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08/07/2009

LE CAPITALISME DES CAPITALISTES CAPITULE

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Le capitalisme et la Suisse, victimes de la crise boursière
par Bill Bonner
Mardi 07 Juillet 2009

** Commençons avec une citation de notre philosophe préféré du moment : Prança Dantafas.

* "Le coeur de l'homme riche se brise... tout comme celui de l'homme pauvre. Malgré tout son argent, il ne peut en acheter un autre".

* Prança savait de quoi il parlait. Il a été exilé après avoir eu une liaison amoureuse avec l'une des concubines de Genghis Khan.

* Ce pauvre Prança ! Ces pauvres riches ! A la Chronique Agora, comme le savent ceux qui nous subissent depuis longtemps, nous prenons toujours le parti du plus faible. Nous n'avons quasiment jamais vu de cause perdue que nous ne voulions pas rejoindre. Nous admirons les durs de durs... et nous aimons la compagnie des canailles.

** Aujourd'hui, nous brandissons donc le drapeau d'un groupe qui appartient à toutes ces catégories... un groupe généralement méprisé et régulièrement persécuté... les "intouchables" au sommet de la pyramide économique -- les riches.

* "La Suisse en guerre contre le reste du monde", commence un article de notre collègue Cécile Chevré, de MoneyWeek.

* Les Suisses parviennent en général à éviter les guerres. Ils y parviennent en étant lourdement armés. Les yodeleurs se sont adoucis ces derniers temps, mais jusqu'à récemment, tout Suisse valide devait servir dans l'armée nationale. Il devait garder son fusil à la maison... et chaque année, il devait prouver qu'il savait s'en servir.

* Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands ont envisagé d'envahir la Suisse. Selon la légende, un grand général allemand a rencontré le chef de l'armée suisse.

* "Nous avons deux fois plus d'hommes que vous à la frontière", a dit l'Allemand. "Que feriez-vous si nous attaquions ?"

* "La réponse est tout à fait évidente", répondit le général suisse. "Je dirais à chacun de mes hommes de tirer deux fois".

* Et voilà que la Suisse se trouve confrontée à pire encore. Pendant longtemps, le pays a été le refuge des gens fortunés. Or la vie devient plus dure pour les riches... et pour ceux qui les défendent.

* Pour commencer, devenir riche n'est plus aussi facile qu'autrefois. Terminé, les jours où l'on pouvait juste "mettre son argent en Bourse" et repartir 10 ans plus tard avec 10 fois la somme investie. Si on avait placé 70 000 $ dans les actions du Dow en 1982 et qu'on les avait laissés croître, on aurait terminé millionnaire en 2007... Même en tenant compte de l'inflation, les investisseurs sont repartis bien plus riches.

** Terminés aussi les beaux jours de l'immobilier. Combien de fortunes, aux Etats-Unis, ont été construites sur la pierre ? Des milliers... voire des millions -- surtout dans des endroits comme la Californie, la Floride et Las Vegas. L'immigration constante, au cours des décennies, s'est révélée être une véritable aubaine pour les propriétaires immobiliers. Un homme aux moyens modestes pouvait hypothéquer sa maison et acheter de nouvelles propriétés. Il pouvait commencer avec la maison de l'autre côté de la rue... puis acheter quatre appartements dans l'immeuble du quartier... puis passer à des immeubles entiers et à l'immobilier commercial. Après quelques décennies, il pouvait facilement avoir négocié jusqu'à transformer les quelques milliers de dollars d'origine en millions d'actifs immobiliers.

* Mais comment parvenir au même résultat quand les prix chutent ? Et quand les prêteurs ne veulent plus vous accorder de crédit ? Nous avons vu passer la lettre d'un lecteur américain possédant toute une série de propriétés à Las Vegas. Il avait acheté avec sagesse et profitait désormais d'un cash flow positif -- en tenant compte de tous les coûts et en incluant le financement. Pourtant, il ne pouvait trouver de prêteur volontaire pour prolonger son crédit.

* Ces dernières années ont été mauvaises pour les riches. Le capital des capitalistes capitule. Il jette l'éponge et meurt.

taxe_pauvres.gif** Parallèlement, les gouvernements se tournent vers "les riches" pour financer leurs programmes de renflouage, leurs guerres, leurs plans de retraites et leurs subventions. Qui d'autre pourraient-ils solliciter ? Ils ont besoin d'argent. Et ils savent où le trouver.

* Il y a quelques années, des agitateurs ont fait les gros titres en soulignant "la distribution inégalitaire de la richesse" aux Etats-Unis. 85% de la richesse du pays était détenue par seulement 20% des gens. Ce qui dérangeait, c'est que les riches devenaient plus riches. Le pourcentage de richesse totale détenue par les riches avait grimpé, par rapport aux 81% enregistrés en 1983.

* Que s'est-il passé entre 1983 et 2004 pour rendre les riches encore plus riches ? La valeur des actifs financiers a grimpé.

* Et ensuite ? La valeur des actifs financiers a chuté en 2007-2009. La somme perdue, selon les derniers chiffres que nous ayons vu, se monte à 13 000 milliards de dollars environ. En gros, les maisons et les actions ont chuté d'un tiers environ. Qui a encaissé ces pertes ? Les pauvres ? Ha ha. Le bon côté de la pauvreté, c'est qu'on n'a pas à s'inquiéter de perdre de l'argent quand la Bourse baisse. Non, cher lecteur, les pauvres ne sont guère plus pauvres à cause de la crise. Ils n'avaient rien quand elle a commencé ; ils n'ont toujours rien. Les riches, en revanche, ont beaucoup perdu. Ils ont dû subir environ 85% des pertes -- soit un total de 10 000 milliards environ. Si ces calculs sont corrects, les riches doivent désormais avoir une plus petite part du gâteau qu'à aucun autre moment de ces 25 dernières années.

* Nous sentons une larme se former dans notre oeil droit. Tenez... elle enfle... et roule sur notre joue tremblante. Les pauvres riches !

source:

http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090707-1952....

09/03/2009

On ne badine pas avec l'honnêteté fiscale

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Lors du prochain G20 qui aura lieu à Londres au mois d'avril, il sera question de la lutte contre les paradis fiscaux et le secret bancaire. En attendant la Suisse, le Luxembourg et l'Autriche cherchent des parades...



(photo : ★ Mathias Pastwa ★ - Flickr - cc)
(photo : ★ Mathias Pastwa ★ - Flickr - cc)
Peut-on abolir le secret bancaire ? Voilà que la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche contre-attaquent avant le sommet du G20…

Londres, premier paradis fiscal
Le sommet du G20 à Londres qui se tiendra le 2 avril et qui devrait mettre un peu d’ordre dans le système financier international ; et notamment lutter contre les paradis fiscaux et le secret bancaire ! Petite remarque préliminaire : Londres, deuxième place financière du monde, en est sans doute – c’est Jacques Attali qui faisait cette remarque - le premier paradis fiscal. Les grandes institutions de la City sont branchées et perfusées en permanence sur les paradis fiscaux, certains pas très lointains, comme les Iles Anglo-Normandes. D’une certaine manière on va contrôler la finance chez les grands patrons de la dite finance, ça commence mal. En attendant, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg se sont réunis au Grand-Duché pour chercher quelque parade. Je rappelle que deux de ces pays sont membres de la zone euro. Parade numéro un : nous sommes des pays du secret bancaire, mais pas des paradis fiscaux. Alors ? Que penser de cette fable ? Que c’est une fable précisément, parce que lorsqu’on cache de l’argent, pour qu’il n’apparaisse plus aux yeux de quelque autorité que ce soit, c’est, en général, pour frauder le fisc.


On ne badine pas avec l'honnêteté fiscale
« Amnistions les fraudeurs, sinon ils resteront en Suisse »
Il n’y a pas que de la fraude fiscale dans les paradis fiscaux. Soyons rassurés, dans les 10000 milliards de dollars que représentent les paradis fiscaux, c'est-à-dire 20% du PIB mondial, il y a aussi, dieu merci, de l’argent de la drogue, de la prostitution, du rackett et de crimes divers. Mais la parade numéro deux de nos trois amis, la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche disent : si c’est pas nous, c’est les autres ! Magnifique argument. Si c’est pas nous, l’argent ira à Singapour. C’était déjà l’argument du blanchiment des fraudeurs utilisé en Italie et en France : amnistions les fraudeurs, sinon ils resteront en Suisse.

Que répondre à ça ? Qu’ils y aillent. Et si certains fonds d’investissements français ont vraiment besoin de l’argent noir, après tout, ils iront le chercher à Singapour, mais nous, en Europe, on ne badine pas avec l’honnêteté fiscale, fondement de la démocratie. C’est un peu l’argument des partisans de la peine de mort : on abolira la peine de mort quand les assassins l’auront abolie. Et bien non : ce n’est pas parce qu’il y a des fraudeurs qu’il faut accepter la fraude.

Est-ce que cet argent est dangereux ? D’abord on en aurait bien besoin, en ces temps de déficit ! Ensuite oui, il est dangereux, il déstabilise le système financier, et favorise les comptabilités truquées ou occultes. Pourquoi croyez-vous que la BNP a des succursales dans les Iles Anglo-Normande ?

Mardi 10 Mars 2009 - 12:53

Bernard Maris
 
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