/

04:15 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dollar, fmi, chine, g20, krash

18/03/2009

G20 : le crash et nous

G20 : le crash et nous
17 mars 2009

Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.

Le G20, la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement qui va se tenir le 2 avril à Londres, sera un désastre politique.

Tout d’abord, le pilotage du sommet se trouve confié au chancelier de l’Echiquier britannique, Alistair Darling, et à Lord Mark Malloch Brown, honorable numéro 2 du Foreign Office. C’est confier la solution à ceux qui sont les principaux responsables de la crise. Malloch Brown, qui a rédigé la première mouture du compte-rendu final de la réunion du 2 avril, a été jusqu’en 2007 vice-président du Quantum Group of Funds et de l’Open Society Institute, de George Soros. Nous menons campagne dans le monde pour qu’il soit dessaisi.

1125302-1441582.jpgEnsuite, la conférence préparatoire de Horsham, le 14 mars, n’a pu que constater les désaccords entre les participants sur les moyens. Washington appelle à une relance mondiale et demande aux Européens de dépenser plus, alors que les Européens exigent davantage de régulation financière, en prenant les sujets au cas par cas. Les uns et les autres sont incapables de mesurer la dimension systémique de la crise. Leurs experts se réfèrent toujours à une crise cyclique et cherchent à « lisser les évolutions de l’endettement », alors que le récipient déborde de partout.

Enfin, personne ne parle de mise en faillite ordonnée ou organisée des institutions, car tous se situent dans la perspective de sauver les créances de l’oligarchie. Les bonnes intentions affichées à Horsham sont autant de sparadraps sur les métastases d’un cancer financier : contrôler les agences de notation et les fonds spéculatifs, établir de nouvelles règles comptables pour les « véhicules hors bilan liés à des produits dérivés », privilégier le traitement des actifs toxiques des banques. Autant d’engagements insuffisants et sans garanties concrètes. Bien pire encore, l’on s’est accordé à renflouer le FMI pour qu’il renfloue les pays devant de l’argent aux banques.

Le déni de réalité est total. Les banques centrales sont appelées à « maintenir des politiques expansionnistes aussi longtemps que nécessaire, y compris par des moyens non conventionnels ». En clair, comme le font déjà la Réserve fédérale américaine et les Banques centrales de Suisse et d’Angleterre, il s’agit de faire fonctionner à tout va la planche à billets électronique pour racheter les titres pourris ou dévalués des banques, des entreprises non financières et des Etats eux-mêmes ! Désormais, les banques centrales créent de l’argent à partir de rien : on appelle cela « assouplissement quantitatif ».

Toutes les conditions d’une épidémie d’hyperinflation sont ainsi créées, qui ruinerait les salariés, les retraités et tous les titulaires de minima sociaux, mais effacerait la dette des débiteurs. Evidemment, face à cette politique inique, les peuples se mobiliseront pour résister, et depuis les caméras de surveillance jusqu’aux drones et aux Robocops, tous les instruments se mettent en place pour les réprimer.

aig.jpgC’est pourquoi, à ceux qui s’étonnent que nous nous battions à plein temps contre cet avenir, nous répondons simplement que nous avons le sens des priorités. Le cas d’AIG, secouru à hauteur de 173 milliards par l’Etat pour rembourser les banques américaines et européennes, et qui verse en même temps de gros bonus à ses dirigeants tout en licenciant à tout va, est une leçon de choses qui devrait tous nous réveiller.

18:49 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, crash, cheminade, crise, londres

06/01/2009

Banqueroute organisée ou Weimar 1923

Banqueroute organisée ou Weimar 1923

weimar.jpg Les Etats-Unis ont choisi le recours, pratiquement sans limite, à la planche à billets. En ajoutant « un plan supplémentaire » de 800 milliards de dollars (614 milliards d’euros) au plan de sauvetage de 700 milliards de dollars (537 milliards d’euros), le plan TARP de Henry Paulson, l’administration Bush continue sa fuite en avant. « Pratiquement, c’est de l’argent que la Réserve fédérale va imprimer », reconnaissent les experts. Dans ce « plan B », 200 milliards doivent servir à « dégeler le marché du crédit » (car les organismes de crédit à la consommation et de financement des investissements sont désormais menacés par la montée de l’insolvabilité de leurs emprunteurs) et les 600 milliards restants seront utilisés pour racheter les actifs des banques qui sont adossés à des prêts hypothécaires.weimar_germany_inflation2.jpg

Ainsi, le renflouement reposera à la fois sur l’aide en capital aux banques en difficulté et sur le rachat ou la garantie par les autorités fédérales des « actifs toxiques » répandus partout. Le total mobilisé, récapitulé par l’agence Bloomberg, était de 7500 milliards de dollars la semaine dernière et atteint maintenant 8500 milliards.

Barack Obama ne s’est pas opposé à ce choix et prépare un troisième plan avec Timothy Geithner, un ancien de Kissinger Associates, cette fois pour « la relance de l’économie ».

Tous les intéressés reconnaissent qu’il s’agit d’une navigation dans l’inconnu, car presque personne ne connaît la vraie valeur des engagements pris. Pire encore, certaines banques ont utilisé l’argent reçu, non pour financer l’économie, mais pour payer leurs actionnaires ou racheter d’autres banques.

La « finance folle » est aux commandes : Paulson a précisé que son « programme pourra être étendu et renforcé avec le temps ». Déjà, un Stephen King, chargé des affaires économiques à la Hong Kong Shangaï Banking Corp (HSBC), l’explique sans retenue : la baisse des taux d’intérêt et l’aide directe aux banques ne suffisent pas, l’avenir est à la planche à planche à billets sous le contrôle d’une autorité mondiale composée de banquiers centraux.

Benito Mussolini a constitué des holdings bancaires d’Etat ; cette fois, les penseurs et les acteurs du « fascisme universel » entendent créer une gouvernance financière mondiale. Que la prochaine étape du G20 ait lieu à Londres, la principale place offshore du monde, depuis laquelle chacun a fait ce que sa législation nationale lui interdisait, est significatif. Déjà, Dominique Strauss-Kahn annonce que le « Nouveau Bretton Woods II » est une illusion et prône une gouvernance mondiale sous l’autorité du FMI, assisté d’un Forum de stabilité financière qui regroupe principalement les grandes banques centrales.

Toutes les conditions d’une hyperinflation généralisée se trouvent ainsi créées – une Allemagne de Weimar 1923 à l’échelle du monde – assortie d’une destruction des conditions de travail et de vie des peuples.

La seule alternative est la nôtre : un vrai Nouveau Bretton Woods, commençant par la banqueroute organisée des intérêts spéculatifs, contre la City de Londres et Wall Street, pour dégager le terrain en vue d’une politique de grands projets mondiaux, du type de ceux de l’administration Roosevelt et de la reconstruction de l’Europe après-guerre. Continuer comme on va mènerait à la ruine de la civilisation.

29 novembre 2008 Jacques cheminade

Banqueroute organisée ou Weimar 1923

http://www.cheminade-le-sursaut.org/Banqueroute-organisee-ou-Weimar.html

05/01/2009

Ce qui nous attend à partir de 2009


Ce qui nous attend à partir de 2009, ou la situation de la crise, pour les nuls !

Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvaise augure, ou encore moins me prendre pour un oracle, mais il me semble que l'année 2009 va être le début de la fin "consciente" de notre civilisation, tel que nous la connaissons. Je m'explique; je dis consciente, car le processus à déjà commencer déjà depuis plus d'une vingtaine d' années, dans une inconscience totale et collective, ou presque.
Mais aujourd'hui, les esprits des gens dans le monde, semblent s'éveiller sur la dur réalité qui nous attends, dû à la médiatisation de cette crise, que nous vivons tous malgré nous, mais qui ne peut assurément ne plus être caché du public.
On se réveille avec la gueule de bois, après cette période des 30 glorieuses, dont il faudra d'ailleurs changer le nom, tant l'immoralité sur les marchés s'y sont installés sournoisement !

Quel est la situation réelle en ce début d'année 2009 ?
L'effondrement du système monétaire et financier international s'étend et s'accélère....

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