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26/03/2009

Un pan du monde universitaire s'installe dans la dissidence

Un pan du monde universitaire s'installe dans la dissidence

2009_02_06_Manif_Prof_Chercheurs.jpgAmorcé début février, le mouvement universitaire ne faiblit que lentement malgré les concessions gouvernementales. Mardi 24 mars, la huitième journée de manifestations a été la plus faible depuis le 2 février, date du début de la mobilisation. Simple pause après le grand rendez-vous interprofessionnel du 19 mars ou reflux définitif du mouvement ? Jeudi 26 mars, la nouvelle journée d'action lancée par l'intersyndicale du supérieur et de la recherche servira de test.

Selon le ministère de l'enseignement supérieur, les cours restent annulés dans une dizaine d'universités, et ce depuis plusieurs semaines. Une vingtaine d'autres seraient touchées ponctuellement et à des degrés divers par des actions qui vont du blocage partiel aux "cours alternatifs".

greve-etudiants-universites-strasbourg.jpgBeaucoup d'étudiants attendent désormais chez eux que les cours reprennent, mais tout un pan du monde universitaire et étudiant s'installe dans la dissidence, même si les dossiers litigieux s'amenuisent.

Après une nouvelle nuit de discussion avec les syndicats, le projet controversé de réforme du statut des enseignants-chercheurs a été de nouveau amendé, mardi 24 mars, lors d'un comité technique paritaire. En signe de désaccord, les élus du Snesup-FSU, syndicat majoritaire, et FO ont quitté la réunion avant la fin les discussions.

Le décret a été néanmoins adopté par 17 voix pour et 5 abstentions. Il devrait être adressé au Conseil d'Etat dans quelques semaines. A l'issue de cette réunion, le Snesup-FSU, qui aurait souhaité des modifications sur la modulation de service des universitaires, a appelé à "intensifier les mobilisations de la communauté universitaire pour l'abandon du décret".

S'agissant de la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, l'annonce par Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, du report à 2011 des nouveaux concours d'accès à l'enseignement a été reçue comme une "avancée", mais toutes les composantes du mouvement veulent maintenant obtenir de nouvelles mesures.

uds-hors-les-murs-boehringer-cortege-funebre-uds-028.1234543094.JPGEt certaines veulent beaucoup plus : réunie lundi à Strasbourg, la Coordination nationale des universités, où sont représentés les syndicats et les collectifs Sauvons la recherche et Sauvons l'université, a estimé que les deux ministres "doivent partir". Elle a réclamé l'"abandon" des réformes, l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universités et du pacte pour la recherche.

Luc Cédelle et Catherine Rollot

16/03/2009

Sarkozy, Darcos et Pécresse en procès à la Sorbonne

Ils étaient plusieurs centaines réunis place de la Sorbonne pour assister ce vendredi après-midi au « procès de la bande des trois » :  Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos et Valérie Pécresse. Une mobilisation originale et festive organisée par les enseignants en histoire de Paris-I pour montrer au gouvernement que le mouvement de protestation ne faiblit pas. Depuis plusieurs jours, une information pour le moins surprenante circule sur Internet :

« Procès devant les très doctes pères de la Sorbonne de Sarkozy et de ses complices, les très atroces, très horrifiques et très horribles Xavier Darcos et Valérie Pécresse, accusés d'hérésie, de parjure et de blasphème envers l'illustre Université et le Bien Public. Le tribunal prononcera son jugement sur le parvis de la Sorbonne. » (Voir la vidéo)


Après les manifestations, occupations et autres blocages, le comité de mobilisation de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne a souhaité mettre en place de nouvelles formes d'action.

Une dizaine d'enseignants en histoire de la Sorbonne, déguisés, sont entrés en scène pour cette parodie de procès. Nicolas Offenstadt, maître de conférences à Paris-I, explique la cause de ce rassemblement :

« C'est l'ensemble du système éducatif français que l'on souhaite abattre et toute forme de pensée critique. » (Voir la vidéo)



Le procès s'ouvre avec le fou-rire du public :

« Vous avez devant vous trois accusés, la liste des crimes qui leur est reproché est longue :  tentative d'assassinat, complot et conspiration, vol et extorsion, outrage blasphème, parjure et hérésie contre l'université, le savoir et le bien public. »

Le parquet de la Sorbonne entame son réquisitoire à l'encontre de Nicolas Sarkozy :

« La cour cherche à comprendre ce qui peut vous pousser à démanteler avec une telle rage les établissements d'enseignement supérieur et tout le système public de l'Education nationale. Quel traumatisme explique que vous agissiez ainsi ? »

Pour simple réponse, le faux Nicolas Sarkozy soulève son téléphone et appelle « Carlita ». Les arguments de défense des deux autres accusés ne sont pas plus convaincants.

A l'énoncé du verdict, pas de surprise :  coupables. Plus étonnantes, leurs condamnations. Hormis leur destitution, Xavier Darcos est contraint « au port de couche à vie » et Nicolas Sarkozy à « l'écartèlement de toutes ses Rolex ».

Nicolas Offenstadt se réjouit du succès de cette nouvelle forme de mobilisation et explique que les enseignants ne comptent pas en rester là :

« Le mouvement va continuer et se durcira s'il n'y a pas d'avancées significatives car les enjeux sont trop lourds. La semaine prochaine, la Sorbonne va organiser des cours libres, ouverts à tous et beaucoup d'enseignants seront mobilisés pour la journée d'action nationale du 19 mars. »

 

source :

http://www.rue89.com/2009/03/13/sarkozy-darcos-et-pecresse-en-proces-a-la-sorbonne

 

26/02/2009

Incroyable: la Corrèze en grève depuis 5 semaines

Incroyable: la Corrèze en grève depuis 5 semaines

Et si le soulèvement de la Guadeloupe se propageait... à la Corrèze. Dans ce scénario de fine catastrophe limousine, le fantaisiste Laurent Laurent décèle l'une des racines de la crise qui sévit aux Antilles: le mépris des zones françaises isolées.



Incroyable: la Corrèze en grève depuis 5 semaines
Personne ne le sait, mais cela fait plus d’un mois que la grève générale sévit en Corrèze. Le département est pratiquement paralysé. Rideaux de commerçants baissés, station d’essence vide, le gouvernement laisse pourrir la situation, prétextant une spécificité locale alors que les grévistes réclament simplement l’égalité. Il est vrai qu’il est des spécificités : le climat n’est pas le même qu’à Paris, en témoigne l’épaisse couche de neige qui sévit encore sur les hauteurs du mont Bessou alors qu’à Montmartre la neige a fondu sur les cimes.

La situation présente relève d’une longue histoire de domination de Paris. Depuis que…

…ce territoire fut rattaché à l’Ile de France par Louis XI, il a toujours gardé son quant-à-soi, se considérant non pas comme « Français à part entière mais un peu Français entièrement à part », dans ce que le parisianisme hautain appelle honteusement, les ploucs. La légende des forces de l’ordre qui furent molestées sur le marché de Brive-la-Gaillarde (les violences) croise aujourd’hui un réel mécontentement social avec un grand S, un grand O-C-I-A-L. Oui, délaissé par l’industrie et le développement économique, par le refus de l’état centralisateur d’y créer un grand port autonome alors que le potentiel est énorme, les Corréziens revendiquent aujourd’hui une augmentation de 200 euros des salaires. Ils ont raison. Augmentation sensible de leur pouvoir d’achat, qui fera d’eux les clients d’aujourd’hui pour les commerces et entreprises d’aujourd’hui, ce qui fera les investissements de demain. C’est comme ça que marche l’économie, et dans l’inverse. Pas juste avec des primounettes  ou des miettes, vite boulottées dans les marges brutes pour ne pas dire brutales, de accaparateurs étrangleurs monopolisateurs. Voilà une relance de la machine économique, par la consommation.

Les deux grand poètes locaux, aujourd’hui disparu de la scène politique, Jacques Chirac et François Hollande, chantres de la corrèzitude, se tiennent encore enfermés dans leur réserve.

Mais le malaise est profond. Le Limousin grogne.

Si ce n’est la différence ethnique qui est bien visible entre les locaux qui roulent les r et parisiens qui parlent pointus, les revendications ne sont pas raciales, les différences entre la race limousine ou normande ne rentre pas en ligne de compte dans ce conflit, car il est avant entre les riches et les pauvres. Même si le tempérament chafouin de la population perpétue des coutumes locales tenaces, comme la recette du boudin aux châtaignes. Alors que cette terre a un potentiel énorme et que Tulle devrait être la plaque tournante du continent auvergnat, on la tient sous le boisseau et la férule à la fois. C’est inadmissible.

Malgré les efforts du ministre des départements continentaux, qui a effectué plusieurs allés et retours Paris-Tulle, en vain, on craint une poussée indépendantiste.

Mais ceci n’est pas du goût du patronnas local qui martèle à qui veut l’entendre que les entreprises Corrézienne, dont l’approvisionneur d’essence Total, sont dans les difficultés avec la crise et qu’il ne faut pas décourager les entreprises et les riches. Selon eux, à force d’être malfaisant, les pauvres vont finir par devenir odieux.

Oui, le malaise est grand. Déjà les autres territoires emboîtent le pas : la Bourgogne, le Berri, La Franche-Comté, la Charente libre et la bonne de vingtaine de régions grognent et réclame déjà  200 euros, bientôt 300 euros le tout sans violence, il faut le remarquer.

Les raisons de la crise économique, de la crise politique, de la crise de société sont partout semblables, la Corrèze est seulement à l’avant garde.

Jeudi 26 Février 2009 - 13:47
Laurent Laurent

11:08 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : greve, crise, correze

23/02/2009

Rêve général se dévoile...

Rêve général se dévoile...

Leur autocollant - Rêve général - trainait un peu partout mais on ne savait pas qui c'était. AUjourd'hui le CNR s'est dévoilé et prépare la mobilsiation du 19 mars



L'auotocollant qui a fait fureur le 29 janvier
L'auotocollant qui a fait fureur le 29 janvier

 

Leur dernier site avait déjà créé le buzz avant le 29 janvier dernier, les membres du Conseil national de la Résistance ;) lancent un nouveau site pour centraliser les informations sur le 19 mars.

Lancement du site de la grève générale : 19mars2009.fr

Le Conseil national de la Résistance ;-) persiste et signe. Après avoir ouvert le site du 29 janvier 2009 pour concentrer les informations sur la grève générale, le collectif lance celui du 19 mars avec le même principe et les mêmes ambitions, permettre la convergence des luttes contre les réformes du gouvernement Sarkozy. En parallèle, le CnR ;-) organise les Etats Généraux 2009 pour rassembler les doléances des citoyens.

Leur dernier site avait déjà créé le buzz avant le 29 janvier dernier, les membres du Conseil national de la Résistance ;) lancent un nouveau site pour centraliser les informations sur le 19 mars.

19 mars grève générale

www.19mars2009.fr


Collectif informel créé en juillet dernier pour combattre l’inertie des syndicats face à la politique destructrictrice du gouvernement Sarkozy, le CnR smiley regroupe des citoyens de tous les horizons politiques et sociaux. Parfois déjà militants dans des organisations politiques ou syndicales, parfois non-encartés mais engagés dans les luttes, ils se sont unis et ont lancé un appel à la grève générale pour le 10 novembre 2008.
Voir : qui sommes-nous ? sur le site du CnR smiley.

Le 10 novembre 2008 n’est pas concluant, mais permet au collectif de se structurer en faisant ses premières armes. Des groupes locaux se créent partout en France, des liens se tissent avec des associations et d’autres organisations se considérant "en résistance". L’expérience va servir pour les combats qui s’annoncent nombreux en 2009.

La date est tombée, la grève inter-professionnelle est programmée pour le jeudi 29 janvier. Dans la foulée, un site est créé : www.29janvier2009.fr . Il connaît un succès rapide, puisqu’il répertorie mieux que n’importe quel site, toutes les informations sur la grève. Chaque jour, des communiqués tombent, du matériel arrive, des commentaires se déversent. La presse s’en fait l’écho, tels BFM TV dans un sujet sur "la grève préparée sur internet" ou Marianne2.fr . C’est le symbole d’une grève qui dépasse les syndicats, c’est le symbole d’une grève politique contre un président impopulaire et ses réformes. La grève générale connaît le réussite que l’on sait ; malgré sa non-reconduction, le collectif ne lâche rien.

Les syndicats se réunissent de nouveau le 9 février et fixent une nouvelle date de mobilisation pour le 19 mars. C’est loin mais l’unité est sauvée. Entre temps, seuls cinq syndicats sur huit se rendront au ministère le 18 février pour obtenir d’hypothétiques satisfactions sur les revendications. La pression monte pendant ce temps face à Sarkozy, la Guadeloupe, la Martinique et bientôt la Guyane connaissent un mouvement de grève générale. Le monde universitaire avec le renfort des lycéens sort tous les jours dans la rue. Les esprits s’échauffent, la reconduction est possible en métrôpole aussi.

Le collectif crée le site du 19 mars : www.19mars2009.fr. Il participe en parallèle à l’Appel des Appels, initiative permettant la convergence des luttes, sans traduction par des actions concrêtes pour le moment. Il lance en parallèle le projet des Etats Généraux 2009, pour rassembler toutes les revendications et doléances des citoyens et secteurs en lutte. Ils auront lieu du 1er au 8 mai 2009 et les doléances sont rassemblées dès maintenant.

Le Conseil national de la Résistance du XXIème siècle n’est pas à cours d’idée pour lutter contre les réformes libérales qui portent atteintes à notre modèle social hérité du programme du CNR de 1944. Une chose est sûre, il sait tirer profit des avantages d’internet pour organiser la contestation.

28/01/2009

"Ce n'est pas à la population de payer la crise !"

"Ce n'est pas à la population de payer la crise !"



Déclaration unitaire à gauche: une "motion de censure sociale et politique"(Besancenot)

PARIS, 27 jan 2009 (AFP) - Olivier Besancenot du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a estimé mardi que la déclaration unitaire de dix partis de gauche pour soutenir la mobilisation sociale de jeudi constituait une"motion de censure sociale et politique" contre le gouvernement.

Dix organisations de gauche, dont le NPA, le Parti communiste français(PCF), le Parti de Gauche (PG) et les Alternatifs, ont signé ce week-end un texte de soutien aux manifestations et grèves de jeudi, intitulé "ce n'est pasà la population de payer la crise". Le Parti socialiste et Lutte ouvrière (LO), qui avaient été invités aux réunions préparatoires à ce document commun, n'ont pas répondu à l'appel,selon le NPA.

"Cette semaine, avec la grève générale du 29 janvier, est une étape sociale et aussi une étape politique par rapport à la politique du gouvernement", a affirmé M. Besancenot, au côté de Jean-Luc Mélenchon (PG) et de PatrickBraouezec (PCF), lors d'une conférence de presse réunissant l'ensemble des organisations signataires.MANIF9.thumbnail.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Au moment où la droite attaque sur le service minimum, on attend que la gauche politique et sociale fasse le service maximum", a-t-il ajouté. Pour lui, "le sens de notre déclaration commune, c'est une motion de censure sociale et politique pour dire notre ras-le-bol de la politique du gouvernement et dire qu'aujourd'hui ce qu'on réclame, c'est des augmentations de salaires, des conditions de travail décentes et l'arrêt des licenciements". Sans avoir la "prétention de se substituer aux luttes sociales" mais jugeant "important de montrer que politiquement, on soutient cesmobilisations", M. Besancenot a souhaité que "le front commun de soutien aux luttes soit continu, perpétuel" à un moment où "le gouvernement cherche un tout petit peu à criminaliser les mobilisations sociales". Mais "on n'est pas réunis pour discuter d'un front électoral" pour les Européennes de juin, a-t-il précisé, soulignant que cette question serait tranchée lors du congrès du NPA (6-8 février).

Pour M. Mélenchon, "un nouveau paysage est en train de se dessiner dans notre pays". Ce document commun est un "évènement" et un "texte de référence",a souligné le sénateur et fondateur du PG. Mais "il ne faut pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas", a-t-il précisé,tout en espérant que cette position commune, "tellement encourageante", "se traduise en front politique pour les Européennes". "L'idée d'un front de l'autre gauche avance", s'est-il félicité, "même si les élections, c'est loin".

Une nouvelle réunion des organisations de gauche, où seront à nouveau conviés PS et LO, est prévue le 3 février au siège du Parti communiste pour décider des suites à donner à cette mobilisation.

source NPA


 

Le 29 janvier, première grève politique

Le 29 janvier, première grève politique

La mobilisation du 29 janvier sera générale. Pas de corporations à défendre ou de mesures à attaquer. Les grévistes seront dans la rue pour que le gouvernement agisse concrètement face à la crise. De la à dire que la troupe de Fillon prendra ses responsabilités...

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La mobilisation du 29 janvier prochain sera d'une nature différente des grandes grèves qui l'ont précédée. Pour une fois, il ne s'agira pas d'un mouvement corporatiste destiné à promouvoir quelques revendications catégorielles sous couvert de défense du service public, ni d'un mouvement rétif contre une réforme qui aura été le bouc émissaire de toutes frustrations et le vecteur de tous les fantasmes.

Il s'agira d'une grève politique. Au sens noble du mot. Une grève destinée à réveiller le peuple des citoyens et à faire pression sur le gouvernement pour l'inciter à agir concrètement et efficacement face à la crise. Jamais on n'aura vu dans l'histoire récente un mouvement syndical (et espérons le populaire) aussi profondément positif.

Un grand réalisme économique et des propositions modérées
On pourrait craindre en pareille situation que les centrales syndicales cherchent à cristalliser les angoisses et les mécontentements par des revendications démagogiques ou extrémistes. Il n'en est rien ! Le texte unitaire que l'on trouve sur le site de Slovar (et reproduit ci-dessous) est au contraire inspiré par un grand réalisme économique et porte des propositions extraordinairement modérées : Conditionnalité des aides publiques, gel des suppressions d'emplois publics, incitations au développement d'accords salariaux, approfondissement de la relance économique en n'oubliant pas la demande notamment des catégories modestes, mise en œuvre des objectifs du grenelle de l'environnement par un ambitieux programme d'investissements publics, réforme du capitalisme financier, moralisation du commerce mondial…

Même notre président de la République aurait pu signer ce texte, tant il semble inspiré par ses propres discours. Il ne s'agira pas d'un mouvement de défiance à l'égard du gouvernement, mais plutôt d’une invitation adressée à celui qui se veut le grand refondateur du système économique mondial, à enfin passer des beaux discours aux actes !

La crise est grave car globale, systémique et structurelle. Elle appelle des mesures profondes, courageuses et structurantes, qu'aucun gouvernement au monde ne pourra conduire sans pression populaire forte.

« Tout sera fait pour minimiser la crise et les remises en cause »27885a-semaine_sociale_35_heures_retraites_et_journee_d_action_cgt_cfdt_au_programme.jpg
Au sein des cercles dirigeants aujourd'hui, tout sera fait pour minimiser la crise et les remises en cause, dans l'espoir que tout reparte comme avant. Néanmoins, la crainte devant les réactions des peuples prend de l'ampleur. Ils l'attendent, la craignent et feront tout pour l'éviter, ainsi que l'avait dit Guaino par cette phrase extraordinaire prononcée après le G20 (citée par Marianne) : « Seule une révolte des classes moyennes nous obligera à aller plus loin. »

Le conseiller spécial a d'ailleurs récidivé ce week-end en plaçant clairement l'action gouvernementale sous la pression populaire : « On sent poindre partout une révolte des classes populaires et des classes moyennes contre des inégalités de rémunération qui ont atteint des niveaux jamais vus depuis le XIXe siècle. Alors, à chacun de prendre ses responsabilités. S'il le faut, le gouvernement prendra les siennes. »

La révolte des peuples est aujourd'hui clairement le seul moteur du changement possible.

Nicolas Sarkozy souligne à chacune de ses interventions le caractère éruptif de la nation française ou son caractère régicide. Des émeutes ont déjà eu lieu en Grèce et en Estonie. D'autres suivront. La France, le pays le plus révolutionnaire d'entre tous, est un naturellement un candidat de premier choix pour l'explosion sociale généralisée.

2620174688-crise-violente-manifestation-contre-le-gouvernement-en-islande.jpgNous n'en sommes naturellement pas encore là. L'heure n'est ni à l'émeute, ni à la révolution, mais la colère pourrait monter d'un cran dans les prochaines semaines si le discours officiel persiste dans son discours d'impuissance.

Les contradictions d'un système
Le motif invoqué pour refuser toute relance par la demande – et donc toute relance tout court - met en lumière les contradictions du système et donc la nécessité de le réformer en profondeur :  « La relance par la consommation serait une erreur économique. Le pouvoir d'achat distribué servirait surtout à acheter des produits importés. La question est de savoir si l'argent du contribuable doit servir à sauver nos emplois ou ceux des autres. » (Toujours Guaino).

Voilà donc un système qui a encouragé la délocalisation de la production comme un facteur de modernisation de l'économie sous couvert de course à la « compétitivité », et qui maintenant que la demande fait défaut partout dans le monde, refuse de la soutenir au motif que ça fera travailler l'étranger !

Au chapitre des contradictions, on pourrait également évoquer celle qui oppose la stigmatisation des profits délirants et de l'économie spéculative qui gagne jusqu’aux discours officiels ;  et ces publicités pour les banques qui envahissent les ondes pour promettre des rendements de l'épargne toujours plus élevés !

Les gouvernants ont compris que le système ne repartira pas tout seul tant il est épuisé par ses propres contradictions.

Les peuples commencent à comprendre que sa réforme exigera une énergie et un courage hors de portées de leurs dirigeants, et qu'il ne se passera rien sans une pression croissante de leur part.

Le 29 janvier, en grève ou en RTT, mais tous dans la rue !

Mardi 27 Janvier 2009 - 15:57

27/01/2009

La mobilisation du 29 janvier commence sur le Net

La mobilisation du 29 janvier commence sur le Net

Même Xavier Bertrand annonce une forte mobilisation pour la journée de grèves et de manifestations de jeudi. Quoiqu'il en soit, les choses s'organisent sérieusement sur le Net. De l'e-mobilisation à l'immobilisation du pays tout entier, il n'y a peut-être qu'un pas...



(Détournement d'un ordre de mobilisation sur le site Conseilnationaldelaresistance.fr)

(Détournement d'un ordre de mobilisation sur le site Conseilnationaldelaresistance.fr)

Une mobilisation comme celle de jeudi méritait bien une petite raffarinade. Ce lundi, sur Canal +, l’ancien Premier ministre a comparé la manifestation du 29 janvier à « l'Albatros de Baudelaire » : « Ses grandes ailes sont tellement grandes, la revendication est tellement large, que ça l'empêche de voler » ! Et de s’expliquer : « Une manifestation sans revendication clairement identifiée, c'est (…) une poussée de fièvre mais ça ne dure pas longtemps... »

 

Mais il suffit de prendre la température sur le Net pour se rendre compte que le climat social est bien au-dessus des 37°2 le matin. Un site, 29janvier2009.fr, répertoriant notamment toutes les manifestations sur le territoire français, a par exemple été créé pour l’occasion. La CGT fait plus fort : plutôt qu’une simple liste, le syndicat a décidé de réaliser une Google map (rien que ça !) des différents cortèges prévus jeudi.

 

La CGT se trouve aussi au premier rang des appels à manifester vidéos. Mais Solidaires et FO (qui se fend d’une parodie de Toi+moi, le tube gentiment niais de Grégoire ) ne sont pas en reste. Dans ces productions, il y a en tout cas une constante : faire payer cash au chef de l’Etat les propos qu’il avait tenus en juillet 2008 devant une salle hilare (« Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit »). Possible que celle de jeudi ne passe pas inaperçue. En tout cas, Nicolas Sarkozy aura tout son temps pour en juger : Lesmotsontunsens.com note que dans l’agenda du chef de l’Etat, aucun déplacement ni même aucun rendez-vous n’est prévu pour jeudi...

 

Du « frimeur » au « punk à chiens »

D’ici-là, Nicolas Sarkozy peut toujours se rendre sur Facebook, pour voir où en est l’e-mobilisation (encore faudrait-il qu’il soit bien conseillé en matière de web 2.0 ). Car les groupes en faveur de la manifestation se multiplient. Certains sont un poil utopiques comme celui réunissant « ceux qui feront du 29 janvier le premier jour de la révolution » et qui compte… 25 membres (1) ! D’autres ont plus de succès même s’ils sont à peine plus sérieux. Le groupe « Tous dans la rue le 29 janvier ! » et qui en appelle aux « chômeurs, râleurs, frimeurs, lycéens, lémuriens, punks à chiens, etc. » réunit tout de même plus de 5 600 internautes.

 

Bien entendu, sur Facebook, on retrouve aussi des groupes d’opposants à la manifestation de jeudi. L’un d’entre eux estime qu’il faut « assimiler la grève à la désertion » et déploie, pour l’occasion, un argumentaire sans faille : « Même si certaines raisons [de manifester, ndlrsont justifiables, il est nécessaire de lutter contre ce mouvement gauchisant, ne serait-ce que parce qu’il est gauchisant ! ». Une logique à toute épreuve qui a convaincu… 10 membres ! Plus sérieusement (encore que ?), des militants des Jeunes Populaires et de l’UNI ont décidé de lancer une « contre-manifestation virtuelle » . Comme l’explique l’un d’entre eux sur son blog« l'UMP contre-attaque en trouvant de nouvelles formes de contestation plus efficaces et surtout plus en phase avec le monde d'aujourd'hui. » Et d’ajouter : « La "cyber-mobilisation", c'est le nec-plus-ultra en la matière ! » On n’en doute pas mais pour l’instant, l’initiative a réussi à « cyber-mobiliser » seulement 1 400 internautes tandis que 6 400 autres internautes ont annoncé qu’ils n’y « participeront pas ».

 

Côté chiffres toujours, après le sondage du Parisien publié ce dimanche révélant que 69% des personnes interrogées soutiennent ou ont « de la sympathie » pour le rendez-vous du 29 janvier, Le Post a lancé le sien. Sur 1 500 votants, 68% disent vouloir descendre dans la rue jeudi. Mais finalement, quel que soit le nombre de participants à ce mouvement social, une chose est sûre : il emmènera avec lui des catégories professionnelles qui ont peu l’habitude de battre le pavé. Même du côté de NYSE-Euronext, l’opérateur de la bourse de Paris, on appelle à manifester. C’est dire.

Mardi 27 Janvier 2009 - 07:00
Gérald Andrieu

25/01/2009

Déclaration unitaire pour le 29 janvier : "Ce n'est pas à la population de payer la crise !"

Déclaration unitaire pour le 29 janvier : "Ce n'est pas à la population de payer la crise !"

ouvrezLa.pngDéclaration unitaire de : Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires (ACU), Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU), Les Alternatifs, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG).

Les classes populaires sont durement touchées par la crise. L'inquiétude pour l'avenir grandit. La politique du pouvoir est plus que jamais au service des privilégiés. L'heure est à la riposte. Les organisations signataires de cet appel défendent des propositions pour une autre politique, et s'engagent dans le soutien et la participation aux mobilisations, notamment à la journée interprofessionnelle de grèves et manifestations du 29 janvier.

En deux mois, le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 100 000. Dans les entreprises privées, sous couvert de crise, les plans de licenciements se multiplient et le chômage partiel touche des secteurs entiers. Les intérimaires et l'ensemble des précaires sont touchés de plein fouet. La remise en cause des droits des chômeurs continue. 
Au nom de la lutte contre « les déficits », le pouvoir a réduit les budgets publics, a privatisé, mis en concurrence « libre et non faussée » les services publics.

C'est un véritable plan de mutation libérale et de privatisation qui s'accentue avec les suppressions d'emplois publics. Le gouvernement il y a encore quelques mois nous annonçait que « les caisses sont vides ». Depuis il a trouvé des centaines de milliards (plus de 428 milliards d'euros) pour sauver les banques, assurances et autres organismes financiers. Les divers « plans de relance » ici et là dans le monde n'ont qu'un seul objectif: maintenir les profits des grands groupes capitalistes. La crise est une crise européenne et mondiale. Dans ce contexte, nous devons également nous mobiliser pour une Europe sociale, écologique, démocratique, féministe.la_lutte_continue.jpg

Des résistances existent ! Des salarié-e-s se mobilisent contre les licenciements, organisent des manifestations avec le soutien de la population. Les mouvements dans l'Education Nationale, notamment des lycéen-ne-s et de leurs professeur-e-s montrent qu'il est possible de faire reculer ce gouvernement. Des familles mal-logées ou sans logis se battent pour l'application de la loi de réquisition des logements vides. Les salarié-e-s sans papiers poursuivent la lutte pour leur régularisation. Nous sommes parties prenantes de toutes ces résistances et nous nous inscrivons dans les prochaines mobilisations de janvier, Education Nationale le 17, Santé et Hôpital Public le 24, grève interprofessionnelle et manifestations de masse du 29 janvier.

Une autre politique est possible, en s'attaquant aux profits et à la spéculation financière, en remettant en cause la rémunération du capital. Il faut donner la priorité aux salaires et aux droits sociaux, mettre à contribution les profits et les dividendes versés aux actionnaires, en remplaçant le « bouclier fiscal » pour les privilégié-e-s et les spéculateurs par le bouclier social permettant au plus grand nombre de vivre mieux. SArko_contre_la_guerre_.jpg

Nous exigeons l'augmentation des salaires, du SMIC, du minimum vieillesse et des minima sociaux. Nous proposons l'annulation du paquet fiscal de l'été 2007; une redistribution du budget de l'Etat pour répondre aux besoins sociaux et développer les services publics à tous les niveaux ; une réforme de la fiscalité afin que les entreprises ne puissent plus, comme aujourd'hui, privilégier la spéculation au détriment de l'emploi et des conditions de travail.

Nous nous opposons aux licenciements, exigeons le droit de veto suspensif des salarié-e-s sur les licenciements. Nous exigeons le maintien du contrat de travail, le maintien de l'intégralité des revenus et des droits des salariés mis au chômage technique.

Nous réaffirmons le principe du CDI comme référence du contrat de travail dans le privé et de l'emploi statutaire dans le public. Nous défendons les reprises autogestionnaires d'entreprises par les salarié-e-s. Nous refusons toute aide publique aux entreprises qui licencient.

Nous agissons pour la suppression des paradis fiscaux, pour une appropriation publique du système de crédit permettant une autre politique d'investissement au service de l'emploi, du logement social, des services publics et de projets prenant en compte l'urgence écologique.

Nous voulons remettre en cause le pacte de stabilité et les directives européennes de privatisation; agir pour un nouveau type de développement; pour combattre toutes les formes de discrimination qui affectent le champ social; pour créer des emplois utiles sur le plan social et écologique. Nous proposons de dégager les moyens nécessaires à des objectifs de production économes en termes d'énergie et producteurs d'emplois notamment dans le domaine de l'environnement, des transports collectifs, du secteur des énergies renouvelables et du soutien à l'agriculture paysanne.

2y8kcnn1.jpgNous voulons rompre avec les logiques financières développées par l'Union européenne et ses institutions, en particulier la Banque centrale européenne.

Nous refusons les suppressions d'emplois dans le secteur public, exigeons l'annulation des 30.000 suppressions de postes décidés, le retrait de la privatisation de la santé (loi Bachelot), la création d'emplois socialement utiles (Santé, l'Ecole, Poste, Recherche, et de nouveaux services publics, du logement, de la petite enfance, etc.) Nous agissons pour la réduction du temps de travail sans flexibilité ni annualisation avec embauches correspondantes.

Les grèves et manifestations comme celle du 29 janvier expriment les colères et amplifient les luttes. Une riposte populaire d'ensemble est urgente. Nous nous engageons à mettre toutes nos forces au service de la convergence des luttes contre les licenciements, la vie chère, le chômage et la précarité, et pour la défense et l'élargissement des services publics.

C'est le moment !

 
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