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17/08/2009

Il n’y a pas de récession

Il n’y a pas de récession : C’est une démolition programmée

Le crédit ne coule pas à flots. En fait, le crédit se contracte. Et lorsque le crédit se contracte dans une économie basée sur la consommation, de vilaines choses arrivent. Les investissements des entreprises chutent, le chômage monte en flèche, les revenus plongent et le PIB rétrécit. La FED a dépensé plus d’un trillion de dollars pour tenter d’obtenir des consommateurs qu’ils empruntent à nouveau, mais sans succès. Les moteurs du crédit aux Etats-Unis tournent au ralenti.

Il n’y a pas de récession : C’est une démolition programmée
Par Mike Whitney
CounterPunch, le 13 août 2009
article original "It's a Planned Demolition. There is No Recession"

ben-bernanke-money-thumb.jpgLe président de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, a augmenté les excédents de réserves dans le système bancaire de 800 milliards de dollars, mais les prêts sont toujours très faibles. Les banques amassent du capital afin de faire face aux pertes causées par les actifs toxiques, par les prêts non performants et une bulle de l’immobilier commercial s’élevant à 3.500 milliards de dollars, qui suit à celle des logements jusqu’aux latrines. Voilà pourquoi le nombre de faillites bancaires s’accélère. 2010 sera encore pire ; la liste s’allonge. C’est une véritable boucherie ! Les critères pour obtenir un prêt ordinaire sont devenus plus sévères, tandis que la réserve d’emprunteurs qualifiés et solvables s’est réduite comme peau de chagrin. Cela signifie moins de crédit pour alimenter le système. Le système bancaire de l’ombre a été entravé par le gel de la titrisation et ne fournit qu’une portion insignifiante du crédit nécessaire pour faire croître l’économie. Les initiatives de Bernanke n’ont pas fait la moindre différence. Le crédit continue de s’assécher.

Le S&P 500 [l’indice élargi de la bourse de New York] a augmenté de 50% depuis ses plus bas de mars dernier. Les financières, le commerce de détail, les matériaux de construction et les industrielles font la course en tête. C’est un rallye boursier dans un marché baissier, sur « signe de reprise » alimenté par le « Quantitative Easing »[1] de la FED, qui fait entrer de force des liquidités dans le système et qui fait monter les actions. La même chose s’est produite pendant la Grande Dépression. Les actions ont bondi après 1929. Ensuite, la tendance dominante a repris le dessus et entraîné le Dow dans une chute de 89% par rapport à ses plus hauts précédents. Les plus bas de mars du S&P seront à nouveau testés avant que la récession ne soit terminée. Un effet de levier inversé est en cours dans tout le système. L’économie se recale à un niveau plus faible d’activité.

Personne ne se laisse abuser par les feux d’artifices tirés par Wall Street. La confiance du consommateur continue de chuter. Tout le monde sait que les choses vont mal. Tout le monde sait que les grands médias mentent. Les restaurants et les centres commerciaux sont vides, le nombre de sans-abri augmente à vitesse grand V et même les grands magasins et les hypermarchés ont stoppé les embauches. Les uniques « signes de reprise » sont à Wall Street, où tout le monde touche des subventions de la part d’Oncle Sam.

helicopterbernanke.jpgBernanke a frappé un grand coup. Il a abaissé les taux d’intérêt jusqu’à zéro, installé une protection de 13.000 milliards de dollars pour l’ensemble du système financier, étayé les institutions financières insolvables et monétisé 1.000 milliards de dollars des titres adossés aux crédits hypothécaires et à la dette souveraine du gouvernement des Etats-Unis. Rien n’a marché. Les revenus chutent, les banques réduisent les lignes de crédit, l’épargne retraite a été divisée par deux et les pertes sur les investissements immobiliers continuent de s’accumuler. Les niveaux de vie ne peuvent plus être maintenus artificiellement par les cartes VISA ou du Diner’s Club. La dépense des ménages ne repose plus que sur un seul salaire. Voilà pourquoi les ventes de détail, les voyages, l’amélioration de l’habitat, les articles de luxe et les hôtels connaissent une baisse à deux chiffres. L’argent s’est raréfié.

Selon Bloomberg :

« Les emprunts de la part des consommateurs américains ont chuté en juin pour le cinquième mois consécutif alors que le taux de chômage a augmenté, que l’obtention de prêts est resté difficile et que les ménages ont remis à plus tard leurs achats majeurs. Selon le rapport de la Réserve Fédérale publié lundi à Washington, le crédit à la consommation a chuté de 10,3 milliards de dollars – soit 4,92 % en rythme annuel – à 2,5 trillions de dollars. Cette série de déclin est la plus longue depuis 1991.

« Un taux de chômage proche de son plus haut en 26 ans, des revenus qui stagnent et des logements dont la valeur chute veulent dire que la dépense des consommateurs… prendra du temps pour se redresser lorsque la récession s’atténuera. Les revenus ont atteint leur plus bas depuis quatre ans, en juin dernier, alors que les anciens transferts sociaux du plan de stimulation de l’administration d’Obama se sont taris et que le chômage est attendu au-dessus de 10% l’année prochaine avant de refluer. »

Quel désastre ! La FED a assumé des pouvoirs presque dictatoriaux pour combattre un monstre qu’elle a elle-même créé et elle n’est arrivé à rien. L’économie réelle est toujours au quatrième dessous. Bernanke n’a rien obtenu avec ses taux d’intérêt à zéro pour-cent. Son programme de monétisation (« Quantitative Easing ») n’a eu pour résultat que de faire fuir les étrangers. Vendredi dernier, voici ce que Marketwatch rapportait :

09-06-25-Bernanke.jpg

« Les gros courtiers en obligations disent que la Réserve Fédérale permettra probablement à son programme d’achat de bons du trésor, pour un montant de 300 milliards de dollars, de s’arrêter au cours des six prochaines semaines alors que les signes d’un redressement de l’immobilier poussent la banque centrale à désengager ses interventions les plus agressives et les plus inhabituelles dans les marchés financiers. »

Bien. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui pense que le marché de l’immobilier se redresse ? Au cours du premier semestre, il y a déjà eu 1,9 millions de saisies de logements.

La FED délaisse la planche à billet (sans doute) parce que les Chinois ont dit à Geithner de cesser d’imprimer des billets, sinon ils vendront leur Bons du Trésor. C’est une mise en garde en direction de Bernanke pour lui signifier que le pouvoir se déplace de Washington vers Pékin.

Cela met Bernanke dans le pétrin. S’il arrête de faire tourner la planche à billets, les taux d’intérêt monteront en flèche, les actions s’effondreront et le prix des logements dégringolera. Mais s’il continue à la faire tourner, la Chine se débarrassera de ses Bons du Trésor et il y aura une ruée spéculative sur le dollar. Que faire ? Dans les deux cas, le malaise sur les marchés du crédit persistera et la consommation continuera de bafouiller.

Le problème de base est que les consommateurs croulent sous une montagne de dettes et qu’ils n’ont pas d’autre choix que de réduire leurs dépenses et de commencer à épargner. Actuellement, le ratio dettes sur revenu disponible est de 128%, juste un poil en dessous de son plus haut jamais enregistré en 2007, à 133%. Selon la Banque de Réserve Fédérale de San Francisco (FRBSF), dans sa lettre économique intitulée L’effet de levier inversé pour les ménages américains et la croissance future de la consommation :

imgname--the_bernankeobama_dance---50226711--Bernanke1.jpeg« La combinaison d’une dette plus élevée et d’une épargne plus faible a permis aux dépenses des consommateurs de croître plus vite que le revenu disponible, apportant une stimulation importante de la croissance économique aux Etats-Unis pendant une certaine période. Cependant, sur le long terme, la consommation ne peut pas croître plus vite que les revenus, parce qu’il y a une limite maximale à la quantité de dettes qu’un ménage peut servi, en fonction de ses revenus. Pour de nombreux ménages américains, les niveaux actuels d’endettement semblent trop élevés, comme le prouve l’augmentation brutale des défauts de paiement et des saisies ces dernières années. Pour atteindre un niveau soutenable d’endettement par rapport à leurs revenus, les ménages pourraient avoir besoin d’endurer une période prolongée d’effet de levier inversé, où la dette est réduite et l’épargne est augmentée. « Dans le futur, il semble probable qu’un grand nombre de ménages américains réduiront leur dette. Si cela s’accomplit au moyen d’une épargne accrue, le processus d’effet de levier inversé pourrait résulter en un ralentissement important et prolongé de la dépense des consommateurs en comparaison aux taux de croissance d’avant la récession. » (“U.S. Household Deleveraging and Future Consumption Growth, de Reuven Glick et Kevin J. Lansing, FRBSF Economic Letter")

Une lecture attentive de la Lettre Economique de la FRBSF montre pourquoi l’économie ne rebondira pas. C’est mathématiquement impossible. Nous avons atteint un pic de crédit ; les consommateurs doivent réduire leur exposition à la dette et rapiécer leurs bilans. La richesse des ménages s’est évaporée de 14 trillions de dollars depuis le début de la crise. La valeur des logements a chuté de 41% (un nouveau plus bas) et les sans-emploi sont de plus en plus nombreux. La Deutsche Bank prédit que d’ici 2011 48% de tous les propriétaires ayant un crédit hypothécaire seront sous l’eau. Au fur et mesure que la valeur des logements baisse, les banques resserreront le crédit accordé à ces propriétaires et les saisies se multiplieront.

Le comité de direction du FMI ne partage pas le point de vue optimiste de Wall Street pour le futur, la raison pour laquelle il a publié un mémo qui déclarait ceci :

« Les directeurs [du FMI] ont observé que cette crise aura d’importantes implications pour le rôle des Etats-Unis dans l’économie mondiale. Il est peu probable que le consommateur américain jouera le rôle d’ « acheteur mondial de dernier recours » - d’autres régions du monde devront jouer un rôle accru pour soutenir la croissance mondiale. »

Les Etats-Unis ne sortiront pas de cette récession comme le centre de la demande mondiale. Cette époque est révolue. Le monde change et le rôle des Etats-Unis s’amoindrit. Au fur et à mesure que les marchés américains seront de moins en moins attirants pour les exportateurs étrangers, le dollar perdra sa position de devise de réserve mondiale. Comme va le dollar, va l’empire. Vous voulez un conseil : Apprenez le mandarin !

Emploi défaillant : un redressement qui n’en est pas un

Les chiffres de l’emploi pour le mois de juillet ont été meilleurs que prévus (négatifs de 247.000), portant le taux de chômage de 9,5% à 9,4%. C’est bien. Les choses empirent à un rythme plus faible. Mais ce qui est étonnant dans les chiffres du Bureau du Travail est qu’il n’y a aucune hausse des emplois dans quelque secteur économique que ce soit. Aucun signe de vie. L’externalisation et la délocalisation se poursuivent et rétrécissent la voie vers la profitabilité. Voilà pourquoi les revenus baissent tandis que les profits augmentent. Partout, les entreprises anticipent une demande plus faible. Le rapport qui a été publié sur l’emploi est un événement exceptionnel : une accalmie dans la tempête avant que les licenciements ne reprennent.

Le chômage augmente, les salaires baissent et le crédit se contracte. Tout l’argent afflue vers les gangsters qui se trouvent aux commandes. Voici un extrait d’un article récent de Don Monkerud qui résume tout :

« Durant les huit années de l’Administration Bush, les 400 Américains les plus riches, qui possèdent désormais plus que les 150 millions d’Américains les plus pauvres réunis, ont accru leur richesse nette de 700 milliards de dollars. En 2005, les 1% les plus riches captaient 22% du revenu national et les 10% les plus riches, la moitié du revenu total, la plus grande proportion depuis 1928.

« Plus de 40% du PIB provient des 500 plus grosses entreprises. Selon le World Institute for Development Economics Research, les 500 plus gros conglomérats des Etats-Unis « contrôlent les deux tiers des ressources des entreprises, emploient les deux tiers de la main d’œuvre industrielle, comptent pour 60% des ventes et collectent 70% des profits. »

r228531_909709.jpg… En 1955, les chiffres des services fiscaux indiquaient que les 400 personnes les plus riches des Etats-Unis pesaient en moyenne 12,6 millions de dollars, en dollars courants. En 2006, les 400 personnes les plus riches pesaient en moyenne 263 millions de dollars de plus, représentant, aux Etats-Unis, un déplacement énorme de richesse vers le haut. » ("Wealth Inequality destroys US Ideals" [L’inégalité en matière de richesse détruit l’idéal américain] Don Monkerud, consortiumnews.com).

Ce n’est pas par accident que les travailleurs sont pas écrasés, ils le sont selon un plan. C’est la façon dont le système est conçu pour fonctionner. Bernanke sait qu’une demande soutenue nécessite des salaires plus élevés et une classe moyenne indispensable. Mais Bernanke travaille pour les banques, ce qui explique pourquoi la politique monétaire de la FED reflète les objectifs de la classe des investisseurs. Une économie basée sur des bulles n’est pas la voie vers une économie forte et durable, mais c’est un outil efficace pour déplacer la richesse d’une classe vers l’autre. Le boulot de la FED est de faciliter cet objectif, ce qui explique pourquoi l’économie va à vau-l’eau.

Le krach de l’économie est la conséquence logique de la politique monétaire de la FED. Voilà pourquoi c’est une erreur de dire que l’effondrement actuel est une « récession ». Ce n’en est pas une. C’est une démolition programmée.

Traduit de l'anglais (US) JFG-QuestionsCritiques

Source :

http://www.alterinfo.net/Il-n-y-a-pas-de-recession-C-est-...

28/04/2009

Après la déflation, très vite, l’hyperinflation

Déclarations de Lyndon LaRouche /
Après la déflation, très vite, l’hyperinflation
28 avril 2009 - 13:35

par Lyndon LaRouche


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Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’économie allemande plongea très vite dans une phase de déflation, avant d’entrer dans une phase hyperinflationniste. Ceci dans les conditions artificielles imposées à l’Allemagne, en vertu du Traité de Versailles, par un cartel centré autour de la Banque d’Angleterre qui allait bientôt projeter sur la scène mondiale le Parti nazi d’Hitler, précisément au moment où le stade d’hyperinflation serait atteint. Aujourd’hui, on avance à grands pas vers un processus similaire devant mener à une explosion hyperinflationniste globale. La conclusion à en tirer est que les gouvernements américain et britannique se comportent comme des idiots.


Comme le clamait le célèbre professeur de Harvard, George Santayana, dans sa tirade la plus connue, « ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à la répéter ». (sic) Cet aphorisme du professeur Santayana n’est pas tout à fait correct, mais à part cette petite erreur, on ferait bien aujourd’hui d’écouter cet avertissement.

Dans le contexte qui s’est instauré depuis juillet 2007, la tentative des administrations de George W. Bush et de Barack Obama de sauvegarder, en Europe occidentale et centrale comme aux Etats-Unis, ce système monétaire en faillite, se traduira inévitablement, si l’on persiste encore quelque temps dans cette folie, par une tendance hyperinflationniste.

20080323-burning-dollars.jpgComme on le voit au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, le recours aux méthodes monétaires hyperinflationnistes mises en oeuvre depuis juillet-septembre 2007, a précipité l’économie réelle de ces deux pays au fond de l’abîme, avec des taux de chômage et de fermeture d’entreprises qui ne cessent d’augmenter. Ainsi, grâce à Larry Summers, le principal décisionnaire de l’administration Obama, le taux d’inflation monte en flèche, tandis que les salaires des travailleurs productifs chutent et que les entreprises industrielles et agricoles essentielles ferment boutique.

Comme dans l’Allemagne de Weimar ou aux Etats-Unis et en Europe aujourd’hui, la déflation dans l’économie réelle non seulement précède, mais provoque l’explosion monétaire hyperinflationniste qui s’ensuivra. Nous sommes sur le point de connaître un mouvement hyperinflationniste des prix absolument explosif, non sans similitude avec celui qu’a connu l’Allemagne de Weimar entre le printemps et novembre 1923.

larouche1.jpgUn exemple

Lors d’une conférence internet, le 25 juillet 2007, j’avais averti que le monde se trouvait au bord de la plus grave crise de l’histoire moderne. Trois jours plus tard, la crise éclatait, comme je l’avais prévu. Au cours de cette conférence, j’ai proposé un remède radical, baptisé Loi de protection des propriétaires de logement et des banques (acronyme en anglais : HBPA), promettant aussi des explications sur plusieurs autres mesures à prendre, promesse que j’ai tenue en septembre.

bernanke_titanic_2.jpgHélas, les mesures proposées, qui auraient été efficaces si on les avait appliquées vers septembre 2007, furent torpillées suite à une opération frauduleuse montée par le député Barney Frank et d’autres. Passant en force et prenant tout le monde de vitesse, le « renflouement » (mesure frauduleuse s’apparentant à une trahison) transforma cette crise générale, qui était encore contrôlable en juillet-septembre 2007, en un cauchemar d’escroqueries financières à répétition comme nous l’avons vu depuis.

Rappelons que mon discours de juillet 2007 portait sur l’état de faillite globale du système financier international, y compris du système bancaire. Si les réformes proposées, basées sur une procédure de redressement judiciaire, avaient été adoptées, la solution à la crise aurait pu être mise en oeuvre dès l’été 2007. Le député Barney Frank et d’autres, au sein de la Chambre des représentants et ailleurs, ont commis une escroquerie massive à l’égard des Etats-Unis et de ses institutions bancaires et gouvernementales.

hyperinflation.jpgDésormais, pour ne considérer que l’aspect limité, interne, de cette crise, le seul remède consiste à imposer au système financier américain une procédure brutale et drastique de redressement judiciaire. Une bonne partie des actifs pouvant être cantonnés dans une bad bank, doivent être purement et simplement effacés des livres des banques, suivant les critères applicables en vertu de la loi Glass-Steagall, en vigueur avant l’escroquerie commise par Larry Summers, alors au Trésor. A ce stade, 15 % paraît une bonne estimation pour la part des actifs non conformes aux critères de Glass-Steagall pouvant échapper à la destruction. Faute de mettre immédiatement en oeuvre la banqueroute organisée, la part des titres sauvés pourrait chuter à un niveau bien en-dessous de zéro, à mesure que la phase hyperinflationniste avance.

Si le changement que je propose ici est rejeté, le monde se trouvera précipité dans la plus grave dépression de son histoire. La réduction accélérée de la population mondiale au niveau revendiqué par le World Wildlife Fund du prince Philip (passant de plus de 6,5 milliards d’individus à moins de 2 milliards) représenterait le plus grand génocide de toute l’histoire connue.

Le rôle du dollar américain

Cartoon Trillion $ .gifEntre les évènements remontant à l’année fiscale 1967-68 aux Etats-Unis et le début des années 1970, sous le double effet de l’escroquerie pétrolière orchestrée par Londres et l’Arabie saoudite et de la politique mise en place par la Commission trilatérale, sous l’égide d’un président Jimmy Carter dupe du jeu, les Etats-Unis ont vu éliminer leur rôle dominant dans le système monétaire mondial ; l’empire britannique, qu’on appelle aussi l’empire financier anglo-hollandais-saoudien, avait pris les rênes. Néanmoins, le crédit international resta en grande partie libellé en dollars.

ReserveDevisesetOr-1.jpgAujourd’hui, comme l’illustre la crise de la Chine, si le dollar était dévalué en faveur d’une quelconque autre monnaie, tous les pays du monde s’enfonceraient immédiatement dans un « nouvel âge sombre », rendant quasi inévitable la chute vertigineuse de notre démographie en dessous de deux milliards, voire moins.

L’importance du dollar comporte deux aspects. Tout d’abord, conformément à notre Constitution, l’économie américaine repose sur un système de crédit, à la différence du système monétaire de type européen, qui relève d’un gouvernement associé à un système parlementaire.

En fait, aucun système monétaire ne serait en mesure de protéger le monde contre les effets de l’effondrement d’économies nationales comme celle de la Russie et de la Chine, sans compter les pays d’Europe occidentale et centrale.

Par exemple, faute d’adopter le système que je propose, la Chine se désintégrera, vu qu’elle dépend des revenus représentés par l’ancienne valeur de la dette américaine envers elle. Moins touchée que la Chine, la Russie le serait toutefois de manière similaire. La situation en Europe deviendrait rapidement désespérée.

12679235.jpgLe seul remède est l’élimination des systèmes monétaires existants à travers une banqueroute ordonnée, en faveur d’un système de crédit à taux de change fixes. C’est le système qu’entendait instaurer le président Franklin Roosevelt, mais au lendemain de sa mort, le 12 avril 1945, son successeur Harry Truman, un traître défenseur de l’impérialisme britannique, adopta immédiatement la politique monétaire anti-Roosevelt de John Maynard Keynes.

Il nous faut un système de crédit à taux de change fixes sur une cinquantaine d’années, avec des crédits d’Etat à Etat dont le taux d’intérêt à long terme se situerait entre 1,5 et 2 %. Ces crédits serviraient avant tout au développement à forte intensité capitalistique des économies d’Asie, d’Afrique et d’Ibéro-Amérique, reposant essentiellement sur des formes d’investissements en capital réel à haute technologie, propres à assurer l’accroissement du potentiel productif des nations, mesuré physiquement, par individu et kilomètre carré de territoire, au niveau mondial.

Soumettre les systèmes monétaires et financiers actuels à une procédure de banqueroute organisée, respectant les normes de la loi Glass-Steagall, est le seul moyen d’empêcher l’effondrement du système mondial.

L’heure de cette réforme est arrivée. Tout gouvernement qui s’y oppose devrait être remplacé par un autre de disposition plus raisonnable et plus productive en matière de coopération mondiale à cette fin. On ne doit pas poser cette question idiote : « Etes-vous d’accord ? », mais plutôt : « Etes-vous réellement déterminés à survivre ? »

à lire aussi :

http://www.solidariteetprogres.org/article5378.html

http://www.solidariteetprogres.org/article5379.html

http://www.solidariteetprogres.org/article5381.html

http://www.solidariteetprogres.org/article5382.html

23/03/2009

Vers un effondrement du dollar ?

L'Amérique va-t-elle laisser sombrer le dollar ?

Pour répondre à la crise, les États-Unis mettent en œuvre une politique de forte création monétaire. Mais pour Malakine, l’ampleur de la dette extérieure et la situation d’insolvabilité potentielle du pays laissent penser que cela ne sera pas suffisant. Et si nous allions vivre la fin du dollar souverain ?



(photo : MShades - Flickr - cc)
(photo : MShades - Flickr - cc)
La crise vient d’entrer dans une nouvelle phase avec la décision de la FED d’acheter 300 milliards de dollars de bons du trésors et 500 autres de créances assises sur des crédits immobiliers titrisés probablement insolvables, soit au total 800 milliards de pure création monétaire !

Les Etats-Unis ont donc décidé de financer leur plan de relance par des « moyens non conventionnels » recherchant un « assouplissement quantitatif » comme on dit en langage des banquiers centraux, ou pour le dire plus vulgairement, par de la monnaie de singe ou la planche à billet. La crise financière est désormais en passe se muer en crise monétaire mondiale.

Effondrement_du_dollar_2008.jpgJusqu’ici les Etats-Unis parvenaient à financer leurs déficits budgétaires et commerciaux par une importation de capitaux avec la vente de produits financiers, plus ou moins frauduleux. Ce n’est désormais plus possible. Ils viennent de prendre acte du fait qu’il n’y a plus suffisamment d’acheteurs dans le monde pour leurs produits financiers, ce qui marque peut-être le début de l’effondrement du dollar, avec des conséquences que d’aucun ne s’est jamais aventuré à prédire.

Rappelons en préambule que l’orthodoxie économique proscrit la création de monétaire par les banques centrales pour les besoins publics, ce mécanisme étant supposé conduire à l’hyperinflation. Ce point fait d'ailleurs l’objet d’un solide tabou. Il suffit de rechercher des tribunes ayant pris position pour ou contre la solution mise en œuvre pour s’en rendre compte. Quasiment rien ! Le recours massif à la planche à billet semble avoir d’ailleurs été une surprise pour les marchés, ce qui est peut-être le signe d'une décision improvisée prise sous l’empire de la nécessité.

On sentait monter depuis quelques semaines la question de la création monétaire, comme réponse au problème global d’insolvabilité qui caractérise la crise : Insolvabilité de la demande, des créanciers, des banques et peut-être demain des Etats. Nous y sommes. On ne peut plus désormais fuir ce débat qui est une véritable trappe intellectuelle pour le profane et qui est soigneusement évité par les spécialistes.

La création monétaire est-elle une réponse à la crise ?
Même s’il est difficile d’avoir en la matière la moindre certitude, quelques arguments semblent plaider en faveur d’une politique de création monétaire dans la période actuelle.

DDD.jpg1- La crise économique a été déclenchée par une chute brutale de la demande mondiale liée à l’éclatement de la bulle du crédit. Le désendettement massif et la contraction du crédit qui en a résulté a eu pour effet de détruire de la monnaie. Il n’est donc pas illogique de rechercher aujourd’hui à stimuler sa création.

2- Le moyen le plus classiquement utilisé pour créer de la monnaie nouvelle est la baisse des taux d’intérêt. Or ils sont déjà au plus bas aux Etats-Unis, comme en Europe, ce qui dans un contexte de dépression ne suffit pas à relancer la demande de crédit. En outre, la création monétaire par le crédit injecte de la monnaie dans les secteurs pour lesquels on emprunte, c'est-à-dire principalement l’économie financière ou les investissements. Aujourd’hui, c’est la demande, publique ou privée, qu’il faut solvabiliser. Créer de la monnaie pour l’injecter directement dans l’économie via de la dépense publique peut donc permettre de soutenir la demande dans l’économie réelle.

3- La relance de l’inflation constitue l’une des conditions les plus sûres pour se sortir de la pyramide de dettes qui étouffe l’économie mondiale. Or, la dépression mondiale conduit plutôt à un contexte déflationniste. L’injection de monnaie supplémentaire peut donc constituer une solution pour relancer un peu d’inflation.

On pourrait alors regretter que l’Europe ait interdit ce procédé dans ses traités, la BCE ne pouvant acheter que des créances privées. On peut déplorer ici, une fois de plus, que les institutions européennes ne se soient pas limitées à organiser l’exercice en commun de compétences, mais qu’elles aient gravé dans le marbre de traités, devenus quasi intangibles avec l’élargissement, la manière dont ces compétences devaient être exercées.

Même si Jean Claude Trichet a récemment envisagé de recourir à des moyens non conventionnels, il est probable que la zone euro soit la dernière au monde à recourir à la création monétaire, c'est à dire trop tard !

dollar.jpgVers un effondrement du dollar ?
La situation est en revanche quelque peu différente appliquée au cas des Etats-Unis compte tenu de l’ampleur de leur dette extérieure, de leur situation d’insolvabilité potentielle et du statut de monnaie de réserve du dollar.

La valeur du dollar ne se maintient que grâce à la volonté des pays exportateurs de financer les déficits américains pour éviter que leur monnaie ne s’apprécie. Ces pays, principalement la Chine, sont aujourd’hui pris au piège, contraints de continuer à éponger les dettes américaines, car l’arrêt du financement des Etats-Unis entraînerait une volatilisation de leur épargne en dollar (près de 2000 milliards pour la Chine)

La perspective d’un effondrement du dollar est pourtant envisagée depuis bien longtemps, aussi bien par des analystes critique de la mondialisation (Todd, Sapir) que par ses derniers propagandiste. Ainsi, Alain Minc dans son dernier livre, y consacre un chapitre (Le jour où l’Euro vaudra 2,5 dollar) où il donne du crédit à l’hypothèse. Pour lui, « la conviction que les devises lourdes sont à l’abri d’un choc spasmodique relève d’un pari pascalien qui ressemble à celui que faisait les experts sur la capacité des ménages américains à s’endetter sans limite grâce à une base d’actifs en croissance perpétuelle »

L’hypothèse de l’effondrement du dollar a toujours été envisagée au terme d’un scénario où les investisseurs perdraient confiance, puis seraient gagnés par la panique pour vendre au plus vite leurs avoirs. Elle n’a jamais été envisagée consécutivement à une décision de l’administration américaine elle-même. Une chute du dollar dans une économie fondée sur la consommation et aussi dépendante des importations serait en effet un véritable cataclysme pour la population qui verrait son niveau de vie se réduire de 20 à 30 % !

On peut donc être surpris de voir la FED prendre un tel risque avec sa monnaie. L’Amérique est-elle à ce point aux abois, n’ayant en réalité déjà plus d’autres solution spour financer son déficit qui atteindra cette année 12% du PIB ? A-t-elle à ce point confiance dans son statut d’hyperpuissance pour écarter tout risque sur sa monnaie ? A-t-elle délibérément décidé de faire filer sa monnaie pour se défaire d’un endettement extérieur intenable sur le long terme ?

usdollar07.jpgLa décision de recourir à la création monétaire pour financer ses déficits peut en effet constituer le signal qui déclenchera un processus de défiance, conduisant à la baisse du dollar, puis à sa chute brutale. Les marchés financiers n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir. Dès hier, le dollar dévissait contre toutes les devises pour perdre 4 %, soit sa plus forte chute depuis 1985. Ce n’est sûrement que le début d’une longue glissade… L’hypothèse de la fin du roi-dollar n’a jamais été autant d’actualité.

Nul ne sait quelles en seraient les conséquences exactes. Minc dans l’ouvrage précité nous dit que « ce sera (notons l’emploi du futur simple) la crise la plus violente, la plus globale, la moins maîtrisable » Naturellement, ce sera la fin officielle de l’imperium américain, ce qui en soi est plutôt une réjouissante nouvelle. Mais la fin du dollar entraînera aussi d’imprévisibles désordres aussi bien sur les marchés des matières premières (vendues en dollar) ou dans les équilibres du commerce mondial. Des conséquences géopolitiques ne sont pas non plus à exclure, car les pays qui verront leurs réserves s’évaporer pourront avoir la légitime impression de s’être fait escroquer, les uns après avoir livré pendant des années du pétrole gratuitement, les autres des produits manufacturiers …

A court terme, la solution pour éviter la panique serait peut-être que le G 20 fasse des politiques « d’assouplissement quantitatif » une mesure de droit commun, autorisant les tous Etats à émettre des quantités de monnaie mesurées pour favoriser la relance. Encore une fois, la balle est dans le camp de l’Europe. Va-t-elle attendre passivement que l’Euro s’apprécie jusqu’à un niveau qui deviendra intolérable pour l’économie ou va-t-elle se mettre à son tour à racheter la dette publique de ses Etats membres ?

15:04 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dollars, états-unis, euro, fed, pib

 
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